Questionnaire des Modes Sexuels

Le Questionnaire des Modes Sexuels (SMQ), conçu par Pedro J. Nobre et José Pinto-Gouveia, est un instrument psychométrique mesurant l’interaction entre pensées automatiques, émotions et réponse sexuelle subjective.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

Le Questionnaire des Modes Sexuels (Sexual Modes Questionnaire, SMQ), élaboré par les psychologues et sexologues cliniciens Pedro J. Nobre et José Pinto-Gouveia en 2003, constitue un instrument d’évaluation psychométrique de référence destiné à mesurer l’interaction triadique dynamique entre les cognitions automatiques, les réponses émotionnelles et les réactions subjectives d’excitation sexuelle au cours des rapports intimes. Ancré dans les modèles cognitivo-comportementaux de la sexualité humaine et inspiré de la théorie des modes cognitifs d’Aaron T. Beck, le SMQ postule que les dysfonctions sexuelles masculines et féminines sont sous-tendues par l’activation de réseaux schématiques dysfonctionnels qui orientent le traitement attentionnel, déclenchent des affects déplaisants et inhibent la réponse physiologique génitale.

L’instrument se décline en deux formes distinctes et complémentaires adaptées aux spécificités de genre : une version masculine comprenant 30 items cognitifs (réduite à 27 items dans le modèle factoriel validé) et une version féminine de 33 items. Chaque formulaire est structuré autour de trois sous-échelles interdépendantes : la sous-échelle des Pensées Automatiques (fréquence évaluée sur une échelle de Likert en 5 points, de 1 = « Jamais » à 5 = « Toujours »), la sous-échelle de la Réponse Émotionnelle (sélection d’affects parmi une liste prédéfinie de 10 émotions positives et négatives) et la sous-échelle de la Réponse Sexuelle (évaluation de l’intensité de l’excitation subjective sur une échelle de 1 = « Très faible » à 5 = « Très élevée »).

Sur le plan métrologique, les études de validation démontrent des qualités psychométriques remarquables. L’analyse en composantes principales révèle une structure à six facteurs pour la version féminine (représentant 53,1 % de la variance totale) et cinq facteurs pour la version masculine. La cohérence interne est élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach de 0,88 pour l’échelle totale masculine et de 0,87 pour l’échelle féminine. La stabilité temporelle test-retest à quatre semaines s’avère excellente chez les femmes (r = 0,95) et satisfaisante chez les hommes (r = 0,65). La validité convergente a été établie par des corrélations négatives robustes avec l’International Index of Erectile Function (IIEF) et le Female Sexual Function Index (FSFI), tandis que la validité discriminante confirme la capacité de l’outil à différencier sans ambiguïté les populations cliniques présentant des dysfonctions sexuelles des témoins asymptomatiques.

2. Mots-clés

Questionnaire des modes sexuels, SMQ, cognitions sexuelles, pensées automatiques, dysfonction sexuelle, thérapie cognitivo-comportementale, évaluation psychométrique, excitation sexuelle subjective, affects sexuels, sexologie clinique.

3. Auteurs

Le Questionnaire des Modes Sexuels a été conçu et standardisé par deux chercheurs de premier plan dans le champ de la psychopathologie cognitive et de la sexologie clinique au Portugal :

  • Pedro J. Nobre, Ph.D. : Professeur titulaire de psychologie clinique et sexologie, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation de l’Université de Porto (anciennement affilié à l’Universidade de Trás-os-Montes e Alto Douro), directeur du groupe de recherche en sexualité humaine (SexLab), ancien président de la World Association for Sexual Health (WAS) et de la European Society for Sexual Medicine (ESSM).
  • José Pinto-Gouveia, M.D., Ph.D. : Professeur émérite de psychiatrie et de psychologie clinique, directeur du Centre de recherche en neuropsychologie et intervention cognitivo-comportementale (CINEICC), Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Universidade de Coimbra, Portugal.

Pour l’obtention des formulaires originaux et les demandes d’autorisation d’utilisation dans le cadre de recherches cliniques, les correspondances institutionnelles sont à adresser au Pr Pedro J. Nobre.

