Questionnaire sur les préoccupations spirituelles et religieuses

Analyse académique approfondie du Questionnaire sur les préoccupations spirituelles et religieuses (SRQ) développé par Tomas J. Silber et M. Reilly (1985) pour évaluer la spiritualité et le coping chez l’adolescent hospitalisé.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur les préoccupations spirituelles et religieuses (en anglais, Spiritual and Religious Concerns Questionnaire [SRQ]), initialement conçu et documenté par le pédiatre et spécialiste de la médecine de l’adolescence Tomas J. Silber et sa collaboratrice M. Reilly en 1985, représente l’un des premiers instruments psychométriques et cliniques systématiques créés spécifiquement pour sonder la vie spirituelle et les questionnements théologiques et existentiels chez les adolescents hospitalisés. Développé dans un service de médecine pédiatrique pour malades aigus et chroniques, cet outil d’évaluation clinique a été élaboré pour explorer les croyances, les attitudes, les pratiques rituelles (telles que la prière) ainsi que les modifications subjectives des ressentis spirituels consécutives à la survenue d’une affection médicale grave ou engageant le pronostic vital.

Sur le plan structurel, le SRQ est constitué de 11 items quantitatifs étalonnés selon une échelle de type Likert continue en 9 points, complétés par un item dichotomique terminal (« Oui / Non ») d’évaluation du besoin d’aide pastorale ou spirituelle assorti d’une invite ouverte à spécifier la nature de l’aide requise. Les ancrages sémantiques varient de façon bidirectionnelle ou bipolaire selon les dimensions interrogées (par exemple, de « Beaucoup moins intéressé » à « Beaucoup plus intéressé », ou de la colère/sentiment d’abandon à la confiance/gratitude). L’instrument fournit un score global obtenu par la moyenne des 11 items quantitatifs, où les valeurs élevées traduisent un niveau élevé de préoccupation ou d’engagement spirituel et religieux.

Dans l’échantillon princeps de 114 adolescents hospitalisés âgés de 11 à 19 ans, l’outil a mis en évidence des corrélations cliniquement pertinentes : la sévérité objective de la maladie est étroitement liée à une exacerbation des préoccupations spirituelles et à une intensification de la fréquence des prières. Bien que les propriétés psychométriques classiques (notamment la fidélité par consistance interne et la modélisation en équations structurelles) n’aient pas fait l’objet de vérifications statistiques formelles lors de la publication initiale de 1985, le SRQ dispose d’une remarquable validité de contenu et d’apparence, et constitue un jalon historique fondamental dans le champ des soins holistiques et de la prise en charge de la détresse spirituelle en milieu hospitalier pédiatrique.

2. Mots-clés / Keywords

Préoccupations spirituelles, religiosité de l’adolescent, pédiatrie hospitalière, détresse existentielle, adaptation à la maladie, soins holistiques, échelle de mesure, psychométrie clinique, coping religieux, médecine de l’adolescence.

3. Auteurs / Authors

Le Spiritual and Religious Concerns Questionnaire (SRQ) a été conceptualisé et investigué par le Dr Tomas J. Silber, médecin pédiatre et professeur de pédiatrie, en collaboration avec M. Reilly. Leurs travaux pionniers ont été conduits au sein du Department of Adolescent Medicine au Children’s Hospital National Medical Center (actuellement connu sous le nom de Children’s National Hospital), situé à Washington, D.C., aux États-Unis.

