Enquête sur les risques sexuels

Découvrez l’Enquête sur les risques sexuels (Sexual Risk Survey – SRS), outil psychométrique mesurant les comportements sexuels à risque chez les étudiants universitaires.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Enquête sur les risques sexuels (Sexual Risk Survey, SRS ; Turchik & Garske, 2009) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé spécifiquement pour quantifier de manière globale, multidimensionnelle et rigoureuse la fréquence des comportements sexuels à risque chez les étudiants universitaires au cours des six derniers mois. Face aux limites inhérentes aux outils d’évaluation préexistants — souvent restreints à l’utilisation du préservatif lors des rapports péniens-vaginaux ou manquant de validité psychométrique documentée —, le SRS propose une conceptualisation élargie incluant les activités orales, anales et vaginales, l’impulsivité sexuelle, la multiplicité et la nature des partenaires, ainsi que l’usage concomitant de substances psychoactives.

Composé dans sa version finale de 23 items issus d’une sélection rigoureuse d’un ensemble initial de 37 énoncés, le questionnaire emploie un format de réponse libre où les participants indiquent le nombre exact de fois où ils se sont engagés dans chaque comportement cible durant le semestre écoulé. En raison de l’asymétrie positive prononcée caractéristique des distributions de données épidémiologiques et comportementales liées à la sexualité, les auteurs ont instauré un système de recodage ordinal standardisé (blocs de 0 à 4) ou de transformation mathématique (logarithmique ou inverse) pour permettre des analyses paramétriques fiables. Le score total oscille entre 0 et 92.

L’analyse factorielle a mis en évidence une structure robuste articulée autour de cinq sous-échelles distinctes : la prise de risque sexuel avec des partenaires non engagés (8 items), les actes sexuels à risque (5 items), les comportements sexuels impulsifs (5 items), l’intention de s’engager dans des comportements sexuels à risque (2 items) et les actes de sexe anal à risque (3 items). L’instrument présente d’excellentes propriétés psychométriques, attestées par une cohérence interne globale élevée (alpha de Cronbach de 0,88 pour l’échelle totale, et s’échelonnant de 0,61 à 0,89 pour les sous-échelles) ainsi qu’une remarquable stabilité temporelle test-retest à deux semaines (coefficient de fidélité de 0,93 au niveau global). La validité de contenu, la validité convergente et la validité discriminante — notamment démontrée par de faibles corrélations avec la désirabilité sociale et la crainte du dévoilement intime — confirment que le SRS est un standard de référence pour la recherche en psychologie clinique, en santé publique et en sexologie comportementale.

2. Mots-clés / Keywords

Enquête sur les risques sexuels, Sexual Risk Survey, psychométrie, comportements sexuels à risque, étudiants universitaires, préservatif, infections sexuellement transmissibles, fidélité test-retest, validité de construit, impulsivité sexuelle, santé publique, analyse factorielle.

3. Auteurs / Authors

L’Enquête sur les risques sexuels (SRS) a été élaborée et validée par les chercheurs américains suivants au sein du département de psychologie de l’Université de l’Ohio :

  • Jessica A. Turchik, Ph.D. : Chercheuse et psychologue clinicienne affiliée à l’Université de l’Ohio (Department of Psychology, Ohio University, Athens, OH, États-Unis) au moment de l’élaboration de l’échelle, spécialisée dans l’étude des traumatismes, des agressions sexuelles, des comportements à risque chez les jeunes adultes et de la santé des vétérans de guerre (Courriel institutionnel de correspondance originale : [email protected]).
  • John P. Garske, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de l’Ohio (Ohio University, Athens, OH, États-Unis), expert reconnu dans les domaines de la psychothérapie, de l’alliance thérapeutique, de la méthodologie clinique et de la mesure psychologique.

4. Objectif / Purpose

Conceptualisation et genèse de l’outil

La transition vers la vie universitaire s’accompagne fréquemment d’une autonomie accrue, d’une restructuration des réseaux de soutien social et d’une exploration identitaire marquée. Chez les étudiants, cette période de développement s’associe souvent à une augmentation substantielle des comportements à risque, tout particulièrement dans la sphère de la sexualité. La prévalence élevée des infections sexuellement transmissibles (IST) — incluant le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le papillomavirus humain (VPH), les chlamydiose et gonorrhée — ainsi que le taux alarmant de grossesses non planifiées chez les jeunes adultes de 18 à 24 ans représentent des problématiques majeures de santé publique à l’échelle internationale.

