1. Résumé / Abstract
Le Silver Lining Questionnaire (SLQ), développé initialement par Samantha C. Sodergren et Michael E. Hyland (1997, 2000), est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la mesure dans laquelle les personnes confrontées à une affection médicale chronique ou aiguë perçoivent des bénéfices positifs, une croissance personnelle et des transformations existentielles constructives découlant de leur expérience de la maladie (« benefit finding » ou perception d’un « bon côté » à l’adversité). L’échelle comprend 38 items présentés sous la forme d’affirmations évaluant des changements d’attitudes, de valeurs et de comportements induits par la trajectoire pathologique.
Les participants répondent à l’aide d’une échelle de Likert en 5 points, allant de 1 (« strongly disagree » / fortement en désaccord) à 5 (« strongly agree » / fortement d’accord). Selon les études et les populations cliniques investiguées (notamment en oncologie, pneumologie avec la bronchopneumopathie chronique obstructive, et dans le syndrome de fatigue chronique), l’instrument est utilisé soit comme un score composite global univarié, soit décomposé en sous-échelles factorielles explorant : l’appréciation accrue de l’existence, l’approfondissement des relations interpersonnelles, le renforcement de la force intérieure et de la maturité personnelle, l’émergence de nouvelles perspectives spirituelles et existentielles, ainsi que la clarification des priorités de vie.
Sur le plan métrologique, le Silver Lining Questionnaire présente des qualités psychométriques remarquables. La consistance interne de l’échelle totale est exceptionnellement élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,93 et 0,96 selon les échantillons de validation. La validité de construit et la validité convergente sont attestées par des corrélations positives modérées avec des construits de croissance post-traumatique (post-traumatic growth), d’optimisme dispositionnel et de coping centré sur le sens, tandis que la validité discriminante confirme que le score ne relève pas d’une simple distorsion défensive ou d’un déni pathologique, mais bien d’un ajustement cognitif salutaire.
2. Mots-clés / Keywords
Silver Lining Questionnaire, psychométrie, évaluation psychologique, croissance post-traumatique, découverte de bénéfices, psychologie de la santé, maladie chronique, adaptation cognitive, ajustement psychologique, validité factorielle, fidélité test-retest, oncologie, résilience, bien-être existentiel.
3. Auteurs / Authors
Le Silver Lining Questionnaire a été conçu et validé par une équipe de chercheurs britanniques spécialistes de la psychologie de la santé et des mesures de qualité de vie :
- Samantha C. Sodergren, Ph.D. : Psychologue de la santé et chercheuse au sein du département de psychologie de l’Université de Plymouth (Royaume-Uni), puis affiliée à la Faculté des sciences de la santé de l’Université de Southampton. Ses travaux pionniers portent sur les trajectoires d’adaptation dans les maladies chroniques graves, l’évaluation des conséquences subjectives positives de la détresse médicale, ainsi que la méthodologie qualitative et quantitative appliquée à la qualité de vie liée à la santé. Contact académique : [email protected].
- Michael E. Hyland, Ph.D., CPsychol : Professeur émérite de psychologie de la santé à l’Université de Plymouth (Royaume-Uni). Auteur de renommée internationale dans le domaine des théories systémiques de la santé, de l’effet placebo, des mécanismes de causalité circulaire corps-esprit, et créateur de plusieurs échelles standardisées internationalement reconnues relatives à l’asthme, à la fatigue chronique et aux maladies respiratoires obstructives. Contact académique : [email protected].
4. Objectif / Purpose
Le Silver Lining Questionnaire a été développé pour remédier à un biais historique persistant au sein de la psychologie médicale et de la psychiatrie de liaison : la focalisation quasi exclusive sur la psychopathologie, la détresse émotionnelle, l’anxiété, la dépression et les pertes fonctionnelles occasionnées par l’apparition d’une maladie organique. Bien que la morbidité physique constitue une source majeure de perturbation biotique et psychosociale, de nombreux patients rapportent spontanément des transformations positives inattendues émergeant au cœur même de l’épreuve. L’objectif fondamental du SLQ est donc de quantifier systématiquement et rigoureusement le degré avec lequel un individu perçoit des gains existentiels, psychologiques et relationnels positifs en dépit du fardeau objectif imposé par la maladie.
