1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire d’évaluation de la psychothérapie par le patient et le thérapeute (en anglais, Patient and Therapist Assessment of Psychotherapy Questionnaire), conçu et publié par Herman Feifel et Janet Eells en 1963, représente un jalon méthodologique et épistémologique fondamental dans l’histoire de la recherche sur les processus et les résultats de la psychothérapie. Développé au sein de la clinique de consultation externe de la Veterans Administration (VA) aux États-Unis, cet instrument qualitatif et semi-structuré a été spécifiquement élaboré pour analyser, comparer et confronter les attitudes, perceptions et évaluations rétrospectives de vétérans ayant achevé une psychothérapie individuelle ainsi que de leurs thérapeutes respectifs.
L’instrument repose sur une architecture dyadique novatrice composée de quatre questions ouvertes fondamentales. Celles-ci interrogent : (1) la nature des changements personnels perçus imputables au traitement, (2) les éléments spécifiques du processus thérapeutique jugés aidants ou bénéfiques, (3) les aspects thérapeutiques perçus comme inefficaces, inutiles ou potentiellement délétères, et (4) les suggestions concrètes visant l’optimisation de la prise en charge. Les thérapeutes répondent aux mêmes axes réflexifs tout en ayant la tâche explicite de prédire les réponses de leurs patients, offrant ainsi une perspective croisée inédite sur l’empathie clinique, la métacognition du praticien et l’écart perceptif soignant-soigné.
Sur le plan psychométrique, le questionnaire s’écarte des métriques psychométriques traditionnelles fondées sur les échelles de type Likert pour adopter une approche d’analyse de contenu rigoureuse. Les propriétés de l’outil ont été établies par une analyse de fidélité inter-juges, démontrant un taux de concordance de 79 % entre deux évaluateurs indépendants lors de l’assignation des catégories thématiques d’unités de sens, ce qui atteste d’une fidélité inter-évaluateurs acceptable pour un protocole qualitatif. Une étude de suivi longitudinale menée quatre ans plus tard a documenté la stabilité des attitudes et la réévaluation cognitive à long terme de l’expérience thérapeutique. En s’affranchissant des prismes d’évaluation purement symptomatiques, cet instrument demeure une référence incontournable pour l’étude des facteurs communs, de l’alliance thérapeutique et de l’expérience phénoménologique du patient en psychothérapie.
2. Mots-clés / Keywords
Évaluation de la psychothérapie, perspective du patient, perception du thérapeute, recherche sur les processus psychothérapeutiques, alliance thérapeutique, résultats cliniques, fidélité inter-juges, analyse de contenu, recherche dyadique, vétérans, facteurs d’efficacité, effets iatrogènes.
3. Auteurs / Authors
Le questionnaire a été conçu par le Dr Herman Feifel et Janet Eells dans le cadre de leurs travaux de recherche clinique au sein du service de consultations externes de la Veterans Administration à Los Angeles, en Californie.
- Herman Feifel, Ph.D. (1915–2003) : Psychologue clinicien américain de premier plan, rattaché à la Veterans Administration Outpatient Clinic de Los Angeles et professeur émérite à la faculté de médecine de l’Université de Californie du Sud (University of Southern California). Le Dr Feifel est universellement reconnu comme le pionnier fondateur de la thanatologie moderne et un chercheur précurseur dans l’humanisation de la relation soignant-soigné. Ses travaux ont profondément influencé la psychologie clinique, l’évaluation empirique des psychothérapies et l’étude des mécanismes de défense face à la vulnérabilité existentielle.
- Janet Eells, M.A. : Chercheuse en psychologie et statisticienne associée à la Veterans Administration Outpatient Clinic de Los Angeles. Elle a joué un rôle déterminant dans la conceptualisation méthodologique de l’analyse thématique, le codage qualitatif indépendant des protocoles de verbatim et le traitement statistique des accords inter-observateurs au sein des cohortes de vétérans.
Leurs travaux conjoints s’inscrivaient dans une dynamique post-Seconde Guerre mondiale visant à évaluer rigoureusement les interventions psychologiques déployées pour les anciens combattants américains présentant des troubles névrotiques, anxieux et réactionnels.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Patient and Therapist Assessment of Psychotherapy Questionnaire est de capturer la réalité phénoménologique de l’intervention psychothérapeutique telle qu’elle est vécue, interprétée et assimilée par ses deux acteurs principaux : le patient et le thérapeute. Développé au début des années 1960, une période charnière marquée par les critiques virulentes de Hans Eysenck quant à l’efficacité des psychothérapies traditionnelles, cet instrument visait à dépasser la simple mesure standardisée des symptômes (par exemple via le MMPI) pour plonger dans les mécanismes subjectifs de l’efficacité thérapeutique.
