Questionnaire sur les idées fausses en psychologie anormale (APMQ)

Analyse psychométrique détaillée du Questionnaire sur les idées fausses en psychologie anormale (APMQ ; Basterfield et al., 2023), évaluant les mythes en santé mentale, leurs corrélats cognitifs et leurs implications éducatives.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur les idées fausses en psychologie anormale (en anglais, Abnormal Psychology Misconceptions Questionnaire ou APMQ ; Basterfield et al., 2023) est un instrument psychométrique d’évaluation standardisé conçu pour mesurer l’adhésion aux croyances erronées, aux mythes populaires et aux distorsions conceptuelles entourant les troubles mentaux, leur étiologie, leur sémiologie et leurs approches thérapeutiques. Développé pour répondre aux lacunes des inventaires antérieurs souvent obsolètes, l’APMQ évalue de manière exhaustive l’étendue des représentations non scientifiques présentes chez les apprenants, particulièrement au sein des populations universitaires de premier cycle en psychologie. L’instrument est structuré en deux versions parallèles et contrebalancées (Forme A et Forme B) comprenant chacune 113 énoncés, répartis en 105 items substantiels cotés et 8 items de validité ou d’attention manifestement évidents visant à détecter les réponses aléatoires ou le manque d’engagement attentionnel. Les formulations positives et négatives sont rigoureusement équilibrées d’une version à l’autre afin de contrôler les biais d’acquiescement.

Le format de réponse de l’APMQ repose sur un paradigme dichotomique Vrai/Faux (sans option « Ne sait pas »), dans lequel chaque réponse endossant un mythe est codée favorablement pour refléter un score global d’adhésion aux idées fausses. Sur le plan des propriétés psychométriques, l’APMQ démontre une cohérence interne globale satisfaisante, attestée par des coefficients alpha de Cronbach de .83 pour la Forme A et de .84 pour la Forme B. Néanmoins, la corrélation moyenne inter-item s’établit à un niveau très bas (respectivement r = .04 et r = .05), soulignant que le construit évalué ne constitue pas une entité unidimensionnelle monolithique, mais plutôt un agrégat étendu et hétérogène de conceptions erronées indépendantes les unes des autres. La validité de construit de l’instrument est confortée par des relations empiriques robustes : une adhésion élevée aux idées fausses mesurées par l’APMQ est significativement associée à des habiletés de pensée critique affaiblies, à une tendance accrue à endosser des croyances paranormales et pseudoscientifiques, ainsi qu’à un rejet des paradigmes scientifiques et comportementaux en psychologie clinique.

2. Mots-clés / Keywords

Psychologie anormale, idées fausses, mythes psychologiques, psychopathologie, pensée critique, croyances paranormales, évaluation psychométrique, enseignement de la psychologie, stigmatisation des troubles mentaux, littératie en santé mentale, biais cognitifs, scepticisme scientifique, validité de construit, cohérence interne, APMQ.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire sur les idées fausses en psychologie anormale a été élaboré et validé par une équipe de chercheurs nord-américains spécialisés en psychologie clinique, en psychométrie et dans la pédagogie des sciences psychologiques :

  • Candice Basterfield, Ph.D. (Auteure correspondante) : Emory University, Emory University School of Medicine, Department of Rehabilitation Medicine, 1441 Clifton Road, Atlanta, GA 30322, États-Unis. Identifiant ORCID : 0000-0002-2736-5216. Courriel institutionnel / professionnel : [email protected].
  • Scott O. Lilienfeld, Ph.D. (Feu) : Professeur émérite au Department of Psychology, Emory University, Atlanta, GA, États-Unis. Figure de proue internationale de l’étude de la pseudoscience clinique, de la formation à l’esprit critique et de la déconstruction des mythes en psychologie.
  • Robin L. Cautin, Ph.D. : Department of Psychology, Sacred Heart University, Fairfield, CT, États-Unis. Chercheuse renommée sur l’histoire de la psychologie clinique et l’intégration des pratiques fondées sur les preuves empiriques.
  • Dylan Jordan, M.S. : Zillow Group, États-Unis. Spécialiste de la méthodologie quantitative et de l’analyse statistique des données comportementales.

