Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ)

Découvrez le Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ) développé par Gross et John (2003) : cadre théorique, validité factorielle, cotation et items complets.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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Résumé

Le Questionnaire de régulation émotionnelle (en anglais, Emotion Regulation Questionnaire ou ERQ), élaboré par les psychologues James J. Gross et Oliver P. John en 2003, constitue l’un des instruments d’auto-évaluation les plus largement validés et mobilisés dans la recherche contemporaine en psychologie cognitive, clinique et sociale. Cet outil psychométrique a été conçu pour opérationnaliser et quantifier les différences individuelles stables dans l’utilisation spontanée et habituelle de deux stratégies majeures de régulation affective issues du modèle des processus de régulation des émotions : la réévaluation cognitive (cognitive reappraisal) et la suppression expressive (expressive suppression).

L’instrument se compose de 10 items formulés de manière rationnelle et univoque, mesurés au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 7 points s’étendant de 1 (« fortement en désaccord ») à 7 (« fortement d’accord »), avec un point neutre médian fixé à 4 (« neutre »). La sous-échelle de réévaluation cognitive comprend 6 items évaluant les processus antécédents de modulation cognitive du ressenti émotionnel avant que les réponses émotionnelles ne se déploient pleinement. La sous-échelle de suppression expressive regroupe quant à elle 4 items évaluant les tentatives de neutralisation et d’inhibition des manifestations comportementales, motrices et posturales associées aux affects.

Sur le plan psychométrique, l’ERQ démontre une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant historiquement entre 0,75 et 0,82 pour la réévaluation cognitive (moyenne de 0,79 dans l’étude princeps) et entre 0,68 et 0,76 pour la suppression expressive (moyenne de 0,73). La fidélité test-retest à 3 mois atteste d’une stabilité temporelle remarquable (r = 0,69 pour chacune des sous-échelles). La validité factorielle a été confirmée dans des dizaines de pays, démontrant une stricte invariance de mesure à travers les cultures, les genres et les populations cliniques ou saines.

Mots-clés

Régulation des émotions, ERQ, Réévaluation cognitive, Suppression expressive, Modèle des processus émotionnels, Évaluation psychométrique, Affectivité, Psychologie clinique, Psychopathologie cognitive, Validité factorielle.

Auteurs

Le Questionnaire de régulation émotionnelle a été développé par deux figures majeures de la psychologie de la personnalité et des processus affectifs :

  • James J. Gross, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Stanford (Stanford, Californie, États-Unis), directeur du Stanford Psychophysiology Laboratory. Ses travaux pionniers sur l’architecture temporelle et neurofonctionnelle des processus de régulation émotionnelle ont redéfini les sciences affectives contemporaines. Courriel : [email protected].
  • Oliver P. John, Ph.D. : Professeur de psychologie à l’Université de Californie à Berkeley (Berkeley, Californie, États-Unis), chercheur principal à l’Institute of Personality and Social Research (IPSR). Spécialiste reconnu des taxonomies de la personnalité (modèle des Big Five) et des dynamiques socio-émotionnelles tout au long de la vie. Courriel : [email protected].

Objectif

Le but fondamental du Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ) est de capturer quantitativement la propension chronique et dispositionnelle d’un individu à déployer deux stratégies régulatrices contrastées lorsqu’il est confronté à des déclencheurs émotionnels positifs ou négatifs. Historiquement, les émotions étaient souvent conceptualisées comme des passions viscérales ou des forces subconscientes incontrôlables s’imposant passivement à l’esprit humain (Solomon, 1976). Dès la fin du XXe siècle, sous l’impulsion des travaux de James J. Gross, un changement paradigmatique majeur s’est opéré : il est devenu évident que les êtres humains exercent une autorégulation sophistiquée, dynamique et fréquente sur la nature, l’intensité, la durée et l’expression de leurs états émotionnels.

L’ERQ a été élaboré afin de répondre à un besoin méthodologique pressant : distinguer nettement les processus cognitifs précoces intervenant en amont de la genèse de l’émotion des processus d’inhibition comportementale tardifs intervenant en aval. Les auteurs ont expressément veillé à concevoir des énoncés mesurant strictement le mécanisme d’action régulateur (la mécanique psychologique intrinsèque) en excluant toute référence à des conséquences secondaires adaptatives ou inadaptées. Ainsi, aucun item ne mentionne si l’utilisation de la stratégie entraîne un soulagement, une détresse, des répercussions sociales ou une altération du bien-être, ce qui élimine tout biais de redondance conceptuelle (criterion contamination) lors de l’étude des liens entre régulation émotionnelle et santé mentale.

