{n « title »: « Échelle d’efficacité des enseignants »,n « content »: «
Résumé
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L’Échelle d’efficacité des enseignants (connue dans la littérature internationale sous l’appellation Teacher Efficacy Scale ou TES) est un instrument psychométrique pionnier développé en 1984 par la chercheuse Sheryl Gibson en collaboration avec Myron H. Dembo à l’Université de Californie du Sud. Conçu pour opérationnaliser le construit d’auto-efficacité formulé par le psychologue Albert Bandura dans le contexte spécifique de l’enseignement scolaire, cet outil d’auto-évaluation comprend initialement 30 énoncés présentés sous la forme d’une échelle de Likert en six points allant de 1 (\ »Fortement en désaccord\ ») à 6 (\ »Fortement en accord\ »).
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L’instrument a été élaboré pour mesurer deux dimensions fondamentales et conceptuellement distinctes des croyances des enseignants : l’efficacité personnelle de l’enseignant (Personal Teaching Efficacy, PTE) et l’efficacité générale de l’enseignement (Teaching Efficacy ou General Teaching Efficacy, GTE). La sous-échelle d’efficacité personnelle évalue la conviction intime de l’enseignant qu’il possède personnellement les compétences pédagogiques, les stratégies didactiques et la motivation nécessaires pour induire des apprentissages chez les élèves, y compris ceux qui présentent des difficultés majeures d’apprentissage ou des troubles du comportement. À l’opposé, la sous-échelle d’efficacité générale capture la croyance selon laquelle l’enseignement, en tant qu’institution professionnelle et pratique éducative, dispose du pouvoir d’outrepasser l’influence négative des facteurs environnementaux externes, tels que le milieu familial défavorisé, le statut socio-économique, la communauté ou la trajectoire socioculturelle de l’élève.
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Sur le plan psychométrique, la validation initiale menée auprès d’un échantillon de 208 enseignants d’écoles primaires en Californie a révélé des qualités de mesure robustes. L’analyse factorielle en facteurs principaux (avec rotations orthogonales et obliques) a mis en évidence une structure bidimensionnelle claire. La consistance interne des sous-échelles s’avère satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach atteignant 0,78 pour l’efficacité personnelle et 0,75 pour l’efficacité générale (0,79 pour l’ensemble réduit des 16 items les plus saturés). La validité convergente et discriminante a été corroborée via la méthode multitrait-multiméthode (MTMM) en comparant l’efficacité perçue avec la flexibilité cognitive et les compétences verbales. En outre, la validité de critère s’est manifestée par des corrélations substantielles avec les pratiques réelles en classe, documentées par des observations in situ : les enseignants démontrant un haut niveau d’efficacité consacrent significativement plus de temps à l’instruction académique en petits groupes, font preuve d’une plus grande persévérance face à l’échec d’un élève et recourent moins à la critique punitive.
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Mots-clés
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Sentiment d’efficacité personnelle, efficacité des enseignants, psychométrie, évaluation éducative, modèle sociocognitif, pratiques pédagogiques, différenciation pédagogique, gestion de classe, psychologie de l’éducation, analyse factorielle, validité de construit, persévérance de l’enseignant.
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Auteurs
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L’échelle a été développée et validée par :
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- Sheryl Gibson, Ph.D. : Chercheuse en psychologie de l’éducation, affiliée au Département de psychopédagogie de l’École d’éducation de l’Université de Californie du Sud (University of Southern California, Los Angeles, Californie, États-Unis). Ses travaux se sont concentrés sur la responsabilité professionnelle de l’enseignant, la formation initiale des maîtres et la dynamique attributionnelle en milieu scolaire.
- Myron H. Dembo, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie de l’éducation à la Rossier School of Education de l’Université de Californie du Sud. Spécialiste reconnu internationalement des théories de l’apprentissage autorégulé, de la motivation en classe et des processus d’instruction cognitive. Co-auteur de la publication séminale de 1984 établissant les propriétés de l’échelle dans le Journal of Educational Psychology.
- G. Brown, Ph.D. : Chercheur associé ayant collaboré aux travaux préliminaires de développement et de rédaction des items présentés lors du congrès de l’American Educational Research Association (AERA) en 1982.
