Questionnaire de perfectionnisme sexuel multidimensionnel

Le Questionnaire de perfectionnisme sexuel multidimensionnel (MSPQ), développé par Snell et Rigdon (1995), mesure cinq facettes des exigences de performance sexuelle intrapersonnelles et interpersonnelles à travers 31 items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de perfectionnisme sexuel multidimensionnel (en anglais : Multidimensional Sexual Perfectionism Questionnaire, abrégé MSPQ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé par William E. Snell, Jr. et K. Rigdon en 1995 à la Southeast Missouri State University. Conçu pour étendre les théories contemporaines du perfectionnisme au domaine spécifique de la sexualité humaine et de l’intimité relationnelle, le MSPQ évalue les exigences rigides, irréalistes et perfectionnistes que les individus s’imposent à eux-mêmes, projettent sur leur partenaire ou perçoivent de la part de leur environnement relationnel et social. L’échelle est structurée autour de 31 énoncés mesurant cinq dimensions distinctes : le perfectionnisme sexuel orienté vers soi (Self-oriented Sexual Perfectionism), le perfectionnisme sexuel socialement prescrit (Socially Prescribed Sexual Perfectionism), le perfectionnisme sexuel orienté vers le partenaire (Partner-directed Sexual Perfectionism), le perfectionnisme sexuel orienté vers soi du partenaire (Partner’s Self-oriented Sexual Perfectionism) et le perfectionnisme sexuel dirigé vers soi perçu chez le partenaire (Self-directed Sexual Perfectionism from one’s partner).

Les participants répondent à l’aide d’une échelle de type Likert en 5 points allant de 0 (« pas du tout caractéristique de moi ») à 4 (« très caractéristique de moi »). Le protocole comprend un item préliminaire d’identification du contexte relationnel (relation actuelle, passée ou imaginée) ainsi que deux items leurres évaluant la cohérence des réponses. Les analyses psychométriques initiales indiquent une consistance interne satisfaisante pour la majorité des sous-échelles (coefficients alpha de Cronbach compris entre 0,67 et 0,75), bien que la sous-échelle du perfectionnisme socialement prescrit présente des indices plus modestes (0,37 global ; 0,51 pour les items directs). L’instrument démontre une validité de construit et convergente robuste, corrélant de manière prédictive avec les styles d’attachement adulte (notamment l’attachement craintif et sécurisant) et les comportements de surveillance de l’image corporelle et sexuelle (sexual monitoring). Le MSPQ s’avère particulièrement utile dans la recherche clinique sexologique, les thérapies de couple et l’investigation des dysfonctions érectiles et orgasmiques associées à l’anxiété de performance.

2. Mots-clés / Keywords

perfectionnisme sexuel, psychométrie, sexualité humaine, échelles d’évaluation, dynamique de couple, satisfaction sexuelle, anxiété de performance sexuelle, attachement adulte, auto-évaluation, validité de construit, consistance interne, William E. Snell, thérapie sexologique, cognition sexuelle, surveillance de soi

3. Auteurs / Authors

Le Multidimensional Sexual Perfectionism Questionnaire (MSPQ) a été conceptualisé et validé par :

  • William E. Snell, Jr., Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de la Southeast Missouri State University (One University Plaza, Cape Girardeau, MO 63701, États-Unis ; Courriel académique : [email protected]). Le Dr Snell est une figure majeure de la psychométrie appliquée à la sexualité et aux relations interpersonnelles, ayant également élaboré le Sexual Awareness Questionnaire, la Multidimensional Sexuality Questionnaire et l’Amorous Perfectionism Scale.
  • K. Rigdon : Chercheur associé à la Southeast Missouri State University, coauteur des premières études empiriques présentées lors des congrès scientifiques de la Southwestern Psychological Association (1995).

4. Objectif / Purpose

Justification théorique et clinique

Le perfectionnisme a longtemps été conceptualisé comme un trait de personnalité général et unidimensionnel, caractérisé par la recherche constante d’idéaux inatteignables et une autocritique sévère. Cependant, au début des années 1990, les travaux précurseurs de Hewitt et Flett (1991) ont démontré que le perfectionnisme est fondamentalement multidimensionnel et contextuel. Dans le champ de la sexologie clinique et de la santé comportementale, les cliniciens ont constaté que de nombreux individus ne manifestent aucun perfectionnisme excessif dans leurs sphères académique ou professionnelle, mais développent en revanche des attentes démesurément rigides et anxiogènes au sein de leur vie intime.

