1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire de compassion envers autrui (Compassion Questionnaire towards Others [CQO] ; Khoury, Vergara, Spinelli et al., 2023) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé afin d’opérationnaliser et d’évaluer de manière rigoureuse les compétences compassionnelles dirigées vers les tiers. Conçu en parallèle avec le Compassion Questionnaire towards Self (CQS), le CQO repose sur une conceptualisation multidimensionnelle intégrant les composantes affectives, cognitives, comportementales et interpersonnelles de la compassion. Contrairement aux approches qui réduisent la compassion à un trait de personnalité immuable ou à une simple réponse émotionnelle de détresse empathique, les concepteurs du CQO la définissent comme un ensemble cohérent d’aptitudes et d’habiletés modulables, susceptibles d’être cultivées par l’entraînement attentionnel, la pratique méditative et les interventions thérapeutiques ciblées.
Le processus initial d’élaboration des items s’est appuyé sur une démarche collaborative impliquant un comité d’étudiants gradués et un panel d’experts du domaine de la psychologie clinique et de la pleine conscience. À partir d’une version préliminaire comprenant 36 items évaluant les quatre composantes théoriques initiales, une série d’analyses psychométriques conduites auprès de trois échantillons d’adultes canadiens (composés d’étudiants universitaires et d’individus de la population générale) a permis d’isoler une structure factorielle optimale et robuste. La version définitive du CQO compte ainsi 19 items distribués au sein de trois dimensions distinctes mais interconnectées : Penser et ressentir avec compassion (qui fusionne les dimensions cognitive et affective initiales), Connexion avec autrui (dimension interpersonnelle) et Agir avec compassion (dimension comportementale).
Les items sont évalués à l’aide d’une échelle ordinale de type Likert en 5 points, allant de 1 (« presque jamais ») à 5 (« presque toujours »). Sur le plan psychométrique, le CQO présente une cohérence interne élevée, attestée par des coefficients alpha de Cronbach globaux et des coefficients oméga de McDonald oscillant entre 0,86 et 0,92. L’analyse factorielle confirmatoire corrobore la validité structurelle du modèle tridimensionnel avec des indices d’adéquation satisfaisants (CFI = 0,91 ; TLI = 0,90 ; RMSEA = 0,08 ; SRMR = 0,05). De plus, l’outil démontre une excellente validité de construit, attestée par des corrélations positives significatives avec la régulation émotionnelle, une indépendance relative vis-à-vis des mesures de pleine conscience (mindfulness), et des associations quasi nulles ou négatives avec les mesures de détresse psychologique et de psychopathologie générale.
2. Mots-clés / Keywords
Compassion envers autrui, pensée et ressenti compassionnels, connexion sociale, action compassionnelle, comportement prosocial, psychométrie, régulation des émotions, thérapie fondée sur la compassion, relations interpersonnelles, empathie cognitive, évaluation psychologique, validation d’échelle, santé mentale.
3. Auteurs / Authors
Le Questionnaire de compassion envers autrui (CQO) a été conçu et validé par une équipe de chercheurs spécialisés en psychologie clinique, en psychométrie et dans les interventions basées sur la pleine conscience :
- Bassam Khoury, Ph.D. : Professeur agrégé, Département de psychopédagogie et de counseling (Department of Educational and Counselling Psychology), Université McGill, Montréal, Québec, Canada. Courriel institutionnel : [email protected]. Adresse de correspondance : Université McGill, Département de psychopédagogie et de counseling, 3700 rue McTavish, Montréal, Québec, H3A 1Y2, Canada.
- Rodrigo C. Vergara, Ph.D. : Chercheur et enseignant, Faculté de psychologie et des sciences humaines (Facultad de Psicología y Humanidades), Universidad San Sebastián, Santiago, Chili.
- Christina Spinelli, Ph.D. : Chercheuse postdoctorale et clinicienne, Département de psychopédagogie et de counseling, Université McGill, Montréal, Québec, Canada.
4. Objectif / Purpose
Fondements et vocation générale
L’objectif fondamental du Compassion Questionnaire towards Others (CQO) est d’opérationnaliser la compassion interpersonnelle sous la forme d’un construit psychologique précis, différencié et mesurable empiriquement. Historiquement, la littérature scientifique sur la compassion a souffert d’un flou conceptuel marqué, la compassion étant tour à tour assimilée à l’empathie, à la sympathie, à la pitié, à l’altruisme ou à une sous-composante de la pleine conscience (mindfulness). Les auteurs du CQO ont cherché à résoudre cette ambiguïté épistémologique en concevant une échelle qui saisit explicitement la compassion en tant qu’ensemble de compétences pragmatiques, réparties sur les registres affectif, cognitif, relationnel et comportemental. L’instrument vise à mesurer la manière dont un individu reconnaît la souffrance d’autrui, s’y connecte sur le plan émotionnel sans être submergé, adopte une perspective bienveillante et s’engage concrètement dans des actions visant à soulager cette détresse.
