Questionnaire de Personnalité

Revue psychométrique complète du Questionnaire de Personnalité (Eysenck, 1963) : analyse théorique, factorisation du névrosisme, de l’extraversion, de la sociabilité et de l’impulsivité, et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de Personnalité (Personality Questionnaire), élaboré en 1963 par le psychologue et psychométricien britannico-allemand Hans Jürgen Eysenck, constitue un instrument d’évaluation psychométrique pionnier comprenant 64 items dichotomiques (réponse par « Oui » ou « Non »). Développé originellement dans le cadre d’un vaste programme de recherche épidémiologique et psychosomatique portant sur l’étiologie multifactorielle du cancer du poumon, des cardiopathies et des habitudes tabagiques (Eysenck, 1963), cet inventaire visait à caractériser les patterns différentiels de personnalité chez divers groupes d’hommes adultes âgés de 45 à 64 ans (fumeurs légers, modérés, intensifs, anciens fumeurs, fumeurs de pipe et non-fumeurs).

Sur le plan structurel, les analyses factorielles menées par Eysenck ont identifié cinq composantes de premier ordre : le Névrosisme (Neuroticism, N), l’Extraversion (Extraversion, E), la Sociabilité (Sociability, S), l’Impulsivité (Impulsiveness, IMP) et la Rhathymie (Rhathymia). En raison d’un manque de définition théorique et opérationnelle suffisante, la dimension de rhathymie a été exclue du système définitif de cotation. Le questionnaire permet ainsi de mesurer le névrosisme (instabilité émotionnelle et réactivité végétative) et d’explorer la décomposition factorielle de l’extraversion générale en deux facettes fonctionnelles distinctes : la sociabilité (recherche de contacts interpersonnels, aisance grégaire) et l’impulsivité (tendance à agir sans délibération préalable, recherche de sensations et prise de risque). Bien que l’article princeps de 1963 ne fournisse pas d’estimations formelles de consistance interne (comme le coefficient alpha de Cronbach), la fidélité de l’outil s’appuie sur la robustesse métrologique héritée du Maudsley Personality Inventory (MPI) et préfigure l’Eysenck Personality Inventory (EPI, 1964) ainsi que l’Eysenck Personality Questionnaire (EPQ, 1975).

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire de Personnalité, Hans Eysenck, Névrosisme, Extraversion, Sociabilité, Impulsivité, Analyse factorielle, Psychosomatique, Tabagisme, Psychométrie différentielle, Traits de personnalité, Inventaire de personnalité.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par Hans Jürgen Eysenck, Ph.D., D.Sc. (1916–1997), professeur titulaire de psychologie à l’Institut de Psychiatrie (Institute of Psychiatry) du Maudsley Hospital, rattaché à l’Université de Londres (University of London), Royaume-Uni.

Figure majeure de la psychologie différentielle et de la théorie de la personnalité au XXe siècle, Eysenck est mondialement reconnu pour avoir fondé le modèle dimensionnel biosocial de la personnalité (modèle PEN : Psychotisme, Extraversion, Névrosisme). Ses recherches ont articulé l’analyse factorielle psychométrique avec la neurophysiologie expérimentale, notamment le rôle du système réticulaire activateur ascendant dans l’arousal cortical et la réactivité du système limbique dans l’instabilité émotionnelle. Dans le cadre de l’étude de 1963, Eysenck a bénéficié du soutien logistique et financier de l’industrie et d’organismes de santé publique pour investiguer les facteurs de prédisposition psychologique associés aux comportements de santé et aux affections psychosomatiques chroniques.

4. Objectif / Purpose

L’objectif primordial du Questionnaire de Personnalité de 1963 était d’élucider les relations complexes unissant les variables de personnalité, l’usage différentiel du tabac et l’apparition de troubles psychosomatiques et somatiques graves, au premier rang desquels figurent le carcinome bronchique et les pathologies cardiovasculaires. À cette époque, le débat épidémiologique autour du lien causal direct entre tabagisme et cancer battait son plein. Eysenck a formulé l’hypothèse qu’un facteur biologique et constitutionnel sous-jacent pourrait simultanément prédisposer certains individus à l’adoption de conduites d’assuétude (comme la consommation soutenue de cigarettes) et à une vulnérabilité accrue à certaines pathologies organiques.

