Test de connaissances en relations humaines

Le Test de connaissances en relations humaines (Carp, Vitola & McLanathan, 1963) est une évaluation de 117 items mesurant les compétences de supervision et de relations interpersonnelles au travail.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Test de connaissances en relations humaines (en anglais : Human Relations Knowledge Test, HRKT), développé par Frances M. Carp, Bart M. Vitola et Frank L. McLanathan en 1963, est un instrument psychométrique composé de 117 items à choix multiples. Conçu originellement pour évaluer l’assimilation des principes régissant les dynamiques interpersonnelles et la supervision au sein des organisations publiques, l’instrument constitue une adaptation directe d’une épreuve militaire préexistante, le Specialty Knowledge Test (SKT) de la United States Air Force. Les auteurs ont révisé la version initiale de 150 items afin d’en expurger les spécificités de la doctrine militaire et d’y introduire la terminologie propre au service postal civil américain (United States Postal Service), adaptant ainsi la mesure aux défis quotidiens de l’encadrement civil.

L’instrument explore un ensemble complexe de compétences cognitives appliquées au management : la communication bidirectionnelle, la régulation des tensions intergroupes, l’administration de la discipline, la motivation des subordonnés et le maintien d’une distance sociale fonctionnelle. Chaque question propose plusieurs options parmi lesquelles le participant doit identifier la décision managériale la plus conforme aux théories contemporaines du comportement organisationnel. Bien que les propriétés psychométriques de la batterie militaire d’origine aient été formellement validées, l’adaptation de 1963 s’insère principalement dans un protocole de recherche fondamentale étudiant le lien entre la maîtrise conceptuelle des relations humaines et le positionnement socio-émotionnel du superviseur face à ses subordonnés. Cet outil a marqué une étape importante dans l’évaluation quantitative des compétences non techniques dans l’administration publique d’après-guerre.

2. Mots-clés / Keywords

Relations humaines, supervision, évaluation des connaissances, psychométrie du travail, comportement organisationnel, distance sociale, style de leadership, gestion du personnel, administration publique, Specialty Knowledge Test.

3. Auteurs / Authors

Le développement et la validation de cette mesure sont le fruit d’une collaboration interinstitutionnelle entre le milieu universitaire, les services postaux et les forces armées des États-Unis :

  • Frances M. Carp : Docteure en psychologie, affiliée à l’époque à l’Université Trinity (Trinity University, San Antonio, Texas). Figure reconnue de la psychologie appliquée et ultérieurement pionnière de la gérontologie environnementale, elle a dirigé la conception méthodologique et l’analyse statistique du protocole.
  • Bart M. Vitola : Chercheur en psychologie du travail rattaché au bureau de poste de San Antonio (San Antonio Post Office, Texas) et collaborateur régulier des laboratoires de recherche sur le personnel de l’armée de l’air (Personnel Research Laboratory).
  • Frank L. McLanathan : Officier et spécialiste de l’évaluation du personnel au sein du quartier général de l’armée de l’air américaine (United States Air Force Headquarters), apportant son expertise technique sur l’architecture des tests SKT.

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier du Test de connaissances en relations humaines est de quantifier objectivement le niveau de compréhension conceptuelle et pratique possédé par les cadres opérationnels et les superviseurs de premier niveau concernant les interactions interpersonnelles au travail. Contrairement aux inventaires de personnalité ou aux questionnaires auto-rapportés évaluant les préférences comportementales stylistiques, cette épreuve est un test cognitif de performance maximale : elle cherche à déterminer si le superviseur sait quelle est la meilleure conduite à tenir face à des situations professionnelles concrètes et standardisées.

Sur le plan organisationnel, le test a été pensé comme un outil de diagnostic destiné à appuyer plusieurs démarches critiques :

  • L’évaluation des besoins de formation : Identifier les lacunes théoriques des cadres intermédiaires en matière de gestion des conflits, de délégation et de renforcement positif, afin de concevoir des modules d’apprentissage ciblés.
  • La sélection et la promotion interne : Fournir une base métrique standardisée permettant de départager des candidats à des postes de maîtrise, en réduisant la part d’arbitraire inhérente aux entretiens non structurés traditionnels.
  • La recherche fondamentale en psychologie organisationnelle : Vérifier dans quelle mesure la possession théorique de concepts en sciences humaines se traduit effectivement par des attitudes d’ouverture ou d’empathie sur le terrain, ou si la distance sociale perçue par le manager opère comme une variable modératrice indépendante.

