Inventaire d’excitation sexuelle et d’inhibition sexuelle pour femmes

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire d’excitation sexuelle et d’inhibition sexuelle pour femmes (en anglais : Sexual Excitation/Sexual Inhibition Inventory for Women, abrégé en SESII-W) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu par Cynthia A. Graham, Stephanie A. Sanders et Robin R. Milhausen en 2006. Élaboré pour opérationnaliser le modèle du double contrôle de la réponse sexuelle humaine théorisé initialement par John Bancroft et Erick Janssen, cet outil mesure la propension individuelle des femmes à l’excitation sexuelle (SE, Sexual Excitation) et à l’inhibition sexuelle (SI, Sexual Inhibition). Contrairement aux échelles antérieures conçues spécifiquement pour des populations masculines, le SESII-W a été développé à partir d’une approche mixte intégrant des données qualitatives approfondies issues de groupes de discussion (focus groups) féminins, permettant de capturer les spécificités contextuelles, relationnelles et affectives de l’expérience sexuelle des femmes.

L’instrument se compose de 36 items évalués au moyen d’une échelle de type Likert en 4 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 4 = « Fortement d’accord »). L’analyse factorielle a révélé une structure hiérarchique robuste comprenant huit facteurs d’ordre inférieur subordonnés à deux facteurs d’ordre supérieur : l’Excitation Sexuelle (comprenant l’éveillabilité sexuelle, les caractéristiques du partenaire, la dynamique de pouvoir sexuel, l’olfaction et le cadre inhabituel ou non dissimulé) et l’Inhibition Sexuelle (comprenant l’importance de la relation, la contingence de l’excitation et les préoccupations relatives au fonctionnement sexuel).

Sur le plan psychométrique, le SESII-W présente une consistance interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach variant entre 0,63 et 0,80 pour les sous-échelles de premier ordre (moyenne de 0,72) et une excellente stabilité temporelle test-retest (r = 0,81 pour l’excitation sexuelle et r = 0,82 pour l’inhibition sexuelle à court et moyen terme). La validité convergente et la validité discriminante ont été démontrées par des corrélations attendues avec des construits de personnalité générale (BIS/BAS), d’érotophilie (Sexual Opinion Survey) et de recherche de sensations sexuelles, tout en demeurant indépendant des biais de désirabilité sociale. Le SESII-W constitue aujourd’hui un instrument de référence international en sexologie clinique et en recherche comportementale pour explorer l’étiologie multifactorielle des dysfonctions sexuelles féminines et les conduites sexuelles à risque.

2. Mots-clés / Keywords

Excitation sexuelle, inhibition sexuelle, modèle du double contrôle, SESII-W, sexualité féminine, psychométrie, désirabilité sexuelle, dysfonction sexuelle féminine, comportement sexuel, évaluation psychologique, fidélité test-retest, validité factorielle.

3. Auteurs / Authors

Le SESII-W a été conçu et validé par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés en sexologie, psychologie clinique et recherche biopsychosociale :

  • Cynthia A. Graham, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée au Warneford Hospital et au Département de psychologie clinique de l’Université d’Oxford (Oxford, Royaume-Uni), chercheuse associée senior au Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction et au Rural Center for AIDS/STD Prevention (Indiana University, États-Unis). Courriel institutionnel : [email protected].
  • Stephanie A. Sanders, Ph.D. : Directrice associée et chercheuse senior au Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction, professeure au Département d’études de genre (Department of Gender Studies) à Indiana University (Bloomington, Indiana, États-Unis) et membre fondatrice du Rural Center for AIDS/STD Prevention.
  • Robin R. Milhausen, Ph.D. : Professeure et chercheuse au Département des relations familiales et de la nutrition appliquée à l’Université de Guelph (Ontario, Canada), anciennement chercheuse postdoctorale au Kinsey Institute et au Rural Center for AIDS/STD Prevention de l’Indiana University.