4. Objectif / Purpose

Finalité de l’évaluation

L’objectif fondamental de l’APMQ est de quantifier de manière systématique, standardisée et empirique le degré d’adhésion des individus à un large spectre d’idées fausses, de croyances profanes et d’erreurs conceptuelles touchant au domaine de la psychologie anormale et de la psychopathologie clinique. Historiquement, l’enseignement universitaire et la formation médicale se sont heurtés à la persistance d’idées reçues profondément ancrées chez les étudiants, souvent issues de la culture populaire, des médias de masse ou de simplifications heuristiques erronées (Lilienfeld et al., 2011). Avant la mise au point de l’APMQ, les instruments disponibles pour mesurer ces mythes étaient soit fragmentaires, soit périmés, ne couvrant pas l’évolution des classifications diagnostiques (telles que le DSM-5) ou ignorant les mythes contemporains liés à la psychopharmacologie, aux neurosciences profanes et aux thérapies empiriquement soutenues.

Applications en recherche et pédagogie universitaire

L’APMQ a été expressément développé pour servir d’instrument de diagnostic pédagogique et de recherche fondamentale dans le cadre de l’enseignement supérieur (Scholarship of Teaching and Learning in Psychology). Ses applications majeures couvrent :

  • L’évaluation diagnostique pré-pédagogique : Permettre aux enseignants et professeurs de psychopathologie d’identifier avec précision, dès l’amorce d’un cursus, les conceptions erronées les plus prévalentes au sein de leur cohorte d’étudiants, orientant ainsi le curriculum vers des interventions ciblées de réfutation conceptuelle.
  • La mesure de l’efficacité didactique (pré-test / post-test) : Grâce à ses deux formes parallèles équivalentes (Forme A et Forme B), l’APMQ offre un cadre méthodologique robuste pour évaluer si les approches d’enseignement réfutatives (refutational teaching) réduisent durablement l’adhésion aux mythes comparativement aux méthodes d’enseignement traditionnelles purement transmissives.
  • L’étude des corrélats épistémiques et cognitifs : En recherche fondamentale, l’instrument permet d’explorer les fondements cognitifs qui sous-tendent la vulnérabilité aux fausses informations médicales et psychiatriques, notamment le rôle du raisonnement analytique, du besoin de clôture cognitive, de la pensée magique et des attitudes envers la méthode scientifique.

Pertinence pour la clinique et la santé publique

Au-delà de la sphère académique, la mesure des idées fausses relatives aux troubles mentaux possède une résonance critique pour la santé publique et la déstigmatisation. Les représentations inexactes des pathologies psychiatriques — telles que la croyance selon laquelle la schizophrénie équivaut à un dédoublement de la personnalité, ou que la dépression majeure relève d’une simple faiblesse de volonté — constituent des obstacles majeurs à la recherche d’aide professionnelle (help-seeking behavior), alimentent la stigmatisation sociale et favorisent le recours à des interventions thérapeutiques pseudoscientifiques potentiellement délétères.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’APMQ est l’« adhésion aux idées fausses en psychologie anormale » (mental illness misconceptions). Contrairement à un trait de personnalité unitaire ou à une aptitude cognitive générale, ce construit est de nature formative et multidimensionnelle : il regroupe une constellation de propositions factuellement réfutées par le consensus scientifique en psychiatrie et en psychologie clinique, mais largement admises dans le sens commun.

Cartographie conceptuelle des domaines de croyances

Bien que l’APMQ délivre un score global d’inexactitude conceptuelle, les 105 items substantiels sont dérivés des travaux fondateurs de Lilienfeld et al. (2011), de Furnham (2018), de Furnham et Hughes (2014) ainsi que de Wahl (1995). Ils s’articulent autour de plusieurs dimensions sémiologiques, diagnostiques et thérapeutiques majeures :

