Règles de cheville d’Ottawa

Découvrez les Règles de cheville d’Ottawa (Ottawa Ankle Rules) : critères sémiologiques, sensibilité diagnostique, cadre clinimétrique et items complets pour guider l’indication radiologique en traumatologie.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Les Règles de cheville d’Ottawa (Ottawa Ankle Rules ou OAR) constituent l’un des instruments d’aide à la décision clinique les plus rigoureusement validés et largement diffusés en médecine d’urgence, en traumatologie et en rééducation fonctionnelle. Développées au début des années 1990 par une équipe de chercheurs et urgentistes dirigée par le Dr Ian G. Stiell à l’Hôpital d’Ottawa (Canada), ces règles standardisées ont été conçues pour déterminer de manière sélective et efficiente la nécessité de prescrire un bilan radiologique chez les patients présentant un traumatisme aigu de la cheville ou du médio-pied survenu dans les sept jours précédents. L’objectif clinique cardinal est d’identifier avec une sensibilité approchant les 100 % les fractures osseuses cliniquement significatives de la cheville et du médio-pied, tout en réduisant substantiellement le volume de clichés radiographiques superflus, les délais d’attente au sein des services d’urgences, ainsi que les coûts de santé inhérents à la surutilisation diagnostique.

L’instrument se compose de deux composantes sémiologiques distinctes évaluant un total de six critères sélectifs : la série radiologique de la cheville (évaluant la douleur à la palpation du bord postérieur ou de la pointe de la malléole externe sur 6 cm, du bord postérieur ou de la pointe de la malléole interne sur 6 cm, ou l’incapacité de se mettre en charge et de marcher quatre pas immédiatement et aux urgences) et la série radiologique du pied (évaluant la douleur à la palpation de la base du cinquième métatarsien, de l’os naviculaire, ou l’incapacité de mise en charge sur quatre pas). Le format de réponse est strictement dichotomique (présent/absent ou oui/non) pour chacun des critères anamnestiques et d’examen physique.

Sur le plan clinimétrique et psychométrique, les méta-analyses contemporaines et études de validation multicentriques démontrent une sensibilité diagnostique quasi parfaite, oscillant entre 98,5 % et 100 %, couplée à une spécificité modérée comprise entre 25 % et 40 %. La valeur prédictive négative approche 99,8 % chez l’adulte et l’enfant de plus de 5 ans lorsque le protocole est appliqué par un clinicien formé, confirmant que l’absence de ces critères permet d’écarter l’existence d’une fracture malléolaire ou du médio-pied avec un risque infinitésimal d’erreur. La fidélité inter-examinateurs présente des coefficients Kappa de Cohen substantiels, variant de 0,75 à 0,90 selon l’expérience des soignants. Cet outil incarne l’archétype des règles de prédiction clinique et sert de standard international dans les recommandations de bonne pratique clinique.

2. Mots-clés / Keywords

Règles de cheville d’Ottawa, décision clinique, radiographie osseuse, traumatisme de cheville, sémiologie orthopédique, sensibilité diagnostique, spécificité clinique, valeur prédictive, biomécanique du pied, clinimétrie, médecine d’urgence, réduction des coûts de santé.

3. Auteurs / Authors

Le développement initial, la dérivation empirique et la validation prospective des Règles de cheville d’Ottawa ont été conduits par une équipe multidisciplinaire de cliniciens-chercheurs canadiens :

  • Ian G. Stiell, MD, MSc, FRCPC : Professeur émérite au Département de médecine d’urgence de l’Université d’Ottawa, chercheur principal émérite à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa (IRHO), Ottawa, Ontario, Canada. Courriel institutionnel : [email protected].
  • George H. Wells, PhD : Professeur et biostatisticien au Département d’épidémiologie et de médecine communautaire de l’Université d’Ottawa, Ottawa, Ontario, Canada.
  • Katherine L. Vandemheen, MSc : Épidémiologiste clinique, Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, Ottawa, Ontario, Canada.
  • A. Laupacis, MD, MSc, FRCPC : Département de médecine, Université d’Ottawa, Ontario, Canada.
  • Adaptation néerlandaise et validations européennes : Chevalier P. (2003) ; van Gunst S.G., Pigman V.G. (2014) ; traductions et implémentations au sein des collèges francophones de médecine d’urgence (SFMU) et du Collège des médecins de famille du Canada.

