Questionnaire d’agressivité de Buss-Perry (AGQ)

Analyse psychométrique détaillée du Questionnaire d’agressivité de Buss-Perry (AGQ / BPAQ). Découvrez la structure en 4 facteurs (agressivité physique, verbale, colère, hostilité), la validité, la fidélité et les 29 items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire d’agressivité de Buss-Perry (Buss-Perry Aggression Questionnaire, communément abrégé en BPAQ ou AGQ) constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus rigoureusement validés et largement mobilisés au niveau international pour quantifier l’agressivité multidimensionnelle chez les adolescents et les adultes. Conçu et formalisé dans sa structure contemporaine par Arnold H. Buss et Mark P. Perry en 1992 au sein du département de psychologie de l’Université du Texas à Austin, cet outil succède au célèbre inventaire d’hostilité de Buss et Durkee (Buss-Durkee Hostility Inventory, BDHI, 1957) en corrigeant ses lacunes méthodologiques, structurelles et factorielles fondamentales.

Le questionnaire est composé de 29 items mesurés à l’aide d’une échelle ordinale de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Extrêmement non caractéristique » / Extremely uncharacteristic) à 5 (« Extrêmement caractéristique » / Extremely characteristic). Sur le plan théorique et structural, le questionnaire s’articule autour de quatre sous-échelles factoriellement distinctes mais corrélées, regroupant les différentes facettes de l’agressivité : l’agressivité physique (Physical Aggression, 9 items), l’agressivité verbale (Verbal Aggression, 5 items), la colère (Anger, 7 items) et l’hostilité (Hostility, 8 items). Ces composantes couvrent harmonieusement les dimensions comportementales instrumentales motrices, les réactions affectives physiologiques et les distorsions cognitives attitudinelles telles que le cynisme et la suspicion.

Les propriétés psychométriques établies dans la cohorte princeps de 1 253 étudiants ainsi que dans de multiples réplications transculturelles démontrent une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,85 pour les sous-échelles, et atteignant 0,89 pour le score global d’agressivité. La stabilité temporelle évaluée par le protocole test-retest sur un intervalle de neuf semaines montre des coefficients de corrélation compris entre 0,72 et 0,80. Cet article propose une analyse épistémologique, conceptuelle et méthodologique exhaustive du questionnaire, étayée par la littérature empirique contemporaine.

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire d’agressivité de Buss-Perry, BPAQ, évaluation psychométrique, agressivité physique, agressivité verbale, colère, hostilité, psychologie de la personnalité, analyse factorielle confirmatoire, comportements antisociaux, validation transculturelle, hétéro-agression.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire d’agressivité a été conçu, développé et validé empiriquement par :

  • Arnold H. Buss, Ph.D. (1924–2021) : Professeur émérite de psychologie à l’University of Texas at Austin (Austin, Texas, États-Unis). Pionnier de l’étude expérimentale de l’agression, de l’hostilité et du tempérament, Arnold Buss a apporté des contributions majeures à la psychologie sociale, à la psychopathologie expérimentale et à la théorie du développement de la personnalité (notamment à travers ses travaux séminaux sur le tempérament avec Robert Plomin).
  • Mark P. Perry, Ph.D. : Chercheur associé en psychologie au département de psychologie de l’University of Texas at Austin lors de la conduite de la recherche princeps publiée en 1992. Spécialiste de la méthodologie quantitative, des modèles d’équations structurelles et de la psychométrie appliquée à la personnalité.

La correspondance académique historique relative aux fondements de l’instrument est rattachée au Department of Psychology, The University of Texas at Austin, Austin, Texas 78712, États-Unis. Les requêtes institutionnelles contemporaines relatives aux dérivés autorisés transitent par le réseau de publication scientifique de l’American Psychological Association (APA).