  • Mythes sémiologiques et diagnostiques : Croyances erronées relatives aux manifestations phénoménologiques des troubles majeurs. Les exemples typiques incluent l’assimilation erronée de la schizophrénie au trouble dissociatif de l’identité, l’illusion que le trouble bipolaire se caractérise par des oscillations d’humeur imprévisibles d’une minute à l’autre, ou l’idée que les personnes atteintes de troubles autistiques possèdent invariablement des compétences savantes prodigieuses.
  • Mythes étiologiques et causaux : Conceptions réductionnistes ou inexactes concernant les causes de la souffrance psychologique. Cela inclut le blâme parental disproportionné (par exemple, les mythes désuets incriminant les « mères réfrigérateurs » dans la genèse de l’autisme), la réduction de la dépression à un simple déséquilibre chimique corrigeable instantanément, ou à l’opposé, la négation des facteurs neurobiologiques et génétiques au profit d’une vision moralisatrice de la maladie.
  • Stéréotypes de dangerosité et de criminalité : Surévaluation disproportionnée du risque de violence associé aux personnes présentant des troubles mentaux sévères. Ces mythes, massivement relayés par les fictions cinématographiques, postulent que les personnes psychiatrisées sont intrinsèquement violentes, imprévisibles et chroniquement dangereuses pour la société, contredisant les données épidémiologiques démontrant qu’elles sont bien plus fréquemment victimes qu’auteures d’actes violents.
  • Mythes thérapeutiques et pronostiques : Fausses représentations quant à la nature et à l’efficacité des traitements psychiatriques et psychologiques. Ces croyances englobent l’idée que l’électroconvulsivothérapie (ECT) est une méthode de torture médiévale détruisant systématiquement le cerveau, que les psychothérapies verbales sont inefficaces face aux maladies graves, que les antidépresseurs sont systématiquement addictifs comme des narcotiques, ou encore qu’un diagnostic psychiatrique condamne inéluctablement l’individu à une détérioration continue sans possibilité de rétablissement.
  • Aspects médico-légaux et psychiatrie légale : Idées reçues entourant le plaidoyer de non-responsabilité pénale pour cause de trouble mental (défense d’aliénation mentale), fréquemment perçu comme une échappatoire juridique omniprésente et facilement instrumentalisée par les criminels pour éviter l’incarcération, alors que les études démontrent qu’il n’est invoqué que dans moins de 1 % des procès et n’aboutit que très rarement.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Courant de pensée et épistémologie

Le cadre théorique de l’APMQ s’enracine dans la psychologie scientifique sceptique, la psychologie cognitive de l’éducation et les théories contemporaines du changement conceptuel (conceptual change theory ; Posner et al., 1982 ; Vosniadou, 2007). Le modèle épistémologique sous-jacent postule que l’esprit humain n’aborde pas l’étude du comportement pathologique comme une tabula rasa (page blanche). Au contraire, les individus développent très tôt une « psychologie naïve » ou « psychologie profane » (folk psychology), structurée à partir d’observations empiriques informelles, d’intuitions phénoménologiques et d’assimilations culturelles médiatisées.

Mécanismes cognitifs de maintien des croyances erronées

Les travaux de Scott O. Lilienfeld et de ses collègues (Lilienfeld et al., 2011) ont identifié plusieurs mécanismes cognitifs et psychosociaux fondamentaux qui alimentent et perpétuent les idées fausses en santé mentale :

  • Le biais de confirmation et l’attention sélective : Tendance cognitive systématique à privilégier, mémoriser et interpréter les informations confirmant les hypothèses préalables (ex. se remémorer un acte violent perpétré par une personne schizophrène relayé par les actualités) tout en ignorant les innombrables contre-exemples contraires aux stéréotypes.
  • Les corrélations illusoires : Perception erronée d’un lien statistique de contingence entre deux événements distincts (ex. l’association entre la pleine lune et une hausse présumée des admissions aux urgences psychiatriques), générée par la saillance conjointe des faits marquants.
  • La réification nosologique : Tendance à considérer les catégories diagnostiques descriptives du DSM comme des entités pathologiques tangibles discrètes dotées d’une essence biologique immuable, plutôt que comme des heuristiques cliniques d’observation.
  • L’exposition et la familiarité médiatique : L’effet de simple exposition (Zajonc) renforce l’adhésion aux mythes : plus une idée fausse est répétée dans les médias de divertissement, plus sa fluidité cognitive (cognitive fluency) augmente lors du traitement de l’information, conduisant le sujet à la confondre avec une vérité démontrée.

Théorie du changement conceptuel

Sur le plan didactique, le cadre théorique postule que la simple transmission de connaissances exactes ne suffit pas à éliminer les idées fausses préalables. Selon le modèle de Posner, Strike, Hewson et Gertzog (1982), pour qu’un individu abandonne une conception erronée en psychopathologie, il doit d’abord vivre une situation de « dissonance cognitive » ou d’insatisfaction face à sa conception existante, puis être confronté à une conception alternative qui soit intelligible, plausible et pédagogiquement féconde. L’APMQ sert d’opérateur diagnostique dans cette dynamique d’accommodation intellectuelle.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique menée par Basterfield et ses collaborateurs (2023) auprès d’un échantillon d’étudiants universitaires nord-américains inscrits en cours d’introduction à la psychologie a permis de documenter des indices substantiels de validité de construit, de validité convergente et de validité discriminante.