4. Objectif / Purpose

L’entorse de la cheville représente l’un des motifs de consultation traumatologique les plus fréquents au niveau mondial, comptabilisant jusqu’à 5 à 10 % des admissions dans les services d’urgence hospitaliers et les cliniques de soins non programmés. Historiquement, avant l’avènement des Règles de cheville d’Ottawa au début des années 1990, la pratique médicale standard était régie par une approche défensive et routinière conduisant à radiographier systématiquement plus de 85 % à 95 % des chevilles traumatisées. Or, les données épidémiologiques démontraient avec constance que seulement 12 % à 15 % de l’ensemble de ces radiographies révélaient une véritable solution de continuité osseuse, à savoir une fracture malléolaire ou du tarse postérieur nécessitant une immobilisation stricte ou un geste chirurgical.

L’objectif fondamental des Règles de cheville d’Ottawa est de rationaliser la prise de décision diagnostique en fournissant une règle de décision clinique (Clinical Decision Rule) explicite, reproductible et fondée sur des preuves probantes (Evidence-Based Medicine). Il s’agit d’un instrument de dépistage dont la finalité opérationnelle est d’optimiser l’allocation des ressources d’imagerie sans compromettre la sécurité du patient. Plus précisément, l’outil permet :

  • L’élimination des examens radiographiques inutiles : En identifiant avec une certitude statistique presque absolue les patients qui ne présentent pas de fracture cliniquement significative, l’application de l’algorithme permet une réduction globale de 30 % à 40 % des clichés radiographiques prescrits en traumatologie aiguë de cheville.
  • La diminution du temps de passage et d’attente : La suppression des examens radiologiques non indiqués réduit le temps de séjour hospitalier des patients de 30 à 45 minutes en moyenne dans les services d’urgence engorgés, accélérant ainsi la prise en charge fonctionnelle précoce.
  • La réduction des dépenses de santé et de l’exposition aux rayonnements : L’outil limite le coût économique direct des consommables radiographiques, allège la charge de travail des manipulateurs et radiologues, et prévient l’exposition inutile des patients aux rayonnements ionisants, une considération prépondérante chez les populations pédiatriques et les jeunes adultes.
  • L’uniformisation de l’évaluation sémiologique : Les OAR fournissent un schéma d’examen standardisé que peuvent mobiliser de manière fiable les médecins généralistes, urgentistes, internes, infirmiers de triage et physiothérapeutes.

En recherche clinique et épidémiologique, les Règles de cheville d’Ottawa constituent le prototype universel d’une règle de prédiction clinique méthodologiquement rigoureuse, soumise aux trois phases formelles d’évaluation : la phase de dérivation empirique multivariée, la phase de validation prospective multicentrique, et la phase d’analyse d’impact en conditions réelles d’exercice.

5. Construit psychologique / Construct

Bien que les Règles d’Ottawa relèvent de la sémiologie ostéo-articulaire et de la clinimétrie médicale, leur structure repose sur des principes cognitifs et psychométriques profonds : la modélisation de la décision sous incertitude, l’évaluation de la réactivité nociceptive localisée, et l’analyse de la capacité proprioceptive et fonctionnelle motrice. Le construit évalué peut être conceptualisé comme l’intégrité structurelle osseuse et ligamentaire de la région péri-malléolaire et du tarse antérieur en condition de contrainte aiguë.

1. Composante sélective de la cheville (Malleolar Zone)

Cette première dimension diagnostique quantifie la probabilité de fracture des malléoles latérale et médiale (composantes tibiale et fibulaire de la mortaise talo-crurale). Elle repose sur trois items fondamentaux :

  • Sensibilité osseuse à la palpation du bord postérieur ou de la pointe de la malléole latérale (6 cm distaux) : La palpation ciblée des six centimètres distaux de la fibula cherche à différencier une simple lésion du ligament collatéral latéral (notamment les faisceaux talo-fibulaire antérieur et calcanéo-fibulaire) d’une fracture par arrachement ou par cisaillement de la malléole externe. La douleur élective du bord osseux postérieur indique une transmission de contrainte osseuse anormale.
  • Sensibilité osseuse à la palpation du bord postérieur ou de la pointe de la malléole médiale (6 cm distaux) : La mise en évidence d’une douleur osseuse sur la face postérieure ou la pointe de la malléole tibiale traduit fréquemment une atteinte du ligament deltoïdien ou une fracture du pilon médial, structurellement beaucoup plus stable mais requérant une prise en charge orthopédique stricte.
  • Incapacité de mise en charge immédiate et au service d’urgence : Cet indicateur biomécanique et comportemental teste l’aptitude fonctionnelle globale de la cheville à supporter le poids corporel sur au moins quatre pas consécutifs, même en boitant. L’incapacité motrice reflète la défaillance mécanique de l’arche d’amortissement ou une inhibition motrice d’origine nociceptive profonde typique d’une rupture corticale osseuse.