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Objectif
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L’objectif central de l’Échelle d’efficacité des enseignants est d’opérationnaliser et de quantifier systématiquement les systèmes de croyances individuelles et professionnelles que les enseignants entretiennent quant à leur capacité d’action sur l’apprentissage et le comportement des élèves. Avant la parution des travaux de Gibson et Dembo, la mesure du sentiment d’efficacité dans l’enseignement reposait quasi exclusivement sur les deux items préliminaires de la RAND Corporation introduits par Armor et ses collaborateurs en 1976. Ces items initiaux, bien que prédictifs du rendement des élèves, souffraient d’un manque criant de granularité psychométrique et d’une portée conceptuelle étroite.
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Dans le domaine de la recherche en éducation et en psychologie de l’éducation, le TES poursuit plusieurs finalités majeures :
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- Compréhension des déterminants du comportement enseignant : L’échelle permet de déterminer pourquoi certains enseignants abandonnent rapidement face aux élèves en difficulté scolaire sévère, tandis que d’autres redoublent d’efforts, expérimentent de nouvelles méthodes pédagogiques et modifient la difficulté des tâches.
- Évaluation des programmes de formation initiale et continue : L’outil est fréquemment employé en pré-test et post-test pour mesurer l’impact des stages pratiques, des cours de didactique et des interventions de perfectionnement professionnel sur la construction de la compétence perçue des futurs enseignants.
- Prévention de l’épuisement professionnel (burnout) : De nombreuses recherches ont démontré qu’un faible sentiment d’efficacité personnelle chez les enseignants constitue un prédicteur direct du stress professionnel, du désengagement affectif, de la dépersonnalisation et du départ prématuré de la profession enseignante.
- Analyse des disparités d’apprentissage des élèves : Le TES sert de variable explicative majeure dans les modèles statistiques examinant les gains d’apprentissage des élèves en lecture, en mathématiques et en développement psychosocial. Les enseignants qui obtiennent des scores élevés sur cette échelle favorisent un climat d’apprentissage caractérisé par des attentes élevées, un feedback formatif positif et un soutien individualisé accru.
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Sur le plan clinique et organisationnel au sein des établissements scolaires, l’échelle offre aux conseillers pédagogiques et aux psychologues scolaires un cadre diagnostic pour identifier les obstacles cognitifs et émotionnels entravant l’efficacité d’un enseignant en difficulté, ouvrant la voie à des interventions de mentorat ciblées basées sur le remodelage des croyances d’efficacité.
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Construit psychologique
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Le construit mesuré par le TES s’articule autour de l’auto-efficacité appliquée à l’exercice de la profession enseignante. L’analyse théorique et empirique menée par Gibson et Dembo a établi que ce construit n’est pas unidimensionnel, mais se décompose en deux facettes orthogonales distinctes régissant le comportement professionnel :
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1. L’Efficacité Personnelle de l’Enseignant (Personal Teaching Efficacy – PTE)
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Cette dimension renvoie à l’évaluation par l’enseignant de ses propres habiletés pédagogiques et disciplinaires pour amener un élève à progresser. Elle incarne la confiance en soi spécifique au rôle :
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- L’adaptation didactique : La capacité perçue à modifier la complexité d’une tâche d’apprentissage lorsque l’élève éprouve des blocages conceptuels (item 12 : \ »When a student is having difficulty with an assignment, I am usually able to adjust it to his/her level\ »).
- La gestion de classe et de discipline : L’assurance dans la mise en œuvre de techniques comportementales pour rediriger un élève perturbateur sans recourir à l’exclusion ou à l’escalade punitive (item 25 : \ »If a student in my class becomes disruptive and noisy, I feel assured that I know some techniques to redirect him quickly\ »).
- L’attribution interne du succès des élèves : La conviction que les progrès réalisés par l’élève résultent directement de l’effort additionnel consenti par le pédagogue ou de la diversification de ses stratégies d’enseignement (item 1 : \ »When a student does better than usual, many times it is because I exerted a little extra effort\ » ; item 19 : \ »When the grades of my students improve, it is usually because I found more effective teaching approaches\ »).
- La persévérance face à la difficulté : Le sentiment de pouvoir toucher les élèves les plus rétifs ou les plus démotivés à force d’ingéniosité et d’engagement personnel (item 15 : \ »When I really try, I can get through to most difficult students\ »).
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2. L’Efficacité Générale de l’Enseignement (General Teaching Efficacy – GTE)
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Cette seconde dimension appréhende les croyances de l’enseignant quant aux limites inhérentes et au pouvoir d’action global de la profession enseignante face aux déterminismes environnementaux et socioculturels externes :
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- L’influence prépondérante du milieu familial : L’acceptation ou le refus de l’idée selon laquelle les déficits éducatifs familiaux annihilent toute tentative d’intervention pédagogique scolaire (item 2 : \ »The hours in my class have little influence on students compared to the influence of their home environment\ » ; item 4 : \ »The amount that a student can learn is primarily related to family background\ »).