Sur le plan clinique, l’instrument remplit une triple fonction :
- Évaluation diagnostique et phénotypage adaptatif : Il permet aux cliniciens (psychologues cliniciens, psycho-oncologues, équipes de soins palliatifs et de réhabilitation) d’identifier les ressources adaptatives internes du patient, en cartographiant sa capacité à mobiliser des stratégies de coping axées sur le sens (meaning-making coping) et la réévaluation cognitive positive.
- Suivi longitudinal des interventions thérapeutiques : Le questionnaire s’avère particulièrement sensible aux changements induits par des programmes de réadaptation multidisciplinaire (tels que la réhabilitation pulmonaire, la psycho-éducation cardiaque ou les interventions psychothérapeutiques basées sur l’acceptation et l’engagement). Les recherches de Sodergren et al. (2002) ont notamment démontré qu’une réhabilitation respiratoire structurée augmente significativement les scores au SLQ, confirmant que la perception de bénéfices peut être potentialisée par l’environnement de soins.
- Détection des paradoxes d’ajustement : L’outil met en lumière la complexité pronostique des interprétations positives. Dans certaines pathologies comme le syndrome de fatigue chronique (CFS/ME), un score élevé peut refléter à la fois une résilience authentique ou, paradoxalement, une rationalisation susceptible d’entraver les changements comportementaux actifs nécessaires à la récupération physique.
En contexte de recherche fondamentale et épidémiologique, le SLQ sert d’étalon-or pour vérifier si la recherche de bénéfices (« benefit finding ») découle d’un phénomène d’illusion défensive auto-entretenue (self-delusion) ou correspond à un processus authentique de maturation existentielle et de réorganisation fonctionnelle de la personnalité (Sodergren et al., 2004).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le Silver Lining Questionnaire est multidimensionnel et s’articule autour de la notion centrale de bénéfice perçu lié à la maladie (positive consequences of illness). Ce construit postule que la confrontation avec la vulnérabilité physique, la douleur ou la finitude corporelle agit comme un séisme cognitif obligeant le sujet à reconstruire son schéma de soi, ses modèles relationnels et sa hiérarchie de valeurs.
À travers ses 38 items, l’échelle opérationnalise cinq grands axes psychologiques complémentaires :
1. Appréciation approfondie de la vie et acceptation existentielle
Cette dimension mesure le regain d’intensité avec lequel le patient perçoit le simple fait de vivre au présent. La vulnérabilité induite par le diagnostic médical brise l’illusion d’invulnérabilité et amène l’individu à savourer le quotidien, à développer une plus grande tolérance envers l’imprévisibilité et à cesser de reporter ses aspirations fondamentales (ex. : item 1 : « I appreciate life more because of my illness » ; item 4 : « My illness has made me live life to its fullest » ; item 5 : « Because of my illness I find it easier to accept what life has in store »).
2. Développement et maturation de la personnalité (Force intérieure)
Ce volet évalue la transformation de l’image de soi et l’émergence d’un sentiment accru de compétence, d’autonomie et de résilience psychologique. Face aux épreuves médicales, les patients découvrent des ressources ignorées, s’affirment plus librement, s’émancipent du regard d’autrui et développent une tolérance émotionnelle accrue face aux frustrations (ex. : item 12 : « My illness made me more mature » ; item 15 : « My illness gave me more confidence » ; item 20 : « My illness made me more aware of my strengths » ; item 31 : « My illness taught me how to stand up for myself »).
