Questionnaire sur les positions éthiques

Découvrez le Questionnaire sur les positions éthiques (Ethics Position Questionnaire, EPQ) de Donelson Forsyth : fondements théoriques, dimensions d’idéalisme et de relativisme, et qualités psychométriques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

Le Questionnaire sur les positions éthiques (Ethics Position Questionnaire, EPQ), élaboré par le psychologue social Donelson R. Forsyth en 1980, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents pour évaluer les variations individuelles dans le jugement moral et les idéologies éthiques. Fondé sur le postulat que les individus diffèrent systématiquement dans la manière dont ils abordent les dilemmes éthiques, l’EPQ conceptualise le raisonnement moral non pas à travers des stades de développement cognitif stricts, mais selon deux dimensions orthogonales fondamentales : l’idéalisme et le relativisme.

L’instrument se compose de 20 items auto-rapportés, répartis équitablement en deux sous-échelles de 10 items chacune. La sous-échelle d’idéalisme mesure le degré auquel une personne adhère à la croyance que les conséquences positives et l’absence de préjudice peuvent toujours être atteintes par des actions justes, postulant qu’aucun dommage envers autrui ne devrait jamais être toléré. La sous-échelle de relativisme évalue dans quelle mesure l’individu rejette les règles morales universelles et absolues, privilégiant une analyse contextuelle, subjective et circonstancielle des situations éthiques. Les répondants expriment leur niveau d’accord sur une échelle de réponse de type Likert en 9 points allant de « Fortement en désaccord » (1) à « Tout à fait d’accord » (9).

Le croisement de ces deux dimensions permet de catégoriser les individus au sein d’une taxonomie en quatre quadrants distincts : le situationnisme (idéalisme élevé, relativisme élevé), l’absolutisme (idéalisme élevé, relativisme faible), le subjectivisme (idéalisme faible, relativisme élevé) et l’exceptionnalisme (idéalisme faible, relativisme faible). Les propriétés psychométriques initiales rapportées par Forsyth témoignent d’une cohérence interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach de 0,80 pour l’idéalisme et de 0,73 pour le relativisme, accompagnés d’une stabilité temporelle confirmée par test-retest. L’EPQ a fait l’objet de centaines de validations transculturelles et demeure un outil central dans des disciplines variées telles que la psychologie morale, l’éthique des affaires, le comportement organisationnel, la bioéthique et la psychologie sociale appliquée.

2. Mots-clés

Questionnaire sur les positions éthiques, Ethics Position Questionnaire, Donelson Forsyth, idéalisme moral, relativisme moral, idéologies éthiques, situationnisme, absolutisme, subjectivisme, exceptionnalisme, psychométrie, évaluation morale, éthique comportementale, prise de décision éthique, taxonomie éthique.

3. Auteurs

Le Questionnaire sur les positions éthiques a été conçu et validé par :

  • Donelson R. Forsyth, Ph.D. : Professeur émérite et titulaire de la chaire Colonel Leo K. and Gaylee Thorsness en leadership éthique à la Jepson School of Leadership Studies de l’Université de Richmond (Richmond, Virginie, États-Unis). Auparavant, il a exercé à la Virginia Commonwealth University. Ses recherches portent principalement sur la psychologie sociale, la dynamique des groupes, les processus de jugement moral et le leadership éthique. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif

L’objectif fondamental du Questionnaire sur les positions éthiques est d’opérationnaliser et de quantifier les postulats épistémologiques et moraux que les individus mobilisent lorsqu’ils sont confrontés à des jugements éthiques complexes. Avant les travaux pionniers de Forsyth en 1980, l’étude psychologique de la moralité était largement dominée par les théories du développement cognitivo-structurel, incarnées notamment par le modèle des stades de Lawrence Kohlberg et l’approche néo-kohlbergienne de James Rest avec le Defining Issues Test (DIT). Bien que ces modèles fournissent une compréhension approfondie de l’évolution des structures de raisonnement logique chez l’enfant et l’adolescent, ils présupposent implicitement qu’une position morale universaliste et déontologique (stade 6 de Kohlberg) représente le sommet absolu de la maturité éthique, disqualifiant les perspectives relativistes ou conséquentialistes en les assimilant à des formes immatures de jugement.

