Questionnaire de la théorie du comportement planifié

Le Questionnaire de la théorie du comportement planifié (TPB Questionnaire), conçu par Icek Ajzen, permet d’évaluer l’attitude, la norme subjective, le contrôle comportemental perçu et l’intention à travers une approche psychométrique robuste et standardisée.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Le Questionnaire de la théorie du comportement planifié (en anglais, Theory of Planned Behavior Questionnaire ou TPB Questionnaire) est un instrument psychométrique opérationnalisant le modèle théorique développé par le psychologue social Icek Ajzen en 1991, dérivé de la théorie de l’action raisonnée (Martin Fishbein & Ajzen, 1975). Cet instrument a pour objectif fondamental de mesurer les déterminants sociocognitifs guidant la prise de décision et l’action humaine à travers quatre construits majeurs interreliés : l’attitude envers le comportement (subdivisée en facettes instrumentale et expérientielle), la norme subjective ou norme perçue (regroupant les dimensions injonctive et descriptive), le contrôle comportemental perçu (englobant la capacité auto-évaluée et l’autonomie), et l’intention comportementale, considérée comme le prédicteur proximal direct du comportement effectif.

Contrairement aux tests psychométriques standardisés figés, le questionnaire du comportement planifié constitue un paradigme méthodologique générique rigoureux qui requiert une phase de recherche formative pour adapter les items au comportement cible selon le principe de compatibilité TACT (Target, Action, Context, Time). L’outil propose deux approches complémentaires de recueil : des mesures directes (évaluant globalement l’attitude, la norme, le contrôle et l’intention au moyen de différentiateurs sémantiques bipolaires en 7 points) et des mesures indirectes fondées sur les croyances saillantes (croyances comportementales, normatives et de contrôle). Ces dernières sont quantifiées à travers le modèle de l’espérance-valeur, multipliant la force de chaque croyance par l’évaluation subjective de ses conséquences, la motivation à se conformer ou le pouvoir perçu des obstacles et facilitateurs.

Les propriétés psychométriques établies dans la littérature internationale démontrent une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,75 et 0,93 pour les échelles de mesures directes. La validité de construit et la validité discriminante sont systématiquement corroborées par des analyses factorielles confirmatoires (CFA) et des modélisations en équations structurelles (SEM). Enfin, la validité prédictive de l’instrument est robuste : les méta-analyses indiquent que la combinaison de l’attitude, de la norme subjective et du contrôle comportemental perçu explique typiquement 39 % à 45 % de la variance des intentions comportementales, tandis que l’intention et le contrôle prédisent entre 27 % et 34 % de la variance des comportements effectifs dans des domaines aussi variés que la santé, l’exercice physique, l’écologie, l’adhésion thérapeutique et la sécurité au travail.

2. Mots-clés

Théorie du comportement planifié, Icek Ajzen, intention comportementale, attitude, norme subjective, contrôle comportemental perçu, croyances comportementales, modèle espérance-valeur, psychométrie, recherche formative, prédiction du comportement, approche de l’action raisonnée.

3. Auteurs

Le cadre conceptuel, les principes directeurs de formulation psychométrique et le protocole de construction du questionnaire sont l’œuvre de :

  • Icek Ajzen, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie à l’Université du Massachusetts à Amherst (Department of Psychological and Brain Sciences), Amherst, Massachusetts, États-Unis. Pionnier mondial de la psychologie sociale cognitive appliquée à l’étude des attitudes et de la prédiction comportementale. Courriel académique : [email protected].
  • Martin Fishbein, Ph.D. (1936–2009) — Co-développeur de la théorie de l’action raisonnée et de l’approche intégrée de l’action raisonnée (Reasoned Action Approach), ancien professeur titulaire de communication à la Annenberg School for Communication de l’Université de Pennsylvanie, Philadelphie, États-Unis.