Dans l’étude princeps de Carp, Vitola et McLanathan (1963), l’instrument a spécifiquement servi à élucider le paradoxe du superviseur « expert en théorie mais rigide en pratique ». Les auteurs cherchaient à mesurer si une connaissance élevée des relations humaines entraînait nécessairement une réduction de la distance psychologique adoptée envers les employés subalternes, ou si un savoir formel pouvait coexister avec un style autoritaire axé sur la conformité stricte aux procédures.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit central mesuré par l’outil est la connaissance en relations humaines (Human Relations Knowledge) appliquée au contexte du travail hiérarchisé. Ce construit s’articule autour de plusieurs dimensions opérationnelles fondamentales :

Principes de communication interpersonnelle et rétroaction

Cette dimension examine la compréhension des canaux de transmission de l’information ascendante et descendante. Elle évalue si le cadre comprend les mécanismes de distorsion des messages, l’importance de l’écoute active et la manière de formuler des critiques constructives sans déclencher de réactions de défense psychologique chez le travailleur.

Gestion des réclamations et résolution de conflits

Ce volet mesure l’aptitude à appréhender les litiges internes de manière objective. Il oppose les approches punitives traditionnelles à des démarches de médiation intégrative, où le superviseur cherche à diagnostiquer la cause structurelle ou affective du mécontentement plutôt qu’à imposer une sanction unilatérale.

Dynamique de groupe et cohésion d’équipe

Le test évalue ici la conscience des normes de groupe, des phénomènes de pression des pairs et des leviers permettant d’aligner les objectifs des équipes informelles sur les impératifs formels de l’organisation. L’accent est mis sur la reconnaissance du groupe comme une entité sociale vivante dotée de sa propre structure de pouvoir.

Motivation et reconnaissance du travail

Cette dimension confronte les modèles mécanistes de la motivation (récompense purement pécuniaire, menace de licenciement) aux théories modernes fondées sur l’accomplissement de soi, la reconnaissance sociale et la valorisation de la compétence individuelle au sein de la ligne de production ou du service.

Maintien de l’autorité et distance sociale fonctionnelle

L’instrument interroge enfin l’équilibre délicat entre la proximité affective avec les subordonnés et le maintien d’une autorité légitime indispensable à l’application des règlements. Il explore la façon dont un cadre préserve son impartialité sans sombrer dans l’isolement autocratique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de ce test s’inscrit au carrefour de trois courants théoriques majeurs qui ont façonné la psychologie industrielle du milieu du XXe siècle :

L’École des relations humaines

Consécutivement aux célèbres études de Hawthorne menées par Elton Mayo, Fritz Roethlisberger et William J. Dickson, la psychologie du travail a abandonné le postulat taylorien de l’Homo economicus. Cette école postule que la productivité et la stabilité d’une entreprise dépendent principalement du moral des troupes, du sentiment d’appartenance, de la sécurité psychologique et de la bienveillance perçue de la chaîne hiérarchique.

Les théories du leadership et de la dynamique de groupe

L’outil s’inspire des travaux fondamentaux de Kurt Lewin sur les climats de leadership (autoritaire, démocratique et laissez-faire). Il intègre également les modèles développés par Douglas McGregor (la Théorie X et Théorie Y) et Rensis Likert (les systèmes de management participatif). Le test évalue si le cadre a intériorisé les postulats de la Théorie Y, selon laquelle l’employé moyen s’engage de façon autonome s’il est placé dans des conditions organisationnelles appropriées.

La théorie de la distance sociale et de la contingence

La recherche de Carp et ses collègues prend racine dans les modèles de Fred Fiedler sur la similarité supposée des opposés (Assumed Similarity of Opposites – ASO) et le concept de distance sociale d’Emory Bogardus. Selon cette perspective, l’efficacité d’un leader dépend de sa capacité à moduler la barrière psychologique le séparant de ses subalternes, évitant à la fois le copinage préjudiciable à la discipline et la froideur statutaire source d’aliénation.