Indépendance conceptuelle vis-à-vis de la pleine conscience
Un objectif théorique central présidant au développement du CQO a été de dissocier empiriquement la compassion de la pleine conscience. Bien que plusieurs approches contemporaines issues de la « troisième vague » des thérapies cognitivo-comportementales considèrent la compassion comme un produit dérivé ou une facette intrinsèque de la présence attentive, Khoury et ses collaborateurs (2023) ont posé l’hypothèse que la compassion envers autrui mobilise des mécanismes d’affiliation, de prosocialité et de motivation au soin (caregiving system) qui ne se réduisent pas à la simple régulation attentionnelle non-jugeante du moment présent. L’objectif était donc d’offrir aux chercheurs un outil capable de capter ces compétences prosociales spécifiques sans redondance d’items avec les échelles de pleine conscience établies (telles que le FFMQ ou le MAAS).
Applications en recherche et en pratique clinique
Dans le domaine de la recherche, le CQO est conçu pour évaluer l’efficacité des protocoles d’entraînement à la compassion, tels que le Compassionate Mind Training (CMT), le Mindful Self-Compassion (MSC), ou encore la méditation de bienveillance et de compassion (Metta et Karuna). Il permet de mesurer avec finesse si ces interventions améliorent uniformément les compétences intrapersonnelles (auto-compassion évaluée par le CQS) et les compétences prosociales dirigées vers autrui (évaluées par le CQO).
Sur le plan clinique, l’outil permet d’établir un profil individualisé des déficits ou des forces compassionnelles d’un patient. Par exemple, certains consultants peuvent manifester une disposition cognitive et affective aiguë face à la détresse d’autrui, tout en présentant un blocage sévère au niveau du passage à l’acte prosocial (dimension Agir avec compassion) en raison d’un épuisement empathique ou de croyances inadaptées. À l’inverse, d’autres individus peuvent adopter des comportements d’aide mécaniques ou compulsifs tout en ressentant une déconnexion interpersonnelle profonde (dimension Connexion avec autrui). Le CQO fournit ainsi une cartographie diagnostique fine pour orienter la psychothérapie.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de compassion envers autrui au sein du CQO est formalisé selon une approche intégrative multidimensionnelle. Initialement conceptualisé à travers quatre composantes (affective, cognitive, interpersonnelle et comportementale), le modèle validé expérimentalement s’est cristallisé autour de trois facteurs robustes totalisant 19 items :
1. Penser et ressentir avec compassion (Thinking and feeling compassionately)
Cette sous-échelle réunit les processus cognitifs et émotionnels mobilisés face à la souffrance d’autrui. Sur le plan cognitif, elle évalue la décentration, la prise de perspective empathique et l’absence de jugement moralisant immédiat à l’égard de la détresse d’un tiers. L’individu est capable d’appréhender le contexte de vie d’autrui sans verser dans la réprobation punitive. Sur le plan affectif, cette dimension mesure la résonance émotionnelle chaleureuse, la tendresse et la sensibilité au vécu douloureux d’autrui, tout en maintenant une différenciation de soi à autrui suffisante pour prévenir la détresse personnelle aversive (sur-identification). Par exemple, cette dimension capture la tendance à accueillir intérieurement le désarroi d’une personne avec sollicitude plutôt qu’avec irritation ou indifférence froide.
2. Connexion avec autrui (Connection with others)
Héritière de la composante interpersonnelle initiale et du concept d’humanité commune (common humanity), cette dimension saisit le sentiment de reliance fondamentale liant l’observateur aux autres êtres humains dans leur vulnérabilité partagée. Elle mesure la capacité à percevoir que l’imperfection, les erreurs et la souffrance font partie intégrante de la condition humaine, ce qui immunise le sujet contre l’isolement relationnel, la condescendance ou l’aliénation sociale. Un score élevé sur cette échelle indique que l’individu perçoit les difficultés d’autrui non pas comme une anomalie isolée ou une marque de faiblesse méprisable, mais comme une manifestation universelle qui rapproche les individus au lieu de les séparer.
