Questionnaire de conflit de rôle

Le Questionnaire de conflit de rôle (Hippler & Krüger, 1982) est un outil psychométrique multidimensionnel de 27 items évaluant cinq composantes du stress de rôle : surcharge de travail, déficits d’orientation, déficits de feedback, conflits professionnels et conflits d’émetteurs.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Le Questionnaire de conflit de rôle (connu dans la littérature germanophone sous l’appellation Rollenkonflikt-Fragebogen, RCQ ; développé initialement par Hippler et Krüger en 1982) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour opérationnaliser et quantifier de manière différentielle les tensions structurelles inhérentes aux rôles organisationnels. Élaboré en réponse aux limites des conceptualisations unidimensionnelles ou strictement dichotomiques des stresseurs de rôle, le RCQ s’écarte du modèle classique de Rizzo, House et Lirtzman (1970) en subdivisant l’espace conceptuel des dysfonctionnements de rôle en cinq dimensions spécifiques : (1) les problèmes quantitatifs de surcharge (surcharge de travail temporelle et quantitative), (2) les déficits d’orientation (ambiguïté entourant les directives, les règles et la délimitation des responsabilités), (3) les déficits de rétroaction (carence de feedback informatif et de reconnaissance de la part des supérieurs et des pairs), (4) les conflits professionnels (antagonisme entre l’éthique de métier, les qualifications individuelles et les contraintes bureaucratiques) et (5) les conflits d’émetteurs (injonctions contradictoires et intrusions décisionnelles provenant de multiples sources hiérarchiques).

L’instrument se compose de 27 items évalués à l’aide d’une échelle de réponse de type Likert en 5 points, allant de 1 (« ne s’applique pas du tout ») à 5 (« s’applique tout à fait »). Les analyses psychométriques initiales et de réplication démontrent une fidélité globale élevée (coefficient alpha de Cronbach global atteignant .88, les sous-échelles oscillant entre .63 et .88) et une remarquable stabilité temporelle évaluée par le test-retest (coefficients compris entre .88 et .90). La validité factorielle a été confirmée par des analyses en composantes principales mettant en évidence une solution à cinq facteurs expliquant une proportion substantielle de la variance, tandis que la validité critériée et convergente est attestée par des corrélations significatives avec des dimensions de la personnalité (mesurées via le Freiburger Persönlichkeitsinventar, FPI), l’engagement organisationnel et l’ancienneté professionnelle. Cet instrument s’impose ainsi comme un outil robuste pour le diagnostic ergonomique, la prévention des risques psychosociaux et la recherche en psychologie du travail et des organisations.

2. Mots-clés

Conflit de rôle, ambiguïté de rôle, surcharge de travail, déficit de rétroaction, conflit d’émetteurs, éthique professionnelle, psychométrie organisationnelle, stress au travail, théorie des rôles, santé au travail, ergonomie organisationnelle, évaluation psychologique.

3. Auteurs

Le Questionnaire de conflit de rôle a été conceptualisé et validé par les chercheurs allemands Hans-Jürgen Hippler et Wilhelm Krüger (1982), dans le cadre de leurs travaux universitaires et appliqués sur la socialisation professionnelle, la transition de carrière et l’analyse structurelle des contraintes de travail. Leurs recherches s’inscrivent dans la continuité des travaux conduits au sein de l’Université de Mannheim et d’autres institutions de recherche sociologique et psychologique ouest-allemandes (notamment en association avec les travaux de Kieser, Althauser, Krüger et Krüger, 1980).

Hippler a par la suite acquis une renommée internationale majeure en méthodologie des sciences sociales et en psychologie cognitive appliquée aux enquêtes par sondage au Centre de recherche sur les sondages, la méthodologie et l’analyse des données (GESIS – Leibniz-Institut für Sozialwissenschaften) à Mannheim. Wilhelm Krüger s’est quant à lui concentré sur la psychologie organisationnelle, l’intégration des nouveaux collaborateurs au sein des structures industrielles et tertiaires, et la dynamique des conflits intra-organisationnels.