4. Objectif / Purpose

Ce que mesure l’échelle et sa finalité

L’Inventaire d’excitation sexuelle et d’inhibition sexuelle pour femmes (SESII-W) a été conçu pour quantifier les propensions individuelles d’une femme à activer l’excitation sexuelle (SE) ou à déclencher des mécanismes d’inhibition sexuelle (SI) face à divers stimuli intéroceptifs, situationnels et relationnels. L’objectif fondamental est d’évaluer la sensibilité différentielle du système nerveux central face aux signaux érotiques facilitateurs ou menaçants, permettant ainsi de dresser un profil neurocomportemental spécifique des tendances sexuelles d’une participante.

Avant la mise au point de cet instrument, les modèles théoriques de l’excitation sexuelle reposaient essentiellement sur des paradigmes masculins. L’évaluation de l’excitation et de l’inhibition chez l’homme avait été opérationnalisée par les échelles SIS/SES (Janssen et al., 2002). Or, les recherches qualitatives préalables menées par Graham et ses collaboratrices (2004) ont mis en évidence que les femmes réagissent à un ensemble de stimuli beaucoup plus hétérogène et fortement modulé par le contexte émotionnel, la sécurité relationnelle, la vulnérabilité corporelle et la menace perçue de conséquences négatives (telles que le jugement social, les infections sexuellement transmissibles ou les grossesses non planifiées). Dès lors, le SESII-W répond au besoin scientifique critique de disposer d’un instrument mesurant les construits du double contrôle à travers le prisme phénoménologique et psychosocial propre aux femmes.

Applications en clinique et en recherche

Le SESII-W possède un champ d’application vaste et structurant dans plusieurs domaines :

  • Sexologie clinique et thérapie de couple : L’inventaire offre une grille de lecture étiologique précieuse pour comprendre les troubles du désir sexuel et de l’excitation sexuelle féminine (notamment le trouble de l’intérêt pour l’activité sexuelle/de l’excitation sexuelle féminine selon le DSM-5). Un score excessivement élevé d’inhibition sexuelle (notamment sur les sous-échelles de contingence de l’excitation ou de préoccupations corporelles) permet d’expliquer pourquoi une patiente éprouve des blocages érotiques malgré un désir subjectif intact. À l’inverse, un profil caractérisé par une excitation très élevée combinée à une faible inhibition aide à modéliser la vulnérabilité aux conduites hypersexuelles ou aux comportements impulsifs.
  • Recherche en santé sexuelle et prévention des risques : L’outil est largement employé pour étudier les déterminants psychologiques des comportements sexuels non protégés, de l’infidélité ou des rapports sexuels sous l’emprise de substances psychoactives. Une faible inhibition sexuelle dans des contextes de risque potentiel représente un facteur de prédiction majeur du non-usage du préservatif.
  • Psychophysiologie sexuelle : Dans les laboratoires de sexologie expérimentale utilisant la photopléthysmographie vaginale ou l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), le SESII-W sert de variable modératrice pour analyser la concordance ou la discordance entre la réponse génitale objective (vasocongestion vaginale) et la réponse subjective d’excitation psychologique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le SESII-W repose sur une conceptualisation multidimensionnelle et hiérarchique de l’excitation et de l’inhibition sexuelles. Il comprend huit sous-échelles de premier ordre réparties sous deux dimensions métathéoriques de second ordre :

Facteur de second ordre : Excitation Sexuelle (SE)

Ce méta-facteur capture la tendance générale et involontaire d’une femme à s’activer sexuellement en réponse à des stimuli internes ou environnementaux. Il agrège cinq composantes fondamentales :