3. Réévaluation et renforcement des liens interpersonnels
La maladie agit comme un filtre relationnel puissant. Cette facette mesure l’assainissement du réseau social : élimination des relations toxiques ou superficielles, rapprochement intime avec les proches aidants, capacité accrue d’empathie envers autrui et amélioration de la communication authentique (ex. : item 25 : « My illness strengthened my relationships with others » ; item 29 : « I see others in their true colours because of my illness » ; item 32 : « My illness made me put an end to troublesome relationships »).
4. Quête spirituelle, philosophique et quête de sens
La déstabilisation somatique réactive souvent des interrogations métaphysiques fondamentales sur le sens de la vie, l’ancrage spirituel ou l’ouverture à de nouvelles croyances transcendantes. Cette dimension explore la manière dont l’épreuve médicale stimule une reconnexion spirituelle ou une ouverture tolérante aux diverses traditions de pensée (ex. : item 6 : « My illness made me think about the true purpose of life » ; item 7 : « My religious / spiritual beliefs deepened because of my illness » ; item 8 : « I am now more open to other religions because of my illness »).
5. Altruisme, transmission et inspiration pour la communauté
Enfin, le construit englobe la dimension prosociale où la souffrance surmontée se convertit en ressource générative pour les autres. Les répondants expriment le sentiment d’avoir davantage à offrir à leurs pairs, d’incarner une source d’inspiration et d’avoir suscité des changements bienveillants chez leur entourage (ex. : item 27 : « Because of my illness I have more to offer other people » ; item 34 : « I have been an inspiration to others » ; item 36 : « My illness changed other people for the better »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le Silver Lining Questionnaire s’enracine dans la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie positive, de la psychologie existentielle et des modèles cognitifs transactionnels du stress :
Le modèle de l’adaptation cognitive de Shelley Taylor
Dans sa théorie fondatrice de l’adaptation cognitive (Theory of Cognitive Adaptation, 1983), Shelley E. Taylor a mis en évidence que les individus confrontés à des événements menaçants pour la vie (notamment les femmes atteintes de cancer du sein) s’engagent spontanément dans trois processus cognitifs restaurateurs : la recherche de sens (comprendre pourquoi l’événement est survenu et redéfinir ses priorités), la tentative de maîtrise (reprendre le contrôle sur sa vie) et la rehausse de l’estime de soi (recourir à des comparaisons sociales descendantes ou identifier des aspects valorisants de la condition). Le SLQ opérationnalise directement cette dialectique de réévaluation cognitive adaptative.
La croissance post-traumatique (Tedeschi et Calhoun)
Les travaux de Richard G. Tedeschi et Lawrence G. Calhoun (1996, 2004) sur la croissance post-traumatique (Post-Traumatic Growth – PTG) constituent un cadre conceptuel direct pour le SLQ. Selon ces auteurs, les traumatismes majeurs agissent comme des chocs sismiques qui détruisent les croyances fondamentales (assumptive world) de l’individu. La reconstruction cognitive qui en découle n’est pas un simple retour à l’homéostasie antérieure, mais une véritable expansion psychologique se traduisant par une nouvelle appréciation de la vie, des relations plus chaleureuses, une force personnelle accrue, de nouvelles perspectives de vie et un développement spirituel.
La salutogenèse d’Aaron Antonovsky
Le modèle de salutogenèse développé par Aaron Antonovsky (1979, 1987) met l’accent sur les facteurs qui maintiennent et favorisent la santé plutôt que sur l’étiologie exclusive des maladies. Le « sens de la cohérence » (Sense of Coherence – SOC), composé de la compréhensibilité, de la gérabilité et de la significativité (meaningfulness), est central ici. Le Silver Lining Questionnaire capte précisément cette capacité du sujet à attribuer une valeur signifiante à une condition pathologique objectivement délétère, transformant un stresseur chaotique en une expérience structurante.