Dans la recherche fondamentale, l’ERQ permet d’étudier les corrélats neurobiologiques, physiologiques et psychosociaux de la gestion des affects. En imagerie cérébrale fonctionnelle (IRMf), l’outil sert à prédire le degré de recrutement du cortex préfrontal dorsolatéral et ventrolatéral ainsi que la modulation descendante de l’amygdale lors de tâches d’évocation émotionnelle. Sur le plan sociocognitif, il permet d’analyser l’impact des profils régulateurs sur la qualité des interactions interpersonnelles, la création de liens d’attachement sécurisants et la gestion du soutien social.

Dans la pratique clinique et psychopathologique, l’ERQ constitue une ressource diagnostique et prédictive de premier ordre. Il est employé pour identifier les vulnérabilités transdiagnostiques sous-jacentes aux troubles dépressifs caractérisés, aux troubles anxieux généralisés, aux troubles obsessionnels compulsifs (TOC), au trouble de la personnalité borderline, ainsi qu’aux conduites addictives. Les cliniciens l’utilisent également comme mesure d’efficacité thérapeutique pré- et post-intervention, notamment dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), des interventions de réduction du stress basées sur la pleine conscience (MBSR) et de la thérapie comportementale dialectique (TCD), où l’acquisition de compétences de flexibilité cognitive et de régulation fonctionnelle des émotions représente un jalon curatif essentiel.

Construit psychologique

Le construit psychologique opérationnalisé par l’ERQ s’articule autour de la régulation émotionnelle bidimensionnelle. L’instrument ne traite pas la régulation comme un trait monolithique unitaire, mais isole deux mécanismes distincts qui interviennent à des moments temporels précis du cycle de génération émotionnelle :

1. La réévaluation cognitive (Cognitive Reappraisal)

La réévaluation cognitive est une forme de régulation centrée sur les antécédents (antecedent-focused). Elle désigne le processus cognitif par lequel un individu modifie activement la signification, l’interprétation ou le cadrage situationnel d’un événement afin d’en modifier l’impact émotionnel global. Ce processus intervient de manière précoce, avant même que les tendances de réponse émotionnelle (activation végétative périphérique, mimiques faciales, impulsions à l’action) ne soient totalement cristallisées.

Cette dimension comprend 6 items de l’ERQ. Elle interroge la capacité de l’individu à intervenir sur sa pensée pour amplifier ou maintenir les affects positifs (par exemple, item 1 : « When I want to feel more positive emotion… I change what I’m thinking about » ; item 7 : « When I want to feel more positive emotion, I change the way I’m thinking about the situation ») et pour atténuer la détresse face à des événements menaçants ou douloureux (par exemple, item 3 : « When I want to feel less negative emotion… I change what I’m thinking about » ; item 5 : « When I’m faced with a stressful situation, I make myself think about it in a way that helps me stay calm » ; item 10 : « When I want to feel less negative emotion, I change the way I’m thinking about the situation » ; ainsi que l’item général 8 : « I control my emotions by changing the way I think about the situation I’m in »).

Les recherches empiriques démontrent de manière convergente que des scores élevés sur cette sous-échelle sont corrélés avec :

  • Une augmentation de l’affectivité positive, de l’optimisme, de l’auto-efficacité perçue et de l’estime de soi ;
  • Une réduction significative de la symptomatologie dépressive et des niveaux d’anxiété état et trait ;
  • Une réactivité cardiovasculaire équilibrée sans surcharge physiologique allostatique néfaste ;
  • Un fonctionnement social plus harmonieux, marqué par une authenticité perçue et une résolution efficace des conflits.

2. La suppression expressive (Expressive Suppression)

La suppression expressive est une stratégie de régulation centrée sur la réponse (response-focused). Elle désigne les efforts intentionnels et continus déployés par une personne pour inhiber, masquer ou neutraliser les signes extérieurs comportementaux de son émotion (expressions faciales, posture, intonation vocale, réactions somatiques visibles), alors même que l’expérience subjective interne et l’excitation neurovégétative demeurent pleinement actives.