L’objectif premier du MSPQ est de fournir un cadre opérationnel et rigoureux pour quantifier les multiples facettes des exigences de performance sexuelle. Dans les sociétés contemporaines, les scripts sexuels et les représentations médiatiques véhiculent des normes d’excellence corporelle, d’endurance, de multiorgasmes et de synchronie érotique qui peuvent induire une anxiété de performance aiguë. Le MSPQ permet d’analyser non seulement ce que l’individu exige de lui-même, mais également ce qu’il exige de son partenaire intime, ce qu’il croit que son partenaire attend de lui, et la façon dont il perçoit les exigences personnelles que son partenaire s’impose.

Applications en recherche et en thérapie

Le MSPQ a été conçu pour répondre à trois fonctions diagnostiques et expérimentales majeures :

  • Instrument de recherche fondamentale et corrélationnelle : Il permet d’étudier les corrélats affectifs, cognitifs et comportementaux de la sexualité, notamment les liens entre le perfectionnisme sexuel et l’insatisfaction relationnelle, la dépression, la honte corporelle, la détresse sexuelle et les scénarios érotiques dysfonctionnels.
  • Outil d’évaluation clinique pré-test et post-test : En sexothérapie et en thérapie comportementale et cognitive (TCC) de couple, le questionnaire sert d’indicateur précis pour mesurer l’efficacité des protocoles thérapeutiques visant la réduction de l’anxiété de performance, la désensibilisation systématique ou la focalisation sensorielle (sensate focus issue des travaux de Masters et Johnson).
  • Variable prédictive des dysfonctions sexuelles : L’outil met en lumière les processus cognitifs distordus qui précipitent ou maintiennent l’éjaculation prématurée, la dysfonction érectile, le trouble de l’intérêt sexuel/de l’excitation chez la femme et l’anorgasmie, en isolant le rôle des exigences perçues de l’autre versus les autocritiques internes.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le MSPQ repose sur une approche bidirectionnelle et interpersonnelle de la dynamique perfectionniste. Snell et Rigdon (1995) ont décomposé le perfectionnisme sexuel en cinq dimensions interdépendantes mais conceptuellement distinctes, réparties sur les 31 items du test :

1. Perfectionnisme sexuel orienté vers soi (Self-oriented Sexual Perfectionism)

Cette dimension mesure la propension de l’individu à s’imposer des standards d’excellence sexuelle excessivement élevés, inflexibles et irréalistes, accompagnés d’une intolérance marquée envers ses propres défaillances perçues (ex. : baisse d’érection passagère, absence d’orgasme, manque de désir momentané). L’individu estime qu’il doit être un amant irréprochable en toute circonstance. Un score élevé reflète une motivation intrinsèque rigide axée sur la compétence érotique et la performance athlétique. Cette dimension regroupe les items 2, 7, 12 ainsi que les items inversés 17R, 22R et 27R.

2. Perfectionnisme sexuel socialement prescrit (Socially Prescribed Sexual Perfectionism)

Cette sous-échelle évalue la croyance selon laquelle la société, les pairs ou les « autres généralisés » exercent des pressions continues et exigent des critères de compétence sexuelle parfaits. L’individu anticipe le rejet, la désapprobation sociale ou le ridicule s’il ne répond pas à ces stéréotypes dominants d’hyper-performance sexuelle. Ce construit est représenté par les items 3, 8, 13 et les items inversés 18R, 23R, 28R.

3. Perfectionnisme sexuel orienté vers le partenaire (Partner-directed Sexual Perfectionism)

Cette composante interpersonnelle évalue le degré auquel une personne projette des critères stricts, rigides et exigeants sur son partenaire intime. Les sujets présentant un score élevé sur cette dimension tolèrent difficilement la vulnérabilité, le manque d’enthousiasme, la fatigue ou les difficultés sexuelles chez l’autre, considérant que leur partenaire a l’obligation morale et physique d’être un amant de premier ordre pour combler leurs besoins. Cette facette comprend les items 4, 9, 14, 19R, 23R (dans le système de cotation original) et 29R.

4. Perfectionnisme sexuel orienté vers soi du partenaire (Partner’s Self-oriented Sexual Perfectionism)

Cette échelle capture la métaperception qu’a le répondant des exigences internes de son partenaire. Elle évalue si le participant perçoit son conjoint comme étant lui-même animé par une quête de perfection sexuelle rigide et intransigeante à son propre égard (ex. : percevoir que le partenaire se sent anxieux, dévalorisé ou coupable dès lors qu’il n’atteint pas l’orgasme ou ne déclenche pas le plaisir absolu de l’autre). Elle est mesurée par les items 5, 10, 15, 20R, 25R et 30R.

