Résumé / Abstract
Le Questionnaire d’anxiété et de préoccupation concernant le sommeil (en anglais, Anxiety and Preoccupation about Sleep Questionnaire ou APSQ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer l’intensité des processus de rumination cognitive et d’inquiétude spécifiquement focalisés sur le sommeil chez les individus souffrant d’insomnie chronique. Développé initialement par Allison G. Harvey et Nicole Tang, puis validé rigoureusement sur le plan psychométrique par Jansson-Fröjmark et ses collaborateurs (2011), l’APSQ répond à une lacune théorique et empirique majeure : intégrer l’évaluation des inquiétudes relatives au sommeil sur un continuum diurne et nocturne (cycle de 24 heures).
L’instrument est composé de 10 items évalués au moyen d’une échelle de type Likert graduée de 1 (« Pas vrai » / Not true) à 10 (« Très vrai » / Very true), portant sur le vécu du patient au cours du mois écoulé. L’analyse factorielle révèle une structure robuste en deux facteurs expliquant 70,7 % de la variance totale : d’une part, les inquiétudes concernant les conséquences d’un sommeil insuffisant (facteur 1, regroupant les items 1 à 5 et 7), et d’autre part, les inquiétudes relatives à la perte de contrôle sur le processus d’endormissement et aux efforts compensatoires déployés pour y remédier (facteur 2, regroupant les items 6, 8, 9 et 10).
Sur le plan des qualités métrologiques, l’APSQ présente une consistance interne exceptionnelle, attestée par un coefficient alpha de Cronbach global de 0,93 (0,91 pour le premier facteur et 0,86 pour le second). L’échelle démontre une excellente validité discriminante, distinguant de manière statistiquement significative les personnes souffrant d’insomnie clinique, les mauvais dormeurs subsyndromiques et les bons dormeurs, tout en montrant une forte sensibilité aux effets de la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie (TCC-I).
Mots-clés / Keywords
insomnie chronique, inquiétude liée au sommeil, rumination cognitive, APSQ, modèle cognitif de Harvey, thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie, évaluation psychométrique, hyperéveil mental, perception du sommeil, validité factorielle.
Auteurs / Authors
Le questionnaire APSQ a été conçu et validé par des figures majeures de la psychologie clinique et de la recherche comportementale sur le sommeil :
- Allison G. Harvey, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie clinique à l’Université de Californie à Berkeley (Département de psychologie), directrice du Golden Bear Sleep and Mood Research Clinic. Ses travaux théoriques ont révolutionné la compréhension des mécanismes cognitifs entretenant l’insomnie chronique. Courriel institutionnel : [email protected].
- Nicole K. Y. Tang, Ph.D. : Professeure de psychologie clinique à l’Université de Warwick (Royaume-Uni), spécialiste de l’interaction entre les douleurs chroniques, la dérégulation émotionnelle et les troubles du sommeil. Courriel institutionnel : [email protected].
- Markus Jansson-Fröjmark, Ph.D. : Professeur associé au Karolinska Institutet et chercheur à l’Université d’Örebro (Suède), auteur principal de la validation psychométrique formelle de l’instrument en 2011.
Objectif / Purpose
L’insomnie chronique ne se résume pas à une altération quantitative ou qualitative objective de l’architecture du sommeil ; elle constitue une pathologie psychophysiologique alimentée par des processus cognitifs récurrents. L’objectif fondamental de l’Anxiety and Preoccupation about Sleep Questionnaire (APSQ) est d’indexer précisément la sévérité, la fréquence et l’intensité de ces pensées intrusives et répétitives axées sur le sommeil. Contrairement aux échelles mesurant l’anxiété générale, telles que le BAI ou le GAD-7, l’APSQ se focalise strictement sur la charge cognitive propre au domaine du sommeil.
Dans les applications de recherche clinique, l’APSQ a été développé pour combler les failles des questionnaires préexistants. Bien que des instruments comme l’échelle des croyances et attitudes envers le sommeil (Dysfunctional Beliefs and Attitudes about Sleep, DBAS) mesurent les distorsions cognitives globales ou les postulats erronés à long terme, ils n’évaluent pas le flux actif d’inquiétude (worry) opérationnel en temps réel. De même, les mesures d’excitation cognitive pré-sommeil (telles que le Pre-Sleep Arousal Scale, PSAS) limitent leur champ temporel à la période précédant immédiatement l’endormissement. L’APSQ s’émancipe de cette restriction nocturne en adoptant une perspective intégrative sur 24 heures : l’insomnie est conceptualisée comme un trouble diurne et nocturne où l’anticipation du manque de sommeil durant la journée alimente directement l’hyperéveil le soir venu.