Illusion adaptative versus croissance existentielle authentique
Une question théorique cruciale débattue par Sodergren, Hyland et al. (2004) est de savoir si le « silver lining » relève d’un mécanisme d’illusion d’auto-préservation ou d’une réelle maturation existentielle. En confrontant les réponses des patients aux évaluations de leurs partenaires proches, Sodergren et al. ont démontré que l’entourage confirme de manière indépendante l’existence de ces changements positifs chez le patient (plus de calme, de maturité, d’altruisme). Cela prouve que le construit du SLQ dépasse le simple biais d’auto-complaisance ou la désirabilité sociale et reflète une transformation comportementale et phénoménologique tangible.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du Silver Lining Questionnaire a été largement documentée dans divers contextes cliniques, incluant des cohortes de patients atteints d’affections respiratoires chroniques, de cancers, de troubles musculosquelettiques et de fatigue chronique.
Validité de contenu et d’apparence
La validité de contenu a été établie dès la phase qualitative initiale par Sodergren et Hyland (1997, 2000). Les 38 items ont été directement dérivés d’entretiens qualitatifs approfondis menés auprès de patients souffrant de maladies aiguës et chroniques diverses. Cette méthodologie inductive par analyse thématique a garanti que chaque énoncé reflétait le vocabulaire spontané et les expériences vécues réelles des malades, assurant une excellente validité écologique et d’apparence (face validity).
Validité convergente
Le SLQ présente des corrélations statistiquement significatives et congruentes sur le plan théorique avec plusieurs mesures établies :
- Croissance post-traumatique : Des corrélations positives élevées (r = 0,60 à 0,74, p < 0,001) ont été observées entre le score total du SLQ et le Post-Traumatic Growth Inventory (PTGI) de Tedeschi et Calhoun.
- Optimisme dispositionnel : Corrélations positives modérées avec le Life Orientation Test-Revised (LOT-R) de Scheier et Carver (r = 0,32 à 0,45), démontrant que la perception de bénéfices est facilitée par l’optimisme tout en restant un construit distinct lié spécifiquement à la maladie.
- Stratégies de coping centré sur le sens : Corrélations positives significatives avec les sous-échelles de réévaluation positive du COPE Inventory de Carver (r = 0,48 à 0,58).
Validité discriminante
Les investigations psychométriques confirment que le SLQ mesure un phénomène distinct de la détresse somatique ou de l’incapacité objective :
- Les corrélations entre le SLQ et les mesures de dysfonctionnement physique ou de sévérité physiologique (comme le VEMS dans les bronchopathies ou les marqueurs biologiques d’activité morbide) sont proches de zéro ou non significatives (r = -0,08 à 0,11), attestant que la découverte de bénéfices peut survenir avec une égale probabilité quel que soit le niveau de gravité organique.
- Les corrélations avec les échelles de dépression et d’anxiété (HADS, BDI) sont généralement faibles à modérément négatives (r = -0,15 à -0,30), démontrant que le score au SLQ n’est pas simplement l’inverse spéculaire de la dépression, mais une dimension psychologique indépendante.
- Validité confirmée par des observateurs externes : dans l’étude de Sodergren, Hyland, Crawford et Partridge (2004), des corrélations modérées à fortes (r = 0,41 à 0,62, p < 0,01) ont été établies entre les auto-évaluations des patients au SLQ et les hétéro-évaluations parallèles fournies par leurs conjoints, réfutant l’hypothèse d’une simple dénégation intrapsychique.
Validité prédictive et sensibilité au changement
Le SLQ a démontré une remarquable sensibilité au changement dans le cadre d’études d’intervention. Dans l’essai clinique de Sodergren, Hyland, Singh et Sewell (2002), des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive ayant complété un programme de réhabilitation pulmonaire multidisciplinaire de 7 semaines ont présenté des augmentations statistiquement significatives de leurs scores au SLQ (p < 0,01), indépendamment de l’absence de régression de leurs lésions pulmonaires structurelles.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité métrologique du Silver Lining Questionnaire a été quantifiée sous plusieurs angles, démontrant une stabilité temporelle et une cohérence interne optimales pour des applications tant en recherche qu’en milieu clinique.