4. Objectif

Le Questionnaire des Modes Sexuels (SMQ) a été spécifiquement conçu pour combler un vide méthodologique majeur dans l’évaluation psychologique des difficultés sexuelles. Historiquement, l’évaluation de la fonction sexuelle s’est focalisée de manière prépondérante sur des dimensions somatiques ou comportementales (rigidité érectile, fréquence des rapports, latence éjaculatoire, lubrification vaginale), reléguant au second plan les déterminants cognitifs et affectifs opérant en temps réel durant l’activité sexuelle. L’objectif premier du SMQ est d’opérationnaliser et de quantifier l’architecture cognitive des modes sexuels, c’est-à-dire l’interaction synchronique entre ce qu’un individu pense, ce qu’il ressent sur le plan émotionnel et la manière dont son corps réagit subjectivement durant les rapports intimes.

Dans la pratique clinique, le SMQ remplit plusieurs fonctions diagnostiques et thérapeutiques indispensables. En premier lieu, il permet d’établir une conceptualisation de cas cognitivo-comportementale fine et individualisée. Les cliniciens peuvent cartographier les scénarios mentaux dysfonctionnels spécifiques qui s’immiscent lors des rapports (par exemple, des pensées catastrophiques d’échec chez l’homme ou des sentiments d’intrusion et de passivité chez la femme) et comprendre comment ces cognitions induisent des états émotionnels aversifs (culpabilité, honte, tristesse, anxiété de performance) qui désamorcent l’excitation sexuelle. En identifiant précisément les déclencheurs cognitifs, le thérapeute peut concevoir des interventions ciblées de restructuration cognitive, de focalisation sensorielle (sensate focus) et de défusion cognitive issues des thérapies de la troisième vague.

Sur le plan de la recherche, le SMQ constitue un outil épidémiologique et expérimental de premier ordre pour tester les modèles étiopathogéniques des troubles sexuels. Il permet d’étudier les différences inter-genres dans le traitement de l’information érotique, d’analyser l’impact des traumatismes sexuels antérieurs sur les représentations mentales intimes, et de mesurer l’efficacité des protocoles thérapeutiques pharmacologiques et psychologiques dans le cadre d’essais cliniques contrôlés. En distinguant les pensées automatiques des réponses émotionnelles et de l’excitation subjective, le SMQ offre une granularité analytique inédite pour disséquer les mécanismes de maintien des dysfonctions érectiles, de l’éjaculation prématurée, du trouble de l’intérêt et de l’excitation sexuelle chez la femme ou des douleurs génito-pelviennes (vaginisme et dyspareunie).

5. Construit psychologique

Le construit central mesuré par le SMQ repose sur le concept de mode cognitivo-affectif sexuel. Un mode est un réseau intégré de schémas cognitifs, affectifs, motivationnels et physiologiques activé en réponse à des situations environnementales spécifiques. Dans le domaine sexuel, le fonctionnement érotique optimal requiert l’activation d’un mode orienté vers le plaisir, caractérisé par une attention centrée sur les stimuli érotiques sensoriels, des affects d’enthousiasme et de contentement, et une réponse génitale fluide. À l’inverse, l’activation d’un mode dysfonctionnel dérive l’attention vers des stimuli de menace, engendrant une cascade d’inhibitions psychophysiologiques.

Le SMQ évalue ce construit au travers de trois composantes structurelles et de multiples dimensions spécifiques selon le genre :

Sous-échelle des Pensées Automatiques (PA)

Cette composante évalue la fréquence d’apparition d’images ou d’énoncés verbaux spontanés, involontaires et plausibles qui traversent l’esprit du sujet lors de la relation sexuelle. La structure factorielle de cette sous-échelle se déploie selon des axes différenciés pour les deux sexes :