En pratique clinique, l’APSQ remplit plusieurs rôles déterminants :
- Évaluation initiale et diagnostic fonctionnel : Identifier le contenu thématique précis des ruminations (crainte des séquelles professionnelles, détérioration de la santé physique, instabilité affective) et cibler les interventions de restructuration cognitive.
- Mesure de la réponse au traitement : Fournir un indice sensible au changement thérapeutique au cours de la TCC-I, permettant aux cliniciens d’évaluer si la désactivation des inquiétudes nocturnes et diurnes précède l’amélioration des paramètres de continuité du sommeil mesurés par agenda du sommeil ou polysomnographie.
- Prévention des rechutes : Détecter la résurgence d’inquiétudes métacognitives avant qu’elles ne réactivent le cycle complet de l’insomnie chronique.
Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par l’APSQ est l’inquiétude liée au sommeil (sleep-related worry). Dans la nosographie comportementale, l’inquiétude est définie comme une chaîne de pensées et d’images chargée d’affect négatif, orientée vers l’avenir, et représentant une tentative infructueuse de résolution de problème mental. Dans l’insomnie, cette inquiétude possède des caractéristiques distinctes que l’APSQ décompose en deux dimensions centrales hautement complémentaires :
1. Inquiétudes concernant les conséquences du mauvais sommeil (Facteur 1)
Ce domaine cognitif englobe l’ensemble des anticipations catastrophiques relatives aux répercussions d’une nuit de sommeil perturbée sur le fonctionnement ultérieur de l’individu. Ce facteur est mesuré par les items 1, 2, 3, 4, 5 et 7. Il reflète une sensibilité exacerbée aux coûts présumés du manque de sommeil :
- Conséquences sur la performance diurne et la vigilance : Crainte disproportionnée de ne pas être capable de maintenir l’attention requise pour le travail ou les activités du lendemain (Items 2 et 7).
- Conséquences sur la santé biologique : Croyance selon laquelle la perte de sommeil altère le système immunitaire ou précipite des maladies chroniques graves (Item 3).
- Conséquences psycho-sociales et affectives : Inquiétude relative au fait que le manque de sommeil détruira la stabilité émotionnelle, provoquera de l’irritabilité ou détériorera les relations interpersonnelles (Items 4 et 5).
- Focalisation quantitative : Obsession prédictive quant au nombre exact d’heures de sommeil pouvant être obtenues chaque nuit (Item 1).
2. Inquiétudes relatives à l’incontrôlabilité du sommeil et efforts de régulation (Facteur 2)
Ce sous-construit aborde le versant métacognitif et régulateur de l’insomnie, capturé par les items 6, 8, 9 et 10. Les patients insomniaques perçoivent le sommeil non pas comme un processus biologique autonome involontaire, mais comme un mécanisme qui leur échappe et qu’ils doivent impérativement contrôler :
- Sentiment de perte de contrôle : Détresse face à l’impossibilité de déclencher le sommeil à volonté (Item 6).
- Effort volontaire paradoxal : Tendance à déployer des efforts cognitifs et comportementaux intensifs pour tenter de réparer ou forcer l’endormissement (Item 8), ce qui produit paradoxalement une excitation corticale incompatible avec le sommeil (phénomène d’effort de sommeil ou sleep effort).
- Détresse liée à l’échec d’auto-régulation : Sentiment d’abattement face à l’inutilité des stratégies mises en œuvre pour corriger les troubles du sommeil (Item 9).
- Chronique et persistance de l’activité mentale : Constat d’un état d’alerte et d’inquiétude mentalement rigide et continu (Item 10).
Cadre théorique / Theoretical Framework
L’APSQ est profondément ancré dans le modèle cognitif de l’insomnie élaboré par Allison G. Harvey (2002). Ce cadre théorique s’écarte des explications purement physiologiques ou comportementales (comme le modèle stimulus-contrôle de Bootzin) en plaçant les processus cognitifs dysfonctionnels au cœur du maintien de l’insomnie chronique.
Selon le modèle de Harvey, l’insomnie se perpétue à travers une séquence récursive en cascade :
- Pensées intrusives et inquiétude : Au coucher (et tout au long de la journée), le patient engage des cycles de préoccupation intense portant sur son incapacité perçue à dormir et sur les conséquences néfastes du déficit de sommeil.
- Éveil autonome et détresse émotionnelle (Hyperarousal) : Cette activité cognitive négative stimule l’activation du système nerveux sympathique et de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, induisant un état d’éveil physiologique et psychologique rigoureusement incompatible avec l’initiation du sommeil.