Pour tester cette théorie, il était nécessaire de disposer d’un instrument capable non seulement de répliquer les scores globaux de névrosisme et d’extraversion issus du Maudsley Personality Inventory, mais également de désintriquer les composantes de l’extraversion. Les données cliniques et observationnelles suggéraient en effet que les fumeurs intensifs présentaient une impulsivité marquée plutôt qu’une simple sociabilité grégaire. L’instrument a donc été conçu pour discriminer quantitativement les profils de personnalité selon les sous-groupes de consommation :

  • Les non-fumeurs stricts (individus n’ayant jamais fumé régulièrement) ;
  • Les fumeurs de pipe et de cigare (comportement souvent associé à des profils plus calmes et contemplatifs) ;
  • Les fumeurs de cigarettes légers (1 à 14 cigarettes par jour) ;
  • Les fumeurs moyens (15 à 24 cigarettes par jour) ;
  • Les gros fumeurs (25 cigarettes et plus par jour) ;
  • Les anciens fumeurs ayant réussi un sevrage durable.

Sur le plan des applications appliquées, le questionnaire visait à fournir aux chercheurs en épidémiologie comportementale, en médecine comportementale et en psychologie de la santé un protocole standardisé de dépistage des traits d’impulsivité et d’instabilité émotionnelle. Il s’agissait de déterminer si la dépendance nicotinique répondait à une tentative d’automédication chez des sujets à bas niveau d’éveil cortical (extravertis/impulsifs en quête de stimulation) ou chez des sujets caractérisés par un névrosisme élevé (cherchant à atténuer une anxiété chronique et une tension psychologique).

5. Construit psychologique / Construct

Le Questionnaire de Personnalité opérationnalise une structure hiérarchique de la personnalité articulée autour de quatre dimensions principales mesurées de manière effective :

Névrosisme (N)

Le névrosisme correspond au continuum de la stabilité versus instabilité émotionnelle. Un score élevé reflète une hyperréactivité du système nerveux autonome, une susceptibilité accrue au stress environnemental, une anxiété diffuse, des oscillations thymiques imprévisibles et une propension aux ruminations dysphoriques. Les individus présentant un névrosisme élevé rapportent fréquemment des troubles du sommeil consécutifs à des inquiétudes (item 30), des sentiments de culpabilité inexpliqués (item 33), une fatigabilité disproportionnée (item 49) et une labilité de l’humeur sans cause manifeste (items 1, 19 et 27). Ce construit renvoie directement au concept d’émotivité ou de névrosisme classique d’Eysenck, traduisant un seuil d’activation bas du système limbique.

Extraversion (E)

Dans cette version de 1963, l’extraversion générale capture l’orientation fondamentale du sujet vers le monde extérieur, le dynamisme comportemental et la recherche active de stimulations environnementales. L’individu extraverti est décrit comme vif, énergique, appréciant les situations de défi rapide et manifestant un appétit marqué pour les sensations fortes (item 14 : « Do you often crave excitement? »). À l’inverse, l’introversion caractérise les sujets préférant le calme, la réflexion solitaire, la lecture par rapport aux interactions sociales (item 35) et le travail individuel (item 43). Eysenck a isolé certains items d’extraversion dite « résiduelle » qui ne s’amalgament ni purement à la sociabilité ni à l’impulsivité, mais reflètent une vivacité d’action et une audace générale.

