Soutien social et entrave aux tâches d’intervention

L’échelle du Soutien social et de l’entrave aux tâches d’intervention (Van Denburg et al., 2025) est un instrument psychométrique novateur de 16 items évaluant le soutien et l’entrave des proches lors d’interventions comportementales de gestion de la douleur chronique (PCST).

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’échelle du Soutien social et de l’entrave aux tâches d’intervention (Social Support and Hindrance for Intervention Tasks), développée par Alyssa N. Van Denburg, Laura S. Porter, Tamara J. Somers, Francis J. Keefe et Christine Rini (2025), constitue un instrument psychométrique novateur conçu pour évaluer de manière bidimensionnelle l’impact des partenaires significatifs (conjoints, proches émotionnels) sur l’engagement d’un individu dans un programme d’interventions comportementales ciblant la douleur chronique. Développé initialement dans le contexte d’un essai contrôlé randomisé évaluant une intervention en ligne d’entraînement aux compétences de gestion de la douleur (Pain-Coping Skills Training, ou PCST, via les programmes painTRAINER et PainCOACH) chez des adultes souffrant d’arthrose de la hanche ou du genou, cet outil comprend 16 items organisés en deux sous-échelles distinctes : le Soutien à l’apprentissage et à la pratique des compétences d’adaptation (9 items) et l’Entrave à l’apprentissage et à la pratique des compétences d’adaptation (7 items).

Les passations sont adaptées temporellement, permettant de mesurer tant les attentes prospectives pré-interventionnelles quant aux réactions du proche significatif que les perceptions rétrospectives post-interventionnelles de l’aide ou de l’obstruction réellement manifestées. Les participants répondent sur une échelle de type Likert en 6 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 6 (« Tout à fait d’accord »). Les propriétés psychométriques de l’instrument démontrent une consistance interne exceptionnelle : le coefficient alpha de Cronbach pour la sous-échelle de soutien oscille entre 0,97 en pré-intervention et 0,92 en post-intervention, tandis que pour la sous-échelle d’entrave, il se situe entre 0,87 en pré-intervention et 0,93 en post-intervention. Une analyse factorielle exploratoire en facteurs principaux avec rotation oblique (oblimin direct) confirme une structure bipolaire robuste où chaque item présente une saturation factorielle égale ou supérieure à 0,60 sur son facteur respectif. L’instrument apporte ainsi une contribution méthodologique majeure à l’étude des processus dyadiques et relationnels régissant l’observance et l’efficacité des thérapeutiques comportementales dans les pathologies douloureuses chroniques.

2. Mots-clés / Keywords

Soutien social, entrave interpersonnelle, gestion de la douleur chronique, entraînement aux compétences d’adaptation, arthrose, interventions comportementales, relations de couple, psychométrie, analyse factorielle, fidélité de l’échelle, dyade conjugale, santé numérique, observance thérapeutique.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été élaboré par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés en psychologie de la santé, en gestion dyadique de la maladie chronique et en interventions comportementales :

  • Alyssa N. Van Denburg, Ph.D. (Auteure correspondante) : Northwestern Medicine, Lake Forest Hospital, Canning Thoracic Institute, 1000 North Westmoreland Road, Level 1, Pavilion B, Lake Forest, Illinois, 60045, États-Unis. Courriel institutionnel : [email protected]. Identifiant ORCID : 0000-0003-4380-3869.
  • Laura S. Porter, Ph.D. : Department of Psychiatry and Behavioral Sciences, Duke University School of Medicine, Durham, Caroline du Nord, États-Unis. Experte reconnue des interventions de couple dans les affections chroniques et cancéreuses.
  • Tamara J. Somers, Ph.D. : Department of Psychiatry and Behavioral Sciences, Duke University School of Medicine, Durham, Caroline du Nord, États-Unis. Spécialiste des interventions comportementales ciblant la douleur et la détresse psychologique.
  • Francis J. Keefe, Ph.D. : Department of Psychiatry and Behavioral Sciences, Duke University School of Medicine, Durham, Caroline du Nord, États-Unis. Pionnier mondialement réputé des protocoles de Pain-Coping Skills Training (PCST) et des modèles biopsychosociaux de la douleur.
  • Christine Rini, Ph.D. : Department of Medical Social Sciences, Feinberg School of Medicine, Northwestern University, Chicago, Illinois, États-Unis. Chercheuse fondamentale dans l’étude des dynamiques de soutien social, de la communication interpersonnelle et des interventions numériques en santé (e-health).