- Attention sélective et surveillance accrue (Monitoring) : Le sujet en état d’alerte commence à scruter activement son environnement interne (sensations corporelles de fatigue, rythme cardiaque) et externe (bruits, heure qui tourne sur le réveil) à la recherche de signes confirmant son insomnie.
- Distorsions perceptuelles : Cette surveillance biaise l’estimation temporelle : le patient surestime systématiquement sa latence d’endormissement et sous-estime son temps total de sommeil (perception erronée du sommeil ou sleep state misperception).
- Comportements de sécurité et croyances consolidées : Pour compenser, l’individu met en place des comportements inadaptés (rester au lit trop longtemps, s’efforcer mentalement de dormir, annuler ses activités diurnes), ce qui valide rétrospectivement ses inquiétudes initiales et referme le cercle vicieux.
L’APSQ constitue la traduction opérationnelle directe de la première étape de cette séquence. En fournissant une métrique standardisée de la composante « Inquiétude / Préoccupation », il permet aux chercheurs et thérapeutes d’isoler le moteur primaire de la cascade cognitive modélisée par Harvey.
Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’APSQ ont été solidement établies dans les études princeps et les recherches comparatives transversales :
Validité convergente
L’APSQ présente de fortes corrélations positives avec d’autres mesures standardisées de la psychopathologie du sommeil :
- Une corrélation élevée avec l’Index de sévérité de l’insomnie (Insomnia Severity Index, ISI ; r compris généralement entre 0,60 et 0,75), confirmant que l’intensité des inquiétudes est directement proportionnelle à la sévérité clinique du trouble.
- Une corrélation robuste avec l’échelle des croyances et attitudes envers le sommeil (DBAS-16 ; r > 0,65), illustrant l’alignement théorique entre cognitions rigides et propension à l’inquiétude active.
- Des associations significatives avec la composante cognitive de la Pre-Sleep Arousal Scale (PSAS-C) et l’Index de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI).
Validité discriminante
L’étude de Jansson-Fröjmark et al. (2011) a démontré la remarquable capacité discriminante de l’instrument. Des analyses de variance (ANOVA) révèlent que l’APSQ différencie nettement :
- Les patients répondant aux critères diagnostiques de l’insomnie clinique selon le DSM.
- Les dormeurs sous-cliniques ou insatisfaits de leur sommeil sans détresse majeure.
- Les bons dormeurs exempts de plaintes nocturnes.
Les scores moyens progressent de manière linéaire et hautement significative (p < 0,001) des bons dormeurs vers les insomniaques sévères. De surcroît, bien que corrélé modérément aux inventaires d’anxiété générale (STAI, HADS), l’APSQ conserve une variance résiduelle substantielle propre au sommeil, prouvant qu’il ne s’agit pas d’un simple artefact de névrosisme ou de détresse psychologique globale.
Sensibilité au changement thérapeutique
Dans les essais cliniques évaluant la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie (TCC-I), notamment les protocoles d’expérimentation comportementale menés par Tang et Harvey (2004), l’APSQ s’est avéré extrêmement sensible aux effets thérapeutiques. Les diminutions des scores à l’APSQ après traitement présentent des tailles d’effet élevées (d de Cohen > 0,80), précédant souvent la normalisation des paramètres de sommeil objectifs, ce qui confirme sa validité prédictive dans le suivi thérapeutique.
Fidélité / Reliability
Les évaluations psychométriques confirment que l’APSQ dispose d’une précision de mesure et d’une reproductibilité remarquables :
- Consistance interne : Le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 10 items atteint α = 0,93, témoignant d’une très forte cohérence interne sans redondance excessive entre les items.
- Cohérence interne des sous-échelles : Pour le Facteur 1 (« Conséquences du mauvais sommeil »), l’alpha est de 0,91. Pour le Facteur 2 (« Incontrôlabilité du sommeil »), l’alpha s’établit à 0,86. Ces indices dépassent largement le seuil standard de 0,70 voire 0,80 requis pour une utilisation en pratique clinique individuelle.
- Corrélations item-total corrigées : L’ensemble des items présente des corrélations item-total satisfaisantes, oscillant pour la plupart entre 0,62 et 0,81, ce qui confirme que chaque énoncé contribue de façon substantielle au score global.
- Stabilité temporelle (Test-retest) : Chez des sujets témoins ou des patients en liste d’attente (sans intervention thérapeutique), les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et les corrélations de Pearson à deux semaines d’intervalle démontrent une excellente stabilité temporelle (r > 0,80), indiquant que l’échelle mesure un trait cognitif stable en l’absence de traitement.
Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’APSQ a été examinée par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmée par analyse factorielle confirmatoire (AFC) dans les travaux de Jansson-Fröjmark et al. (2011).
