Test du Sens de la Vie

Le Test du Sens de la Vie (Purpose in Life Test – PIL) est un instrument psychométrique fondé sur la logothérapie de Viktor Frankl permettant d’évaluer le sens de la vie et le vide existentiel.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Test du Sens de la Vie (connu internationalement sous le nom de Purpose in Life Test ou PIL) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu à l’origine par James C. Crumbaugh et Leonard T. Maholick au début des années 1960. Développé pour opérationnaliser empiriquement les concepts centraux de la logothérapie et de l’analyse existentielle formulés par le psychiatre et neurologue viennois Viktor E. Frankl, le PIL vise principalement à quantifier le degré auquel un individu fait l’expérience d’un sens, d’une direction et d’une finalité positive au sein de son existence personnelle. Plus spécifiquement, il a été élaboré pour mesurer l’antithèse de la « frustration existentielle » et du « vide existentiel » (existential vacuum), un état d’ennui profond, d’apathie et d’absence de repères axiologiques pouvant dégénérer en ce que Frankl qualifiait de « névrose noogène ».

Bien que l’instrument dans sa forme clinique complète comprenne trois sections (la Partie A quantitative, la Partie B constituée de 13 phrases à compléter et la Partie C reposant sur une rédaction narrative libre), la Partie A représente la composante psychométrique pivot utilisée de façon quasi-exclusive dans les contextes de recherche fondamentale et appliquée. Cette partie se compose de 20 items auto-administrés, cotés au moyen d’une échelle de différentiel sémantique en 7 points (allant de 1 à 7), où chaque extrémité est ancrée par des formulations bipolaires idiosyncrasiques propres à l’énoncé, le point 4 représentant systématiquement une position neutre.

Le score global s’échelonne de 20 à 140 points, après inversion des items dont la polarité est inversée. Les propriétés psychométriques documentées par une littérature académique abondante démontrent une excellente cohérence interne (coefficients de fidélité par moitié coupée (split-half) corrigés par Spearman-Brown atteignant .90 à .92, et coefficients alpha de Cronbach généralement compris entre .86 et .92) ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle (.68 à .83 selon l’intervalle temporel considéré). Sa validité critériée et discriminante est corroborée par sa capacité historique à distinguer nettement les populations cliniques psychiatriques des populations asymptomatiques, ainsi que par ses associations convergentes robustes avec le bien-être subjectif, l’orientation religieuse intrinsèque et, en miroir négatif, avec les symptomatologies dépressives. Le PIL demeure à ce jour le standard historique et la référence psychométrique paradigmatique dans l’évaluation empirique du sens de la vie.

2. Mots-clés / Keywords

Test du Sens de la Vie, Purpose in Life Test, Logothérapie, Viktor Frankl, Psychométrie, Vide existentiel, Évaluation psychologique, Névrose noogène, Santé mentale, Validité factorielle, Psychologie existentielle, Différentiel sémantique, Bien-être psychologique.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été élaboré conjointement par deux figures marquantes de la recherche clinique appliquée américaine :

  • James C. Crumbaugh, Ph.D. : Psychologue clinicien en chef au Veterans Administration Medical Center de Biloxi (Mississippi, États-Unis). Pionnier de l’évaluation empirique de la psychologie existentielle nord-américaine, le Dr Crumbaugh a consacré une large part de sa carrière académique à transposer les concepts théoriques et phénoménologiques de la logothérapie franklienne dans des modèles psychométriques rigoureux et standardisés.
  • Leonard T. Maholick, M.D. : Psychiatre clinicien et directeur médical au Bradley Center de Columbus (Géorgie, États-Unis). Il s’est illustré dans l’intégration de la psychiatrie communautaire, de la psychothérapie dynamique et des perspectives existentielles appliquées au diagnostic précoce des détresses émotionnelles non psychotiques.

Parmi les figures contemporaines ayant contribué à la standardisation, à la validation transculturelle et à la diffusion du manuel clinique, on retrouve également Rosemary Henrion, MSN, RN (VA Medical Center, Biloxi) ainsi que des psychologues chercheurs tels que Gary T. Reker (Trent University, Canada), qui ont examiné de façon extensive la structure factorielle et la pertinence empirique de l’instrument auprès de populations diversifiées.