L’instrument poursuit plusieurs objectifs théoriques et cliniques précis :
- Mesurer l’impact perçu du traitement : Il s’agit d’identifier la nature des bénéfices rapportés (diminution de la détresse symptomatique, réajustement comportemental, amélioration des relations interpersonnelles, gain d’insight psychodynamique ou meilleure tolérance aux affects négatifs).
- Explorer les facteurs curatifs actifs : Le questionnaire permet de déterminer quels ingrédients spécifiques (caractéristiques de la relation, neutralité bienveillante, interprétations analytiques, possibilité de verbaliser sans jugement, désensibilisation implicite) sont reconnus comme opérants par le patient et par le clinicien.
- Identifier les facteurs délétères et iatrogènes : Contrairement à la majorité des outils de l’époque qui se focalisaient exclusivement sur le succès thérapeutique, l’instrument de Feifel et Eells pose explicitement la question des éléments néfastes, inutiles ou ayant entraîné une régression psychologique, ouvrant la voie à l’investigation des échecs thérapeutiques et des effets secondaires de la psychothérapie.
- Comparer les perspectives dyadiques : L’un des desseins majeurs de l’instrument est d’évaluer la convergence ou la divergence perceptuelle entre le patient et son psychothérapeute. Le thérapeute étant également invité à prédire les réponses de son patient, l’outil permet d’évaluer la précision empathique du clinicien et de mettre en lumière d’éventuels angles morts cliniques (par exemple, un thérapeute attribuant le succès à une interprétation fine du transfert, tandis que le patient attribue son amélioration au simple fait d’avoir été écouté avec respect).
- Évaluation longitudinale de la stabilité des attitudes : L’outil a été employé pour observer si le jugement porté sur la thérapie demeure stable au fil des années ou s’il se modifie avec l’apparition de nouveaux événements de vie, ce qui a été documenté lors de l’investigation à quatre ans post-thérapie.
Dans la pratique contemporaine de la recherche, cet instrument sert de modèle pour la conception d’entretiens qualitatifs post-traitement et de dispositifs de rétroaction dyadique (dyadic feedback systems).
5. Construit psychologique / Construct
Le concept central mesuré par l’instrument est l’évaluation subjective de l’issue et du processus psychothérapeutique (Patient and Therapist Attitudes toward Therapy). Ce méta-construit intègre plusieurs sous-dimensions interconnectées qui constituent les axes cardinaux de l’expérience thérapeutique :
1. Le changement personnel perçu (Perceived Personal Change)
Cette dimension évalue l’auto-attribution des modifications intrapsychiques et interpersonnelles consécutives à la cure. Chez Feifel et Eells (1963), ce construit se décline empiriquement en plusieurs catégories de réponses :
- L’insight et la conscience de soi : Capacité accrue à comprendre ses motivations inconscientes, ses conflits internes, ses mécanismes de défense et l’origine développementale de ses difficultés.
- Le soulagement symptomatique : Diminution directe de l’anxiété, de la dépression, des tensions somatiques ou des conduites phobiques.
- Le fonctionnement social et interpersonnel : Amélioration de la communication avec les proches, réduction de l’agressivité ou de l’isolement, adaptation professionnelle accrue.
- L’acceptation de soi et l’estime personnelle : Sentiment d’apaisement intérieur, réduction de la culpabilité et tolérance bienveillante envers ses propres faiblesses.
2. Les facteurs thérapeutiques aidants (Helpful Process Factors)
Ce construit s’articule autour des éléments que le participant considère comme le levier de sa transformation. L’instrument permet de distinguer deux grandes catégories de facteurs :
- Les facteurs relationnels et non spécifiques : L’opportunité de « parler à quelqu’un », la ventilation émotionnelle (catharsis), le non-jugement, l’attitude bienveillante et compréhensive du praticien. Les recherches ont montré que les patients mettent massivement l’accent sur cette dimension affective et humaniste.
- Les facteurs techniques et spécifiques : L’analyse méthodique des rêves, l’interprétation des résistances, les conseils comportementaux, le recadrage cognitif ou la clarification rigoureuse effectuée par le professionnel. Les thérapeutes ont tendance à surévaluer cette composante au détriment de la simple alliance humaine.
3. Les facteurs thérapeutiques non aidants et régressifs (Hindering or Iatrogenic Factors)
Cette dimension mesure l’expérience des obstacles, des ruptures d’alliance et des interventions vécues négativement. Elle englobe :
- Le sentiment de stagnation ou de passivité excessive : Frustration face au silence prolongé du thérapeute, manque de directives pratiques ou de réponses claires.
