Questionnaire de procrastination pour étudiants (PFS)

Le Questionnaire de procrastination pour étudiants (PFS) évalue avec une haute rigueur psychométrique la tendance à ajourner les activités universitaires grâce à des modèles non linéaires de réponse aux items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de procrastination pour étudiants (connu sous son acronyme allemand Prokrastinationsfragebogen für Studierende, PFS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu spécifiquement pour quantifier la tendance comportementale à ajourner de manière dysfonctionnelle les activités d’apprentissage et les tâches académiques en milieu universitaire. Développé par l’équipe de recherche sur la procrastination de l’Institut de Psychologie de l’Université de Münster (Westfälische Wilhelms-Universität Münster), le PFS a été élaboré pour remédier aux limites conceptuelles et psychométriques des échelles antérieures, telles que l’échelle de procrastination d’Aitken (Aitken Procrastination Scale, APS), souvent confondues avec des construits connexes comme la désorganisation temporelle générale, l’impulsivité ou l’aversion ressentie envers la tâche.

Le PFS appréhende la procrastination académique comme une disposition comportementale transversale et relativement stable, définie par l’écart systématique entre l’intention d’agir et la mise en œuvre effective d’un comportement d’étude (devoirs, révision d’examens, rédaction de mémoires). L’instrument se décline principalement en une version complète unidimensionnelle à 7 items (PFS-7) et une forme ultra-courte de dépistage à 4 items (PFS-4), issues d’un ensemble initial de 12 propositions soumises à une rigoureuse sélection statistique. Les réponses sont recueillies au moyen d’une échelle ordinale de fréquence en cinq points, allant de « (presque) jamais » à « (presque) toujours », contextualisée sur les deux dernières semaines d’études.

Sur le plan des propriétés psychométriques, les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires non linéaires – fondées sur le modèle d’ogive normale à deux paramètres issu de la théorie de la réponse aux items (TRI) et calibrées via l’estimateur WLSMV sous Mplus – démontrent une excellente adéquation du modèle unidimensionnel tant pour le PFS-7 que pour le PFS-4 au sein de deux vastes cohortes étudiantes (N = 457 et N = 1228). Les saturations factorielles standardisées s’avèrent particulièrement élevées, oscillant entre 0,75 et 0,96. La fidélité du construit est robuste et la validité de critère, établie par modélisation d’équations structurelles conjointe avec l’APS, confirme la supériorité de l’instrument en matière d’homogénéité conceptuelle.

2. Mots-clés / Keywords

Procrastination académique, auto-évaluation psychométrique, étudiants universitaires, théorie de la réponse aux items, régulation de l’action, retard injustifié, apprentissage autorégulé, analyse factorielle confirmatoire non linéaire, psychométrie, comportement d’étude.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire de procrastination pour étudiants a été mis au point par le groupe de travail et de consultation sur la procrastination (Münsteraner Prokrastinationsarbeitsgruppe) rattaché au Département de Psychologie Clinique et de Psychothérapie de l’Université de Münster (Westfälische Wilhelms-Universität Münster, Allemagne). Les travaux fondamentaux d’élaboration, d’évaluation empirique et de modélisation non linéaire ont été dirigés par le Professeur Dr. Fred Rist, en collaboration avec Jens Patzelt, Stefanie Opitz, Tanja Deters et Katharina Frings.

Affiliation institutionnelle principale :
Westfälische Wilhelms-Universität Münster
Institut für Psychologie
Fliednerstraße 21, D-48149 Münster, Allemagne.
Courriel institutionnel de recherche : [email protected] / [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du PFS est d’isoler et de mesurer avec une précision psychométrique maximale le noyau comportemental pur de la procrastination en contexte universitaire, sans le contaminer par des dimensions périphériques, affectives ou consécutives. Dans les contextes académiques supérieurs, les étudiants jouissent d’une très grande autonomie temporelle dans la gestion de leur travail personnel. Cette liberté organisationnelle expose un nombre important d’entre eux à des défaillances de l’autorégulation, se manifestant par le report continuel des tâches préparatoires, des lectures obligatoires ou de la rédaction de travaux longs, jusqu’à ce que les délais deviennent critiques.