Forsyth a cherché à combler cette lacune théorique et méthodologique en proposant un modèle pluraliste non développemental. L’objectif n’est pas de déterminer si un individu est « plus » ou « moins » moral qu’un autre sur une échelle hiérarchique unidirectionnelle, mais d’identifier la nature de l’idéologie éthique qu’il embrasse. L’EPQ vise à mesurer comment les personnes arbitrent entre deux questions normatives cardinales de la philosophie : d’une part, le poids accordé aux conséquences néfastes potentielles d’un comportement (l’orientation humanitaire versus utilitariste), et d’autre part, la croyance en l’existence de règles morales universelles et immuables (le principe universel versus le contextualisme moral).

Sur le plan des applications pratiques et de la recherche empirique, l’EPQ répond à plusieurs besoins majeurs :

  • Recherche en comportement organisationnel et éthique des affaires : Prédire les attitudes professionnelles face à la fraude, au blanchiment d’argent, aux conflits d’intérêts, à la divulgation d’informations confidentielles (whistleblowing) et à la responsabilité sociale des entreprises. Les organisations utilisent l’échelle pour comprendre la culture éthique de leurs équipes et anticiper les comportements déviants au travail.
  • Recherche en psychologie sociale et de la santé : Analyser la manière dont les praticiens de santé, les chercheurs et le grand public évaluent les controverses bioéthiques, telles que la recherche sur les cellules souches, le clonage thérapeutique, l’euthanasie, ou les protocoles d’expérimentation humaine et animale.
  • Études interculturelles et sociologiques : Comparer les profils éthiques dominants entre différentes cultures nationales ou groupes religieux, mettant en lumière l’impact des valeurs sociétales (par exemple, individualisme versus collectivisme) sur l’adoption de postures relativistes ou idéalistes.
  • Pédagogie et formation en leadership : Servir d’outil d’auto-évaluation réflexive dans les programmes d’enseignement supérieur et de développement des cadres, permettant aux décideurs de prendre conscience de leurs propres biais cognitifs moraux et de mieux comprendre la logique normative de leurs collaborateurs.

5. Construit psychologique

Le Questionnaire sur les positions éthiques repose sur une conceptualisation bidimensionnelle du jugement moral individuel. Ces deux dimensions orthogonales — l’idéalisme et le relativisme — fonctionnent indépendamment l’une de l’autre, ce qui signifie que le positionnement d’une personne sur le continuum de l’idéalisme ne permet aucunement de déduire son positionnement sur celui du relativisme.

5.1. L’Idéalisme Moral

L’idéalisme décrit l’attitude fondamentale d’une personne à l’égard des conséquences néfastes de ses actions sur le bien-être d’autrui. Cette dimension s’ancre dans les théories téléologiques et humanitaires de la philosophie éthique.

  • Idéalisme élevé : Les individus présentant un score d’idéalisme élevé souscrivent à la conviction absolue qu’une action ne peut être qualifiée de moralement bonne que si elle ne cause aucun dommage, même minime, à autrui. Ils adhèrent à une vision optimiste et intransigeante selon laquelle il est toujours possible de parvenir à une résolution positive des conflits sans sacrifier le bien-être d’une tierce personne. Pour eux, infliger un préjudice à autrui est intrinsèquement inadmissible, quels que soient les bénéfices globaux que la société ou le groupe pourrait en tirer. Par exemple, l’item 3 énonce explicitement : « The existence of potential harm to others is always wrong, irrespective of the benefits to be gained. » Ils rejettent vigoureusement l’analyse coûts-bénéfices appliquée aux êtres humains.
  • Idéalisme faible (Pragmatisme moral) : À l’inverse, les individus à faible idéalisme adoptent une perspective réaliste, voire utilitariste. Ils postulent que dans le monde réel, les préjudices et les souffrances sont parfois inévitables pour réaliser un plus grand bien collectif. Ils acceptent plus facilement le calcul conséquentialiste consistant à peser les gains attendus contre les coûts humains inhérents à une décision.

