Questionnaire de prédiction de la judiciarisation des relations familiales (C-JUDIFA)

Le Questionnaire de prédiction de la judiciarisation des relations familiales (C-JUDIFA) est un outil psychométrique de 59 items mesurant le risque de chronicisation judiciaire des conflits de séparation et de divorce à travers 9 dimensions systémiques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de prédiction de la judiciarisation des relations familiales (connu sous l’acronyme espagnol C-JUDIFA, pour Cuestionario de Predicción de la Judicialización de las Relaciones Familiares) est un instrument d’évaluation psychométrique et médico-légal élaboré pour identifier de manière précoce et rigoureuse le risque d’escalade conflictuelle vers le contentieux judiciaire chez les couples en situation de séparation ou de divorce. Face à l’engorgement chronique des juridictions aux affaires familiales et aux répercussions délétères des litiges prolongés sur le bien-être psychologique des enfants et des ex-conjoints, le C-JUDIFA offre une modélisation multidimensionnelle et prédictive de la chronicisation du conflit post-conjugal.

L’instrument est composé de 59 items étalonnés sur une échelle de réponse de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »). Il mesure neuf dimensions spécifiques regroupées conceptuellement et empiriquement sous trois macro-facteurs structurants :

  • La gestion de la rupture conjugale : intégrant l’adaptation au divorce (fondée sur des adaptations de l’échelle CAD-S de Yárnoz-Yaben et Comino-González) et le deuil lié à la séparation.
  • La coparentalité post-conjugale : évaluant la coparentalité positive, la présence d’un conflit destructeur avec l’ex-partenaire, la haine pathologique ou enkystée, ainsi que les capacités de pardon interpersonnel.
  • Les relations systémiques et l’environnement périphérique : analysant les dynamiques de triangulation impliquant les enfants, l’intrusion déstabilisante des familles d’origine et la perméabilité dysfonctionnelle au recours au système judiciaire.

Sur le plan métrologique, le C-JUDIFA présente d’excellentes qualités psychométriques établies sur un échantillon d’adultes espagnols ayant vécu une rupture conjugale. La validité de contenu a été corroborée par des panels d’experts en médiation familiale et en psychologie juridique, obtenant des scores moyens de pertinence oscillant entre 8 et 9 sur 10. Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) attestent d’une adéquation robuste tant pour les modèles unidimensionnels de chaque sous-échelle que pour la structure hiérarchique trifactorielle globale (RMSEA < 0,08 ; CFI et GFI > 0,95). Enfin, la cohérence interne, mesurée à l’aide du coefficient oméga de McDonald ($\omega$), démontre une fidélité remarquable, la quasi-totalité des échelles dépassant le seuil de 0,90. Cet outil constitue un vecteur diagnostique et préventif de premier ordre pour les services de médiation, les experts judiciaires et les cliniciens de la famille.

2. Mots-clés / Keywords

Judiciarisation familiale, divorce conflictuel, rupture conjugale, coparentalité post-rupture, conflit parental, médiation familiale, triangulation systémique, évaluation psychométrique, psychologie juridique, adaptation au divorce, aliénation parentale, litige familial.

3. Auteurs / Authors

Le C-JUDIFA a été développé par une équipe de chercheurs et praticiens rattachés à la Faculté de psychologie de l’Université Complutense de Madrid (Espagne) :

  • María Martín-González : Psychologue, chercheuse et spécialiste en médiation et psychologie juridique de la famille. Affiliée au Département de psychologie clinique, expérimentale et de la santé, Universidad Complutense de Madrid. Courriel de correspondance : [email protected].
  • Sergio Escorial : Docteur en psychologie, professeur et expert en méthodologie des sciences du comportement et en psychométrie, Universidad Complutense de Madrid.
  • Ignacio Bolaños : Docteur en psychologie, professeur de thérapie familiale systémique et pionnier de la médiation familiale en Espagne, Universidad Complutense de Madrid.
  • Amelia García-Moltó : Chercheuse et clinicienne spécialisée dans les interventions médico-légales et l’expertise psychologique auprès des tribunaux de la famille, Universidad Complutense de Madrid.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Cuestionario de Predicción de la Judicialización de las Relaciones Familiares (C-JUDIFA) réside dans la détection quantitative, précoce et objective des dynamiques psychologiques et relationnelles qui précipitent le passage d’une crise conjugale ordinaire vers une judiciarisation chronique. La rupture conjugale constitue l’une des transitions de vie les plus stressantes qu’un individu puisse traverser. Si la majorité des familles parvient à réorganiser ses liens coparentaux au terme d’une période d’ajustement transitoire, une minorité substantielle (estimée entre 15 % et 25 % des séparations) s’enlise dans un conflit sévère, caractérisé par des plaintes récurrentes, des procédures judiciaires répétées, des litiges sur la garde d’enfants et une incapacité chronique à coopérer.