- La résignation face aux normes extra-scolaires : La perception de l’incapacité de l’école à instaurer une discipline face à des élèves non éduqués au sein de leur foyer (item 6 : \ »If students aren’t disciplined at home, they aren’t likely to accept any discipline\ »).
- Le pouvoir d’émancipation de la pédagogie : La croyance en la capacité transcendante d’un bon enseignement à compenser les vulnérabilités de l’environnement d’origine de l’élève (item 27 : \ »The influences of a student’s home experiences can be overcome by good teaching\ »).
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Cette distinction conceptuelle est fondamentale : un enseignant peut avoir une très haute estime de ses capacités personnelles d’instruction (PTE élevé) tout en estimant avec fatalisme que l’école ne peut rien contre la précarité sociale ou l’absence de soutien parental (GTE faible).
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Cadre théorique
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Le cadre théorique du TES est directement ancré dans la théorie sociocognitive formulée par Albert Bandura (1977, 1978), articulée autour du concept central de triade causale réciproque reliant les facteurs personnels (cognitions, émotions), les comportements et les influences environnementales. Bandura a établi une distinction fondamentale et déterminante entre deux constructions cognitives distinctes :
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- L’attente d’efficacité (Efficacy Expectation) : Il s’agit de la conviction subjective qu’un individu a d’être capable d’exécuter avec succès les comportements requis pour produire un résultat déterminé. Dans le modèle de Gibson et Dembo, cette notion correspond rigoureusement à l’Efficacité Personnelle de l’Enseignement (PTE). C’est la question : \ »Ai-je les compétences et l’énergie nécessaires pour enseigner efficacement à cet élève ?\ »
- L’attente de résultat (Outcome Expectancy) : Il s’agit du jugement porté sur les conséquences probables qu’entraînera un comportement donné s’il est mené à son terme. Dans le modèle de Gibson et Dembo, cette composante est reflétée dans l’Efficacité Générale de l’Enseignement (GTE). C’est la question : \ »Même si j’applique le meilleur enseignement imaginable, cela aura-t-il un impact tangible face aux freins du contexte familial et social ?\ »
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De surcroît, les travaux de Gibson et Dembo intègrent des éléments issus de la théorie de l’apprentissage social de Julian Rotter (1966) sur le lieu de maîtrise (locus of control). Les premiers chercheurs de la RAND Corporation (Armor et al., 1976) concevaient l’efficacité comme un lieu de contrôle interne (la réussite de l’élève découle des actions de l’enseignant) opposé à un lieu de contrôle externe (la réussite ou l’échec résulte du milieu socio-économique, de l’intelligence innée ou de la communauté). Gibson et Dembo ont magistralement réussi la synthèse entre le modèle attributionnel de Rotter et l’architecture bidimensionnelle attentes d’efficacité / attentes de résultats de Bandura.
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Les sources fondamentales d’auto-efficacité postulées par Bandura alimentent également la dynamique de ce construit : l’expérience active de maîtrise (les succès antérieurs en classe), l’expérience vicariante (l’observation de collègues inspirants), la persuasion verbale (les rétroactions des pairs, des inspecteurs et de la direction) et les états physiologiques ou émotionnels (la gestion du stress en situation de crise pédagogique).
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Validité
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Les auteurs de l’échelle ont consacré des efforts méthodologiques remarquables pour étayer la validité psychométrique de l’instrument à travers plusieurs protocoles expérimentaux et observationnels :
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Validité de construit : Matrice Multitrait-Multiméthode (MTMM)
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Pour démontrer rigoureusement que l’échelle mesure l’efficacité de l’enseignant et non un trait de personnalité général ou des aptitudes cognitives globales, Gibson et Dembo ont mis en œuvre une technique multitrait-multiméthode (Campbell & Fiske, 1959). Trois traits distincts ont été évalués :
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- L’efficacité de l’enseignant (mesurée par le TES et des évaluations par les pairs).
- L’aptitude verbale (mesurée par un test de vocabulaire standardisé et une auto-évaluation).
- La flexibilité cognitive et pédagogique (mesurée par une échelle d’attitudes et des jugements d’observateurs).