Cette dimension regroupe 4 items de l’ERQ (items 2, 4, 6 et 9). Elle évalue la dissimulation délibérée des affects tant négatifs (item 9 : « When I am feeling negative emotions, I make sure not to express them ») que positifs (item 4 : « When I am feeling positive emotions, I am careful not to express them »), ainsi que l’inhibition globale de l’expressivité émotionnelle (item 2 : « I keep my emotions to myself » ; item 6 : « I control my emotions by not expressing them »).

Contrairement à la réévaluation, la suppression expressive agit tardivement sur la réponse finale. De multiples études ont mis en évidence les coûts psychophysiologiques et relationnels de cette stratégie lorsqu’elle est employée de manière chronique :

  • Coût cognitif : Elle requiert un monitoring attentionnel permanent et exigeant, ce qui sature la mémoire de travail et dégrade la mémoire épisodique des événements survenus pendant l’inhibition ;
  • Coût somatique : L’inhibition de la décharge motrice induit un effet rebond caractérisé par une hyperactivation sympathique prolongée (hausse de la pression artérielle, tachycardie, conductance cutanée accrue) ;
  • Coût relationnel et affectif : Elle transmet aux interlocuteurs des signaux d’ambiguïté, de désengagement et d’insincérité, entravant la syntonisation empathique, réduisant le sentiment de proximité interpersonnelle et favorisant le sentiment de solitude et d’inauthenticité existentielle.

Cadre théorique

Le socle conceptuel de l’ERQ repose intégralement sur le modèle modal et le modèle des processus de régulation des émotions développé par James J. Gross (1998, 2002). Selon la théorie modale, une émotion naît d’une séquence transactionnelle récursive entre l’individu et son environnement qui se déploie selon quatre étapes chronologiques successives :

  1. La Situation : L’individu est confronté à une situation stimulus, qu’elle soit externe (un événement environnemental) ou interne (une pensée, un souvenir).
  2. L’Attention : L’individu dirige son focus attentionnel vers des facettes particulières de cette situation.
  3. L’Évaluation (Appraisal) : La situation fait l’objet d’un traitement cognitif où sa signification est jaugée au regard des buts, des valeurs, des ressources et du bien-être de l’individu.
  4. La Réponse : L’évaluation génère une réponse émotionnelle multimodale et coordonnée, impliquant des composantes subjectives (le ressenti intérieur), physiologiques (activation autonome et neuroendocrinienne) et comportementales (actions motrices, mimiques faciales).

À partir de cette chronologie, Gross identifie cinq grandes familles de points d’impact régulateur : la sélection de la situation, la modification de la situation, le déploiement attentionnel (par exemple, la distraction), le changement cognitif et la modulation de la réponse.

L’ERQ a été expressément conçu pour opérationnaliser deux stratégies polaires issues de cette taxonomie :

  • Le changement cognitif (dont le prototype cardinal est la réévaluation cognitive) : Il intervient au niveau du troisième maillon de la chaîne génératrice. En modifiant l’évaluation subjective avant que la réponse ne soit pleinement formée, la réévaluation altère la trajectoire émotionnelle initiale à la source, diminuant simultanément la tension corporelle et la détresse subjective sans exiger un effort d’autocontrôle exténuant.
  • La modulation de la réponse (dont le prototype cardinal est la suppression expressive) : Elle intervient au tout dernier stade, après que les composantes affectives, végétatives et expressives ont déjà été activées. Tenter d’étouffer une impulsion déjà déclenchée requiert un contrôle inhibiteur continu issu des réseaux préfrontaux exécutifs, tout en maintenant l’activation sous-corticale intacte, ce qui produit une dissociation pathogène entre le ressenti subjectif et l’expression extérieure.

Ce cadre théorique postule que ces deux stratégies ne sont pas mutuellement exclusives mais orthogonales : un individu peut fréquemment réévaluer tout en supprimant peu, réévaluer peu et supprimer beaucoup, exceller dans les deux, ou n’utiliser régulièrement aucune des deux.

Validité

Les propriétés métrologiques de validité de l’ERQ ont été examinées de manière exhaustive depuis sa publication initiale en 2003, confirmant sa robustesse et sa reproductibilité interculturelle.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations cohérentes et prévisibles avec divers instruments psychologiques reconnus. Dans l’étude originale de Gross et John (2003), la sous-échelle de réévaluation cognitive présentait des corrélations positives modérées et significatives avec le bien-être subjectif (r = 0,30 à 0,40), l’optimisme mesuré par le LOT-R (r = 0,38), l’estime de soi via l’échelle de Rosenberg (r = 0,41) et les dimensions d’Extraversion (r = 0,22) et d’Ouverture à l’expérience du modèle des Big Five. À l’inverse, elle est négativement corrélée avec la dépression évaluée par le BDI (r = -0,23) et le Névrosisme (r = -0,24).