5.2. Le Relativisme Moral

Le relativisme caractérise le degré de scepticisme d’un individu quant à la validité et à l’applicabilité de principes moraux universels. Cette dimension s’articule autour des débats méta-éthiques opposant l’universalisme déontologique au relativisme culturel ou situationnel.

  • Relativisme élevé : Les personnes affichant un relativisme élevé réfutent catégoriquement l’idée qu’il puisse exister des règles morales transcendantes, universelles ou applicables à tous en tout temps et en tout lieu. Elles soutiennent que la moralité dépend étroitement du contexte, de la culture, des circonstances temporelles ou de la perspective propre à chaque individu. Les jugements moraux sont perçus comme des préférences subjectives plutôt que comme des vérités normatives objectives. L’item 12 illustre parfaitement cette posture : « What is ethical varies from one situation and society to another. » De même, concernant des interdictions classiques comme le mensonge, l’item 19 affirme qu’aucune règle générale ne peut être formulée et que tout dépend de la situation.
  • Relativisme faible (Universalisme moral) : Les individus à faible relativisme croient fermement en des principes moraux objectifs, fixes et intangibles (comme l’impératif catégorique kantien ou les dix commandements). Ils considèrent que certaines actions sont intrinsèquement justes ou injustes, indépendamment des traditions culturelles, des justifications contextuelles ou des sentiments subjectifs des acteurs concernés.

5.3. La Taxonomie des Quatre Idéologies Éthiques

En combinant les pôles supérieur et inférieur de ces deux axes par une séparation médiane ou un découpage en quadrants statistiques, Forsyth a dégagé quatre idéologies éthiques distinctes :

Idéologie Idéalisme Relativisme Posture normative fondamentale
Situationnisme Élevé Élevé Rejette les règles morales absolues mais aspire fermement à générer les meilleures conséquences possibles pour autrui par une analyse méticuleuse du contexte.
Absolutisme Élevé Faible Postule que l’adhésion stricte à des règles morales déontologiques universelles est la seule voie garantie pour éviter tout préjudice et atteindre le bien parfait.
Subjectivisme Faible Élevé Rejette les règles morales universelles et admet la fatalité du préjudice ; fonde les jugements exclusivement sur les préférences, émotions et intérêts personnels.
Exceptionnalisme Faible Faible Reconnaît l’utilité pratique des règles morales absolues comme guides de conduite, tout en admettant pragmatiquement que des exceptions sont nécessaires lorsque des compromis s’imposent.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique sous-jacent au Questionnaire sur les positions éthiques procède d’un croisement novateur entre la philosophie morale normative et la psychologie sociale empirique. Forsyth s’est inspiré directement des travaux fondamentaux d’éthique philosophique, notamment de la distinction classique entre les éthiques déontologiques (représentées par Emmanuel Kant) et les éthiques téléologiques ou utilitaristes (portées par Jeremy Bentham et John Stuart Mill), ainsi que de l’éthique de situation théorisée par le théologien Joseph Fletcher.

Dans sa conceptualisation initiale, Forsyth a identifié que la plupart des débats moraux dans l’histoire de la pensée occidentale peuvent se ramener à deux tensions irréductibles :

  1. Le statut épistémique des règles (Monisme contre Pluralisme/Scepticisme) : Existe-t-il une loi morale universelle et connaissable à laquelle chacun doit se conformer indépendamment des particularismes culturels ? Les philosophes absolutistes répondent par l’affirmative, tandis que les relativistes soutiennent que les règles ne sont que des constructions sociales arbitraires, circonstancielles ou purement individuelles.
  2. La pondération téléologique (Bienveillance absolue contre Calcul conséquentialiste) : Une fin louable peut-elle justifier des moyens dommageables ? Les penseurs idéalistes adoptent une position catégorique selon laquelle infliger sciemment un mal est interdit, alors que les pragmatiques admettent que l’arbitrage éthique exige parfois de choisir le « moindre mal ».