4. Objectif

L’objectif fondamental du Questionnaire de la théorie du comportement planifié est de capturer et de décomposer la dynamique psychologique par laquelle les représentations cognitives individuelles se transforment en intentions délibérées, puis en actes concrets observables. Conçu pour surmonter les limites historiques des échelles d’attitudes globales — souvent incapables d’anticiper avec précision des comportements singuliers —, cet instrument psychométrique est structuré pour mesurer tant les dispositions réflexives globales du sujet que les micro-croyances sous-jacentes guidant son arbitrage décisionnel.

Applications en recherche fondamentale et appliquée

Dans le domaine de la recherche, le questionnaire constitue un dispositif diagnostique et expérimental de premier ordre. Il permet aux chercheurs de cartographier avec une précision mathématique les déterminants clés d’un comportement dans des contextes très variés :

  • Promotion de la santé et épidémiologie comportementale : Étude de l’observance thérapeutique, du dépistage des cancers, de l’adoption de régimes alimentaires cardioprotecteurs, de la pratique d’activités physiques régulières post-chirurgie cardiaque, ou encore de la vaccination.
  • Psychologie environnementale et durabilité : Prédiction des comportements pro-environnementaux, tels que le recyclage systématique, la réduction de la consommation énergétique domestique, le compostage des biodéchets et le recours aux mobilités douces.
  • Comportement organisationnel et sécurité au travail : Évaluation de l’intention des employés d’adhérer aux protocoles stricts de biosécurité, au port d’équipements de protection individuelle (EPI) ou à la divulgation d’erreurs médicales en milieu hospitalier.
  • Psychologie de l’éducation : Analyse de l’assiduité académique aux cours magistraux, de la persévérance universitaire et des conduites de travail autonome chez les étudiants de l’enseignement supérieur.

Applications cliniques et ingénierie d’intervention

Sur le plan clinique et dans le champ de la santé publique, cet outil ne sert pas uniquement à établir un pronostic statistique ; il fournit la cartographie diagnostique nécessaire à l’ingénierie des interventions de changement comportemental (behavior change interventions). En mesurant les croyances comportementales (avantages et inconvénients perçus), les croyances normatives (pressions des référents sociaux d’importance) et les croyances de contrôle (obstacles logistiques, barrières psychologiques, ressources matérielles), l’outil identifie les leviers précis sur lesquels une campagne d’information, une psychothérapie cognitive ou un programme d’accompagnement motivationnel doit agir pour induire un basculement effectif de l’intention vers l’action.

5. Construit psychologique

Le modèle repose sur une architecture multidimensionnelle hiérarchisée, articulant des variables directes latentes et des agrégats de croyances indirectes basés sur le modèle espérance-valeur. Chaque construit théorique est conceptualisé et opérationnalisé de manière distincte :

1. L’attitude envers le comportement (Attitude toward the Behavior)

L’attitude représente le degré d’évaluation globale favorable ou défavorable qu’un individu porte sur l’exécution du comportement cible. La modélisation psychométrique contemporaine (Fishbein & Ajzen, 2010) distingue rigoureusement deux sous-dimensions de l’attitude :

  • L’attitude instrumentale (cognitive/utilitaire) : L’appréciation de l’utilité, du bénéfice pragmatique, de la valeur rationnelle ou des conséquences néfastes de l’acte (ex. : évaluer le comportement sur les axes inutile/utile, nuisible/bénéfique, mauvais/bon).
  • L’attitude expérientielle (affective) : L’anticipation des sensations émotionnelles, du confort ou de l’inconfort hédonique directement associés à l’exécution de l’action (ex. : évaluer l’acte sur les polarités déplaisant/agréable, ennuyeux/stimulant).

Au niveau indirect, l’attitude découle de la somme des produits de chaque croyance comportementale ($b_i$, probabilité subjective que le comportement produise l’effet $i$) par l’évaluation subjective de ce résultat ($e_i$) : $A propto \sum b_i e_i$.