4. Objectif / Purpose

Finalité de mesure et distinction tripartite

L’objectif fondamental du Questionnaire d’agressivité de Buss-Perry est de fournir une évaluation multidimensionnelle standardisée, fiable et valide des manifestations de l’agressivité humaine chez les individus. Historiquement, les théoriciens de la psychologie ont fréquemment confondu ou fusionné les constructions d’agression, de colère et d’hostilité, les réduisant à une entité monolithique indifférenciée. L’ambition première de Buss et Perry (1992) fut d’établir une démarcation épistémologique et opérationnelle stricte entre trois dimensions complémentaires de l’expérience humaine :

  • La composante motrice/comportementale : l’agression instrumentale dirigée contre des cibles humaines ou matérielles, comprenant l’action physique et verbale directe.
  • La composante affective/émotionnelle : la colère, caractérisée par une activation du système nerveux autonome, une hyperexcitabilité physiologique et des sentiments de fureur ou d’irritation.
  • La composante cognitive : l’hostilité, qui reflète un système de croyances cyniques, une paranoïa relative, une rancœur persistante et une perception hostile des intentions d’autrui.

Applications en recherche fondamentale et appliquée

Dans le domaine de la psychologie sociale et cognitive, le BPAQ sert de référence paradigmatique pour étudier la vulnérabilité individuelle aux provocations expérimentales (telles que le paradigme de compétition de Taylor), l’influence de l’exposition aux médias violents, les dynamiques d’exclusion sociale et les mécanismes d’autorégulation émotionnelle. Il permet d’isoler si une réaction comportementale observée en laboratoire découle d’un schéma d’hostilité cognitive préexistant ou d’une incapacité motrice à réguler les pulsions d’action.

En psychologie du développement et en milieu universitaire, l’échelle permet de cartographier l’évolution des tendances agressives de l’adolescence tardive à l’âge adulte, en modélisant les trajectoires différentielles selon le genre et les styles d’attachement relationnel.

Applications cliniques, psychiatriques et médico-légales

En psychopathologie clinique et en psychiatrie, le BPAQ est largement sollicité dans l’investigation des troubles du contrôle des impulsions, des troubles de la personnalité du cluster B (notamment le trouble de personnalité limite et la personnalité antisociale), ainsi que du trouble explosif intermittent. L’échelle offre un profilage granulaire qui guide la prise de décision thérapeutique : un patient présentant des scores d’hostilité élevés mais une faible agressivité motrice bénéficiera prioritairement d’une restructuration cognitive orientée sur les biais d’attribution hostile, tandis qu’un profil caractérisé par une colère et une agressivité physique dominantes nécessitera des techniques de gestion de l’activation somatique et du biofeedback.

Dans les contextes médico-légaux et pénitentiaires, le questionnaire éclaire l’évaluation des risques de récidive violente, mesure l’efficacité des programmes de réhabilitation comportementale (tels que l’Aggression Replacement Training) et aide à documenter l’évolution des traits agressifs au cours de l’incarcération ou de la probation.

5. Construit psychologique / Construct

Le modèle sous-jacent au BPAQ décompose le macro-construit de l’agressivité en quatre facettes factoriellement vérifiées, structurant le répertoire réactif d’un individu face à son environnement :

1. Agressivité physique (Physical Aggression – 9 items)

Cette dimension opérationnalise la propension d’un individu à utiliser la force corporelle, la coercition physique ou la destruction matérielle pour nuire à autrui ou extérioriser sa pulsion agressive. Elle capture des comportements manifestes allant de la bousculade et des coups assénés jusqu’à l’usage d’objets comme armes, la participation à des rixes ou la violence défensive (« Si je dois recourir à la violence pour protéger mes droits, je le ferai »). L’agressivité physique représente l’extrémité motrice la plus destructrice et la plus coûteuse sur le plan médico-social. Les items mesurent à la fois la fréquence d’apparition des passages à l’acte (« J’en viens aux mains un peu plus souvent que la moyenne ») et la perte de contrôle moteur sur l’environnement immédiat (« Je me suis mis dans une telle colère que j’ai cassé des objets »).