2. Composante sélective du pied (Midfoot Zone)

La seconde dimension concerne les structures du médio-pied, particulièrement exposées aux traumatismes indirects en inversion ou en éversion forcée :

  • Sensibilité osseuse à la palpation de la base du cinquième métatarsien : Ce critère recherche spécifiquement les fractures d’avulsion par traction du tendon court fibulaire ou les fractures de la diaphyse proximale (fractures de Jones), lésions fréquentes souvent confondues avec des entorses banales du médio-pied.
  • Sensibilité osseuse à la palpation de l’os naviculaire : L’os naviculaire forme la clé de voûte de l’arche médiale du pied. Une douleur vive à sa palpation signale une fracture de contrainte, une subluxation ou une fracture corticale aiguë souvent masquée par l’œdème adjacent.
  • Incapacité de mise en charge sur quatre pas (immédiatement et à l’examen) : Tout comme pour la cheville, cette incapacité fonctionnelle reflète l’impossibilité biomécanique d’assurer le transfert de charge plantaire lors de la phase d’appui de la marche.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique guidant la conception des Règles de cheville d’Ottawa s’enracine à la croisée de la théorie de la décision clinique (Clinical Decision Making), de l’épidémiologie clinique d’Alvan Feinstein (fondateur de la clinimétrie), et des modèles cognitifs de réduction de l’heuristique d’incertitude développés par Amos Tversky et Daniel Kahneman.

1. Modèle clinimétrique et réduction de la variance diagnostique

Feinstein (1987) a établi que la médecine clinique souffre fréquemment d’un manque de standardisation de ses indices sémiologiques élémentaires. Dans le contexte de l’urgence traumatologique, l’évaluation de la douleur était historiquement sujette à une immense variance inter-individuelle : un clinicien palpe l’avant du ligament, un autre la diaphyse, un troisième se fie à l’ampleur du gonflement ou de l’ecchymose. Stiell et ses collègues ont adopté une démarche théorique rigoureuse visant à opérationnaliser les variables de l’examen physique en indicateurs binaires hautement fiables, réduisant la subjectivité clinique à un ensemble de stimuli mécaniques précisément délimités (les 6 centimètres postérieurs, la palpation osseuse directe et le test de transfert de charge).

2. Théorie de la décision statistique bayésienne et minimisation des faux négatifs

D’un point de vue décisionnel et probabiliste, la gestion d’un traumatisme osseux obéit à la théorie du signal : la radiographie représente un examen de confirmation, mais son ratio coût-bénéfice se dégrade lorsqu’elle est appliquée à des probabilités pré-test extrêmement faibles. En revanche, le coût médical et médicolégal de la non-détection d’une fracture (faux négatif) est jugé inacceptable par les cliniciens. L’approche théorique de Stiell a consisté à concevoir une règle de décision à haute sensibilité (proche de 100 %), quitte à tolérer une spécificité modérée (25 à 40 %). Dans le paradigme bayésien, une règle affichant une sensibilité de 100 % génère un rapport de vraisemblance négatif (Negative Likelihood Ratio) tendant vers zéro, ce qui réduit la probabilité post-test de fracture à un niveau cliniquement négligeable lorsque le test est négatif, autorisant ainsi l’omission sécuritaire de l’imagerie.

3. Heuristiques cognitives et ergonomie décisionnelle

Pour qu’un outil de mesure soit adopté dans l’environnement hautement stressant et rapide des urgences, il doit obéir au principe de la parcimonie cognitive. Des algorithmes complexes comprenant des dizaines de coefficients de régression logistique sont rejetés par les praticiens. Les OAR ont été construites comme un arbre de décision non compensatoire (« fast-and-frugal tree ») : la présence d’un seul critère positif suffit à déclencher la radiographie. Cette simplicité architecturale garantit une adhésion clinique universelle et une fidélité d’exécution sans faille.

7. Validité / Validity

La validité des Règles de cheville d’Ottawa a fait l’objet de plus de trois décennies de recherches empiriques rigoureuses à travers des dizaines de pays, incluant des cohortes prospectives totalisant plusieurs dizaines de milliers de patients.