Avant la mise au point du PFS, la recherche germanophone et internationale s’appuyait majoritairement sur des instruments comme l’Aitken Procrastination Scale (APS) ou le Procrastination Assessment Scale for Students (PASS). Cependant, les relectures critiques et les réanalyses factorielles ont mis en évidence que ces instruments intègrent de nombreux items mesurant des construits hétérogènes : le manque de prévoyance, l’aversion déclarée pour l’effort, la désorganisation de l’emploi du temps ou la culpabilité ressentie. Par conséquent, les scores composites obtenus confondaient le phénomène comportemental lui-même (l’ajournement volontaire non stratégique) avec ses causes supposées (p. ex., la faible tolérance à la frustration) ou ses conséquences psychologiques (p. ex., la détresse émotionnelle).

Le PFS a donc été créé pour offrir une mesure épurée, homogène et non redondante de la disposition à ajourner le démarrage ou l’achèvement des tâches requises pour la réussite des études. Il remplit plusieurs finalités académiques et pratiques majeures :

  • Applications en recherche fondamentale et épidémiologique : Il permet de modéliser les relations structurelles entre la procrastination et d’autres traits de la personnalité, notamment les facettes de la conscienciosité, du névrosisme et de l’auto-handicap (self-handicapping), en éliminant les biais de covariance artificielle provoqués par des items aux contenus superposés.
  • Diagnostic clinique et conseil universitaire : Au sein des services d’aide psychologique et pédagogique aux étudiants (Psychologische Beratungsstellen), le PFS sert d’outil d’évaluation initiale pour identifier la sévérité du comportement d’ajournement et orienter les sujets vers des programmes de thérapie comportementale ciblée.
  • Dépistage à large échelle : Grâce à sa version condensée à quatre items (PFS-4), il s’insère aisément dans les enquêtes longitudinales volumineuses, les baromètres de santé étudiante ou les protocoles d’échantillonnage de l’expérience quotidienne (ESM/EMA).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le PFS est la procrastination académique, envisagée comme une disposition comportementale durable, transversale aux diverses situations d’études, caractérisée par le report irrationnel et contre-productif d’activités perçues comme personnellement importantes et prioritaires au profit de conduites moins urgentes ou futiles.

Sur le plan conceptuel, les concepteurs du PFS insistent sur la nécessité de distinguer soigneusement le simple délai organisationnel adaptatif de la procrastination pathologique ou dysfonctionnelle. Reporter une activité n’est pas en soi intrinsèquement délétère : dans le cadre d’un contrôle flexible de l’action, différer une décision complexe dans l’attente d’informations complémentaires ou réordonner ses priorités en fonction d’urgences imprévues relève d’une gestion stratégique du temps. À l’opposé, la procrastination se définit par un paradoxe motivationnel où l’individu a la ferme intention d’accomplir une tâche précise (p. ex., rédiger un mémoire de séminaire), dispose du temps et des compétences nécessaires pour s’y atteler, mais retarde délibérément le moment d’agir tout en sachant pertinemment que cet ajournement entraînera des conséquences négatives sur son niveau de performance, son bien-être ou le respect des échéances.

La structure du PFS capture ce construit à travers plusieurs facettes comportementales interconnectées formant une dimension unique :