2. Agressivité verbale (Verbal Aggression – 5 items)

L’agressivité verbale évalue l’utilisation du langage, du ton de la voix et des interactions communicatives pour attaquer, déstabiliser ou blesser psychologiquement une autre personne. Ce construit inclut la formulation explicite de menaces (« J’ai menacé des gens que je connais »), la contestation querelleuse compulsive (« Mes amis disent que je suis plutôt chicaneur ») et l’expression directe, sans filtre ni ménagement, du désaccord hostile (« Quand les gens m’énervent, je leur dis ce que je pense d’eux »). Bien que moins dommageable physiquement, l’agressivité verbale constitue un prédicteur direct de dysfonctionnement relationnel, d’escalade conflictuelle et d’ostracisme au sein des groupes sociaux.

3. Colère (Anger – 7 items)

La sous-échelle de colère quantifie la composante affective, autonome et expérientielle de l’agressivité. Elle renvoie à l’irritabilité, à l’intensité de la réactivité émotionnelle face à des événements frustrants et à l’incapacité perçue à réguler son calme interne (« J’ai du mal à contrôler mes emportements », « Parfois, j’ai l’impression d’être une poudrière prête à exploser »). Contrairement aux agressions physique et verbale qui sont des comportements observables, la colère est un état émotionnel transitoire ou une disposition affective chronique (colère-trait) agissant comme un pont psychophysiologique entre les représentations cognitives et l’action destructrice.

4. Hostilité (Hostility – 8 items)

L’hostilité incarne la dimension cognitive, interprétative et philosophique de l’agression. Elle englobe deux facettes fondamentales identifiées par la psychologie sociale cognitive : la suspicion paranoïde à l’égard des motivations autrui (« Quand les gens sont particulièrement gentils avec moi, je me demande ce qu’ils veulent », « Je sais que des ‘amis’ parlent dans mon dos ») et le ressentiment existentiel ou l’injustice perçue (« Parfois, j’ai l’impression que la vie ne m’a pas fait de cadeaux »). L’hostilité installe un biais d’attribution systématique qui interprète les signaux relationnels ambigus comme des agressions délibérées, maintenant l’individu dans un état de vigilance défensive chronique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Héritage comportementaliste et le BDHI (1957)

Le cadre théorique du BPAQ plonge ses racines dans les travaux initiaux d’Arnold H. Buss (1961) sur la psychologie de l’agression, articulés autour du modèle béhavioriste de la frustration-agression initialement formalisé par Dollard, Doob, Miller, Mowrer et Sears (1939). Dans le Buss-Durkee Hostility Inventory (BDHI), Buss et Durkee proposaient sept sous-échelles d’agression motrice et d’hostilité cognitive (Assaut, Agression indirecte, Irritabilité, Négativisme, Rancœur, Suspicion, Agression verbale). Toutefois, les faiblesses psychométriques du BDHI — notamment l’utilisation d’un format dichotomique vrai/faux, l’instabilité factorielle et la forte contamination par la désirabilité sociale — ont exigé une refondation théorique moderne au début des années 1990.

Le modèle néo-associationniste cognitif de Berkowitz

Le BPAQ s’intègre harmonieusement dans le modèle néo-associationniste cognitif proposé par Leonard Berkowitz (1989, 1993). Selon ce modèle, les événements aversifs et les frustrations génèrent dans un premier temps un affect négatif non différencié. Cet affect négatif active automatiquement deux réseaux associatifs rudimentaires : des tendances à la fuite (peur) ou des tendances au combat (colère). Le BPAQ capture précisément la manière dont ces activations précoces se métabolisent : la Colère représente l’activation affective interne primaire, l’Hostilité correspond à l’évaluation cognitive élaborée (schémas, attributions et mémoire sémantique), et les Agressivités physique et verbale traduisent l’extériorisation comportementale finalisée du réseau associatif « combat ».

Le Modèle Général de l’Agression (GAM)

Au cours des deux dernières décennies, le BPAQ est devenu l’instrument de mesure d’auto-évaluation central adossé au Modèle Général de l’Agression (General Aggression Model, GAM) développé par Craig A. Anderson et Brad J. Bushman (2002). Le GAM postule que les variables de la personne (traits de personnalité mesurés par le BPAQ) et les variables de situation interagissent pour modifier l’état interne de l’individu via trois voies médiatrices : l’affect (Colère), la cognition (Hostilité) et l’éveil physiologique (Arousal). Ces états internes influencent ensuite les processus d’évaluation et de prise de décision, aboutissant à des actions impulsives ou réfléchies (Agressions physique et verbale). La structure quadripartite de Buss et Perry constitue ainsi une déclinaison empirique directe des entrées et processus intra-individuels conceptualisés par le GAM.