4. Objectif

L’objectif fondamental du Questionnaire de conflit de rôle est de fournir une mesure standardisée, quantitative et multidimensionnelle des stresseurs de rôle perçus au sein de l’environnement professionnel. L’instrument a été conçu à partir du postulat théorique selon lequel les difficultés d’intégration professionnelle, la baisse de performance et le désengagement des salariés ne résultent pas principalement de déficits individuels (tels qu’un manque de compétences, de connaissances ou de motivation intrinsèque), mais trouvent leur origine prépondérante dans des caractéristiques structurelles propres à l’organisation du travail et à la définition des postes.

Dans le domaine de la recherche en psychologie organisationnelle, le questionnaire permet de tester des modèles prédictifs complexes du stress au travail, de l’épuisement professionnel (burnout), du roulement du personnel (turnover) et du déclin de l’engagement organisationnel. L’approche multidimensionnelle répond au constat dressé par Miles (1976), qui soulignait que deux salariés obtenant des scores identiques sur une échelle globale de conflit ou d’ambiguïté de rôle peuvent être confrontés à des réalités de travail radicalement hétérogènes : l’un peut subir une surcharge quantitative intenable malgré des directives limpides, tandis que l’autre peut faire face à des directives totalement contradictoires de la part de multiples superviseurs dans un climat de sous-charge de travail.

Sur le plan des applications organisationnelles et du conseil clinique du travail, le RCQ constitue un outil de diagnostic ergonomique et managérial de premier plan. Il intervient notamment dans les contextes suivants :

  • Diagnostic des risques psychosociaux (RPS) : identification ciblée des départements, unités opérationnelles ou catégories professionnelles exposées à une incongruence de rôle aiguë.
  • Accompagnement des transitions professionnelles : évaluation des difficultés d’adaptation des nouveaux embauchés ou des salariés en mobilité interne lors de la phase critique d’intégration.
  • Conception et restructuration des postes : clarification des attributions, réorganisation des chaînes de commandement pour éliminer les mandats contradictoires et optimisation des flux d’information descendante et ascendante.
  • Développement managérial : sensibilisation des cadres à l’impact délétère des styles de supervision évitants, imprévisibles ou conflictuels sur la perception de clarté de rôle de leurs collaborateurs.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique central évalué par l’instrument est le conflit de rôle organisationnel, opérationnalisé non pas comme un phénomène monolithique, mais comme un ensemble articulé de cinq dysfonctionnements structuraux perçus par le titulaire du poste :

1. Problèmes quantitatifs de surcharge (Quantitative Auslastungsprobleme / Quantitative Überlastungsprobleme)

Cette dimension renvoie à la discordance fondamentale entre le volume prescrit des tâches professionnelles et les ressources temporelles, humaines ou matérielles disponibles pour les accomplir convenablement. Elle englobe à la fois la charge de travail purement quantitative (quantité de dossiers, cadences, délais restreints), la dispersion cognitive induite par l’obligation de traiter de multiples tâches simultanément (multitasking contraint) et l’empiètement récurrent de l’activité professionnelle sur la sphère privée par le biais d’heures supplémentaires obligatoires ou du travail rapporté au domicile durant les soirs et les fins de semaine.

2. Déficits d’orientation (Orientierungsdefizite)

Les déficits d’orientation correspondent à l’ambiguïté de rôle structurelle. Cette sous-échelle saisit l’écart critique entre les besoins d’information d’un travailleur et l’information formelle effectivement accessible quant aux contenus de son poste, aux règles et procédures de l’entreprise, aux marges de manœuvre décisionnelles et aux limites précises de son périmètre de responsabilité. Un score élevé sur cette dimension reflète l’opacité des critères d’évaluation, le flou des priorités d’action et la précarité des repères opérationnels nécessaires à une exécution autonome et sécurisante du travail.