Tomas J. Silber, M.D., M.A.S.S., est une figure majeure de la médecine pédiatrique et de la bioéthique clinique internationale, reconnu pour ses travaux exhaustifs sur le développement psycho-affectif de l’adolescent, l’éthique médicale appliquée à la pédiatrie, les troubles des conduites alimentaires et les dimensions humanistes de l’hospitalisation des jeunes. Silber a consacré une part significative de son mandat académique à valoriser la prise en compte intégrale de la subjectivité de l’adolescent, plaidant inlassablement pour que l’approche biomédicale conventionnelle intègre les besoins psychosociaux, existentiels et éthiques des adolescents confrontés à des maladies chroniques, invalidantes ou potentiellement létales. Les correspondances et requêtes scientifiques concernant les développements initiaux du SRQ étaient historiquement adressées au Dr Tomas J. Silber, Department of Adolescent and Young Adult Medicine, Children’s Hospital National Medical Center, 111 Michigan Avenue NW, Washington, DC 20010, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

Fondements cliniques et justification

L’admission dans un service de pédiatrie hospitalière représente pour un adolescent une rupture brutale de son écologie relationnelle, corporelle et développementale. Confronté à l’incertitude du diagnostic, à la douleur physique, à la perspective de la mort ou à l’altération durable de son schéma corporel, le patient adolescent voit émerger des interrogations fondamentales sur le sens de la vie, la justice cosmique et la transcendance. Malgré la prégnance de ces thématiques, l’institution hospitalière tendait traditionnellement à occulter ou à marginaliser la sphère spirituelle, la cantonnant soit au silence, soit à l’intervention tardive et non structurée d’aumôniers extérieurs lors des phases terminales.

L’objectif fondamental assigné au SRQ par Silber et Reilly (1985) est d’offrir une méthodologie standardisée, rapide et respectueuse pour recueillir de l’information cliniquement exploitable sur la vie spirituelle et religieuse des adolescents hospitalisés. Le questionnaire permet d’identifier précocement la détresse spirituelle, d’analyser comment la crise sanitaire modifie l’image que le jeune se fait de Dieu ou d’un Être Suprême, et de dépister les sentiments d’abandon, de culpabilité théologique ou de colère existentielle. En articulant ces données subjectives avec l’évaluation médicale, l’équipe soignante pluri-professionnelle (médecins, infirmiers, psychologues cliniciens, travailleurs sociaux et aumôniers hospitaliers) acquiert la capacité d’élaborer une stratégie d’intervention holistique, individualisée et centrée sur le patient.

Applications en pratique clinique et en recherche

Sur le plan des applications cliniques quotidiennes, le questionnaire s’avère particulièrement utile lors du bilan d’admission dans les unités de cancérologie pédiatrique, de néphrologie, de soins intensifs pédiatriques ou de chirurgie lourde. L’utilisation du SRQ remplit une triple fonction clinique :

  • Dépistage et évaluation de la détresse spirituelle : Repérer les adolescents qui interprètent leur pathologie sous un angle punitif (par exemple, la conviction que la maladie résulte d’une punition divine ou d’une faute morale inavouable), ce qui est fortement corrélé dans la littérature à des symptômes dépressifs sévères et à un désengagement thérapeutique.
  • Médiation du dialogue soignant-soigné : Fournir une amorce narrative légitime permettant au jeune d’aborder des questions intimes qu’il n’oserait pas verbaliser spontanément par crainte du jugement ou de la condescendance des adultes soignants.
  • Orientation ciblée vers l’accompagnement pastoral ou psychologique : Grâce à l’item conclusif (« Désirez-vous de l’aide pour l’une de vos préoccupations spirituelles et/ou religieuses ? »), le SRQ agit comme un système d’aiguillage actif vers les professionnels du soutien pastoral ou de la psychothérapie existentielle.

Dans le domaine de la recherche translationnelle et de la psychologie de la santé, le SRQ a servi d’outil pionnier pour vérifier l’hypothèse selon laquelle l’intensité de la crise existentielle est directement proportionnelle à l’acuité et à la menace pronostique de l’atteinte somatique. Il constitue également un instrument pertinent pour conduire des études longitudinales portant sur l’évolution des croyances transcendantes depuis l’irruption de la maladie jusqu’aux phases de rémission ou de soins palliatifs.

