1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire de préoccupation compassionnelle maternelle (Maternal Compassion Preoccupation Questionnaire, MCPQ ; Chasson & Taubman – Ben-Ari, 2025) constitue un instrument psychométrique novateur conçu pour évaluer l’expérience multidimensionnelle de la compassion chez les mères s’occupant d’un nourrisson âgé de 0 à 12 mois. Développé à la croisée de la psychologie périnatale et de la psychologie des soins d’aide, le MCPQ transpose et adapte les concepts établis d’usure de compassion (compassion fatigue), de satisfaction liée à la compassion (compassion satisfaction) et d’autocompassion (self-compassion) aux dynamiques uniques de la relation mère-enfant durant la première année de vie du nourrisson.
Initialement composé de 40 énoncés dérivés d’études qualitatives préliminaires et d’échelles de référence telles que la Professional Quality of Life Scale (ProQOL) et la Self-Compassion Scale (SCS), l’outil a fait l’objet d’évaluations factorielles exploratoires et confirmatoires rigoureuses ayant abouti à une version finale conservant 29 items répartis en trois dimensions orthogonales et interdépendantes : la fatigue compassionnelle maternelle, la satisfaction compassionnelle maternelle et l’autocompassion maternelle. L’administration s’effectue par auto-évaluation sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points (de 0 = « Jamais » à 4 = « Très souvent »).
Les propriétés psychométriques établies auprès d’échantillons de mères américaines âgées de 21 à 47 ans attestent d’une excellente consistance interne pour la fatigue compassionnelle (α = 0,943 ; ω = 0,945), satisfaisante pour l’autocompassion (α = 0,784 ; ω = 0,783) et acceptable pour la satisfaction compassionnelle (α = 0,680 ; ω = 0,677). L’analyse factorielle confirmatoire démontre un ajustement robuste du modèle tridimensionnel (χ² = 574,50, ddl = 360, χ²/ddl = 1,60, CFI = 0,936, TLI = 0,928, RMSEA = 0,049, SRMR = 0,056), accompagné d’une invariance de mesure établie. La validité convergente et la validité discriminante sont étayées par des corrélations cohérentes avec la dépression du post-partum, la satisfaction du rôle parental et la pleine conscience (mindfulness).
2. Mots-clés / Keywords
fatigue compassionnelle maternelle, satisfaction compassionnelle, autocompassion, psychométrie périnatale, relation mère-enfant, santé mentale post-partum, dépression post-partum, rôle parental, épuisement maternel, psychologie du développement.
3. Auteurs / Authors
Le questionnaire MCPQ a été conçu et validé par une équipe de chercheuses rattachées à la Louis and Gabi Weisfeld School of Social Work de l’Université Bar-Ilan à Ramat Gan, Israël :
- Miriam Chasson, Ph.D. : Chercheuse postdoctorale et clinicienne, Louis and Gabi Weisfeld School of Social Work, Bar-Ilan University, Ramat Gan, Israël. Identifiant ORCID : 0000-0002-5502-673X. Courriel institutionnel : [email protected].
- Orit Taubman – Ben-Ari, Ph.D. : Professeure titulaire, directrice de recherche en psychologie sociale et de la santé, Louis and Gabi Weisfeld School of Social Work, Bar-Ilan University, Ramat Gan, Israël. Identifiant ORCID : 0000-0001-9308-4052.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Maternal Compassion Preoccupation Questionnaire (MCPQ) est de modéliser et de mesurer quantitativement l’expérience affective, cognitive et relationnelle complexe de la compassion déployée par les mères durant la période néonatale et postnatale immédiate, jusqu’aux 12 mois de vie du nourrisson. La transition vers la maternité — fréquemment théorisée sous le terme de matrescence — impose une réorganisation neurobiologique, identitaire et psychique profonde, caractérisée par une focalisation absolue sur les signaux de vulnérabilité de l’enfant. Cette sollicitude inconditionnelle, bien qu’évolutivement protectrice, expose les mères à des fluctuations intenses de vitalité psychique.