3. Déficits de rétroaction (Feedback-Defizite)

Ce construit traduit la pénurie de signaux évaluatifs, régulateurs et motivants relatifs à la qualité et à l’efficacité du travail accompli. L’absence de rétroaction constructive prive le collaborateur des mécanismes d’apprentissage par ajustement et de confirmation de sa valeur professionnelle. Cette dimension explore tant l’absence de retour formel et informel de la part de la hiérarchie directe (incapacité à savoir si la hiérarchie est satisfaite ou mécontente) que l’incertitude quant à la reconnaissance des compétences et à l’acceptation par le groupe de pairs et les collègues de travail.

4. Conflits professionnels (Professionskonflikte)

Les conflits professionnels capturent la divergence axiologique et qualitative entre les aspirations, les standards déontologiques, l’expertise et le niveau de qualification du travailleur d’une part, et les exigences concrètes, souvent étriquées ou ultra-bureaucratisées, imposées par l’organisation d’autre part. Cette dimension est particulièrement prégnante chez les spécialistes hautement qualifiés (ingénieurs, scientifiques, professionnels de santé) confrontés à des environnements rigides qui entravent l’autonomie, brident l’application des compétences acquises et contraignent l’individu à exécuter des tâches en deçà de son éthique ou de ses capacités techniques.

5. Conflits d’émetteurs (Senderkonflikte)

Inspirée directement des travaux canoniques de Kahn et al. (1964), cette dimension représente les tensions découlant directement d’une inadéquation ou d’une incohérence dans le comportement des « émetteurs de rôle » (role senders), principalement les supérieurs hiérarchiques. Elle se manifeste par des ordres incompatibles émanant de deux ou plusieurs figures d’autorité (conflits inter-émetteurs), des ingérences intempestives et non coordonnées dans le déroulement des tâches, des réactions managériales imprévisibles (sanctions ou félicitations arbitraires et hors de propos) et une propension de la hiérarchie à esquiver ses responsabilités décisionnelles lors de l’apparition de crises ou de dysfonctionnements.

6. Cadre théorique

L’assise conceptuelle du Questionnaire de conflit de rôle repose principalement sur la théorie des rôles appliquée aux organisations, initiée dans les travaux fondateurs de Kahn, Wolfe, Quinn, Snoek et Rosenthal (1964) au sein de l’Institute for Social Research de l’Université du Michigan. Selon ce cadre théorique, toute organisation s’apparente à un réseau dynamique de rôles interconnectés où chaque poste de travail est soumis à un faisceau d’attentes comportementales formulées par divers partenaires de rôle (role set : supérieurs, subordonnés, collègues, clients).

Kahn et ses collaborateurs ont établi que lorsque les attentes adressées au titulaire d’un rôle sont floues, contradictoires, mutuellement exclusives ou quantitativement impossibles à satisfaire, l’individu se trouve plongé dans un état de stress chronique générateur d’anxiété, d’insatisfaction professionnelle et de troubles somatiques. Par la suite, Rizzo, House et Lirtzman (1970) ont développé une échelle pionnière articulée autour de deux axes : le conflit de rôle (incompatibilité entre des exigences simultanées) et l’ambiguïté de rôle (manque de prévisibilité et de clarté quant aux conséquences de ses actions et aux directives de travail).

Bien que le modèle de Rizzo et al. ait dominé la littérature anglo-saxonne, des révisions critiques ont rapidement vu le jour. Johnson et Stinson (1975) ont proposé une révision méthodologique du questionnaire de Rizzo et al. en démontrant la nécessité d’affiner les construits et de mieux contrôler la variance de méthode. Parallèlement, Robert H. Miles (1976) a mis en lumière l’extrême hétérogénéité sous-jacente aux scores globaux de conflit : il a démontré que les salariés différencient nettement les conflits d’orientations éthiques, les conflits nés de la surcharge de travail et les conflits issus de rivalités hiérarchiques.

