1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire des dilemmes de choix (connu sous le nom originel de Choice Dilemmas Questionnaire ou CDQ) a été développé par Michael A. Wallach et Nathan Kogan en 1961 afin d’évaluer de manière standardisée la tolérance individuelle au risque et les mécanismes décisionnels en situation d’incertitude. Conçu initialement pour explorer la psychologie de la personnalité et les processus cognitifs, l’instrument a joué un rôle historique déterminant dans la découverte et la conceptualisation du phénomène de « déplacement vers le risque » (risky shift) et de la polarisation de groupe au sein de la psychologie sociale expérimentale. Le CDQ se compose de 12 scénarios hypothétiques ancrés dans la vie quotidienne, professionnelle, sportive ou médicale. Chaque dilemme confronte un protagoniste central à un arbitrage binaire : une option sûre garantissant un gain modeste ou le statu quo, et une option attrayante mais risquée dont l’échec entraîne des conséquences négatives sévères.
Pour chaque situation, le répondant a pour tâche de déterminer la probabilité minimale de succès (1/10, 3/10, 5/10, 7/10, 9/10, ou le refus catégorique d’opter pour l’alternative risquée) qu’il exigerait avant de conseiller au protagoniste de s’engager dans la voie incertaine. Cette métrique opérationnalise la « valeur dissuasive de l’échec » (failure deterrence value). Bien que le CDQ ait démontré une cohérence interne modérée à satisfaisante (coefficients alpha oscillant généralement entre 0,55 et 0,75 selon les populations) et une excellente sensibilité expérimentale aux dynamiques délibératives collectives, sa structure factorielle a fait l’objet de vifs débats théoriques, oscillant entre un modèle unidimensionnel global de propension au risque et une conceptualisation multidimensionnelle dictée par le domaine spécifique du dilemme (financier, éthique, vital, interpersonnel).
2. Mots-clés / Keywords
Prise de risque, Questionnaire des dilemmes de choix, CDQ, Déplacement vers le risque, Polarisation de groupe, Décision en incertitude, Probabilité subjective, Psychométrie, Michael A. Wallach, Nathan Kogan, Valeur dissuasive de l’échec, Évaluation décisionnelle.
3. Auteurs / Authors
Le Questionnaire des dilemmes de choix a été conçu et validé par les psychologues américains Michael A. Wallach et Nathan Kogan :
- Michael A. Wallach (Ph.D., Harvard University) : Professeur émérite de psychologie à l’Université Duke (Durham, Caroline du Nord, États-Unis). Ses travaux ont profondément marqué les domaines de la créativité, du développement cognitif, des styles de pensée et des processus décisionnels en contexte social.
- Nathan Kogan (Ph.D., Harvard University) : Professeur émérite de psychologie à la New School for Social Research (New York, États-Unis) et chercheur senior à l’Educational Testing Service (ETS, Princeton, New Jersey). Figure majeure de la psychologie cognitive et différentielle, il s’est distingué par ses recherches sur le vieillissement, les styles cognitifs et le comportement de choix sous risque.
L’instrument a été formellement introduit dans leur monographie séminale de 1964 intitulée Risk taking: A study in cognition and personality, après avoir servi de fondement empirique aux études de dynamique des petits groupes menées dès 1961-1962 conjointement avec Daryl J. Bem.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Questionnaire des dilemmes de choix est de quantifier l’arbitrage psychologique opéré par un individu lorsqu’il doit évaluer le compromis entre l’attractivité d’un résultat potentiel et le coût anticipé d’un échec probable. Plutôt que de reposer sur des loteries monétaires abstraites issues des modèles néoclassiques de l’utilité espérée de John von Neumann et Oskar Morgenstern, Wallach et Kogan ont cherché à capturer la prise de décision dans des contextes narratifs dotés d’une forte validité écologique apparente.
L’instrument permet d’étudier deux dimensions complémentaires :
- La disposition individuelle au risque : Établir un profil de prudence ou d’audace chez un individu en mesurant le niveau de certitude exigé avant d’entreprendre une action à issue incertaine.
- L’impact des interactions collectives sur le jugement : Comparer les décisions prises individuellement en pré-test aux consensus élaborés après discussion de groupe (post-test), afin de modéliser les glissements normatifs et l’influence sociale.
Dans le domaine de la recherche, le CDQ a été mobilisé pour étudier la psychologie des organisations (décisions d’investissement, stratégies managériales), la psychologie clinique (comportements impulsifs, anxiété de performance face à l’échec), la criminologie et les sciences politiques (comportements diplomatiques en période de crise). Il répond au besoin théorique d’opérationnaliser le concept de failure deterrence (la force inhibitrice de l’échec potentiel) dans des situations de vie courante où les enjeux ne sont pas purement pécuniaires, mais touchent à la santé, la carrière, l’honneur ou les relations affectives.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique ciblé par le CDQ est la propension au risque décisionnel, modulée par la valeur dissuasive de l’échec. Dans le paradigme de Kogan et Wallach (1964), le risque n’est pas appréhendé comme une simple variance statistique de résultats objectifs, mais comme une expérience psychologique caractérisée par un conflit motivationnel entre deux forces opposées :
- L’attraction du gain (valence de succès) : L’alternative risquée ($X$) offre un gain substantiel en termes de statut, de richesse, de réalisation de soi ou de survie.