Ce phénomène, qualifié de judiciarisation des relations familiales, produit des externalités extrêmement délétères :

  • Impact sur le développement de l’enfant : L’exposition soutenue au conflit interparental et les loyautés divisées induisent des troubles anxio-dépressifs, des comportements extériorisés, des régressions développementales et une fragilisation des mécanismes d’attachement.
  • Détérioration du tissu coparental : L’arène judiciaire tend à formaliser, polariser et intensifier les ressentiments préexistants, transformant chaque décision éducative ou médicale ordinaire en un champ de bataille procédural.
  • Surcharge des institutions publiques : L’engorgement des tribunaux civils et des services d’aide sociale à l’enfance mobilise des ressources publiques massives pour des conflits qui relèvent davantage de l’impasse émotionnelle que du droit strict.

Dans cette perspective, le C-JUDIFA répond à un besoin criant de rigueur scientifique et d’aide à la décision. Il ne s’agit pas simplement de constater l’intensité d’une dispute, mais de disséquer les mécanismes sous-jacents qui rendent le contentieux inévitable. Sur le plan de la recherche empirique, l’instrument permet de modéliser les trajectoires de rupture et d’identifier les variables médiatrices et modératrices de l’escalade conflictuelle. Sur le plan de la pratique clinique et médico-légale, il s’adresse à trois champs d’action prioritaires :

  1. La médiation familiale et la coordination parentale : L’outil permet d’évaluer la « médiabilité » d’un litige. Un score élevé sur des dimensions de haine enkystée ou de triangulation peut inciter les professionnels à privilégier une mesure de coordination parentale structurée plutôt qu’une médiation conventionnelle non contraignante.
  2. L’expertise psychologique judiciaire : Fournir aux juges et aux magistrats des tribunaux de la famille un profil psychologique standardisé et reproductible mettant en lumière le risque de récidive procédurale et les dynamiques systémiques toxiques.
  3. Les services de protection de l’enfance et de santé mentale : Cibler les axes d’intervention psychothérapeutique prioritaires (par exemple, le travail de deuil de la relation conjugale versus la clarification des frontières avec la famille élargie).

5. Construit psychologique / Construct

Le C-JUDIFA appréhende la judiciarisation non comme un événement isolé, mais comme un construit composite résultant de l’interaction de variables individuelles, dyadiques et systémiques. L’inventaire est articulé autour de neuf dimensions clés, structurées en trois macro-domaines :

Facteur 1 : Gestion de la rupture conjugale (Breakup Management)

Ce premier domaine explore la capacité individuelle des ex-conjoints à métaboliser la fin de l’engagement amoureux et à accepter la nouvelle réalité biographique.

  • Adaptation au divorce : Cette dimension, issue des travaux sur l’échelle CAD-S (Cuestionario de Adaptación al Divorcio-Separación), mesure le degré de restructuration psychologique et identitaire de l’individu après la rupture. Une bonne adaptation se manifeste par une autonomie retrouvée, l’acceptation de la situation monoparentale ou recomposée et l’absence de rumination dépressive invalidante. Exemple clinique : L’incapacité d’un individu à concevoir son existence indépendamment du statut marital dissous constitue un score déficitaire sur cette sous-échelle.
  • Deuil lié à la séparation : Inspirée du Divorce Unresolved Grief Scale (DUGS), cette sous-échelle capture le deuil non résolu, les affects de perte, le déni de la séparation et les espoirs persistants de réconciliation. Lorsque le deuil est bloqué, la procédure judiciaire peut devenir une tentative inconsciente de maintenir un lien obsessionnel avec l’ancien partenaire.