En s’appuyant sur les travaux empiriques de Kieser, Althauser, Krüger et Krüger (1980) portant sur des entretiens semi-directifs menés auprès de personnes en transition de poste (Stellenwechsler), Hippler et Krüger (1982) ont formulé l’hypothèse centrale du RCQ : les difficultés d’intégration organisationnelle s’expliquent fondamentalement par l’inadéquation des structures formelles de l’entreprise. En fusionnant les raffinements psychométriques de Johnson et Stinson (1975) et la différenciation empirique de Miles (1976), ils ont matérialisé un modèle à cinq facteurs qui transcende la dichotomie originelle « conflit vs ambiguïté » pour saisir l’écosystème global des stresseurs de rôle au travail.

7. Validité

La validité psychométrique du Questionnaire de conflit de rôle a été explorée à travers de multiples démarches empiriques englobant la validité de contenu, la validité de construit et la validité critériée (Hippler & Krüger, 1982) :

Validité de contenu et d’élaboration des items

La validité de contenu a été garantie par une phase préalable d’investigation qualitative approfondie. Les items ont été dérivés d’entretiens guidés réalisés auprès de 53 salariés ayant récemment changé d’emploi ou de poste au sein d’organisations diverses (Kieser et al., 1980). Cette approche a permis d’extraire des formulations écologiques ancrées dans le vécu réel des travailleurs, couvrant exhaustivement les zones de friction entre l’individu et l’appareil organisationnel.

Validité convergente et divergente avec des traits de personnalité

La validité de construit a été analysée en confrontant les dimensions du RCQ aux traits de personnalité mesurés par le Freiburger Persönlichkeitsinventar (FPI ; Fahrenberg, Selg & Hampel, 1973). Les résultats mettent en évidence un pattern théoriquement congruent :

  • Les traits Ouverture (Offenheit), Extraversion (Extraversion) et Sociabilité (Geselligkeit) du FPI corrèlent positivement de façon significative avec la perception des Problèmes quantitatifs de surcharge. Ce résultat suggère que les individus les plus sociables et extravertis ont tendance à attirer ou à assumer davantage d’engagements relationnels et opérationnels, amplifiant ainsi leur perception de contrainte temporelle.
  • La dimension d’Inhibition (Gehemmtheit) du FPI est corrélée négativement avec les Conflits professionnels, indiquant que les salariés les moins inhibés expriment plus ouvertement leurs exigences de valorisation de leurs qualifications face aux règles bureaucratiques.
  • L’Excitabilité / Irritabilité (Erregbarkeit) présente une corrélation positive marquée avec l’intensité des Conflits d’émetteurs perçus, confirmant que les comportements managériaux incohérents ou intrusifs résonnent particulièrement chez les collaborateurs dotés d’une réactivité émotionnelle élevée.

Validité critériée liée à l’engagement organisationnel et à l’ancienneté

L’instrument démontre une excellente validité critériée concurrente et prédictive :

  • Engagement organisationnel (Commitment) : des analyses de variance révèlent des contrastes de moyennes hautement significatifs. Les salariés rapportant des niveaux élevés de problèmes de surcharge quantitative, de déficits de rétroaction ou de conflits professionnels présentent des niveaux d’engagement envers l’organisation substantiellement plus faibles que leurs pairs peu exposés à ces stresseurs.
  • Expérience professionnelle et socialisation : la dimension des Déficits d’orientation discrimine parfaitement les salariés débutants (Berufsanfänger) des professionnels confirmés. Les premiers manifestent un déficit d’orientation beaucoup plus accentué, ce qui corrobore la sensibilité du questionnaire aux étapes du cycle de socialisation organisationnelle.
  • Invariance selon le genre : aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre hommes et femmes sur l’intensité perçue des cinq types de conflits, attestant de l’équivalence de mesure de l’instrument à travers le genre.