5. Construit psychologique / Construct

Le Spiritual and Religious Concerns Questionnaire appréhende un construit multidimensionnel articulé autour de l’expression des préoccupations spirituelles et religieuses en période de vulnérabilité vitale. Silber et Reilly n’ont pas restreint leur acception de la spiritualité à l’adhésion dogmatique formelle à un culte institué, mais l’ont étendue aux composantes affectives, cognitives et comportementales de la relation à la transcendance. Le construit opérationnalisé à travers les 11 items et la question de soutien complémentaire recouvre quatre grandes dimensions interdépendantes :

1. Salience subjective et communication des préoccupations spirituelles

Cette dimension évalue l’importance relative que l’adolescent accorde à sa vie spirituelle dans la définition de son identité, ainsi que son degré d’ouverture communicationnelle durant l’hospitalisation. Les items 1 et 2 interrogent la fréquence avec laquelle le patient s’entretient de ces sujets dans l’environnement hospitalier et la mesure dans laquelle il s’autodéfinit comme une personne habitée par des interrogations religieuses ou spirituelles. Par exemple, un adolescent peut posséder une vie intérieure riche mais choisir de dissimuler ses doutes en raison du caractère perçu comme séculier et technologique de l’hôpital contemporain.

2. Dynamique temporelle et réactivité face à la crise médicale

Le SRQ accorde une place centrale aux fluctuations longitudinales induites par la décompensation somatique. Les items 3 et 6 mesurent spécifiquement si l’intérêt pour les questions transcendantales a fléchi, stagné ou augmenté depuis le début de la maladie, et si les affects envers la divinité se sont modifiés. Cette dimension capture la réactivité phénoménologique : la maladie agit-elle comme un catalyseur d’approfondissement de la foi, ou au contraire comme un facteur de désillusion et de rupture spirituelle ?

3. Représentation théologique, attribution causale et résonance affective

Les items 4, 5 et 7 pénètrent au cœur des représentations de Dieu ou d’une Puissance Suprême. L’échelle évalue le degré de conviction ontologique (de l’incroyance radicale à la foi inébranlable), mais s’attache surtout à l’ambivalence affective et au style d’attribution étiologique :

  • Affects envers l’Être Suprême (Item 5) : Oscillant entre la colère, la révolte ou le sentiment d’abandon d’une part, et la confiance inconditionnelle, l’apaisement ou la gratitude d’autre part.
  • Théodicée et causalité de la maladie (Item 7) : Exploration de la théorie naïve de l’étiologie : la maladie est-elle vue comme un événement purement aléatoire/biologique dans lequel la divinité n’a aucune part, comme une énigme non résolue, ou comme la résultante explicite d’une volonté divine (potentiellement punitive ou providentielle) ?

4. Pratiques religieuses, comportement de prière et perception de son efficacité

Les composantes comportementales et rituelles sont évaluées par les items 8, 9, 10 et 11. Le questionnaire distingue l’engagement religieux communautaire (fréquentation d’activités organisées ou d’offices religieux) des pratiques dévotionnelles privées et solitaires représentées au premier chef par la prière. L’instrument capture non seulement la fréquence de base de la prière, mais aussi son inflation adaptative durant le séjour hospitalier et son utilité subjective perçue face à la souffrance physique et morale (la prière comme instrument efficace de soulagement ou comme tentative infructueuse de négociation transcendantale).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’adolescence et le développement religieux selon James Fowler et Jean Piaget

Bien que Silber et Reilly aient souligné que le SRQ n’avait pas été conçu à l’origine pour valider un modèle théorique clos et prédéterminé, la construction de l’instrument s’enracine au carrefour de la psychologie développementale et de la théorie cognitive. Sur le plan du développement cognitif, tel que théorisé par Jean Piaget, le passage de la pensée opératoire concrète à la pensée formelle permet à l’adolescent d’accéder au raisonnement abstrait, à la formulation d’hypothèses contrefactuelles et à la métacognition. L’adolescent n’assimile plus passivement les dogmes transmis par la cellule familiale : il en teste la cohérence logique et se confronte aux dilemmes moraux universels.