4. Objectif / Purpose

Le Test du Sens de la Vie a été conçu avec une ambition méthodologique claire : combler le fossé entre les formulations philosophiques et phénoménologiques de la logothérapie et les impératifs opérationnels de la psychologie scientifique et clinique. Son objectif premier est de mesurer l’intensité avec laquelle un individu perçoit son existence comme étant dotée de cohérence, de signification, de direction et de finalité téléologique. Il ne s’agit pas d’explorer la quête motivationnelle de sens (concept mesuré plus tard par des instruments complémentaires tels que le Seeking of Noetic Goals Test ou SONG ; Crumbaugh, 1977), mais d’évaluer le degré d’accomplissement actuel de cette volonté de sens, c’est-à-dire le fait d’avoir ou non découvert une raison convaincante de vivre.

Sur le plan psychopathologique et clinique, le PIL a été initialement imaginé comme une aide diagnostique pour détecter le « vide existentiel » et la « névrose noogène ». Selon Frankl, un pourcentage substantiel de manifestations dépressives, anxieuses, addictives ou comorbides ne prend pas racine dans des conflits pulsionnels infantiles (au sens psychanalytique classique) ou dans des altérations strictement neurobiologiques, mais découle directement d’une faillite axiologique et d’une incapacité à identifier un sens à son existence quotidienne. L’évaluation standardisée via le PIL permet aux psychothérapeutes, psychiatres et conseillers d’identifier avec précision les sujets plongés dans un désespoir existentiel latent, souvent masqué par des symptômes somatiques ou un ennui chronique.

Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée en psychologie de la santé, le PIL est employé pour documenter les mécanismes de résilience face à l’adversité extrême. Il sert à investiguer les processus d’adaptation chez les patients confrontés à des maladies chroniques, aux soins palliatifs ou au deuil traumatique (Florian, 1989-1990), ainsi que dans l’évaluation des programmes de réadaptation en alcoologie et toxicomanie (Waisberg, 1994). De surcroît, le PIL est régulièrement administré dans des contextes gérontologiques et correctionnels pour analyser comment la privation de liberté ou les transitions développementales tardives influent sur l’intégrité noologique et le sentiment d’utilité personnelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le Purpose in Life Test repose sur l’appréhension multidimensionnelle du sens de la vie (purpose/meaning in life). Bien que Crumbaugh et Maholick aient initialement conçu l’instrument comme une mesure unidimensionnelle globale de la plénitude versus le vide existentiel, les investigations psychométriques subséquentes ont mis en lumière que le construit sous-jacent agrège plusieurs dimensions interconnectées :

L’enthousiasme vital opposé à l’ennui routinier

Cette composante évalue la qualité affective associée au quotidien. Elle postule que la découverte d’un sens substantiel infuse la vie d’un sentiment d’énergie, de nouveauté et d’excitation intrinsèque. À l’inverse, le vide existentiel s’exprime cliniquement par un ennui paralysant, une monotonie suffocante et l’impression récurrente que chaque journée est identique à la précédente (items 1, 2 et 5). Par exemple, l’individu affirmant que sa vie est habituellement « exubérante, enthousiaste » s’oppose phénoménologiquement à celui qui se déclare « totalement ennuyé ».

La clarté des buts et l’évaluation de l’accomplissement

Un axe central du construit concerne la présence d’objectifs téléologiques clairs, de projets explicites et le sentiment de progresser vers leur réalisation effective (items 3, 8 et 20). Le sujet doté d’un sens élevé possède une trajectoire définie, sait où diriger ses ressources cognitives et affectives, et éprouve une profonde satisfaction rétrospective et prospective quant à ses accomplissements personnels.

La valeur et la signification de l’existence propre

Cette dimension mesure le sentiment d’utilité, la perception que l’existence humaine individuelle possède une dignité, une raison d’être et une valeur intrinsèque justifiant d’avoir été vécue (items 4, 10, 11 et 12). Dans le pôle pathologique, le sujet éprouve un doute existentiel permanent, s’interrogeant avec perplexité sur la raison de sa présence au monde ou considérant que sa vie personnelle est dénuée de pertinence face à l’univers.

