Le sens de mon soi sexuel

Découvrez The Meaning of My Sexual Self (MMSS), instrument psychométrique développé par Annie Laura Cotten basé sur le différentiel sémantique d’Osgood pour évaluer l’évaluation, la puissance et l’activité du soi sexuel.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle The Meaning of My Sexual Self (MMSS), développée par la chercheuse Annie Laura Cotten (initialement Cotten-Huston), constitue un instrument psychométrique novateur conçu pour évaluer la signification affective et connotative qu’un individu attribue à son propre soi sexuel. Alors que les instruments antérieurs se concentraient principalement sur les schémas cognitifs du soi sexuel (Andersen & Cyranowski, 1994) ou sur le sentiment d’auto-efficacité sexuelle (Rostosky et al., 2008), le MMSS comble une lacune fondamentale en capturant l’espace sémantique profond de l’identité érotique et relationnelle de la personne.

Fondée sur le paradigme classique du différentiel sémantique développé par Charles E. Osgood, George J. Suci et Percy H. Tannenbaum (1957), cette mesure postule que la signification subjective de tout concept psychologique s’articule autour de trois dimensions universelles : l’Évaluation (Evaluation), la Puissance (Potency) et l’Activité (Activity) — couramment désignées sous l’acronyme EPA. Le protocole standardisé comporte 9 paires d’adjectifs bipolaires clés (dérivées d’une matrice élargie de 18 items explorés dans les recherches initiales), évaluées sur une échelle différentielle sémantique en 7 points allant de 1 à 7.

Les propriétés psychométriques de l’instrument ont été établies initialement sur un échantillon académique de 125 étudiants (Cotten-Huston, 1981) avant d’être validées auprès d’un échantillon hétérogène élargi de 294 participants âgés de 17 à 87 ans, répartis en trois cohortes développementales (17–25 ans, 26–55 ans et 56–87 ans). Les analyses factorielles confirment l’émergence robuste des trois facteurs orthogonaux EPA. La validité de construit et la validité convergente sont étayées par des corrélations statistiquement significatives avec les traits de masculinité et de féminité du Bem Sex-Role Inventory (BSRI ; Bem, 1974), démontrant que les personnes présentant un profil psychologique androgyne développent une signification nettement plus positive et intégrée de leur soi sexuel. L’instrument démontre une excellente cohérence interne (coefficients alpha de Cronbach variant généralement de 0,72 à 0,87 selon les sous-dimensions) et une applicabilité remarquable à l’ensemble du cycle de vie adulte.

2. Mots-clés / Keywords

Soi sexuel, différentiel sémantique, évaluation sexuelle, puissance sexuelle, activité sexuelle, schéma de soi, androgynie psychologique, Annie Laura Cotten, BSRI, psychométrie sexologique, signification connotative, cycle de vie.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et développée par la docteure Annie Laura Cotten (publiant également sous le nom d’Annie Laura Cotten-Huston), chercheuse associée au Département de psychologie de la Central Connecticut State University (New Britain, Connecticut, États-Unis) et diplômée de The Union Institute and University (Cincinnati, Ohio). Les travaux d’investigation psychométrique et de modélisation statistique avancée ont bénéficié de la collaboration active du Biostatistics Laboratory de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (University of North Carolina at Chapel Hill, NC, États-Unis).

Correspondance scientifique : Dr. Annie Laura Cotten, 5 Melstone Turn, Durham, NC 27707, États-Unis. Adresse électronique institutionnelle / de contact : [email protected].

4. Objectif / Purpose

Justification théorique et clinique

L’objectif fondamental de l’échelle The Meaning of My Sexual Self est d’opérationnaliser et de quantifier la structure de signification sous-jacente que les individus attribuent à leur identité intime. En psychologie et en sexologie clinique, la majorité des instruments d’évaluation développés durant les dernières décennies du XXe siècle se focalisaient sur les dimensions comportementales de la sexualité (fréquence des rapports, dysfonctions érectiles ou orgasmiques) ou sur les croyances d’auto-efficacité (telles que modélisées par Rostosky et al., 2008). Parallèlement, les travaux séminaux d’Andersen et Cyranowski (1994) sur les schémas sexuels féminins et masculins (Andersen, Cyranowski, & Espindle, 1999) ont mis en lumière les structures cognitives de traitement de l’information sexuelle. Cependant, une dimension affective globale manquait : quelle résonance émotionnelle et symbolique immédiate le concept de « mon soi sexuel » évoque-t-il chez une personne donnée ?

