Questionnaire d’expressivité de Berkeley

Le Questionnaire d’expressivité de Berkeley (BEQ), développé par James Gross et Oliver John en 1997, est une échelle psychométrique de référence de 16 items évaluant l’expressivité émotionnelle à travers trois facettes : expressivité positive, expressivité négative et force de l’impulsion.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

Le Questionnaire d’expressivité de Berkeley (Berkeley Expressivity Questionnaire ou BEQ), développé par James J. Gross et Oliver P. John en 1997 à l’Université de Californie à Berkeley, constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus robustes et les plus largement validés pour la mesure des différences individuelles dans l’expression des émotions. L’architecture théorique du BEQ repose sur la prémisse fondamentale selon laquelle, si les émotions prédisposent les individus à des tendances d’action biologiques et comportementales adaptatives, elles n’imposent pas de manière déterministe ces réponses ; il existe une marge considérable de modulation volontaire et involontaire qui caractérise l’expressivité émotionnelle humaine.

L’instrument est composé de 16 items mesurant trois dimensions distinctes mais conceptuellement interconnectées : l’Expressivité Négative (Negative Expressivity, 6 items), qui capture la propension à manifester extérieurement des affects désagréables tels que la colère, la tristesse ou la peur ; l’Expressivité Positive (Positive Expressivity, 4 items), qui quantifie l’extériorisation des affects agréables comme la joie, l’amusement et le rire ; et la Force de l’impulsion (Impulse Strength, 6 items), qui évalue l’intensité perçue et la réactivité somato-comportementale des pulsions émotionnelles naissantes avant toute tentative de régulation.

Chaque item est évalué sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Les propriétés psychométriques de l’outil démontrent une consistance interne satisfaisante, attestée par un coefficient alpha de Cronbach de 0,86 pour l’échelle globale, et des valeurs respectives de 0,70 pour l’Expressivité Négative, 0,70 pour l’Expressivité Positive et 0,80 pour la Force de l’impulsion. L’analyse en composantes principales révèle qu’un facteur général d’expressivité explique 33 % de la variance totale, avec des saturations moyennes de 0,57. L’échelle démontre une validité convergente remarquable avec les évaluations par les pairs et les mesures comportementales objectives en laboratoire (codage facial, mesures physiologiques), tout en préservant une validité discriminante nette par rapport aux traits de personnalité généraux et à la désirabilité sociale.

2. Mots-clés

Expressivité émotionnelle, Questionnaire d’expressivité de Berkeley, BEQ, régulation émotionnelle, psychométrie, force de l’impulsion, expressivité positive, expressivité négative, James Gross, évaluation psychologique, différences individuelles, affectivité, comportement non verbal.

3. Auteurs

Le Questionnaire d’expressivité de Berkeley a été conçu et validé par deux figures majeures de la psychologie affective et de la psychologie de la personnalité contemporaines :

  • James J. Gross, Ph.D. : Professeur titulaire au Département de psychologie de l’Université Stanford (Stanford, Californie, États-Unis), directeur du Stanford Psychophysiology Laboratory. Ses travaux fondateurs sur le modèle des processus de la régulation des émotions (process model of emotion regulation) et la distinction entre réévaluation cognitive et suppression expressive ont profondément reconfiguré les neurosciences affectives et la psychologie clinique. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Oliver P. John, Ph.D. : Professeur de psychologie à l’Université de Californie à Berkeley (Berkeley, Californie, États-Unis), chercheur principal à l’Institute of Personality and Social Research (IPSR). Spécialiste de renommée internationale de la structure de la personnalité (notamment le modèle des Big Five) et de l’évaluation multi-méthodes, il a codirigé les analyses psychométriques structurales et les études de convergence écologique du BEQ.

4. Objectif

Le Questionnaire d’expressivité de Berkeley a été développé pour répondre à une lacune théorique et empirique majeure au sein de la recherche affective des années 1990 : la confusion récurrente entre l’expérience émotionnelle interne subjective (le ressenti ou emotional experience) et la manifestation comportementale externe observable (l’expression ou emotional expressivity). Historiquement, de nombreux instruments assimilaient une expérience émotionnelle intense à une démonstration comportementale proportionnée, ignorant la capacité humaine d’inhiber, de masquer ou, à l’inverse, d’amplifier délibérément les manifestations faciales, vocales et posturales.