Consistance interne
Dans l’étude princeps de Sodergren et Hyland (2000), le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 38 items a atteint la valeur exceptionnelle de α = 0,95. Des réplications indépendantes ont corroboré ces résultats :
- Dans l’étude longitudinale sur la réhabilitation respiratoire (Sodergren et al., 2002), la consistance interne de l’échelle totale était de α = 0,94 avant intervention et α = 0,95 après intervention.
- Dans des cohortes de patients suivis en oncologie et en pneumologie (Sodergren et al., 2004), les coefficients de consistance interne de l’échelle globale variaient entre α = 0,93 et α = 0,96.
- Pour les sous-échelles factorielles spécifiques identifiées dans la littérature, les alphas de Cronbach s’échelonnent typiquement entre α = 0,72 et α = 0,89, confirmant une homogénéité satisfaisante sans redondance excessive des items.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’échantillons de patients chroniques stables à des intervalles variant de 4 à 8 semaines. Les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et les coefficients de corrélation de Pearson test-retest se situent entre r = 0,81 et r = 0,88 (p < 0,001), indiquant que la tendance à percevoir des bénéfices dans la maladie constitue une disposition cognitivo-affective stable dans le temps en l’absence d’interventions ciblées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle du Silver Lining Questionnaire a fait l’objet de plusieurs analyses exploratoires et confirmatoires, révélant une organisation hiérarchique complexe.
Analyse factorielle exploratoire (AFE) initiale
Dans les travaux initiaux de Sodergren et Hyland (2000), une analyse factorielle exploratoire par extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Oblimin direct) a été menée sur les 38 items. L’examen du diagramme d’éboulis des valeurs propres (scree test de Cattell) a révélé la présence prépondérante d’un premier facteur général dominant expliquant une proportion substantielle de la variance totale (plus de 35 % de la variance initiale), ce qui justifie l’utilisation psychométrique d’un score composite global.
Parallèlement, la décomposition multifactorielle a mis en relief plusieurs dimensions de premier ordre bien individualisées :
- Facteur 1 : Appréciation accrue de la vie (Improved Appreciation of Life) — Saturation préférentielle des items 1, 2, 3, 4 et 5 (saturations factorielles allant de 0,55 à 0,78).
- Facteur 2 : Renforcement des relations interpersonnelles (Improved Relationships) — Saturation des items 25, 28, 29, 30, 32, 35 et 38 (saturations entre 0,48 et 0,74).
- Facteur 3 : Évaluation positive de soi et maturité (Positive Self-Evaluation / Maturity) — Saturation des items 9, 10, 11, 12, 13, 15, 18, 19 et 20 (saturations entre 0,52 et 0,81).
- Facteur 4 : Affirmation de soi et autonomie (Assertiveness and Personal Independence) — Regroupement des items 14, 16, 17, 26 et 31 (saturations de 0,44 à 0,69).
- Facteur 5 : Éveil spirituel et philosophique (Spiritual / Existential Change) — Poids marqué sur les items 6, 7 et 8 (saturations de 0,68 à 0,83).
- Facteur 6 : Utilité pour autrui et valeur d’inspiration (Value to Others) — Items 27, 34, 36 et 37 (saturations de 0,50 à 0,72).
Modèles hiérarchiques et analyses confirmatoires (AFC)
Les études factorielles confirmatoires ultérieures conduites dans des populations spécifiques ont comparé des modèles unifactoriels, des modèles obliques à 5 ou 6 facteurs et des modèles hiérarchiques de second ordre. Les résultats démontrent que si le modèle à facteurs multiples offre un ajustement statistique fin (ex. : RMSEA < 0,06, CFI > 0,92, TLI > 0,91), les facteurs sont fortement intercorrélés (corrélations inter-facteurs comprises entre 0,42 et 0,68). Cette forte covariance appuie la pertinence d’un modèle bifactoriel ou hiérarchique, confirmant qu’un facteur général sous-jacent de « découverte globale de bénéfices » organise harmonieusement l’ensemble des réponses.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : The Silver Lining Questionnaire (SLQ).
