Système de codage facial néonatal

Le Système de codage facial néonatal (NFCS), développé par Grunau et Craig en 1987, est l’outil de référence pour l’évaluation observationnelle de la douleur aiguë chez le nouveau-né et le prématuré via l’analyse des mouvements faciaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Système de codage facial néonatal (communément désigné sous l’acronyme anglophone Neonatal Facial Coding System ou NFCS) est un instrument psychométrique et clinique d’observation unidimensionnel conçu pour évaluer la réponse à la douleur aiguë chez le nouveau-né à terme et le prématuré. Développé initialement à la fin des années 1980 par Ruth V. E. Grunau et Kenneth D. Craig au sein de l’Université de la Colombie-Britannique, cet outil découle d’une adaptation rigoureuse du système de codage des actions faciales (Facial Action Coding System ou FACS) de Paul Ekman et Wallace V. Friesen aux caractéristiques morphologiques et fonctionnelles de l’enfant néonatal. Le NFCS postule que la motricité faciale constitue l’indicateur comportemental le plus sensible, spécifique et universel de la nociception néonatale, reflétant l’activité des structures sous-corticales et corticales immatures chargées du traitement de la douleur.

Dans sa forme intégrale de recherche, le NFCS se compose de dix mouvements faciaux distincts, qualifiés d’unités d’action : le froncement des sourcils (brow bulge), le plissement des yeux (eye squeeze), l’accentuation du sillon nasogénien (nasolabial furrow), l’ouverture de la bouche ou des lèvres (open lips), l’étirement de la bouche (stretch mouth), le pincement des lèvres (lip purse), la langue rigide ou tendue (taut tongue), le tremblement du menton (chin quiver), la protrusion de la langue (tongue protrusion) et l’écarquillement des yeux (eye widening). L’échelle intègre également, dans certains protocoles d’observation élargis, sept items contextuels décrivant l’état de vigilance et la qualité du sommeil de l’enfant préalablement au stimulus invasif. Chaque unité faciale est codée de manière dichotomique (0 = absent, 1 = présent) au cours de fenêtres temporelles délimitées, qu’il s’agisse d’un enregistrement vidéo micro-analytique image par image ou d’une observation directe au chevet du patient (version clinique simplifiée).

Les propriétés psychométriques du NFCS ont été validées par des dizaines d’études empiriques internationales. L’outil présente une cohérence interne solide (coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,82 et 0,91 selon les cohortes et les procédures nociceptives), une remarquable fidélité inter-juges (coefficients kappa de Cohen et coefficients de corrélation intraclasse couramment supérieurs à 0,85) et une sensibilité élevée aux interventions pharmacologiques (telles que l’administration d’analgésiques locaux ou systémiques) et non pharmacologiques (succiposition, allaitement, peau-à-peau). Sa validité convergente avec les indices physiologiques (fréquence cardiaque, saturation en oxygène, variabilité autonome) et d’autres échelles composites (comme le PIPP ou le NIPS) en fait une référence méthodologique mondiale dans la néonatalogie et la recherche pédiatrique.

2. Mots-clés / Keywords

Système de codage facial néonatal, NFCS, évaluation de la douleur, nouveau-né, prématuré, mimique faciale, nociception pédiatrique, psychométrie clinique, comportement néonatal, unités d’action faciale, FACS, analgésie pédiatrique, unité de soins intensifs néonatals (USIN).

3. Auteurs / Authors

Le Neonatal Facial Coding System a été élaboré par des chercheurs pionniers en psychologie clinique et en neurodéveloppement pédiatrique :

  • Ruth V. E. Grunau, Ph.D. : Psychologue clinicienne, professeure émérite au département de pédiatrie de la Faculté de médecine de l’University of British Columbia (UBC) et chercheuse senior au BC Children’s Hospital Research Institute (Vancouver, Canada). Ses travaux se concentrent sur la programmation développementale précoce, la neuroplasticité et l’impact à long terme de l’exposition répétée à la douleur chez le très grand prématuré. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Kenneth D. Craig, Ph.D. : Professeur émérite au département de psychologie de l’University of British Columbia (UBC). Figure tutélaire de la recherche sur la douleur, ancien président de la Société canadienne de la douleur (Canadian Pain Society) et rédacteur en chef honoraire de la revue Pain Research and Management. Il a consacré sa carrière au développement des modèles biopsychosociaux de l’expression de la douleur et à la communication non verbale de la souffrance.