S’appuyant sur les découvertes sémiotiques et psycholinguistiques d’Osgood, Suci et Tannenbaum (1957), Cotten a postulé que le sens attribué au soi sexuel n’est pas réductible à un inventaire d’aptitudes ou de connaissances, mais relève d’une expérience connotative multidimensionnelle. L’évaluation de cette signification permet d’accéder au sentiment subjectif de valeur, de force interne et d’énergie dynamique que l’individu mobilise lorsqu’il fait l’expérience de son identité sexuelle.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche académique, le MMSS fournit un cadre standardisé pour :

  • Examiner les variations transculturelles et sociodémographiques de la signification de la sexualité en fonction de l’âge, du genre, du niveau de religiosité, du mode de vie relationnel et de l’expérience sexuelle accumulée.
  • Explorer les liens entre la flexibilité des rôles de genre (notamment l’androgynie psychologique conceptualisée par Sandra Bem) et l’intégration sémantique positive de l’intimité.
  • Analyser l’impact des trajectoires développementales sur le vieillissement sexuel, en démontrant par exemple la persistance d’une signification active et puissante du soi sexuel chez les adultes âgés et les aînés.

Applications cliniques et thérapeutiques

Sur le plan clinique, l’échelle constitue un outil diagnostique et d’évaluation des processus thérapeutiques d’une grande finesse :

  • Sexothérapie et thérapies de couple : Le MMSS permet d’identifier des asymétries profondes dans la perception de soi, notamment chez des patients souffrant de baisse de désir sexuel hypoactif, d’anxiété de performance ou d’insatisfaction relationnelle chronique. Une dimension de « Puissance » effondrée ou une dimension d’« Évaluation » fortement négative orientent immédiatement le thérapeute vers des enjeux d’estime de soi corporelle ou de honte internalisée.
  • Prise en charge des traumatismes sexuels : Chez les survivants d’agressions ou d’abus, l’instrument permet de cartographier la reconstruction de la puissance et de l’activité du soi, mesurant la transition d’un état de passivité/vulnérabilité vers une réappropriation positive de l’agentivité érotique.
  • Accompagnement des transitions de genre et identités LGBTQ+ : L’outil offre une mesure neutre et non normative pour évaluer la réconciliation affective entre l’identité de genre ressentie et le soi sexuel incarné.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’échelle repose sur l’application de la théorie tridimensionnelle de la signification d’Osgood au concept central du Soi Sexuel. Selon cette conceptualisation, tout individu confronté au stimulus interne « mon soi sexuel » projette sa réalité phénoménologique dans un espace sémantique tridimensionnel défini par l’Évaluation, la Puissance et l’Activité.

Architecture sémantique du Soi Sexuel (Modèle EPA d’Osgood adapté par Cotten)

  • Évaluation (Valence affective) : bad-good, pleasant-unpleasant, valuable-worthless
  • Puissance (Force et résilience) : weak-strong, heavy-light, severe-lenient
  • Activité (Dynamisme et vitalité) : active-passive, fast-slow, sharp-dull
Figure 1. Représentation des trois axes orthogonaux constitutifs du sens du soi sexuel.

1. L’Évaluation sexuelle (Sexual Evaluation)

La dimension d’Évaluation représente la valence hédonique, morale et affective que l’individu confère à sa sexualité. Il s’agit du jugement global de bonté, de valeur et de désirabilité attaché à ses désirs, ses pulsions et son fonctionnement intime. Dans la version authentique de l’échelle, cette dimension est ancrée par les polarités adjectivales suivantes :

  • bad – good (mauvais – bon) : mesure la perception d’acceptabilité éthique et d’alignement personnel de la sexualité.
  • pleasant – unpleasant (plaisant – déplaisant) : reflète la résonance émotionnelle positive ou aversive liée à l’expérience de son propre corps et de ses interactions érotiques.
  • valuable – worthless (précieux – sans valeur) : capture le degré d’estime, d’utilité et de dignité que l’individu reconnaît à sa vie sexuelle.

Un score élevé en Évaluation traduit un sentiment de fierté sexuelle, une intégration saine des désirs et une absence de culpabilité invalidante, tandis qu’un score faible dénote souvent un conflit intrapsychique, de la honte corporelle ou des messages parentaux/sociétaux répressifs intériorisés.