3. Agir avec compassion (Acting compassionately)
Cette composante comportementale traduit la motivation prosociale orientée vers le soulagement effectif de la détresse. Avoir des pensées bienveillantes ou éprouver de l’empathie ne constitue pas l’aboutissement de la compassion si ces états internes ne se traduisent pas par une impulsion ou une action pragmatique. Cette dimension évalue la disposition active à offrir du soutien matériel, émotionnel ou pratique, à consacrer du temps, ou à intervenir de manière courageuse lorsque quelqu’un traverse une crise. Elle saisit le franchissement du seuil séparant la contemplation passive de la souffrance de l’engagement prosocial direct.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’approche évolutionniste et motivationnelle de Paul Gilbert
Le CQO s’ancre profondément dans la théorie de l’esprit compassionnel développée par le psychologue britannique Paul Gilbert, fondateur de la Compassion Focused Therapy (CFT). Selon ce cadre théorique évolutionniste, le cerveau humain dispose d’au moins trois grands systèmes de régulation motivationnelle et émotionnelle :
- Le système de détection des menaces et d’auto-protection (associé à l’axe limbique, à la colère, à la peur et aux conduites d’évitement ou d’agression) ;
- Le système de recherche de ressources et de gratification (orienté vers la motivation d’accomplissement, piloté par la dopamine) ;
- Le système d’apaisement, de soin et d’affiliation (soothing and affiliation system), articulé autour des voies ocytocinergiques et opiacées endogènes.
Dans la perspective de la CFT, la compassion n’est pas une simple émotion passagère, mais une motivation fondamentale issue de l’évolution des soins parentaux chez les mammifères. Elle requiert le courage de s’orienter vers la douleur (du soi ou d’autrui) associé à un dévouement sincère pour tenter de la guérir ou de l’atténuer. Le CQO traduit opérationnellement ces deux pôles du modèle de Gilbert : la sensibilité réceptive (reconnaissance et tolérance de la souffrance, reflétée dans la dimension Penser et ressentir) et la détermination agentique (reflétée dans la dimension Agir).
Modèles sociocognitifs et neurosciences affectives
L’architecture du CQO dialogue également avec les travaux en neurosciences sociales menés par Tania Singer et son équipe à l’Institut Max Planck. Ces recherches ont mis en lumière une distinction neurobiologique cruciale entre l’empathie (le fait de ressentir l’état affectif d’autrui, médié par le cortex insulaire antérieur et le cortex cingulaire antérieur dorsal) et la compassion (un sentiment de bienveillance prosociale médié par le striatum ventral et le cortex orbitofrontal). Lorsque la résonance empathique n’est pas modulée par la compassion, elle peut dégénérer en détresse empathique (empathic distress), entraînant repli sur soi et épuisement relationnel. En intégrant des items axés sur la connexion bienveillante et l’action constructive, le CQO cible directement le réseau de la compassion plutôt que celui de la simple contagion émotionnelle toxique.
Différenciation Soi-Autrui et Théorie de l’Attachement
Enfin, le questionnaire s’appuie sur la théorie de l’attachement de John Bowlby. Une compassion saine envers autrui requiert une sécurité interne permettant d’aborder la souffrance de l’autre sans que celle-ci ne vienne déstabiliser l’intégrité du soi. La dimension Connexion avec autrui formalise cette proximité sécurisante qui reconnaît l’interdépendance sans fusion identitaire.
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique du CQO par Khoury, Vergara et Spinelli (2023) a fait l’objet d’un protocole méthodologique exhaustif mené sur trois cohortes d’adultes canadiens, comprenant des étudiants de niveau universitaire et des volontaires issus de la population générale.
Validité de contenu
La validité de contenu a été garantie dès la phase initiale de conception par un processus d’expertise en double aveugle. Des panels d’experts en psychologie et de doctorants ont examiné les 36 items originaux afin d’évaluer leur lisibilité, leur pertinence conceptuelle univoque et leur absence de biais de désirabilité sociale outrancier. Les items ambigus ou présentant des recouvrements sémantiques entre cognitions et comportements ont été éliminés ou reformulés pour assurer une granularité psychométrique maximale.
Validité de construit et structurale
La validité structurale a été établie par une démarche combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC) sur des sous-échantillons scindés (split-half validation). Les résultats ont révélé que le passage de 4 dimensions théoriques initiales à 3 dimensions empiriques fournissait la solution la plus parcimonieuse et la plus robuste, confirmant ainsi la validité dimensionnelle du construit.
Validité convergente
La validité convergente du CQO a été rigoureusement démontrée :
- Les scores totaux et factoriels du CQO présentent des associations positives modérées à fortes avec des mesures validées de la régulation émotionnelle (telles que le DERS – Difficulties in Emotion Regulation Scale, où des corrélations négatives avec la dysrégulation indiquent une plus grande habileté régulatrice).