4. Objectif / Purpose

Les interventions comportementales ciblant la douleur chronique, notamment l’entraînement aux compétences d’adaptation à la douleur (Pain-Coping Skills Training – PCST), reposent sur l’assimilation et la mise en œuvre active de techniques cognitives et comportementales variées telles que la relaxation progressive, la restructuration cognitive, la distraction attentionnelle, le rythme d’activité adapté (pacing) et la communication assertive. Cependant, l’intégration pérenne de ces compétences dans la vie quotidienne des patients ne se produit pas en vase clos. Elle s’inscrit au sein d’un micro-environnement social, le plus souvent partagé avec un partenaire intime ou un proche significatif. Si la littérature scientifique a largement souligné que le soutien social général favorise l’adaptation psychologique face à la maladie, les échelles génériques échouent à quantifier les comportements spécifiquement orientés vers les devoirs, tâches et exercices prescrits dans les thérapies comportementales.

L’objectif primordial de l’échelle du Soutien social et de l’entrave aux tâches d’intervention (Van Denburg et al., 2025) est de mesurer avec précision l’influence proximale exercée par le conjoint ou la personne ressource sur la réalisation effective des tâches thérapeutiques. L’échelle a été spécifiquement conçue pour combler un manque critique : appréhender non seulement les comportements facilitateurs (le soutien), mais également, de manière orthogonale et indépendante, les comportements perturbateurs, invalidants ou décourageants (l’entrave). Les recherches en psychologie de la santé démontrent en effet que les interactions interpersonnelles négatives exercent souvent un impact plus délétère sur la santé psychologique et l’adhésion thérapeutique que les interactions positives n’ont d’effet bénéfique.

Dans les applications cliniques et interventionnelles, cet outil poursuit trois vocations majeures :

  • L’évaluation pré-interventionnelle des attentes et des barrières relationnelles : Administrée avant l’engagement dans un protocole thérapeutique (comme un programme d’e-santé d’autogestion de la douleur), la version pré-intervention permet d’identifier les patients anticipant un faible soutien ou une entrave substantielle de la part de leur partenaire. Cette détection précoce offre aux cliniciens l’opportunité d’adapter le protocole, par exemple en proposant des modules préliminaires de psychoéducation conjugale ou de clarification des attentes mutuelles.
  • L’évaluation des processus de changement post-intervention : En mesurant rétrospectivement les comportements manifestés durant le suivi, l’échelle permet d’analyser les mécanismes médiateurs et modérateurs expliquant pourquoi certains participants retirent un bénéfice clinique substantiel des interventions comportementales tandis que d’autres abandonnent ou voient leurs symptômes persister.
  • La recherche translationnelle sur les thérapies digitales (e-Santé) : L’apprentissage en ligne via des plateformes automatisées (ex. painTRAINER, PainCOACH) requiert une autodiscipline considérable à domicile. L’environnement domestique et l’attitude du proche constituent le déterminant contextuel le plus immédiat de l’observance aux sessions web et de la pratique effective des exercices inter-séances.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par Van Denburg et ses collaborateurs repose sur une conceptualisation bidimensionnelle de l’influence interpersonnelle au sein des interventions de santé. Historiquement, le soutien social a fréquemment été modélisé comme un continuum unidimensionnel allant d’un soutien absent à un soutien optimal. Or, les recherches contemporaines en psychologie sociale et clinique démontrent que les dimensions positives et négatives des relations intimes ne sont pas de simples pôles opposés, mais des construits distincts possédant des antécédents et des conséquences fonctionnelles spécifiques. Ainsi, un proche peut manifester des niveaux élevés d’assistance pratique tout en émettant des critiques blessantes ou de l’agacement.