Parallèlement à ces sources philosophiques, Forsyth a articulé son modèle en réaction aux approches dominantes de la psychologie morale de la fin des années 1970 :

  • La critique du modèle kohlbergien : Kohlberg postulait que le jugement moral évolue à travers six stades universels et invariants, allant de l’obéissance punitive (stade pré-conventionnel) à l’application de principes de justice universels (stade post-conventionnel). Forsyth a objecté que cette vision était profondément biaisée en faveur d’une posture déontologique et rationaliste spécifique à la tradition occidentale masculine (une critique partagée à la même époque par Carol Gilligan avec sa théorisation de l’éthique du care). Pour Forsyth, le relativisme n’est pas un stade de régression morale ou une défaillance cognitive, mais une philosophie morale cohérente et sophistiquée en soi.
  • L’influence des travaux de Schlenker et Forsyth (1977) : Avant la formalisation de l’EPQ, Barry R. Schlenker et Donelson Forsyth ont mené des investigations empiriques sur la manière dont les psychologues et les profanes jugent l’acceptabilité morale des protocoles expérimentaux trompeurs (tels que l’expérience d’obéissance de Milgram). Ils ont découvert que les jugements variaient drastiquement non pas selon le niveau de complexité cognitive, mais selon les postulats axiologiques des évaluateurs concernant l’interdiction du préjudice psychologique et le respect des codes normatifs.
  • La théorie du jugement moral de Robert Hogan (1970) : Hogan avait déjà proposé que le caractère moral dépendait de dimensions de personnalité, notamment la sensibilité aux règles (légalité versus conscience) et l’empathie. Forsyth a raffiné cette approche en formalisant des construits spécifiquement éthiques et cognitifs plutôt que des traits généraux de personnalité.

7. Validité

La validité psychométrique du Questionnaire sur les positions éthiques a été minutieusement évaluée à travers une batterie d’analyses portant sur la validité de construit, convergente, discriminante et prédictive.

7.1. Validité de Construit et Structure Dimensionnelle

Dans l’article princeps de Forsyth (1980), l’indépendance des deux dimensions a été attestée par des corrélations inter-échelles quasi nulles ($r = -0,07$ dans l’échantillon initial), confirmant la stricte orthogonalité théorique entre l’idéalisme et le relativisme. Des études ultérieures menées sur des populations diversifiées (managers, infirmières, étudiants, grand public) ont rapporté des corrélations oscillant généralement entre $-0,15$ et $+0,10$, confirmant que la connaissance du score d’idéalisme d’un individu ne permet aucunement de prédire son score de relativisme.

7.2. Validité Convergente

La validité convergente de l’EPQ a été établie par la corrélation systématique des deux sous-échelles avec des mesures théoriquement connexes :

  • Mesures de développement moral : Forsyth a examiné les relations entre l’EPQ et le Defining Issues Test (DIT) de James Rest. Conformément aux hypothèses, les absolutistes et les situationnistes (tous deux caractérisés par un idéalisme élevé) manifestent des scores de raisonnement moral post-conventionnel (score P) significativement plus élevés que les subjectivistes et les exceptionnalistes.
  • Mesures de personnalité : L’idéalisme est corrélé positivement avec l’empathie, l’altruisme mesuré par les inventaires de personnalité classiques, ainsi qu’avec le trait d’agréabilité (Agreeableness) du modèle des Big Five. Le relativisme montre des corrélations positives modérées avec le scepticisme épistémique, l’ouverture aux idées non conventionnelles et, dans certains contextes, avec le machiavélisme et l’anomie sociale.

7.3. Validité Discriminante

Pour s’assurer que les réponses à l’EPQ ne reflétaient pas un simple biais d’approbation ou de conformisme social, Forsyth a administré la version révisée à 27 items de l’EPQ conjointement avec l’échelle de désirabilité sociale d’Edwards (Edwards’ Social Desirability Scale). Les corrélations entre la désirabilité sociale et les deux sous-échelles se sont révélées non significatives et d’une magnitude négligeable ($r < 0,15$), démontrant que l’EPQ ne constitue pas un artefact de présentation de soi favorable.