L’objectif premier du BEQ est de fournir une évaluation différentielle, standardisée et multidimensionnelle de l’expressivité émotionnelle en tant que disposition stable de la personnalité. Plus spécifiquement, le test vise à :

  • Isoler les canaux d’extériorisation comportementale des affects selon leur valence intrinsèque (positivité versus négativité), reconnaissant que les règles d’affichage social (display rules) et les dispositions individuelles traitent de manière asymétrique les émotions prosociales (ex. joie) et les émotions potentiellement perturbatrices pour le lien social (ex. colère, anxiété).
  • Mesurer la composante d’intensité somatique et impulsive brute (la « Force de l’impulsion »), qui évalue à quel point une émotion naissante envahit l’organisme et génère une pression à l’acte, offrant ainsi un point d’ancrage pour étudier l’effort régulatoire ultérieur requis pour moduler cette impulsion.
  • Permettre aux chercheurs en sciences affectives d’étudier la dissociation entre ressenti et expression, un phénomène central dans les processus de régulation émotionnelle tels que la suppression expressive (expressive suppression).

Sur le plan des applications cliniques, le BEQ est un outil précieux pour l’évaluation diagnostique et le suivi thérapeutique de pathologies impliquant des anomalies du traitement affectif. Dans la dépression majeure, il permet de documenter l’émoussement affectif (blunted affect) et la réduction sélective de l’expressivité positive. Dans le trouble de la personnalité borderline, il met en lumière des scores pathologiquement élevés de force de l’impulsion couplés à une labilité expressive négative. Chez les patients souffrant de phobie sociale ou de trouble d’anxiété généralisée, il objective la tendance à maintenir une façade impassible (« kept calm exterior ») malgré un état de détresse physiologique aiguë, quantifiant ainsi le coût cognitif et relationnel de l’inhibition expressive chronique. Enfin, en neuropsychologie, le BEQ s’avère pertinent pour évaluer les altérations comportementales consécutives à des lésions du cortex préfrontal ventromédian ou dans le cadre de maladies neurodégénératives (démence fronto-temporale, maladie de Parkinson).

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par le BEQ est l’expressivité émotionnelle, définie opérationnellement comme l’étendue avec laquelle un individu manifeste ouvertement ses états émotionnels par le biais de changements observables au niveau facial, vocal, postural et gestuel. Loin d’être un phénomène unidimensionnel global, Gross et John (1997, 1998) ont démontré que ce construit s’articule autour d’une structure hiérarchique comprenant un facteur de second ordre (l’Expressivité Générale) sous-tendu par trois facettes primaires interdépendantes :

5.1. L’Expressivité Négative (Negative Expressivity – NEX)

Cette dimension (6 items : items 3 inversé, 5, 8 inversé, 9 inversé, 13, 16) mesure la tendance habituelle à extérioriser des affects de valence négative, incluant la colère, la tristesse, l’angoisse et la peur. Dans la plupart des cultures, l’expression des émotions négatives est soumise à de puissantes normes de régulation sociale visant à préserver l’harmonie du groupe ou à éviter les conflits interpersonnels. Les individus ayant un score élevé sur cette facette sont perçus comme des « livres ouverts » dont la détresse, la contrariété ou l’irritation sont immédiatement décelables par autrui (ex. Item 16 : « What I’m feeling is written all over my face »). À l’inverse, les individus obtenant de faibles scores rapportent une maîtrise stricte de leur apparence, masquant leur vulnérabilité derrière un masque de sérénité factice (ex. Item 9 : « No matter how nervous or upset I am, I tend to keep a calm exterior »).