8. Fidélité

Les caractéristiques de fidélité du Questionnaire de conflit de rôle ont été évaluées sur plusieurs échantillons successifs représentatifs du monde de l’entreprise et des administrations publiques :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

La cohérence interne globale du questionnaire est excellente, avec un coefficient alpha de Cronbach de .88 pour l’ensemble des 27 items. Au niveau des sous-échelles individuelles, les coefficients de consistance interne présentent des valeurs très satisfaisantes à excellentes au regard du nombre restreint d’items par dimension :

  • Problèmes quantitatifs de surcharge : α = .83
  • Déficits d’orientation : α = .80
  • Feedback-Déficits : α = .78
  • Conflits professionnels : α = .70
  • Conflits d’émetteurs : α = .63

Fidélité temporelle (Test-Retest)

La stabilité temporelle a été testée auprès d’une cohorte d’employés techniques et administratifs réinterrogés à un intervalle de trois mois (échantillons 2 et 3, N = 100 et N = 99), puis lors d’un suivi longitudinal prolongé à un an sur un sous-groupe (N = 45). Les coefficients de fidélité test-retest se situent entre .88 et .90 pour l’échelle totale, attestant d’une remarquable constance des mesures dans le temps tout en demeurant réceptifs aux modifications structurelles effectives de l’environnement de travail.

Homogénéité et indices de discrimination des items

Les corrélations item-total corrigées (indices de discrimination ou Trennschärfe) calculées sur l’échantillon 3 (N = 99) oscillent entre .35 et .66. L’écrasante majorité des items présente des indices de discrimination supérieurs à .45 (par exemple : Item 05 = .62 ; Item 09 = .62 ; Item 19 = .60 ; Item 22 = .63 ; Item 24 = .66), démontrant une contribution robuste de chaque énoncé à la variance de son domaine théorique respectif.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle du questionnaire a été validée par une série d’analyses en composantes principales (ACP) suivies de rotations orthogonales selon le critère Varimax, réalisées notamment auprès de l’échantillon d’employés du secteur marchand (N = 99) :

Structure et variance expliquée

L’analyse factorielle a mis en évidence une solution optimale à cinq facteurs principaux, confirmant l’architecture théorique postulée par Hippler et Krüger. Ces cinq facteurs rendent compte conjointement de 48,0 % de la variance totale des scores, ce qui représente un niveau d’explication substantiel dans le champ des mesures d’attitudes organisationnelles. La répartition de la variance expliquée par chaque composante se décline comme suit :

Facteur Dimension du conflit Part de variance expliquée (%)
Facteur I Problèmes quantitatifs de surcharge 51,9 % de la variance commune
Facteur II Déficits d’orientation 20,5 % de la variance commune
Facteur III Déficits de rétroaction 10,5 % de la variance commune
Facteur IV Conflits professionnels 9,3 % de la variance commune
Facteur V Conflits d’émetteurs 8,3 % de la variance commune

Le premier facteur extrait capte la part prépondérante de la variance liée aux contraintes opérationnelles immédiates (rythme et volume), tandis que les facteurs subséquents découpent avec une remarquable netteté les composantes cognitives (orientation), interactionnelles (feedback), axiologiques (conflit de métier) et hiérarchiques (émetteurs conflictuels).

10. Instrument de mesure

Le Questionnaire de conflit de rôle se présente sous la forme d’un inventaire psychométrique structuré auto-administré :

  • Type de passation : auto-questionnaire individuel ou collectif, disponible sous format papier-crayon ou administrable par plateforme électronique d’enquête psychologique.
  • Nombre total d’items : 27 énoncés concis décrivant diverses situations de travail concrètes.
  • Temps moyen de passation : environ 8 à 12 minutes pour un répondant adulte.
  • Format et échelle de réponse : le format standardisé repose sur une échelle de Likert en 5 points verbalisée :
    • 1 = trifft überhaupt nicht zu (ne s’applique pas du tout)
    • 2 = trifft kaum zu (ne s’applique presque pas)
    • 3 = trifft mittelmäßig zu (s’applique moyennement)
    • 4 = trifft weitgehend zu (s’applique largement)
    • 5 = trifft vollkommen zu (s’applique tout à fait)
  • Structure des sous-échelles :
    • 1. Problèmes quantitatifs de surcharge : Items 1, 6, 11, 16, 21, 26 (6 items)
    • 2. Déficits d’orientation : Items 2, 7, 12, 17, 22, 27 (6 items)
    • 3. Déficits de rétroaction : Items 3, 8, 13, 18, 23 (5 items)
    • 4. Conflits professionnels : Items 4, 9, 14, 19, 24 (5 items)
    • 5. Conflits d’émetteurs : Items 5, 10, 15, 20, 25 (5 items)
  • Procédure de calcul des scores :