Structure à deux facteurs
L’extraction factorielle (utilisant une rotation oblique de type Oblimin, compte tenu de l’intercorrélation théorique attendue entre les dimensions de l’inquiétude) a mis en évidence une solution optimale en deux facteurs répondant au critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1) et au test du coude de Cattell. Cette structure explique 70,7 % de la variance totale des scores, un pourcentage exceptionnellement élevé pour une échelle clinique de 10 items.
| Facteur | Désignation | Items constitutifs | Saturations factorielles typiques |
|---|---|---|---|
| Facteur 1 | Conséquences d’un sommeil insuffisant (Consequences of poor sleep) | Items 1, 2, 3, 4, 5, 7 | 0,68 à 0,88 |
| Facteur 2 | Incontrôlabilité du sommeil (Uncontrollability of sleep) | Items 6, 8, 9, 10 | 0,64 à 0,85 |
Les saturations croisées demeurent très faibles, confirmant la distinction conceptuelle nette entre la projection anxieuse sur les conséquences de l’insomnie (domaine diurne) et l’expérience d’impuissance face à l’endormissement combinée aux efforts contre-productifs (domaine métacognitif et régulateur).
Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Self-report questionnaire).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée sur tablette/ordinateur.
- Nombre d’items : 10 énoncés formulés à la première personne du singulier.
- Échelle de réponse : Échelle visuelle analogique / numérique discrète en 10 points : de 1 (« Pas vrai » / Not true) à 10 (« Très vrai » / Very true).
- Période de référence : Le dernier mois écoulé (« during the past month »).
- Temps de passation : Environ 2 à 4 minutes, ce qui confère à l’instrument une très faible charge pour le patient.
- Cotation et calcul des scores :
- Score total : Somme brute directe des réponses aux 10 items (étendue possible : de 10 à 100). Aucun item inversé. Un score plus élevé indique une intensité plus sévère des inquiétudes et ruminations centrées sur le sommeil.
- Sous-score Facteur 1 (Conséquences) : Somme des items 1, 2, 3, 4, 5 et 7 (étendue de 6 à 60).
- Sous-score Facteur 2 (Incontrôlabilité) : Somme des items 6, 8, 9 et 10 (étendue de 4 à 40).
Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : Introduit lors des études cliniques de 2004 (Tang & Harvey), puis validé sur le plan psychométrique formel en 2011 (Jansson-Fröjmark et al.).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par les auteurs (Allison G. Harvey, Nicole Tang, Markus Jansson-Fröjmark) et la maison d’édition scientifique (Taylor & Francis / Routledge pour la revue Cognitive Behaviour Therapy).
- Conditions d’accès et tarif : L’utilisation de l’APSQ est gratuite et libre de droits pour la recherche académique, scientifique et l’évaluation clinique non commerciale, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources d’origine. Les applications commerciales, l’intégration dans des plateformes numériques payantes ou les études commanditées par l’industrie pharmaceutique nécessitent l’accord exprès des détenteurs des droits.
Références / References
- Harvey, A. G. (2002). A cognitive model of insomnia. Behaviour Research and Therapy, 40(8), 869–893. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(01)00061-4
- Jansson-Fröjmark, M., Harvey, A. G., Lundh, L.-G., Norell-Clarke, A., & Linton, S. J. (2011). Psychometric properties of an insomnia-specific measure of worry: The Anxiety and Preoccupation about Sleep Questionnaire. Cognitive Behaviour Therapy, 40(1), 65–76. https://doi.org/10.1080/16506073.2010.538432
- Morin, C. M., Vallières, A., & Ivers, H. (2007). Dysfunctional beliefs and attitudes about sleep (DBAS): Validation of a brief version (DBAS-16) and its subscales. Sleep, 30(11), 1547–1554. https://doi.org/10.1093/sleep/30.11.1547
- Tang, N. K. Y., & Harvey, A. G. (2004). Correcting distorted perception of sleep in insomnia: A novel behavioural experiment? Behaviour Research and Therapy, 42(1), 27–39. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(03)00068-8
Questions et items du questionnaire / Scale Items
On the scales provided below, please rate each of the following statements for how true they are for you during the past month.
Response Scale: 1 (Not true) — 10 (Very true)
- I worry about the amount of sleep I am going to get every night 1
- I worry about how the amount of sleep I had last night is going to affect my day time performance
- I worry about how the amount of sleep I get is going to afflict my health
- I worry about how much the amount of sleep I get will weaken my social ability
- I worry about how much the amount of sleep I get will shake my mood
- I worry about my loss of control over sleep
- I worry about my ability to stay awake and alert during the day
- I put great effort into trying to rectify my sleep problems
- My failure to rectify my sleep problems troubles me a lot
- My worry about sleep is persistent