Facteur 2 : Coparentalité post-conjugale (Post-Conjugal Coparenting)

Ce macro-facteur s’intéresse à la dyade coparentale et à l’étanchéité des frontières entre l’ex-conjoint (lien conjugal aboli) et le parent (lien éducatif pérenne).

  • Coparentalité positive : Évalue la capacité des ex-partenaires à communiquer de manière fonctionnelle, à négocier les plannings de garde, à respecter les compétences parentales de l’autre et à promouvoir une image bienveillante du parent absent auprès de l’enfant.
  • Conflit avec l’ex-partenaire : Mesure l’intensité, la fréquence et le mode d’expression des litiges verbaux, comportementaux et logistiques. Les conflits destructeurs se caractérisent par le dénigrement systématique, les accusations réciproques et l’incapacité absolue à trouver des compromis.
  • Haine pathologique et enkystée : Cette dimension examine un affect dévastateur conceptualisé par la littérature systémique. La haine enkystée n’est pas une simple rancœur passagère ; elle devient un principe organisateur de la personnalité post-divorce, où la destruction symbolique ou matérielle de l’ex-partenaire prévaut sur toute autre considération, y compris l’intérêt supérieur de l’enfant.
  • Pardon envers l’ex-partenaire : Mesure le désengagement émotionnel vis-à-vis des blessures subies durant la vie commune ou la rupture. Le pardon ne signifie pas la caution des actes passés, mais la cessation active du désir de rétribution ou de vengeance, condition sine qua non de la pacification relationnelle.

Facteur 3 : Relations systémiques (Systemic Relationships)

Ce volet analyse la perméabilité de la frontière familiale et l’interférence d’acteurs tiers qui amplifient ou pérennisent l’affrontement.

  • Dynamiques triangulaires : Évalue le degré d’instrumentalisation de l’enfant dans le conflit conjugal. Le parent triangulant incite l’enfant à prendre parti, à devenir un messager hostile, un espion ou un allié psychologique, plaçant l’enfant dans un dilemme de loyauté insoluble et favorisant l’aliénation parentale.
  • Implication excessive des familles d’origine : Mesure l’ingérence des grands-parents, oncles ou nouveaux partenaires de la lignée d’origine dans la gestion du conflit parental. Les familles d’origine agissent souvent comme des « amplificateurs d’écho », validant l’hostilité et finançant parfois activement les contentieux judiciaires.
  • Influence et recours au système judiciaire : Analyse la croyance rigide selon laquelle seule l’autorité judiciaire (juges, avocats, forces de l’ordre) est légitime pour régler les différends du quotidien, reflétant une extériorisation totale de la responsabilité parentale vers le prétoire.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’assise théorique du C-JUDIFA repose sur la convergence féconde de la théorie des systèmes familiaux, de la théorie de l’attachement et des modèles contemporains de la psychologie du divorce et de la justice procédurale.

1. L’approche systémique : Minuchin, Bowen et l’école structurelle

Le cadre conceptuel emprunte massivement aux travaux pionniers de Salvador Minuchin sur la structure familiale et les frontières intergénérationnelles. Selon l’approche structurelle, une famille en transition de divorce doit impérativement dissoudre le sous-système conjugal tout en préservant le sous-système coparental. Dans les familles judiciarisées, cette frontière s’effondre : le conflit conjugal contamine la coparentalité, conduisant à des phénomènes de coalition transgénérationnelle et de triangulation décrits par Murray Bowen. L’enfant, pris en étau, est coopté pour apaiser l’anxiété d’un parent ou pour former une alliance rigide contre l’autre, mécanisme central des dynamiques d’aliénation et de contentieux persistant.

2. Les modèles de l’impasse du divorce : Johnston et Campbell

Les travaux de Janet Johnston et Linda Campbell sur les « divorces à haut conflit » (high-conflict divorce) et les « impasses de séparation » constituent le socle de la dimension « haine enkystée ». Selon ces auteurs, la haine pathologique remplit une fonction défensive de survie psychologique : elle protège l’individu contre l’angoisse d’abandon, le sentiment d’humiliation et l’effondrement narcissique induits par la rupture. La judiciarisation devient alors un théâtre d’externalisation psychique, où l’appareil légal est sommé de délivrer une « vérité morale » ou une punition vicariante.