7.4. Validité Prédictive et Comportementale

La validité prédictive de l’instrument a été abondamment corroborée par des protocoles expérimentaux et quasi-expérimentaux évaluant le jugement et la prise de décision face à des transgressions éthiques réelles ou simulées :

  • Sévérité du blâme moral : Les individus absolutistes formulent systématiquement les jugements les plus sévères et inflexibles à l’encontre des contrevenants, quelle que soit la noblesse des motivations de l’acteur ou les conséquences positives obtenues. À l’opposé, les situationnistes adaptent leur blâme en tenant compte des intentions bienveillantes de l’acteur et de la minimisation effective des préjudices.
  • Tolérance envers les pratiques controversées : Dans le champ du management et de l’éthique des affaires, des méta-analyses ont montré que le relativisme prédit de manière consistante une tolérance accrue envers les comportements professionnels douteux (fraude fiscale mineure, utilisation des ressources de l’entreprise à des fins personnelles, corruption mineure), tandis que l’idéalisme est un prédicteur robuste du rejet sans concession de ces pratiques et d’une intention plus élevée d’adopter des comportements éthiques proactifs.

8. Fidélité

La fidélité de l’Ethics Position Questionnaire a fait l’objet d’évaluations rigoureuses, tant sous l’angle de la cohérence interne que de la stabilité temporelle.

8.1. Cohérence Interne

Dans l’étude originale de Forsyth (1980), portant sur la version finale à 20 items validée auprès d’échantillons d’étudiants en psychologie :

  • Le coefficient alpha de Cronbach de la sous-échelle Idéalisme (items 1 à 10) est de 0,80.
  • Le coefficient alpha de Cronbach de la sous-échelle Relativisme (items 11 à 20) est de 0,73.

Ces coefficients dépassent le seuil conventionnel de 0,70 recommandé par Nunnally pour les échelles de recherche fondamentale. Dans les décennies suivantes, des réplications internationales ont confirmé cette solidité. Une méta-analyse menée sur des dizaines d’études indépendantes à travers le monde a révélé un alpha de Cronbach moyen pondéré d’environ 0,81 pour l’idéalisme et de 0,78 pour le relativisme, attestant d’une grande stabilité métrologique au sein d’échantillons hétérogènes.

8.2. Fidélité Test-Retest

La stabilité temporelle des scores de l’EPQ a été examinée par Forsyth sur un sous-échantillon réévalué après un intervalle de plusieurs semaines. Les coefficients de corrélation test-retest se sont révélés élevés :

  • Idéalisme : $r_{tt} = 0,67$ ($p < 0,001$).
  • Relativisme : $r_{tt} = 0,66$ ($p < 0,001$).

Des recherches longitudinales ultérieures ont confirmé que les idéologies éthiques mesurées par l’EPQ constituent des orientations dispositionnelles relativement stables à l’âge adulte, bien qu’elles puissent faire l’objet de réajustements progressifs sous l’effet de formations éthiques intensives, de transitions professionnelles ou de chocs culturels majeurs.

9. Analyse factorielle

Le processus de développement initial de l’EPQ a impliqué une approche psychométrique itérative rigoureuse, débutant avec une réserve expérimentale de 55 items générés à partir des définitions conceptuelles des postures éthiques.

9.1. Développement Initial et Épuration Factorielle

Une première étude pilote a été menée auprès de 65 étudiants de premier cycle en psychologie. Pour chaque participant, les scores moyens d’idéalisme et de relativisme ont été calculés, et les corrélations item-échelle ont été examinées. Les items présentant des corrélations faibles, des saturations croisées indésirables ou une redondance sémantique excessive ont été éliminés. Une version révisée comprenant 27 items a ensuite été soumise à 56 autres participants pour tester sa non-redondance avec la désirabilité sociale. D’autres cohortes successives ont complété les formes provisoires jusqu’à ce que la sixième et dernière version de l’instrument soit stabilisée.