4. Objectif / Purpose

Pendant une grande partie du XXe siècle, le paradigme médical prédominant soutenait de manière erronée que les nouveau-nés, et plus encore les prématurés, possédaient un système nerveux trop immature pour faire l’expérience consciente de la douleur, ou du moins qu’ils ne conservaient aucune trace mnésique des agressions tissulaires. Cette conception a conduit pendant des décennies à la pratique d’actes chirurgicaux et invasifs sous curarisation isolée sans anesthésie ni analgésie adéquate. Dans ce contexte d’insuffisance diagnostique, l’objectif fondamental du NFCS a été de procurer à la communauté médicale et scientifique un instrument objectif, scientifiquement valide et standardisé pour quantifier les réactions nociceptives aiguës chez les nourrissons préverbaux incapables d’auto-évaluation.

D’un point de vue clinique, le NFCS permet aux professionnels de santé exerçant en unité de soins intensifs néonatals (USIN) et en maternité de détecter rapidement les signes manifestes de détresse corporelle associés aux interventions invasives courantes, telles que la ponction au talon (heel stick), la pose de voie veineuse périphérique, l’intubation trachéale, les ponctions lombaires ou la circoncision. L’outil sert de base décisionnelle pour l’administration opportune d’approches thérapeutiques correctrices et permet d’évaluer en temps réel l’efficacité des protocoles analgésiques, minimisant ainsi la surmédication comme la sous-médication.

Sur le plan de la recherche, le NFCS constitue le gold standard des mesures comportementales de la douleur néonatale. Il est conçu sous deux formats : un protocole micro-analytique de recherche basé sur le décodage vidéo image par image (offrant une granularité temporelle de l’ordre du quart de seconde pour isoler la dynamique musculaire la plus subtile) et une déclinaison pour le chevet (bedside clinical version) adaptée à l’observation directe au lit du malade. La justification théorique repose sur l’hypothèse que la musculature faciale, innervée directement par les nerfs crâniens (notamment le nerf facial VII), réagit de manière immédiate, hautement différenciée et relativement autonome face aux volées nociceptives transmises par les cornes dorsales de la moelle épinière jusqu’au thalamus et aux aires corticales somatosensorielles naissantes.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique et biologique central mesuré par le NFCS est la réactivité comportementale faciale à la nociception aiguë. Ce construit postule que la douleur aiguë chez l’être humain préverbal engendre une configuration mimique stéréotypée, universelle et biologiquement programmée, qui se distingue nettement des états généraux d’inconfort, de faim, de fatigue ou de simple stimulation tactile. Loin d’être un simple spasme diffus, cette réaction engage des groupes musculaires précis du visage.

Dans sa version princeps intégrale, le système opérationnalise ce construit à travers dix items ou unités d’action faciale soigneusement délimités sur le plan anatomique :

  • Froncement des sourcils (Brow bulge) : Résultat de la contraction conjointe des muscles corrugator supercilii et procerus. Il se traduit par un plissement, un gonflement et l’apparition de sillons verticaux au-dessus et entre les sourcils, entraînés vers le bas et l’un vers l’autre.
  • Plissement des yeux (Eye squeeze) : Activé par le muscle orbicularis oculi (pars orbitalis). Il s’identifie par la fermeture serrée des paupières, provoquant des renflements et des ridules prononcées sur le pourtour orbitaire externe et péri-oculaire.
  • Accentuation du sillon nasogénien (Nasolabial furrow) : Engagé par le muscle levator labii superioris alaeque nasi. Il se manifeste par l’élévation et l’approfondissement du sillon cutané séparant l’aile du nez des commissures labiales.
  • Ouverture de la bouche ou des lèvres (Open lips) : Déterminé par la séparation visible des lèvres supérieures et inférieures, révélant la cavité buccale ou les gencives, consécutif à l’inhibition du tonus de l’orbicularis oris ou à la descente mandibulaire légère.
  • Étirement de la bouche (Stretch mouth) : Implique un étirement marqué soit dans le plan vertical (abaissement prononcé de la mâchoire par les muscles sus-hyoïdiens et ptérygoïdiens latéraux), soit dans le plan horizontal (tiraillement marqué des commissures vers les côtés par le risorius).
  • Pincement des lèvres (Lip purse) : Contraction resserrée de l’orbicularis oris où les lèvres prennent une morphologie caractéristique en « O » ou en ventouse concentrée.
  • Langue rigide / tendue (Taut tongue) : Réaction musculaire linguale où la langue se relève sous forme concave (« en coupelle ») avec des bords latéraux acérés et contractés, témoignant d’une hypertension tonique buccopharyngée.
  • Tremblement du menton (Chin quiver) : Déplacement oscillatoire rapide de haut en bas ou vibration tonico-clonique de la région mentonnière, induit par l’alternance d’activation du muscle mentalis.
  • Protrusion de la langue (Tongue protrusion) : Mouvement d’expulsion vers l’avant de la langue au-delà de la ligne des gencives ou des lèvres. Observé préférentiellement chez les grands prématurés en réponse à une stimulation intempestive.
  • Écarquillement des yeux (Eye widening) : Élévation abrupte de la paupière supérieure découvrant la sclérotique au-dessus de l’iris, provoquant un élargissement passager de la fente palpébrale, souvent noté à la phase prodromique ou de sursaut du stimulus nociceptif.