La sous-échelle de suppression expressive présente un profil symétriquement inverse : elle est significativement et positivement corrélée avec les symptômes dépressifs (r = 0,23 à 0,32), l’inauthenticité sociale (r = 0,44) et l’évitement dans l’attachement interpersonnel (r = 0,30). Elle est négativement corrélée avec le partage social des émotions, la satisfaction relationnelle perçue par les pairs (r = -0,25) et les composantes d’Agréabilité et d’Extraversion.

Validité discriminante

La corrélation empirique entre les deux sous-échelles de l’ERQ au sein de l’échantillon normatif princeps était quasi nulle (r = -0,01, non significatif), confirmant rigoureusement l’indépendance factorielle et l’orthogonalité théorique des deux processus. De surcroît, les analyses de régression ont prouvé que les deux sous-échelles conservent un pouvoir prédictif propre sur les indicateurs de santé mentale après contrôle statistique strict des traits de personnalité généraux du modèle en cinq facteurs (Costa & McCrae, 1992), attestant que l’ERQ ne se réduit pas à une simple variante du Névrosisme ou de l’Extraversion.

Validité prédictive et expérimentale

La validité prédictive de l’instrument est étayée par des protocoles de laboratoire sophistiqués. Lors d’expériences confrontant des participants à des clips cinématographiques inducteurs de dégoût, de peur ou de tristesse, les individus obtenant de hauts scores d’ERQ-Réévaluation parviennent spontanément à réduire leur détresse ressentie sans présenter d’élévation anormale de la conductance cutanée ou de la fréquence cardiaque. En revanche, les forts suppresseurs (ERQ-Suppression élevé) affichent une absence totale de mimiques faciales contrastant violemment avec une réponse cardiovasculaire sympathique accrue et une diminution marquée de la mémorisation des détails contextuels (Gross, 2002 ; Butler et al., 2003).

Validité écologique et multiculturelle

Les investigations menées auprès de cohortes ethniquement diverses (étudiants euro-américains, afro-américains, hispano-américains et asio-américains) ont révélé que si la réévaluation cognitive est uniformément bénéfique à travers toutes les cultures, le coût négatif associé à la suppression expressive est partiellement modéré par les normes culturelles collectivistes. Chez les individus issus de cultures d’Asie orientale valorisant l’harmonie collective et la modération des affects interpersonnels, la suppression expressive n’est pas systématiquement associée à une hausse de la dépression ou à une détérioration de l’estime de soi, ce qui illustre la sensibilité de l’ERQ aux nuances écologiques et culturelles.

Fidélité

L’évaluation de la fidélité de l’ERQ atteste de propriétés psychométriques de grande précision, tant sur le plan de la cohérence interne que de la stabilité temporelle.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans les échantillons initiaux présentés par Gross et John (2003), regroupant plus de 1 400 participants, les coefficients de cohérence interne se sont établis à :

  • Réévaluation cognitive (6 items) : Alpha moyen de 0,79 (avec des fourchettes répliquées de 0,75 à 0,82 dans les sous-groupes de validation) ;
  • Suppression expressive (4 items) : Alpha moyen de 0,73 (variant typiquement entre 0,68 et 0,76 selon les cohortes).

Considérant le nombre très restreint d’items constituant chaque échelle (particulièrement les 4 items de la suppression), ces coefficients dépassent largement les seuils conventionnels d’acceptabilité pour la recherche (Nunnally, 1978). Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent de 0,47 à 0,68 pour la réévaluation, et de 0,42 à 0,61 pour la suppression, sans qu’aucun item ne vienne réduire la valeur de l’alpha s’il était retiré.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été rigoureusement évaluée sur un intervalle temporel de 3 mois chez un sous-échantillon d’étudiants. Les corrélations de stabilité temporelle ont atteint :

  • r = 0,69 pour la sous-échelle de réévaluation cognitive (p < 0,001) ;
  • r = 0,69 pour la sous-échelle de suppression expressive (p < 0,001).