9.2. Analyse en Composantes Principales (AFE)

La structure factorielle finale a été déterminée par une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une rotation orthogonale Varimax, dans l’objectif délibéré d’obtenir deux facteurs statistiquement indépendants :

  • Facteur 1 (Idéalisme) : L’analyse factorielle a mis en évidence un premier facteur majeur regroupant 14 items candidats initiaux, finalement réduit aux 10 items les plus représentatifs. Ces énoncés présentent des saturations factorielles élevées (généralement comprises entre 0,45 et 0,72) sur la dimension mesurant le refus d’infliger un préjudice et l’exigence d’une action morale parfaite.
  • Facteur 2 (Relativisme) : Le second facteur orthogonal a isolé 13 items candidats, dont les 10 items finaux les plus performants ont été retenus. Ces items saturent fortement (entre 0,40 et 0,68) sur la dimension caractérisée par le rejet des règles morales universelles, la variabilité situationnelle et la subjectivité des jugements éthiques.

9.3. Analyses Factorielles Confirmatoires Modernes (AFC)

Au fil des décennies, des chercheurs ont soumis la structure bidimensionnelle de l’EPQ à des analyses factorielles confirmatoires (AFC) sur de larges échantillons multiculturels. Si la plupart des travaux corroborent l’adéquation globale du modèle bifactoriel classique (indices CFI > 0,90, RMSEA < 0,06), certains spécialistes ont mis en garde contre de légères saturations croisées sur les items 7 et 10 de l’idéalisme, qui intègrent des formulations conceptuelles complexes. Néanmoins, la solution bifactorielle originale demeure la norme de référence préconisée par la littérature internationale.

10. Instrument de mesure

L’instrument de mesure se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé rapide et convivial :

  • Type de test : Inventaire auto-rapporté d’attitudes et d’idéologies éthiques.
  • Nombre d’items : 20 items formulés sous la forme d’affirmations déclaratives.
  • Sous-échelles :
    • Sous-échelle d’idéalisme : Items 1 à 10.
    • Sous-échelle de relativisme : Items 11 à 20.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 9 points ordonnés de manière unilatérale :
    • 1 = Completely disagree (Tout à fait en désaccord)
    • 2 = Largely disagree (Largement en désaccord)
    • 3 = Moderately disagree (Modérément en désaccord)
    • 4 = Slightly disagree (Légèrement en désaccord)
    • 5 = Neither agree nor disagree (Ni en désaccord ni d’accord)
    • 6 = Slightly agree (Légèrement d’accord)
    • 7 = Moderately agree (Modérément d’accord)
    • 8 = Largely agree (Largement d’accord)
    • 9 = Completely agree (Tout à fait d’accord)
  • Calcul des scores et cotation :
    • Le score d’Idéalisme s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des réponses aux items 1 à 10 : $\text{Score Idéalisme} = \frac{\sum_{i=1}^{10} \text{Item}_i}{10}$. Le score résultant s’étend de 1,00 à 9,00.
    • Le score de Relativisme s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des réponses aux items 11 à 20 : $\text{Score Relativisme} = \frac{\sum_{i=11}^{20} \text{Item}_i}{10}$. Le score résultant s’étend de 1,00 à 9,00.
    • Classification taxonomique : En utilisant la médiane de l’échantillon ou les moyennes théoriques de référence (historiquement situées autour de 6,5 pour l’idéalisme et 5,5 pour le relativisme selon les échantillons), les participants sont affectés à l’un des quatre quadrants : Situationnistes (Idéalisme élevé, Relativisme élevé), Absolutistes (Idéalisme élevé, Relativisme faible), Subjectivistes (Idéalisme faible, Relativisme élevé), ou Exceptionnalistes (Idéalisme faible, Relativisme faible).

11. Permissions, tarifs et année du test

L’Ethics Position Questionnaire a été officiellement publié en 1980 dans le prestigieux Journal of Personality and Social Psychology édité par l’American Psychological Association (APA).

  • Statut des droits et autorisations : Bien que l’article princeps fasse l’objet d’un droit d’auteur détenu par l’APA, l’auteur Donelson R. Forsyth a traditionnellement mis les items de l’échelle à la libre disposition des chercheurs académiques, des doctorants et des formateurs à des fins de recherche non commerciale et d’enseignement, à condition de citer rigoureusement la publication originale de 1980.
  • Tarification : L’accès au questionnaire à des fins scientifiques est totalement gratuit. Aucun paiement de redevance n’est exigé pour une utilisation standard dans le cadre de recherches universitaires. Pour les applications commerciales à grande échelle (telles que le recrutement, l’audit de conseil organisationnel ou l’intégration dans des logiciels propriétaires), il convient de solliciter l’accord de l’auteur et les droits de reproduction auprès du service des autorisations de l’APA.