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Les résultats de la matrice MTMM ont attesté :
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- Une validité convergente substantielle : des corrélations positives statistiquement significatives entre les auto-évaluations au TES et les évaluations indépendantes du sentiment de compétence réalisées par des observateurs externes qualifiés.
- Une validité discriminante solide : les corrélations entre l’efficacité de l’enseignant et l’aptitude verbale ou la flexibilité étaient très faibles à quasi nulles, démontrant que le sentiment d’efficacité constitue un domaine cognitivo-comportemental autonome, indépendant du niveau de langage ou de l’adhésion générale à des principes pédagogiques souples.
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Validité de critère et comportementale en situation réelle de classe
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L’un des apports majeurs de l’étude originelle réside dans la validation écologique du TES via des observations systématiques en classe. Les auteurs ont sélectionné deux groupes contrastés d’enseignants situés dans les tranches extrêmes des scores : un groupe à haute efficacité et un groupe à faible efficacité. Des observateurs indépendants, travaillant en aveugle quant aux scores des enseignants, ont mesuré le climat de la classe et les interactions maître-élèves selon le système d’observation de Stallings. Les observations ont mis au jour des divergences comportementales spectaculaires :
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- Organisation pédagogique : Les enseignants à haute efficacité consacrent significativement plus de temps à des activités académiques dirigées (48 % du temps de classe) et privilégient l’enseignement en petits groupes individualisés, tandis que les enseignants à faible efficacité passent près de la moitié de leur temps dans des formats d’instruction collective uniforme sans différenciation.
- Réponse à l’échec et rétroactions : Face à un élève fournissant une réponse incorrecte ou incomplète, les enseignants à haute efficacité font preuve d’une persévérance remarquable en guidant l’élève par des questions de relance et des indices sans abandonner. À l’inverse, les enseignants à faible efficacité abandonnent quasi instantanément la sollicitation, passant abruptement à un autre élève ou formulant une remarque dépréciative.
- Climat socio-émotionnel : Les enseignants à faible efficacité recourent de manière nettement plus fréquente à la critique punitive, au blâme et au sarcasme, traduisant leur sentiment d’impuissance face aux perturbations.
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Fidélité
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L’estimation de la fidélité de l’Échelle d’efficacité des enseignants a été établie sur un échantillon de 208 enseignants du primaire issus de 13 établissements scolaires situés dans deux districts de Californie du Sud.
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Consistance interne
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Les indices de consistance interne calculés au moyen de l’alpha de Cronbach ont fourni les valeurs suivantes :
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- Sous-échelle Efficacité Personnelle (PTE – items saturés) : $\\alpha = 0{,}78$. Ce coefficient indique une très bonne homogénéité des items explorant le sentiment de compétence personnelle face aux apprentissages scolaires et aux troubles comportementaux.
- Sous-échelle Efficacité Générale (GTE – items saturés) : $\\alpha = 0{,}75$. Ce score démontre une cohésion interne satisfaisante pour mesurer la croyance dans les limites structurelles de l’action éducative face au déterminisme sociologique.
- Échelle complète réduite (16 items finaux factorisés) : $\\alpha = 0{,}79$.
- Échelle totale initiale (30 items) : $\\alpha = 0{,}79$.
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Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
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Des études ultérieures de réplication (notamment Woolfolk & Hoy, 1990 ; Hoy & Woolfolk, 1993) ont mesuré la stabilité temporelle sur des intervalles de 8 à 12 semaines auprès d’enseignants stagiaires et en exercice. Les coefficients de fidélité test-retest se sont échelonnés entre $r = 0{,}68$ et $r = 0{,}82$, attestant d’une stabilité relative du construit tout en conservant une sensibilité aux événements d’apprentissage majeurs vécus sur le terrain (tels que les réussites ou échecs critiques durant les premiers stages en autonomie).
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Analyse factorielle
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La structure dimensionnelle du TES a été explorée par Gibson et Dembo à l’aide d’une méthode factorielle en facteurs principaux (Principal Factoring Solution) appliquée aux réponses des 208 enseignants, suivie de rotations orthogonales (Varimax) et de rotations obliques.
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Structure bipolaire et indépendance des facteurs
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L’analyse factorielle a mis en évidence la présence de deux facteurs majeurs expliquant la plus grande part de la variance commune :
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- Facteur 1 : Efficacité Personnelle de l’Enseignant (PTE). Ce facteur rend compte de 18,2 % de la variance totale. Il regroupe les items où l’enseignant évalue sa propre compétence opérationnelle. Les items présentant les saturations factorielles les plus élevées sur ce facteur comprennent notamment :\n
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- Item 12 (\ »When a student is having difficulty with an assignment, I am usually able to adjust it to his/her level\ ») : saturation factorielle de 0,58.