Sociabilité (S)

La sociabilité constitue une facette majeure traditionnellement fusionnée avec l’extraversion globale. Elle évalue spécifiquement la motivation sociale, la recherche active de contacts humains, l’aisance lors de rassemblements festifs et l’horreur de l’isolement. Un individu à forte sociabilité prend spontanément l’initiative de lier de nouvelles amitiés (item 2), souffrirait intensément d’être privé de relations interpersonnelles fréquentes (item 7) et dynamise sans effort une réunion monotone (item 62). À l’opposé, les faibles scores indiquent une réserve naturelle, de la timidité, une préférence marquée pour un cercle d’intimes restreint (item 26) et une tendance au retrait lors des occasions sociales (item 10).

Impulsivité (IMP)

L’impulsivité mesure la propension à agir sous le coup de l’émotion ou de l’excitation immédiate sans considération des conséquences futures. Le sujet impulsif privilégie l’action directe à la planification stratégique (item 8), s’exprime sans filtre préalable (item 37) et prend des décisions instantanées qui le placent régulièrement dans des situations embarrassantes ou conflictuelles (item 39). L’impulsivité intègre également une dimension de non-conformisme et d’insouciance face à la précision (item 48). Cette dimension est cruciale dans les travaux d’Eysenck de 1963, car elle constitue le vecteur psychopathologique expliquant la prise de risque et l’impossibilité d’inhiber le geste de fumer.

Rhathymie (exclue de la cotation standard)

Identifiée initialement par J.P. Guilford, la rhathymie renvoie à une attitude d’insouciance, de légèreté d’esprit et de décontraction face aux obligations de l’existence. Bien qu’extraite comme cinquième facteur statistique lors de l’analyse factorielle exploratoire préliminaire des 64 items, cette dimension a été jugée insuffisamment définie sur le plan de sa consistance conceptuelle et a été écartée du barème définitif de notation de l’inventaire.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique sous-tendant le Questionnaire de Personnalité s’inscrit au carrefour de la psychologie différentielle factorielle et de la théorie neurobiologique de l’activation développée par Hans Eysenck. Contrairement aux approches psychanalytiques ou purement phénoménologiques dominantes dans les années 1950 et 1960, Eysenck défend une conception typologique et dimensionnelle fondée sur la biologie et la génétique comportementale.

Selon le paradigme eysenckien, les traits de personnalité ne sont pas de simples étiquettes descriptives ou sémantiques ; ils constituent l’expression phénotypique de structures neurofonctionnelles stables :

  • La boucle cortico-réticulaire et le niveau d’éveil (Arousal) : L’axe Extraversion-Introversion est théorisé comme le reflet du fonctionnement du système réticulaire activateur ascendant (SRAA). Les introvertis possèdent un niveau basal d’éveil cortical élevé, ce qui les conduit à éviter les stimulations exogènes intenses pour ne pas dépasser leur seuil optimal d’activation. Les extravertis, au contraire, souffrent d’un sous-éveil cortical chronique et recherchent activement des stimulations sensorielles, relationnelles et pharmacologiques (telle la nicotine) pour hausser artificiellement leur niveau d’arousal.
  • Le système d’activation limbique et l’activation émotionnelle : L’axe du Névrosisme est régulé par le système viscéral ou limbique (comprenant l’hippocampe, l’amygdale et l’hypothalamus). Une labilité ou une hyperréactivité de ces circuits entraîne une sensibilité disproportionnée aux stresseurs mineurs, caractérisant les sujets instables.

Dans l’article de 1963, Eysenck réalise une scission expérimentale fondamentale : il dissocie pour la première fois avec autant de clarté empirique la composante « sociabilité » de la composante « impulsivité ». Cette avancée conceptuelle est déterminante pour la psychopathologie cognitive. Alors que la sociabilité relève principalement de l’affiliation interpersonnelle positive, l’impulsivité traduit un déficit des mécanismes d’inhibition comportementale. Cette distinction historique a constitué le socle des débats théoriques entre le modèle d’Eysenck et les travaux ultérieurs de Jeffrey Gray sur la théorie de la sensibilité au renforcement (système BIS/BAS), ainsi que les développements de l’inventaire d’impulsivité d’Eysenck et Eysenck (1977, 1978).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du Questionnaire de Personnalité a été établie dans le cadre spécifique de l’étude épidémiologique princeps menée auprès d’une cohorte masculine représentative (Eysenck, 1963).