1. Le Soutien à l’apprentissage et à la pratique des compétences d’adaptation (9 items)

Cette première sous-échelle capture les comportements actifs et bienveillants déployés par le partenaire pour faciliter l’engagement du patient dans les tâches de l’intervention. Ce construit englobe quatre composantes fonctionnelles du soutien social adaptées au contexte thérapeutique :

  • Le soutien émotionnel et d’estime : Rassurer le patient, le valoriser dans ses démarches et maintenir son sentiment d’efficacité personnelle face à la douleur (ex. « Dire ou faire des choses pour me rassurer », « M’aider à rester motivé(e) »).
  • Le soutien informatif : Participer à l’assimilation conceptuelle des modules du programme et stimuler la réflexion cognitive (ex. « M’aider à comprendre les choses que je dois faire », « Proposer des suggestions utiles »).
  • Le soutien instrumental et logistique : Aménager l’environnement quotidien pour rendre l’intervention réalisable, notamment en protégeant le temps nécessaire aux exercices et en levant les obstacles matériels (ex. « M’aider à trouver du temps pour réaliser ces activités », « Rendre le programme plus facile à suivre pour moi »).
  • La résolution collaborative de problèmes : Se positionner en partenaire d’apprentissage face aux difficultés concrètes rencontrées lors des exercices (ex. « Me demander ce qu’il/elle peut faire pour m’aider », « M’aider à résoudre les problèmes qui surviennent »).

2. L’Entrave à l’apprentissage et à la pratique des compétences d’adaptation (7 items)

La seconde sous-échelle quantifie les comportements perçus comme toxiques, perturbateurs ou invalidants de la part du partenaire à l’égard de l’intervention. L’entrave ne correspond pas à une simple omission d’aide, mais à une interférence active ou passive qui compromet la motivation, l’accès aux ressources temporelles ou le sentiment de compétence du patient :

  • Le sabotage temporel et logistique : Créer des conflits d’horaires, imposer des corvées concurrentes ou compliquer la régularité de la pratique (ex. « Rendre difficile pour moi de trouver du temps pour faire ces activités », « Rendre le programme plus difficile à faire pour moi »).
  • L’invalidation, le cynisme et la dévalorisation : Exprimer du scepticisme quant à la valeur de la démarche thérapeutique, se moquer de la méthode ou la qualifier de futile (ex. « Penser que le programme est une perte de temps », « Se moquer des choses que je fais »).
  • La critique négative et l’irritation : Réagir par l’agacement émotionnel face au temps investi par le patient ou émettre des jugements dépréciatifs sur la façon dont les compétences sont appliquées (ex. « Critiquer les choses que je fais », « S’irriter contre moi »).
  • L’intrusion et les conseils non sollicités : Tenter de régenter l’intervention de façon prescriptive ou condescendante, ce qui sape l’autonomie et l’autoefficacité du patient (ex. « Me donner des conseils non sollicités »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’outil s’articule à l’intersection de trois grands courants théoriques de la psychologie contemporaine : les modèles des provisions sociales, les approches biopsychosociales et dyadiques de la douleur chronique, et les théories de l’autorégulation comportementale.

Le modèle des provisions sociales (Cutrona & Russell, 1990)

Les travaux fondateurs de Carolyn Cutrona et Daniel Russell sur le modèle des provisions sociales ont postulé que le soutien interpersonnel ne fonctionne pas comme une entité globale indifférenciée, mais remplit des fonctions relationnelles spécifiques (attachement, intégration sociale, réassurance de valeur, alliance fiable, orientation/guidance et opportunité de soin). Van Denburg et al. (2025) ont adapté ces postulats aux contextes d’interventions thérapeutiques ciblées : pour qu’un soutien soit efficient dans l’apprentissage de compétences complexes de régulation de la douleur, il doit spécifiquement répondre aux besoins instrumentaux (aménager du temps) et informationnels (aider à la compréhension) dictés par le programme.