  • L’ajournement de l’initiation de la tâche (démarrage tardif) : Représenté par la tendance récurrente à repousser le franchissement du pas décisif menant de l’intention à l’acte. L’étudiant attend le dernier moment possible pour se mettre au travail (Item 1 : « Ich schiebe den Beginn von Aufgaben bis zum letzten Moment hinaus »).
  • La rupture de la régulation de l’action (échec volitif) : Même lorsque l’intention d’agir est explicitement et fermement formulée, le sujet échoue à concrétiser son plan d’action (Item 3 : « Auch wenn ich mir vornehme mit einer Arbeit anzufangen, gelingt es mir nicht »). Il s’agit d’une défaillance typique de la phase pré-actionnelle du contrôle de l’action.
  • La dépendance à la pression externe : L’incapacité d’amorcer le travail de manière proactive sans l’aiguillon anxiogène de la date limite imminente (Item 6 : « Ich fange mit einer Aufgabe erst an, wenn ich unter Druck gerate »). L’étudiant substitue la régulation autonome interne par une urgence externe contraignante.
  • La prise de conscience rétrospective de l’évitabilité du retard : Au cours de la réalisation de la tâche, le sujet constate lucidement qu’il aurait pu et dû l’effectuer bien plus tôt sans encombre (Item 5 : « Beim Bearbeiten einer Aufgabe merke ich, dass ich sie schon viel früher hätte erledigen können »), soulignant la dimension non rationnelle de l’ajournement.
  • La mise en péril de l’achèvement temporel : L’accumulation des délais initiaux rend l’achèvement de la tâche extrêmement périlleux vis-à-vis des délais institutionnels (Item 4 : « Ich warte mit dem Beginn einer Arbeit so lange, dass es mir schwer fällt, sie noch rechtzeitig zu beenden » ; Item 7 : « Ich schaffe es erst auf den letzten Drücker meine Aufgaben zu erledigen »).

En éliminant délibérément les formulations portant sur les traits de caractère généraux, les plaintes somatiques ou l’ennui, le PFS mesure ce noyau dur comportemental avec une pureté métrologique inégalée dans la littérature germanophone.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du PFS s’ancre dans plusieurs courants fondamentaux de la psychologie contemporaine de la motivation, de la volition et des fonctions exécutives :

Le modèle du Rubicon et le contrôle de l’action de Kuhl et Heckhausen

Le modèle des phases d’action de Heinz Heckhausen et Peter Gollwitzer, communément appelé le modèle du Rubicon, fournit un éclairage direct sur les mécanismes ciblés par le PFS. Ce cadre théorique postule une césure nette entre la phase délibérative (choix des buts) et la phase volitive (planification et mise en œuvre). Le franchissement métaphorique du « Rubicon » correspond à la formation d’une intention d’agir irréversible. Dans la théorie du contrôle de l’action développée par Julius Kuhl, les individus enclins à l’« orientation vers l’état » (state orientation) éprouvent d’immenses difficultés à convertir leurs intentions en actions effectives lorsqu’ils sont confrontés à des sollicitations concurrentes ou au stress, par opposition aux sujets caractérisés par l’« orientation vers l’action » (action orientation). Les items du PFS reflètent précisément ce blocage volitif à l’amorce de la tâche.

La théorie de la motivation temporelle (Temporal Motivation Theory – TMT)

Formulée par Piers Steel et John König (2006), la TMT intègre l’utilité espérée, la théorie des perspectives et le modèle de l’actualisation hyperbolique pour modéliser le comportement de procrastination. Selon l’équation centrale de la TMT :

Utilité = (Attente de succès × Valeur de la tâche) / (1 + Impulsivité × Délai)

Dans le milieu universitaire, les échéances majeures (examens de fin de semestre, remises de mémoires) sont distantes de plusieurs semaines ou mois. Selon la TMT, l’utilité perçue du travail académique est initialement très faible en raison de l’éloignement temporel du renforçateur. À l’inverse, des activités alternatives procurant des gratifications immédiates (navigation sur Internet, sorties sociales) présentent une valeur temporelle dominante. Au fur et à mesure que la date limite approche, la composante de délai diminue drastiquement, provoquant une augmentation exponentielle de l’utilité perçue de l’étude, jusqu’au point de bascule où l’étudiant commence enfin son travail sous une pression émotionnelle considérable. Les items du PFS documentent de manière empirique cette dynamique temporelle.