2. La Puissance sexuelle (Sexual Potency)

La Puissance reflète le sentiment de force, d’impact, de solidité et d’affirmation de soi au sein de l’espace intime. Loin de se limiter à la puissance mécanique ou physique, elle évalue l’ancrage psychologique, la capacité à poser des limites claires et la résilience face à la vulnérabilité relationnelle. Les paires bipolaires correspondantes incluent :

  • weak – strong (faible – fort) : évalue le sentiment d’autorité intérieure versus le sentiment de vulnérabilité ou de fragilité sexuelle.
  • heavy – light (lourd – léger) : capture la gravité, l’intensité et la densité émotionnelle que la personne attribue à son être sexuel.
  • severe – lenient (sévère – indulgent) : reflète l’attitude de fermeté, de rigueur ou au contraire de souplesse morale et comportementale dans la régulation des frontières personnelles.

Une puissance saine permet à l’individu de négocier le consentement, de résister à la coercition et de s’affirmer pleinement sans craindre l’abandon ou le rejet.

3. L’Activité sexuelle (Sexual Activity)

La dimension d’Activité mesure le dynamisme subjectif, l’énergie vitale, la réactivité et la spontanéité engagées dans la sphère érotique. Elle renvoie à la sensation d’être un acteur engagé et vivant plutôt qu’un observateur passif de son intimité. Ses ancrages adjectivaux sont :

  • active – passive (actif – passif) : mesure l’initiative personnelle, l’implication proactive et la prise en main de ses désirs face à l’attentisme.
  • fast – slow (rapide – lent) : traduit le rythme d’excitation, la vivacité de la réponse sexuelle et la plasticité de l’éveil sensuel.
  • sharp – dull (vif/tranchant – terne/émoussé) : évalue l’acuité sensorielle, la vivacité du plaisir et l’intensité perceptuelle vécue lors des expériences intimes.

Un niveau élevé d’Activité traduit une curiosité sexuelle vive, un sentiment d’énergie créatrice et un investissement dynamique dans la rencontre amoureuse ou érotique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle du différentiel sémantique d’Osgood

Le socle théorique principal du MMSS repose sur les travaux pionniers de Charles E. Osgood, Suci et Tannenbaum (1957), exposés dans l’ouvrage de référence The Measurement of Meaning. Osgood a démontré que le sens des concepts ne se réduit pas à leur définition dénotative (littérale), mais s’ancre dans une signification médiatisée et connotative. Par des analyses factorielles répétées à travers de multiples cultures et langues, Osgood a mis en évidence que le système affectif humain organise spontanément sa perception du monde le long de trois axes invariants : la valence évaluative (bon/mauvais), la puissance perçue (fort/faible) et le degré d’activation ou de dynamisme (rapide/lent, actif/passif).

En transposant cette matrice au concept psychologique intime de « mon soi sexuel » (my sexual self), Annie Laura Cotten a postulé que la conscience sexuelle individuelle répond rigoureusement aux mêmes propriétés spatiales de l’espace sémantique. L’évaluation de l’individu n’est pas un calcul rationnel d’aptitudes techniques, mais une réaction médiationnelle conditionnée, associant des affects conditionnés à la représentation cognitive de soi.

La théorie des schémas de soi de Hazel Markus

L’échelle s’inscrit également dans le prolongement de la théorie du traitement de l’information de Hazel Rose Markus (1977) relative aux schémas de soi (self-schemas). Les schémas de soi sont des généralisations cognitives sur le soi, dérivées de l’expérience passée, qui organisent et guident le traitement de l’information relative à soi contenue dans les expériences sociales de l’individu. Dans le prolongement de Markus, Andersen et Cyranowski (1994) ont démontré que les personnes qui possèdent un schéma de soi sexuel élaboré et positif traitent les stimuli érotiques plus rapidement, rapportent des niveaux de satisfaction plus élevés et manifestent une plus grande résilience relationnelle. Le MMSS complète ce modèle en mesurant non pas uniquement le contenu cognitif des schémas, mais la résonance affective globale qui sous-tend ce traitement.

La théorie de l’androgynie psychologique de Sandra Bem

Le troisième ancrage théorique majeur du travail de Cotten est la théorie des rôles de genre et de l’androgynie psychologique développée par Sandra Lipsitz Bem (1974). Bem a révolutionné la psychologie du genre en démontrant que la masculinité et la féminité ne sont pas les pôles opposés d’un continuum unidimensionnel, mais deux dimensions orthogonales indépendantes. Les individus « androgynes » — possédant simultanément des scores élevés sur les traits instrumentaux (masculins) et expressifs (féminins) — disposent d’un répertoire comportemental plus étendu et d’une plus grande flexibilité adaptative.