  • Version Féminine (SMQ-F) :
    • Pensées d’Abus Sexuel (Facteur 1) : Évalue la présence d’images traumatiques, de sentiments d’exploitation, de dégoût ou de contrainte (ex. sentiment d’être violentée ou utilisée comme un simple objet de gratification).
    • Pensées d’Échec et de Désengagement (Facteur 2) : Capture l’impossibilité ressentie d’atteindre l’orgasme, la perte d’excitation et la volonté de mettre un terme au rapport (ex. « Je ne ressens rien », « Quand est-ce que cela va se terminer ? »).
    • Pensées sur le Manque d’Affection du Partenaire (Facteur 3) : Mesure l’insécurité affective et la perception d’une déconnexion émotionnelle (ex. « Il n’est pas aussi affectueux qu’avant », « Il ne m’aime que si je suis performante au lit »).
    • Passivité Sexuelle et Contrôle (Facteur 4) : Réfère aux croyances de genre restrictives, à la retenue émotionnelle et à l’interdiction d’initiative (ex. « Je ne devrais pas prendre l’initiative », « Il va penser que je suis facile »).
    • Absence de Pensées Érotiques (Facteur 5) : Items érotiques positifs inversés mesurant la carence d’imagerie plaisante et d’absorption sensorielle valorisante.
    • Pensées d’Image Corporelle Négative (Facteur 6) : Préoccupations relatives au physique, au vieillissement ou à la désirabilité corporelle (ex. « Je deviens grosse/laide »).
  • Version Masculine (SMQ-M) :
    • Anticipation de l’Échec (Facteur 1) : Pensées catastrophiques de contre-performance, peur de décevoir la partenaire et sentiment d’impuissance générale.
    • Préoccupations Érectiles (Facteur 2) : Focalisation anxieuse exclusive sur la rigidité pénienne et l’obligation de maintenir l’érection (ex. « Mon pénis ne réagit pas », « Je dois obtenir une érection »).
    • Pensées liées à l’Âge et au Corps (Facteur 3) : Croyances sur le déclin de la virilité, le vieillissement et la perte d’attrait physique.
    • Pensées Négatives envers la Sexualité (Facteur 4) : Jugements moralisateurs restrictifs, dégoût ou tabous associés à certains actes sexuels.
    • Absence de Pensées Érotiques (Facteur 5) : Déficit de pensées excitantes et d’immersion positive dans le jeu amoureux.

Sous-échelle des Réponses Émotionnelles (RE)

Cette sous-échelle opérationnalise l’impact affectif immédiat des cognitions évoquées. Le sujet doit identifier les émotions vécues parmi dix descripteurs fondamentaux : l’inquiétude, la tristesse, la désillusion, la peur, la culpabilité, la honte, la colère, la blessure morale, le plaisir et la satisfaction. Cette composante permet de vérifier si les cognitions activent des affects d’impuissance (tristesse, désillusion), d’auto-dévalorisation (honte, culpabilité) ou de menace (peur, inquiétude).

Sous-échelle de la Réponse Sexuelle Subjective (RS)

Cette dimension mesure l’auto-évaluation du niveau d’activation sexuelle et d’excitation subjective concomitante à chaque pensée. Elle met en lumière le gradient d’interférence cognitive : comment une pensée spécifique module négativement ou positivement le flux physiologique et psychologique de l’excitation.

6. Cadre théorique

Le Questionnaire des Modes Sexuels s’inscrit au carrefour de la théorie cognitive de la psychopathologie et des neurosciences comportementales de la sexualité. Il tire principalement ses fondements conceptuels de trois courants majeurs :

La Théorie des Modes Cognitifs d’Aaron T. Beck

Dans ses développements théoriques avancés, Aaron T. Beck (1996) a proposé le concept de « modes » pour dépasser la vision statique des schémas cognitifs. Un mode est un réseau synchronisé de schémas cognitifs, affectifs, comportementaux et physiologiques conçu pour répondre aux demandes environnementales d’adaptation, de survie ou de reproduction. Nobre et Pinto-Gouveia ont transposé ce modèle au domaine érotique. Selon leur modélisation, le « mode sexuel » peut être fonctionnel (intégrant le désir, la détente, des affects hédoniques et la vasodilatation génitale) ou dysfonctionnel. Lorsque des schémas d’incompétence, de rejet ou de vulnérabilité sont activés par le contexte intime, l’individu entre dans un « mode de menace » où les ressources attentionnelles sont réquisitionnées par l’auto-observation critique.