2. La norme perçue ou norme subjective (Perceived / Subjective Norm)

La norme subjective quantifie la pression sociale perçue par l’individu quant à l’accomplissement ou au non-accomplissement du comportement. Elle se scinde également en deux composantes fondamentales :

  • La norme injonctive : Les perceptions individuelles concernant ce que les autruis significatifs (famille, pairs, médecins, collègues) considèrent que le sujet devrait ou ne devrait pas faire (devoir moral et attente normative explicite).
  • La norme descriptive : Les perceptions relatives aux comportements effectivement adoptés par les membres du groupe de référence (le modèle d’action empiriquement observé chez autrui, c’est-à-dire le fait que les pairs adoptent ou non le comportement en situation similaire).

Indirectement, la norme subjective repose sur la sommation des croyances normatives ($n_i$, attente perçue du référent $i$) pondérées par la motivation de l’individu à se conformer à ce référent spécifique ($m_i$) : $SN propto \sum n_i m_i$.

3. Le contrôle comportemental perçu (Perceived Behavioral Control – PBC)

Introduit par Ajzen en 1985 pour dépasser les restrictions de la théorie de l’action raisonnée limitée aux comportements sous pur contrôle volitionnel, le contrôle comportemental perçu renvoie au sentiment d’aisance ou de difficulté anticipé quant à l’exécution de l’acte. Il traduit l’évaluation par l’individu de ses propres ressources et des barrières externes. Ce construit intègre deux facettes psychométriques :

  • L’auto-efficacité / Capacité (Capacity) : Inspirée de la théorie de l’auto-efficacité d’Albert Bandura, elle évalue la confiance du sujet en ses compétences techniques, physiques ou psychologiques requises pour surmonter les embûches (ex. : confiant/non confiant, facile/difficile).
  • L’autonomie / Contrôle perçu (Autonomy) : Le sentiment que l’exécution finale de l’action dépend entièrement de sa propre volonté et non de contingences externes incontrôlables (ex. : cela dépend entièrement de moi / cela ne dépend pas de moi).

Indirectement, le contrôle comportemental perçu s’exprime par le produit de chaque croyance de contrôle ($c_i$, probabilité de survenue d’un obstacle ou d’une ressource facilitatrice) par la puissance perçue de ce facteur à inhiber ou favoriser l’action ($p_i$) : $PBC propto \sum c_i p_i$.

4. L’intention comportementale (Behavioral Intention)

L’intention résume la disposition motivationnelle consciente du sujet à mobiliser un niveau d’effort déterminé pour exécuter le comportement prescrit. Elle constitue le médiateur central du modèle par lequel transitent les influences combinées de l’attitude, de la norme et du contrôle perçu. Mesurée par des indicateurs de planification et de résolution volontaire (ex. : « J’ai l’intention de… », « Je prévois de… », « Je ferai des efforts pour… »), elle représente le baromètre le plus puissant de la prédisposition immédiate à agir.

6. Cadre théorique

Le questionnaire s’enracine dans le paradigme de la psychologie sociale cognitive et s’inscrit au sein du courant de l’action raisonnée. Dès le milieu du XXe siècle, la psychologie a été confrontée à ce que Wicker (1969) a qualifié de crise de la relation attitude-comportement, caractérisée par des corrélations notoirement faibles (souvent inférieures à 0,30) entre les attitudes globales des individus et leurs conduites quotidiennes effectives.

Le principe de compatibilité (TACT)

Pour résoudre cette incohérence, Fishbein et Ajzen (1975, 1977) ont formulé le principe de compatibilité (ou principe de correspondance). Selon cette règle fondamentale de la métrologie psychologique, une attitude ne prédit adéquatement un comportement que si les deux entités sont mesurées à un niveau rigoureusement identique de spécificité. Tout comportement doit être formalisé selon quatre éléments invariants :

  • Cible (Target) : L’objet vers lequel l’action est dirigée (ex. : des exercices cardiorespiratoires).
  • Action : Le verbe d’action définissant précisément la tâche motrice ou cognitive (ex. : pratiquer au moins 20 minutes consécutives).
  • Contexte : L’environnement physique ou institutionnel (ex. : à domicile ou dans un centre de réadaptation).
  • Temps (Time) : L’horizon temporel et la fréquence d’exécution (ex. : trois fois par semaine durant les trois prochains mois).