5.2. L’Expressivité Positive (Positive Expressivity – PEX)

Composée de 4 items (items 1, 4, 6, 10), cette sous-échelle évalue la propension à afficher spontanément et énergiquement des états affectifs hédoniques agréables tels que la joie, la fierté, la surprise agréable et l’amusement. L’expressivité positive remplit une fonction évolutive d’affiliation, de renforcement des liens sociaux et de signalement de la non-menace. Les individus présentant des scores élevés sourient facilement, rient aux éclats lorsqu’une situation est comique (Item 4 : « I laugh out loud when someone tells me a joke that I think is funny ») et partagent visiblement leur félicité avec leur entourage (Item 6 : « When I’m happy, my feelings show »). Cette sous-échelle corrèle positivement avec l’extraversion, l’optimisme dispositionnel et le soutien social perçu.

5.3. La Force de l’impulsion (Impulse Strength – STR)

Cette facette novatrice (6 items : items 2, 7, 11, 12, 14, 15) évalue l’ampleur et la violence phénoménologique avec lesquelles les émotions se déploient au sein de l’organisme, ainsi que la difficulté subjective à contenir la poussée comportementale qui en résulte. Elle ne mesure pas l’acte expressif en tant que tel, mais la force de la tendance à l’action biologique brute (Item 7 : « My body reacts very strongly to emotional situations » ; Item 11 : « I have strong emotions »). Une force d’impulsion élevée implique qu’une charge émotionnelle considérable doit être métabolisée ou régulée par l’individu, ce qui peut se traduire par des débordements involontaires de larmes ou d’affects malgré une tentative explicite de contrôle (Item 12 : « I am sometimes unable to hide my feelings, even though I would like to » ; Item 14 : « There have been times when I have not been able to stop crying even though I tried to stop »).

6. Cadre théorique

Le cadre conceptuel du BEQ s’inscrit au carrefour de la théorie fonctionnaliste évolutionniste des émotions (initiée par Charles Darwin et développée par Paul Ekman) et du modèle des processus de la régulation émotionnelle élaboré par James Gross (1998, 2002).

6.1. La perspective fonctionnaliste et l’indépendance de l’expression

Selon l’approche darwinienne, l’expression émotionnelle a évolué pour remplir deux fonctions vitales : préparer l’organisme à une réponse motrice rapide (par exemple, la fuite face au danger via l’activation du système nerveux sympathique) et communiquer instantanément des intentions ou des états internes à des congénères sociaux. Toutefois, comme le soulignent Gross et John (1997), contrairement aux réflexes neuromusculaires primaires (tels que le clignement palpébral face à une menace visuelle), l’émotion incline à l’action mais n’oblige pas à l’action (« emotions incline us to act in certain ways; they do not compel us to do so »). Cette flexibilité adaptative constitue le fondement biologique sur lequel se construisent les différences interindividuelles d’expressivité.

6.2. Le modèle modal de l’émotion et les processus de régulation

Le BEQ est intimement lié au modèle modal de l’émotion. Dans cette perspective, la séquence émotionnelle suit une trajectoire temporelle canonique : Situation → Attention → Appréciation (Appraisal) → Réponse. La réponse émotionnelle se déploie simultanément sur trois canaux :

  • Le canal expérientiel (le ressenti subjectif),
  • Le canal physiologique (modulations autonomes, endocriniennes, cardiovasculaires),
  • Le canal comportemental (actions motrices, expressions faciales, intonation vocale).

La théorie de Gross postule que les individus régulent leurs émotions soit en amont (stratégies focalisées sur l’antécédent, telles que la sélection de situation, la modification de la situation, le déploiement de l’attention ou la réévaluation cognitive), soit en aval (stratégies focalisées sur la réponse). Le BEQ cible précisément la dynamique située à l’interface entre l’émergence de la réponse (captée par la Force de l’impulsion) et son aboutissement comportemental final observable (capté par l’Expressivité Positive et l’Expressivité Négative). L’échelle opérationnalise l’idée que l’inhibition expressive est une stratégie coûteuse sur le plan cognitif et physiologique, qui modifie drastiquement le signal perçu par autrui sans nécessairement atténuer la détresse interne ressentie.

7. Validité

Les propriétés métrologiques du BEQ ont fait l’objet d’un examen empirique approfondi combinant des approches corrélationnelles, expérimentales et multi-informateurs (Gross & John, 1997, 1998).