- La sous-échelle Penser et ressentir avec compassion présente une corrélation moyenne avec la sous-échelle Connexion avec autrui, attestant de l’alignement attendu entre résonance affective et sentiment d’humanité partagée.
- La dimension Connexion avec autrui montre une association positive statistiquement significative avec des indices de soutien social perçu, d’empathie dispositionnelle et de satisfaction interpersonnelle.
Validité discriminante et incrémentale
La validité discriminante du CQO a confirmé son indépendance par rapport aux construits voisins :
- Corrélation avec la symptomatologie clinique : Contrairement à l’auto-compassion (mesurée par le CQS) qui présente de très fortes corrélations inverses avec la dépression, l’anxiété et le stress, le CQO montre des corrélations faibles ou statistiquement non significatives avec les échelles de psychopathologie générale. Ce résultat théoriquement crucial démontre que la capacité à manifester de la compassion envers les autres peut demeurer préservée même chez des individus souffrant de détresse psychologique intrapersonnelle sévère.
- Faibles associations de la dimension comportementale : Les analyses ont révélé une association très faible entre la dimension Agir avec compassion et les indicateurs cognitifs traditionnels de pleine conscience, confirmant que le passage à l’acte prosocial fait appel à des déterminants motivationnels et comportementaux indépendants de la pure attention introspective.
- Stabilité et variations longitudinales : La majorité des sous-échelles ont démontré une remarquable stabilité temporelle lors des phases de suivi. Une tendance inattendue à la baisse a toutefois été observée spécifiquement pour la sous-échelle Agir avec compassion au fil du suivi longitudinal (p = 0,03), ce qui pourrait refléter une régression vers la moyenne ou une prise de conscience critique accrue des participants quant à leurs réelles limites d’engagement comportemental quotidien.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique du Questionnaire de compassion envers autrui a été évaluée à travers des indices de cohérence interne classiques et contemporains, ainsi que par des méthodes de rééchantillonnage par réplication (bootstrapping).
Cohérence interne (Alpha et Oméga)
Les indices de cohérence interne pour l’ensemble de l’instrument se situent dans des zones d’excellence métrologique, avec des valeurs globales comprises entre 0,86 et 0,92 selon les sous-échantillons considérés. En raison des limitations méthodologiques documentées de l’alpha de Cronbach (qui postule la tau-équivalence des items), les auteurs ont également rapporté l’oméga total de McDonald ($ω_t$), confirmant la solidité de la saturation unifactorielle locale des sous-échelles.
Pour la sous-échelle Agir avec compassion (Acting Compassionately), qui présentait de façon constante les valeurs les plus modérées de l’outil, les indices demeurent remarquablement solides :
- Première moitié de l’échantillon (cohorte d’exploration) : $α = 0,85$ ; $ω_t = 0,85$.
- Seconde moitié de l’échantillon (cohorte de confirmation) : $α = 0,87$ ; $ω_t = 0,87$.
Les deux autres dimensions (Penser et ressentir avec compassion et Connexion avec autrui) affichent des coefficients de cohérence interne encore plus élevés, oscillant de manière stable entre 0,88 et 0,92.
Validation croisée scindée et rééchantillonnage (Split-Half & Bootstrapping)
Afin de tester la robustesse de l’instrument face aux fluctuations d’échantillonnage, l’équipe de recherche a soumis la matrice des scores à une procédure de validation croisée scindée (split-half cross-validation) adossée à des simulations de rééchantillonnage avec remplacement (bootstrapping à 5 000 itérations). Les intervalles de confiance à 95 % entourant les coefficients de fidélité sont demeurés particulièrement étroits, démontrant que la précision de la mesure n’est pas attribuable à un artefact statistique ou à des idiosyncrasies de l’échantillon canadien d’origine.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Démarche méthodologique en deux étapes
Le développement de la structure factorielle du CQO a obéi à des standards psychométriques rigoureux basés sur une scission aléatoire de l’échantillon total en deux sous-groupes indépendants : l’un dédié à l’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et l’autre dédié à l’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC).
Phase 1 : Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Conduite sur la première moitié de l’échantillon avec le réservoir préliminaire d’items, l’AFE a utilisé l’extraction en facteurs communs avec rotation oblique (Promax/Oblimin), considérant l’intercorrélation théorique attendue entre les facettes de la compassion. L’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) a atteint 0,87, témoignant d’une excellente adéquation de l’échantillonnage pour la factorisation, tandis que le test de sphéricité de Bartlett s’est révélé hautement significatif (p < 0,001).