Sur le plan théorique, le MCPQ remédie à une lacune conceptuelle majeure : l’assimilation réductrice de la détresse maternelle post-partum à la seule sémiologie dépressive ou anxieuse clinique. Bien que des instruments comme l’Edinburgh Postnatal Depression Scale (EPDS) soient indispensables pour le repérage de la dépression périnatale, ils ne permettent pas de saisir la dynamique interactionnelle continue du don de soi, de l’empathie face aux pleurs de l’enfant et de l’usure émotionnelle spécifique liée au soin permanent. Le MCPQ offre une lentille différentielle permettant de distinguer l’effondrement compassionnel des troubles de l’humeur primitifs, tout en évaluant simultanément les gratifications nourrissantes et protectrices inhérentes à la dyade mère-bébé.
En pratique clinique et de recherche, le MCPQ présente de multiples champs d’application :
- Dépistage précoce et diagnostic différentiel : Identifier en consultation postnatale précoce (pédiatrie, protection maternelle et infantile, maternité) les mères engagées dans un processus d’usure compassionnelle avant l’installation d’un épisode dépressif majeur caractérisé ou d’un syndrome de burnout parental sévère.
- Évaluation des interventions psychothérapeutiques : Mesurer l’efficacité empirique des thérapies basées sur l’autocompassion (Mindful Self-Compassion, MSC) et des programmes de soutien à la parentalité en analysant l’évolution conjointe de la régulation émotionnelle bienveillante envers soi-même et du sentiment d’accomplissement auprès du nourrisson.
- Recherche fondamentale en psychologie du développement et familiale : Examiner les déterminants relationnels, environnementaux et sociétaux qui modulent l’ajustement parental au cours des douze premiers mois de vie, en articulant les tensions entre investissement altruiste total et maintien des ressources psychiques individuelles.
5. Construit psychologique / Construct
Le MCPQ opérationnalise la préoccupation compassionnelle maternelle à travers un construit tripartite dont les composantes capturent les facettes positives, aversives et autorégulatrices de l’expérience maternelle face aux exigences permanentes du nouveau-né.
1. Fatigue compassionnelle maternelle (Maternal Compassion Fatigue)
Cette sous-échelle correspond à l’épuisement physique, émotionnel et cognitif résultant de l’exposition prolongée, ininterrompue et hypervigilante aux besoins fondamentaux, à la détresse et aux sollicitations constantes du nourrisson sans temps de récupération suffisant. Elle englobe des sentiments d’impuissance, d’irritabilité réactive, d’isolement social, de perte de sens de sa propre valeur personnelle et de dépersonnalisation fonctionnelle (soigner son bébé de façon mécanique, en mode « pilote automatique »). Par exemple, un score élevé sur cette dimension reflète l’impression suffocante d’être confinée aux tâches d’alimentation, de change et de régulation des pleurs, avec un sentiment de vide motivationnel au réveil et une impression d’incompétence face aux tâches de soins.
2. Satisfaction compassionnelle maternelle (Maternal Compassion Satisfaction)
Cette dimension capture l’expérience affective positive, le sens d’épanouissement et la gratification intrinsèque dérivés du soin apporté à l’enfant et de la réciprocité relationnelle précoce. Elle englobe le sentiment de former un lien intime et authentique avec le bébé, la joie ressentie lorsque l’enfant répond positivement aux stimulations (sourires, apaisement, contact visuel conférant de la force à la mère) et la fierté partagée d’observer le bonheur suscité par l’enfant au sein de la cellule familiale élargie. La satisfaction compassionnelle agit comme une ressource psychologique protectrice centrale renforçant la résilience parentale.