La perspective cognitive et différentielle

Dans la perspective différentielle synthétisée par Steel (2007), la procrastination est reconnue comme l’une des manifestations cardinales d’un faible niveau de conscienciosité, en particulier de ses facettes d’autodiscipline, de délibération et de compétence. Les travaux de l’école de Münster (Rist et al., 2006) positionnent le PFS dans cette filiation, tout en insistant sur l’importance de concevoir la procrastination étudiante comme une entité clinique autonome susceptible d’entraîner une chronicisation dévastatrice pour le parcours académique, le sentiment d’auto-efficacité et la santé mentale.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du Questionnaire de procrastination pour étudiants a été démontrée à travers un ensemble d’analyses rigoureuses menées sur deux cohortes représentatives d’étudiants de l’Université de Münster (Échantillon S1 : N = 457 ; Échantillon S2 : N = 1228) :

Validité de construit et structure factorielle

La validité factorielle a été examinée au moyen d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) non linéaires sous Mplus. Les données ordinales ont été modélisées via l’algorithme robuste WLSMV (Weighted Least Squares Mean and Variance adjusted) en utilisant des matrices de corrélation polychoriques. Les résultats soutiennent l’hypothèse d’une dimension unique robuste :

  • Pour le PFS-7, les indices d’ajustement globaux avec prise en compte de trois corrélations résiduelles théoriquement légitimes attestent d’une concordance exceptionnelle aux données : dans l’échantillon S1, $\chi^2(10) = 31{,}4$, $p < 0{,}001$, $\text{RMSEA} = 0{,}04$, $\text{CFI} = 1{,}00$, $\text{TLI} = 1{,}00$ ; dans l’échantillon S2, $\chi^2(9) = 29{,}2$, $p < 0{,}001$, $\text{RMSEA} = 0{,}07$, $\text{CFI} = 1{,}00$, $\text{TLI} = 1{,}00$.
  • Pour la version brève PFS-4 (avec une corrélation résiduelle spécifiée), l’adéquation est tout aussi remarquable : dans S1, $\chi^2(1) = 4{,}3$, $p = 0{,}04$, $\text{RMSEA} = 0{,}07$, $\text{CFI} = 1{,}00$, $\text{TLI} = 1{,}00$ ; dans S2, $\chi^2(1) = 0{,}9$, $p = 0{,}35$, $\text{RMSEA} = 0{,}01$, $\text{CFI} = 1{,}00$, $\text{TLI} = 1{,}00$.

Invariance de mesure (Measurement Invariance)

L’invariance métrique et d’échelle a été testée par comparaison hiérarchique de modèles imbriqués entre les cohortes S1 et S2. Les modèles contraignant les saturations factorielles à l’égalité inter-échantillons n’entraînent aucune dégradation significative du fit, confirmant l’invariance métrique du construit. L’introduction du genre comme covariable a révélé que la structure de mesure est stable à travers les sexes, bien que de légères variations de seuils d’items soient observées, les hommes manifestant des tendances légèrement supérieures à l’ajournement conformément aux méta-analyses de la littérature (Steel, 2007).

Validité convergente et de critère

La validité convergente a été établie par modélisation simultanée avec la version allemande de l’Aitken Procrastination Scale (APS ; Helmke & Schrader, 2000). Les analyses de corrélation latente (corrigées de l’atténuation d’erreur de mesure) révèlent une très forte association entre le score latent du PFS et la dimension de « Procrastination Centrale » de l’APS ($r > 0{,}85$). En revanche, les corrélations partielles démontrent que le PFS prédit de manière spécifique les retards d’apprentissage pour les examens (mesurés par la batterie GAP – Gründe für das Aufschieben von Prüfungslernen), tout en conservant une variance résiduelle bien plus épurée que l’APS vis-à-vis des facteurs de mauvaise planification pure.