Malgré l’urgence épidémiologique, l’évaluation scientifique de ces comportements s’est longtemps heurtée à d’importantes impasses méthodologiques. Jessica A. Turchik et John P. Garske (2009) ont identifié deux limitations structurelles majeures dans les instruments préexistants :

  1. La restriction de focalisation : De nombreuses échelles évaluaient quasi exclusivement la fréquence de l’usage du préservatif lors des pénétrations vaginales, ignorant les rapports bucco-génitaux (fellation, cunnilingus, anulingus), les rapports anaux, ainsi que les comportements préparatoires ou contextuels (ex. : consommation concomitante de substances psychoactives, sélection de partenaires inconnus ou occasionnels, absence de discussion préalable sur le statut sérologique).
  2. L’insuffisance psychométrique : Plusieurs questionnaires utilisés dans la littérature étaient de simples items ad hoc non validés, dépourvus d’analyses factorielles rigoureuses, de vérifications de la fidélité test-retest ou de démonstrations empiriques de validité convergente et discriminante.

Le Sexual Risk Survey (SRS) a donc été spécifiquement conçu pour fournir à la communauté scientifique et clinique un instrument standardisé, psychométriquement robuste, multidimensionnel et opérationnel permettant d’appréhender le spectre élargi de la prise de risque sexuel en milieu universitaire.

Applications en recherche, en milieu clinique et en prévention

Sur le plan de la recherche scientifique, le SRS constitue un outil d’investigation privilégié pour les études étiologiques examinant les interactions complexes entre traits de personnalité (notamment la recherche de sensations, l’impulsivité, le névrosisme ou l’attachement insécure), la psychopathologie (troubles de l’humeur, anxiété, abus de substances) et les pratiques sexuelles à risque. Il permet d’établir des modélisations statistiques précises (équations structurelles, régressions hiérarchiques) en dissociant les dimensions comportementales manifestes des composantes intentionnelles ou impulsives.

Dans le domaine de la santé publique et de la médecine préventive, l’outil sert à cartographier les profils épidémiologiques des campus universitaires, à identifier les groupes cibles particulièrement vulnérables et à évaluer l’efficacité différentielle des programmes d’éducation à la sexualité et de réduction des risques (harm reduction). En administrant le SRS en pré-test et post-test, les concepteurs d’interventions préventives peuvent quantifier avec précision l’impact des ateliers sur des dimensions spécifiques, comme la communication pré-sexuelle ou l’usage systématique de barrières de protection pour l’ensemble des pratiques sexuelles.

Au niveau de la pratique clinique (centres de santé universitaires, services de consultation psychologique, cliniques de planification familiale), le SRS peut être employé comme un outil de dépistage systématique et un levier d’entretien motivationnel. Sa passation permet au clinicien d’explorer avec le patient les contextes émotionnels, cognitifs et relationnels associés aux prises de risques répétées, favorisant l’élaboration de stratégies personnalisées de régulation émotionnelle et de négociation du consentement éclairé.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le SRS est celui de la prise de risque sexuel multidimensionnelle. Contrairement aux approches réductionnistes qui assimilent le risque à un comportement binaire unique, Turchik et Garske (2009) ont modélisé ce construit sous la forme d’un concept hiérarchique composé d’un facteur général de second ordre et de cinq dimensions sous-jacentes interdépendantes mais conceptuellement distinctes :

1. Prise de risque sexuel avec des partenaires non engagés (Sexual Risk Taking With Uncommitted Partners)

Cette sous-échelle, composée de 8 items, mesure la fréquence à laquelle un individu s’engage dans des interactions intimes ou des rapports sexuels pénétratifs avec des personnes pour lesquelles il n’existe aucun engagement affectif stable, aucune relation formelle de couple ou aucun historique de confiance mutuelle. Elle capture des situations telles que les relations avec des partenaires d’un soir rencontrés le jour même, des partenaires occasionnels réguliers de type « amis avec bénéfices » (friends with benefits / fuck buddies), ou des partenaires sexuels dont l’individu sait qu’ils ont de multiples partenaires simultanés ou qu’ils n’ont jamais effectué de dépistage pour les IST/VIH. L’exposition au risque découle ici directement des réseaux de transmission épidémiologique et de l’absence de vérification rigoureuse des antécédents médicaux du partenaire.