Dès lors que l’instrument psychométrique calibre chaque item d’attitude, de norme subjective et de contrôle comportemental perçu sur ces quatre éléments avec une correspondance exacte, le pouvoir explicatif de la mesure atteint des seuils de variance expliquée exceptionnels.

L’extension du modèle : de l’action raisonnée au comportement planifié

Dans sa première itération, la Theory of Reasoned Action (TRA ; Fishbein & Ajzen, 1975) postulait que l’intention dépendait exclusivement de l’attitude et de la norme subjective, ce qui confinait l’applicabilité du modèle aux conduites sous contrôle purement volitionnel (où l’individu a le pouvoir inconditionnel d’agir selon son vouloir). Conscient que la majorité des comportements réels dépendent de limitations intrinsèques (compétences, fatigue, dépendance, régulation émotionnelle) ou extrinsèques (opportunités, finances, autorisations), Ajzen (1985, 1991) a introduit la variable du contrôle comportemental perçu pour fonder la Theory of Planned Behavior (TPB).

Dans ce cadre intégratif, le contrôle comportemental perçu exerce un double effet : il agit d’une part comme un antécédent proximal de l’intention comportementale (en amont de l’acte), et d’autre part comme un prédicteur direct du comportement (en aval, en interaction avec l’intention). Ce second lien direct n’est cependant théoriquement valide que dans la mesure où le contrôle perçu reflète fidèlement le contrôle réel (actual control) exercé par l’individu sur la situation objective.

7. Validité

La validité psychométrique du Questionnaire de la théorie du comportement planifié a fait l’objet de centaines d’études empiriques et de nombreuses synthèses méta-analytiques dans la littérature scientifique internationale, attestant de ses qualités exceptionnelles sur l’ensemble de ses dimensions métrologiques.

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu repose sur une règle méthodologique stricte : le questionnaire ne doit pas être élaboré a priori de façon purement spéculative par l’expérimentateur. Il exige une phase d’élicitation des croyances saillantes (recherche formative) réalisée auprès d’un échantillon pilote représentatif de la population cible ($N = 25$ à $40$). Par des questions ouvertes, les participants expriment librement les avantages, inconvénients, référents sociaux facilitateurs ou inhibiteurs, et obstacles logistiques qui leur viennent spontanément à l’esprit. L’analyse de contenu permet de dégager les croyances modales saillantes (représentant typiquement 75 % des réponses cumulées) qui formeront le substrat des items définitifs. Ce protocole garantit une validité de contenu exhaustive et une résonance écologique optimale auprès des répondants.

Validité de construit et validité discriminante

La validité de construit est abondamment confirmée par des analyses factorielles confirmatoires (CFA). Les modèles quadridimensionnels (Attitude, Norme, Contrôle perçu, Intention) démontrent un ajustement empirique supérieur aux modèles unidimensionnels ou bidimensionnels alternatifs, avec des indices de qualité méthodologique répondant aux standards les plus stricts : $\chi^2 / dl < 3{,}0$, Comparative Fit Index (CFI) $ge 0{,}95$, Tucker-Lewis Index (TLI) $ge 0{,}94$, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $le 0{,}06$.

La validité discriminante entre les construits est corroborée par le critère de Fornell-Larcker, selon lequel la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) de chaque facteur doit excéder le carré de la corrélation entre deux facteurs quelconques. De même, la distinction entre les facettes instrumentales et affectives de l’attitude, ou entre composantes injonctives et descriptives de la norme, démontre des saturations factorielles croisées négligeables ($< 0{,}20$).

Validité convergente et modèle espérance-valeur

La validité convergente de l’instrument est illustrée par les fortes corrélations observées entre les mesures directes globales et les indices composites indirects calculés par l’équation d’espérance-valeur :

  • La corrélation entre la mesure directe de l’attitude et l’indice calculé $\sum b_i e_i$ varie typiquement entre $r = 0{,}50$ et $r = 0{,}75$ ($p < 0{,}001$).
  • La corrélation entre la norme subjective globale et l’agrégat normatif $\sum n_i m_i$ se situe habituellement entre $r = 0{,}45$ et $r = 0{,}70$.
  • La relation entre le contrôle comportemental direct et l’indice de contrôle $\sum c_i p_i$ oscille régulièrement entre $r = 0{,}40$ et $r = 0{,}68$.