- Les interventions perçues comme intrusives ou prématurées : Interprétations perçues comme accusatrices, exploration émotionnelle douloureuse non contenue ayant entraîné une exacerbation temporaire de la détresse psychique.
- L’inadéquation du cadre : Durée des séances jugée insuffisante, espacement temporel trop grand ou fin prématurée du traitement.
4. Les propositions constructives d’amélioration (Optimization Suggestions)
Cette composante évalue la capacité projective et critique du sujet à envisager des modalités thérapeutiques alternatives. Elle met en lumière les désirs d’une directivité accrue, d’un travail focalisé sur l’environnement familial, ou au contraire d’une temporalité plus étalée.
5. La congruence dyadique (Dyadic Perceptual Alignment)
Bien qu’elle ne soit pas une échelle distincte au sens strict, la divergence entre le score prédit par le thérapeute et la déclaration réelle du patient forme un construit clinique vital : le degré d’ajustement empathique mutuel. Une faible concordance suggère une méconnaissance par le clinicien des besoins réels et de la subjectivité de son patient.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le questionnaire de Feifel et Eells s’enracine au confluent de plusieurs courants théoriques majeurs qui ont façonné la psychologie clinique des années 1950 et 1960 :
La révolution phénoménologique et humaniste
Sous l’impulsion des travaux de Carl Rogers sur la thérapie centrée sur la personne, les sciences psychologiques ont commencé à reconnaître que la perception subjective du client constitue le prédicteur le plus fidèle du devenir thérapeutique. Rogers a formalisé l’idée que les conditions nécessaires et suffisantes au changement thérapeutique (l’empathie, la congruence et le regard positif inconditionnel) doivent être perçues par le client pour être opérantes. L’approche de Feifel et Eells applique directement cette prémisse phénoménologique : la réalité psychologique de la thérapie n’est pas uniquement celle consignée dans les notes cliniques du psychiatre, mais réside dans l’expérience vécue du consultant.
Le modèle des facteurs communs (Common Factors Model)
Les travaux précurseurs de Saul Rosenzweig (1936) et plus tard de Jerome Frank (1961, dans son célèbre ouvrage Persuasion and Healing) ont postulé que l’efficacité des diverses psychothérapies découle davantage de facteurs universels partagés — tels qu’une relation de confiance chaleureuse, un cadre rationnel explicatif, l’espoir suscité et l’occasion de verbalisation émotionnelle — que de techniques ésotériques spécifiques à chaque école de pensée. L’étude de Feifel et Eells (1963) a été l’une des premières démonstrations empiriques de ce modèle : alors que les thérapeutes (souvent d’orientation psychanalytique à cette époque) mettaient en avant l’acquisition d’insights théoriques profonds, les patients formulaient leurs bénéfices autour de la qualité du lien humain et du soulagement d’avoir été compris.
La psychologie clinique de la Veterans Administration et la confrontation à l’empirisme
Après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement fédéral américain a investi des ressources massives dans les cliniques de la VA pour traiter le traumatisme de guerre et les névroses réactionnelles. Les cliniciens de la VA devaient justifier scientifiquement leurs pratiques face aux critiques béhavioristes naissantes. L’élaboration de questionnaires qualitatifs standardisés s’inscrivait dans cet effort d’auto-évaluation rigoureuse des services publics de santé mentale.
7. Validité / Validity
L’évaluation de la validité d’un instrument qualitatif ouvert nécessite d’examiner la méthodologie d’analyse de contenu et la représentativité des données recueillies plutôt que des corrélations mathématiques classiques.
Validité de contenu (Content Validity)
La validité de contenu a été assurée par l’exhaustivité des quatre questions formulées. En interrogeant à la fois le positif (changements, aides), le négatif (inefficacité, régression) et le prospectif (suggestions), le questionnaire couvre l’ensemble du spectre de l’évaluation clinique sans biaiser la réponse vers une approbation de complaisance. Les questions sont formulées de manière non directive, permettant l’émergence libre de tout le champ lexical du répondant.
Validité écologique et phénoménologique
L’utilisation de questions ouvertes confère à l’instrument une validité écologique largement supérieure à celle des échelles quantitatives fermées de l’époque. En laissant le patient formuler ses pensées avec ses propres termes, l’outil évite d’imposer un cadre théorique préétabli (comme le jargon psychanalytique ou béhavioriste), capturant fidèlement les concepts tels qu’ils sont réellement expérimentés dans la vie quotidienne.