- Item 14 (\ »When a student gets a better grade than he usually gets, it is usually because I found better ways of teaching that student\ ») : saturation factorielle de 0,55.
- Item 15 (\ »When I really try, I can get through to most difficult students\ ») : saturation factorielle de 0,61.
- Item 19 (\ »When the grades of my students improve, it is usually because I found more effective teaching approaches\ ») : saturation factorielle de 0,63.
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- Facteur 2 : Efficacité Générale de l’Enseignement (GTE). Ce facteur rend compte de 10,6 % de la variance totale. Les saturations positives ou négatives majeures traduisent l’impact de l’environnement familial et social par rapport à l’école :\n
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- Item 2 (\ »The hours in my class have little influence on students compared to the influence of their home environment\ ») : saturation factorielle de -0,56.
- Item 4 (\ »The amount that a student can learn is primarily related to family background\ ») : saturation factorielle de -0,64.
- Item 6 (\ »If students aren’t disciplined at home, they aren’t likely to accept any discipline\ ») : saturation factorielle de -0,48.
- Item 16 (\ »A teacher is very limited in what he/she can achieve because a student’s home environment is a large influence on his/her achievement\ ») : saturation factorielle de -0,67.
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Les rotations obliques ont révélé une corrélation très faible entre les deux facteurs ($r = -0{,}19$), confirmant que ces deux construits sont conceptuellement et statistiquement quasi indépendants. Pour des raisons d’homogénéité psychométrique, Gibson et Dembo ont extrait un noyau dur de 16 items fortement saturés (9 items pour le Facteur 1 et 7 items pour le Facteur 2) qui a constitué la version brève la plus employée dans les publications ultérieures, bien que l’instrument complet original comprenne 30 énoncés.
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Instrument de mesure
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L’Échelle d’efficacité des enseignants se présente comme un questionnaire auto-administré sur papier ou support informatisé :
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- Format du test : Échelle d’auto-évaluation psychométrique.
- Nombre d’items : 30 items dans sa version originale intégrale développée par Gibson et Brown (1982) et Gibson (1984).
- Format de réponse : Échelle de Likert à 6 points d’ancrage sans point neutre, forçant ainsi le positionnement cognitif :\n
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- 1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
- 2 = Modérément en désaccord (Moderately Disagree)
- 3 = Légèrement en désaccord (Slightly Disagree)
- 4 = Légèrement en accord (Slightly Agree)
- 5 = Modérément en accord (Moderately Agree)
- 6 = Fortement en accord (Strongly Agree)
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- Cotation et calcul des scores :\n
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- Les items orientés négativement (exprimant un fatalisme face à l’environnement ou un sentiment d’impuissance comme les items 2, 4, 6, 9, 13, 16, 17, 23, 26, 30) nécessitent une inversion de cotation ($1 \\leftrightarrow 6, 2 \\leftrightarrow 5, 3 \\leftrightarrow 4$) si l’on cherche à calculer un score global de résilience ou de croyance positive.
- Traditionnellement, les chercheurs calculent des scores moyens distincts pour chacune des deux dimensions (score moyen de PTE et score moyen de GTE) plutôt qu’un score global composite, compte tenu de la nature orthogonale démontrée par l’analyse factorielle.
- Le temps d’administration est estimé entre 10 et 15 minutes.
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Permissions, Tarifs et Année du test
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- Année de publication : 1984 (première présentation méthodologique en 1982 lors de la conférence annuelle de l’AERA par Gibson & Brown).
- Statut des droits d’auteur : Les droits initiaux de publication de l’article de 1984 sont détenus par l’American Psychological Association (APA). Toutefois, l’instrument lui-même a été mis à disposition dans le corps de l’article scientifique dans le but explicite de stimuler la recherche fondamentale et appliquée en éducation.
- Tarifs d’utilisation : L’utilisation de l’échelle à des fins de recherche académique non commerciale, de thèses doctorales ou de mémoires universitaires est libre et gratuite. Aucune redevance n’est exigée pour les contextes d’investigation scientifique non lucrative. Pour une exploitation commerciale ou dans le cadre de plateformes payantes d’évaluation des compétences professionnelles, l’autorisation formelle auprès des ayants droit ou de l’APA est requise.