Parallèlement, la théorie des stades de développement de la foi de James W. Fowler éclaire puissamment la dynamique captée par le SRQ. L’adolescent se situe typiquement dans la transition cruciale entre le stade de la foi « mythique-littérale » (caractérisé par un modèle de justice rétributive mécanique où Dieu récompense les bons et punit les coupables) et celui de la foi « synthétique-conventionnelle ». Lorsque la maladie grave surgit durant cette étape critique, elle vient fracasser la grille de lecture naïve de l’équité divine : l’adolescent se demande avec acuité « Pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ? ». Le SRQ formalise précisément l’émergence de ces tiraillements théologiques internes.

La crise identitaire eriksonienne en milieu médicalisé

Au regard du modèle épigénétique de Erik Erikson, le stade adolescent est dominé par la crise d' »Identité contre Confusion des rôles ». La quête de sens existentiel et l’élaboration d’une cosmologie personnelle constituent des moteurs identitaires majeurs. L’hospitalisation et l’intrusion de la maladie imposent une régression forcée vers la dépendance infantile, minent l’autonomisation corporelle et isolent le jeune de son groupe de pairs de référence. Dans ce vide existentiel anxiogène, les croyances religieuses et la relation à l’Absolu peuvent être mobilisées soit comme un ancrage identitaire et sécurisant compensatoire, soit devenir le théâtre d’une désintégration du sens d’auto-efficacité, se manifestant par une révolte contre l’injustice transcendantale.

Modèles de stress, de coping et d’évaluation cognitive

L’assise conceptuelle du SRQ s’harmonise parfaitement avec le modèle transactionnel du stress et du coping formulé par Richard Lazarus et Susan Folkman, ainsi qu’avec les développements ultérieurs de Kenneth Pargament sur le coping religieux. Selon cette perspective, la maladie hospitalisée constitue un stresseur majeur imposant une évaluation primaire (évaluation de la menace vitale et de la perte) et une évaluation secondaire (inventaire des ressources internes et externes disponibles pour y faire face). La prière et les croyances agissent en tant que stratégies de coping axées sur l’émotion et sur la restructuration cognitive de la signification donnée à l’épreuve.

7. Validité / Validity

Validité de contenu et d’apparence (Face Validity)

Le SRQ bénéficie d’une solide validité d’apparence (face validity), attestée par la clarté et l’immédiateté de la formulation de ses items. Les questions posées aux adolescents reflètent directement les interrogations cliniques spontanément verbalisées auprès du personnel soignant au chevet des lits d’hôpital. En intégrant des notions larges telles que « Dieu (Être Suprême) », l’instrument garantit une inclusivité minimale vis-à-vis des différents horizons confessionnels, évitant de restreindre le champ des réponses aux seuls canons théologiques des monothéismes abrahamiques stricts.

Validité de construit et prédictive : le lien avec la sévérité de l’affection

L’hypothèse directrice formulée par Silber et Reilly (1985) stipulait que l’intensité des préoccupations et des réaménagements spirituels augmenterait de manière proportionnelle à la sévérité clinique de la maladie. Pour éprouver cette hypothèse, la cohorte de 114 adolescents hospitalisés a été stratifiée par l’équipe médicale en trois groupes distincts de sévérité diagnostique et pronostique :

  • Groupe A (Sévère à haut risque de létalité, n = 24) : Adolescents souffrant d’affections engageant directement le pronostic vital (hémopathies malignes, tumeurs solides avancées, défaillances multiviscérales aiguës).
  • Groupe B (Sévère sans risque létal immédiat, n = 53) : Adolescents présentant des pathologies chroniques invalidantes, douloureuses ou décompensées (lupus érythémateux disséminé, diabète acido-cétosique complexe, traumatisme orthopédique lourd).
  • Groupe C (Modérée, n = 37) : Adolescents hospitalisés pour des pathologies subaiguës ou programmées d’évolution favorable rapide (chirurgie réglée non mutilante, infections circonscrites).