Validité prédictive et critérielle

Les méta-analyses historiques de référence confirment la remarquable validité prédictive de l’outil :

  • Armitage et Conner (2001) : Dans une méta-analyse pionnière portant sur 185 études indépendantes, le modèle de la TPB a expliqué 39 % de la variance des intentions ($R = 0{,}63$) et 27 % de la variance du comportement effectif ($R = 0{,}52$). Le contrôle comportemental perçu a ajouté une augmentation significative de 6 % de variance expliquée dans l’intention au-delà de l’attitude et de la norme.
  • McEachan et al. (2011) : Portant sur 237 études en santé publique, cette méta-analyse rapporte une variance expliquée moyenne de 44,3 % pour l’intention et de 19,3 % pour le comportement objectif mesuré prospectivement.

8. Fidélité

La fidélité métrologique du Questionnaire de la théorie du comportement planifié s’évalue principalement à travers l’homogénéité interne de ses échelles directes et la stabilité temporelle de ses scores en phase pré-décisionnelle.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composée)

Les échelles de mesure directe formulées selon les recommandations méthodologiques d’Ajzen (comportant de 3 à 6 items par dimension) affichent des coefficients d’homogénéité interne très élevés à travers la littérature scientifique :

  • Intention comportementale : Les coefficients $\alpha$ de Cronbach oscillent fréquemment entre 0,85 et 0,95, témoignant d’une redondance cohérente et d’une clarté optimale de la cible volitionnelle.
  • Attitude globale : Des coefficients $\alpha$ compris entre 0,80 et 0,92 sont systématiquement observés lorsque les échelles combinent des items sémantiques instrumentaux et expérientiels.
  • Norme subjective : Les valeurs de fidélité se situent généralement entre 0,75 et 0,88. Les scores sont légèrement plus modérés lorsque les items injonctifs et descriptifs sont amalgamés dans une échelle globale restreinte sans modélisation bifactorielle.
  • Contrôle comportemental perçu : Des coefficients $\alpha$ variant de 0,72 à 0,89 sont documentés, reflétant une bonne cohérence entre la confiance en ses capacités et l’évaluation de l’autonomie d’action.

Il est fondamental de noter que l’analyse de cohérence interne (alpha de Cronbach) ne s’applique pas aux échelles de croyances indirectes (croyances comportementales, normatives et de contrôle). Comme l’a théorisé Ajzen (1991, 2002), les croyances modales ne constituent pas des indicateurs réflexifs d’un trait latent homogène, mais des indicateurs formatifs : un individu peut très bien croire fermement qu’une activité physique va améliorer son endurance (croyance favorable) tout en croyant avec autant de certitude qu’elle va réduire son temps de loisir familial (croyance défavorable), sans que cela n’invalide la pertinence de l’agrégat d’espérance-valeur.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de l’instrument a été vérifiée lors d’administrations répétées à des intervalles variant de deux semaines à un mois dans des contextes stables (en l’absence d’intervention persuasive). Les coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et les corrélations de Pearson test-retest s’établissent de manière constante entre $r = 0{,}68$ et $r = 0{,}86$, indiquant que les structures cognitives évaluées possèdent une robustesse dispositionnelle suffisante tant que les conditions environnementales demeurent inchangées.

9. Analyse factorielle

L’architecture factorielle du Questionnaire de la théorie du comportement planifié a fait l’objet d’examens psychométriques approfondis par analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC), permettant de valider l’indépendance et la structure interne des composantes.