L’AFE a démontré que les items affectifs et cognitifs saturaient de façon préférentielle sur un facteur commun unique, justifiant la fusion de ces deux composantes au sein de la dimension Penser et ressentir avec compassion. Aucune suppression arbitraire d’item n’a été requise lors de la phase finale de dérivation sur cette moitié d’échantillon. Les indices d’ajustement du modèle exploratoire étaient les suivants :
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : 0,87
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : 0,08 (IC 90 % [0,07 ; 0,09])
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : 0,04
Phase 2 : Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Appliquée de manière indépendante sur la seconde moitié de l’échantillon pour tester la pérennité de la solution à 19 items et trois facteurs corrélés, l’AFC a confirmé l’adéquation structurelle du modèle aux données observées sans recourir à des corrélations résiduelles artificielles injustifiées entre erreurs de mesure :
- Indice d’ajustement comparatif (CFI) : 0,91
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : 0,90
- RMSEA : 0,08
- SRMR : 0,05
Ces diagnostics ont confirmé que la solution à 19 items capture avec une grande fidélité la variance multidimensionnelle de la compassion envers autrui, avec des saturations factorielles standardisées significatives ($λ > 0,50$) pour tous les items conservés.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le CQO est un instrument d’évaluation psychométrique standardisé dont les caractéristiques administratives et de cotation sont les suivantes :
- Type de test : Échelle d’auto-évaluation psychologique (auto-questionnaire standardisé).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée en ligne.
- Nombre d’items : 19 items dans sa version validée définitive (réduits à partir d’un ensemble préliminaire de 36 items).
- Format de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points graduée comme suit :
- 1 = Presque jamais (Almost never)
- 2 = Rarement (Rarely)
- 3 = Parfois (Sometimes)
- 4 = Souvent (Often)
- 5 = Presque toujours (Almost always)
- Population cible : Adultes de 18 ans et plus (jeunes adultes, adultes d’âge mûr, personnes âgées). Validé initialement sur des échantillons universitaires et communautaires au Canada.
- Temps de passation estimé : 4 à 7 minutes.
- Organisation des sous-échelles :
- Sous-échelle 1 : Penser et ressentir avec compassion (fusion cognitive-affective).
- Sous-échelle 2 : Connexion avec autrui (composante interpersonnelle et humanité commune).
- Sous-échelle 3 : Agir avec compassion (composante comportementale d’aide active).
- Cotation et calcul des scores : Les scores de chaque sous-échelle sont obtenus en calculant la moyenne ou la somme arithmétique des items affiliés à la dimension concernée (après inversion préalable des éventuels items formulés négativement). Un score global de compassion envers autrui peut être calculé par la moyenne de l’ensemble des 19 items. Des scores élevés reflètent un niveau supérieur de compétences compassionnelles manifestées envers les tiers.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication officielle : 2023.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par les auteurs (Bassam Khoury, Rodrigo C. Vergara, Christina Spinelli) et l’éditeur Springer Nature (revue Cognitive Therapy and Research).
- Frais d’utilisation (Tarif) : Gratuit pour une utilisation académique, pédagogique, de recherche institutionnelle et dans le cadre de la pratique clinique non commerciale sans but lucratif.
- Permissions et accès : Les chercheurs et cliniciens souhaitant utiliser l’échelle sont invités à contacter l’auteur correspondant, le Pr Bassam Khoury ([email protected]), afin d’obtenir le formulaire officiel d’administration, les clés de cotation détaillées ou les autorisations nécessaires à toute traduction et adaptation transculturelle formelle.
- Utilisation commerciale : Non autorisée sans accord écrit explicite préalable des détenteurs des droits.
12. Références / References
- Gilbert, P. (2014). The origins and nature of compassion focused therapy. British Journal of Clinical Psychology, 53(1), 6–41. https://doi.org/10.1111/bjc.12043
- Khoury, B., Vergara, R. C., & Spinelli, C. (2023). Compassion Questionnaires: Scales development and validation. Cognitive Therapy and Research, 47(6), 1006–1032. https://doi.org/10.1007/s10608-023-10416-2
- Neff, K. D. (2003). The development and validation of a scale to measure self-compassion. Self and Identity, 2(3), 223–250. https://doi.org/10.1080/15298860309027
- Singer, T., & Klimecki, O. M. (2014). Empathy and compassion. Current Biology, 24(18), R875–R878. https://doi.org/10.1016/j.cub.2014.06.054
- Strauss, C., Lever Taylor, B., Gu, J., Kuyken, W., Baer, R., Jones, F., & Cavanagh, K. (2016). What is compassion and how can we measure it? A review of definitions and measures. Clinical Psychology Review, 47, 15–27. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2016.05.004