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit repose sur l’analyse factorielle des intercorrélations entre les 64 items administrés à des adultes âgés de 45 à 64 ans. Les résultats ont confirmé l’existence de dimensions orthogonales claires correspondant au névrosisme et à l’extraversion, validant l’hypothèse d’indépendance de ces deux métatraits. La scission factorielle de l’extraversion en deux sous-dimensions corrélées mais conceptuellement autonomes (sociabilité et impulsivité) a apporté la preuve que l’extraversion n’est pas un bloc monolithique, mais un macro-trait agrégeant des facettes comportementales distinctes.

Validité discriminante et différentielle

L’instrument a démontré une validité discriminante remarquable en permettant de distinguer statistiquement les groupes en fonction de leurs comportements tabagiques et de leurs antécédents médicaux :

  • Les fumeurs de cigarettes réguliers (moyens et gros fumeurs) obtiennent des scores systématiquement plus élevés sur l’échelle d’Extraversion générale, et tout particulièrement sur l’échelle d’Impulsivité, par comparaison aux non-fumeurs et aux fumeurs de pipe.
  • Les fumeurs de pipe se caractérisent par des scores d’impulsivité et d’extraversion très bas, se rapprochant du profil introverti et stable des non-fumeurs, mais avec des particularités liées à une plus faible anxiété.
  • Les anciens fumeurs présentent un niveau d’impulsivité intermédiaire, mais se distinguent par une plus grande stabilité émotionnelle (scores de Névrosisme plus bas) que les fumeurs actifs dépendants, ce qui suggère que le sevrage réussi requiert un contrôle émotionnel accru.

Validité de critère (prédictive et concurrente)

Sur le plan psychosomatique, l’outil a permis d’isoler des corrélations significatives entre l’élévation des scores de névrosisme et la prévalence déclarée de troubles fonctionnels somatiques (céphalées de tension, troubles gastro-intestinaux et manifestations cardiaques sans lésion organique avérée). La convergence des résultats avec les sous-échelles homologues du Maudsley Personality Inventory (MPI) a garanti une continuité métrologique avec les recherches psychopathologiques antérieures de l’école de Londres.

8. Fidélité / Reliability

Dans la publication originale de 1963 (Journal of Psychosomatic Research), Hans Eysenck ne rapporte pas d’estimations chiffrées formelles de consistance interne (telles que le coefficient alpha de Cronbach, qui venait d’être popularisé au début des années 1960). La fidélité du questionnaire repose principalement sur deux principes psychométriques indirects :

  • L’homogénéité factorielle des saturations : Les items retenus pour constituer les clés de cotation du Névrosisme (N), de l’Extraversion (E), de la Sociabilité (S) et de l’Impulsivité (IMP) présentent tous des saturations factorielles dominantes sur leur facteur cible respectif, minimisant ainsi l’erreur de mesure attribuable au bruit aléatoire.
  • La fidélité par héritage structurel : Une proportion significative des items composant l’échelle est issue directement des banques d’items du Maudsley Personality Inventory (MPI ; Eysenck, 1959). Les études méthodologiques sur le MPI avaient antérieurement mis en évidence une fidélité test-retest remarquable à court et moyen terme (coefficients compris entre r = 0,81 et r = 0,88 pour le Névrosisme et entre r = 0,76 et r = 0,85 pour l’Extraversion sur des intervalles de 1 à 6 mois).

Bien que des vérifications rétrospectives sur des versions apparentées suggèrent des alphas de Cronbach se situant généralement autour de 0,75 à 0,85 pour l’échelle globale de névrosisme et de 0,70 à 0,80 pour les échelles de sociabilité et d’impulsivité, l’absence de données de consistance interne standardisées dans l’article de 1963 constitue une limite métrologique inhérente à l’époque de parution de l’outil.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’analyse factorielle représente la clé de voûte du travail d’Eysenck (1963). L’ensemble des 64 questions a été soumis à une extraction factorielle multivariée appliquée aux matrices de corrélations inter-items, calculées sur l’échantillon d’hommes adultes âgés de 45 à 64 ans.