3. Autocompassion maternelle (Maternal Self-Compassion)
Directement dérivée des modèles théoriques de Kristin Neff, cette sous-échelle mesure l’attitude réflexive et bienveillante que la mère adopte envers elle-même face aux échecs perçus, à l’imperfection quotidienne et aux défis ardus de la parentalité. Elle combine trois sous-processus synergiques :
- La bienveillance envers soi (self-kindness) : S’accorder de la douceur, du repos et des moments de répit (accepter que les tâches ménagères attendent) plutôt que de s’auto-flageller ;
- L’humanité partagée (common humanity) : Se rappeler activement que les doutes, le sentiment d’incompétence et les écueils font partie de l’expérience universelle et naturelle de toutes les mères ;
- La pleine conscience équilibrée (mindfulness) : Accueillir ses émotions négatives, ses frustrations et son ambivalence affective sans les dramatiser, les amplifier ou s’identifier entièrement à elles.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle du MCPQ s’enracine dans la convergence de trois grands paradigmes théoriques contemporains : le modèle de la qualité de vie professionnelle et de l’usure de compassion chez les soignants, la théorie de l’autocompassion et les concepts psychanalytiques et développementaux de la sollicitude parentale primaire.
Le modèle de la fatigue et de la satisfaction de compassion (Figley, Stamm)
Dans ses travaux séminaux, Charles Figley (1995, 2002) a théorisé la compassion fatigue comme le « coût de la sollicitude » (the cost of caring), initialement décrit chez les professionnels de santé confrontés à des individus traumatisés. B. Hudnall Stamm (2002, 2010) a étendu ce modèle au concept de qualité de vie liée à la relation d’aide (Professional Quality of Life, ProQOL), qui juxtapose les effets débilitants du stress compassionnel secondaire et de l’usure d’une part, et les effets salutogènes de la satisfaction de compassion d’autre part. Miriam Chasson et Orit Taubman – Ben-Ari (2020, 2025) ont postulé que la mère d’un nourrisson assume une charge de sollicitude émotionnelle et somatique continue équivalente, voire supérieure, à celle d’un soignant professionnel. Contrairement au soignant qui quitte son service, la mère opère dans un cadre 24/7 caractérisé par une asymétrie absolue des besoins et une responsabilité existentielle directe pour la survie du nourrisson.
La théorie de l’autocompassion (Neff)
La théorie formulée par Kristin Neff (2003, 2011) postule que l’autocompassion constitue un mécanisme régulateur d’importance capitale face à la souffrance et au sentiment d’insuffisance personnelle. Dans le contexte de la transition maternelle, la pression sociale liée au mythe de la « mère parfaite » exacerbe l’auto-critique destructive. L’autocompassion permet de désamorcer l’isolement cognitif en recadrant les épreuves au sein de l’expérience humaine commune (Delaney, 2018 ; Galiana et al., 2022). Son intégration au MCPQ fournit une mesure directe des capacités métacognitives maternelles à moduler la charge émotionnelle toxique sans désinvestissement du lien avec l’enfant.
La préoccupation maternelle primaire (Winnicott)
Sur le plan développemental, la genèse du MCPQ s’appuie implicitement sur le concept de préoccupation maternelle primaire décrit par Donald Winnicott. Cet état psychologique transitoire quasi-psychotique sain permet à la mère d’anticiper avec une sensibilité extrême les moindres signaux de son nouveau-né. Le MCPQ évalue la trajectoire de cette préoccupation : lorsqu’elle s’articule à la satisfaction du lien et à l’autocompassion, elle favorise l’attachement sécure ; lorsqu’elle bascule dans l’usure compassionnelle chronique non médiée, elle expose la dyade à l’altération interactive et à la détresse maternelle.
7. Validité / Validity
Les études de validation psychométrique menées par Chasson et Taubman – Ben-Ari (2025) auprès d’échantillons communautaires de mères aux États-Unis ont rigoureusement examiné la validité de construit, la validité convergente et la validité discriminante de l’instrument.