Les modèles interpersonnels et dyadiques de la douleur chronique (Keefe & Somers, 2010)

Historiquement, l’analyse comportementale de la douleur initiée par Wilbert E. Fordyce mettait l’accent sur les contingences de renforcement de l’environnement, soulignant que les réponses de sollicitude excessive du conjoint pouvaient involontairement renforcer les comportements de douleur et pérenniser le handicap. Les modèles cognitivo-comportementaux modernes développés par Francis J. Keefe et Tamara J. Somers ont considérablement enrichi ce paradigme en adoptant une perspective dyadique transactionnelle. Au sein de ce cadre, la douleur chronique est considérée comme un stresseur partagé qui met à l’épreuve l’équilibre du couple (dyadic coping). Les réactions des proches oscillent entre collaboration bienveillante, désengagement et réactions aversives ou punitives. L’échelle de Van Denburg et collaborateurs traduit cette dynamique dyadique en mesurant précisément si le partenaire agit comme un co-régulateur adaptatif facilitant l’acquisition des stratégies de gestion de la douleur ou comme un stresseur interpersonnel additionnel générateur d’invalidation.

Le modèle du coping communal et de l’interférence sociale (Rini et al., 2015)

Dans le domaine des interventions d’e-santé automatisées (ex. painTRAINER), Christine Rini et ses collègues ont démontré que l’adhésion des utilisateurs repose fondamentalement sur leur sentiment d’efficacité personnelle et leur charge cognitive. Lorsque le conjoint adhère à une vision commune de la gestion de la pathologie (coping communal), l’observance thérapeutique augmente de façon spectaculaire. À l’inverse, l’interférence sociale (critiques, conseils intrusifs, remarques cyniques) engendre de la réactance psychologique, érode la motivation intrinsèque et active des schémas de catastrophisme face à la douleur, conduisant souvent à l’abandon prématuré du programme.

7. Validité / Validity

Dans la publication originale de Van Denburg et ses collaborateurs (2025), la validation psychométrique s’est principalement concentrée sur la structure factorielle exploratoire et la cohérence interne des items au sein d’un échantillon d’individus atteints d’arthrose symptomatique de la hanche ou du genou engagés dans un essai randomisé d’entraînement aux compétences d’adaptation à la douleur par Internet.

Validité de contenu et validité apparente

La validité de contenu a été rigoureusement établie en amont par un panel d’experts de renommée mondiale en psychologie de la douleur, en psychologie de la famille et en interventions comportementales (incluant Francis J. Keefe et Laura S. Porter). Les items ont été méticuleusement rédigés pour refléter les défis opérationnels concrets posés par les modules d’interventions comportementales standardisées (ex. trouver du temps dans l’emploi du temps familial, comprendre des concepts cognitifs comme le lien pensées-émotions, pratiquer des exercices de relaxation respiratoire malgré les sollicitations du foyer). La formulation symétrique des items pour l’évaluation pré-interventionnelle (attentes) et post-interventionnelle (expériences vécues) assure une validité apparente optimale tant pour les cliniciens que pour les participants.