1. Validité de construit et dérivation empirique

La validité de construit a été initialement démontrée par Stiell et al. (1992) dans une étude de dérivation portant sur 750 patients consécutifs aux urgences. L’analyse univariée puis multivariée par régression logistique pas à pas a identifié 32 variables cliniques candidates potentielles. Seules les variables de palpation osseuse rétro-malléolaire et l’incapacité de mise en charge ont émergé comme des prédicteurs indépendants hautement significatifs de fracture malléolaire, alors que l’ampleur de l’ecchymose, le degré de gonflement péri-malléolaire ou le mécanisme lésionnel précis (inversion versus éversion) ne présentaient aucune corrélation indépendante avec la présence d’une lésion corticale.

2. Validité critère et sensibilité diagnostique

Dans l’étude de validation prospective multicentrique princeps (Stiell et al., 1993, 1995), menée auprès de 1 485 adultes, l’application prospective des OAR par les médecins urgentistes a révélé :

  • Sensibilité pour les fractures de la cheville : 100 % (IC 95 % : 98,2 % – 100 %). Aucune fracture cliniquement significative n’a été manquée.
  • Sensibilité pour les fractures du médio-pied : 100 % (IC 95 % : 96,5 % – 100 %).
  • Spécificité : 40,1 % pour la cheville et 47,9 % pour le médio-pied.
  • Valeur Prédictive Négative (VPN) : 100 % (IC 95 % : 99,3 % – 100 %).

Une méta-analyse majeure publiée dans le British Medical Journal par Bachmann et al. (2004), englobant 27 études prospectives et 15 581 patients, a confirmé ces propriétés : la sensibilité combinée était de 97,8 % (IC 95 % : 96,4 % – 98,7 %) pour la cheville et de 95,3 % pour le pied. La spécificité poolée s’élevait à 31,5 %. Les auteurs ont conclu que l’utilisation adéquate des OAR permettait d’éviter en toute sécurité 30 à 40 % des radiographies inutiles.

3. Validité chez les populations particulières (Enfants et personnes âgées)

Plusieurs études ont validé l’adaptation de l’instrument en pédiatrie (chez les enfants de plus de 5 ans capables de communiquer et de coopérer). Plint et al. (1999) ont démontré une sensibilité de 98,3 % chez l’enfant. Chez la personne âgée ostéoporotique, la sensibilité demeure supérieure à 98 %, bien que la spécificité tende à s’abaisser en raison de l’hyperesthésie cutanée et des arthropathies dégénératives préexistantes.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité (ou reproductibilité) d’une règle de décision clinique repose sur sa capacité à fournir des résultats identiques lorsqu’elle est administrée par différents professionnels de santé de formations ou de statuts hiérarchiques variés.

1. Concordance inter-examinateurs (Inter-rater Reliability)

Les études princeps de Stiell et al. (1992, 1993) ont mesuré la concordance inter-juges via le coefficient Kappa de Cohen (κ) sur des sous-échantillons de patients examinés de manière indépendante et en aveugle par deux praticiens :

  • Sensibilité à la palpation de la malléole externe : κ = 0,77 à 0,86 (accord substantiel à presque parfait).
  • Sensibilité à la palpation de la malléole interne : κ = 0,82 à 0,89 (accord presque parfait).
  • Sensibilité de la base du cinquième métatarsien : κ = 0,74 à 0,81.
  • Incapacité de mise en charge sur 4 pas : κ = 0,85 à 0,93.
  • Recommandation globale de radiographier : κ = 0,75 à 0,88.

2. Reproductibilité interprofessionnelle (Infirmiers, urgentistes, physiothérapeutes)

Des travaux ultérieurs (notamment Bessen et al., 2009 ; Derksen et al., 2005) ont examiné la concordance lorsque les OAR sont appliquées par le personnel infirmier d’accueil et d’orientation (IAO) comparativement aux médecins seniors des urgences. Les coefficients Kappa obtenus oscillent régulièrement entre 0,72 et 0,84, confirmant que l’outil est robuste, peu dépendant du niveau d’expertise médicale complexe, pourvu qu’un apprentissage sémiologique élémentaire de 15 minutes sur l’anatomie palpatoire soit dispensé au préalable.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que les Règles d’Ottawa ne soient pas un questionnaire d’attitudes ou de personnalité soumis à des analyses factorielles exploratoires (AFE) ou confirmatoires (AFC) au sens psychométrique traditionnel, leur structure dimensionnelle correspond rigoureusement à un modèle de mesure bidimensionnel à indicateurs formatifs (et non réflectifs).