Ces indices démontrent que bien que la régulation des émotions puisse varier en fonction des contextes situationnels aigus, l’ERQ quantifie avec une excellente robustesse des tendances habituelles et dispositionnelles durables chez le sujet adulte.

Analyse factorielle

Le développement et la vérification de la structure latente de l’ERQ reposent sur des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies.

Structure factorielle originale

Lors de la phase de création de l’outil, une analyse factorielle exploratoire en composantes principales avec rotation oblique (oblimin) a été conduite sur un pool étendu d’items dérivés rationnellement. La solution factorielle a révélé de manière éclatante l’émergence de deux facteurs fondamentaux distincts dotés de valeurs propres (eigenvalues) nettement supérieures à 1, expliquant la majorité de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 (Réévaluation cognitive) : Regroupe les items 1, 3, 5, 7, 8 et 10. Les saturations factorielles (factor loadings) s’échelonnent entre 0,60 et 0,78 sur le facteur cible, avec des saturations croisées sur le facteur de suppression inférieures à 0,15.
  • Facteur 2 (Suppression expressive) : Regroupe les items 2, 4, 6 et 9. Les saturations factorielles s’échelonnent entre 0,55 et 0,81 sur le facteur cible, avec des saturations croisées résiduelles négligeables sur le premier facteur.

Validation par Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Des analyses factorielles confirmatoires ont été menées pour comparer formellement le modèle théorique à deux facteurs orthogonaux à un modèle unifactoriel concurrent (postulant une capacité générale indifférenciée de régulation des émotions). Les indices d’ajustement ont sans équivoque validé le modèle à deux facteurs :

  • Le ratio khi-carré / degrés de liberté (χ²/df) < 2,5 ;
  • Le Comparative Fit Index (CFI) > 0,95 ;
  • Le Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,94 ;
  • Le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,06 (intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,04 et 0,07) ;
  • Le Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) < 0,05.

En revanche, le modèle unifactoriel a affiché des indices d’ajustement inacceptables (CFI < 0,65, RMSEA > 0,14), prouvant l’hétérogénéité structurelle et l’autonomie conceptuelle absolue entre réévaluer cognitivement ses affects et supprimer l’expression de ses mimiques.

Invariance de mesure

Les analyses d’invariance de mesure multi-groupes ont démontré que la structure de l’ERQ respecte les niveaux d’invariance configural, métrique (faible) et scalaire (forte) à travers le sexe (hommes versus femmes) et les groupes d’âge. Cela garantit que les différences de moyennes observées (par exemple, la tendance statistiquement documentée des hommes à obtenir des scores de suppression expressive légèrement plus élevés que les femmes) reflètent d’authentiques variations psychologiques et non des biais de mesure inhérents à l’instrumentation.

Instrument de mesure

Les spécifications techniques et les modalités d’administration du questionnaire sont synthétisées ci-dessous :

  • Nom du test : Emotion Regulation Questionnaire (ERQ) / Questionnaire de régulation émotionnelle ;
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory) mesurant les différences interindividuelles stables ;
  • Nombre total d’items : 10 énoncés formulés sans ambiguïté ;
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points s’étendant de 1 (« strongly disagree » / fortement en désaccord) à 7 (« strongly agree » / fortement d’accord), avec la valeur 4 servant d’ancrage médian (« neutral » / neutre) ;
  • Durée d’administration : Environ 3 à 5 minutes ;
  • Population cible : Adolescents (à partir de 14-16 ans selon les adaptations) et adultes ;
  • Sous-échelles et calcul des scores :
    • Réévaluation cognitive (Cognitive Reappraisal) : Calculée en effectuant la somme arithmétique ou la moyenne des 6 items suivants : Items 1, 3, 5, 7, 8 et 10. En cas d’utilisation de la somme, le score théorique est compris entre 6 et 42 ; en cas de moyenne, il varie de 1 à 7.
    • Suppression expressive (Expressive Suppression) : Calculée en effectuant la somme arithmétique ou la moyenne des 4 items suivants : Items 2, 4, 6 et 9. En cas d’utilisation de la somme, le score théorique est compris entre 4 et 28 ; en cas de moyenne, il varie de 1 à 7.
  • Items inversés : Aucun. There are no reverse-coded items. Tous les items sont cotés de manière directe et linéaire.
  • Règle d’ordre des items : L’ordre d’apparition séquentiel des items 1 à 10 ne doit pas être modifié, car les items 1 et 3 introduisent et contextualisent respectivement les concepts d’« émotions positives » et d’« émotions négatives » pour le répondant.