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit de l’APMQ repose sur sa capacité à démontrer des relations empiriques conformes aux prédictions théoriques régissant les erreurs de raisonnement et l’adhésion aux croyances non fondées :

  • Corrélation négative avec la pensée critique : Les analyses révèlent que les étudiants obtenant des scores élevés à l’APMQ (démontrant une forte acceptation des idées fausses sur les troubles mentaux) affichent des performances significativement plus faibles aux tests standardisés d’habiletés de pensée critique et de raisonnement scientifique. Ce résultat corrobore l’hypothèse selon laquelle les mythes prospèrent chez les sujets qui peinent à évaluer la validité des arguments logiques et le niveau de preuve empirique.
  • Corrélation positive avec les croyances paranormales et pseudoscientifiques : Les scores à l’APMQ sont positivement corrélés avec l’adhésion aux phénomènes paranormaux (télépathie, précognition, astrologie) et aux pseudosciences médicales. Les individus qui acceptent sans réserve les mythes entourant les maladies mentales partagent une propension cognitive générale à entériner des affirmations extraordinaires dénuées de fondement scientifique tangible.
  • Corrélation négative avec les approches scientifiques et comportementales : Les participants adhérant aux idées fausses manifestent une probabilité significativement moindre d’endosser les principes scientifiques, expérimentaux et comportementaux régissant la psychologie moderne. Ils tendent plutôt à valoriser les explications purement intuitives, subjectives ou psychanalytiques non réfutables.

Validité de contenu

La sélection des énoncés de l’APMQ a fait l’objet d’un processus rigoureux de validité de contenu, s’appuyant sur l’extraction d’items issus de corpus reconnus d’experts en démystification psychologique (e.g., les publications de référence de Lilienfeld, Lynn, Ruscio, & Beyerstein, 2011 ; Furnham, 2018 ; Wahl, 1995). Chaque énoncé a été confronté à l’état de l’art de la littérature psychopathologique contemporaine afin de garantir que chaque mythe répertorié constitue indubitablement une inexactitude empirique consensuelle.

Validité liée aux items de contrôle de l’attention

L’inclusion systématique de 8 items de validité évidents (visant à contrôler si le répondant lit attentivement les énoncés) renforce la validité interne des données recueillies. L’élimination des participants échouant à ces items de contrôle permet d’écarter le bruit statistique attribuable aux profils de réponse aléatoire, garantissant que les scores reflètent d’authentiques croyances cognitives plutôt qu’une négligence attentionnelle.

8. Fidélité / Reliability

Cohérence interne

La fidélité de l’APMQ a été évaluée à travers l’examen de sa cohérence interne au moyen du coefficient alpha de Cronbach dans les deux versions équivalentes élaborées par les auteurs (Basterfield et al., 2023) :

  • Version A : Le coefficient alpha de Cronbach s’élève à .83, avec une corrélation moyenne inter-item (mean interitem r) de .04.
  • Version B : Le coefficient alpha de Cronbach s’élève à .84, avec une corrélation moyenne inter-item (mean interitem r) de .05.

Interprétation psychométrique des coefficients

Sur le plan métrologique, ces résultats mettent en lumière une particularité classique des instruments composites évaluant des connaissances ou des croyances composites :

D’un côté, les valeurs d’alpha de Cronbach (> .80) satisfont amplement aux standards psychométriques conventionnels requis pour l’utilisation d’un instrument en contexte de recherche de groupe. Cependant, cette valeur élevée est mathématiquement amplifiée par le nombre substantiel d’items composant le test (105 items substantiels par version), l’alpha étant mécaniquement dépendant de la longueur de l’épreuve.

D’un autre côté, la corrélation moyenne inter-item extrêmement basse (.04 et .05) indique que l’APMQ n’est pas un instrument homogène. En d’autres termes, les différents mythes évalués ne co-varient que très faiblement entre eux. Un répondant peut fermement adhérer à une fausse croyance relative à l’électroconvulsivothérapie sans pour autant endosser les mythes entourant la dangerosité des personnes atteintes de schizophrénie ou les causes de l’anorexie mentale. Ce constat atteste que les idées fausses constituent des représentations modulaires, fragmentées et idiosyncrasiques, et non l’expression d’un trait latent unique d’« ignorance psychopathologique générale ».