  • Éveillabilité sexuelle (Arousability) : Mesure la propension globale à s’exciter facilement et rapidement dans des contextes variés, en réponse à des stimuli visuels, tactiles, hormonaux ou à des rêveries érotiques. Par exemple, la capacité à être excitée par la vue d’un corps désirable, la proximité physique ou des fluctuations hormonales positives.
  • Caractéristiques du partenaire (Partner Characteristics) : Évalue l’influence stimulante exercée par les attributs cognitifs, comportementaux, sociaux ou interpersonnels du partenaire. Cela inclut le fait de voir le partenaire faire preuve d’intelligence, démontrer un talent particulier, interagir harmonieusement en société ou soutenir un regard captivant.
  • Dynamique de pouvoir sexuel (Sexual Power Dynamics) : Capture la réactivité érotique liée aux jeux de rôle impliquant une domination érotique consentie, la soumission bienveillante dans un climat de confiance, le fait d’être temporairement dominée ou au contraire de dominer le partenaire, ainsi que l’utilisation d’un langage cru (« dirty talk »).
  • Olfaction (Smell) : Reflète la sensibilité hédonique aux odeurs corporelles naturelles, aux phéromones perçues ou aux parfums raffinés comme déclencheurs directs et viscéraux de l’excitation génitale et psychologique.
  • Cadre inhabituel ou non dissimulé (Setting – Unusual or Unconcealed) : Mesure l’amplification du désir générée par le caractère insolite, transgressif, aventureux ou par le risque modéré d’être vue ou entendue lors de l’acte intime (érotisation de l’audace spatiale).

Facteur de second ordre : Inhibition Sexuelle (SI)

Ce méta-facteur représente la propension d’un individu à voir sa réponse sexuelle ralentie, atténuée ou totalement suspendue en présence de signaux d’inconfort, d’anxiété, de perturbation ou de danger relationnel. Il se compose de trois sous-échelles critiques :

  • Importance de la relation (Relationship Importance) : Évalue la nécessité absolue pour la femme que l’activité sexuelle s’inscrive dans un contexte affectif sécurisant, respectueux, engagé et empreint de confiance réciproque. L’incertitude quant aux sentiments de l’autre, la peur d’être exploitée ou manipulée émotionnellement, ou le fait que le partenaire soit engagé par ailleurs déclenchent un freinage immédiat de la réponse érotique.
  • Contingence de l’excitation (Arousal Contingency) : Traduit la vulnérabilité et la labilité de l’état d’excitation face aux distractions environnementales ou internes. Les personnes ayant un score élevé dans cette dimension constatent que le moindre bruit, une pensée intrusive, un léger imprévu ou un cadre imparfait détruisent instantanément leur excitation sexuelle.
  • Préoccupations relatives au fonctionnement sexuel (Concerns About Sexual Function) : Capture l’effet délétère des inquiétudes de performance sur l’excitation, telles que l’anxiété liée à l’obtention de l’orgasme, la honte ou la gêne corporelle (spectatoring), la peur de mettre trop de temps à s’exciter ou la crainte de ne pas être une amante compétente.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle du double contrôle de la réponse sexuelle

Le fondement épistémologique du SESII-W est le modèle du double contrôle (Dual Control Model), élaboré initialement à la fin des années 1990 par le psychiatre et sexologue britannique John Bancroft et le psychologue néerlandais Erick Janssen au Kinsey Institute (Bancroft, 1999 ; Bancroft & Janssen, 2000 ; Bancroft, Graham, Janssen, & Sanders, 2009). Ce modèle postule que la réponse sexuelle humaine découle de l’équilibre dynamique entre deux systèmes neurophysiologiques centraux et relativement indépendants :

  1. Le système d’excitation sexuelle (SE) : Il agit à la manière d’un « accélérateur ». Il perçoit et traite les signaux érotiques pertinents (visuels, tactiles, affectifs, olfactifs) et initie la cascade autonome menant à l’activation génitale et au plaisir subjectif.
  2. Le système d’inhibition sexuelle (SI) : Il fonctionne comme un « frein » neurobiologique adaptatif. Il permet d’interrompre ou de prévenir l’activité sexuelle dans les situations où celle-ci présenterait un danger physique, psychologique, social ou évolutif (présence de prédateurs, risque d’agression, contexte non sécurisé, partenaire pathologique ou inadéquat).