Au-delà de ces dix items moteurs, le protocole méthodologique intègre sept descripteurs de base évaluant le cycle éveil-sommeil et l’état comportemental pré-procédural (suivant les critères dérivés des travaux de Prechtl et Brazelton). Ces items contextuels ne sont pas additionnés au score brut de douleur mais constituent une variable modératrice indispensable : la réactivité faciale du nouveau-né endormi en sommeil calme (sommeil lent profond) diffère notablement de celle observée en état de veille agitée.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le NFCS s’enracine au confluent de trois courants conceptuels majeurs : l’approche évolutionniste de l’expression émotionnelle, la théorie différentielle des émotions et le modèle de communication sociale de la douleur.

Sur le plan évolutionniste, le fondement théorique remonte à l’ouvrage séminal de Charles Darwin (1872), The Expression of the Emotions in Man and Animals. Darwin avançait que les mimiques expressives associées à la douleur physique ont une valeur adaptative primordiale : elles protègent l’organisme (par exemple, le plissement des yeux empêche la pénétration de corps étrangers et limite la congestion vasculaire oculaire lors de vocalisations violentes) tout en émettant un signal biologique d’alerte sans équivoque vers les congénères. Ce modèle a été formalisé à la fin des années 1970 par Paul Ekman et Wallace Friesen à travers le développement du FACS. Le FACS répertorie de façon anatomique chaque mouvement du visage sous forme d’unités d’action (Action Units ou AUs). Grunau et Craig ont transposé cette anatomie descriptive aux particularités physiologiques néonatales, en isolant les patterns spécifiques qui signent la détresse somatique provoquée.

D’un point de vue neurodéveloppemental, les recherches contemporaines (notamment celles de Maria Fitzgerald et Anand) démontrent que les projections thalamocorticales s’établissent entre la 24e et la 28e semaine de gestation. Dès cet âge précoce, les circuits spinaux et bulbaires sous-corticaux coordonnent une réponse motrice complexe face aux influx véhiculés par les fibres C et A-delta. Contrairement au réflexe spinal de retrait (qui peut être médié uniquement par la moelle épinière), la coordination d’un complexe facial multipolaire requiert l’intégration de centres tronc-cérébraux supérieurs (comme la formation réticulée, le locus coeruleus et le noyau du nerf facial) interconnectés avec le système limbique naissant.

Enfin, le modèle théorique de communication sociale de la douleur proposé par Kenneth Craig postule que l’expression corporelle et faciale de la douleur est façonnée pour recruter l’aide indispensable de l’adulte soignant ou du parent. Chez l’être humain néonatal, dépourvu de tout moyen de locomotion défensif ou d’expression linguistique, la mimique faciale représente le vecteur d’alerte proximal le plus efficace, capable de déclencher de manière quasi-réflexe l’empathie, le portage et le réconfort chez la mère ou le personnel soignant.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du NFCS a fait l’objet d’investigations approfondies à travers divers paradigmes expérimentaux et cliniques, confirmant sa robustesse transculturelle et développementale :