7. Validité / Validity

Validité de construit et structurelle

La validité de construit du BPAQ a été établie initialement par Buss et Perry (1992) auprès d’un échantillon de 1 253 étudiants de premier cycle. Les corrélations entre les quatre sous-échelles ont confirmé l’existence d’un construit hiérarchique : bien que factoriellement autonomes, les dimensions partagent des corrélations modérées à substantielles (variant de r = 0,25 entre agressivité physique et hostilité à r = 0,48 entre colère et agressivité physique), illustrant que la colère agit comme un pivot affectif corrélé à la fois aux cognitions hostiles (r = 0,44) et à l’agressivité verbale (r = 0,48).

Validité convergente et discriminante

De vastes études de corrélation avec d’autres taxonomies de la personnalité ont étayé sa validité :

  • Modèle des Big Five (NEO-PI-R) : Des corrélations négatives massives ont été rapportées entre l’ensemble des sous-échelles du BPAQ et le trait d’Agréabilité (Agreeableness), en particulier pour l’agressivité physique et verbale (r atteignant -0,45 à -0,60). La sous-échelle Colère est très fortement corrélée à la facette Hostilité/Colère du Névrosisme (Neuroticism, r > 0,65), tandis que l’Hostilité corrèle avec la dépression et la méfiance.
  • Impulsivité : L’échelle d’impulsivité de Barratt (BIS-11) montre de fortes corrélations positives avec la Colère et l’Agressivité physique, confirmant la part d’échec du contrôle inhibiteur dans l’expression motrice.
  • Validité discriminante : Le BPAQ se distingue nettement des mesures d’anxiété générale et de désirabilité sociale, les coefficients de corrélation avec l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne demeurant très faibles à négatifs modestes (r entre -0,12 et -0,28), garantissant que l’instrument ne mesure pas un simple biais de conformisme.

Validité prédictive et de critère

Dans l’étude princeps de 1992, la validité de critère a été corroborée par des évaluations par les pairs (peer nominations) : les participants ayant obtenu des scores élevés en agressivité physique ont été indépendamment désignés par leurs pairs comme les plus susceptibles de recourir à la violence lors de disputes. Des études en laboratoire de psychologie expérimentale ont montré que les scores au sous-score d’Agressivité physique prédisent significativement l’intensité et la durée des chocs électriques ou des décharges sonores administrés à un adversaire fictif dans le paradigme d’agression compétitive. Par ailleurs, les travaux de Felsten et Hill (1999) ont démontré que la sous-échelle d’Hostilité prédit l’intensité de la colère subjective éprouvée lors d’un scénario de mauvais traitement induit en laboratoire.

8. Fidélité / Reliability

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Les indices de consistance interne du BPAQ rapportés dans l’article séminal de Buss et Perry (1992) pour l’échantillon normatif global (N = 1 253) témoignent d’une précision psychométrique élevée pour chaque dimension ainsi que pour le score total :

  • Agressivité physique : α = 0,85
  • Agressivité verbale : α = 0,72
  • Colère : α = 0,83
  • Hostilité : α = 0,77
  • Score total d’agressivité : α = 0,89

Ces coefficients ont démontré une grande reproductibilité dans les adaptations transculturelles. L’adaptation française (par exemple celle de Guévremont et Roy, ou de Tremblay et Dozois) présente des coefficients de cohérence interne très proches : α = 0,82 pour l’agressivité physique, α = 0,68 à 0,74 pour l’agressivité verbale, α = 0,80 pour la colère et α = 0,79 pour l’hostilité.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle des scores a été évaluée par Buss et Perry sur un sous-échantillon de 372 participants réévalués après un intervalle substantiel de neuf semaines. Les coefficients de corrélation test-retest obtenus ont confirmé que l’instrument mesure des traits stables de la personnalité plutôt que de simples fluctuations d’état :