8. Fidélité / Reliability

Bien que le document source souligne l’absence de publication formelle d’un alpha de Cronbach linéaire classique pour la version initiale non épurée – en raison du parti pris méthodologique des auteurs de rejeter les postulats irréalistes de tau-équivalence et de linéarité des données ordinales –, la fidélité du PFS a été documentée via des paramètres métrologiques non linéaires de premier ordre :

  • Saturations factorielles latentes (Loading / $lambda$) : Dans le cadre du modèle à deux paramètres d’ogive normale, les saturations standardisées de tous les items du PFS-7 et du PFS-4 sont extraordinairement élevées. Pour l’échantillon global combiné (N = 1686), les valeurs s’échelonnent entre $\lambda = 0{,}79$ et $\lambda = 0{,}92$ (voir détails section 9). De telles saturations garantissent une variance partagée substantielle entre chaque item et la variable latente, correspondant à une fidélité composite de construit (oméga de McDonald) estimée à $\omega > 0{,}90$.
  • Précision de mesure conditionnelle (TRI) : Les fonctions d’information du test (TIF) calculées à partir des paramètres de discrimination et de seuils révèlent que le PFS fournit une excellente précision de mesure sur un large éventail du continuum latent ($ heta$ compris entre $-1{,}5$ et $+2{,}5$ écarts-types). L’erreur-type de mesure est particulièrement basse dans les niveaux moyens à très élevés de procrastination, conférant au questionnaire une sensibilité optimale pour la détection clinique des étudiants en grande difficulté.
  • Stabilité et cohérence structurelle : Les estimations des paramètres demeurent hautement réplicables d’une cohorte à l’autre (comparaison entre S1 et S2), garantissant une très haute consistance interne du modèle de mesure sans dispersion erratique des résidus d’items.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’analyse factorielle du PFS a été menée selon une stratégie séquentielle en deux phases, combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC) non linéaires adaptées aux variables ordinales à 5 modalités.

Étape exploratoire sur les 12 items initiaux

Une AFE basée sur le modèle d’ogive normale à deux paramètres appliquée séparément aux échantillons S1 et S2 a extrait un seul facteur dominant possédant une valeur propre nettement supérieure à 1 (9,00 pour S1 et 7,60 pour S2), tandis que la seconde valeur propre chutait drastiquement (0,74 pour S1 et 0,95 pour S2). Bien que le critère de Kaiser et le test d’éboulis suggèrent l’unidimensionnalité, les indices d’ajustement du modèle global à 12 items présentaient des valeurs de résidus inadmissibles (RMSEA de 0,14 dans S1 et de 0,13 dans S2), indiquant que certains items partageaient des dépendances locales spécifiques.

Cinq items posaient problème : l’item A4 (« Je ne parviens pas à terminer mes devoirs dans les délais fixés ») présentait une saturation faible (0,51 – 0,64) ; les items A6, A7, A8 et A11 généraient des corrélations résiduelles massives et redondantes, reflétant des conséquences émotionnelles (stress à l’item A11) ou des limitations de rendement (item A6) plutôt que le cœur du processus d’ajournement. Ces cinq items ont été éliminés pour optimiser la parsimonie de l’instrument.

Saturations factorielles des versions retenues (PFS-7 et PFS-4)

Le tableau ci-dessous synthétise les saturations factorielles standardisées issues de l’AFC non linéaire pour les échantillons S1, S2 et l’échantillon combiné global (G), ainsi que les tests d’invariance des seuils :

Item Modèle Échantillon S1 (N=457) Échantillon S2 (N=1228) Échantillon Global (G) Diff. $\chi^2$ (df, p)
*Item 1 (1) PFS-7 / PFS-4 0,95 / 0,96 0,87 / 0,91 0,91 / 0,92 14,3 (df=4, p=0,01)
*Item 2 (2) PFS-7 / PFS-4 0,88 / 0,88 0,80 / 0,77 0,84 / 0,81 15,5 (df=4, p=0,02)
Item 3 (3) PFS-7 0,86 0,78 0,81 Non sign.
Item 4 (5) PFS-7 0,83 0,75 0,79 Non sign.
*Item 5 (9) PFS-7 / PFS-4 0,86 / 0,85 0,75 / 0,80 0,80 / 0,82 Non sign.
*Item 6 (10) PFS-7 / PFS-4 0,87 / 0,88 0,85 / 0,82 0,86 / 0,84 Non sign.
Item 7 (12) PFS-7 0,84 0,87 0,85 Non sign.