2. Actes sexuels à risque (Risky Sex Acts)

Regroupant 5 items, cette dimension quantifie l’absence matérielle de barrières de protection mécanique lors de pratiques sexuelles spécifiques. Elle évalue la fréquence des rapports vaginaux non protégés par un préservatif en latex ou en polyuréthane (incluant l’usage inadéquat de préservatifs en membrane naturelle qui ne protègent pas contre les micro-organismes viraux), les rapports vaginaux dépourvus de toute contraception prévenant les grossesses non désirées, ainsi que la pratique du sexe oral (fellation et cunnilingus) sans barrière protectrice adaptée telle que la digue dentaire ou le préservatif. Cette dimension isole la composante biomécanique directe de transmission pathogène.

3. Comportements sexuels impulsifs (Impulsive Sexual Behaviors)

Composée de 5 items, cette composante évalue la nature imprévue, non planifiée et émotionnellement conflictuelle de l’engagement sexuel, fréquemment potentialisée par l’altération de l’état de conscience. Elle inclut les expériences sexuelles survenues de manière tout à fait inattendue, le fait de quitter un événement social ou une soirée festive avec un individu fraîchement rencontré, les rencontres intimes consenties sur le moment mais immédiatement suivies de regrets moraux ou psychologiques, ainsi que l’usage d’alcool ou de drogues récréatives immédiatement avant ou pendant l’activité sexuelle. Cette sous-échelle saisit les déficits d’inhibition comportementale et l’altération du jugement critique sous l’influence du contexte ou de substances.

4. Intention de s’engager dans des comportements sexuels à risque (Intent to Engage in Risky Sexual Behaviors)

Constituée de 2 items ciblés, cette dimension opérationnalise la composante motivationnelle et téléologique proactive de la prise de risque. Elle mesure la fréquence à laquelle un étudiant se rend délibérément dans des contextes festifs (bars, soirées universitaires, rassemblements sociaux) avec le dessein explicite et anticipé de trouver un partenaire pour des contacts intimes poussés (hooking up) ou des rapports sexuels complets. Contrairement aux comportements impulsifs purement réactifs, cette dimension reflète une attitude cognitive planifiée axée sur la quête d’opportunités sexuelles décontextualisées.

5. Actes de sexe anal à risque (Risky Anal Sex Acts)

Formée de 3 items, cette sous-échelle examine spécifiquement les comportements liés à la sexualité anale pratiqués sans barrière sanitaire adéquate. Elle comprend la fréquence des pénétrations anales sans préservatif, la pratique de l’anulingus (stimulation bucco-anale ou rimming) sans digue dentaire, ainsi que la pénétration anale manuelle (fisting) ou instrumentale non protégée suivie immédiatement d’un rapport anal non protégé. La séparation factorielle de cette dimension s’explique par le coefficient de transmission biologique particulièrement élevé des agents pathogènes (notamment le VIH et l’hépatite B) associé aux microtraumatismes de la muqueuse anale, ainsi que par une prévalence comportementale plus faible et asymétrique dans la population étudiante générale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ancrage dans la Théorie du comportement planifié et le Modèle d’information, motivation et compétences comportementales

Le développement et l’interprétation du SRS s’articulent à la convergence de plusieurs modèles majeurs de la psychologie de la santé et de la psychologie sociale cognitive. En premier lieu, la Théorie du comportement planifié (TCP ; Ajzen, 1991) postule que le comportement est déterminé par l’intention comportementale, elle-même influencée par l’attitude envers le comportement, les normes subjectives perçues et le contrôle comportemental perçu. Le SRS intègre cette logique en distinguant explicitement l’intention préalable (se rendre à une soirée avec l’objectif délibéré de nouer une relation sexuelle éphémère) du comportement effectif réalisé, permettant d’étudier la faille bien documentée entre l’intention et l’action (intention-behavior gap).