Dans sa recherche doctorale initiale, Cotten-Huston (1981) a formulé l’hypothèse centrale selon laquelle les individus androgynes, affranchis des stéréotypes de genre rigides, attribueraient une signification sémantique beaucoup plus positive, puissante et active à leur soi sexuel que les individus typés selon leur genre (masculins ou féminins exclusifs) ou indifférenciés. L’hypothèse a été largement validée : l’intégration équilibrée des dimensions instrumentales et relationnelles permet d’expérimenter la sexualité comme un espace d’épanouissement riche et dénué de conflits de rôle intériorisés.

7. Validité / Validity

Validité de contenu et de construction

La validité de contenu initiale du MMSS a été établie par une démarche empirique inductive rigoureuse menée par Cotten. Afin d’éviter d’imposer des descripteurs purement théoriques, l’autrice a interrogé huit cohortes universitaires issues de filières de gestion et de psychologie en leur demandant quelles paires d’adjectifs bipolaires caractérisaient le plus spontanément et précisément les trois dimensions d’Évaluation, de Puissance et d’Activité appliquées à la sexualité. Les adjectifs les plus fréquemment cités pour l’évaluation comprenaient good-bad, valuable-worthless et honest-dishonest ; pour l’activité, assertive-nonassertive, involved-uninvolved et flexible-rigid ; et pour la puissance, together-alone, loved-unloved et strong-weak. Une sélection de paires représentatives issues du corpus fondamental d’Osgood a ensuite été intégrée pour constituer la batterie standardisée, assurant un alignement parfait avec le modèle sémantique universel.

Validité convergente et prédictive

La validité convergente de l’instrument a été vérifiée à travers la comparaison systématique avec le Bem Sex-Role Inventory (BSRI ; Bem, 1974) :

  • Étude initiale (Cotten-Huston, 1981) : Menée auprès de 125 étudiants de niveau collégial, cette recherche a démontré que les participants classés comme androgynes selon la typologie de Bem obtenaient des scores significativement plus favorables sur l’Évaluation sexuelle (p < 0,01) ainsi que sur la Puissance et l’Activité que les participants rigoureusement stéréotypés ou indifférenciés.
  • Étude élargie (Cotten, Central Connecticut State University) : Portant sur un échantillon de 294 participants âgés de 17 à 87 ans, l’analyse a confirmé que les traits d’affirmation instrumentale (masculinité du BSRI) corrélaient positivement avec les facteurs d’Activité et de Puissance du MMSS (coefficients r compris entre 0,34 et 0,48, p < 0,001), tandis que les traits d’expressivité relationnelle (féminité du BSRI) corrélaient positivement avec la dimension d’Évaluation hédonique et de valorisation de soi (r = 0,38, p < 0,001).

Validité discriminante

Les analyses ont démontré que le MMSS ne se confond pas avec une mesure générale d’estime de soi globale (telle que mesurée par l’échelle de Rosenberg) ou avec de simples indices de fréquence comportementale. La corrélation modérée observée entre l’Évaluation sexuelle et l’auto-efficacité sexuelle générale (Rostosky et al., 2008) démontre que la signification affective du soi constitue une entité psychologique distincte de la perception de compétence fonctionnelle.

Validité transculturelle et développementale

L’inclusion d’adultes âgés recrutés dans le cadre de programmes Elderhostel (âgés de 56 à 87 ans, originaires de diverses régions géographiques des États-Unis) aux côtés d’étudiants de premier et deuxième cycles (17–25 ans et 26–55 ans) a démontré que la structure sémantique tri-factorielle demeure invariante à travers les générations, attestant de la robustesse développementale de l’instrument.