Validité convergente et discriminante (Observations empiriques)
Dans l’étude princeps de 1963 :
- Convergence relative sur l’issue globale : Il existait un consensus général modéré entre patients et thérapeutes sur le fait que la psychothérapie avait été globalement utile (la grande majorité des deux groupes rapportant des résultats positifs).
- Divergence discriminante sur les processus : L’instrument a mis en lumière une divergence conceptuelle fondamentale : les patients privilégiaient massivement la dimension d’écoute et de soutien bienveillant (facteurs relationnels), tandis que les cliniciens mettaient l’accent sur les mécanismes techniques d’insight et l’interprétation des défenses. Cette capacité de l’outil à mettre en évidence des différences systématiques entre les deux perspectives atteste d’une excellente validité discriminante entre les représentations profanes et professionnelles du soin.
Validité longitudinale (Étude de suivi à 4 ans)
Lors de la réévaluation menée quatre ans après l’arrêt de la thérapie, les auteurs ont relevé une concordance substantielle avec les déclarations initiales, accompagnée d’une perspective plus mature et intégrée. Les patients continuaient à identifier les mêmes axes d’aide et les mêmes limites, démontrant la robustesse temporelle des représentations mesurées.
8. Fidélité / Reliability
Dans les instruments qualitatifs à questions ouvertes, la fidélité ne s’évalue pas au moyen du coefficient alpha de Cronbach (inapplicable aux textes narratifs non cotés numériquement à la passation), mais à travers la fidélité inter-juges (ou accord inter-évaluateurs) lors de l’application de la grille d’analyse de contenu.
Fidélité inter-juges (Interrater Reliability)
Afin de coder les réponses narratives des patients et des cliniciens, Feifel et Eells ont développé un système empirique de catégories thématiques exclusives. Deux chercheurs indépendants ont analysé et codé l’ensemble des réponses sans se concerter. Les résultats ont mis en évidence :
- Un taux de concordance de 79 % : Dans 79 % des cas, les deux évaluateurs ont assigné exactement le même numéro de catégorie thématique aux segments de texte analysés.
- Dans la littérature psychométrique sur l’analyse de contenu qualitative (équivalent aux critères de concordance de Holsti ou au kappa de Cohen précurseur), un accord initial de 79 % avant arbitrage mutuel est considéré comme un niveau de fidélité très satisfaisant, démontrant la clarté opérationnelle des définitions de catégories.
- Les 21 % de désaccords résiduels ont fait l’objet d’une discussion conjointe et d’un consensus systématique avec un troisième réviseur afin de garantir une classification sans ambiguïté des données finales.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest qualitative)
L’évaluation rétrospective à 4 ans a permis de constater une remarquable stabilité des mémoires épisodiques et des attitudes envers la thérapie. Malgré l’écoulement d’un délai significatif, le noyau dur des réponses fournies à la question 2 (ce qui a aidé) et à la question 3 (ce qui n’a pas aidé) présentait une cohérence qualitative élevée chez plus de 75 % des participants réévalués.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
En raison de la nature purement textuelle et ouverte du Patient and Therapist Assessment of Psychotherapy Questionnaire, aucune analyse factorielle exploratoire (AFE) ni analyse factorielle confirmatoire (AFC) n’a été réalisée par Feifel et Eells lors de la publication initiale en 1963. Les données ne se prêtaient pas à la modélisation en composantes principales ni au calcul de matrices de covariances statistiques.
Néanmoins, les auteurs ont conduit ce qui constitue l’équivalent conceptuel qualitatif d’une extraction factorielle : une analyse thématique inductive et catégorielle structurée. Les déclarations ont été réduites en dimensions fondamentales qui miment fidèlement des saturations factorielles latentes :
| Facteur Thématique Identifié | Description Opérationnelle | Prévalence relative Patient vs Thérapeute |
|---|---|---|
| Facteur I : Climat relationnel et opportunité de verbalisation | Possibilité de se confier librement, acceptation inconditionnelle, présence réconfortante et absence de jugement critique du thérapeute. | Prédominant chez les patients (~60-70 % des verbatims d’aide). Sous-estimé par les thérapeutes. |
| Facteur II : Clarification cognitive et insight psychologique | Prise de conscience des motivations profondes, compréhension des patterns conflictuels, interprétations des liens passé-présent. | Prédominant chez les thérapeutes (~65 % des verbatims d’aide). Secondaire chez les patients. |
| Facteur III : Soulagement affectif et maîtrise symptomatique | Baisse de la tension anxieuse, meilleur contrôle émotionnel au quotidien, restauration du sommeil et de la stabilité fonctionnelle. | Importance partagée de manière équivalente entre patients et soignants. |
| Facteur IV : Frustration technique et sentiment d’inertie | Manque de directivité perçu, sentiment que le thérapeute ne fournit pas de solutions concrètes ou passivité déroutante. | Émergence fréquente chez les patients insatisfaits ; rarement anticipé par les thérapeutes. |
Les modélisations modernes de la recherche sur la psychothérapie (telles que le modèle transthéorique de Prochaska ou les taxonomies de facteurs de Lambert) valident rétrospectivement la pertinence de cette organisation thématique quadrifactorielle dérivée de l’instrument de Feifel et Eells.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Questionnaire d’évaluation de la psychothérapie par le patient et le thérapeute (Patient and Therapist Assessment of Psychotherapy Questionnaire).