Parallèlement, le Modèle IMB (Information-Motivation-Behavioral Skills) développé par Fisher et Fisher (1992) pour l’adhésion aux comportements préventifs face au VIH éclaire directement la structure du SRS. Selon ce modèle, la pratique d’une sexualité protégée exige non seulement des connaissances biomédicales précises (information), mais aussi une disposition positive et un soutien social (motivation), couplés à des compétences opératoires concrètes (négociation du préservatif, communication intime avec le partenaire). L’item 20 du SRS (« avoir des relations sexuelles avec un nouveau partenaire avant d’avoir discuté de ses antécédents sexuels, de l’usage de drogues injectables, du statut sérologique… ») évalue précisément une défaillance de ces compétences comportementales de négociation sous pression sociale.

Modèles de la prise de risque et théorie de la myopie alcoolique

La dimension impulsive et contextuelle du SRS s’inscrit au cœur des théories neuro-développementales de la prise de risque à l’adolescence et au début de l’âge adulte, notamment le Modèle des systèmes duaux (Steinberg, 2010). Ce modèle théorise un décalage temporel entre la maturation précoce du système socio-émotionnel limbique (responsable de la recherche de sensations et de la réactivité aux récompenses immédiates) et la maturation plus tardive du système de contrôle cognitif préfrontal (responsable de la planification, de l’inhibition et de l’anticipation des conséquences à long terme). L’environnement universitaire exacerbe cette vulnérabilité neurocognitive en multipliant les stimuli festifs valorisant la prise de risque.

En outre, la co-occurrence récurrente entre sexualité à risque et consommation de substances psychoactives mise en lumière par le SRS s’explique théoriquement par la Théorie de la myopie alcoolique (Steele & Josephs, 1990). Selon cette approche, l’ingestion d’éthanol induit une restriction attentionnelle sévère qui focalise l’individu exclusivement sur les stimuli saillants et immédiats de l’environnement (le désir d’intimité physique, l’attraction sexuelle, le plaisir immédiat), tout en inhibant le traitement cognitif des stimuli secondaires ou différés (la crainte d’une contamination par le VIH ou une IST, le risque de grossesse non désirée, les remords ultérieurs). Cette myopie cognitive engendre une désinhibition comportementale conduisant directement aux actes sexuels regrettés et non protégés mesurés par l’instrument.

7. Validité / Validity

L’étude initiale de validation menée par Turchik et Garske (2009) auprès d’une cohorte diversifiée de 613 étudiants universitaires (hommes et femmes) a fait l’objet d’un protocole méthodologique rigoureux démontrant d’excellentes qualités de validité psychométrique :

Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu a été garantie par une démarche séquentielle combinant :

  • Une recension systématique de la littérature empirique et épidémiologique portant sur les comportements sexuels à risque chez les jeunes adultes ;
  • L’analyse comparative critique des instruments de mesure antérieurs pour identifier les angles morts conceptuels (notamment la négligence du sexe anal et oral) ;
  • Une étude pilote menée auprès d’étudiants de premier cycle permettant d’ajuster la formulation linguistique des énoncés, de clarifier les ambiguïtés sémantiques et de concevoir un glossaire standardisé pour neutraliser les divergences de compréhension terminologique.

Validité convergente et concourante

La validité convergente et concourante du SRS a été établie par la démonstration de corrélations statistiquement significatives et congruentes avec la théorie psychologique vis-à-vis d’une série d’échelles validées :

  • Consommation d’alcool et de substances : Des corrélations positives robustes ont été observées avec la fréquence de consommation d’alcool, les épisodes d’alcoolisation ponctuelle importante (binge drinking) et les problèmes liés à l’usage de drogues illicites ;
  • Recherche de sensations et impulsivité : Le score total du SRS et ses sous-échelles présentent des associations significatives avec les échelles de recherche de sensations (mesurée via la Sensation Seeking Scale de Zuckerman) et les traits de personnalité impulsifs ;
  • Antécédents cliniques : Des scores significativement plus élevés ont été documentés chez les étudiants rapportant des antécédents d’infections sexuellement transmissibles déclarées, de tests de dépistage du VIH réalisés sous l’effet de l’inquiétude et de recours à la contraception d’urgence.

De plus, l’administration parallèle du questionnaire sous deux formats différents — auto-questionnaire papier-crayon vs entretien individuel structuré — a révélé une corrélation extrêmement élevée (r = 0,90), confirmant la validité concourante inter-formats et l’équivalence de mesure entre modalité orale et modalité écrite.