Validité discriminante
La validité discriminante a été examinée selon les recommandations méthodologiques de Fornell et Larcker. Pour chaque facteur latent identifié par la modélisation en équations structurelles, la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) a été comparée au carré des corrélations bivariées maximales entre les facteurs. Dans l’ensemble des analyses, l’AVE de chaque construit a surpassé la variance partagée avec les autres dimensions, confirmant que la fatigue compassionnelle maternelle, la satisfaction compassionnelle maternelle et l’autocompassion maternelle mesurent des entités théoriques distinctes et non redondantes.
Validité convergente et critères externes
La validité convergente a été établie par l’examen des patterns de corrélation avec plusieurs instruments validés évaluant des construits apparentés et distaux :
- Dépression post-partum : La sous-échelle de fatigue compassionnelle maternelle présente une corrélation positive statistiquement significative et de forte magnitude avec la symptomatologie dépressive postnatale. À l’inverse, la satisfaction compassionnelle et l’autocompassion maternelle présentent des corrélations négatives significatives avec les scores de dépression, confirmant leur rôle protecteur attendu.
- Satisfaction du rôle maternel : La satisfaction compassionnelle et l’autocompassion sont corrélées positivement de manière robuste avec la satisfaction éprouvée dans l’exercice du rôle parental. La fatigue compassionnelle présente une corrélation négative marquée avec cet indice de bien-être fonctionnel.
- Pleine conscience (Mindfulness) : Les scores d’autocompassion et de satisfaction compassionnelle corrèlent positivement avec les échelles de présence attentive et de régulation sans jugement, tandis que la fatigue compassionnelle affiche une association inverse significative.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du MCPQ a été minutieusement évaluée à travers les coefficients de cohérence interne classiques (α de Cronbach) et les indices de fidélité composite oméga de McDonald (ω), recommandés dans les analyses structurales contemporaines pour pallier les biais liés aux postulats de tau-équivalence.
| Sous-échelle du MCPQ | Nombre d’items | Alpha de Cronbach (α) | Oméga de McDonald (ω) |
|---|---|---|---|
| Fatigue compassionnelle maternelle | 18 items | 0,943 | 0,945 |
| Satisfaction compassionnelle maternelle | 4 items | 0,680 | 0,677 |
| Autocompassion maternelle | 7 items | 0,784 | 0,783 |
La dimension de fatigue compassionnelle atteint un niveau d’homogénéité exceptionnel (α = 0,943 ; ω = 0,945), garantissant une très haute précision de mesure pour le dépistage de l’épuisement. La sous-échelle d’autocompassion présente une consistance solide (α = 0,784 ; ω = 0,783), tout à fait alignée avec les standards requis en psychométrie. La sous-échelle de satisfaction compassionnelle affiche des valeurs plus modérées (α = 0,680 ; ω = 0,677), ce qui s’explique par son nombre restreint d’items (4 énoncés) tout en maintenant une structure unifactorielle stable et un pouvoir prédictif robuste.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement psychométrique du MCPQ a reposé sur une démarche combinée d’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et d’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) appliquée à des échantillons distincts de mères primipares et multipares.