7.1. Validité de construit et multi-méthodes (Convergence avec les pairs)

Pour démontrer que le BEQ ne reflète pas simplement une illusion rétrospective ou un biais d’auto-présentation favorable, Gross et John (1997) ont recueilli des évaluations hétéro-rapportées auprès des pairs (amis proches, colocataires, partenaires amoureux). Les corrélations entre les auto-évaluations des participants au BEQ et les hétéro-évaluations par les pairs ont atteint des niveaux de concordance hautement significatifs (corrélations de 0,50 à 0,65 pour le score total d’expressivité, et de 0,40 à 0,55 pour les sous-échelles respectives). Ces résultats confirment que ce que le sujet rapporte quant à sa propre expressivité correspond rigoureusement aux manifestations comportementales perçues par son entourage quotidien.

7.2. Validité convergente comportementale et psychophysiologique

En laboratoire de psychophysiologie, la validité du BEQ a été mise à l’épreuve au moyen de paradigmes inducteurs d’émotions par visionnage d’extraits de films ciblés (films tristes, comiques, anxiogènes ou neutres). L’enregistrement vidéo discret du visage des participants a été analysé à l’aide de systèmes de codage anatomique standardisés (FACS – Facial Action Coding System de Paul Ekman). Les scores à la sous-échelle d’Expressivité Positive prédisent significativement la fréquence, la durée et l’intensité des sourires authentiques dits « de Duchenne » (activation coordonnée des muscles zygomaticus major et orbicularis oculi) lors du visionnage de comédies. De manière analogue, les scores d’Expressivité Négative prédisent les contractions du muscle corrugator supercilii face à des stimuli aversifs. De surcroît, les sujets présentant des scores élevés en Force de l’impulsion manifestent une plus grande réactivité du système nerveux sympathique (conductance cutanée accrue et accélération du rythme cardiaque) lors des phases d’induction émotionnelle aiguë.

7.3. Validité discriminante

Le BEQ a démontré une nette indépendance par rapport aux échelles de désirabilité sociale (ex. Échelle de Marlow-Crowne), attestant que les scores ne sont pas pollués par un besoin de conformité sociale. Par rapport aux grands traits de la personnalité (Big Five) :

  • L’Expressivité Positive corrèle modérément avec l’Extraversion (r ≈ 0,45), mais ne s’y réduit pas, conservant une variance propre liée spécifiquement à la décharge motrice faciale.
  • L’Expressivité Négative montre des corrélations faibles à modestes avec le Névrosisme (r ≈ 0,25 à 0,35), démontrant que la tendance à éprouver de l’affect négatif (névrosisme) est empiriquement distincte de la tendance à le laisser transparaître au grand jour.
  • La Force de l’impulsion corrèle modérément avec l’intensité affective générale mesurée par l’Affect Intensity Measure (AIM) de Larsen, tout en isolant la composante somatique et l’impératif moteur de réponse.

8. Fidélité

La fidélité métrologique du Questionnaire d’expressivité de Berkeley a été confirmée à travers plusieurs études d’échantillons universitaires et communautaires diversifiés (Gross & John, 1997, 1998, 2000) :

8.1. Cohérence interne (Homogénéité)

Les estimations de la consistance interne, mesurées par le coefficient alpha de Cronbach, se révèlent solides et particulièrement stables :

  • Échelle totale du BEQ : α = 0,86 (témoignant d’une excellente consistance d’ensemble pour un instrument de 16 items).
  • Sous-échelle Expressivité Négative (NEX) : α = 0,70.
  • Sous-échelle Expressivité Positive (PEX) : α = 0,70.
  • Sous-échelle Force de l’impulsion (STR) : α = 0,80.

L’analyse de la matrice de corrélation inter-items révèle que l’ensemble des 16 items sont positivement et significativement inter-corrélés, avec une corrélation inter-items moyenne de 0,27. Cette valeur se situe idéalement dans la zone optimale recommandée par Briggs et Cheek (1986) pour l’évaluation de construits psychologiques complexes (fourchette comprise entre 0,20 et 0,40), indiquant que les items ne sont ni redondants ni trop dispersés.