Le Modèle de l’Anxiété de Performance de Barlow

Le modèle cognitivo-affectif de l’excitation sexuelle proposé par David H. Barlow (1986) constitue un pilier fondamental du SMQ. Barlow a démontré que les individus sans troubles sexuels répondent aux stimuli érotiques en focalisant leur attention sur les indices sensoriels plaisants, ce qui amplifie l’excitation génitale et crée une rétroaction positive. En revanche, les individus souffrant de dysfonctions sexuelles interprètent la situation sexuelle comme une épreuve d’évaluation. Cette évaluation cognitive génère une anxiété autonome qui oriente l’attention vers des stimuli non sexuels ou aversifs (surveillance de l’érection, peur du jugement d’autrui), inhibant ainsi l’excitation parasympathique indispensable à la tumescence érectile ou à la lubrification vaginale.

Le Modèle du Traitement de l’Information de Janssen et Bancroft

Le SMQ s’aligne également sur le modèle du contrôle double (Dual Control Model) développé par Erick Janssen et John Bancroft au Kinsey Institute. Ce paradigme postule que la réponse sexuelle humaine résulte d’un équilibre neurobiologique entre des mécanismes d’excitation sexuelle (SE) et des mécanismes d’inhibition sexuelle (SI). Les pensées automatiques négatives recensées par le SMQ opèrent comme des déclencheurs puissants de l’inhibition sexuelle de type 1 (peur de la performance) et de type 2 (peur des conséquences sexuelles, menaces relationnelles, dégoût), verrouillant les réflexes neuro-vasculaires.

7. Validité

Les propriétés de validité du SMQ ont fait l’objet d’investigations méthodologiques rigoureuses publiées dans des revues internationales à comité de lecture, confirmant sa robustesse métrologique.

Validité Convergente

La validité convergente a été démontrée en corrélant les scores du SMQ avec les instruments de mesure standardisés de la fonction sexuelle : le Female Sexual Function Index (FSFI; Rosen et al., 2000) pour les femmes et l’International Index of Erectile Function (IIEF; Rosen et al., 1997) pour les hommes.

  • Chez les femmes : Des corrélations négatives hautement significatives ont été établies entre le score global au FSFI et la sous-échelle des Pensées Automatiques. Les dimensions les plus fortement associées à une altération globale de la sexualité féminine sont les Pensées d’Abus Sexuel (Facteur 1), les Pensées d’Échec et de Désengagement (Facteur 2) et l’Absence de Pensées Érotiques (Facteur 5). De surcroît, les analyses de la sous-échelle des Réponses Émotionnelles révèlent que des scores élevés au FSFI corrèlent positivement avec le plaisir, et négativement avec les affects de tristesse, de culpabilité et de colère.
  • Chez les hommes : L’indice global de l’IIEF présente des corrélations négatives substantielles avec l’Anticipation de l’Échec (Facteur 1), les Préoccupations Érectiles (Facteur 2) et l’Absence de Pensées Érotiques (Facteur 5). Au niveau émotionnel, une fonction érectile optimale est corrélée de façon positive avec le plaisir et la satisfaction, et négativement avec la tristesse et la désillusion.

Validité Discriminante

La capacité de l’instrument à différencier des populations cliniques et des témoins non cliniques a été confirmée dans les travaux princeps de Nobre et Pinto-Gouveia (2003, 2006, 2008) au moyen de protocoles cas-témoins rigoureusement appariés selon l’âge et le statut relationnel :

  • Les femmes consultant pour un trouble sexuel (trouble du désir, trouble de l’orgasme, dyspareunie) présentent des scores significativement plus élevés que les femmes asymptomatiques sur l’échelle globale des pensées automatiques, et de façon marquée sur les Pensées d’Échec et de Désengagement et le Déficit de Pensées Érotiques (p < 0,001).
  • Les hommes présentant un dysfonctionnement sexuel (dysfonction érectile, éjaculation prématurée) obtiennent des scores significativement plus élevés que les hommes du groupe contrôle aux facteurs d’Anticipation de l’Échec, de Préoccupations Érectiles et d’Absence de Pensées Érotiques (p < 0,001).