Structure factorielle des mesures directes

Lors d’une extraction en composantes principales ou par le maximum de vraisemblance avec rotation oblique (Promax ou Oblimin, compte tenu de l’intercorrélation théorique attendue entre construits), les analyses factorielles exploratoires mettent systématiquement en évidence une solution à quatre facteurs majeurs expliquant typiquement entre 60 % et 75 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 : Intention comportementale (saturations factorielles des items comprises entre 0,78 et 0,92).
  • Facteur 2 : Attitude envers le comportement (saturations oscillant de 0,65 à 0,88 sur les différentiateurs sémantiques).
  • Facteur 3 : Contrôle comportemental perçu (saturations variant de 0,58 à 0,84).
  • Facteur 4 : Norme subjective (saturations situées entre 0,60 et 0,85).

Modélisation confirmatoire hiérarchique et sous-dimensions

Les modélisations factorielles confirmatoires (CFA) plus pointues menées par Ajzen, Fishbein et leurs collègues contemporains (notamment Rhodes & Courneya, 2003) ont clarifié l’existence de structures factorielles du second ordre ou de modèles corrélés à sous-facteurs :

  • Dédoublement de l’attitude : L’attitude se décompose de manière optimale en deux sous-facteurs fortement corrélés ($r \approx 0{,}55$ à $0{,}70$) : l’attitude instrumentale (axée sur la valeur cognitive) et l’attitude expérientielle (axée sur le plaisir sensoriel). Les indices d’ajustement du modèle CFA s’améliorent significativement lorsque ces deux sous-dimensions sont distinguées plutôt que contraintes à une dimensionnalité unique.
  • Dédoublement de la norme : De manière analogue, la distinction empirique entre la norme injonctive (approbation sociale morale) et la norme descriptive (comportement d’autrui pris comme étalon statistique) est supportée par des saturations factorielles croisées minimales ($< 0{,}15$), confirmant qu’il s’agit de deux réalités sociocognitives non redondantes.
  • Dédoublement du contrôle comportemental : Le contrôle perçu se subdivise fidèlement entre le sentiment d’auto-efficacité personnelle (capacité d’exécution face aux embûches) et le locus de contrôle perçu (autonomie et dépendance vis-à-vis des facteurs externes).

L’ensemble de ces modélisations factorielles confirme que si les construits partagent une part de variance commune légitime en raison de leur convergence dans le système cognitif humain, chaque échelle conserve une variance unique substantielle permettant d’éviter tout problème de multicolinéarité lors des régressions linéaires multiples ou des modélisations structurelles prédictives.

10. Instrument de mesure

Le Questionnaire de la théorie du comportement planifié se caractérise par des modalités d’administration et de cotation très rigoureuses :

  • Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (auto-rapport) utilisable en passation individuelle ou collective, sur support papier ou sous format numérique/en ligne.
  • Format des réponses : Échelles bipolaires en 7 points basées sur le principe du différentiateur sémantique d’Osgood ou échelles d’accord de type Likert en 7 points. Les ancrages extrêmes sont typiquement formulés sous la forme Extrêmement improbable (1) à Extrêmement probable (7), ou Extrêmement mauvais (-3) à Extrêmement bon (+3). L’échelle de cotation authentique documentée pour le protocole de recherche formative est : ive Research.
  • Nombre total d’items : Variable selon l’étendue de l’étude. Un protocole standard comprend généralement de 12 à 24 items de mesures directes (3 à 6 items par dimension) combinés à un ensemble de 10 à 30 paires d’items de croyances indirectes issues de la recherche formative.
  • Structure des composantes directes :
    • Attitude : 4 à 6 paires d’adjectifs bipolaires (ex. : mauvais/bon, désagréable/agréable, nocif/bénéfique).
    • Norme subjective : 3 à 5 items évaluant l’approbation sociale et le comportement d’autrui (ex. : la plupart des gens importants pour moi approuvent/désapprouvent).
    • Contrôle comportemental perçu : 3 à 6 items ciblant la facilité perçue et la maîtrise personnelle (ex. : confiant/non confiant, cela dépend de moi / cela ne dépend pas de moi).
    • Intention comportementale : 3 à 4 énoncés de résolution et de planification (ex. : j’ai l’intention de, je prévois de, je ferai l’effort de).
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Mesures directes : Après inversion des items inversés (pour neutraliser les biais d’acquiescement), les scores moyens de chaque dimension sont calculés individuellement. Les scores varient de 1 à 7, un score élevé indiquant une attitude plus favorable, une pression sociale perçue plus forte, un sentiment de contrôle supérieur ou une intention plus ferme.
    • Mesures indirectes (formulation espérance-valeur) : L’attitude indirecte est calculée par la formule $A = \sum (b_i \times e_i)$, où la force de croyance ($b_i$) est cotée sur une échelle unipolaire de 1 à 7, et l’évaluation du résultat ($e_i$) est cotée sur une échelle bipolaire de -3 à +3. Le produit résultant oscille entre -21 et +21 par croyance.
    • Norme indirecte : Calculée selon $SN = \sum (n_i \times m_i)$, où la croyance normative ($n_i$) est cotée de -3 à +3 (ou 1 à 7) et la motivation à se conformer ($m_i$) de 1 à 7.
    • Contrôle indirect : Calculé selon $PBC = \sum (c_i \times p_i)$, où l’occurrence du facteur ($c_i$) est cotée de 1 à 7 et la puissance d’inhibition/facilitation ($p_i$) de -3 à +3.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année d’introduction formelle du cadre TPB : 1991 (publication fondatrice d’Icek Ajzen dans Organizational Behavior and Human Decision Processes), consolidé par les manuels méthodologiques de Fishbein & Ajzen en 2010.
  • Statut du droit d’auteur et permissions : Le Questionnaire de la théorie du comportement planifié n’est pas un instrument commercial sous brevet propriétaire fermé. Il relève du domaine de la recherche académique ouverte. Le professeur Icek Ajzen autorise explicitement et gratuitement les chercheurs, cliniciens et étudiants à utiliser, construire, adapter et traduire des questionnaires fondés sur la TPB dans le cadre de projets d’enseignement et d’investigation scientifique, à condition de citer fidèlement les sources académiques de référence.
  • Tarifs : Gratuit pour une utilisation non commerciale et académique. Aucun honoraire d’exploitation ni licence payante n’est exigé par les auteurs.
  • Ressources méthodologiques officielles : L’ensemble des lignes directrices méthodologiques, des formulaires types et des foires aux questions pour la formulation des items est mis à disposition par le concepteur sur son portail institutionnel officiel : https://people.umass.edu/aizen/.

12. Références

Les publications fondatrices et méta-analyses majeures sous-tendant la théorie du comportement planifié et son instrumentation psychométrique sont répertoriées ci-dessous :

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: ive Research

  1. [Behavioral Belief 1 – Strength] My [performing the behavior] will help me stay in good physical condition: Extremely unlikely (1) to Extremely likely (7)
  2. [Outcome Evaluation 1] Staying in good physical condition is: Extremely bad (-3) to Extremely good (+3)
  3. [Behavioral Belief 2 – Strength] My [performing the behavior] will make me feel energized: Extremely unlikely (1) to Extremely likely (7)
  4. [Outcome Evaluation 2] Feeling energized is: Extremely bad (-3) to Extremely good (+3)
  5. [Behavioral Belief 3 – Strength] My [performing the behavior] will take away time from my family or work: Extremely unlikely (1) to Extremely likely (7)
  6. [Outcome Evaluation 3] Taking away time from family or work is: Extremely bad (-3) to Extremely good (+3)
  7. [Behavioral Belief 4 – Strength] My [performing the behavior] will cause me physical discomfort or fatigue: Extremely unlikely (1) to Extremely likely (7)
  8. [Outcome Evaluation 4] Experiencing physical discomfort or fatigue is: Extremely bad (-3) to Extremely good (+3)
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Looti, M. (2026, octobre 18). Questionnaire de la théorie du comportement planifié. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-la-theorie-du-comportement-planifie
Looti, Mohammed. “Questionnaire de la théorie du comportement planifié.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-la-theorie-du-comportement-planifie.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de la théorie du comportement planifié.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-la-theorie-du-comportement-planifie.