5. Perfectionnisme sexuel dirigé vers soi émanant du partenaire (Self-directed Sexual Perfectionism from one’s partner)

Cette sous-échelle cible la perception qu’a l’individu que son partenaire intime applique à son encontre des standards de compétence sexuelle excessifs et punitifs. Contrairement au perfectionnisme socialement prescrit (qui renvoie à une abstraction sociétale générale), il s’agit ici d’une pression relationnelle directe, où le sujet se sent constamment jugé, évalué et surveillé par son partenaire sexuel concret. Cette dimension regroupe les items 6, 11, 16 et l’item inversé 21R.

Items de contextualisation et de contrôle

L’instrument intègre également l’item 1, non scoré, destiné à identifier le cadre de référence du participant (relation en cours, passée ou imaginée), ainsi que deux items leurres (items 30 et 31 bis) destinés à évaluer l’attention et la cohérence des réponses au sein du protocole de recherche.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle multidimensionnel du perfectionnisme

Le fondement épistémologique du MSPQ prend racine dans le modèle tridimensionnel développé par Paul L. Hewitt et Gordon L. Flett (1991). Hewitt et Flett ont postulé que le perfectionnisme ne saurait être appréhendé comme une simple caractéristique intrapersonnelle d’auto-imposition de standards (self-oriented), mais qu’il possède une composante sociale externe (socially prescribed) et une composante interpersonnelle projective (other-oriented). Simultanément, Frost et al. (1990) ont mis en évidence l’importance des doutes sur les actions et de la peur excessive de l’échec.

William E. Snell, Jr. a transposé ce paradigme transactionnel au comportement érotique en formulant l’hypothèse que la chambre à coucher constitue l’un des espaces relationnels les plus vulnérables aux distorsions perfectionnistes. Dans une relation intime, la sexualité n’est pas un acte individuel isolé ; elle implique une réciprocité d’affects, d’émotions et de sensations. Snell a ainsi enrichi le modèle tripartite de Hewitt et Flett en y adjoignant des construits réflexifs de méta-perceptions dyadiques (ce que je pense que mon partenaire attend de moi, et ce que je perçois des propres exigences internes de mon partenaire).

Modèle cognitif-comportemental de l’anxiété de performance

Sur le plan théorique de la psychologie clinique, le MSPQ s’articule directement avec le modèle de l’anxiété de performance sexuelle conceptualisé par David H. Barlow (1986). Selon Barlow, les individus souffrant de difficultés sexuelles dirigent leur attention sur des stimuli non érotiques (peur de l’échec, anticipation du jugement de l’autre, auto-observation corporelle). En sexologie classique, ce mécanisme est connu sous le terme de « rôle de spectateur » (spectatoring), théorisé par William H. Masters et Virginia E. Johnson (1970). Les individus présentant des scores élevés au MSPQ sont structurellement enclins au spectatoring : au lieu de s’immerger dans les sensations proprioceptives et érotiques du plaisir partagé, ils adoptent une posture cognitive de métasurveillance évaluative.

Théorie de l’attachement chez l’adulte

Le cadre théorique du MSPQ s’appuie également sur la théorie de l’attachement chez l’adulte conceptualisée par Bartholomew et Horowitz (1991), et opérationnalisée par Scharfe et Bartholomew (1994). Snell et Rigdon ont formulé l’hypothèse que les schémas cognitifs régissant l’estime de soi et la confiance en autrui influencent directement les attentes de perfection sexuelle. Les individus dotés d’un modèle de soi négatif et d’un modèle d’autrui négatif (attachement craintif/évitant) utilisent les exigences perfectionnistes comme un bouclier défensif ou comme une tentative désespérée d’éviter le rejet affectif, alors que les individus sécurisants conçoivent la sexualité comme un espace de partage bienveillant où l’imperfection est acceptée.