Validité discriminante

Un enjeu psychométrique crucial lors de l’investigation de conduites intimes réside dans le contrôle des biais de réponse, particulièrement la désirabilité sociale et la réticence au dévoilement de soi (threat of disclosure). Les résultats obtenus par Turchik et Garske (2009) ont démontré de très faibles corrélations non significatives entre le score global du SRS et les échelles mesurant le besoin d’approbation sociale (ex. : l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne) ainsi que les mesures de menace perçue liée au dévoilement sexuel, garantissant une excellente validité discriminante.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation des qualités métrologiques du SRS atteste d’une grande précision de mesure, tant en termes d’homogénéité interne que de reproductibilité dans le temps :

Cohérence interne (Internal Consistency)

Pour l’ensemble de l’échelle composée de ses 23 items définitifs, le coefficient alpha de Cronbach s’élève à 0,88, témoignant d’une consistance interne très satisfaisante sans redondance excessive des items. L’analyse des sous-échelles révèle les indices suivants :

  • Prise de risque sexuel avec des partenaires non engagés (8 items) : α = 0,88
  • Intention de s’engager dans des comportements sexuels à risque (2 items) : α = 0,89
  • Actes sexuels à risque (5 items) : α = 0,80
  • Comportements sexuels impulsifs (5 items) : α = 0,78
  • Actes de sexe anal à risque (3 items) : α = 0,61

Le coefficient plus modéré observé pour la sous-échelle du sexe anal (0,61) s’explique statistiquement par le nombre restreint d’items (3 questions) et la distribution très asymétrique de cette pratique au sein de l’échantillon général d’étudiants. Les analyses de sensibilité ont démontré que l’inclusion ou l’exclusion des items de sexe anal n’altérait aucunement la cohérence interne globale de l’instrument total.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon d’étudiants ayant complété à nouveau l’instrument après un intervalle standardisé de deux semaines. Le coefficient de corrélation test-retest global est exceptionnellement élevé : r = 0,93 (p < 0,001). Les coefficients test-retest pour chacune des cinq dimensions se répartissent ainsi :

  • Prise de risque sexuel avec des partenaires non engagés : r = 0,90
  • Actes sexuels à risque : r = 0,89
  • Comportements sexuels impulsifs : r = 0,79
  • Intention de s’engager dans des comportements sexuels à risque : r = 0,70
  • Actes de sexe anal à risque : r = 0,58

Ces données confirment que, malgré le caractère fluctuant de la vie sexuelle étudiante, le rappel rétrospectif sur les 6 derniers mois offre une grande fiabilité de mesure lorsqu’il est soutenu par des consignes méthodologiques appropriées.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Processus de réduction des données

La version originale expérimentale du SRS comptait initialement 37 items élaborés à partir des données de la littérature. Pour affiner l’instrument et établir sa structure latente, Turchik et Garske (2009) ont soumis les données de 613 étudiants à une Analyse en Composantes Principales (ACP) couplée à une rotation orthogonale Varimax. L’élagage des items a suivi des règles de décision strictes et prédéfinies :

  • Élimination des items présentant un taux de réponse non nul inférieur à 10 % (faible sensibilité et variance restreinte) ;
  • Suppression des énoncés affichant une corrélation item-total corrigée inférieure à 0,40 ;
  • Exclusion des variables possédant une communauté factorielle (communality) inférieure à 0,40 ;
  • Rejet des items dont la saturation factorielle principale (factor loading) était inférieure à 0,40 ou présentant des saturations croisées indésirables sur plusieurs facteurs.

Sur la base de ces critères psychométriques sélectifs, 14 items ont été retirés, aboutissant à la structure finale épurée de 23 items.

Structure en cinq facteurs

L’analyse finale a mis en évidence une solution à cinq composantes expliquant une proportion substantielle de la variance totale des scores :

Facteur Dénomination du construit Nombre d’items Items constitutifs
Facteur 1 Partenaires non engagés (Uncommitted Partners) 8 items Items 1, 3, 8, 16, 17, 20, 21, 23
Facteur 2 Actes sexuels à risque (Risky Sex Acts) 5 items Items 9, 10, 11, 12, 19
Facteur 3 Comportements impulsifs (Impulsive Behaviors) 5 items Items 2, 6, 7, 18, 22
Facteur 4 Intention de prise de risque (Intent to Engage) 2 items Items 4, 5
Facteur 5 Actes de sexe anal à risque (Risky Anal Sex) 3 items Items 13, 14, 15