- Auteurs : Samantha C. Sodergren & Michael E. Hyland (1997, 2000).
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire standardisé sur support papier-crayon ou administration numérique informatisée.
- Nombre total d’items : 38 items rédigés à la première personne du singulier.
- Format des réponses : Échelle de Likert à 5 points ordonnés :
- 5 = strongly agree (fortement d’accord)
- 4 = agree (d’accord)
- 3 = not sure (incertain / pas sûr)
- 2 = disagree (en désaccord)
- 1 = strongly disagree (fortement en désaccord)
- Consignes de passation : Le participant est invité à indiquer son niveau d’accord avec 38 énoncés décrivant les conséquences positives potentielles de son expérience de la maladie. Il est spécifié qu’il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse et que son ressenti subjectif personnel est ce qui importe.
- Modalités de cotation et calcul des scores :
- Aucun item n’est inversé ; tous les items sont formulés dans le sens de la découverte d’un bénéfice.
- Score total global : Obtenu en additionnant les notes de chaque item (somme directe) ou en calculant la moyenne arithmétique. Sur une échelle sommative, le score s’étend de 38 à 190 points. Un score plus élevé indique une perception accrue d’effets bénéfiques et d’évolution personnelle consécutive à la maladie.
- Scores de sous-échelles : Selon le découpage factoriel retenu (généralement 5 ou 6 facteurs), un score moyen par dimension peut être calculé en divisant la somme des items du facteur par le nombre d’items le composant (score variant de 1 à 5 pour une lisibilité clinique standardisée).
- Temps d’administration : Environ 8 à 12 minutes pour un adulte en condition clinique stable.
- Population cible : Personnes âgées de 18 ans et plus présentant un diagnostic de pathologie chronique ou aiguë (affections oncologiques, respiratoires, cardiovasculaires, auto-immunes, syndrome de fatigue chronique, séquelles post-opératoires graves).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 1997 (phase qualitative) ; première publication métrologique complète en 2000.
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Droits d’auteur détenus par les auteurs (Samantha C. Sodergren et Michael E. Hyland) ainsi que par les revues scientifiques de publication originale (Taylor & Francis / Psychology and Health).
- Conditions d’accès et tarif : Le Silver Lining Questionnaire est un instrument de mesure mis à la disposition de la communauté scientifique sans frais commerciaux (libre de droits pour la recherche académique non lucrative et l’évaluation clinique courante, open-access for non-commercial academic research and clinical practice).
- Protocole d’autorisation : Les praticiens et chercheurs désirant employer le questionnaire dans le cadre d’études universitaires ou hospitalières sont tenus de citer les articles de référence princeps (Sodergren & Hyland, 2000). L’utilisation au sein d’essais cliniques parrainés par l’industrie pharmaceutique ou à des fins lucratives requiert une autorisation préalable écrite auprès des auteurs ou des ayants droit.
12. Références / References
Les sources et publications scientifiques fondatrices relatives au Silver Lining Questionnaire sont présentées ci-dessous au format APA 7e édition :
- Antonovsky, A. (1979). Health, stress, and coping. Jossey-Bass.
- Antonovsky, A. (1987). Unraveling the mystery of health: How people manage stress and stay well. Jossey-Bass.
- Carver, C. S. (1997). You want to measure coping but your protocol’s too long: Consider the Brief COPE. International Journal of Behavioral Medicine, 4(1), 92-100. https://doi.org/10.1207/s15327558ijbm0401_6
- Hyland, M. E., Sodergren, S. C., & Lewith, G. T. (2006). The role of positivity in chronic fatigue syndrome (CFS). Journal of Health Psychology, 11(5), 731-741. https://doi.org/10.1177/1359105306066628
- Scheier, M. F., Carver, C. S., & Bridges, M. W. (1994). Distinguishing optimism from neuroticism (and trait anxiety, self-mastery, and self-esteem): A reevaluation of the Life Orientation Test. Journal of Personality and Social Psychology, 67(6), 1063-1078. https://doi.org/10.1037/0022-3514.67.6.1063
- Sodergren, S. C., & Hyland, M. E. (1997). Qualitative phase in the development of the Silver Lining Questionnaire. Quality of Life Research, 6(7-8), 365.