Les résultats empiriques ont corroboré de manière statistiquement significative la validité de construit de l’instrument. Une tendance hautement significative en fonction de la sévérité a été mise en évidence sur l’Item 3 (changements dans les préoccupations spirituelles et religieuses depuis l’irruption de la maladie) et sur l’Item 9 / 10 (modification de la fréquence de la prière depuis l’entrée à l’hôpital et utilité attribuée). Les adolescents appartenant au groupe de sévérité maximale présentaient les scores moyens les plus élevés au SRQ, et ce, de manière constante, indépendamment du genre ou de l’appartenance ethno-raciale.

Limites psychométriques et méthodologiques

Les auteurs et les commentateurs ultérieurs ont identifié certaines faiblesses inhérentes à la formulation de quelques items. En particulier, une hétérogénéité temporelle existe entre l’Item 3, qui interroge les modifications spirituelles survenues « depuis que votre maladie a débuté » (since your illness began), et l’Item 9, qui restreint l’évaluation à la période écoulée « depuis votre venue à l’hôpital » (since you have come to the hospital). Pour des adolescents souffrant d’affections chroniques de longue durée, le début de la pathologie peut précéder l’hospitalisation actuelle de plusieurs mois ou années, introduisant un biais rétrospectif potentiel dans l’attribution causale des changements spirituels.

8. Fidélité / Reliability

Dans la publication originale de Silber et Reilly (1985), aucune analyse quantitative formelle de la fidélité de l’échelle n’a été communiquée. Ni le coefficient alpha de Cronbach (mesurant la consistance interne de l’ensemble des 11 items), ni la fidélité par test-retest (stabilité temporelle des scores) n’ont fait l’objet de calculs statistiques publiés dans l’étude princeps.

Cette absence de données statistiques formelles de fidélité s’explique en partie par la nature exploratoire et l’orientation éminemment clinique de l’étude princeps, qui visait avant tout à sonder la faisabilité pratique et la réceptivité des patients à ce type d’interrogations plutôt qu’à standardiser une batterie psychométrique définitive. En outre, la méthode de calcul du score total du SRQ — qui consiste à établir une simple moyenne arithmétique de 11 items dont les ancrages sémantiques sont dissemblables et dont la distribution n’est pas homogène — pose un défi sur le plan de la consistance interne globale. Les recherches ultérieures dans le champ ont souvent recommandé d’analyser les items du SRQ soit de façon individuelle en profil clinique, soit regroupés en sous-dimensions spécifiques (par exemple, croyance cognitive versus dynamique affective du coping).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Aucune analyse factorielle exploratoire (AFE) ni analyse factorielle confirmatoire (AFC) n’a été rapportée dans l’article séminal de 1985. L’effectif total de l’échantillon d’étalonnage initial (N = 114) était statistiquement insuffisant pour garantir une puissance adéquate selon les critères méthodologiques modernes recommandant un ratio minimal de 10 à 20 sujets par item afin de stabiliser une matrice de corrélations factorielles.

Cependant, l’examen conceptuel des saturations théoriques des items permet de dégager une structure a priori sous-jacente en trois ou quatre facteurs latents distincts :

  • Facteur 1 : Religiosité intrinsèque et croyance de base (composé de l’Item 2 : auto-évaluation religieuse/spirituelle, et de l’Item 4 : croyance en Dieu/Être Suprême).
  • Facteur 2 : Comportements d’adaptation et dévotion rituelle (composé de l’Item 8 : fréquence usuelle de la prière, de l’Item 9 : modification de la prière à l’hôpital, de l’Item 10 : efficacité perçue de la prière, et de l’Item 11 : participation aux activités organisées).
  • Facteur 3 : Résonance affective et attribution théologique du trauma (composé de l’Item 5 : sentiments envers Dieu, de l’Item 6 : évolution de ces sentiments sous l’effet de la maladie, et de l’Item 7 : causalité divine attribuée à la maladie).
  • Facteur 4 : Communication et expression de la détresse en contexte de soin (composé de l’Item 1 : fréquence des échanges spirituels en milieu hospitalier, et de l’Item 3 : exacerbation de l’intérêt spirituel induite par la maladie).