    Chaque sous-échelle fait l’objet d’un score moyen ou d’un total non pondéré. Plusieurs énoncés formulés de manière positive (orientations claires, présence de règles, adéquation de la formation ou du feedback) font l’objet d’un score inversé (reverse scoring) avant agrégation, de sorte qu’une valeur numérique élevée reflète systématiquement une intensité supérieure du conflit ou du déficit perçu. Les moyennes obtenues par sous-échelle permettent d’établir un profil diagnostique individualisé ou organisationnel (Radar Chart des stresseurs de rôle).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

Le Questionnaire de conflit de rôle a été formalisé et diffusé initialement en 1982 par Hans-Jürgen Hippler et Wilhelm Krüger. En tant qu’instrument académique documenté dans la littérature scientifique germanophone ouverte (notamment répertorié dans les recueils d’instruments psychométriques du ZPID – Leibniz-Zentrum für Psychologische Information und Dokumentation), le questionnaire est libre d’accès pour les chercheurs et les praticiens dans le cadre d’études scientifiques et d’applications cliniques ou diagnostiques non commerciales.

Aucune redevance ni coût d’acquisition de licence commerciale n’est requis pour la reproduction des items dans des contextes de recherche académique. Cependant, conformément aux standards éthiques de l’APA et de la Société Allemande de Psychologie (DGPs), toute utilisation de l’instrument doit explicitement citer les auteurs originaux et leurs travaux fondamentaux de 1982. Les entreprises et cabinets de conseil souhaitant intégrer l’échelle à des suites logicielles propriétaires ou des diagnostics organisationnels payants doivent veiller au respect des droits patrimoniaux associés aux publications d’origine.

12. Références

Fahrenberg, J., Selg, H., & Hampel, R. (1973). Das Freiburger Persönlichkeitsinventar FPI: Handanweisung für die Durchführung und Auswertung. Hogrefe.

Hippler, H.-J., & Krüger, W. (1982). Rollenkonflikt-Fragebogen: Entwicklung und Erprobung eines Meßinstruments (ZUMA-Arbeitsbericht Nr. 1982/13). Zentrum für Umfragen, Methoden und Analysen – ZUMA -. https://www.gesis.org/

Johnson, T. W., & Stinson, J. E. (1975). Role ambiguity, role conflict, and satisfaction: Moderating effects of individual differences. Journal of Applied Psychology, 60(3), 329–333. https://doi.org/10.1037/h0076754

Kahn, R. L., Wolfe, D. M., Quinn, R. P., Snoek, J. D., & Rosenthal, R. A. (1964). Organizational stress: Studies in role conflict and ambiguity. John Wiley & Sons.

Kieser, A., Althauser, U., Krüger, W., & Krüger, M. (1980). Sozialisation von Hochschulabsolventen beim Eintritt in das Berufsleben (Forschungsbericht). Universität Mannheim.

Kieser, A., Althauser, U., Krüger, W., & Krüger, M. (1981). Die betriebliche Sozialisation von Hochschulabsolventen: Ein empirischer Vergleich von Ingenieuren und Wirtschaftswissenschaftlern. Zeitschrift für Arbeits- und Organisationspsychologie, 25(4), 169–181.