8.2. Stabilité temporelle (Test-Retest)

L’évaluation de la stabilité temporelle par la méthode du test-retest sur des intervalles de deux mois a mis en évidence des coefficients de stabilité élevés : r = 0,86 pour le score total, et des valeurs comprises entre 0,78 et 0,83 pour les trois sous-échelles. Sur un intervalle longitudinal plus long de six mois, le coefficient global demeure supérieur à 0,75, confirmant que l’expressivité mesurée par le BEQ capture des traits dispositionnels stables dans le temps plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères ou des états affectifs transitoires.

9. Analyse factorielle

La validation structurale du BEQ a combiné des analyses factorielles exploratoires (AFE), des analyses en composantes principales (ACP) et des analyses factorielles confirmatoires (AFC) multi-groupes.

9.1. Analyse en composantes principales et premier facteur unilatéral

Lors des études initiales de développement, la matrice de corrélation inter-items a été soumise à une analyse en composantes principales. Le premier facteur non tourné rend compte à lui seul de 33 % de la variance totale. Les 16 items saturent tous positivement sur ce premier facteur général avec une saturation factorielle moyenne de 0,57. Ce résultat empirique solide fournit la justification mathématique indispensable pour calculer un score global d’Expressivité Générale en agrégeant les items.

Les deux items qui présentent les saturations les plus élevées sur ce facteur unitaire sont :

  • Item 10 : « I am an emotionally expressive person » (saturation factorielle de 0,75).
  • Item 16 : « What I’m feeling is written all over my face » (saturation factorielle de 0,73).

9.2. Structure trifactorielle oblique et modèle hiérarchique

Une rotation oblique (Promax ou Oblimin) de la matrice factorielle dégage sans équivoque trois facteurs distincts correspondant aux facettes théoriques :

  • Le facteur 1 (Force de l’impulsion) regroupe les items 2, 7, 11, 12, 14 et 15 avec des saturations oscillant entre 0,52 et 0,78.
  • Le facteur 2 (Expressivité Négative) comprend les items 3 (inversé), 5, 8 (inversé), 9 (inversé), 13 et 16, avec des saturations comprises entre 0,48 et 0,74.
  • Le facteur 3 (Expressivité Positive) accueille les items 1, 4, 6 et 10, avec des saturations nettes entre 0,58 et 0,79.

Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) ont comparé plusieurs modèles compétitifs : un modèle strictement unidimensionnel, un modèle orthogonal à trois facteurs indépendants, et un modèle hiérarchique de second ordre où un facteur général d’expressivité chapeaute les trois dimensions primaires corrélées. Les indices d’ajustement du modèle hiérarchique se sont révélés nettement supérieurs (CFI > 0,93, RMSEA ≤ 0,058, SRMR ≤ 0,052), validant définitivement la double utilisation de scores par facettes et d’un score d’expressivité générale composite.

10. Instrument de mesure

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory) standardisé.
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée/en ligne.
  • Nombre total d’items : 16 items brefs.
  • Format de l’échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points, ancrée de la manière suivante :
    • 1 = Pas du tout d’accord (strongly disagree)
    • 4 = Neutre (neutral)
    • 7 = Tout à fait d’accord (strongly agree)
  • Temps moyen de passation : Environ 3 à 5 minutes.
  • Procédure de cotation et de calcul des scores :
    • Étape 1 : Inversion des items codés négativement. Trois items doivent être inversés selon la formule classique (Valeur inversée = 8 – Réponse brute) :
      • Item 3 inversé : beq03r = 8 - beq03
      • Item 8 inversé : beq08r = 8 - beq08
      • Item 9 inversé : beq09r = 8 - beq09
    • Étape 2 : Calcul des scores moyens des sous-échelles :
      • Expressivité Négative (beq.nex) : Moyenne arithmétique des items (beq09r + beq13 + beq16 + beq03r + beq05 + beq08r) / 6.
      • Expressivité Positive (beq.pex) : Moyenne arithmétique des items (beq06 + beq01 + beq04 + beq10) / 4.
      • Force de l’impulsion (beq.str) : Moyenne arithmétique des items (beq15 + beq11 + beq14 + beq07 + beq02 + beq12) / 6.
    • Étape 3 : Calcul du score total global (beq) :
      • Score total d’Expressivité de Berkeley : Moyenne des trois sous-échelles (beq.nex + beq.pex + beq.str) / 3, ou moyenne directe des 16 items après inversion des items 3, 8 et 9. Le score final oscille entre 1,00 et 7,00, les valeurs les plus élevées signalant une expressivité globale plus marquée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 1997 (publication princeps dans le Journal of Personality and Social Psychology).
  • Statut du droit d’auteur : Droits académiques détenus par les auteurs (James J. Gross et Oliver P. John) et l’American Psychological Association (APA).
  • Politique d’utilisation et permissions : Le BEQ est un instrument libre d’accès et gratuit à des fins exclusives de recherche scientifique non commerciale, d’enseignement académique et d’évaluation clinique individuelle. Aucune redevance n’est exigée pour son utilisation par des chercheurs ou cliniciens indépendants, sous réserve de citer scrupuleusement l’article de référence original (Gross & John, 1997).
  • Tarification commerciale : Toute intégration du BEQ dans un logiciel commercial propriétaire, une plateforme payante de recrutement ou un produit corporatif à but lucratif nécessite une autorisation préalable formelle auprès des titulaires des droits.