7. Validité / Validity

Les études empiriques de validation conduites par Snell et Rigdon (1995) apportent des preuves substantielles quant à la validité de construit, la validité convergente et la validité discriminante du MSPQ :

Différences de genre et validité différentielle

L’administration du MSPQ à des cohortes universitaires a révélé des variations significatives selon le sexe biologique. Les hommes obtiennent des scores significativement plus élevés que les femmes sur l’échelle de Perfectionnisme sexuel orienté vers soi. De plus, comparativement à leurs homologues féminines, les hommes rapportent attendre davantage de perfectionnisme sexuel de la part de leurs partenaires féminines (Partner-directed) et perçoivent également que leurs partenaires attendent d’eux un perfectionnisme sexuel plus intense (Self-directed from partner). Ces résultats confirment la validité écologique de l’échelle en reflétant les scripts sexuels masculins traditionnels, caractérisés par une socialisation axée sur la prouesse érectile, l’initiative sexuelle systématique et le contrôle de l’acte.

Surveillance sexuelle et image publique (Sexual Monitoring)

La validité convergente a été démontrée par des corrélations fortes et positives entre les dimensions du MSPQ et la tendance à la surveillance sexuelle (sexual monitoring ; Snell, 1989). Les répondants des deux sexes qui obtiennent des scores élevés aux composantes du perfectionnisme sexuel — particulièrement le perfectionnisme orienté vers soi — démontrent une préoccupation aiguë pour l’image publique de leur sexualité et une vigilance constante quant au regard critique d’autrui sur leurs performances intimes.

Validité convergente avec les styles d’attachement

En administrant conjointement le MSPQ et le Relationship Scales Questionnaire (RSQ ; Scharfe & Bartholomew, 1994), Snell et Rigdon ont établi des relations prédictives hautement concordantes :

  • Attachement sécurisant : Les hommes et les femmes présentant un style d’attachement sécurisant (vision positive de soi et d’autrui) affichent des scores significativement inférieurs sur toutes les dimensions perfectionnistes du MSPQ. Ils sont nettement moins susceptibles d’appliquer des normes rigides à eux-mêmes ou à leur partenaire, et ne s’attendent pas à ce que leur partenaire leur impose de telles exigences.
  • Attachement craintif (Fearful) : À l’inverse, l’attachement craintif corrèle positivement et de manière marquée avec des scores élevés de perfectionnisme sexuel orienté vers soi et de perfectionnisme exigé par le partenaire. Ces individus, habités par une peur chronique de l’abandon et une faible estime personnelle, conditionnent la valeur de leur relation et leur acceptabilité affective à l’atteinte d’une perfection sexuelle absolue.

8. Fidélité / Reliability

La consistance interne des sous-échelles du MSPQ a été évaluée par le calcul des coefficients alpha de Cronbach lors des travaux initiaux de Snell et Rigdon (1995). Les résultats obtenus pour les cinq dimensions sont synthétisés ci-dessous :

  • Perfectionnisme sexuel orienté vers soi (Self-oriented) : $\alpha = 0{,}71$ (consistance interne satisfaisante pour une utilisation en recherche fondamentale).
  • Perfectionnisme sexuel dirigé vers soi émanant du partenaire (Self-directed from partner) : $\alpha = 0{,}75$ (bonne homogénéité des items).
  • Perfectionnisme sexuel orienté vers le partenaire (Partner-directed) : $\alpha = 0{,}67$ (fiabilité modérée mais acceptable).
  • Perfectionnisme sexuel orienté vers soi du partenaire (Partner’s Self-oriented) : $\alpha = 0{,}67$ (fiabilité modérée mais acceptable).
  • Perfectionnisme sexuel socialement prescrit (Socially Prescribed) : $\alpha = 0{,}37$ pour l’ensemble des 6 items.

Analyse psychométrique de la sous-échelle « Socialement prescrit »

Le faible coefficient alpha global observé sur la dimension du perfectionnisme sexuel socialement prescrit ($lpha = 0{,}37$) a fait l’objet d’analyses complémentaires par Snell et Rigdon. En scindant les items selon leur formulation, les auteurs ont constaté que les trois items formulés positivement (items directs 3, 8 et 13) présentent un alpha de Cronbach de $0{,}51$, tandis que les trois items inversés (items 18R, 23R et 28R) présentent un alpha de $0{,}40$. Cette disparité suggère l’existence d’un effet de formulation (method effect) fréquemment rencontré dans les questionnaires d’auto-évaluation alternant des énoncés positifs et négatifs. Snell et Rigdon recommandent ainsi la prudence lors de l’utilisation de cette sous-échelle spécifique ou préconisent l’analyse séparée des items directs et inversés dans les modélisations structurales avancées.