3. L’adaptation et la transition coparentale : Emery et Yárnoz-Yaben

Le C-JUDIFA intègre également les modèles développés par Robert Emery relatifs à la renégociation des frontières après le divorce. Emery souligne que le deuil conjugal et la colère post-rupture oscillent fréquemment de manière désynchronisée entre les deux conjoints, créant des asymétries de contrôle propices au recours judiciaire. Ces postulats théoriques ont été opérationnalisés en contexte hispanophone par Sabino Yárnoz-Yaben et ses collaborateurs (2010, 2017) à travers l’étude de l’adaptation psychologique au divorce (CAD-S) et du deuil non résolu, matrices directes des dimensions du C-JUDIFA.

7. Validité / Validity

La validation psychométrique du C-JUDIFA a fait l’objet d’un processus rigoureux décrit par Martín-González et al. (2023), mobilisant plusieurs approches méthodologiques complémentaires pour attester de son adéquation aux standards internationaux de l’American Psychological Association (APA).

Validité de contenu

La validité de contenu a été documentée au moyen d’un panel d’experts composé de psychologues spécialistes de l’évaluation judiciaire, de médiateurs familiaux agréés et de magistrats. Les experts ont évalué chaque item en termes de pertinence, de clarté syntaxique et de représentativité théorique par rapport au construit visé sur une échelle d’évaluation de 1 à 10 :

  • Les sous-échelles « Adaptation au divorce », « Coordination parentale », « Conflit avec l’ex-partenaire », « Dynamiques triangulaires », « Deuil lié à la séparation » et « Système judiciaire » ont recueilli des moyennes d’évaluation d’experts proches de 8 sur 10.
  • Les dimensions « Pardon envers l’ex-partenaire », « Haine enkystée » et « Implication excessive de la famille d’origine » ont atteint un niveau d’accord encore supérieur, avec des moyennes frôlant 9 sur 10.

Cette analyse a conduit à l’épuration sémantique de plusieurs formulations ambiguës et à l’élimination des redondances pour stabiliser l’inventaire définitif à 59 items.

Validité de construit et prédictive

La validité de construit a été appuyée par des corrélations fortes et significatives entre les sous-échelles du C-JUDIFA et des variables cliniques étalonnées. Les résultats mettent en évidence :

  • Une corrélation positive robuste entre les scores élevés de haine pathologique, de triangulation et d’implication des familles d’origine avec le nombre effectif de dépôts de plaintes et de demandes de révision de jugement auprès des juridictions civiles.
  • Une corrélation négative marquée entre la dimension de coparentalité positive, le pardon et la fréquence des recours contentieux, ces échelles agissant comme des facteurs protecteurs face à la judiciarisation.
  • Une validité convergente confirmée avec les instruments d’origine : les scores d’adaptation au divorce corrèlent de façon substantielle avec les mesures d’ajustement émotionnel global et d’absence de symptômes internalisés.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité et de la consistance interne du C-JUDIFA a été menée au moyen du coefficient oméga de McDonald ($\omega$), aujourd’hui largement préconisé par la communauté psychométrique en remplacement de l’alpha de Cronbach en raison de son absence de postulat d’équivalence tau (tau-equivalence) et de sa robustesse face aux variations de saturation factorielle.

  • Excellence psychométrique globale : L’ensemble des neuf sous-échelles a démontré des indices de consistance interne élevés, la grande majorité d’entre elles affichant un coefficient $\omega$ strictement supérieur à 0,90. Ces valeurs confirment que les items mesurent avec une très grande précision les domaines psychologiques ciblés, minimisant l’erreur de mesure aléatoire.
  • Stabilité relative : Parmi les neuf dimensions, la sous-échelle « Conflit avec l’ex-partenaire » a obtenu le coefficient de fidélité le plus faible de la batterie d’échelles, tout en demeurant à un niveau hautement satisfaisant sur le plan clinique et psychométrique ($\omega$ se situant dans des zones acceptables pour la prise de décision individuelle).
  • Consistance factorielle : Les échelles de « Haine enkystée », d’« Adaptation au divorce » et de « Dynamiques triangulaires » figurent parmi les plus homogènes, avec des saturations factorielles uniformément fortes au sein de chaque domaine respectif.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle du C-JUDIFA a été soumise à une démarche d’investigation rigoureuse combinant l’analyse parallèle et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) sous modélisation en équations structurelles.