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Références
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- Armor, D., Conry-Oseguera, P., Cox, M., King, N., McDonnell, L., Pascal, A., Pauly, E., & Zellman, G. (1976). Analysis of the school preferred reading program in selected Los Angeles minority schools (Report No. R-2007-LAUSD). The RAND Corporation. https://www.rand.org/pubs/reports/R2007.html
- Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
- Bandura, A. (1978). Reflections on self-efficacy. Advances in Behaviour Research and Therapy, 1(4), 237–269. https://doi.org/10.1016/0146-6402(78)90012-7
- Campbell, D. T., & Fiske, D. W. (1959). Convergent and discriminant validation by the multitrait-multimethod matrix. Psychological Bulletin, 56(2), 81–105. https://doi.org/10.1037/h0046016
- Gibson, S. (1984). Teacher Efficacy Scale. Journal of Educational Psychology, 76(4), 569–582.
- Gibson, S., & Brown, G. (1982). The development of a teacher’s personal responsibility/self-efficacy scale. Document présenté au congrès annuel de l’American Educational Research Association (AERA), New York.
- Gibson, S., & Dembo, M. H. (1984). Teacher efficacy: A construct validation. Journal of Educational Psychology, 76(4), 569–582. https://doi.org/10.1037/0022-0663.76.4.569
- Hoy, W. K., & Woolfolk, A. E. (1993). Teachers’ sense of efficacy and the organizational health of schools. The Elementary School Journal, 93(4), 355–372. https://doi.org/10.1086/461729
- Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
- Tschannen-Moran, M., & Woolfolk Hoy, A. (2001). Teacher efficacy: Capturing an elusive construct. Teaching and Teacher Education, 17(7), 783–805. https://doi.org/10.1016/S0742-051X(01)00036-1
- Woolfolk, A. E., & Hoy, W. K. (1990). Prospective teachers’ sense of efficacy and beliefs about control. Journal of Educational Psychology, 82(1), 81–91. https://doi.org/10.1037/0022-0663.82.1.81
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Questions et items du questionnaire
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Response scale:
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- When a student does better than usual, many times it is because I exerted a little extra effort.
- The hours in my class have little influence on students compared to the influence of their home environment.
- If parents comment to me that their child behaves much better at school than he/she does at home, it would probably be because I have some specific techniques of managing his/her behavior which they may lack.
- The amount that a student can learn is primarily related to family background.
- If a teacher has adequate skills and motivation, he/she can get through to the most difficult students.
- If students aren’t disciplined at home, they aren’t likely to accept any discipline.
- I have enough training to deal with almost any learning problem.
- My teacher training program and/or experience has given me the necessary skills to be an effective teacher.
- Many teachers are stymied in their attempts to help students by lack of support from the community.
- Some students need to be placed in slower groups so they are not subjected to unrealistic expectations.
- Individual differences among teachers account for the wide variations in student achievement.
- When a student is having difficulty with an assignment, I am usually able to adjust it to his/her level.
- If one of my new students cannot remain on task for a particular assignment, there is little that I could do to increase his/her attention until he/she is ready.
- When a student gets a better grade than he usually gets, it is usually because I found better ways of teaching that student.
- When I really try, I can get through to most difficult students.
- A teacher is very limited in what he/she can achieve because a student’s home environment is a large influence on his/her achievement.
- Teachers are not a very powerful influence on student achievement when all factors are considered.
- If students are particularly disruptive one day, I ask myself what I have been doing differently.
- When the grades of my students improve, it is usually because I found more effective teaching approaches.
- If my principal suggested that I change some of my class curriculum, I would feel confident that I have the necessary skills to implement the unfamiliar curriculum.
- If a student masters a new math concept quickly, this might be because I knew the necessary steps in teaching that concept.
- Parent conferences can help a teacher judge how much to expect from a student by giving the teacher an idea of the parents’ values toward education, discipline, etc.
- If parents would do more with their children, I could do more.
- If a student did not remember information I gave in a previous lesson, I would know how to increase his/her reten- tion in the next lesson.
- If a student in my class becomes disruptive and noisy, I feel assured that I know some techniques to redirect him quickly.
- School rules and policies hinder my doing the job I was hired to do.
- The influences of a student’s home experiences can be overcome by good teaching.
- When a child progresses after being placed in a slower group, it is usually because the teacher has had a chance to give him/her extra attention.
- If one of my students couldn’t do a class assignment, I would be able to accurately assess whether the assignment was at the correct level of difficulty.
- Even a teacher with good teaching abilities may not reach many students.
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