  • Validité de contenu et d’apparence : Les items ont été dérivés directement de l’analyse anatomique du FACS. Des panels d’experts multidisciplinaires en néonatalogie, pédiatrie et psychologie du développement ont confirmé que les expressions retenues correspondent aux configurations observables de la souffrance physique infantile.
  • Validité de construit (sensibilité au stimulus nociceptif) : Les études pionnières de Grunau et Craig (1987) ont comparé les mimiques faciales d’enfants à terme exposés à une procédure nociceptive standardisée (incision du talon pour dépistage sanguin) à trois phases distinctes : repos de base, frottement antiseptique mécanique du talon (stimulation tactile inoffensive) et incision proprement dite. Les résultats démontrent une élévation abrupte, statistiquement significative (p < 0,001) et de grande taille d’effet des scores NFCS durant la phase d’incision par rapport aux phases de repos et de frottement. Cela prouve que le NFCS ne réagit pas à une banale stimulation tactile ou proprioceptive, mais spécifiquement à la nociception aiguë.
  • Validité convergente : Le score total du NFCS corrèle fortement avec d’autres indices physiologiques de décharge autonome sympathique : accélération de la fréquence cardiaque (coefficients de corrélation r variant de 0,55 à 0,72), baisse de la saturation pulsée en oxygène (r négatifs entre -0,40 et -0,65), et élévation de la conductance cutanée. De surcroît, le NFCS montre d’excellentes corrélations avec d’autres échelles validées, telles que le Premature Infant Pain Profile (PIPP, r > 0,85) et le Neonatal Infant Pain Scale (NIPS, r > 0,80).
  • Validité discriminante : Le NFCS est capable de différencier la douleur causée par une agression tissulaire d’autres formes de stress telles que l’angoisse de séparation, la sensation de froid ou la faim. Bien que les pleurs soient souvent ubiquitaires dans ces états, la triade faciale « froncement des sourcils, plissement des yeux et sillon nasogénien » est significativement plus marquée et tonique lors d’un acte invasif que lors d’un état de pleurs lié au déshabillage ou au retard d’alimentation.
  • Sensibilité pharmacologique et thérapeutique : De multiples essais cliniques randomisés en double aveugle ont démontré que l’administration d’analgésiques (par exemple le saccharose par voie orale à 24 %, l’application de crème EMLA ou l’usage de morphiniques) réduit de façon drastique les scores d’activation faciale du NFCS en comparaison d’un placebo ou d’une absence d’intervention (p < 0,0001).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique du NFCS s’avère particulièrement élevée, conditionnée toutefois par un entraînement rigoureux des évaluateurs à la reconnaissance visuelle des unités motrices :

  • Fidélité inter-juges : Dans les travaux initiaux de Grunau et Craig (1987), l’accord inter-observateurs calculé sur la cotation vidéo image par image de prématurés et de nouveau-nés à terme a révélé un pourcentage d’accord moyen de 88 % à 94 % selon les items. Les analyses fondées sur le kappa de Cohen ont produit des valeurs d’accord comprises entre 0,78 et 0,92, dénotant un niveau d’accord quasi-parfait. Dans les versions adaptées pour le chevet (observation directe en temps réel), la fidélité inter-évaluateurs demeure très robuste, avec des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) couramment relevés entre 0,82 et 0,90.
  • Fidélité intra-juge : La cohérence temporelle d’un même codeur réanalysant les mêmes séquences vidéo à plusieurs semaines d’intervalle montre une concordance supérieure à 90 % (kappa > 0,85), illustrant la grande reproductibilité des critères de décision opérationnels de chaque mouvement facial.
  • Cohérence interne : Mesurée par l’alpha de Cronbach, la cohérence interne du NFCS se situe de manière régulière entre 0,82 et 0,91 pour les dix items combinés. Il a été démontré que les trois premières unités d’action (froncement des sourcils, plissement des yeux, accentuation du sillon nasogénien) affichent les corrélations item-total les plus élevées (généralement supérieures à 0,70), constituant le cœur nucléaire de la réponse mimique à la douleur.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques ayant exploré la dimensionnalité du NFCS corroborent de manière convergente un modèle factoriel unidimensionnel dominant, tout en révélant une organisation hiérarchique au sein des unités motrices du visage.

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) appliquées aux matrices de corrélation tétrachorique (adaptées aux données dichotomiques 0/1) extraient de manière systématique un premier facteur majeur qui explique entre 55 % et 68 % de la variance totale des scores lors des phases invasives. Ce facteur principal correspond sans ambiguïté à la « composante centrale de détresse nociceptive ».