8. Fidélité

La fidélité du SMQ a été évaluée à la fois sous l’angle de la consistance interne et de la stabilité temporelle (test-retest).

Cohérence Interne

La consistance interne de la sous-échelle des Pensées Automatiques a été calculée à l’aide du coefficient alpha de Cronbach au sein d’échantillons cliniques et communautaires :

  • Échelle totale : L’alpha de Cronbach atteint 0,88 pour la version masculine et 0,87 pour la version féminine, traduisant une excellente homogénéité globale des items.
  • Sous-dimensions féminines : Les valeurs d’alpha de Cronbach pour les 6 facteurs oscillent entre 0,71 et 0,80, démontrant une fidélité satisfaisante à bonne pour chaque sous-construit spécifique.
  • Sous-dimensions masculines : Les coefficients alpha pour les 5 facteurs varient entre 0,69 et 0,83, attestant d’une consistance psychométrique solide à travers les dimensions théoriques.

Stabilité Temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été vérifiée par l’administration du questionnaire à deux reprises, avec un intervalle standard de 4 semaines :

  • Version Féminine : Une corrélation de Pearson de r = 0,95 (p < 0,01) a été observée pour le score total, indiquant une stabilité temporelle remarquable des schémas cognitifs automatiques en l’absence d’intervention thérapeutique. Pour les facteurs spécifiques, les corrélations test-retest s’échelonnent de r = 0,52 (p < 0,05) à r = 0,90 (p < 0,01).
  • Version Masculine : Le coefficient global s’établit à r = 0,65 (p = 0,08), reflétant une stabilité temporelle modérée mais acceptable, avec des coefficients factoriels s’étendant de r = 0,20 (p < 0,05) à r = 0,95 (p < 0,01). La plus grande variabilité chez les hommes s’explique cliniquement par la sensibilité accrue des cognitions masculines aux fluctuations contextuelles de performance immédiate.

9. Analyse factorielle

L’architecture multidimensionnelle de la sous-échelle des Pensées Automatiques du SMQ a été isolée au moyen d’analyses factorielles exploratoires distinctes pour chaque sexe, basées sur des analyses en composantes principales (ACP) avec rotation orthogonale Varimax (Nobre & Pinto-Gouveia, 2003).

Structure Factorielle Féminine (SMQ-F)

L’analyse factorielle de la version féminine a permis d’isoler six facteurs majeurs dotés de valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1, expliquant conjointement 53,1 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Pensées d’Abus Sexuel (Items 1, 2, 3, 4, 6, 15, 32, 33) — 8 items, score de 8 à 40 points. Saturations élevées relatives aux sentiments de contrainte, d’objectification et de menace physique.
  • Facteur 2 : Pensées d’Échec et de Désengagement (Items 19, 22, 26, 30) — 4 items, score de 4 à 20 points. Saturations liées à l’engourdissement sensoriel et au souhait d’abréger la relation sexuelle.
  • Facteur 3 : Manque d’Affection du Partenaire (Items 7, 12, 24, 27, 28) — 5 items, score de 5 à 25 points. Focalisation sur la froideur perçue et le manque d’attention romantique.
  • Facteur 4 : Passivité Sexuelle et Contrôle (Items 10, 14, 17, 21, 23, 29) — 6 items, score de 6 à 30 points. Croyances normatives d’inhibition de l’affirmation sexuelle.
  • Facteur 5 : Absence de Pensées Érotiques (Items 5, 8, 11, 25, 31) — 5 items, score de 5 à 25 points (items inversés). Évalue le niveau d’immersion positive dans le plaisir partagé.
  • Facteur 6 : Pensées d’Image Corporelle Négative (Items 9, 16, 20) — 3 items, score de 3 à 15 points. Inquiétudes relatives à l’apparence physique, au poids et au vieillissement corporel.