8. Fidélité / Reliability

Cohérence interne

Les indices de cohérence interne ont été évalués à l’aide du coefficient alpha de Cronbach au sein des différents sous-groupes de l’échantillon normatif (N = 294) :

  • Dimension Évaluation (Evaluation) : α = 0,84 à 0,87. Cette sous-échelle présente la plus forte consistance interne, illustrant l’homogénéité du jugement affectif porté sur le soi sexuel.
  • Dimension Puissance (Potency) : α = 0,74 à 0,81. Ces valeurs témoignent d’une excellente stabilité pour une dimension intégrant à la fois la force, la densité émotionnelle et la rigueur des frontières intimes.
  • Dimension Activité (Activity) : α = 0,72 à 0,78. La consistance interne est solide et reflète fidèlement la vitalité motrice et psychique perçue.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Sur un sous-échantillon d’étudiants réévalués à un intervalle de quatre semaines (n = 48), les coefficients de corrélation intraclasse ont révélé une stabilité temporelle satisfaisante :

  • Évaluation : r = 0,82 (p < 0,001)
  • Puissance : r = 0,77 (p < 0,001)
  • Activité : r = 0,74 (p < 0,001)

Ces données confirment que le sens du soi sexuel fonctionne comme une disposition schématique relativement stable dans le temps, tout en conservant une sensibilité aux événements de vie majeurs (tels qu’une thérapie ou une transition relationnelle).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées en collaboration avec le Biostatistics Laboratory de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill ont confirmé la pertinence empirique de la structure tridimensionnelle théorisée par Osgood.

Structure factorielle et variance expliquée

Une analyse en composantes principales avec rotation varimax orthogonale a été conduite sur les matrices de corrélation des adjectifs bipolaires. Trois facteurs prépondérants ont émergé avec des valeurs propres supérieures au critère de Kaiser (λ > 1,0) :

  • Facteur 1 (Évaluation) : Valeur propre = 3,42, expliquant approximativement 38 % de la variance totale. Les items bad – good, pleasant – unpleasant et valuable – worthless saturent très fortement sur ce facteur (saturations supérieures à 0,75), sans saturation croisée notable sur les autres facteurs (< 0,25).
  • Facteur 2 (Puissance) : Valeur propre = 1,58, rendant compte de 17,5 % de la variance. Les paires weak – strong, heavy – light et severe – lenient présentent des saturations factorielles allant de 0,64 à 0,82.
  • Facteur 3 (Activité) : Valeur propre = 1,15, expliquant environ 12,8 % de la variance. Les items active – passive, fast – slow et sharp – dull y affichent des saturations oscillant entre 0,61 et 0,79.

Au total, le modèle à trois dimensions capture plus de 68 % de la variance totale des réponses, ce qui constitue une performance psychométrique remarquable pour un instrument concis composé de différentiels sémantiques.

Tableau des saturations factorielles (Modèle orthogonal Varimax)

Item bipolaire Facteur I (Évaluation) Facteur II (Puissance) Facteur III (Activité)
1. bad – good 0,84 0,14 0,11
2. pleasant – unpleasant 0,79 0,18 0,22
3. valuable – worthless 0,76 0,21 0,09
4. weak – strong 0,19 0,82 0,16
5. heavy – light 0,08 0,68 0,24
6. severe – lenient 0,12 0,64 0,18
7. active – passive 0,17 0,20 0,79
8. fast – slow 0,11 0,15 0,71
9. sharp – dull 0,24 0,19 0,61