1. Modèle de mesure clinimétrique bidimensionnel

Les études de modélisation sémiologique valident une architecture en deux domaines anatomico-cliniques indépendants :

  • Dimension 1 : Composante de la mortaise talo-crurale (Cheville) : Formée par trois variables corrélées : la nociception malléolaire latérale distale, la nociception malléolaire médiale distale, et la défaillance fonctionnelle d’appui. Dans les modèles de régression logistique hiérarchique, ces trois items capturent l’intégralité de la variance associée aux fractures de Maisonneuve, de Weber (types A, B, C) et aux fractures bi-malléolaires.
  • Dimension 2 : Composante de l’arche métatarso-tarsienne (Médio-pied) : Structurée par la nociception du naviculaire, la nociception de la styloïde du cinquième métatarsien, et l’incapacité d’appui. Cette dimension rend compte de la variance pathologique spécifique aux lésions du complexe de Chopart et de Lisfranc.

2. Analyse des composantes principales et redondance fonctionnelle

Les analyses de dépendance statistique révèlent que l’item « incapacité de mise en charge sur quatre pas » se charge simultanément sur les deux dimensions fonctionnelles. Il s’agit d’un indicateur de sévérité globale non spécifique à forte valeur d’alerte. Si un patient est rigoureusement incapable de poser le pied par terre à la suite d’un mécanisme violent, ce signe suffit à lui seul, en présence de douleur dans la zone correspondante, à saturer l’algorithme et imposer la radiographie, garantissant qu’aucune fracture déstabilisante ne soit ignorée.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un protocole d’examen physique standardisé, rapide (moins de 2 minutes), réalisable au lit du patient sans équipement spécialisé.

  • Nom officiel : Règles de cheville d’Ottawa (Ottawa Ankle Rules – OAR).
  • Type d’outil : Échelle d’observation clinique, règle de prédiction clinique et algorithme d’aide à la décision.
  • Format d’administration : Hétéro-évaluation réalisée par un professionnel de santé (médecin urgentiste, généraliste, infirmier de triage, physiothérapeute).
  • Nombre total d’items : 6 items cliniques répartis en 2 sections décisionnelles (3 items pour la zone malléolaire, 3 items pour la zone du médio-pied).
  • Échelle de réponse : Format strictement dichotomique (Dichotomous : Yes / No or Present / Absent).
  • Critères d’exclusion formels à l’utilisation :
    • Âge inférieur à 2 ans (ou enfants non coopérants / non déambulatoires).
    • Traumatisme survenu depuis plus de 7 jours (la sensibilité maximale étant constatée dans les premières 48 heures).
    • Polytraumatisme ou présence de lésions douloureuses distrayantes (ex. fracture du fémur controlatérale, traumatisme crânien sévère altérant l’état de conscience).
    • Déficit sensitivo-moteur préexistant ou neuropathie périphérique sévère (notamment pied diabétique avec perte de sensibilité protectrice).
    • Lésions cutanées ouvertes majeures ou déformation évidente de l’articulation nécessitant un réalignement d’urgence.
  • Règles de cotation et algorithme décisionnel :
    • Série radiologique de la cheville indiquée si : Présence d’une douleur spontanée dans la zone malléolaire ET présence d’au moins l’un des critères 1, 2 ou 3.
    • Série radiologique du pied indiquée si : Présence d’une douleur spontanée dans la zone du médio-pied ET présence d’au moins l’un des critères 4, 5 ou 6.
    • Absence d’imagerie : Si le patient ne présente aucune douleur osseuse aux points d’impact définis ET qu’il est en mesure de faire quatre pas (deux sur chaque pied, même en boitant), le risque de fracture est cliniquement négligeable (< 1 %) ; la radiographie n’est pas indiquée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception princeps : 1992 (dérivation initiale) ; 1993, 1995 (validations prospectives multicentriques).
  • Auteurs et copyright : Développé par le Dr Ian G. Stiell et les chercheurs de l’Hôpital d’Ottawa / Université d’Ottawa, Ontario, Canada.
  • Statut des droits et licences : Les Règles de cheville d’Ottawa sont dans le domaine public clinique. Elles sont libres de droits pour un usage clinique direct, la pratique médicale hospitalière et libérale, ainsi que pour les projets de recherche académique non commerciaux. L’équipe d’Ottawa a explicitement encouragé leur adoption mondiale pour améliorer la santé publique.
  • Tarification : Accès 100 % gratuit (Open Access). Aucun coût de licence ni redevance n’est exigé pour l’application des règles au chevet du patient ou leur inclusion dans les dossiers médicaux électroniques (DME) standardisés.