Données actuelles et axes de validation empirique future

Bien que les analyses factorielles et de fidélité publiées fournissent une assise empirique solide pour la validité structurelle de construit (voir Section 9), les données formelles exhaustives relatives à la validité convergente, discriminante et prédictive longitudinale constituent un champ d’investigation en cours de déploiement dans la littérature clinique. Sur le plan théorique et méthodologique, les hypothèses de validité établies par le cadre de recherche prédisent :

  • Validité convergente attendue : Des corrélations positives statistiquement significatives entre la sous-échelle de Soutien et les mesures validées du soutien social perçu global (telles que le Multidimensional Scale of Perceived Social Support – MSPSS) ainsi qu’avec les scores d’ajustement dyadique et de satisfaction conjugale. Inversement, la sous-échelle d’Entrave devrait corréler positivement avec les échelles de réponses négatives du partenaire issues du West Haven-Yale Multidimensional Pain Inventory (WHYMPI / MPI) et les échelles de conflit relationnel.
  • Validité discriminante attendue : Une corrélation modérée à faible entre les deux sous-échelles de l’outil, confirmant qu’une faible entrave ne constitue pas un simple synonyme de soutien élevé, chaque sous-échelle capturant une variance relationnelle unique distincte de l’anxiété générale ou de la détresse somatique.
  • Validité prédictive et critériée : La capacité des scores d’entrave pré-interventionnels à prédire significativement un taux d’abandon plus élevé de l’intervention en ligne (dropout), un nombre de sessions complétées plus faible, ainsi qu’une moindre réduction du catastrophisme et de l’interférence de la douleur à l’issue du suivi thérapeutique. À l’opposé, des scores élevés de soutien pré-interventionnel devraient prédire une pratique plus assidue des exercices inter-sessions à domicile.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation des qualités métrologiques de l’échelle du Soutien social et de l’entrave aux tâches d’intervention atteste d’une fidélité et d’une précision de mesure remarquables, tant lors de la passation initiale qu’à l’issue du protocole d’intervention.

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Les analyses de consistance interne réalisées sur les deux sous-échelles ont produit des coefficients alpha (alpha de Cronbach) oscillant entre un niveau bon et un niveau exceptionnel selon les standards psychométriques stricts de Nunnally et Bernstein :

  • Sous-échelle « Soutien à l’apprentissage et à la pratique des compétences d’adaptation » (9 items) :
    • Évaluation pré-intervention (Attentes) : $\alpha = 0{,}97$. Ce coefficient reflète une homogénéité interne extrême des attentes positives du patient vis-à-vis des actions d’aide de son proche.
    • Évaluation post-intervention (Expériences vécues) : $\alpha = 0{,}92$. La cohérence demeure excellente lorsque les participants évaluent les comportements effectifs manifestés durant les semaines de traitement.
  • Sous-échelle « Entrave à l’apprentissage et à la pratique des compétences d’adaptation » (7 items) :
    • Évaluation pré-intervention (Attentes) : $\alpha = 0{,}87$. Indique une très bonne fiabilité des anticipations relatives aux interférences ou réactions hostiles potentielles.
    • Évaluation post-intervention (Expériences vécues) : $\alpha = 0{,}93$. Témoigne d’une fidélité exceptionnelle dans la capture rétrospective des comportements perturbateurs et invalidants du partenaire.

Précision métrologique et stabilité

Des coefficients alpha situés entre 0,87 et 0,97 garantissent une erreur standard de mesure (SEM) particulièrement réduite, autorisant une utilisation sécurisée de ces scores composites aussi bien en recherche clinique de groupe que dans le suivi longitudinal individuel de patients en thérapie. L’évaluation pré/post n’a pas vocation à être interprétée comme un test-retest classique de stabilité temporelle invariante, dans la mesure où l’intervention elle-même et l’évolution de la dynamique de couple au fil des 8 semaines sont expressément conçues pour modifier les perceptions des participants. Cependant, la structure métrologique montre une remarquable résilience psychométrique à travers les différentes étapes temporelles du protocole expérimental.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture multidimensionnelle des 16 items a été soumise à une analyse factorielle approfondie visant à confirmer la validité de structure du construit théorique et à déterminer la répartition empirique des items.