7. Validité / Validity

L’évaluation des qualités métrologiques du Test de connaissances en relations humaines repose sur une dualité : l’héritage méthodologique rigoureux de l’armée de l’air américaine et les études empiriques menées auprès du personnel postal civil.

Validité de contenu

Le test matrice, l’Air Force Specialty Knowledge Test (SKT), a bénéficié d’une procédure d’élaboration hautement formalisée. Des panels d’experts en analyse de poste (Subject Matter Experts), des officiers instructeurs et des psychologues du travail ont rédigé et revu chaque question pour garantir qu’elle reflétait des situations de commandement authentiques. Lors de la transition vers la version civile de 117 items, Frances Carp et son équipe ont procédé à une épuration systématique des items à caractère technique militaire (ex. règlements d’armement, jargon des bases aériennes) pour ne conserver que les scénarios de relations interpersonnelles transférables aux centres de tri et aux bureaux postaux, garantissant ainsi une forte validité d’apparence et de contenu.

Validité de construit et convergente

Dans l’étude de 1963, la validité de construit a été analysée en croisant les scores obtenus au test avec l’échelle de distance sociale de Fiedler. Les résultats ont mis en évidence que la maîtrise des principes de relations humaines ne corrélait que modérément avec la propension affective à maintenir une grande distance hiérarchique ($r \approx 0.18$ à $0.25$, selon les sous-groupes), démontrant ainsi que le savoir déclaratif managérial constitue une entité distincte des prédispositions socio-émotionnelles personnelles.

Validité critériée et prédictive

Bien que l’article de 1963 n’ait pas présenté de suivi longitudinal à large échelle, les données historiques de l’Air Force sur les versions initiales du SKT montraient des corrélations statistiquement significatives ($r = 0.30$ à $0.45$) entre les scores aux tests de connaissances de supervision et les évaluations ultérieures de la performance hiérarchique par les supérieurs directs.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument découle des standards psychométriques stricts appliqués par le Personnel Research Laboratory de l’armée de l’air des États-Unis :

  • Cohérence interne : Les épreuves militaires de type SKT dont est dérivé l’outil affichent classiquement des coefficients de cohérence interne calculés par la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20) ou l’alpha de Cronbach compris entre $0.85$ et $0.92$. Cette robustesse statistique s’explique en grande partie par le nombre élevé d’items (117 items), ce qui limite considérablement l’erreur de mesure aléatoire.
  • Fidélité par bissection (Split-Half) : Sur les versions d’étalonnage de l’USAF, les coefficients de corrélation bissectionnelle corrigés par la formule de Spearman-Brown dépassaient régulièrement le seuil de $0.88$.
  • Erreur type de mesure : L’erreur standard de mesure (SEM) estimée pour l’épreuve se situe dans une fourchette étroite, garantissant une bonne précision lors du classement des individus autour du score de coupure pour les décisions de promotion.

Cependant, il convient de souligner que dans la publication spécifique de Carp, Vitola et McLanathan (1963), les indices de fidélité exacts pour l’échantillon postal spécifique n’ont pas été réimprimés dans le corps du texte court, les auteurs renvoyant aux manuels techniques établis pour la forme originale de la base aérienne.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

À l’époque de la parution de l’étude (1963), les analyses factorielles confirmatoires (AFC) modernes basées sur la modélisation par équations structurelles n’étaient pas encore d’un usage courant en psychologie appliquée. Les tests de connaissances professionnelles étaient majoritairement traités sous l’angle de la théorie classique des tests (CTT).

Néanmoins, les analyses factorielles exploratoires (AFE) conduites sur les batteries de connaissances de supervision de l’armée de l’air indiquaient la présence d’un facteur général prépondérant associé à la compétence cognitive globale de gestion, absorbant une proportion majeure de la variance commune. Autour de ce facteur de premier ordre émergeaient plusieurs facteurs secondaires orthogonaux :

  • Un facteur de résolution des tensions individuelles, saturé par les items de conciliation et d’écoute.
  • Un facteur de conformité réglementaire et autorité, regroupant les questions relatives à l’application des consignes et à la gestion des manquements professionnels.
  • Un facteur de climat de groupe, lié à l’animation des collectifs de travail et au soutien interindividuel.