Selon cette approche, la survenue de l’excitation sexuelle dépend moins de l’absence totale de stimuli négatifs que du ratio fonctionnel entre l’activation du système accélérateur et le relâchement concomitant du système de freinage. Une femme peut être confrontée à un stimulus hautement érotisant mais échouer à entrer dans un état d’excitation si ses systèmes d’inhibition centrale demeurent fortement stimulés par l’anxiété ou le manque d’intimité.

Origines évolutionnistes et fondements neurophysiologiques

Le modèle du double contrôle s’ancre dans la théorie de l’évolution et dans la neurobiologie comportementale de Jeffrey Gray (notamment la théorie de la sensibilité au renforcement, Reinforcement Sensitivity Theory, articulée autour du BAS et du BIS). D’un point de vue évolutif, la copulation induit un état de vulnérabilité extrême vis-à-vis de l’environnement extérieur. Chez la femelle des mammifères, l’engagement reproductif implique des coûts énergétiques, parentaux et physiques immenses. Il est donc impératif que le système nerveux central ait développé des mécanismes de freinage puissants et réactifs pour bloquer l’excitation dès que les conditions contextuelles et interpersonnelles ne garantissent pas une sécurité optimale.

Sur le plan neurochimique, l’excitation sexuelle implique des circuits dopaminergiques, mélanocortinergiques, oxytocinergiques et noradrénergiques au niveau de l’hypothalamus et du système limbique. À l’opposé, l’inhibition sexuelle centrale est médiée par des voies sérotoninergiques, opioïdes endogènes et par des décharges noradrénergiques liées au stress et à la peur via l’amygdale et le cortex préfrontal. Le SESII-W constitue la traduction psychométrique opérationnelle de cette dynamique neurophysiologique complexe chez la femme humaine.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques du SESII-W ont fait l’objet d’investigations rigoureuses menées initialement sur un échantillon de 655 femmes (Graham, Sanders, & Milhausen, 2006) recrutées par voie postale aléatoire et par listes de diffusion universitaires et communautaires :

Validité de construit et distribution des scores

Les analyses descriptives des scores des facteurs de second ordre (SE et SI) ont démontré des distributions quasi normales (courbe de Gauss) au sein de la population générale féminine. Ce résultat étaye solidement le postulat fondamental du modèle du double contrôle : la variabilité individuelle des propensions à l’excitation et à l’inhibition constitue une distribution continue normale et non une pathologie dichotomique. La zone médiane de l’échelle reflète un niveau d’inhibition adaptatif permettant une sexualité épanouie et sécurisée, tandis que les scores situés aux extrémités (hyper-inhibition ou hypo-inhibition absolue) sont associés à des profils cliniques vulnérables.

Validité convergente

La validité convergente a été établie par l’examen des corrélations entre le SESII-W et plusieurs instruments standardisés mesurant des construits érotiques et affectifs voisins :

  • Sexual Opinion Survey (SOS ; Fisher, 1998) : Une corrélation positive modérée et hautement significative a été observée entre le facteur d’Excitation Sexuelle (SE) du SESII-W et les scores d’érotophilie mesurés par le SOS. Parallèlement, des corrélations négatives significatives ont été enregistrées entre le SOS et les sous-échelles d’Inhibition Sexuelle (SI).
  • Sexual Sensation Seeking Scale (SSSS ; Kalichman & Rompa, 1995) : Les scores de recherche de sensations sexuelles corrèlent positivement de façon modérée avec l’Excitation Sexuelle (notamment avec le cadre inhabituel et l’éveillabilité), tout en affichant des corrélations inverses avec les dimensions d’inhibition, confirmant que les femmes en quête de nouveauté érotique présentent une sensibilité moindre aux freins situationnels.