Krüger, W. (1983). Eintritt in das Berufsleben: Eine empirische Untersuchung zur betrieblichen Sozialisation von Hochschulabsolventen. Campus Verlag.

Magnusson, D. (1975). Testtheorie. Vandenhoeck & Ruprecht.

Miles, R. H. (1976). A comparison of the relative impacts of role perceptions of ambiguity and conflict by role. Academy of Management Journal, 19(1), 25–35. https://doi.org/10.5465/255770

Rizzo, J. R., House, R. J., & Lirtzman, S. I. (1970). Role conflict and ambiguity in complex organizations. Administrative Science Quarterly, 15(2), 150–163. https://doi.org/10.2307/2391486

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: 5-stufige Likert-Skala: 1 = trifft überhaupt nicht zu, 2 = trifft kaum zu, 3 = trifft mittelmäßig zu, 4 = trifft weitgehend zu, 5 = trifft vollkommen zu

  1. Es wird von mir verlangt, dass ich zu viele Dinge auf einmal erledige.
  2. Ich weiß genau, was von mir bei der Arbeit erwartet wird.
  3. Wenn ich gute Arbeit geleistet habe, erfahre ich das auch von meinen Vorgesetzten.
  4. Meine beruflichen Wertvorstellungen stimmen mit den Zielen meiner Organisation überein.
  5. Ich erhalte widersprüchliche Anweisungen von verschiedenen Personen.
  6. Ich habe das Gefühl, dass das Arbeitspensum, das mir abverlangt wird, zu hoch ist.
  7. Die Richtlinien und Verfahren, die für meine Arbeit gelten, sind klar definiert.
  8. Ich erhalte regelmäßig Rückmeldungen darüber, wie wirksam oder gut ich meine Arbeit mache.
  9. Manchmal muss ich Dinge tun, die meiner beruflichen Überzeugung widersprechen.
  10. Ich erhalte Aufträge ohne die dazu erforderlichen Mittel und Materialien zur Ausführung.
  11. Die mir zur Verfügung stehende Zeit reicht nicht aus, um meine Aufgaben sorgfältig zu erledigen.
  12. Ich weiß, wo meine Verantwortungsbereiche aufhören und wo die anderer anfangen.
  13. Es fehlt mir an Rückmeldung über den Erfolg meiner geleisteten Arbeit.
  14. Meine beruflichen Standards werden durch die Vorgaben des Betriebes beeinträchtigt.
  15. Ich muss unter Bedingungen arbeiten, bei denen verschiedene Vorgesetzte Gegensätzliches von mir fordern.
  16. Wegen der Fülle der Aufgaben muss ich häufig Überstunden leisten.
  17. Die Prioritäten meiner verschiedenen Aufgaben sind mir völlig klar.
  18. Mir wird mitgeteilt, wenn meine Arbeitsleistung unzureichend ist.
  19. Um meine Aufgaben zu erfüllen, muss ich Regeln verletzen, die mir als Fachkraft eigentlich wichtig sind.
  20. Ich muss Anforderungen genügen, die miteinander unvereinbar sind.
  21. Der Termindruck bei meiner Arbeit ist oft kaum zu bewältigen.
  22. Meine Aufgaben und Zuständigkeiten sind klar und unmissverständlich geregelt.
  23. Ich tappe oft im Dunkeln darüber, wie meine Arbeit von anderen beurteilt wird.
  24. Die Erwartungen des Unternehmens an meine Rolle widersprechen meinem professionellen Ethos.
  25. Ich befinde mich oft in der Zwickmühle zwischen den Anforderungen verschiedener Personen oder Gruppen.
  26. Ich habe zu viel Arbeit für die reguläre Arbeitszeit.
  27. Es ist mir völlig klar, nach welchen Kriterien meine Arbeitsergebnisse bewertet werden.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 16). Questionnaire de conflit de rôle. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-conflit-de-role
Looti, Mohammed. “Questionnaire de conflit de rôle.” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-conflit-de-role.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de conflit de rôle.” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-de-conflit-de-role.