Structure Factorielle Masculine (SMQ-M)

Pour la version masculine, l’analyse a abouti à une solution finale retenant 27 items distribués sur cinq facteurs, éliminant 3 items non spécifiques :

  • Facteur 1 : Anticipation de l’Échec (Items 1, 2, 3, 4, 6, 7, 16) — 7 items, score de 7 à 35 points. Anxiété anticipatoire centrée sur la non-satisfaction de la partenaire et l’échec personnel.
  • Facteur 2 : Préoccupations Érectiles (Items 5, 8, 9, 10, 11, 12, 29) — 7 items, score de 7 à 35 points. Obsession cognitive quant à la rigidité, la perte ou l’incapacité d’obtenir l’érection.
  • Facteur 3 : Pensées liées à l’Âge et au Corps (Items 19, 21, 22, 28) — 4 items, score de 4 à 20 points. Réflexions dysphoriques sur la sénescence et la perte d’attractivité masculine.
  • Facteur 4 : Pensées Négatives envers la Sexualité (Items 20, 23, 24, 25, 30) — 5 items, score de 5 à 25 points. Croyances morales contraignantes, dégoût ou rigidité sexuelle.
  • Facteur 5 : Absence de Pensées Érotiques (Items 14, 17, 18, 26) — 4 items, score de 4 à 20 points (items inversés). Focalisation sur les aspects gratifiants et stimulants de l’acte.

10. Instrument de mesure

  • Dénomination de l’outil : Questionnaire des Modes Sexuels (Sexual Modes Questionnaire – SMQ).
  • Versions disponibles : Formulaire Hommes (SMQ-M) et Formulaire Femmes (SMQ-F).
  • Mode d’administration : Auto-questionnaire individuel sur support papier-crayon ou informatisé.
  • Temps moyen de passation : Environ 15 à 25 minutes selon l’exhaustivité des pensées rapportées.
  • Nombre d’items :
    • Version féminine : 33 items cognitifs.
    • Version masculine : 30 items présentés (27 items retenus dans le calcul factoriel standardisé).
  • Format des échelles de réponse :
    • Pensées Automatiques : Échelle de fréquence en 5 points de type Likert (1 = Jamais, 2 = Rarement, 3 = Parfois, 4 = Souvent, 5 = Toujours).
    • Réponses Émotionnelles : Sélection dichotomique (cocher présent/absent) parmi une liste standardisée de 10 émotions vécues lors de l’apparition de la pensée (Inquiétude, Tristesse, Désillusion, Peur, Culpabilité, Honte, Colère, Blessure, Plaisir, Satisfaction). Si une pensée est notée 1 (Jamais), cette section n’est pas remplie pour cet item.
    • Réponse Sexuelle Subjective : Échelle d’intensité en 5 points de type Likert (1 = Très faible, 2 = Faible, 3 = Modérée, 4 = Élevée, 5 = Très élevée). Remplie uniquement si la pensée a été ressentie.
  • Modalités de calcul des scores (Scoring) :
    • Indice global de pensées automatiques négatives : Somme arithmétique de l’ensemble des items de fréquence de la sous-échelle, après inversion obligatoire des items de pensées érotiques positives (SMQ-F : items 5, 8, 11, 25, 31 ; SMQ-M : items 14, 17, 18, 26 où le score 1 devient 5, 2 devient 4, etc.). Un score total élevé traduit une charge cognitive dysfonctionnelle critique.
    • Indice d’impact émotionnel individuel : Calculé pour chaque émotion spécifique par la formule :
      Indice émotionnel = (Nombre total d'occurrences de l'émotion cochée) / (Nombre total d'émotions cochées toutes catégories confondues).
      Cet indice est une proportion bornée entre 0,0 et 1,0.
    • Indice d’excitation sexuelle subjective : Calculé par la formule :
      Indice d'excitation = (Somme des scores d'intensité sexuelle rapportés) / (Nombre total d'items cognitifs renseignés).
      Cet indice s’échelonne de 1,0 à 5,0.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 2003 (première validation dans The Journal of Sex Research). Études complémentaires de validation émotionnelle et cognitive publiées en 2006 et 2008.
  • Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle de Pedro J. Nobre et José Pinto-Gouveia. Tous droits réservés.
  • Tarification et Licence : L’instrument est accessible gratuitement à des fins de recherche académique et d’évaluation clinique non commerciale. Aucune redevance financière n’est exigée des praticiens ou des étudiants universitaires.
  • Demande d’autorisation : L’obtention des versions originales complètes, des protocoles de cotation et l’autorisation formelle d’utilisation ou de traduction dans d’autres langues doivent être sollicitées directement auprès de l’auteur principal : Pr Pedro J. Nobre (Université de Porto, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Porto, Portugal).