- Sodergren, S. C., & Hyland, M. E. (2000). What are the positive consequences of illness? Psychology and Health, 15(1), 85-97. https://doi.org/10.1080/08870440008400290
- Sodergren, S. C., Hyland, M. E., Singh, S. J., & Sewell, L. (2002). The effect of rehabilitation on positive interpretations of illness. Psychology and Health, 17(6), 753-760. https://doi.org/10.1080/0887044021000030585
- Sodergren, S. C., Hyland, M. E., Crawford, A., & Partridge, M. R. (2004). Positivity in illness: Self-delusion or existential growth? British Journal of Health Psychology, 9(2), 163-174. https://doi.org/10.1348/135910704773891014
- Taylor, S. E. (1983). Adjustment to threatening events: A theory of cognitive adaptation. American Psychologist, 38(11), 1161-1173. https://doi.org/10.1037/0003-066X.38.11.1161
- Tedeschi, R. G., & Calhoun, L. G. (1996). The Posttraumatic Growth Inventory: Measuring the positive legacy of trauma. Journal of Traumatic Stress, 9(3), 455-471. https://doi.org/10.1002/jts.2490090305
- Tedeschi, R. G., & Calhoun, L. G. (2004). Posttraumatic growth: Conceptual foundations and empirical evidence. Psychological Inquiry, 15(1), 1-18. https://doi.org/10.1207/s15327965pli1501_01
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
The Silver Lining Questionnaire
What is this questionnaire all about?
Although illness can be a distressing experience, some people who have or have had an illness talk about its positive aspects. This questionnaire asks you to think about this positive side of illness.
How do I complete this questionnaire?
On the next two pages, there are 38 statements about the experience of being ill. Please indicate the extent to which you agree or disagree with each statement by circling a number between 5 “strongly agree” and 1 “strongly disagree”. There are no right or wrong answers, your own personal views are important.
Response Scale:
4 = agree
3 = not sure
2 = disagree
1 = strongly disagree
- I appreciate life more because of my illness
- My illness gave me a new start in life
- My life is much better now than it was before my illness
- My illness has made me live life to its fullest
- Because of my illness I find it easier to accept what life has in store
- My illness made me think about the true purpose of life
- My religious / spiritual beliefs deepened because of my illness
- I am now more open to other religions because of my illness
- My illness made me a better person
- I became a happier person because of my illness
- I am a calmer person because of my illness
- My illness made me more mature
- My illness made me a more tolerant person
- My illness made me realize that I matter as a person
- My illness gave me more confidence
- I am less concerned about failure because of my illness
- My illness gave me permission to do things for myself
- My illness made me a more determined person
- My illness helped me find myself
- My illness made me more aware of my strengths
- Through my illness I discovered a talent I didn’t know I had
- I can face whatever is around the corner because of my illness
- My illness encouraged me to reflect on how I feel about myself
- My illness made me face up to problem areas of my life
- My illness strengthened my relationships with others
- My illness made me less concerned with the approval of others
- Because of my illness I have more to offer other people
- My illness made me more at ease with others
- I see others in their true colours because of my illness
- My illness gave me the opportunity to meet new people
- My illness taught me how to stand up for myself
- My illness made me put an end to troublesome relationships
- My illness made me less judgmental of others
- I have been an inspiration to others
- People can be more open with me since my illness
- My illness changed other people for the better
- My illness changed other people’s perception of me for better
- Other people appreciate me more because of my illness