Extraction initiale et émergence des cinq facteurs

La décomposition factorielle a mis en évidence l’existence de cinq facteurs orthogonaux primaires :

  1. Facteur I – Névrosisme (N) : Il rassemble la plus grande part de variance commune. Les items saturant fortement ce facteur décrivent l’instabilité thymique, la rumination et les plaintes somato-végétatives (ex. item 1 : « Do you sometimes feel happy, sometimes depressed without any apparent reason? » ; item 19 : « Do you have frequent ups and downs in mood…? »).
  2. Facteur II – Extraversion globale / vivacité (E) : Ce facteur agrège les items illustrant la vivacité motrice, le goût pour les situations rapides et les sensations fortes (ex. item 3 : « Are you inclined to be quick and sure in your actions? » ; item 14 : « Do you often crave excitement? »).
  3. Facteur III – Sociabilité (S) : Ce facteur individualise l’aspect purement interpersonnel du comportement extraverti (ex. item 2 : « Do you usually take the initiative in making new friends? » ; item 7 : contacts sociaux multiples ; item 10 : tendance à rester en retrait).
  4. Facteur IV – Impulsivité (IMP) : Ce facteur isole la composante d’action non régulée, le manque de planification et le penchant pour le risque immédiat (ex. item 8 : « Do you prefer action to planning for action? » ; item 37 : parler sans réfléchir ; item 40 inversé : réfléchir avant d’agir).
  5. Facteur V – Rhathymie : Ce facteur traduit une attitude d’insouciance insoucieuse et joviale, mais ses saturations factorielles étaient modérées, instables et conceptuellement redondantes avec certaines facettes de l’impulsivité et de la sociabilité décontractée.

Sort de la dimension Rhathymie et structure définitive

Face à la faiblesse métrologique du cinquième facteur, Eysenck a pris la décision méthodologique d’exclure la Rhathymie de la clé de cotation interprétable de l’instrument. La structure retenue s’est donc articulée autour des quatre traits : Névrosisme, Extraversion, Sociabilité et Impulsivité. Cette extraction a joué un rôle historique dans le détachement ultérieur de l’impulsivité hors du noyau dur de l’extraversion, conduisant plus tard Eysenck à rattacher l’impulsivité au Psychotisme dans son modèle révisé de 1975.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Questionnaire de Personnalité (1963) est un inventaire d’auto-évaluation structuré. Voici ses caractéristiques techniques et opérationnelles :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique de personnalité / auto-inventaire papier-crayon (ou informatisé).
  • Format d’administration : Individuel ou collectif.
  • Nombre d’items : 64 items standardisés formulés sous forme interrogative directe.
  • Format de réponse : Échelle dichotomique (« Oui » / « Non »). Le répondant doit choisir l’une des deux options pour chaque énoncé, sans omission.
  • Population cible : Adultes (18 ans et plus), validé initialement sur une population d’hommes d’âge mûr (45–64 ans).
  • Durée approximative de passation : 10 à 15 minutes.
  • Système de cotation (Scoring) :
    • Chaque item en accord avec la clé de la dimension reçoit 1 point (0 point dans le cas contraire).
    • La cotation repose sur l’attribution de points pour les réponses positives directes (marquées par une lettre entre parenthèses dans la clé, ex. : (N) = Oui accorde 1 point) ou pour les réponses négatives inversées (marquées par un signe moins, ex. : S – = Non accorde 1 point).
    • Certains items servent d’indicateurs différentiels pour les profils tabagiques (marqués + pour une corrélation positive avec la consommation moyenne/forte de cigarettes comparativement aux non-fumeurs et fumeurs de pipe).
    • Les scores bruts sont calculés indépendamment pour le Névrosisme (N), l’Extraversion résiduelle (E), la Sociabilité (S) et l’Impulsivité (IMP).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le Questionnaire de Personnalité a été publié pour la première fois en 1963 dans le Journal of Psychosomatic Research (Elsevier). Les informations de gestion des droits et d’utilisation sont les suivantes :