Les modélisations psychométriques subséquentes menées dans le champ des inventaires spirituels pédiatriques et de l’adolescence ont validé la pertinence de séparer les dimensions relatives aux pratiques extérieures de celles reflétant les affects intérieurs (la détresse spirituelle ou la colère contre la divinité se dissociant nettement de la fréquence brute des comportements de prière).

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Spiritual and Religious Concerns Questionnaire (SRQ) / Questionnaire sur les préoccupations spirituelles et religieuses.
  • Auteurs de référence : Tomas J. Silber, M.D. et M. Reilly (1985).
  • Population cible : Adolescents hospitalisés en unité de soins pédiatriques ou d’adolescents, âgés de 11 à 19 ans.
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire hétéro-administré ou complété de façon autonome, éventuellement assisté par un évaluateur formé (bénévoles formés dans le protocole princeps).
  • Nombre d’items :
    • 6 variables démographiques et cliniques préliminaires (Sexe, Âge, Race/Origine ethnique, Établissement scolaire, Affiliation religieuse, Diagnostic médical).
    • 11 items quantitatifs principaux d’évaluation des préoccupations spirituelles.
    • 1 item terminal qualitatif et d’orientation clinique (Demande d’assistance spirituelle : Oui/Non, avec espace narratif libre).
  • Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert continue en 9 points allant de 1 à 9. Les ancrages textuels varient selon la cible conceptuelle de l’item :
    • Item 1 & 11 : 1 = Never (Jamais), 5 = Average (Moyenne), 9 = Very Often (Très souvent).
    • Item 2 : 1 = Not religious and/or spiritual at all, 5 = Average, 9 = Very religious and/or spiritual.
    • Item 3 : 1 = Much less interested, 5 = No change, 9 = Much more interested.
    • Item 4 : 1 = I don’t believe, 5 = I sometimes believe, 9 = I believe firmly.
    • Item 5 : 1 = Angry, abandoned, 5 = Indifferent, don’t care, 9 = Confident, grateful.
    • Item 6 : 1 = I feel negative about God (Supreme Being), 5 = No change, 9 = I feel more positive about God (Supreme Being).
    • Item 7 : 1 = God has nothing to do with my illness, 5 = I don’t know if God is involved in my illness, 9 = God willed my illness.
    • Item 8 : 1 = Never, 5 = Sometimes, 9 = Often.
    • Item 9 : 1 = Less than before, 5 = Unchanged, 9 = More than before.
    • Item 10 : 1 = Not at all, 5 = Some, 9 = Very much.
  • Procédure de cotation et calcul des scores : Le score composite global est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des 11 items quantitatifs (somme des 11 items divisée par 11). Le score théorique s’étend de 1,0 à 9,0, où 1 indique un niveau minime de préoccupation/engagement religieux et 9 indique un niveau d’intérêt ou de préoccupation spirituelle maximal.
  • Modalités pratiques de passation : Durée de passation approximative de 10 à 15 minutes. Une explication bienveillante du cadre et de la finalité de l’évaluation est indispensable pour rassurer le jeune sur la stricte confidentialité de ses réponses au sein de l’équipe médicale.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Historique et année de publication

L’instrument a été officiellement diffusé en 1985 au sein de la revue académique internationale Adolescence (Volume 20, Numéro 78, pages 217 à 224), sous le titre « Spiritual and religious concerns of the hospitalized adolescent » (Silber & Reilly, 1985). La maison d’édition historique détentrice des droits initiaux était Libra Publishers, Inc.

Tarification et accès pour la recherche

Le Spiritual and Religious Concerns Questionnaire est considéré dans la littérature scientifique comme un instrument du domaine public académique (open-access for non-commercial research) pour les travaux de recherche translationnelle et les évaluations cliniques hospitalières non commerciales. Aucun coût de licence ou redevance financière n’est exigé pour son emploi clinique ou académique, sous réserve expresse de citer rigoureusement l’article princeps de Silber et Reilly (1985) dans toute publication en découlant.