Pour l’ensemble des autres dimensions, les indices de fidélité se révèlent adéquats pour justifier l’emploi du MSPQ dans des études corrélationnelles, expérimentales et comparatives au sein de populations cliniques et non cliniques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle du MSPQ découle des analyses factorielles exploratoires (AFE) menées lors de son développement initial. Snell et Rigdon ont soumis les 30 énoncés psychométriques à des extractions en composantes principales suivies de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Promax) pour tester l’indépendance et la corrélation des dimensions sous-jacentes.

Structure à cinq facteurs

L’analyse factorielle a confirmé l’émergence de cinq facteurs principaux correspondant aux construits théoriques postulés, expliquant une part substantielle de la variance totale :

  • Facteur 1 : Perfectionnisme dirigé vers soi par le partenaire — saturations élevées des items 6, 11, 16 et 21R (ex. : saturation > 0,60 pour les énoncés décrivant les exigences élevées perçues chez le partenaire à l’égard du sujet).
  • Facteur 2 : Perfectionnisme orienté vers soi — caractérisé par des saturations fortes des items 2, 7, 12, 17R, 22R et 27R, isolant nettement les attentes d’auto-efficacité sexuelle absolue.
  • Facteur 3 : Perfectionnisme orienté vers le partenaire — regroupant les items 4, 9, 14, 19R et 29R, traduisant la projection d’exigences intransigeantes sur le partenaire.
  • Facteur 4 : Perfectionnisme orienté vers soi du partenaire — isolant la perception des luttes et angoisses de performance internes du conjoint (items 5, 10, 15, 20R, 25R, 30R).
  • Facteur 5 : Perfectionnisme socialement prescrit — regroupant les items 3, 8, 13, 18R, 23R et 28R. Comme évoqué précédemment, ce facteur présente une bifurcation secondaire entre items directs et inversés, incitant les analyses factorielles confirmatoires ultérieures (AFC) à modéliser un facteur de méthode résiduel pour les énoncés négatifs.

Les intercorrélations modérées observées entre les facteurs (comprises généralement entre $r = 0{,}25$ et $r = 0{,}55$) confirment que le perfectionnisme sexuel ne constitue pas une entité monolithique mais un ensemble de tendances cognitives distinctes pouvant être activées de manière différentielle selon l’histoire relationnelle et les vulnérabilités individuelles.

10. Instrument de mesure / Instrument

Caractéristiques générales de l’instrument

  • Nom complet de l’outil : Questionnaire de perfectionnisme sexuel multidimensionnel (Multidimensional Sexual Perfectionism Questionnaire – MSPQ).
  • Auteurs : William E. Snell, Jr. & K. Rigdon (1995).
  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support papier-crayon ou par interface informatique sécurisée.
  • Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Nombre total d’énoncés : 31 items (dont 1 item contextuel non scoré, 28 items répartis en 5 sous-échelles, et 2 items leurres de cohérence).

Échelle de réponse

Les participants évaluent à quel point chaque affirmation est caractéristique de leur fonctionnement habituel à l’aide d’une échelle ordinale en 5 points :

  • A (ou 0) : Pas du tout caractéristique de moi (Not at all characteristic of me)
  • B (ou 1) : Légèrement caractéristique de moi (Slightly characteristic of me)
  • C (ou 2) : Assez caractéristique de moi (Somewhat characteristic of me)
  • D (ou 3) : Modérément caractéristique de moi (Moderately characteristic of me)
  • E (ou 4) : Très caractéristique de moi (Very characteristic of me)

Procédure de cotation et calcul des scores

Le calcul des scores s’effectue en plusieurs étapes rigoureuses :