La liberté perçue et le locus de contrôle interne (Responsabilité existentielle)

Fidèle aux postulats logothérapeutiques, le construit englobe la reconnaissance de sa propre liberté de choix et le sens de la responsabilité individuelle (items 13, 14 et 18). L’individu ne se perçoit pas comme le jouet passif du déterminisme biologique ou environnemental, mais comme l’agent premier de son destin, capable d’assumer ses décisions et de répondre activement aux interpellations de l’existence.

L’acceptation sereine de la finitude et la résilience noologique

Enfin, le construit intègre l’attitude adoptée vis-à-vis des réalités existentielles limites, en particulier la mort, le suicide et la souffrance (items 6, 15 et 16). L’intégration positive du sens permet d’envisager la mort sans terreur désorganisatrice et immunise l’individu contre l’idéation suicidaire, conçue en logothérapie comme la manifestation ultime d’un effondrement du sens.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement épistémologique du Purpose in Life Test réside explicitement dans la logothérapie et l’analyse existentielle, corpus théorique élaboré par Viktor E. Frankl (1955, 1958, 1960). Souvent désignée comme la « troisième école viennoise de psychothérapie » (après la psychanalyse freudienne centrée sur la volonté de plaisir et la psychologie individuelle adlérienne orientée vers la volonté de puissance), la logothérapie postule que la volonté de sens (will to meaning) constitue la motivation humaine primaire et universelle.

Dans ce modèle anthropologique, l’être humain n’est pas uniquement mû par des forces biologiques homéostatiques ou des mécanismes de conditionnement behavioriste ; il opère également dans une dimension proprement noologique ou spirituelle (au sens existentiel et laïque du terme). Lorsque la volonté de sens est frustrée de manière prolongée, le sujet sombre dans un vide existentiel. Ce néant noologique se caractérise cliniquement par une triade sémiologique : dépression, agressivité et conduites addictives. Si ce vide génère des symptômes psychiatriques atypiques sans causalité somatique ou psychodynamique réductible, Frankl parle alors de névrose noogène.

Pour la logothérapie, le sens n’est pas une simple illusion cognitive autogénérée pour apaiser l’angoisse de la mort, mais une réalité relationnelle que l’être humain est appelé à découvrir dans le monde à travers trois voies fondamentales :

  • Les valeurs créatrices : par l’action concrète, la réalisation d’un travail, d’une œuvre ou l’engagement dans une cause transcendante ;
  • Les valeurs expérientielles : par la rencontre intime avec autrui (l’amour), la contemplation esthétique de la nature ou de l’art ;
  • Les valeurs d’attitude : par la posture courageuse et digne adoptée face à la souffrance inévitable, à la culpabilité et à la mort inéluctable (la « triade tragique »).

Crumbaugh et Maholick (1964) ont cherché à capturer cette dynamique existentielle en concevant une méthodologie empirique rigoureuse capable de quantifier ce concept sans en dénaturer la richesse philosophique. Ils ont également exploré les liens entre le sens de la vie et le sentiment de transcendance. Les recherches subséquentes, telles que celles menées par Crandall et Rasmussen (1975), ont confirmé l’ancrage théorique franklien en démontrant que les scores élevés au PIL corrélaient étroitement avec les valeurs terminales de salut (échelle des valeurs de Rokeach, 1967) et avec une orientation religieuse intrinsèque (Allport & Ross, 1967), c’est-à-dire une religiosité intériorisée et vécue comme une fin en soi, plutôt qu’une religiosité utilitaire ou extrinsèque.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du Purpose in Life Test a été étayée par un très large éventail de recherches empiriques conduites au cours des six dernières décennies :

Validité de critère (sensibilité aux groupes contrastés)

La capacité du PIL à discriminer des populations caractérisées théoriquement par des niveaux divergents de plénitude existentielle a été démontrée dès sa publication princeps. Crumbaugh et Maholick (1964) ont administré l’instrument à cinq cohortes contrastées : des femmes de la Junior League et des participants au séminaire de Frankl à Harvard (haut niveau présumé de sens), des étudiants de premier cycle de Harvard, des patients psychiatriques ambulatoires et des patients hospitalisés pour dépendance alcoolique sévère. Les moyennes variaient de manière spectaculaire, s’élevant à 119 points pour les non-patients et chutant à 99 points chez les patients cliniques.