Validité discriminante

Afin de prouver que le SESII-W ne constitue pas une simple réplication des tendances générales d’activation et d’inhibition comportementale de la personnalité, les chercheurs ont administré les échelles BIS/BAS (Behavioral Inhibition/Behavioral Activation Scales ; Carver & White, 1994) :

  • Les corrélations entre le SESII-W et les scores du BIS/BAS se sont révélées très modestes (la plupart des coefficients étant inférieurs à r = 0,25), démontrant sans équivoque que le SESII-W mesure des systèmes d’inhibition et d’excitation spécifiquement sexuels et non un tempérament anxieux ou enthousiaste généralisé.
  • Absence de contamination par la désirabilité sociale : Aucune corrélation statistiquement significative n’a été détectée entre les facteurs d’excitation ou d’inhibition du SESII-W et le score de désirabilité sociale évalué par la Social Desirability Scale (SDSR ; Hays, Hayashi, & Stewart, 1989), prouvant que les participantes rapportent fidèlement leurs expériences sans chercher à se conformer à des idéaux sociaux de pudeur ou de performance.

8. Fidélité / Reliability

Consistance interne

La consistance interne de l’instrument a été évaluée à l’aide du coefficient alpha de Cronbach dans l’échantillon initial de validation (Graham et al., 2006). Pour les huit échelles de premier ordre, les coefficients oscillent entre 0,63 et 0,80, avec une valeur moyenne de 0,72, ce qui est considéré comme très satisfaisant pour des sous-échelles comprenant un nombre restreint d’items (entre 2 et 9 items par facteur) explorant des dimensions phénoménologiques intimes :

  • Éveillabilité sexuelle (Arousability) : α ≈ 0,80
  • Importance de la relation (Relationship Importance) : α ≈ 0,76
  • Contingence de l’excitation (Arousal Contingency) : α ≈ 0,72
  • Préoccupations sur le fonctionnement (Concerns About Sexual Function) : α ≈ 0,70
  • Caractéristiques du partenaire (Partner Characteristics) : α ≈ 0,68
  • Dynamique de pouvoir sexuel (Sexual Power Dynamics) : α ≈ 0,67
  • Cadre inhabituel ou non dissimulé (Setting) : α ≈ 0,65
  • Olfaction (Smell) : α ≈ 0,63 (composée de 2 items spécifiques hautement ciblés)

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité temporelle du SESII-W a été vérifiée lors d’une seconde passation auprès d’un sous-échantillon de participantes après un intervalle de plusieurs semaines. Les coefficients de corrélation intraclasse et de Pearson se sont révélés remarquablement stables et statistiquement significatifs (p < 0,005) :

  • Facteur d’ordre supérieur Excitation Sexuelle (SE) : r = 0,81
  • Facteur d’ordre supérieur Inhibition Sexuelle (SI) : r = 0,82

Toutes les sous-échelles de premier ordre ont également montré des corrélations test-retest hautement satisfaisantes, attestant que le SESII-W appréhende bien des propensions dispositionnelles stables dans le temps (traits) plutôt que de simples fluctuations d’humeur éphémères (états).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Développement des items et Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

Le processus de développement psychométrique du SESII-W s’est déroulé en deux étapes séquentielles rigoureuses :

  1. Phase qualitative : Neuf groupes de discussion (focus groups) comprenant des femmes d’âges variés, d’origines ethnoculturelles diverses et d’orientations sexuelles différentes ont permis de générer un corpus initial exhaustif de 115 items reflétant la complexité des inducteurs et des freins sexuels féminins (Graham et al., 2004).
  2. Phase de réduction factorielle : Ce pool de 115 énoncés a été administré à un échantillon normatif de 655 femmes. Des analyses factorielles exploratoires en composantes principales avec rotation oblique (Promax) ont été exécutées afin de respecter la corrélation théorique attendue entre les différentes facettes de l’excitation et de l’inhibition.

Les critères de sélection des items comprenaient une saturation factorielle minimale de 0,35 ou 0,40 sur le facteur primaire, l’absence de saturation croisée substantielle sur un facteur secondaire, et la clarté conceptuelle. Ce processus rigoureux a abouti à l’élimination de 79 items non contributifs, retenant une solution élégante et parcimonieuse de 36 items regroupés en huit facteurs d’ordre inférieur.