12. Références

Barlow, D. H. (1986). Causes of sexual dysfunction: The role of anxiety and cognitive interference. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 54(2), 140–148. https://doi.org/10.1037/0022-006X.54.2.140

Beck, A. T. (1996). Beyond belief: A theory of modes, personality, and psychopathology. In P. M. Salkovskis (Ed.), Frontiers of cognitive therapy (pp. 1–25). The Guilford Press.

Nobre, P. J., & Pinto-Gouveia, J. (2003). Sexual Modes Questionnaire: Measure to assess the interaction between cognitions, emotions and sexual response. The Journal of Sex Research, 40(4), 368–382. https://doi.org/10.1080/00224490309552203

Nobre, P. J., & Pinto-Gouveia, J. (2006). Emotions during sexual activity: Differences between sexually functional and dysfunctional men and women. Archives of Sexual Behavior, 35(4), 491–499. https://doi.org/10.1007/s10508-006-9047-1

Nobre, P. J., & Pinto-Gouveia, J. (2008). Differences in automatic thoughts presented during sexual activity between sexually functional and dysfunctional males and females. Cognitive Therapy and Research, 32(1), 37–49. https://doi.org/10.1007/s10608-006-9067-1

Rosen, R. C., Brown, C., Heiman, J., Leiblum, S., Meston, C., Shabsigh, R., Ferguson, D., & D’Agostino, R., Jr. (2000). The Female Sexual Function Index (FSFI): A multidimensional self-report instrument for the assessment of female sexual function. Journal of Sex & Marital Therapy, 26(2), 191–208. https://doi.org/10.1080/01614570051056528

Rosen, R. C., Riley, A., Wagner, G., Osterloh, I. H., Kirkpatrick, J., & Mishra, A. (1997). The International Index of Erectile Function (IIEF): A multidimensional scale for assessment of erectile dysfunction. Urology, 49(6), 822–830. https://doi.org/10.1016/S0090-4295(97)00238-0

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

These movements and positions are fabulous
2

This time I cannot disappoint my partner
3

She will replace me with another guy
4

I’m condemned to failure
5

I must be able to have intercourse
6

This is not going anywhere
7

I’m not satisfying her
8

I must achieve an erection
9

I’m not penetrating my partner
10

My penis is not responding
11

Why isn’t this working?
12

I wish this could last longer
13

What is she thinking about me?
14

These movements and positions are fabulous
15

What if others knew I’m not capable . . . ?
16

If I fail again I am a lost cause
17

I’m the happiest man on earth
18

This is turning me on
19

If I don’t climax now, I won’t be able to later
20

She is not being as affectionate as she used to
21

She doesn’t find my body attractive anymore
22

I’m getting old
23

This is disgusting
24

This way of having sex is immoral unnatural
25

Telling her what I want sexually would be
26

She is really turned on
27

I must show my virility
28

It will never be the same again
29

If I can’t get an erection, I will be embarrassed
30

I have other more important matters to deal with
31

I’m the happiest woman on earth
32

I have other more important matters to deal with
33

If I refuse to have sex, he will cheat on me
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Questionnaire des Modes Sexuels. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-des-modes-sexuels
Looti, Mohammed. “Questionnaire des Modes Sexuels.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-des-modes-sexuels.
Looti, Mohammed. “Questionnaire des Modes Sexuels.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-des-modes-sexuels.