Les charges factorielles (factor loadings) les plus élevées sont associées aux trois mouvements de la partie supérieure et médiane du visage :

  • Froncement des sourcils (brow bulge) : saturations typiquement comprises entre 0,84 et 0,92.
  • Plissement des yeux (eye squeeze) : saturations oscillant entre 0,86 et 0,94.
  • Accentuation du sillon nasogénien (nasolabial furrow) : saturations situées entre 0,79 et 0,89.

Les mouvements de la sphère buccale et péri-orale (ouverture de la bouche, étirement de la bouche, langue rigide) saturent également de façon substantielle sur ce facteur (saturations entre 0,60 et 0,78). En revanche, des items tels que la protrusion de la langue (tongue protrusion) et l’écarquillement des yeux (eye widening) manifestent parfois des charges factorielles plus faibles ou bipolaires. Des analyses factorielles confirmatoires (AFC) ont démontré qu’une structure raccourcie, souvent désignée sous le nom de NFCS-R (revised bedside version) articulée autour des 4 ou 5 items les plus stables, présente d’excellents indices d’ajustement global (CFI > 0,96, TLI > 0,95, RMSEA < 0,05).

Par ailleurs, l’invariance de mesure a été examinée en comparant différentes tranches d’âge gestationnel. Bien que les très grands prématurés (âgés de moins de 28 à 30 semaines de gestation) manifestent une amplitude motrice faciale globalement atténuée en raison de l’hypotonie musculaire et de la fatigue physiologique, la structure factorielle sous-jacente demeure invariante à travers les âges gestationnels, ce qui soutient la validité transculturelle et biologique de l’outil.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Échelle d’observation comportementale hétéro-évaluative standardisée.
  • Format d’administration : Observation micro-analytique sur enregistrement vidéo (cadence ralentie ou image par image) pour la recherche clinique, ou observation directe au chevet du patient (version clinique simplifiée).
  • Population cible : Nouveau-nés à terme et prématurés (dès 24 à 26 semaines de gestation jusqu’à l’âge de 12 à 18 mois).
  • Nombre d’items : 10 items faciaux principaux composant le score d’évaluation de la douleur, complétés dans la version de recherche complète par 7 items préliminaires documentant l’état veille-sommeil.
  • Format de réponse et échelle de cotation :
    • Cotation dichotomique obligatoire pour chaque item : 0 = Absent, 1 = Présent (observé au cours d’intervalles de temps spécifiés ou d’épisodes événementiels).
    • Pour l’analyse vidéo de recherche, le comportement est généralement codé par tranches temporelles de 1 à 5 secondes (calcul d’un pourcentage de présence de chaque action sur la durée totale du stimulus).
    • Pour la pratique clinique au chevet, l’observateur évalue la présence de chaque action sur une période globale de 15 à 30 secondes immédiatement consécutive à l’agression tissulaire.
  • Calcul du score global : Sommation arithmétique simple de tous les items faciaux cotés comme présents au cours de la fenêtre d’observation.
  • Étendue du score : Le score total s’échelonne de 0 à 10 points dans la version standard intégrale (ou de 0 à 8/9 dans certaines versions adaptées pour le chevet). Un score plus élevé indique une réactivité faciale liée à la douleur plus intense.
  • Seuil d’intervention clinique : Dans la pratique hospitalière, un score NFCS supérieur ou égal à 3 (ou une présence des actions du visage supérieure à 30 % du temps d’observation) est généralement admis comme le signal d’une douleur cliniquement significative imposant la mise en place immédiate d’actions de confort ou d’une analgésie.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1987 (publication séminale dans la revue scientifique internationale Pain).
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits moraux et de conception appartiennent à la Dre Ruth V. E. Grunau et au Dr Kenneth D. Craig, ainsi qu’aux institutions de recherche associées (University of British Columbia et BC Children’s Hospital Research Institute).
  • Conditions d’utilisation et permissions : Le NFCS est considéré comme un instrument ouvert et libre d’accès pour les usages de recherche clinique, de soins infirmiers et d’enseignement universitaire non commercial. Aucune redevance financière n’est requise pour son utilisation standard dans les établissements hospitaliers ou les laboratoires académiques, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence.
  • Intégration technologique et commerciale : Toute implémentation de l’outil dans des logiciels de santé propriétaires, des dispositifs médicaux automatisés ou des solutions commerciales d’intelligence artificielle requiert l’autorisation formelle expresse des détenteurs des droits.