Structure hiérarchique et Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Une analyse factorielle de second ordre a permis de démontrer que ces huit dimensions se structurent de manière limpide sous deux méta-facteurs indépendants :

  • Méta-facteur Excitation Sexuelle (SE) : Regroupe 5 facteurs de premier ordre (Éveillabilité sexuelle, Caractéristiques du partenaire, Dynamique de pouvoir sexuel, Olfaction, Cadre inhabituel ou non dissimulé).
  • Méta-facteur Inhibition Sexuelle (SI) : Regroupe 3 facteurs de premier ordre (Importance de la relation, Contingence de l’excitation, Préoccupations relatives au fonctionnement sexuel).

Des travaux confirmatoires ultérieurs ont confirmé les indices d’ajustement adéquats de cette structure bifactorielle hiérarchique (RMSEA < 0,06, CFI > 0,90), validant son universalité pour des femmes célibataires ou en couple, et quelles que soient leurs orientations sexuelles.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation standardisé (papier-crayon ou administration informatisée en ligne).
  • Population cible : Femmes adultes (à partir de 18 ans), quel que soit leur statut relationnel (en couple, célibataire) ou leur orientation sexuelle.
  • Nombre d’items : 36 items explorant les inducteurs et les freins de la réactivité sexuelle.
  • Temps de passation : Entre 10 et 15 minutes.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 4 points :
    • 1 = Strongly Disagree (Fortement en désaccord)
    • 2 = Disagree (En désaccord)
    • 3 = Agree (D’accord)
    • 4 = Strongly Agree (Fortement d’accord)
  • Consignes de cotation (Scoring) :
    • Items avec saturation positive : Codage direct : 1 = Strongly Disagree ; 2 = Disagree ; 3 = Agree ; 4 = Strongly Agree.
    • Items inversés (saturation négative) : Codage inversé : 4 = Strongly Disagree ; 3 = Disagree ; 2 = Agree ; 1 = Strongly Agree. Dans la version originale de référence, l’item 24 (« I would find it difficult to become sexually aroused with someone who was very dominant sexually ») et d’autres items spécifiques de désamorçage de l’inhibition sont inversés pour refléter la direction théorique du facteur.
    • Scores des facteurs d’ordre inférieur : Un score moyen est calculé pour chacun des 8 facteurs de premier ordre en divisant la somme des points des items du facteur par le nombre d’items le composant.
    • Scores des facteurs d’ordre supérieur :
      • Excitation Sexuelle (SE) : Moyenne des 5 facteurs de premier ordre correspondants :
        SE = (Moyenne Éveillabilité + Moyenne Caractéristiques partenaire + Moyenne Dynamique pouvoir + Moyenne Olfaction + Moyenne Cadre) / 5
      • Inhibition Sexuelle (SI) : Moyenne des 3 facteurs de premier ordre correspondants :
        SI = (Moyenne Importance relation + Moyenne Contingence excitation + Moyenne Préoccupations fonctionnement) / 3

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 2006 (avec des études qualitatives préliminaires fondatrices publiées en 2004).
  • Propriété intellectuelle et droits : Droits d’auteur détenus par Cynthia A. Graham, Stephanie A. Sanders, Robin R. Milhausen et le Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction.
  • Tarifs et conditions d’accès : L’utilisation du SESII-W est gratuite et libre de droits pour les recherches universitaires, les thèses de doctorat et les travaux académiques non commerciaux. Les auteurs encouragent activement son utilisation scientifique et sollicitent la transmission d’une copie des résultats et publications obtenus à des fins de compilation métrologique.
  • Utilisation commerciale ou clinique institutionnelle : Toute intégration dans une application payante, une plateforme commerciale d’évaluation psychologique ou un essai clinique financé par l’industrie pharmaceutique nécessite une demande d’autorisation formelle préalable auprès de la première autrice (Dr Cynthia A. Graham).