Méthodologie factorielle

L’équipe de recherche de Van Denburg et al. (2025) a conduit une analyse factorielle exploratoire (AFE) en utilisant la méthode d’extraction en facteurs principaux (Principal Axis Factoring – PAF). Cette méthode d’extraction est particulièrement adaptée aux variables psychologiques ordinales et continues présentant des distributions pouvant s’écarter légèrement de la normalité multivariée. Pour l’interprétation des saturations, une rotation oblique de type Oblimin direct a été appliquée. Le choix théorique et statistique d’une rotation oblique est crucial : contrairement à une rotation orthogonale (de type Varimax) qui force artificiellement une indépendance parfaite (corrélation de zéro) entre les facteurs, la rotation oblimin permet aux dimensions sous-jacentes d’être corrélées de manière flexible, ce qui correspond fidèlement à la réalité clinique où les dynamiques relationnelles de soutien et de tension coexistent souvent à des degrés variables.

Résultats factoriels et saturation des items

Les résultats de l’AFE ont sans équivoque confirmé l’émergence d’une solution à deux facteurs bien individualisés, correspondant rigoureusement aux sous-échelles conceptuelles préétablies :

  • Facteur 1 : Soutien social pour l’intervention. Ce facteur regroupe l’ensemble des 9 items valorisant l’aide, la compréhension, la réassurance, l’aménagement du temps et la motivation fournis par le proche.
  • Facteur 2 : Entrave interpersonnelle à l’intervention. Ce facteur réunit les 7 items traduisant le manque de temps provoqué par l’autre, les conseils importuns, le cynisme, les moqueries, l’irritation et la critique.

L’ensemble des 16 items a présenté des saturations factorielles (factor loadings) substantielles, toutes supérieures ou égales à 0,60 sur leur facteur théorique primaire, sans présenter de saturations croisées (cross-loadings) problématiques. Ce seuil élevé ($ge 0{,}60$) dépasse largement les critères standards d’admissibilité statistique (usuellement fixés à 0,30 ou 0,40), démontrant la pureté factorielle des items et attestant que chaque énoncé constitue un indicateur empirique robuste et hautement discriminant de la dimension mesurée.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure présente une structure rigoureusement standardisée, optimisée pour une passation auto-administrée rapide sur support papier-crayon ou via des plateformes électroniques sécurisées.

  • Nom de l’instrument : Social Support and Hindrance for Intervention Tasks (Échelle de soutien social et d’entrave aux tâches d’intervention).
  • Type de test : Questionnaire / Inventaire psychologique auto-rapporté d’évaluation dyadique.
  • Format d’administration : Questionnaire administrable en ligne (ordinateur, tablette, ordiphone) ou sous format papier. Passation individuelle.
  • Nombre total d’items : 16 items par temps de mesure (total de 32 formulations réparties en deux versions temporelles pré- et post-interventionnelles).
  • Sous-échelles :
    • Soutien à l’apprentissage et à la pratique des compétences d’adaptation : 9 items.
    • Entrave à l’apprentissage et à la pratique des compétences d’adaptation : 7 items.
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 6 points sans point médian neutre forcé, libellée comme suit :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Disagree strongly)
    • 2 = Pas d’accord (Disagree)
    • 3 = Légèrement pas d’accord (Disagree a little)
    • 4 = Légèrement d’accord (Agree a little)
    • 5 = D’accord (Agree)
    • 6 = Tout à fait d’accord (Agree strongly)
  • Modalités de cotation et de calcul des scores :
    • Les scores composites sont calculés indépendamment pour chaque sous-échelle en calculant la moyenne arithmétique des items correspondants (somme des points divisée par le nombre d’items de la sous-échelle).
    • Le score moyen de la sous-échelle de Soutien s’étend de 1,00 à 6,00 (un score élevé reflète un soutien perçu fort).
    • Le score moyen de la sous-échelle d’Entrave s’étend de 1,00 à 6,00 (un score élevé reflète un niveau d’entrave et d’interférence interpersonnelle marqué).
    • Aucun item n’est inversé au sein d’une même sous-échelle, les deux facteurs étant calculés séparément pour préserver la nature bidimensionnelle de l’évaluation relationnelle.
  • Population cible et critères d’application : Adultes (18 ans et plus), hommes ou femmes, souffrant de douleurs chroniques musculosquelettiques (notamment arthrose de la hanche ou du genou) ou d’autres pathologies somatiques chroniques, engagés dans un protocole d’intervention comportementale et ayant un partenaire significatif identifié.
  • Durée approximative de passation : 3 à 5 minutes par passation.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2025 (parution en ligne préalable / Advance online publication).
  • Droits d’auteur et permissions : Les auteurs et l’American Psychological Association (APA) détiennent les droits éditoriaux initiaux. L’instrument est mis gracieusement à la disposition de la communauté académique internationale et peut être utilisé librement à des fins de recherche scientifique et d’enseignement universitaire sans acquisition de licence commerciale préalable, sous réserve de citer formellement la publication princeps.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit (aucun frais requis pour une utilisation non commerciale).
  • Utilisation commerciale : Non autorisée sans accord formel préalable auprès des auteurs et de l’éditeur scientifique.
  • Contact institutionnel pour les autorisations : Dr Alyssa N. Van Denburg, Northwestern Medicine, Lake Forest Hospital, Canning Thoracic Institute, 1000 North Westmoreland Road, Level 1, Pavilion B, Lake Forest, Illinois, 60045, États-Unis. Courriel : [email protected].