- Année de conception originale : 1963.
- Type d’instrument : Questionnaire d’évaluation rétrospective qualitatif, semi-structuré, administré sous forme de protocole dyadique ouvert.
- Nombre d’items : 4 questions ouvertes principales adressées au patient, avec un protocole parallèle symétrique pour le psychothérapeute incluant la prédiction des réponses du patient.
- Format de réponse : Production narrative libre (réponses écrites ou recueillies oralement par un enquêteur puis transcrites verbatim). Aucune contrainte de longueur ni limitation prédéterminée.
- Modalités de passation : Auto-administration individuelle sur questionnaire papier-crayon, ou passation hétéro-administrée sous forme d’entretien semi-directif standardisé. Temps de complétion moyen estimé entre 15 et 30 minutes selon la verbosité du sujet.
- Système de cotation et de dépouillement : Analyse de contenu thématique systématique. Découpage du texte en unités sémantiques minimales (unités de sens), puis assignation de chaque unité à un système de catégories codées numériquement (grille de codage établie par les auteurs). Évaluation conjointe par au moins deux juges indépendants avec calcul du taux de concordance inter-juges.
- Population cible : Adultes (18 ans et plus), ayant achevé une psychothérapie individuelle ambulatoire, ainsi que leurs cliniciens traitants (psychiatres, psychologues cliniciens, travailleurs sociaux psychiatriques).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 1963.
- Statut du droit d’auteur et licence : L’article fondateur et les quatre questions associées ont été publiés dans le Journal of Consulting Psychology, revue savante de l’American Psychological Association (APA). Les quatre items font partie intégrante du corps de l’article scientifique de référence.
- Tarifs d’utilisation : Domaine public clinique et académique pour un usage de recherche et d’enseignement (« Fair Use »). Aucun coût de licence ou redevance financière n’est exigé pour l’administration des questions dans le cadre de recherches académiques ou de la pratique clinique hospitalière non commerciale.
- Directives d’utilisation : Les chercheurs souhaitant intégrer ces questions dans des protocoles contemporains sont tenus de citer la référence originale de Feifel et Eells (1963) conformément aux normes bibliographiques internationales (APA 7e édition).
12. Références / References
Les publications fondatrices et les études scientifiques associées à ce questionnaire incluent :
- Eysenck, H. J. (1952). The effects of psychotherapy: An evaluation. Journal of Consulting Psychology, 16(5), 319–324. https://doi.org/10.1037/h0063633
- Feifel, H., & Eells, J. (1963). Patients and therapists assess the same psychotherapy. Journal of Consulting Psychology, 27(4), 310–318. https://doi.org/10.1037/h0046645
- Frank, J. D. (1961). Persuasion and healing: A comparative study of psychotherapy. Johns Hopkins University Press.
- Lambert, M. J. (2013). Bergin and Garfield’s handbook of psychotherapy and behavior change (6th ed.). John Wiley & Sons.
- Rogers, C. R. (1957). The necessary and sufficient conditions of therapeutic personality change. Journal of Consulting Psychology, 21(2), 95–103. https://doi.org/10.1037/h0045357
- Rosenzweig, S. (1936). Some implicit common factors in diverse methods of psychotherapy. American Journal of Orthopsychiatry, 6(3), 412–415. https://doi.org/10.1111/j.1939-0025.1936.tb05248.x
- Strupp, H. H., Fox, R. E., & Lessler, K. (1969). Patients view their psychotherapy. Johns Hopkins Press.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Patient and Therapist Assessment of Psychotherapy Questionnaire
Response format: Open-ended qualitative narrative responses.
- What changes, if any, do you feel occurred in you because of your therapy?
- What about the therapy itself did you find helpful?
- What about the therapy itself did you find not helpful, or even set you back?
- Have you any suggestions for ways in which your therapy might have been made more helpful?