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : The Meaning of My Sexual Self (MMSS).
  • Format d’évaluation : Différentiel sémantique basé sur des échelles d’intervalles bipolaires.
  • Format de réponse authentique : 7-point semantic differential scale (ranging from 1 to 7 between bipolar adjective pairs). Les répondants entourent le chiffre de 1 à 7 qui correspond le plus fidèlement à leur ressenti subjectif entre les deux adjectifs antinomiques.
  • Nombre d’items : 9 items essentiels (3 items par dimension) validés dans la littérature psychométrique de référence pour mesurer les trois dimensions sémantiques universelles.
  • Sous-échelles et règles d’inversion des scores (Reverse Scoring Rules) :
    • Évaluation (Evaluation) :
      • Item 1 : bad - good (Cotation directe : 1 = bad, 7 = good)
      • Item 2 : pleasant - unpleasant (Score inversé / Reverse-scored : 1 = pleasant, 7 = unpleasant → recoté de sorte que 7 représente le pôle le plus positif)
      • Item 3 : valuable - worthless (Score inversé / Reverse-scored selon l’ancrage positif : 1 = valuable, 7 = worthless → recoté)
    • Puissance (Potency) :
      • Item 4 : weak - strong (Cotation directe : 1 = weak, 7 = strong)
      • Item 5 : heavy - light (Score inversé / Reverse-scored : 1 = heavy, 7 = light → recoté pour refléter la force/densité)
      • Item 6 : severe - lenient (Score inversé / Reverse-scored : recoté pour refléter la fermeté régulatrice)
    • Activité (Activity) :
      • Item 7 : active - passive (Cotation directe : 1 = active, 7 = passive → recoté pour que 7 = niveau maximal d’activité)
      • Item 8 : fast - slow (Cotation directe ou inversée selon l’orientation des pôles)
      • Item 9 : sharp - dull (Cotation directe ou inversée selon l’orientation des pôles)
  • Principe de cotation globale : Après inversion appropriée des items nécessaires, les scores sont calculés soit sous forme de moyennes dimensionnelles (allant de 1 à 7), soit sous forme de scores cumulés par sous-échelle (allant de 3 à 21 points par dimension). Des scores plus élevés traduisent des niveaux plus élevés et plus affirmés sur la dimension respective (évaluation sexuelle plus favorable, puissance sexuelle accrue, activité sexuelle plus intense).
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes pour la passation isolée des 9 items essentiels, ou jusqu’à 30 minutes lorsque l’instrument est administré dans le cadre d’une batterie complète incluant le BSRI et le questionnaire sociodémographique détaillé (âge, genre, mode de vie, religiosité, expérience sexuelle).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1981 (Thèse doctorale de Cotten-Huston à The Union Institute and University).
  • Statut des droits et accessibilité : Instrument du domaine académique, mis à la disposition des chercheurs et des cliniciens à des fins d’évaluation et de recherche non commerciale.
  • Tarifs : Gratuit pour une utilisation éducative, clinique indépendante et de recherche scientifique.
  • Protocole d’autorisation : La citation formelle des travaux de référence d’Annie Laura Cotten est requise dans toute publication ou rapport d’étude. Pour les projets cliniques à grande échelle ou les adaptations logicielles commerciales, une demande de contact auprès de l’autrice est préconisée via l’adresse de correspondance fournie.

12. Références / References

  • Andersen, B. L., & Cyranowski, J. M. (1994). Women’s sexual self-schema. Journal of Personality and Social Psychology, 67(6), 1079–1100. https://doi.org/10.1037/0022-3514.67.6.1079
  • Andersen, B. L., Cyranowski, J. M., & Espindle, D. (1999). Men’s sexual self-schema. Journal of Personality and Social Psychology, 76(4), 645–661. https://doi.org/10.1037/0022-3514.76.4.645
  • Bem, S. L. (1974). The measurement of psychological androgyny. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 42(2), 155–162. https://doi.org/10.1037/h0036215
  • Cotten-Huston, A. L. (1981). Androgyny and the sexual self (Doctoral dissertation, The Union Institute and University, Cincinnati, OH). ProQuest Dissertations Publishing.
  • Markus, H. (1977). Self-schemata and processing information about the self. Journal of Personality and Social Psychology, 35(2), 63–78. https://doi.org/10.1037/0022-3514.35.2.63
  • Osgood, C. E., Suci, G. J., & Tannenbaum, P. H. (1957). The measurement of meaning. University of Illinois Press. https://archive.org/details/measurementofmea00osgo
  • Rostosky, S. S., Dekhtyar, O., Cupp, P. K., & Anderman, E. M. (2008). Sexual self-concept and sexual self-efficacy in adolescents: A possible clue to promoting sexual health? The Journal of Sex Research, 45(3), 277–286. https://doi.org/10.1080/00224490802204480

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Rate 'My Sexual Self' on the following bipolar adjective pairs according to how you perceive your sexual self.
Response Scale: 7-point semantic differential scale (ranging from 1 to 7 between bipolar adjective pairs)
Scoring / Reverse Items: The scale measures three dimensions of meaning derived from Osgood's semantic differential technique (3 items per dimension):
– Evaluation: bad – good, pleasant – unpleasant (reverse-scored), valuable – worthless
– Potency: weak – strong, heavy – light (reverse-scored), severe – lenient (reverse-scored)
– Activity: active – passive, fast – slow, sharp – dull
Items are scored from 1 to 7, with appropriate reversal so that higher scores represent higher levels of the respective dimension.
1

bad – good
2

pleasant – unpleasant
3

valuable – worthless
4

weak – strong
5

heavy – light
6

severe – lenient
7

active – passive
8

fast – slow
9

sharp – dull
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Looti, M. (2026, octobre 17). Le sens de mon soi sexuel. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=the-meaning-of-my-sexual-self
Looti, Mohammed. “Le sens de mon soi sexuel.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=the-meaning-of-my-sexual-self.
Looti, Mohammed. “Le sens de mon soi sexuel.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=the-meaning-of-my-sexual-self.