12. Références / References

Les fondements théoriques et les données empiriques de cette échelle s’appuient sur les publications scientifiques de référence suivantes :

  • Cutrona, C. E., & Russell, D. W. (1990). Type of social support and specific stress: Toward a theory of optimal matching. In B. R. Sarason, I. G. Sarason, & G. R. Pierce (Eds.), Social support: An interactional view (pp. 319–366). John Wiley & Sons.
  • Keefe, F. J., & Somers, T. J. (2010). Psychological approaches to understanding and treating arthritis pain. Nature Reviews Rheumatology, 6(4), 210–216. https://doi.org/10.1038/nrrheum.2010.22
  • Kroon, F. P. B., van der Burg, L. R. A., Buchbinder, R., Osborne, R. H., Johnston, R. V., & Pitt, V. (2014). Self-management education programmes for osteoarthritis. Cochrane Database of Systematic Reviews, (1), CD008963. https://doi.org/10.1002/14651858.CD008963.pub2
  • Rini, C., Porter, L. S., Somers, T. J., McKee, D. C., DeVellis, R. F., Smith, M., Winkel, G., Ahern, D. K., Goldman, R., Stasiewicz, P. R., & Keefe, F. J. (2015). Automated Internet-based pain coping skills training to decrease osteoarthritis pain: A randomized controlled trial. Pain, 156(5), 837–848. https://doi.org/10.1097/j.pain.0000000000000125
  • Van Denburg, A. N., Porter, L. S., Somers, T. J., Keefe, F. J., & Rini, C. (2025). Significant other support and hindrance for intervention tasks: Implications for interventions to improve health and well-being. Couple and Family Psychology: Research and Practice. Advance online publication. https://doi.org/10.1037/cfp0000271

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les items originaux de l’instrument, administrés en langue anglaise dans l’étude princeps, sont intégralement reproduits ci-dessous dans leurs versions pré-interventionnelle (attentes relatives au programme) et post-interventionnelle (expériences rétrospectives vécues).

Part 1: Pre-Intervention Assessment (Expectations regarding painTRAINER)

Instructions: These questions ask about your « significant other ». This is the same person you answered questions about in the first questionnaire you completed today. That is:

  • Your spouse or romantic partner, if you have one
  • OR, if you do not have a spouse or partner, the one person you interact with on a regular basis who you are most likely to confide in and who you feel emotionally close to

Please think about this significant other as you answer the following questions.