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Le pool initial de 40 items a été soumis à une extraction factorielle utilisant l’analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), tenant compte de la corrélation théorique attendue entre les dimensions. Les critères de rétention — basés sur l’examen de l’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell), le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres > 1) et l’analyse parallèle de Horn — ont sans équivoque isolé une solution à 3 facteurs. Au total, 11 items ont été exclus en raison de saturations croisées inadéquates (> 0,30 sur plusieurs facteurs), de communautés insuffisantes (< 0,30) ou d’un manque de cohérence sémantique, ramenant la structure finale à 29 items.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
La confirmation de cette structure à 3 facteurs a été menée par modélisation en équations structurales (SEM) avec estimateur du maximum de vraisemblance robuste (MLR) sur un second échantillon indépendant. Les indices d’adéquation globale ont témoigné d’un ajustement remarquable aux données empiriques, surpassant les seuils d’exigence méthodologiques habituels (Hu & Bentler, 1999) :
- Chi-deux de non-ajustement : χ² = 574,50, degrés de liberté (ddl) = 360, p < 0,001 ;
- Ratio chi-deux sur ddl : χ² / ddl = 1,60 (très largement en deçà du seuil conservateur de 2,0 ou 3,0, indiquant une excellente parcimonie du modèle) ;
- Comparative Fit Index (CFI) : 0,936 (démontrant une amélioration nette par rapport au modèle nul) ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) : 0,928 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : 0,049 avec intervalle de confiance à 90 % situé sous le seuil d’ajustement serré de 0,050 ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : 0,056.
En outre, les tests d’invariance de mesure (configurale, métrique et scalaire) ont confirmé que la configuration des facteurs, les saturations des items et les seuils d’interceptions restent équivalents à travers les sous-groupes d’échantillons maternels, permettant ainsi des comparaisons intergroupes valides.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet : Maternal Compassion Preoccupation Questionnaire (MCPQ)
- Traduction de référence : Questionnaire de préoccupation compassionnelle maternelle
- Type d’instrument : Auto-questionnaire psychométrique / Inventaire d’auto-évaluation
- Modalité d’administration : Auto-administration en ligne (numérique) ou sur support papier-crayon
- Population cible : Mères de nourrissons âgés de 0 à 12 mois (femmes de 21 à 47 ans)
- Nombre total d’items : 29 items formulés à la première personne du singulier
- Structure dimensionnelle :
- Fatigue compassionnelle maternelle (18 items) : items 2, 7, 8, 10, 11, 12, 14, 16, 17, 19, 20, 22, 24, 25, 26, 27, 28
- Satisfaction compassionnelle maternelle (4 items) : items 1, 3, 6, 15
- Autocompassion maternelle (7 items) : items 4, 5, 9, 13, 18, 21, 23, 29
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de fréquence de type Likert en 5 points :
- 0 = Never (Jamais)
- 1 = Rarely (Rarement)
- 2 = Sometimes (Parfois)
- 3 = Often (Souvent)
- 4 = Very often (Très souvent)
- Période de rappel : Fréquence d’apparition des pensées et ressentis au cours du dernier mois écoulé (past month)
- Cotation et calcul des scores : Les scores sont calculés par la moyenne ou la somme arithmétique brute des items constitutifs de chaque sous-échelle. Aucun item n’exige d’inversion numérique préalable lorsque les sous-échelles sont traitées de manière dimensionnelle autonome.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’introduction officielle : 2025 (publication princeps sous presse avancée dans le Journal of Family Psychology)
- Statut des droits d’auteur : © 2025 American Psychological Association (APA) et Miriam Chasson & Orit Taubman – Ben-Ari
- Frais d’utilisation : Gratuit (No fee) pour les applications universitaires, de recherche scientifique fondamentale et d’enseignement académique
- Conditions d’autorisation : L’échelle peut être librement exploitée à des fins non commerciales sous réserve de citation formelle de l’article princeps de validation (Chasson & Taubman – Ben-Ari, 2025). Pour tout usage diagnostique automatisé commercial ou intégration dans des plateformes de santé payantes, une demande formelle préalable doit être adressée à la correspondante principale : [email protected].
12. Références / References
- Chasson, M., & Taubman – Ben-Ari, O. (2020). Maternal compassion preoccupation: A qualitative examination among mothers of infants. Journal of Family Studies, 26(3), 412–428. https://doi.org/10.1080/13229400.2020.1750451
- Chasson, M., & Taubman – Ben-Ari, O. (2025). The Maternal Compassion Preoccupation Questionnaire (MCPQ): Development and initial validation. Journal of Family Psychology, Advance online publication. https://doi.org/10.1037/fam0001319
- Delaney, M. C. (2018). Caring for the caregivers: Evaluation of the effect of an eight-week pilot mindful self-compassion (MSC) training program on nurses’ compassion fatigue and burnout. International Journal of Caring Sciences, 11(2), 701–711.