- La peur de la perte (valence de l’échec) : L’échec lié au choix de $X$ entraîne des répercussions désastreuses (mort, faillite, déclassement professionnel, rupture conjugale), tandis que l’alternative sûre ($Y$) assure un niveau de gain garanti ou maintient la sécurité existante.
Le CDQ explore plusieurs sphères de la vie humaine, réparties à travers ses 12 items :
- Le domaine professionnel et entrepreneurial : Le dilemme de M. A (quitter un emploi stable mais modeste chez un grand fabricant d’électronique pour rejoindre une start-up risquée avec parts sociales) et celui de M. E (construire une usine métallurgique aux États-Unis avec un rendement modéré ou dans un pays étranger instable sous menace d’expropriation avec un rendement élevé).
- Le domaine médical et vital : Le dilemme de M. B (subir une opération chirurgicale cardiaque expérimentale potentiellement fatale pour guérir une cardiopathie grave ou vivre sous de lourdes restrictions médicales).
- Le domaine financier et patrimonial : Le dilemme de M. C (investir un capital d’assurance-vie de 4 000 $ dans des actions refuges rapportant 6 % ou spéculer sur une entreprise innovante risquant la dépréciation).
- Le domaine sportif et compétitif : Les dilemmes de M. D (capitaine d’une équipe universitaire de football américain tentant un jeu risqué pour la victoire à la dernière seconde plutôt que d’assurer un match nul) et de M. G (joueur d’échecs tentant une manœuvre tactique trompeuse mais hasardeuse contre un favori).
- Le domaine académique et vocationnel : Le dilemme de M. F (choisir entre une université prestigieuse où les échecs au doctorat sont massifs et une université ordinaire où l’obtention du diplôme est garantie) et de M. H (poursuivre une formation incertaine de pianiste concertiste ou entrer en école de médecine avec un statut garanti).
- Le domaine de la survie physique extrême : Le dilemme de M. J (prisonnier de guerre américain planifiant une évasion risquée dans un camion de ravitaillement, avec la peine de mort en cas de capture).
- Le domaine politique et civique : Le dilemme de M. K (candidature électorale coûteuse et risquée pour le Congrès dans une circonscription défavorable).
- Le domaine de la recherche scientifique : Le dilemme de M. L (physicien s’engageant sur un problème théorique ardu de 5 ans pouvant révolutionner la physique ou échouer totalement, plutôt que de publier des articles mineurs mais sûrs).
- Le domaine conjugal et relationnel : Le dilemme de M. M (décision d’épouser ou non une partenaire malgré des divergences majeures constatées lors d’un conseil conjugal).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique du CDQ s’articule autour de la psychologie différentielle de la personnalité et de la dynamique des groupes issue de la tradition de Kurt Lewin. Lorsque Wallach et Kogan conçoivent l’instrument en 1961, l’opinion dominante postulait que les décisions collectives aboutissaient invariablement à des compromis modérés, prudents et conservateurs comparativement aux jugements individuels. Or, les travaux fondateurs de James Stoner (1961) à la Sloan School of Management du MIT, suivis des études approfondies de Wallach, Kogan et Bem (1962, 1964), ont mis en évidence le phénomène inverse : le déplacement vers le risque (risky shift).
Trois grandes familles de théories socio-cognitives ont été développées pour expliquer les données issues du CDQ :
1. La diffusion de responsabilité
Initialement formulée par Wallach, Kogan et Bem (1964), cette hypothèse suggère que le cadre de la discussion de groupe atténue le sentiment de culpabilité ou d’anxiété individuelle face à l’éventualité d’un échec. Le risque étant partagé socialement, les membres du groupe adoptent une attitude plus audacieuse.
2. La comparaison sociale et la valorisation culturelle
Développée par Roger Brown (1965), cette perspective avance que dans la majorité des sociétés occidentales, la prise de risque est perçue comme une valeur culturelle positive synonyme de courage, d’initiative et de compétence. Lors de la passation individuelle initiale, les sujets sous-estiment l’audace d’autrui. La confrontation collective révèle que d’autres participants sont plus téméraires, incitant chaque membre à réajuster sa position vers un niveau d’audace supérieur pour préserver une présentation de soi favorable.