We are interested in knowing how your significant other may respond to your participation in the painTRAINER study. The next questions ask about helpful things your significant other may do as you learn and practice pain-coping skills using painTRAINER.

For each question, check one box to indicate how much you disagree or agree that your significant other is likely to respond in these ways.

Response Scale:
1: Disagree strongly
2: Disagree
3: Disagree a little
4: Agree a little
5: Agree
6: Agree strongly

[Subscale 1: Support for learning and practicing pain-coping skills]
As I learn and practice pain-coping skills, I expect that my significant other will…

  1. Be supportive of what I am doing
  2. Help me understand things I need to do
  3. Ask me what he/she can do to help
  4. Help me make time to do these activities
  5. Offer helpful suggestions
  6. Say or do things to reassure me
  7. Help me solve any problems that arise
  8. Help keep me motivated
  9. Make it easier for me to do the program

The next questions ask about unhelpful things your significant other may do as you learn and practice pain-coping skills using the painTRAINER program.

For each question, check one box to indicate how much you disagree or agree that your significant other is likely to respond in these ways.

Response Scale:
1: Disagree strongly
2: Disagree
3: Disagree a little
4: Agree a little
5: Agree
6: Agree strongly

[Subscale 2: Hindrance to learning and practicing pain-coping skills]
As I learn and practice pain-coping skills, I expect that my significant other will…

  1. Make it hard for me to find time to do these activities
  2. Give me unwanted advice
  3. Criticize the things I am doing
  4. Make fun of the things I am doing
  5. Think the program is a waste of time
  6. Get irritated with me
  7. Make it harder for me to do the program

Part 2: Post-Intervention Assessment (Experiences regarding PainCOACH)

Instructions: These questions ask about your « significant other »—the same person you answered questions about in the first questionnaire you completed today. That is:

  • Your spouse or romantic partner, if you have one
  • OR, if you do not have a spouse or partner, the one person you interact with on a regular basis who you are most likely to confide in and who you feel emotionally close to

Please think about this significant other as you answer the following questions.

The following questions ask about helpful things your significant other may have done as you learned and practiced pain-coping skills in PainCOACH.

For each question, check one box to indicate how much you disagree or agree that your significant other responded in these ways.

Response Scale:
1: Disagree strongly
2: Disagree
3: Disagree a little
4: Agree a little
5: Agree
6: Agree strongly

[Subscale 1: Support for learning and practicing pain-coping skills]
My significant other…

  1. Was supportive of what I was doing
  2. Helped me understand things I needed to do
  3. Asked me what he/she could do to help
  4. Helped me make time to do these activities
  5. Offered helpful suggestions
  6. Said or did things to reassure me
  7. Helped me solve any problems that arose
  8. Helped keep me motivated
  9. Made it easier for me to do the program

The following questions ask about unhelpful things your significant other may have done as you learned and practiced pain-coping skills in PainCOACH.

For each question, check one box to indicate how much you disagree or agree that your significant other responded in these ways.

Response Scale:
1: Disagree strongly
2: Disagree
3: Disagree a little
4: Agree a little
5: Agree
6: Agree strongly

[Subscale 2: Hindrance to learning and practicing pain-coping skills]
My significant other…

  1. Made it hard for me to find time to do these activities
  2. Gave me unwanted advice
  3. Criticized the things I was doing
  4. Made fun of the things I was doing
  5. Acted like he/she thought the program was a waste of time
  6. Got irritated with me
  7. Made it harder for me to do the program
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Looti, M. (2026, octobre 15). Soutien social et entrave aux tâches d’intervention. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=soutien-social-et-entrave-aux-taches-dintervention
Looti, Mohammed. “Soutien social et entrave aux tâches d’intervention.” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=soutien-social-et-entrave-aux-taches-dintervention.
Looti, Mohammed. “Soutien social et entrave aux tâches d’intervention.” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=soutien-social-et-entrave-aux-taches-dintervention.