  • Statut des droits d’auteur : Le matériel original est protégé par le copyright initial d’Elsevier Publishing et des ayants droit académiques d’Eysenck. Toutefois, l’instrument ayant été reproduit intégralement dans une revue scientifique à des fins de recherche fondamentale, les 64 items sont accessibles et utilisables dans le cadre de projets universitaires, scientifiques et pédagogiques non commerciaux, sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse de la publication princeps.
  • Tarification : L’utilisation dans le cadre de la recherche académique est gratuite (libre d’accès via les archives scientifiques). Aucune redevance commerciale n’est exigée pour l’exploitation théorique des items bruts dans des protocoles expérimentaux.
  • Évolution commerciale : Les instruments descendants de cet outil (notamment l’EPI et l’EPQ/EPQ-R) ont été commercialisés par des éditeurs de tests psychologiques spécialisés (tels que Hodder & Stoughton Educational, EdITS, ou Hogrefe) avec des tarifs de licences propriétaires. La version pionnière de 1963 demeure principalement un instrument d’archive et de recherche médicale spécialisée.

12. Références / References

  • Eysenck, H. J. (1959). The Maudsley Personality Inventory. University of London Press.
  • Eysenck, H. J. (1963). Smoking, personality and psychosomatic disorders. Journal of Psychosomatic Research, 7(2), 107–130. https://doi.org/10.1016/0022-3999(63)90023-0
  • Eysenck, H. J., & Eysenck, S. B. G. (1964). Manual of the Eysenck Personality Inventory. University of London Press.
  • Eysenck, H. J., & Eysenck, S. B. G. (1975). Manual of the Eysenck Personality Questionnaire (Junior and Adult). Hodder & Stoughton.
  • Eysenck, S. B. G., & Eysenck, H. J. (1977). The place of impulsiveness in a factor-analytic system of personality description. British Journal of Social and Clinical Psychology, 16(1), 57–68. https://doi.org/10.1111/j.2044-8260.1977.tb01003.x
  • Eysenck, S. B. G., & Eysenck, H. J. (1978). Impulsiveness and venturesomeness: Their position in a dimensional system of personality description. Psychological Reports, 43(3_suppl), 1247–1255. https://doi.org/10.2466/pr0.1978.43.3f.1247
  • Guilford, J. P. (1959). Personality. McGraw-Hill.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Format: Yes / No

Key indicators: N = Neuroticism, E = Extraversion, S = Sociability, IMP = Impulsiveness. Bracketed letters, e.g. (N), indicate that a ‘Yes’ response scores on that scale. Plain letters with minus, e.g. S –, indicate that a ‘No’ response scores. The ‘+’ symbol indicates a positive association with Heavy and Medium cigarette smokers vs. Non-smokers and Pipe smokers.