Dans une étude élargie de validation croisée, Crumbaugh (1968) a répliqué ces disparités avec une moyenne de 112,4 (Écart-type = 14,1) chez les sujets asymptomatiques et de 92,6 (Écart-type = 21,3) chez les populations cliniques. Reker (1977) a documenté des moyennes oscillant autour de 100 au sein de populations carcérales masculines, confirmant la sensibilité de l’outil aux environnements de restriction existentielle. Les professionnels hautement motivés (M = 118,9) et les novices en formation au sein d’ordres religieux (M = 119,3) obtiennent des scores nettement supérieurs (Crumbaugh, Raphael, & Shrader, 1970).

Validité convergente et concourante

L’instrument démontre des corrélations substantielles avec les évaluations hétéro-attribuées du degré de sens dans la vie : r = .38 lorsqu’il est corrélé aux jugements de psychothérapeutes traitants, et r = .47 par rapport aux évaluations menées par des aumôniers ou des membres du clergé (Crumbaugh, 1968). De surcroît, les scores au PIL corrèlent positivement avec l’affect positif, la vitalité subjective, l’estime de soi et le sentiment de contrôle personnel.

Validité discriminante et controverses psychopathologiques

Crumbaugh et Maholick (1964) ont constaté que les scores au PIL n’étaient pas redondants avec les échelles de psychopathologie générale du MMPI. Toutefois, la relation entre le PIL et la symptomatologie dépressive demeure un objet de vif débat psychométrique. Si la corrélation initiale était modérée (r = -.39), des recherches ultérieures ont révélé des associations négatives bien plus élevées avec la dépression, atteignant r = -.65 (Crumbaugh, 1968). Cette convergence a conduit des auteurs critiques, notamment Dyck (1987), à suggérer que le PIL mesurerait peut-être indirectement la dépression plutôt qu’un construit purement noologique. Néanmoins, l’analyse logothérapeutique rétorque que la dépression clinique et le vide existentiel constituent deux phénomènes psychiques intimement intriqués mais conceptuellement distincts.

Désirabilité sociale et biais de réponse

L’auto-évaluation directe du PIL soulève la question de la susceptibilité à la désirabilité sociale. Comme le soulignent Crumbaugh et Henrion (1988), les résultats empiriques sont hétérogènes. Si, dans des passations anonymes ou standardisées, les corrélations avec les échelles de mensonge restent faibles à modérées, le test peut être manipulé favorablement dans des contextes à fort enjeu (sélection professionnelle, expertises médico-légales ou commissions de libération conditionnelle).

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité du Test du Sens de la Vie attestent d’une stabilité métrologique et d’une homogénéité interne particulièrement robustes, confirmées à travers divers échantillons cliniques et communautaires :

Cohérence interne (Fidélité par moitié coupée et Alpha)

  • Étude princeps (Crumbaugh & Maholick, 1964) : La méthode de bissection pair-impair (odd-even split-half reliability) a révélé un coefficient de corrélation non corrigé de .81, s’élevant à .90 après correction par la formule de Spearman-Brown.
  • Populations carcérales (Reker, 1977) : Auprès d’un groupe de détenus, la fidélité par moitié coupée a produit un coefficient de .85, corrigé à .92 via Spearman-Brown.
  • Échantillon confessionnel (Crumbaugh, 1968) : Une analyse menée auprès de 120 paroissiens protestants engagés a confirmé une fidélité par moitié coupée corrigée de .92.
  • Alpha de Cronbach : Les synthèses métrologiques contemporaines situent l’alpha de Cronbach global de la Partie A du PIL entre .86 et .92, démontrant une excellente intercorrélation entre l’ensemble des 20 items.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Les analyses de concordance temporelle indiquent une fidélité test-retest substantielle, dont le coefficient varie logiquement selon l’intervalle séparant les passations :

  • Intervalle de 1 semaine : Meier et Edwards (1974) ont mesuré un coefficient de corrélation de r = .83, témoignant d’une très haute stabilité à court terme.
  • Intervalle de 6 semaines : Reker et Cousins (1979) ont obtenu un coefficient de stabilité temporelle de r = .79.
  • Intervalle de 12 semaines : Reker (1977) a documenté un coefficient de r = .68 sur une période de trois mois auprès d’individus incarcérés, reflétant à la fois la constance du trait de personnalité et sa sensibilité relative aux changements de trajectoire de vie.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que le PIL ait été formulé sous l’hypothèse opérationnelle d’un score unique représentant un continuum unidimensionnel d’accomplissement existentiel, de nombreuses analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont régulièrement révélé une structure factorielle multifacette.