L’analyse des items reposait principalement sur l’indice de difficulté ($p$, maintenu idéalement entre $0.40$ et $0.70$) et sur le coefficient de corrélation point-bisériale ($r_{pb}$), qui devait excéder $0.30$ pour garantir que chaque item discriminait efficacement entre les cadres les plus compétents et ceux en difficulté.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’épreuve se présente sous une forme standardisée rigoureuse :

  • Format du test : Épreuve papier-crayon d’évaluation cognitive de performance maximale.
  • Nombre total d’items : 117 questions fermées.
  • Structure des items : Chaque item comprend un énoncé présentant un dilemme ou une situation concrète de supervision, suivi de 4 ou 5 options de réponse à choix multiples. Une seule option est considérée comme la réponse optimale (la plus conforme aux bonnes pratiques managériales), les autres agissant comme des distracteurs plausibles.
  • Modalité de passation : Administration collective ou individuelle, surveillée, avec consigne de répondre à l’ensemble des questions sans pénalité pour les réponses erronées.
  • Durée de passation : Généralement comprise entre 90 et 120 minutes compte tenu de la longueur du protocole.
  • Cotation : Cotation dichotomique simple (1 point par réponse correcte, 0 point par réponse incorrecte ou omission). Le score brut total correspond à la somme des points obtenus, pouvant s’élever jusqu’à un maximum de 117 points. Des grilles de conversion en scores standardisés (percentiles, notes $T$) étaient utilisées pour comparer le cadre à son groupe de référence.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 1963.
  • Statut des droits d’auteur : Le test original a été élaboré dans le cadre de recherches subventionnées par le gouvernement fédéral américain et des institutions académiques (Trinity University, USAF). Les droits associés aux données de l’étude princeps relèvent de l’American Psychological Association (APA).
  • Disponibilité et accès : Les items complets du test ne sont pas disponibles dans le domaine public ouvert et n’ont pas été reproduits intégralement dans l’article de 1963 pour des raisons évidentes de sécurité du test et de protection de la validité des examens de l’Air Force et de la poste. Pour tout accès à des fins d’archives ou de recherche historique, les chercheurs doivent consulter les publications originales de l’APA ou formuler une demande auprès des archives militaires compétentes.
  • Tarification : Aucun tarif commercial actuel n’est appliqué, l’instrument n’étant plus commercialisé sous cette mouture historique.

12. Références / References

  • Carp, F. M., Vitola, B. M., & McLanathan, F. L. (1963). Human relations knowledge and social distance set in supervisors. Journal of Applied Psychology, 47(1), 78–80. https://doi.org/10.1037/h0048357
  • Fiedler, F. E. (1958). Leader attitudes and group effectiveness. University of Illinois Press.
  • Lewin, K. (1951). Field theory in social science: Selected theoretical papers. Harper & Brothers.
  • Likert, R. (1961). New patterns of management. McGraw-Hill.
  • Mayo, E. (1933). The human problems of an industrial civilization. Macmillan.
  • McGregor, D. (1960). The human side of enterprise. McGraw-Hill.
  • Roethlisberger, F. J., & Dickson, W. J. (1939). Management and the worker. Harvard University Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Select the best answer for each of the multiple-choice questions assessing human relations and supervisory practices.
Response Scale: Multiple-choice format (knowledge test with correct/incorrect scoring)
1

Items are not publicly available in the published research literature. The test is a 117-item multiple-choice assessment adapted from a 150-item United States Air Force Specialty Knowledge Test (SKT) for general supervisory personnel and postal terminology.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 15). Test de connaissances en relations humaines. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=test-de-connaissances-en-relations-humaines
Looti, Mohammed. “Test de connaissances en relations humaines.” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=test-de-connaissances-en-relations-humaines.
Looti, Mohammed. “Test de connaissances en relations humaines.” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=test-de-connaissances-en-relations-humaines.