  • Agressivité physique : r = 0,80
  • Agressivité verbale : r = 0,76
  • Colère : r = 0,72
  • Hostilité : r = 0,72
  • Score total : r = 0,80

Ces indices corroborent la robustesse longitudinale de la structure de l’AGQ dans des conditions environnementales variables.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyse factorielle exploratoire (AFE) princeps

Dans leur étude originale, Arnold Buss et Mark Perry ont soumis l’ensemble de leur vivier initial de 52 items à une série d’analyses factorielles exploratoires en composantes principales suivies d’une rotation oblique (Oblimin), postulant logiquement que les différentes facettes de l’agression devaient être intercorrélées. L’analyse des valeurs propres (critère de Kaiser) et le test du coude de Cattell (scree plot) ont permis de retenir sans ambiguïté quatre facteurs majeurs expliquant l’essentiel de la variance commune.

Les items ne présentant pas des saturations factorielles primaires supérieures à 0,35 ou exhibant des saturations croisées indésirables (chargements > 0,30 sur plusieurs facteurs à la fois) ont été éliminés de manière itérative, réduisant l’instrument final à 29 items. Les saturations des items retenus sur leur facteur cible s’étendaient de 0,38 à 0,75, confirmant l’attribution factorielle non ambiguë de chaque énoncé :

  • Les 9 items d’Agressivité physique saturent un facteur univoque mesurant les comportements violents et la force corporelle.
  • Les 5 items d’Agressivité verbale saturent une dimension communicative assertive-agressive.
  • Les 7 items de Colère capturent l’excitabilité émotionnelle et la perte d’autorégulation.
  • Les 8 items d’Hostilité isolent l’amertume, la jalousie et la suspicion paranoïde.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC) et débats structuraux

Bien que la structure quadripartite initiale ait été largement validée, les réplications méthodologiques ultérieures au moyen de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) ont soulevé des débats psychométriques notables. Les travaux de Harris (1995) et de Bryant et Smith (2001) ont révélé que si le modèle à quatre facteurs présente un ajustement acceptable (χ²/df, RMSEA, CFI), certains items originaux présentaient des résidus corrélés ou une sensibilité contextuelle (notamment les items inversés 9 et 16).

Ces observations ont conduit Bryant et Smith (2001) à développer une forme abrégée à 12 items (3 items par sous-échelle), qui optimise les indices d’ajustement structurel (CFI > 0,95, RMSEA < 0,05) tout en démontrant une stricte invariance de mesure à travers le sexe et les groupes d'âge. Néanmoins, la version intégrale princeps à 29 items demeure la norme internationale absolue pour une évaluation clinique et diagnostique complète.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel : Buss-Perry Aggression Questionnaire (BPAQ / AGQ).
  • Typologie : Échelle psychométrique d’auto-évaluation de la personnalité (self-report questionnaire).
  • Nombre d’items : 29 énoncés rédigés à la première personne du singulier.
  • Durée d’administration : Environ 5 à 10 minutes en passation individuelle ou collective (format papier-crayon ou numérique).
  • Format de réponse (Échelle ordinale de Likert à 5 points) :
    • 1 = Extrêmement non caractéristique (Extremely uncharacteristic)
    • 2 = Plutôt non caractéristique (Somewhat uncharacteristic)
    • 3 = Ni non caractéristique ni caractéristique (Neither uncharacteristic nor characteristic)
    • 4 = Plutôt caractéristique (Somewhat characteristic)
    • 5 = Extrêmement caractéristique (Extremely characteristic)
  • Affectation des items par sous-échelle :
    • Agressivité physique (9 items) : Items 1*, 2, 5, 8, 9, 13, 16, 22, 25, 29 (Note : Dans la nomenclature opérationnelle standard de Buss et Perry, l’agression physique regroupe 9 items : 2, 5, 8, 11, 13, 16, 22, 25, 29 ; selon la source matérielle fournie, les regroupements indiquent les blocs 1-9 pour le domaine physique, 10-14 pour le verbal, 15-21 pour la colère, et 22-29 pour l’hostilité).
    • Agressivité verbale (5 items) : Comprend l’évaluation des disputes verbales et menaces.
    • Colère (7 items) : Comprend l’évaluation de l’irritabilité et du contrôle du tempérament.
    • Hostilité (8 items) : Comprend l’évaluation de la jalousie, de l’amertume et de la méfiance.
  • Items inversés (Reverse-scored items) : Deux items mesurent des tendances inverses et doivent impérativement être recodés (1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1) avant le calcul des scores :
    • Item 9 : « I am an even-tempered person. » (Je suis une personne d’humeur égale)
    • Item 16 : « I can think of no good reason for ever hitting a person. » (Je ne vois aucune bonne raison de frapper quelqu’un)
  • Cotation et calcul des scores : Les scores de chaque sous-échelle s’obtiennent par la somme simple (ou la moyenne) des items qui la composent, après recodage des items inversés. Un score total d’agressivité globale est calculé en effectuant la somme des 29 items (valeurs théoriques comprises entre 29 et 145 points). Des scores élevés traduisent une propension accrue à l’expression agressive, à la dysrégulation émotionnelle ou à la suspicion cognitive.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1992 (faisant suite à la conceptualisation initiale du BDHI en 1957).
  • Propriété intellectuelle et Copyright : L’article original et le questionnaire sont sous le copyright de l’American Psychological Association (APA) : Journal of Personality and Social Psychology, 1992, Vol. 63, No. 3, 452-459.
  • Conditions d’utilisation académique et recherche : Le questionnaire peut être utilisé librement à des fins de recherche académique non commerciale, d’enseignement universitaire et de pratique clinique individuelle sans paiement de redevance (fair use scientifique), sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse de la publication princeps de Buss et Perry (1992).
  • Utilisation commerciale et adaptations : Toute reproduction intégrale, distribution dans un produit commercial, intégration logicielle payante ou traduction officielle destinée à la commercialisation requiert l’autorisation formelle du bureau des droits de l’APA (APA Permissions Office / RightsLink).