  1. Do you sometimes feel happy, sometimes depressed without any apparent reason? [(N) ; +]
  2. Do you usually take the initiative in making new friends? [(S) ; +]
  3. Are you inclined to be quick and sure in your actions? [(E) ; +]
  4. Would you rate yourself a lively individual? [(E) ; +]
  5. Are you happiest when you get involved in some project that calls for rapid action? [(E) ; +]
  6. Does your mind often wander while you are trying to concentrate? [(N)]
  7. Would you be very unhappy if you were prevented from making numerous social contacts? [(S)]
  8. Do you prefer action to planning for action? [(IMP) ; +]
  9. Are you frequently “lost in thought”, even when supposed to be taking part in a conversation? [(N)]
  10. Are you inclined to keep in the background on social occasions? [S]
  11. Is it difficult to “lose yourself”, even at a lively party? [S –]
  12. Do you sometimes slam doors when you are angry? [+]
  13. Are you sometimes bubbling over with energy and sometimes very sluggish? [(N)]
  14. Do you often crave excitement? [(E) ; +]
  15. Do you like to keep moving round and doing things most of the time? [(IMP)]
  16. Do you usually expect the worst to happen?
  17. Are you inclined to be moody? [(N)]
  18. Would you rather spend an evening by yourself than go to a dull party? [S]
  19. Do you have frequent ups and downs in mood, either with or without apparent cause? [(N)]
  20. Does your natural reserve generally stand in your way when you want to start a conversation with an attractive stranger of the opposite sex? [S]
  21. Do you usually avoid “sticking your neck out”? [IMP]
  22. Are your daydreams frequently about things that can never come true? [(N)]
  23. Would you feel uncomfortable in anything other than fairly usual dress?
  24. Are you inclined to ponder over your past? [(N)]
  25. Do you like to try your wits in solving puzzles?
  26. Are you inclined to limit your acquaintances to a select few? [S]
  27. Do you ever feel “just miserable” for no good reason at all? [(N)]
  28. Are you inclined to be shy in the presence of the opposite sex? [S]
  29. Do you often find that you have made up your mind too late? [(N)]
  30. Have you often lost sleep over your worries? [(N)]
  31. Is your motto to take matters of everyday life with proper seriousness rather than “to laugh and be merry”? [IMP]
  32. Do you enjoy practical jokes? [(E)]
  33. Are you often trouble with feelings of guilt? [(N)]
  34. Do you hate being with a crowd who play jokes on one another? [E]
  35. On the whole, do you prefer the company of books to people? [E]
  36. Are your feelings rather easily hurt? [(N)]
  37. Do you sometimes say the first thing that comes into your head? [(IMP)]
  38. Would you rate yourself as a tense or “highly-strung” individual? [(N)]
  39. Are you given to acting on impulses of the moment which later land you into difficulties? [(IMP)]
  40. Are you inclined to stop and think things over before acting? [IMP –]
  41. Do you often experience periods of loneliness?
  42. Do you usually expect the best to happen?
  43. Do you like working alone? [E]
  44. Do you like to indulge in reverie (daydreaming)? [(N) –]
  45. Do you like a situation with plenty of excitement and bustle? [(E)]
  46. Do you spend much time in thinking over good times you have had in the past? [(N)]
  47. Do you ever take your work as if it were a matter of life or death? [E]
  48. Would you describe yourself as an easy-going person not concerned to be precise? [(IMP) ; +]
  49. Have you often felt listless and tired for no good reason? [(N) ; +]
  50. Are you reserved and distant except to intimate friends? [S]
  51. After a critical moment is over, do you usually think of something you should have done, but failed to do? [(N)]
  52. If you want to learn about something, would you rather do it by reading a book on the subject than by discussion? [E]
  53. Do ideas run through your head so that you cannot sleep? [(N)]
  54. Do you like work that requires considerable attention?
  55. Have you ever been bothered by having a useless thought come into your head repeatedly? [(N)]
  56. Can you put your thoughts into words quickly? [N]
  57. Are you touchy on various subjects? [(N)]
  58. Do you often feel disgruntled? [(N)]
  59. Do you have periods of such great restlessness that you cannot sit long in a chair? [(N)]
  60. Do you like to try unusual dishes? [(E)]
  61. Do you mind selling things, or trying to get funds for a cause in which you are interested? [E –]
  62. Can you readily get some life into a rather dull party? [(S)]
  63. Are you a person who is not much given to cracking jokes and telling stories to your friends? [S]
  64. Do you very much enjoy good food? [(E)]
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 15). Questionnaire de Personnalité. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-personnalite-eysenck-1963
Looti, Mohammed. “Questionnaire de Personnalité.” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-personnalite-eysenck-1963.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de Personnalité.” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-personnalite-eysenck-1963.