Note : Les items précédés d’un astérisque (*) composent la forme abrégée PFS-4. Les chiffres entre parenthèses renvoient à la numérotation dans la batterie initiale de 12 items. L’ensemble des saturations est statistiquement significatif à $p < 0{,}001$.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Questionnaire de procrastination pour étudiants se présente sous forme d’un questionnaire standardisé d’auto-évaluation conçu pour une passation papier-crayon ou informatisée en ligne :

  • Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation comportementale.
  • Population cible : Étudiants de l’enseignement supérieur (licence, master, doctorat, écoles spécialisées).
  • Versions disponibles :
    • PFS-7 : Version complète à 7 items, recommandée pour l’évaluation clinique approfondie, le diagnostic individuel et les recherches portant sur les modèles structuraux.
    • PFS-4 : Version abrégée à 4 items, ultra-parsimonieuse, recommandée pour le dépistage de masse et les protocoles de recherche longitudinaux ou multi-thématiques.
  • Consigne de passation : Les répondants sont invités à évaluer la fréquence d’apparition des comportements décrits en prenant pour référence temporelle explicite les deux dernières semaines au cours desquelles ils devaient effectuer un travail académique (révisions d’examens, devoirs, mémoires).
  • Échelle de réponse : Format de réponse ordinale à 5 échelons :
    Häufigkeitsverteilungen (1 = (Fast) nie, 2 = Selten, 3 = Manchmal, 4 = Häufig, 5 = (Fast) immer) und Mittelwerte (M) aller ursprünglich 12 PFS Items für die Studierendenstichproben S1 (N = 457) und S2 (N = 1228)
    (Soit en équivalence usuelle : 1 = [Presque] jamais, 2 = Rarement, 3 = Parfois, 4 = Souvent, 5 = [Presque] toujours).
  • Modalités de cotation et d’interprétation :
    • Tous les items sont formulés dans le sens direct de la procrastination ; aucun item inversé n’est présent.
    • Pour les applications descriptives ou de dépistage pratique, un score composite est calculé par la moyenne ou la somme des items (de 7 à 35 pour le PFS-7 ; de 4 à 20 pour le PFS-4). Des scores élevés traduisent une sévérité accrue de l’ajournement dysfonctionnel.
    • Pour la recherche avancée en modélisation structurelle, les auteurs recommandent expressément l’utilisation de modèles d’équations structurelles non linéaires basés sur les variables latentes issues de la TRI (modèle d’ogive à 2 paramètres) plutôt que sur de simples scores sommés, afin de tenir compte de la non-linéarité des intervalles de l’échelle ordinale.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le PFS a été développé et validé au cours de travaux menés entre 2004 et 2008 au sein de l’Université de Münster :

  • Année d’origine : 2004 (premières formulations par Tanja Deters et le groupe de travail de Münster) ; consolidation méthodologique et formalisation psychométrique finale en 2008 (thèse de Katharina Frings et publication dans le référentiel de tests ZPID / Zusammenstellung sozialwissenschaftlicher Items und Skalen – ZIS).
  • Statut des droits et accessibilité : Le questionnaire fait partie du domaine public académique à des fins d’enseignement, de recherche scientifique sans but lucratif et d’évaluation clinique universitaire. L’accès aux items et aux notices méthodologiques est libre et gratuit.
  • Tarifs : L’utilisation du PFS ne requiert le versement d’aucune redevance financière ou royalty commerciale (Open Access / Non-commercial academic research).
  • Autorisation requise : Aucune demande d’autorisation formelle payante n’est exigée pour une utilisation académique standard, sous réserve expresse de citer de manière appropriée les travaux originaux de l’Université de Münster et les publications de référence associées. Toute utilisation commerciale ou intégration dans des plateformes payantes de coaching doit préalablement faire l’objet d’un accord exprès avec les détenteurs institutionnels du projet à l’Université de Münster.