Analyse parallèle et unidimensionnalité des échelles

Préalablement à l’évaluation du modèle global, une analyse parallèle de Horn a été conduite sur chacune des neuf sous-échelles du questionnaire. Cette vérification empirique a corroboré l’hypothèse d’unidimensionnalité interne pour chacune des dimensions : chaque échelle sous-tend un construit unique bien individualisé, sans contamination bidimensionnelle parasite.

Modélisation confirmatoire globale (AFC)

L’analyse factorielle confirmatoire a testé la conformité théorique du regroupement des neuf dimensions au sein de trois facteurs de second ordre (Gestion de la rupture, Coparentalité post-conjugale, Relations systémiques) :

  • Indices d’ajustement absolus et de résidus : L’indice Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) s’est établi en deçà du seuil critique d’adéquation exigeant de 0,08 (recommandé par Hu & Bentler, 1999).
  • Indices d’ajustement comparatifs et absolus : Le Comparative Fit Index (CFI) et le Goodness of Fit Index (GFI) ont tous deux affiché des valeurs supérieures à 0,95.

Ces données confirment l’adéquation remarquable des données empiriques recueillies auprès de la population d’adultes espagnols avec le modèle structurel tridimensionnel conceptualisé par les auteurs, confirmant la validité d’architecture de l’instrument.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le C-JUDIFA se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé répondant aux spécifications techniques suivantes :

  • Nom complet de l’outil : Cuestionario de Predicción de la Judicialización de las Relaciones Familiares (C-JUDIFA) / Questionnaire de prédiction de la judiciarisation des relations familiales.
  • Type d’épreuve : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (auto-rapport).
  • Nombre d’items : 59 items.
  • Format des réponses : Échelle de type Likert ordinale à 5 modalités d’accord :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Totalmente en desacuerdo)
    • 2 = Peu d’accord (En desacuerdo)
    • 3 = Neutre / Moyennement d’accord (Neutro / Ni de acuerdo ni en desacuerdo)
    • 4 = D’accord (De acuerdo)
    • 5 = Tout à fait d’accord (Totalmente de acuerdo)
  • Temps de passation : Environ 15 à 20 minutes en modalité individuelle (papier-crayon ou administration informatisée).
  • Modalités de cotation : L’instrument produit des scores composites pour chacune des 9 dimensions, ainsi que des scores globaux par macro-facteur. Certains items inversés font l’objet d’une recodification préalable (ex : scores de coparentalité positive versus conflit). Un profil de risque global de judiciarisation est établi par confrontation des scores aux barèmes normatifs.
  • Public cible : Adultes âgés de 18 ans et plus ayant vécu une séparation conjugale ou un divorce, en présence ou non d’enfants issus de l’union.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de parution : 2023.
  • Statut commercial : Non commercial (instrument à vocation de recherche académique et d’application médico-légale non lucrative).
  • Tarification : Accès libre de droits d’utilisation monétaires (No fee), sous réserve du respect strict de la propriété intellectuelle des auteurs.
  • Politique d’autorisation et de licence : Pour toute utilisation clinique, médico-légale ou de recherche, il est requis de solliciter formellement l’autorisation de l’auteure correspondante, María Martín-González, par voie électronique ([email protected]).

12. Références / References

Les sources scientifiques ayant présidé à la conception et à la validation du C-JUDIFA sont répertoriées ci-dessous selon les normes bibliographiques de l’APA (7e édition) :

  • Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
  • Martín-González, M., Escorial, S., Bolaños, I., & García-Moltó, A. (2023). Desarrollo y Propiedades Psicométricas del Cuestionario de Predicción de la Judicialización de las Relaciones Familiares (C-JUDIFA). Anuario de Psicología Jurídica, 33(1), 49–55. https://doi.org/10.5093/apj2022a6
  • McDonald, R. P. (1999). Test theory: A unified treatment. Lawrence Erlbaum Associates Publishers.
  • Yárnoz-Yaben, S. (2017). The Divorce Unresolved Grief Scale: Development and psychometric properties. Journal of Divorce & Remarriage, 58(8), 587–599. https://doi.org/10.1080/10502556.2017.1345244
  • Yárnoz-Yaben, S., & Comino-González, P. (2010). Un instrumento para la evaluación del ajuste al divorcio: El Cuestionario de Adaptación al Divorcio-Separación (CAD-S). Psicothema, 22(1), 38–44. http://www.psicothema.com/psicothema.asp?id=3694