Les saturations factorielles de tous les items retenus dépassent largement le seuil minimal de 0,40, attestant de la pertinence de chaque indicateur dans son domaine spécifique. Cette organisation structurale offre un équilibre optimal entre parcimonie statistique et finesse clinique.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (pouvant également être administré sous la forme d’un entretien structuré en face-à-face).
  • Format d’administration : Version papier-crayon auto-administrée en passation individuelle ou collective ; facilement transposable sur plateformes numériques sécurisées d’évaluation en ligne.
  • Période de référence : Les six derniers mois précédant l’évaluation. Afin d’optimiser l’exactitude mnésique, l’administration originale prévoit l’utilisation conjointe d’un calendrier rétrospectif des 6 mois écoulés et de repères temporels structurants.
  • Nombre d’items : 23 énoncés comportementaux (les items 1 à 7 portent sur des contacts intimes généraux ; les items 8 à 23 s’adressent aux individus ayant déjà eu des rapports sexuels au sens strict).
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Aides méthodologiques associées : Un glossaire exhaustif des termes anatomiques et comportementaux (ex. : digue dentaire, fellation, cunnilingus, anulingus, fisting) est obligatoirement mis à disposition des participants pour éviter les distorsions sémantiques.
  • Modalités de réponse et protocole de cotation (Scoring) :

    Le recueil initial s’effectue dans un format de réponse libre où le sujet inscrit la fréquence exacte (chiffre brut ≥ 0). Face à l’asymétrie positive marquée des distributions réelles, les données brutes doivent faire l’objet d’un recodage ou d’une transformation normalisatrice selon la procédure établie par Turchik et Garske (2009) :

    Given that sexual risk-taking scores are typically positively skewed, the data will likely need to be recoded or transformed to reduce skewness in the frequencies reported by the students. In the original study (Turchik & Garske, 2009), the responses to the 23 items were recoded into an ordinal series of categories to reduce the variability and skewness in the raw score totals. The raw numbers for each item were recoded into categories coded as 0 to 4. Codes of “0” only included frequencies of 0. Next, the remaining frequencies were examined for the sample and were treated as if they represented 100% of the frequencies. Because the data were negatively skewed, the following guideline was used to classify the frequencies greater than 0: 1 = 40% of responses, 2 = 30% of responses, 3 = 20% of responses, and 4 = 10% of responses. However, in practice, with the restricted variability of frequencies in many of the items, it was often not possible to classify the frequencies in this manner. Also, the distribution of frequencies will likely be different based on the sample, and researchers should not assume the ordinal categories used in one study would be valid in another sample. An alternative way to reduce skewness in the data is to perform some other normalizing technique, such as a logarithmic or inverse transformation, because the distribution will likely not be normally distributed. Researchers should refer to the original article for more discussion on this issue (Turchik & Garske, 2009).

    Une fois les scores d’items recodés de 0 à 4, le score total du SRS est calculé par la somme arithmétique simple des 23 items. Les scores totaux s’échelonnent ainsi de 0 à 92. Cinq scores dimensionnels correspondant aux sous-échelles peuvent être calculés de façon indépendante.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2009.
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’article original et l’instrument sont protégés par le droit d’auteur académique de Springer Science+Business Media, LLC. Toutefois, le questionnaire et ses consignes ont été publiés intégralement au sein de la publication scientifique à des fins de recherche non commerciale.
  • Tarification : L’utilisation du questionnaire dans un cadre académique, universitaire, doctoral ou clinique à but non lucratif est gratuite.
  • Procédure d’autorisation et demande de matériel : Il est formellement recommandé aux chercheurs et cliniciens d’adresser une demande formelle d’utilisation et d’obtention du matériel complet (incluant le glossaire sémantique original et les supports d’aide au rappel mnésique) auprès de l’auteure principale : Dr Jessica A. Turchik (Courriel : [email protected]).