12. Références / References

Les publications fondatrices, adaptations psychométriques et cadres théoriques associés au PFS comprennent notamment les travaux suivants :

  • Aitken, M. E. (1982). A personality profile of the college student procrastinator (Doctoral dissertation, University of Pittsburgh). University Microfilms International, No. 82-18158.
  • Bollen, K. A. (1989). Structural equations with latent variables. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1002/9781118619179
  • Deters, T. (2006). Aufschiebeverhalten bei Studierenden: Entwicklung eines Fragebogens zur Prokrastination (PFS) [Mémoire de diplôme inédit]. Westfälische Wilhelms-Universität Münster.
  • Ferrari, J. R., O’Callaghan, J., & Newbegin, I. (2005). Prevalence of procrastination in the United States, United Kingdom, and Australia: Arousal and avoidance delays among adults. North American Journal of Psychology, 7(1), 1–6.
  • Flora, D. B., & Curran, P. J. (2004). An empirical evaluation of alternative methods of estimation for confirmatory factor analysis with ordinal data. Psychological Methods, 9(4), 466–491. https://doi.org/10.1037/1082-989X.9.4.466
  • Frings, K. (2008). Psychometrische Prüfung des Prokrastinationsfragebogens für Studierende (PFS) mittels non-linearer Faktorenanalysen [Mémoire de diplôme inédit]. Westfälische Wilhelms-Universität Münster.
  • Glöckner-Rist, A., & Hoijtink, H. (2003). The local independence assumption in latent class models and confirmatory factor analysis. In J. A. Hagenaars & A. L. McCutcheon (Eds.), Applied latent class analysis (pp. 370–392). Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511499531.014
  • Helmke, A., & Schrader, F.-W. (2000). Prokrastination im Studium: Erscheinungsformen und motivationale Bedingungen. Zeitschrift für Pädagogische Psychologie, 14(2/3), 86–101. https://doi.org/10.1024//1010-0652.14.23.86
  • Kuhl, J. (1992). A theory of self-regulation: Action versus state orientation, self-discrimination, and some applications. Applied Psychology, 41(2), 97–129. https://doi.org/10.1111/j.1464-0597.1992.tb00688.x
  • Muthén, L. K., & Muthén, B. O. (2007). Mplus user’s guide (5th ed.). Muthén & Muthén.
  • Patzelt, J., & Opitz, S. (2005a). Prokrastination und Studienorganisation: Zur Bedeutung von Fachstrukturen für das studentische Aufschieben [Rapport de recherche]. Psychologisches Institut der Universität Münster.
  • Patzelt, J., & Opitz, S. (2005b). Dimensionalität und Validität der deutschen Fassung der Aitken Procrastination Scale (APS) [Rapport technique]. Psychologisches Institut der Universität Münster.
  • Rist, F., Engberding, M., Patzelt, J., & Beißner, J. (2006). Prokrastination: Wie dysfunktionales Aufschieben zustande kommt und wie es behandelt werden kann. Psychotherapie im Dialog, 7(4), 399–404. https://doi.org/10.1055/s-2006-951834
  • Steel, P. (2007). The nature of procrastination: A meta-analytic and theoretical review of quintessential self-regulatory failure. Psychological Bulletin, 133(1), 65–94. https://doi.org/10.1037/0033-2909.133.1.65
  • Steel, P., & König, C. J. (2006). Integrating theories of motivation. Academy of Management Review, 31(4), 889–913. https://doi.org/10.5465/amr.2006.22527462

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Response Scale: Häufigkeitsverteilungen (1 = (Fast) nie, 2 = Selten, 3 = Manchmal, 4 = Häufig, 5 = (Fast) immer) und Mittelwerte (M) aller ursprünglich 12 PFS Items für die Studierendenstichproben S1 (N = 457) und S2 (N = 1228)
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Looti, M. (2026, octobre 16). Questionnaire de procrastination pour étudiants (PFS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-procrastination-etudiants-pfs
Looti, Mohammed. “Questionnaire de procrastination pour étudiants (PFS).” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-procrastination-etudiants-pfs.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de procrastination pour étudiants (PFS).” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-procrastination-etudiants-pfs.