12. Références

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence associées au Questionnaire sur les positions éthiques comprennent :

  • Forsyth, D. R. (1980). A taxonomy of ethical ideologies. Journal of Personality and Social Psychology, 39(1), 175–184. https://doi.org/10.1037/0022-3514.39.1.175
  • Forsyth, D. R. (1992). Judging the morality of business practices: The influence of personal moral philosophies. Journal of Business Ethics, 11(5–6), 461–470. https://doi.org/10.1007/BF00870557
  • Forsyth, D. R., O’Boyle, E. H., & McDaniel, M. A. (2008). East meets west: A meta-analytic investigation of cultural variations in ethical ideologies. Journal of Business Ethics, 83(4), 813–833. https://doi.org/10.1007/s10551-008-9667-6
  • Hogan, R. A. (1970). A dimension of moral judgment. Journal of Clinical and Counseling Psychology, 35(2), 205–212. https://doi.org/10.1037/h0029841
  • Kohlberg, L. (1968). The child as a moral philosopher. Psychology Today, 2(4), 25–30.
  • Rest, J. R., Cooper, D., Coder, R., Masanz, J., & Anderson, D. (1974). Judging the important issues in moral dilemmas—An objective measure of development. Developmental Psychology, 10(4), 491–501. https://doi.org/10.1037/h0036598
  • Schlenker, B. R., & Forsyth, D. R. (1977). On the ethics of psychological research. Journal of Experimental Social Psychology, 13(4), 369–396. https://doi.org/10.1016/S0022-1031(77)80006-3
  • Sharp, F. C. (1898). An objective study of some moral judgments. The American Journal of Psychology, 9(2), 198–234. https://doi.org/10.2307/1412030

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Scoring: Completely disagree = 1; Largely disagree = 2; Moderately disagree = 3; Slightly disagree = 4; Neither agree nor disagree = 5; Slightly agree = 6; Moderately agree = 7; Largely agree = 8; and Completely agree = 9. The idealism score is the mean of items 1 through 10. The relativism score is the mean of items 11–20.
1

People should make certain that their actions never intentionally harm others even to a small degree.
2

Risks to another should never be tolerated, irrespective of how small the risks might be.
3

The existence of potential harm to others is always wrong, irrespective of the benefits to be gained.
4

One should never psychologically or physically harm another person.
5

One should not perform an action which might in any way threaten the dignity and welfare of another individual.
6

If an action could harm an innocent other, then it should not be done.
7

Deciding whether or not to perform an act by balancing the positive consequences of the act against the negative consequences of the act is immoral.
8

The dignity and welfare of people should be the most important concern in any society.
9

It is never necessary to sacrifice the welfare of others.
10

Moral behaviors are actions that closely match ideals of the most “perfect” action.
11

There are no ethical principles that are so important that they should be part of any code of ethics.
12

What is ethical varies from one situation and society to another.
13

Moral standards should be seen as being individualistic; what one person considers to be moral may be judged to be immoral by another person.
14

Different types of moralities cannot be compared as to “rightness.”
15

Questions of what is ethical for everyone can never be resolved since what is moral or immoral is up to the indi- vidual.
16

Moral standards are simply personal rules which indicate how a person should behave, and are not to be applied in making judgments of others.
17

Ethical considerations in interpersonal relations are so complex that individuals should be allowed to formulate their own individual codes.
18

Rigidly codifying an ethical position that prevents certain types of actions could stand in the way of better human relations and adjustment.
19

No rule concerning lying can be formulated; whether a lie is permissible or not totally depends on the situation.
20

Whether a lie is judged to be moral or immoral depends upon the circumstances surrounding the action.
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Looti, M. (2026, octobre 16). Questionnaire sur les positions éthiques. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-sur-les-positions-ethiques
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les positions éthiques.” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-sur-les-positions-ethiques.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les positions éthiques.” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-sur-les-positions-ethiques.