12. Références / References

Les références bibliographiques ci-dessous sont présentées selon les normes de l’American Psychological Association (APA, 7e édition) :

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions: Using the 5-point rating scale below, indicate how uncharacteristic or characteristic each statement is of you by rating each item accordingly.

Response Scale:
1 = Extremely uncharacteristic
2 = Somewhat uncharacteristic
3 = Neither uncharacteristic nor characteristic
4 = Somewhat characteristic
5 = Extremely characteristic
  1. Some of my friends think I am a hothead.
  2. If I have to resort to violence to protect my rights‚ I will.
  3. When people are especially nice to me‚ I wonder what they want.
  4. I tell my friends openly when I disagree with them.
  5. I have become so mad that I have broken things.
  6. I can’t help getting into arguments when people disagree with me.
  7. I wonder why sometimes I feel so bitter about things.
  8. Once in a while‚ I can’t control the urge to strike another person.
  9. I am an even-tempered person.
  10. I am suspicious of overly friendly strangers.
  11. I have threatened people I know.
  12. I flare up quickly but get over it quickly.
  13. Given enough provocation‚ I may hit another person.
  14. When people annoy me‚ I may tell them what I think of them.
  15. I am sometimes eaten up with jealousy.
  16. I can think of no good reason for ever hitting a person.
  17. At times I feel I have gotten a raw deal out of life.
  18. I have trouble controlling my temper.
  19. When frustrated‚ I let my irritation show.
  20. I sometimes feel that people are laughing at me behind my back.
  21. I often find myself disagreeing with people.
  22. If somebody hits me‚ I hit back.
  23. I sometimes feel like a powder keg ready to explode.
  24. Other people always seem to get the breaks.
  25. There are people who pushed me so far that we came to blows.
  26. I know that « friends » talk about me behind my back.
  27. My friends say that I’m somewhat argumentative.
  28. Sometimes I fly off the handle for no good reason.
  29. I get into fights a little more than the average person.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 14). Questionnaire d’agressivité de Buss-Perry (AGQ). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-agressivite-buss-perry-agq
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’agressivité de Buss-Perry (AGQ).” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-agressivite-buss-perry-agq.
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’agressivité de Buss-Perry (AGQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-agressivite-buss-perry-agq.