12. Références / References

Les publications fondatrices et validations métrologiques ci-dessous constituent la documentation scientifique de référence du modèle du double contrôle et du SESII-W :

  • Bancroft, J. (1999). Central inhibition of sexual response in the male: A theoretical perspective. Neuroscience and Biobehavioral Reviews, 23(6), 763–784. https://doi.org/10.1016/S0149-7634(99)00019-6
  • Bancroft, J., Graham, C. A., Janssen, E., & Sanders, S. A. (2009). The dual control model: Current status and future directions. The Journal of Sex Research, 46(2-3), 121–142. https://doi.org/10.1080/00224490902747222
  • Bancroft, J., & Janssen, E. (2000). The dual control model of male sexual response: A theoretical approach to centrally mediated erectile dysfunction. Neuroscience and Biobehavioral Reviews, 24(5), 571–579. https://doi.org/10.1016/S0149-7634(00)00024-5
  • Carver, C. S., & White, T. L. (1994). Behavioral inhibition, behavioral activation, and affective responses to impending reward and punishment: The BIS/BAS Scales. Journal of Personality and Social Psychology, 67(2), 319–333. https://doi.org/10.1037/0022-3514.67.2.319
  • Fisher, W. A. (1998). The Sexual Opinion Survey. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of sexuality-related measures (pp. 218–223). Thousand Oaks, CA: Sage Publications.
  • Graham, C. A., Sanders, S. A., & Milhausen, R. R. (2006). The Sexual Excitation and Sexual Inhibition Inventory for Women: Psychometric properties. Archives of Sexual Behavior, 35(4), 397–410. https://doi.org/10.1007/s10508-006-9041-7
  • Graham, C. A., Sanders, S. A., Milhausen, R. R., & McBride, K. R. (2004). Turning on and turning off: A focus group study of the factors that affect women’s sexual arousal. Archives of Sexual Behavior, 33(6), 527–538. https://doi.org/10.1023/B:ASEB.0000044737.60627.30
  • Hays, R. D., Hayashi, T., & Stewart, A. L. (1989). A five-item measure of socially desirable response set. Educational and Psychological Measurement, 49(3), 629–636. https://doi.org/10.1177/001316448904900315
  • Janssen, E., Vorst, H., Finn, P., & Bancroft, J. (2002). The Sexual Inhibition (SIS) and Sexual Excitation (SES) Scales: II. Predicting psychophysiological response patterns. The Journal of Sex Research, 39(2), 127–132. https://doi.org/10.1080/00224490209552130
  • Kalichman, S. C., & Rompa, D. (1995). Sexual Sensation Seeking and Sexual Compulsivity Scales: Reliability, validity, and predicting HIV risk behavior. Journal of Personality Assessment, 65(3), 586–601. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa6503_16

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Authentic Instructions

This questionnaire asks about things that might affect your sexual arousal. Other ways that we refer to sexual arousal are feeling “turned on,” “sexually excited,” and “being in a sexual mood.” Women describe their sexual arousal in many different ways. These can include genital changes (being “wet,” tingling sensations, feelings of warmth, etc.) as well as non-genital sensations (increased heart rate, temperature changes, skin sensitivity, etc.) or feelings (anticipation, heightened sense of awareness, feeling “sexy” or “sexual,” etc.).

We are interested in what would be the most typical reaction for you now. You may read a statement that you feel does not apply to you, or may have applied to you in the past but doesn’t now. In such cases please indicate how you think you would respond, if you were currently in that situation. Some of the questions sound very similar but are in fact different. Please read each statement carefully and then circle the number to indicate your answer.

Don’t think too long before answering. Please give your first reaction to each question.