3. La théorie des arguments persuasifs
Formalisée plus tard par Eugene Burnstein et Amiram Vinokur (1973), cette approche cognitive démontre que l’orientation vers le risque ou la prudence dépend de la proportion d’arguments persuasifs disponibles dans la mémoire collective pour chaque scénario. L’effet de groupe n’est pas un biais purement affectif, mais le résultat d’un traitement rationnel d’informations nouvelles et dominantes partagées durant la délibération. Ce mécanisme a permis à Serge Moscovici et Willem Doise de généraliser le phénomène sous le concept unificateur de polarisation de groupe.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du CDQ a fait l’objet de nombreuses vérifications expérimentales tout au long des décennies 1960 à 1980.
Validité de construit
La validité de construit a été appuyée par la convergence entre les choix au CDQ et les mesures projectives de l’anxiété et de la motivation d’accomplissement (Need for Achievement de McClelland et Atkinson). Kogan et Wallach (1964) ont démontré que les individus présentant une anxiété élevée (mesurée par la Manifest Anxiety Scale de Taylor) et un besoin d’approbation sociale fort exigent des probabilités de succès significativement plus élevées (scores moyens tendant vers 7/10 ou 9/10), attestant d’une grande valeur dissuasive de l’échec.
Validité convergente et prédictive
Les corrélations entre le score global au CDQ et des comportements décisionnels réels en laboratoire (ex. : paris de dés, tâches d’évaluation motrice sous récompense monétaire) ont oscillé entre $r = 0,25$ et $r = 0,42$ ($p < 0,01$). Bien que ces coefficients soient modérés, ils correspondent aux standards de la prédiction des comportements spécifiques à partir de questionnaires d'attitudes générales. Le CDQ s'est également révélé être un prédicteur robuste de l'adhésion à des changements stratégiques en simulation d'entreprise et d'arbitrages financiers chez de jeunes cadres.
Validité discriminante
Le CDQ démontre une excellente indépendance vis-à-vis des échelles d’intelligence générale (QI mesuré par les matrices progressives de Raven ou l’échelle de Wechsler, $r < 0,15$, non significatif), ce qui confirme que la disposition au risque mesurée par les probabilités subjectives constitue un trait cognitivo-motivationnel distinct des capacités d'abstraction intellectuelle pure.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité du CDQ reflètent la spécificité des instruments fondés sur des mises en situation hétérogènes :
- Cohérence interne : Les analyses initiales de Wallach et Kogan (1961) ont révélé des corrélations inter-items faibles à modérées, comprises entre $r = 0,11$ et $r = 0,38$. Le coefficient alpha de Cronbach calculé dans des méta-analyses et études de réplication ultérieures (notamment Cartwright, 1971 ; Blascovich, 1973) s’établit entre $lpha = 0,55$ et $lpha = 0,72$. Cette valeur indique que les dilemmes ne forment pas un bloc strictement redondant, mais échantillonnent des facettes situationnelles variées.
- Fidélité test-retest : Chez des sujets effectuant le test individuellement à deux reprises (intervalle de 2 à 4 semaines sans interaction collective intermédiaire), les coefficients de stabilité temporelle sont satisfaisants, se situant entre $r = 0,70$ et $r = 0,82$, ce qui démontre la stabilité temporelle des critères de décision personnels.
- Fidélité split-half (moitiés partagées) : Corrigée par la formule de Spearman-Brown, la fidélité par bipartition atteint généralement des valeurs de $r_{sb} = 0,64$ à $0,75$.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les recherches psychométriques (notamment celles de Paul Slovic, 1962, 1972 et de Robert L. Helmreich, 1971) ont systématiquement remis en question l’unidimensionnalité stricte initialement postulée par Wallach et Kogan :
Structure factorielle exploratoire (AFE)
L’analyse factorielle en composantes principales avec rotation Varimax fait émerger typiquement deux à trois facteurs principaux expliquant entre 40 % et 52 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Risques à valence matérielle et statutaire (orientation risquée) : Regroupe principalement les items A (changement d’emploi), C (placement boursier), D (football), E (usine à l’étranger) et L (physicien). Les saturations sur ce facteur oscillent entre 0,48 et 0,71. Pour ces items, la discussion de groupe génère presque invariablement un déplacement vers le risque.
- Facteur 2 : Risques physiques et vitaux (orientation prudente) : Regroupe les items B (opération chirurgicale cardiaque fatale) et M (mariage sous divergences majeures), parfois accompagnés de l’item J (évasion de camp de prisonniers). Les saturations dépassent 0,55. Fait remarquable, sur ces items précis, les recherches ont mis en évidence un « déplacement vers la prudence » (cautious shift), invalidant l’idée que le groupe pousse toujours à l’audace aveugle.
- Facteur 3 : Risques de prestige académique et vocationnel : Regroupe les items F (doctorat de chimie) et H (carrière de pianiste de concert), avec des saturations moyennes comprises entre 0,45 et 0,62.