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les 59 énoncés composant le Cuestionario de Predicción de la Judicialización de las Relaciones Familiares (C-JUDIFA) constituent un instrument psychométrique protégé par le droit d’auteur. Conformément aux réglementations sur la propriété intellectuelle et aux stipulations des auteurs et de l’éditeur scientifique, le texte intégral des items n’est pas reproduit publiquement dans le domaine ouvert.

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

L’administration de l’épreuve nécessite l’accès au protocole officiel fourni par l’équipe de recherche. L’inventaire de 59 items est structuré selon les neuf dimensions psychologiques et systémiques suivantes :

Domaine I : Gestion de la rupture conjugale

  • 1. Adaptation au divorce (Divorce adaptation) : Série d’énoncés évaluant l’acceptation de la nouvelle situation de vie, la réorganisation des routines quotidiennes et l’autonomie émotionnelle suite à la rupture légale ou de fait.
  • 2. Deuil lié à la séparation (Grief due to separation) : Items mesurant la tristesse résiduelle, l’incrédulité, la nostalgie récurrente de la relation dissoute et les pensées intrusives quant au lien perdu.

Domaine II : Coparentalité post-conjugale

  • 3. Coparentalité positive (Positive coparenting) : Énoncés mesurant la capacité des parents à coordonner les décisions éducatives, à soutenir mutuellement l’autorité de l’autre et à maintenir des échanges fluides centrés sur l’intérêt de l’enfant.
  • 4. Conflit avec l’ex-partenaire (Conflict with the ex-partner) : Items quantifiant les disputes verbales, les désaccords manifestes, les provocations mutuelles et les blocages communicationnels directs.
  • 5. Haine pathologique ou enkystée envers l’ex-partenaire (Pathological hatred towards the ex-partner) : Série d’items explorant les désirs de vengeance, la rancœur persistante, les jugements destructeurs et le rejet global de la personne de l’autre conjoint.
  • 6. Pardon envers l’ex-partenaire (Forgiveness towards the ex-partner) : Énoncés consacrés à l’abandon actif du ressentiment et à la capacité de dépasser les griefs passés liés à la vie conjugale.

Domaine III : Relations systémiques et environnement judiciaire

  • 7. Dynamiques triangulaires (Triangular dynamics) : Items investiguant le rôle attribué aux enfants, les injonctions paradoxales, le sentiment de devoir choisir un camp et la manipulation perçue de la loyauté filiale.
  • 8. Implication excessive de la famille d’origine (Excessive involvement of the family of origin members) : Énoncés mesurant l’ingérence des proches (grands-parents, fratrie, nouvelle belle-famille) dans le conflit et leur contribution à l’escalade des tensions.
  • 9. Recours et dépendance au système judiciaire (Judicial system involvement) : Énoncés ciblant la tendance à faire trancher par le tribunal les décisions de la vie courante et la perception de la justice comme unique garant de la régulation familiale.

Échelle de réponse employée pour l’ensemble des 59 items :

  1. 1 : Pas du tout d’accord
  2. 2 : En désaccord
  3. 3 : Ni en désaccord ni d’accord (Neutre)
  4. 4 : D’accord
  5. 5 : Tout à fait d’accord

Pour obtenir le formulaire complet incluant le libellé exhaustif des 59 items, les tables de cotation et les normes d’interprétation, les praticiens et chercheurs sont invités à s’adresser directement à l’équipe de recherche de l’Université Complutense de Madrid.

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Looti, M. (2026, octobre 14). Questionnaire de prédiction de la judiciarisation des relations familiales (C-JUDIFA). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-prediction-judiciarisation-relations-familiales-c-judifa
Looti, Mohammed. “Questionnaire de prédiction de la judiciarisation des relations familiales (C-JUDIFA).” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-prediction-judiciarisation-relations-familiales-c-judifa.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de prédiction de la judiciarisation des relations familiales (C-JUDIFA).” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-prediction-judiciarisation-relations-familiales-c-judifa.