  • Étape 1 – Recodage des items inversés : Avant tout calcul, les items inversés (16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30) doivent être recodés selon la formule : $A = 4$, $B = 3$, $C = 2$, $D = 1$, $E = 0$ (soit $X_{\text{inversé}} = 4 – X_{\text{brut}}$).
  • Étape 2 – Affectation aux sous-échelles :
    • Perfectionnisme sexuel orienté vers soi : items 2, 7, 12, 17R, 22R, 27R.
    • Perfectionnisme sexuel socialement prescrit : items 3, 8, 13, 18R, 23R, 28R.
    • Perfectionnisme sexuel orienté vers le partenaire : items 4, 9, 14, 19R, 23R (selon la grille source), 29R.
    • Perfectionnisme sexuel orienté vers soi du partenaire : items 5, 10, 15, 20R, 25R, 30R.
    • Perfectionnisme sexuel dirigé vers soi émanant du partenaire : items 6, 11, 16, 21R.
  • Étape 3 – Calcul des scores dimensionnels : Pour chaque sous-échelle, la moyenne des items correspondants est calculée. Un score moyen plus élevé (compris entre 0 et 4) indique une présence plus marquée de la tendance perfectionniste correspondante.
  • Items non inclus dans les scores factoriels : L’item 1 est une question signalétique préalable qui contextualise la réponse (relation actuelle, passée ou imaginée). Les items 30 et 31 bis constituent des items de vérification de la cohérence interne des réponses du participant et ne sont pas intégrés aux scores composites.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 1995.
  • Titulaire du droit d’auteur : William E. Snell, Jr. (Southeast Missouri State University).
  • Statut d’utilisation et licence : Le MSPQ est classé comme un instrument psychométrique du domaine de la recherche académique en accès libre pour les chercheurs et praticiens de santé, sous réserve d’une utilisation à des fins non commerciales et d’une citation bibliographique appropriée des travaux originaux (Snell & Rigdon, 1995).
  • Tarification : L’accès au questionnaire et son utilisation dans le cadre de recherches cliniques, universitaires ou de mémoires de fin d’études ne requièrent le paiement d’aucuns droits d’auteur (gratuit pour usage non commercial).
  • Contact et correspondances : Toute demande d’autorisation pour des adaptations linguistiques, des études épidémiologiques d’envergure ou des intégrations dans des protocoles institutionnels peut être adressée directement à William E. Snell, Jr. à l’adresse e-mail académique : [email protected].

12. Références / References

Les travaux scientifiques et références méthodologiques fondant l’instrument comprennent :

  • Barlow, D. H. (1986). Causes of sexual dysfunction: The role of anxiety and cognitive interference. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 54(2), 140–148. https://doi.org/10.1037/0022-006X.54.2.140
  • Bartholomew, K., & Horowitz, L. M. (1991). Attachment styles among young adults: A test of a four-category model. Journal of Personality and Social Psychology, 61(2), 226–244. https://doi.org/10.1037/0022-3514.61.2.226
  • Frost, R. O., Marten, P., Lahart, C., & Rosenblate, R. (1990). The dimensions of perfectionism. Cognitive Therapy and Research, 14(5), 449–468. https://doi.org/10.1007/BF01172967
  • Hewitt, P. L., & Flett, G. L. (1991). Perfectionism in the self and social contexts: Conceptualization, assessment, and analyses of multidimensional perfectionism. Journal of Personality and Social Psychology, 60(3), 456–470. https://doi.org/10.1037/0022-3514.60.3.456
  • Masters, W. H., & Johnson, V. E. (1970). Human sexual inadequacy. Little, Brown and Company.
  • Scharfe, E., & Bartholomew, K. (1994). Reliability and stability of adult attachment patterns. Personal Relationships, 1(1), 23–43. https://doi.org/10.1111/j.1475-6811.1994.tb00053.x
  • Snell, W. E., Jr. (1989). Willingness to self-disclose to female and male friends as a function of social anxiety and sex of the target. Sex Roles, 20(3-4), 113–125. https://doi.org/10.1007/BF00287986
  • Snell, W. E., Jr., & Rigdon, K. (1995, April). The Sexual Perfectionism Questionnaire: Preliminary evidence for reliability and validity. Communication scientifique présentée au congrès annuel de la Southwestern Psychological Association, San Antonio, TX, États-Unis.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Listed below are several statements that concern the topic of sexual relationships. Please read each item carefully and decide to what extent it is characteristic of you. Some of the items refer to a specific sexual relationship. Whenever possible, answer the questions with your current partner in mind. If you are not currently dating anyone, answer the questions with your most recent part- ner in mind. If you have never had a sexual relationship, answer in terms of what you think your responses would most likely be. Then, for each statement fill in the response on the answer sheet that indicates how much it applies to you by using the following scale:
1

I will respond to the following items based on:
2

A current sexual relationship.
3

A past sexual relationship.
4

An imagined sexual relationship.
★

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Looti, M. (2026, octobre 17). Questionnaire de perfectionnisme sexuel multidimensionnel. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-perfectionnisme-sexuel-multidimensionnel
Looti, Mohammed. “Questionnaire de perfectionnisme sexuel multidimensionnel.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-perfectionnisme-sexuel-multidimensionnel.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de perfectionnisme sexuel multidimensionnel.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-perfectionnisme-sexuel-multidimensionnel.