12. Références

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives au Questionnaire d’expressivité de Berkeley comprennent :

  • Butler, E. A., Egloff, B., Wlhelm, F. H., Smith, N. C., Erickson, E. A., & Gross, J. J. (2003). The social consequences of expressive suppression. Emotion, 3(1), 48–67. https://doi.org/10.1037/1528-3542.3.1.48
  • Ekman, P., & Friesen, W. V. (1978). Facial Action Coding System: A Technique for the Measurement of Facial Movement. Consulting Psychologists Press. https://www.paulekman.com/
  • Gross, J. J. (1998). The emerging field of emotion regulation: An integrative review. Review of General Psychology, 2(3), 271–299. https://doi.org/10.1037/1089-2680.2.3.271
  • Gross, J. J. (2000). The Berkeley Expressivity Questionnaire. In J. Maltby, C. A. Lewis, & A. P. Hill (Eds.), Commissioned reviews on 300 psychological tests (pp. 465–467). Edwin Mellen Press.
  • Gross, J. J., & John, O. P. (1997). Revealing feelings: Facets of emotional expressivity in self-reports, peer ratings, and behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 72(2), 435–448. https://doi.org/10.1037/0022-3514.72.2.435
  • Gross, J. J., & John, O. P. (1998). Mapping the domain of expressivity: Multi-method evidence for a hierarchical model. Journal of Personality and Social Psychology, 74(1), 170–191. https://doi.org/10.1037/0022-3514.74.1.170
  • Gross, J. J., John, O. P., & Richards, J. M. (2000). The dissociation of emotion expression from emotion experience: A personality perspective. Personality and Social Psychology Bulletin, 26(6), 712–726. https://doi.org/10.1177/0146167200268006

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Scoring:
1

Whenever I feel positive emotions, people can easily see exactly what I am feeling.
2

I sometimes cry during sad movies.
3

People often do not know what I am feeling.
4

I laugh out loud when someone tells me a joke that I think is funny.
5

It is difficult for me to hide my fear.
6

When I'm happy, my feelings show.
7

My body reacts very strongly to emotional situations.
8

I've learned it is better to suppress my anger than to show it.
9

No matter how nervous or upset I am, I tend to keep a calm exterior.
10

I am an emotionally expressive person.
11

I have strong emotions.
12

I am sometimes unable to hide my feelings, even though I would like to.
13

Whenever I feel negative emotions, people can easily see exactly what I am feeling.
14

There have been times when I have not been able to stop crying even though I tried to stop.
15

I experience my emotions very strongly.
16

What I'm feeling is written all over my face.
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Looti, M. (2026, octobre 18). Questionnaire d’expressivité de Berkeley. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-expressivite-berkeley-beq
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’expressivité de Berkeley.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-expressivite-berkeley-beq.
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’expressivité de Berkeley.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-expressivite-berkeley-beq.