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

État des données factorielles

Dans l’étude princeps menée par Basterfield, Lilienfeld, Cautin et Jordan (2023), aucune modélisation en analyse factorielle exploratoire (AFE) ou confirmatoire (AFC) n’a été formellement rapportée pour dériver des sous-échelles factoriellement pures ou une solution structurelle sous-jacente (« No data is Available »).

Considérations psychométriques sur la structure factorielle

L’absence de structure factorielle rapportée et la très faible intercorrélation moyenne entre les items (mean interitem r comprise entre .04 et .05) fournissent des indications théoriques majeures sur la structure latente de l’APMQ :

  • Inadéquation des modèles réflectifs traditionnels : En théorie classique des tests, un modèle factoriel standard repose sur l’hypothèse d’indicateurs réflectifs, où un facteur latent commun est la cause des variations observées sur chaque item. Dans le cas des idées fausses en psychologie anormale, ce postulat ne tient pas : l’adhésion à une fausse croyance donnée (ex. « Les antidépresseurs provoquent plus de suicides qu’ils n’en préviennent ») est déterminée par des sources informationnelles spécifiques (ex. la couverture d’un fait divers, un documentaire tendancieux), et non par un facteur latent global unique qui engendrerait simultanément toutes les autres fausses croyances.
  • Pertinence d’un modèle formateur : L’APMQ correspond conceptuellement à un modèle à indicateurs formateurs (formative measurement model). Dans ce cadre, c’est l’accumulation d’adhésions à des mythes individuels disparates qui compose le score total d’incompétence conceptuelle ou de vulnérabilité aux idées reçues, sans qu’une structure dimensionnelle simple (ex. 3 ou 5 facteurs stables) ne puisse aisément émerger lors d’une extraction factorielle.
  • Recommandations pour les recherches futures : Les spécialistes de la psychométrie soulignent que l’application de techniques d’analyse en réseau psychométrique (psychometric network analysis) ou de modèles issus de la théorie de la réponse aux items (TRI pour items dichotomiques, tel le modèle logistique de Rasch ou à deux paramètres) constituerait une voie d’investigation bien plus féconde qu’une analyse factorielle linéaire classique pour étudier le fonctionnement différentiel des items de l’APMQ.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Questionnaire sur les idées fausses en psychologie anormale est un instrument auto-administré sur support papier ou informatisé, conçu pour évaluer la réceptivité aux mythes en santé mentale :

  • Type d’instrument : Inventaire auto-rapporté de connaissances et d’attitudes cognitives ; test original développé par les auteurs (Basterfield et al., 2023).
  • Formes disponibles : Deux versions parallèles (Forme A et Forme B) élaborées avec des énoncés formulés de manière positive et négative, rigoureusement contrebalancés entre les versions afin de neutraliser tout biais d’acquiescement systématique.
  • Nombre total d’items : 113 items par version, décomposés en :
    • 105 items substantiels cotés : Portant sur l’ensemble du champ de la psychopathologie, des classifications diagnostiques, de l’étiologie et des thérapies.
    • 8 items de validité / d’attention : Questions extrêmement simples insérées aléatoirement pour repérer les répondants négligents ou les protocoles de réponse au hasard.
  • Format et échelle de réponse authentique : Responses are provided using a True/False format (a « don’t know » option is not provided). Items are coded so that higher scores reflect a greater endorsement of misconceptions. The authors suggested that future studies consider using a Likert-type format to allow researchers to detect false beliefs held with differing levels of conviction. The administration method is paper-based.
  • Mode d’administration : Administration papier-crayon (paper-based) en passation collective ou individuelle, adaptable aux plateformes de passation en ligne standardisées.
  • Durée moyenne de passation : Environ 20 à 30 minutes compte tenu de la longueur de l’inventaire (113 énoncés).
  • Cotation et score global : Chaque item substantiel est coté de manière binaire (0 ou 1). Les items formulés dans le sens du mythe reçoivent 1 point si le participant répond « Vrai », et 0 point s’il répond « Faux ». Pour les items formulés dans le sens scientifiquement exact (inversés), la cotation est inversée (1 point pour « Faux », 0 point pour « Vrai »). Le score total varie de 0 à 105, un score plus élevé reflétant un niveau supérieur d’adhésion aux idées fausses en psychopathologie.
  • Population cible : Étudiants de l’enseignement supérieur (licence / premier cycle universitaire), jeunes adultes (18-29 ans) et adultes généraux, sans restriction de genre.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année d’introduction officielle : 2023 (publication de l’étude princeps dans la revue de l’American Psychological Association).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : L’APMQ est protégé par le droit d’auteur détenu par les auteurs et l’American Psychological Association (APA).
  • Permissions d’utilisation : Pour toute utilisation académique, pédagogique ou de recherche, les utilisateurs doivent formellement contacter l’auteure correspondante (Dr. Candice Basterfield, courriel : [email protected]).
  • Tarifs et frais d’accès : L’échelle ne fait l’objet d’aucun frais commercial d’utilisation (Frais : Non / Gratuit pour les chercheurs académiques sous réserve d’autorisation explicite des auteurs).
  • Langue d’origine : Anglais américain. Aucune version française officielle validée sur le plan normatif n’est actuellement publiée dans le domaine public.