Permissions, Tarifs et Année du test

Le Questionnaire de régulation émotionnelle a été initialement publié en 2003 par James J. Gross et Oliver P. John dans le Journal of Personality and Social Psychology.

  • Statut des droits d’auteur : Le questionnaire relève du domaine de la recherche académique fondamentale. Les auteurs ont rendu le questionnaire librement accessible pour les utilisations cliniques non commerciales, l’enseignement universitaire et la recherche scientifique.
  • Tarif d’utilisation : Gratuit pour les chercheurs académiques et les praticiens de santé mentale à des fins non marchandes (aucun coût de licence ni redevance).
  • Modalités d’accès : L’instrument, ses consignes d’administration et les données normatives de référence sont disponibles publiquement dans l’article princeps de 2003, ainsi que sur le site du Stanford Psychophysiology Laboratory sous la direction du Pr James J. Gross. Toute utilisation dans le cadre d’études publiées exige la citation formelle de la référence originale selon les normes de l’American Psychological Association (APA).

Références

  • Butler, E. A., Egloff, B., Wilhelm, F. H., Smith, N. C., Erickson, E. A., & Gross, J. J. (2003). The social consequences of expressive suppression. Emotion, 3(1), 48–67. https://doi.org/10.1037/1528-3542.3.1.48
  • Costa, P. T., & McCrae, R. R. (1992). Revised NEO Personality Inventory (NEO-PI-R) and NEO Five-Factor Inventory (NEO-FFI) professional manual. Psychological Assessment Resources.
  • Gross, J. J. (1998). The emerging field of emotion regulation: An integrative review. Review of General Psychology, 2(3), 271–299. https://doi.org/10.1037/1089-2680.2.3.271
  • Gross, J. J. (2002). Emotion regulation: Affective, cognitive, and social consequences. Psychophysiology, 39(3), 281–291. https://doi.org/10.1017/s0048577201393198
  • Gross, J. J., & John, O. P. (2003). Individual differences in two emotion regulation processes: Implications for affect, relationships, and well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 85(2), 348–362. https://doi.org/10.1037/0022-3514.85.2.348
  • Nunnally, J. C. (1978). Psychometric theory (2nd ed.). McGraw-Hill.
  • Ochsner, K. N., & Gross, J. J. (2005). The cognitive control of emotion. Trends in Cognitive Sciences, 9(5), 242–249. https://doi.org/10.1016/j.tics.2005.03.010
  • Solomon, R. C. (1976). The passions: Emotions and the meaning of life. Anchor Press/Doubleday.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: We would like to ask you some questions about your emotional life, in particular, how you control (that is, regulate and manage) your emotions. The questions below involve two distinct aspects of your emotional life. One is your emotional experience, or what you feel like inside. The other is your emotional expression, or how you show your emotions in the way you talk, gesture, or behave. Although some of the following questions may seem similar to one another, they differ in important ways. For each item, please answer using the following scale: 1 (strongly disagree) to 7 (strongly agree).
Response Scale: 7-point Likert scale from 1 (strongly disagree) to 7 (strongly agree), with 4 (neutral)
Scoring / Reverse Items: Cognitive Reappraisal subscale: Items 1, 3, 5, 7, 8, 10 (sum or average score). Expressive Suppression subscale: Items 2, 4, 6, 9 (sum or average score). There are no reverse-coded items.
Scoring Formula: Scoring (no reversals)
1

When I want to feel more positive emotion (such as joy or amusement), I change what I'm thinking about.
2

I keep my emotions to myself.
3

When I want to feel less negative emotion (such as sadness or anger), I change what I'm thinking about.
4

When I am feeling positive emotions, I am careful not to express them.
5

When I'm faced with a stressful situation, I make myself think about it in a way that helps me stay calm.
6

I control my emotions by not expressing them.
7

When I want to feel more positive emotion, I change the way I'm thinking about the situation.
8

I control my emotions by changing the way I think about the situation I'm in.
9

When I am feeling negative emotions, I make sure not to express them.
10

When I want to feel less negative emotion, I change the way I'm thinking about the situation.
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Looti, M. (2026, octobre 18). Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-regulation-emotionnelle-erq-3
Looti, Mohammed. “Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ).” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-regulation-emotionnelle-erq-3.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-regulation-emotionnelle-erq-3.