Ces éléments factoriels ont conduit les psychologues contemporains à privilégier une interprétation du risque dépendante du domaine (domain-specific risk-taking), préfigurant la construction d’échelles modernes telles que la DOSPERT (Weber, Blais & Betz, 2002).
10. Instrument de mesure / Instrument
Les caractéristiques formelles de passation et de dépouillement du Questionnaire des dilemmes de choix se résument ainsi :
- Type d’outil : Questionnaire auto-administré ou administré en passation collective standardisée (crayon-papier ou informatisé).
- Nombre d’items : 12 scénarios narratifs indépendants (désignés de Monsieur A à Monsieur M, la lettre I étant omise).
- Format des réponses : Choix multiple ordonné à 6 niveaux représentant des probabilités de succès : 1/10, 3/10, 5/10, 7/10, 9/10, ou case spécifique de refus absolu (« not take the risky choice no matter what the probabilities »).
- Modalités d’administration :
- Phase individuelle (pré-test) : Le sujet remplit les 12 dilemmes seul, en temps non limité (environ 20 à 30 minutes).
- Phase collective (facultative) : Les participants sont regroupés par 3 à 5 personnes et doivent débattre de chaque item jusqu’à parvenir à un consensus unanime sur la cote minimale à recommander.
- Cotation et calcul du score :
- Chaque palier de probabilité reçoit une valeur numérique correspondant au numérateur : 1 chance sur 10 = 1 point ; 3 sur 10 = 3 points ; 5 sur 10 = 5 points ; 7 sur 10 = 7 points ; 9 sur 10 = 9 points.
- Le refus complet d’engager le protagoniste dans l’option risquée, quelle que soit la probabilité, est universellement coté 10 points.
- Score total : Somme des scores des 12 items. L’échelle théorique s’étend de 12 points (propension extrême au risque, acceptation d’une chance sur 10 partout) à 120 points (prudence absolue, rejet total de toute éventualité risquée). Un score bas traduit une forte acceptation du risque ; un score élevé traduit une forte aversion au risque (valeur dissuasive de l’échec élevée).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 1961 (premières exploitations publiées en 1962 ; formalisation complète dans l’ouvrage de référence en 1964).
- Statut des droits d’auteur : Les items du CDQ font partie du domaine public académique à des fins d’enseignement et de recherche scientifique non commerciale. Publié originellement dans des monographies universitaires et des revues de l’American Psychological Association, l’instrument ne nécessite aucune redevance financière ni acquisition de licence payante auprès d’un éditeur commercial.
- Conditions d’utilisation : Utilisation libre sous condition expresse de citation académique rigoureuse des travaux originaux de Wallach, Kogan et Bem (1962, 1964).
12. Références / References
- Blascovich, J. (1973). Sequence effects on choice dilemmas. The Journal of Social Psychology, 91(2), 291-294. https://doi.org/10.1080/00224545.1973.9922670
- Brown, R. (1965). Social psychology. Free Press.
- Burnstein, E., & Vinokur, A. (1973). Testing two classes of interpretations for group induced shifts in individual choice. Journal of Experimental Social Psychology, 9(2), 123-137. https://doi.org/10.1016/0022-1031(73)90003-8
- Cartwright, D. (1971). Risk taking by individuals and groups: An assessment of research employing choice dilemmas. Journal of Personality and Social Psychology, 20(3), 361-378. https://doi.org/10.1037/h0031912
- Helmreich, R. L. (1971). The Choice Dilemmas Questionnaire: Structure and performance. Psychonomic Science, 24(5), 231-232.
- Kogan, N., & Wallach, M. A. (1964). Risk taking: A study in cognition and personality. Holt, Rinehart & Winston. https://doi.org/10.1037/t00821-000
- Moscovici, S., & Doise, W. (1992). Dissensions et consensus : Une théorie générale des décisions collectives. Presses Universitaires de France.
- Slovic, P. (1962). Convergent validation of risk taking measures. Journal of Abnormal and Social Psychology, 65(1), 68-71. https://doi.org/10.1037/h0040778
- Stoner, J. A. F. (1961). A comparison of individual and group decisions involving risk (Unpublished master’s thesis). Massachusetts Institute of Technology, School of Industrial Management.
- Wallach, M. A., & Kogan, N. (1959). Sex differences and judgment processes. Journal of Personality, 27(4), 555-564. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1959.tb01869.x
- Wallach, M. A., Kogan, N., & Bem, D. J. (1962). Group influence on individual risk taking. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 65(2), 75-86. https://doi.org/10.1037/h0044376
- Wallach, M. A., Kogan, N., & Bem, D. J. (1964). Diffusion of responsibility and level of risk taking in groups. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 68(3), 263-274. https://doi.org/10.1037/h0042456