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please read the following statements and record the number that is true for you over the past six months for each ques- tion on the blank. If you do not know for sure how many times a behavior took place, try to estimate the number as close as you can. Thinking about the average number of times the behavior happened per week or per month might make it easier to estimate an accurate number, especially if the behavior happened fairly regularly. If you’ve had multiple partners, try to think about how long you were with each partner, the number of sexual encounters you had with each, and try to get an accurate estimate of the total number of each behavior. If the question does not apply to you or you have never engaged in the behavior in the question, put a “0” on the blank. Please do not leave items blank. Remember that in the following questions “sex” includes oral, anal, and vaginal sex and that “sexual behavior” includes passionate kissing, making out, fondling, petting, oral-to-anal stimulation, and hand- to-genital stimulation. Refer to the Glossarya for any words you are not sure about. Please consider only the last six months when answering and please be honest.
Response Scale: Given that sexual risk-taking scores are typically positively skewed, the data will likely need to be recoded or transformed to reduce skewness in the frequencies reported by the students. In the original study (Turchik & Garske, 2009), the responses to the 23 items were recoded into an ordinal series of categories to reduce the variability and skewness in the raw score totals. The raw numbers for each item were recoded into categories coded as 0 to 4. Codes of “0” only included frequencies of 0. Next, the remaining frequencies were examined for the sample and were treated as if they represented 100% of the frequencies. Because the data were negatively skewed, the following guideline was used to classify the frequencies greater than 0: 1 = 40% of responses, 2 = 30% of responses, 3 = 20% of responses, and 4 = 10% of responses. However, in practice, with the restricted variability of frequencies in many of the items, it was often not possible to classify the frequencies in this manner. Also, the distribution of frequencies will likely be different based on the sample, and researchers should not assume the ordinal categories used in one study would be valid in another sample. An alternative way to reduce skewness in the data is to perform some other normalizing technique, such as a logarithmic or inverse transformation, because the distribution will likely not be normally distributed. Researchers should refer to the original article for more discussion on this issue (Turchik & Garske, 2009).
1

How many partners have you engaged in sexual behavior with but not had sex with?
2

How many times have you left a social event with someone you just met?
3

How many times have you “hooked up” but not had sex with someone you didn’t know or didn’t know well?
4

How many times have you gone out to bars/parties/social events with the intent of “hooking up” and engaging in sexual behav- ior but not having sex with someone?
5

How many times have you gone out to bars/parties/social events with the intent of “hooking up” and having sex with some- one?
6

How many times have you had an unexpected and unanticipated sexual experience?
7

How many times have you had a sexual encounter you engaged in willingly but later regretted?
8

For the next set of questions, follow the same direction as before. However, for questions 8–23, if you have never had sex (oral, anal, or vaginal), please put a “0” on each blank.
9

How many partners have you had sex with?
10

How many times have you had vaginal intercourse without a latex or polyurethane condom? Note: Include times when you have used a lambskin or membrane condom.
11

How many times have you had vaginal intercourse without protection against pregnancy?
12

How many times have you given or received fellatio (oral sex on a man) without a condom?
13

How many times have you given or received cunnilingus (oral sex on a woman) without a dental dam or “adequate protection” (please see definition of dental dam for what is considered adequate protection)?
14

How many times have you had anal sex without a condom?
15

How many times have you or your partner engaged in anal penetration by a hand (“fisting”) or other object without a latex glove or condom followed by unprotected anal sex?
16

How many times have you given or received analingus (oral stimulation of the anal region, “rimming”) without a dental dam or “adequate protection” (please see definition of dental dam for what is considered adequate protection)?
17

How many people have you had sex with that you know but are not involved in any sort of relationship with (i.e., “friends with benefits,” “fuck buddies”)?
18

How many times have you had sex with someone you don’t know well or just met?
19

How many times have you or your partner used alcohol or drugs before or during sex?
20

How many times have you had sex with a new partner before discussing sexual history, IV drug use, disease status and other current sexual partners?‌
21

How many times (that you know of) have you had sex with someone who has had many sexual partners?
22

How many partners (that you know of) have you had sex with who had been sexually active before you were with them but had not been tested for STIs/HIV?
23

How many partners have you had sex with that you didn’t trust?
24

How many times (that you know of) have you had sex with someone who was also engaging in sex with others during the same time period?
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Looti, M. (2026, octobre 17). Enquête sur les risques sexuels. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=sexual-risk-survey-srs
Looti, Mohammed. “Enquête sur les risques sexuels.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=sexual-risk-survey-srs.
Looti, Mohammed. “Enquête sur les risques sexuels.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=sexual-risk-survey-srs.