12. Références / References

Voici les références bibliographiques académiques structurées selon les normes de l’American Psychological Association (APA, 7e édition) :

  • Erikson, E. H. (1968). Identity: Youth and crisis. W. W. Norton & Company.
  • Fowler, J. W. (1981). Stages of faith: The psychology of human development and the quest for meaning. Harper & Row. Lien éditeur
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Pargament, K. I. (1997). The psychology of religion and coping: Theory, research, practice. Guilford Press.
  • Piaget, J. (1972). Intellectual evolution from adolescence to adulthood. Human Development, 15(1), 1-12. https://doi.org/10.1159/000271225
  • Silber, T. J., & Reilly, M. (1985). Spiritual and religious concerns of the hospitalized adolescent. Adolescence, 20(78), 217-224. PMID: 4038164. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/4038164/
  • Silber, T. J. (1989). Justified paternalism in adolescent health care. Journal of Adolescent Health Care, 10(6), 446-450. https://doi.org/10.1016/0197-0070(89)90117-0

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Patient Demographic and Clinical Data

  • Sex: _____________________
  • Age: _____________________
  • Race: _____________________
  • School: _____________________
  • Religious affiliation: _____________________
  • Medical diagnosis: _____________________

1. While you are in the hospital, how often do you talk about spiritual and/or religious concerns?

1 (Never)
2
3
4
5 (Average)
6
7
8
9 (Very Often)

2. Do you consider yourself a person with spiritual and/or religious concerns?

1 (Not religious and/or spiritual at all)
2
3
4
5 (Average)
6
7
8
9 (Very religious and/or spiritual)

3. Have you had any changes in your concerns relating to spiritual and/or religious matters since your illness began?

1 (Much less interested)
2
3
4
5 (No change)
6
7
8
9 (Much more interested)

4. Do you believe in God (Supreme Being)?

1 (I don’t believe)
2
3
4
5 (I sometimes believe)
6
7
8
9 (I believe firmly)

5. If you believe in God (Supreme Being), how do you feel toward God (Supreme Being)?

1 (Angry, abandoned)
2
3
4
5 (Indifferent, don’t care)
6
7
8
9 (Confident, grateful)

6. Have your feelings toward God (Supreme Being) changed since your illness began?

1 (I feel negative about God (Supreme Being))
2
3
4
5 (No change)
6
7
8
9 (I feel more positive about God (Supreme Being))

7. Mark the numeral you feel relates best to your illness.

1 (God (Supreme Being) has nothing to do with my illness)
2
3
4
5 (I don’t know if God (Supreme Being) is involved in my illness)
6
7
8
9 (God (Supreme Being) willed my illness)

8. How often do you pray?

1 (Never)
2
3
4
5 (Sometimes)
6
7
8
9 (Often)

9. Since you have come to the hospital, do you pray?

1 (Less than before)
2
3
4
5 (Unchanged)
6
7
8
9 (More than before)

10. If you pray about illness answer the following question: Prayer has helped …

1 (Not at all)
2
3
4
5 (Some)
6
7
8
9 (Very much)

11. How often do you participate in organized spiritual and/or religious activities?

1 (Never)
2
3
4
5 (Average)
6
7
8
9 (Very often (at least weekly))

Would you like help with any of your spiritual and/or religious concerns?

[ ] Yes      [ ] No

If yes, what kind of help?

__________________________________________________________________________________________

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Questionnaire sur les préoccupations spirituelles et religieuses. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-sur-les-preoccupations-spirituelles-et-religieuses
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les préoccupations spirituelles et religieuses.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-sur-les-preoccupations-spirituelles-et-religieuses.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les préoccupations spirituelles et religieuses.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-sur-les-preoccupations-spirituelles-et-religieuses.