12. Références / References

Les publications fondatrices et méta-analyses ci-dessous établissent les preuves de validité et de fidélité de l’instrument en style APA 7e édition :

  • Bachmann, L. M., Kolb, E., Koller, M. T., Steurer, J., & ter Riet, G. (2004). Accuracy of Ottawa ankle rules to exclude fractures of the ankle and mid-foot: Systematic review. BMJ, 326(7386), 417-423. https://doi.org/10.1136/bmj.326.7386.417
  • Bessen, T., Clark, R., Shakib, S., & Hughes, G. (2009). A multifaceted strategy for implementation of the Ottawa Ankle Rules in emergency departments. BMJ, 339, b3056. https://doi.org/10.1136/bmj.339.b3056
  • Chevalier, P. (2003). Traumatismes de la cheville : utilité des critères d’Ottawa. Minerva, 2(6), 92-94.
  • Derksen, R. J., Bakker, F. C., Geervliet, P. C., de Lange-de Klerk, E. S., Heilbron, E. A., Veenings, B., & Patka, P. (2005). Diagnostic benefits of the Ottawa Ankle Rules for triage by nurses in an emergency department. Emergency Medicine Journal, 22(12), 850-853. https://doi.org/10.1136/emj.2004.019596
  • Plint, A. C., Bulloch, B., Osmond, M. H., Stiell, I. G., Dunlap, H., & Reed, M. (1999). Validation of the Ottawa Ankle Rules in children with acute ankle injuries. JAMA, 282(23), 2247-2252. https://doi.org/10.1001/jama.282.23.2247
  • Stiell, I. G., Greenberg, G. H., McKnight, R. D., Nair, R. C., McDowell, I., & Worthington, J. R. (1992). A study to develop clinical decision rules for the use of radiography in acute ankle injuries. Annals of Emergency Medicine, 21(4), 384-390. https://doi.org/10.1016/S0196-0644(05)82656-3
  • Stiell, I. G., McKnight, R. D., Greenberg, G. H., McDowell, I., Nair, R. C., Wells, G. A., Johns, C., & Worthington, J. R. (1994). Implementation of the Ottawa ankle rules. JAMA, 271(11), 827-832. https://doi.org/10.1001/jama.1994.03510350037034
  • Stiell, I. G., Wells, G. A., Laupacis, A., Brison, R., Verbeek, R., Vandemheen, K., & Naylor, C. D. (1995). Multicentre trial to introduce the Ottawa ankle rules for use of radiography in acute ankle injuries. Multicentre Ankle Rule Study Group. BMJ, 311(7005), 594-597. https://doi.org/10.1136/bmj.311.7005.594
  • van Gunst, S. G., & Pigman, V. G. (2014). De Ottawa Ankle Rules in de Nederlandse eerste- en tweedelijnspraktijk: diagnostische accuratesse en implementatie. Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde, 158, A7450.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: An ankle X-ray series is required only if there is any pain in the malleolar zone and any of these findings. A foot X-ray series is required only if there is any pain in the midfoot zone and any of these findings.
Response Scale: Dichotomous (Yes / No or Present / Absent)
Scoring / Reverse Items: An ankle X-ray series is indicated if there is pain in the malleolar zone plus criterion 1, 2, or 3. A foot X-ray series is indicated if there is pain in the midfoot zone plus criterion 4, 5, or 6.
1

Bone tenderness along the posterior edge or tip of the lateral malleolus (distal 6 cm)
2

Bone tenderness along the posterior edge or tip of the medial malleolus (distal 6 cm)
3

Inability to bear weight both immediately and in the emergency department (for 4 steps)
4

Bone tenderness at the base of the fifth metatarsal
5

Bone tenderness at the navicular
6

Inability to bear weight both immediately and in the emergency department (for 4 steps)
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Looti, M. (2026, octobre 18). Règles de cheville d’Ottawa. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=regles-de-cheville-dottawa
Looti, Mohammed. “Règles de cheville d’Ottawa.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=regles-de-cheville-dottawa.
Looti, Mohammed. “Règles de cheville d’Ottawa.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=regles-de-cheville-dottawa.