Les premières études factorielles approfondies (p. ex., Reker & Cousins, 1979 ; Dyck, 1987) ont extrait entre deux et cinq facteurs distincts selon les critères de rotation et les échantillons investigués :

  • Facteur 1 : Sens et finalité de l’existence (Meaning and Purpose) — Ce facteur principal rassemble les items évaluant la clarté téléologique, la perception que l’existence a un but précis et la valeur globale accordée à la vie (items 3, 4, 8, 11 et 20). Il présente généralement les saturations factorielles les plus élevées (> .60).
  • Facteur 2 : Satisfaction et enthousiasme face à l’existence (Life Satisfaction and Excitement) — Regroupant des énoncés tels que les items 1, 2, 5 et 9, ce facteur capture la vivacité affective, le plaisir ressenti dans l’action quotidienne par opposition à l’ennui et au sentiment de désespoir.
  • Facteur 3 : Liberté personnelle et contrôle (Freedom and Responsibility) — Constitué principalement par les items 13, 14 et 18, cet axe factoriel reflète la croyance dans le libre arbitre, le refus du déterminisme environnemental ou génétique et la maîtrise de sa trajectoire personnelle.
  • Facteur 4 : Attitude envers la mort et la finitude (Attitude toward Death) — Porté de manière prédominante par les items 10, 15 et 16, ce facteur isole l’acceptation de la mortalité, l’absence de terreur face à la finitude et l’absence d’idéation suicidaire.

Harlow, Newcomb et Bentler (1987), utilisant des méthodologies par équations structurelles et des variables latentes, ont souligné que cette hétérogénéité factorielle interne expliquait pourquoi le PIL montrait parfois des corrélations différentielles avec des construits externes (comme la dépression ou l’anxiété). Pour Dyck (1987), la présence de ces multiples sous-dimensions témoigne d’un manque relatif de pureté conceptuelle dans le test original, suggérant qu’une fraction seulement des items mesure directement le concept pur de finalité noétique, tandis que d’autres items évaluent des états émotionnels concomitants.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel : Test du Sens de la Vie (Purpose in Life Test — PIL).
  • Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report measure) évaluant le sens de l’existence et le vide existentiel.
  • Structure générale de l’instrument : L’outil comprend trois volets :
    • Partie A : Volet quantitatif objectif de 20 items (seule section standardisée pour la recherche psychométrique).
    • Partie B : Test de complétion de 13 phrases semi-ouvertes (à interprétation clinique qualitative).
    • Partie C : Rédaction biographique libre sur les ambitions, les buts et les sources de motivation du sujet (à analyse qualitative par le praticien).
  • Nombre d’items (Partie A) : 20 items.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de différentiel sémantique en 7 points (1 à 7) ancrée par des formulations bipolaires spécifiques à chaque item. Le chiffre 4 représente systématiquement la position intermédiaire « neutre ».
  • Niveau de lecture requis : Niveau scolaire de fin d’école primaire (environ 10-11 ans / 5th-grade reading level).
  • Durée de passation : 10 à 15 minutes en moyenne ; passation non limitée dans le temps.
  • Procédure de cotation et de calcul des scores :
    • La cotation s’effectue en sommant les points des 20 items de la Partie A. Le score brut total est compris entre 20 et 140.
    • Règle d’inversion des items : Les items dont les ancres présentent une polarité inversée (où la note 1 correspond au sens élevé/positif et la note 7 correspond au vide existentiel/négatif) doivent être impérativement recodés avant sommation de sorte que des valeurs numériques élevées reflètent de façon homogène un sens de la vie supérieur. Les items à inverser selon le protocole original sont les items : 2, 5, 7, 10, 14, 15, 17, 18 et 19 (transformation de la note brute x par la formule : 8 – x).
  • Interprétation des seuils diagnostiques (Cut-off scores) :
    • Score total ≥ 113 : Présence manifeste et consolidée de sens et de finalité dans la vie (fonctionnement existentiel optimal).
    • Score total de 92 à 112 : Zone intermédiaire d’incertitude axiologique (buts indécis, conflit noologique modéré).
    • Score total ≤ 91 : Absence marquée de sens et de direction ; présence significative de vide existentiel, d’ennui ou de désespoir noogène.
    • Seuil clinique critique : Un score de 102 a été proposé par Crumbaugh et Henrion (1988) comme seuil discriminatif médian séparant la population générale des populations psychiatriques cliniques.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1964 (article séminal de James C. Crumbaugh et Leonard T. Maholick publié dans le Journal of Clinical Psychology). Manuel clinique publié en 1968, réédité et étendu en 1988.
  • Éditeur et gestion des droits : Le test original, les formulaires de cotation et le manuel clinique officiel sont historiquement publiés et distribués par Psychometric Affiliates (P.O. Box 807, Murfreesboro, TN 37133, États-Unis). Le matériel est également référencé et accessible via l’Institut de Logothérapie de Berkeley (Californie).
  • Conditions d’accès et d’utilisation : Le matériel commercialisé (cahiers de passation et manuel) est soumis à des droits de propriété intellectuelle et tarifé pour les usages cliniques ou organisationnels payants. Toutefois, les 20 items de la Partie A ont été largement reproduits dans la littérature académique du domaine public et peuvent généralement être utilisés à des fins de recherche scientifique non commerciale, sous réserve de citer scrupuleusement les publications des auteurs originaux (Crumbaugh & Maholick, 1964, 1968).