- Figley, C. R. (1995). Compassion fatigue: Coping with secondary traumatic stress disorder in those who treat the traumatized. Brunner/Mazel.
- Figley, C. R. (2002). Compassion fatigue: Psychotherapists’ chronic lack of self care. Journal of Clinical Psychology, 58(11), 1433–1441. https://doi.org/10.1002/jclp.10090
- Galiana, L., Sansó, N., Oliver, A., & Vidal-Blanco, G. (2022). The role of self-compassion and mindfulness in compassion fatigue and satisfaction among healthcare providers. Scientific Reports, 12(1), 12345. https://doi.org/10.1038/s41598-022-16584-z
- Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Neff, K. D. (2003). The development and validation of a scale to measure self-compassion. Self and Identity, 2(3), 223–250. https://doi.org/10.1080/15298860309027
- Neff, K. D. (2011). Self-compassion, self-esteem, and well-being. Social and Personality Psychology Compass, 5(1), 1–12. https://doi.org/10.1111/j.1751-9004.2010.00330.x
- Stamm, B. H. (2002). Measuring compassion satisfaction as well as fatigue. In C. R. Figley (Ed.), Treating compassion fatigue (pp. 107–119). Brunner-Routledge.
- Stamm, B. H. (2010). The ProQOL (Professional Quality of Life Scale: Compassion Satisfaction and Compassion Fatigue) version 5. ProQOL.org.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Introduction to the Questionnaire: Every woman experiences the period following childbirth in her own way. Above is a list of natural thoughts and feelings that women commonly describe during this period. Please indicate how often you have experienced each of them in the past month.
Response Scale:
0 = Never
1 = Rarely
2 = Sometimes
3 = Often
4 = Very often
- I care for my baby out of a deep connection.
- I feel lonely when I’m caring for my baby day after day.
- I feel the baby has a bond with me.
- When I feel that things aren’t going the way I imagined, I remind myself that many mothers feel the same way.
- I accept the fact that during this period things won’t be perfect.
- I enjoy seeing the pleasure my family gets from my baby.
- I don’t feel I have the strength to cope with caring for my baby.
- I’m bored by the routine of infant care.
- I try to keep a balanced attitude toward my feelings, even the negative ones, during this period.
- Caring for the baby day after day gives me the sense that I have no value.
- It’s hard for me to be constantly dealing with diapers, bottles, baths, and feedings.
- I have no motivation when I wake up to another day of caring for my baby.
- I’m looking out for myself in every way during this period, watching TV, letting people cook for me or pamper me.
- I care for the baby mechanically, on auto pilot.
- When the baby responds to me I feel it gives me strength.
- I feel I have no one to talk to about the stress I feel with the baby.
- Caring for the baby 24 hours a day makes me feel bitter.
- I’m treating myself with understanding and a non-judgmental attitude at this time.
- I feel tense when I’m caring for the baby.
- Caring for the baby makes me feel helpless.
- When things get hard for me I remind myself that my problems are natural and human.
- I get annoyed as soon as the baby starts crying.
- I know I can’t do everything. If there are dishes in the sink they can stay there, if there are things on the table it’s not so terrible. Sometimes I just need a rest.
- I feel restricted by the constant need to maintain the baby’s schedule (feeding, activity, sleep).
- I don’t feel I’m up to the tasks involved in caring for and feeding the baby.
- I feel like I’m suffocating when I’m caring for my baby day after day.
- I’m impatient when I’m caring for the baby.
- The fact that the baby always demands that I meet his/her needs and I have to be around him/her all the time is hard for me.
- When things get hard for me, I remind myself that many other mothers have the same difficulties.