Response Scale:
For items with positive loadings (no minus sign before the item number in the Exhibit), responses should be coded as follows: 1 = Strongly Disagree; 2 = Disagree; 3 = Agree; 4 = Strongly Agree. For items with negative loadings (minus sign before the item number), responses should be coded as: 4 = Strongly Disagree; 3 = Disagree; 2 = Agree; 1 = Strongly Agree. Using the items coded as indicated above, a mean score is then generated for each of the lower-order factors. To obtain higher-order factor scores for propensities for SE and SI, a mean of the mean scores for the relevant lower-order factors is calculated. That is: SE = (sum of scores for Arousability, Partner Characteristics, Sexual Power Dynamics, Smell, & Setting) divided by 5. SI = (sum of scores for Concerns about Sexual Function, Arousal Contingency, and Relationship Importance) divided by 3.

  1. If I think that having sex will make me feel trapped or stuck in a relationship, I am not likely to become sexually aroused.
  2. When I am sexually aroused, the slightest thing can distract me.
  3. It would be hard for me to become sexually aroused with someone who is afraid of making a commitment.
  4. If I am worried about whether I will orgasm, it is difficult for me to become sexually aroused.
  5. If I think someone has lost respect for me sexually, I am not likely to be sexually aroused with that person.
  6. I am more likely to become sexually aroused if my partner focuses on my sexual pleasure.
  7. I cannot become sexually aroused if I am worried about someone hearing us.
  8. I find it difficult to become sexually aroused unless I feel totally safe.
  9. It turns me on if my partner tells me how much I excite him/her sexually.
  10. Seeing someone I find attractive can make me feel sexually aroused.
  11. Being treated with respect by a partner makes me more receptive to his/her sexual advances.
  12. If I sense that a partner is not ‘in the mood,’ I am unlikely to become sexually aroused.
  13. If I am in an unfamiliar setting, it is difficult for me to become sexually aroused.
  14. Certain music can get me in the mood for sex.
  15. When I daydream about sex, I become sexually aroused.
  16. Unless things are ‘just right,’ it is difficult for me to become sexually aroused.
  17. It turns me on to fantasize that a partner is overpowering me sexually.
  18. Some scents or perfumes are a real turn on for me.
  19. If I think a partner might hurt me emotionally, I am not likely to become sexually aroused.
  20. If a partner is sexually aggressive with me, it turns me on.
  21. Seeing a partner doing things that show his/her talent or intelligence can make me sexually aroused.
  22. Sometimes I am so ‘in my head’ that I cannot become sexually aroused.
  23. The smell of my partner’s body is a strong turn on for me.
  24. I would find it difficult to become sexually aroused with someone who was very dominant sexually.
  25. Feeling loved by a partner makes it easier for me to become sexually aroused.
  26. If I feel bloated or unattractive, it is difficult for me to become sexually aroused.
  27. Having sex in a public place where we might get caught would excite me.
  28. When I see people flirting with each other, it can make me feel sexually aroused.
  29. Once I am sexually aroused, it takes a lot to distract me.
  30. Sometimes I am sexually aroused just by touching someone.
  31. It is hard for me to become sexually aroused if I think a partner is not sexually satisfied.
  32. If I am worried about how my body looks to a partner, it is difficult to become sexually aroused.
  33. If I am concerned about pain during sex, it is difficult for me to become sexually aroused.
  34. Reading about sex or seeing a sexually explicit movie can make me sexually aroused.
  35. It is difficult for me to become sexually aroused if I think that my partner has had more sexual experience than me.
  36. Watching someone I find sexually attractive dancing can make me sexually aroused.
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Looti, M. (2026, octobre 18). Inventaire d’excitation sexuelle et d’inhibition sexuelle pour femmes. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=sexual-excitation-sexual-inhibition-inventory-for-women
Looti, Mohammed. “Inventaire d’excitation sexuelle et d’inhibition sexuelle pour femmes.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=sexual-excitation-sexual-inhibition-inventory-for-women.
Looti, Mohammed. “Inventaire d’excitation sexuelle et d’inhibition sexuelle pour femmes.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=sexual-excitation-sexual-inhibition-inventory-for-women.