12. Références / References

  • Basterfield, C., Lilienfeld, S. O., Cautin, R. L., & Jordan, D. (2023). Mental illness misconceptions among undergraduates: Prevalence, correlates, and instructional implications. Scholarship of Teaching and Learning in Psychology, 9(2), 115–132. https://doi.org/10.1037/stl0000221
  • Furnham, A. (2018). Myths and misconceptions in popular psychology. In The Science of Mental Health: Psychological and Social Perspectives (pp. 45–62). Routledge.
  • Furnham, A., & Hughes, D. J. (2014). Myth busters: Evaluating an online measure of psychological misconceptions. Scholarship of Teaching and Learning in Psychology, 1(4), 268–278. https://doi.org/10.1037/stl0000007
  • Lilienfeld, S. O., Lynn, S. J., Ruscio, J., & Beyerstein, B. L. (2011). 50 Great Myths of Popular Psychology: Shattering Widespread Misconceptions about Human Behavior. Wiley-Blackwell.
  • Posner, G. J., Strike, K. A., Hewson, P. W., & Gertzog, W. A. (1982). Accommodation of a scientific conception: Toward a theory of conceptual change. Science Education, 66(2), 211–227. https://doi.org/10.1002/sce.3730660207
  • Vosniadou, S. (2007). Conceptual change and education. Human Development, 50(1), 47–54. https://doi.org/10.1159/000097684
  • Wahl, O. F. (1995). Media Madness: Public Images of Mental Illness. Rutgers University Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Les items officiels complets du Questionnaire sur les idées fausses en psychologie anormale (APMQ) sont protégés par le droit d’auteur et ne sont pas reproduits intégralement dans le domaine public ouvert (« Test Items Available: No file is available » dans les référentiels publics). L’instrument comprend un inventaire substantiel de 105 énoncés cotés et 8 items de validité. Pour obtenir l’inventaire officiel intégral des deux versions (Forme A et Forme B) à des fins de recherche ou d’enseignement universitaire, les chercheurs doivent contacter directement l’auteure correspondante conformément aux instructions de l’éditeur.

Response Format and Instructions Presented to Participants:

Responses are provided using a True/False format (a « don’t know » option is not provided). Items are coded so that higher scores reflect a greater endorsement of misconceptions. The authors suggested that future studies consider using a Likert-type format to allow researchers to detect false beliefs held with differing levels of conviction. The administration method is paper-based.

Structural Organization of the APMQ Inventory:

  • Substantive Items (105 items per form): Each statement addresses a specific myth in abnormal psychology across psychiatric nosology, etiology, violence risk, psychopharmacology, psychotherapy, and forensic psychology. In Form A and Form B, items are counterbalanced across positive and negative phrasing (e.g., phrasing affirming the myth versus phrasing reflecting accurate clinical science).
  • Validity / Attention Check Items (8 items per form): Highly obvious, unequivocal factual statements designed to identify inattention or random responding (e.g., checking that the respondent is actively reading each item prior to marking True or False).
  • Response Options:
    • [ ] True
    • [ ] False
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Looti, M. (2026, octobre 15). Questionnaire sur les idées fausses en psychologie anormale (APMQ). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-idees-fausses-psychologie-anormale-apmq
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les idées fausses en psychologie anormale (APMQ).” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-idees-fausses-psychologie-anormale-apmq.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les idées fausses en psychologie anormale (APMQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-idees-fausses-psychologie-anormale-apmq.