12. Références / References

Les publications de référence décrivant le développement, la validation psychométrique et l’application clinique du NFCS sont répertoriées ci-dessous :

  • Craig, K. D., McMahon, R. J., Morison, J. D., & Zaskow, C. (1984). Developmental changes in infant pain expression during immunization injections. Social Science & Medicine, 19(12), 1331–1337. https://doi.org/10.1016/0277-9536(84)90022-X
  • Darwin, C. (1872). The Expression of the Emotions in Man and Animals. John Murray. https://doi.org/10.1037/10001-000
  • Ekman, P., & Friesen, W. V. (1978). Facial Action Coding System: A Technique for the Measurement of Facial Movement. Consulting Psychologists Press.
  • Grunau, R. V. E., & Craig, K. D. (1987). Pain expression in neonates: Facial action and cry. Pain, 28(3), 395–410. https://doi.org/10.1016/0304-3959(87)90073-X
  • Grunau, R. V. E., Johnston, C. C., & Craig, K. D. (1990). Neonatal facial and cry responses to invasive and non-invasive procedures. Pain, 42(3), 295–305. https://doi.org/10.1016/0304-3959(90)91142-6
  • Grunau, R. E., Oberlander, T., Holsti, L., & Whitfield, M. F. (1998). Bedside application of the Neonatal Facial Coding System in pain assessment of premature infants. Pain, 76(3), 277–286. https://doi.org/10.1016/S0304-3959(98)00046-3
  • Peters, J. W., Koot, H. M., Grunau, R. E., de Boer, J., van Druenen, M. J., Tibboel, D., & Duivenvoorden, H. J. (2003). Neonatal Facial Coding System for assessing postoperative pain in infants: Items parsed. The Clinical Journal of Pain, 19(2), 125–129. https://doi.org/10.1097/00002508-200303000-00008
  • Stevens, B., Johnston, C., Petryshen, P., & Taddio, A. (1996). Premature Infant Pain Profile: Development and initial validation. The Clinical Journal of Pain, 12(1), 13–22. https://doi.org/10.1097/00002508-199603000-00004

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Authentic Response Scale

Dichotomous coding: 0 = Absent, 1 = Present (observed during specified time intervals or event episodes)

Scoring Note: Total score is obtained by summing the scores of all facial actions observed during the rating window. Scores range from 0 to 10 (or 0 to 8/9 in modified bedside versions). Higher scores indicate greater pain-related facial reactivity.

  1. Brow bulge (Bulging, creasing, and vertical furrows above and between brows produced by the drawing together and downward of the brows)

    [ ] 0 = Absent      [ ] 1 = Present
  2. Eye squeeze (Identified by the squeezing or bulging of the eyelids; bulges around the eye may be marked by deep wrinkles or creases)

    [ ] 0 = Absent      [ ] 1 = Present
  3. Nasolabial furrow (Primarily manifested by the pulling up and deepening of the nasolabial furrow, the line between the wings of the nose and the lip corners)

    [ ] 0 = Absent      [ ] 1 = Present
  4. Open lips (Any separation of the lips)

    [ ] 0 = Absent      [ ] 1 = Present
  5. Stretch mouth (Vertical stretch: marked downward pull of the jaw; Horizontal stretch: marked pulling of the mouth corners sideways)

    [ ] 0 = Absent      [ ] 1 = Present
  6. Lip purse (Lips appear as if an ‘o’ shape has been formed)

    [ ] 0 = Absent      [ ] 1 = Present
  7. Taut tongue (Raised, cupped tongue with sharp tensed edges)

    [ ] 0 = Absent      [ ] 1 = Present
  8. Chin quiver (Rapid up-and-down or vibrating movement of the chin)

    [ ] 0 = Absent      [ ] 1 = Present
  9. Tongue protrusion (Forward thrust of the tongue beyond the lips)

    [ ] 0 = Absent      [ ] 1 = Present
  10. Eye widening (Relaxation or lifting of upper eyelid with widening of eye fissure)

    [ ] 0 = Absent      [ ] 1 = Present
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Looti, M. (2026, octobre 18). Système de codage facial néonatal. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=systeme-de-codage-facial-neonatal
Looti, Mohammed. “Système de codage facial néonatal.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=systeme-de-codage-facial-neonatal.
Looti, Mohammed. “Système de codage facial néonatal.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=systeme-de-codage-facial-neonatal.