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: 7-point semantic differential scale (1 to 7) anchored with unique bipolar statements for each item (4 = neutral).

  1. I am usually: (1) completely bored – (4) neutral – (7) exuberant, enthusiastic
  2. Life to me seems: (7) completely routine – (4) neutral – (1) always exciting
  3. In life I have: (1) no goals or aims at all – (4) neutral – (7) very clear-cut goals and aims
  4. My personal existence is: (1) utterly meaningless, without purpose – (4) neutral – (7) very purposeful and meaningful
  5. Every day is: (7) exactly the same – (4) neutral – (1) constantly new and different
  6. If I could choose, I would: (1) prefer never to have been born – (4) neutral – (7) like nine more lives just like this one
  7. After retiring, I would: (7) loaf completely the rest of my life – (4) neutral – (1) do some of the exciting things I have always wanted to do
  8. In achieving life goals I have: (1) made no progress whatever – (4) neutral – (7) progressed to complete fulfillment
  9. My life is: (1) empty, filled only with despair – (4) neutral – (7) running over with exciting good things
  10. If I should die today, I would feel that my life has been: (7) completely worthless – (4) neutral – (1) very worthwhile
  11. In thinking of my life, I: (1) often wonder why I exist – (4) neutral – (7) always see a reason for being here
  12. As I view the world in relation to my life, the world: (1) completely confuses me – (4) neutral – (7) fits meaningfully with my life
  13. I am a: (1) very irresponsible person – (4) neutral – (7) very responsible person
  14. Concerning man’s freedom to make his own choices, I believe man is: (7) completely bound by limitations of heredity and environment – (4) neutral – (1) absolutely free to make all life choices
  15. With regard to death, I am: (7) unprepared and frightened – (4) neutral – (1) prepared and unafraid
  16. With regard to suicide, I have: (1) thought of it seriously as a way out – (4) neutral – (7) never given it a second thought
  17. I regard my ability to find a meaning, purpose, or mission in life as: (7) practically none – (4) neutral – (1) very great
  18. My life is: (7) out of my hands and controlled by external factors – (4) neutral – (1) in my hands and I am in control of it
  19. Facing my daily tasks is: (7) a painful and boring experience – (4) neutral – (1) a source of pleasure and satisfaction
  20. I have discovered: (1) no mission or purpose in life – (4) neutral – (7) satisfying goals and a clear purpose in life
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Test du Sens de la Vie. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=test-du-sens-de-la-vie-pil-2
Looti, Mohammed. “Test du Sens de la Vie.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=test-du-sens-de-la-vie-pil-2.
Looti, Mohammed. “Test du Sens de la Vie.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=test-du-sens-de-la-vie-pil-2.