1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire abrégé sur les traumatismes de trahison (Brief Betrayal Trauma Survey [BBTS]), développé par Lewis R. Goldberg et Jennifer J. Freyd en 2006, est un instrument d’auto-évaluation psychométrique conçu pour répertorier et catégoriser l’exposition à divers événements potentiellement traumatiques au cours de la vie. Fondé sur la théorie du traumatisme de trahison (Betrayal Trauma Theory), le BBTS comble une lacune méthodologique majeure des inventaires traumatologiques traditionnels en discriminant systématiquement le degré de proximité relationnelle unissant la victime à l’auteur de l’agression. L’instrument comporte 12 items fondamentaux déclinés en deux périodes développementales distinctes : les événements survenus avant l’âge de 18 ans (enfance et adolescence, items 1 à 12) et ceux survenus à l’âge de 18 ans ou plus (âge adulte, items 13 à 24), totalisant ainsi 24 déclarations évaluées.
Le format de réponse repose sur une échelle ordinale catégorielle à trois points : 1 = Jamais (Never), 2 = 1 ou 2 fois (1 or 2 times), et 3 = Plus que cela (More than that). Cette métrique permet d’extraire des scores de fréquence ou d’incidence catégorielle selon trois dimensions principales : les traumatismes à haute trahison (High Betrayal, perpétrés par un proche ou une figure d’attachement), les traumatismes à trahison modérée (Medium Betrayal, perpétrés par une personne connue mais non intime) et les traumatismes à faible ou sans trahison (Low Betrayal, incluant catastrophes naturelles et accidents impersonnels), tout en croisant ces données avec la dimension de menace vitale (Life Threat). Sur le plan psychométrique, le BBTS affiche une excellente stabilité temporelle test-retest sur un intervalle d’un an (coefficients de corrélation variant de .63 à .88 selon les items), une validité de construit confirmée et une validité différentielle robuste, démontrant que les traumatismes à haute trahison prédisent spécifiquement la dissociation, la dépression et la dérégulation émotionnelle, indépendamment du niveau de menace pour la vie.
2. Mots-clés / Keywords
traumatisme de trahison, théorie du traumatisme de trahison, abus interpersonnel, maltraitance infantile, dissociation, cécité à la trahison, trouble de stress post-traumatique, attachement adulte, évaluation psychométrique, victimologie, mémoire traumatique, fidélité test-retest, violence conjugale, dérégulation émotionnelle, validité de construit.
3. Auteurs / Authors
Le Brief Betrayal Trauma Survey (BBTS) a été conjointement élaboré par deux figures majeures de la psychologie contemporaine :
- Jennifer J. Freyd, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à l’Université de l’Oregon, chercheuse affiliée à l’Université Stanford et fondatrice-présidente du Center for Institutional Courage. Jennifer J. Freyd est la théoricienne pionnière de la théorie du traumatisme de trahison, de la cécité à la trahison (betrayal blindness) et du courage institutionnel. Ses travaux ont profondément reconfiguré la recherche sur l’amnésie traumatique, les violences sexuelles et l’impact développemental des abus intrafamiliaux.
- Lewis R. Goldberg, Ph.D. : Chercheur émérite à l’Oregon Research Institute (ORI) et professeur émérite à l’Université de l’Oregon. Lewis Goldberg est l’un des plus éminents spécialistes mondiaux de la psychométrie différentielle et de la structure de la personnalité, largement reconnu pour ses contributions fondamentales au modèle des Big Five et au développement de l’International Personality Item Pool (IPIP).
4. Objectif / Purpose
Justification conceptuelle et nécessité métrologique
Pendant plusieurs décennies, l’évaluation du trouble de stress post-traumatique (TSPT) au sein de la psychiatrie et de la psychologie clinique est demeurée largement dominée par un modèle centré sur la terreur, le danger physique objectif et la menace vitale immédiate (life threat). Les inventaires classiques de traumatismes, tels que la Life Events Checklist (LEC) ou le Trauma Symptom Inventory (TSI), traitaient fréquemment les événements traumatiques comme des stresseurs environnementaux génériques, sans accorder une valeur structurale déterminante à la nature du lien social liant la victime à l’auteur de l’acte.
Cependant, les observations cliniques et les données de recherche indiquaient de manière répétée que les victimes de violences commises par des donneurs de soins primaires, des partenaires intimes ou des personnes envers lesquelles un haut niveau de confiance était investi développaient des tableaux cliniques atypiques. Ces tableaux étaient dominés par la dissociation, l’amnésie psychogène, l’engourdissement affectif, les somatisations et les perturbations relationnelles chroniques, plutôt que par l’hyperactivation neurovégétative pure typique des phobies ou des traumatismes liés au combat. Le BBTS a été spécifiquement développé pour opérationnaliser la mesure empirique de cette distinction relationnelle fondamentale.
Applications en recherche fondamentale et contextes cliniques
Le BBTS remplit plusieurs rôles cruciaux au sein de la recherche clinique et de la pratique psychothérapeutique :
- Différenciation relationnelle fine : Il permet de catégoriser avec précision les événements selon qu’ils sont interpersonnels ou non-interpersonnels, et selon le statut de l’agresseur (personne intime/proche vs personne non intime/inconnue).
- Analyse de la trajectoire développementale : En dissociant systématiquement les agressions subies avant l’âge de 18 ans de celles vécues à l’âge adulte, l’outil autorise l’étude longitudinale de la revictimisation et l’évaluation différentielle des traumatismes complexes de l’enfance par rapport aux traumatismes survenus sur une personnalité déjà structurée.
- Prédiction des trajectoires psychopathologiques : Le BBTS sert de prédicteur robuste pour investiguer l’émergence des symptômes dissociatifs, des troubles de la personnalité limite (Borderline Personality Disorder), des douleurs chroniques inexpliquées et des altérations de la régulation émotionnelle.
- Usage épidémiologique et en santé publique : Grâce à sa brièveté (12 items fondamentaux), il peut être inséré dans de vastes enquêtes communautaires sans induire une fatigue cognitive excessive chez les répondants ni déclencher de décompensations émotionnelles aiguës dues à une remémoration trop intrusive.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le BBTS s’articule autour de l’intersection de deux dimensions orthogonales majeures théorisées par Freyd : la Trahison Sociale (Social Betrayal) et la Menace Vitale (Life Threat). Contrairement aux modèles unidimensionnels de sévérité du trauma, le BBTS postule que la nature des séquelles psychiques dépend directement de la configuration relative de ces deux axes.
Typologie dimensionnelle du modèle de Freyd & Goldberg :
- Haute Trahison / Haute Menace : Attaque délibérée avec arme par un parent ou partenaire.
- Haute Trahison / Faible Menace directe : Abus psychologique continu ou abus sexuel par manipulation émotionnelle/inceste sans violence physique manifeste.
- Faible Trahison / Haute Menace : Catastrophes naturelles, accidents majeurs, fusillades de masse perpétrées par des inconnus.
- Faible Trahison / Faible Menace : Accidents mineurs, blessures fortuites impersonnelles.
1. Traumatismes à haute trahison (High Betrayal Traumas)
Ces événements impliquent une violation caractérisée de la confiance, perpétrée par un individu dont la victime dépendait fondamentalement pour sa survie physique, son développement affectif, sa sécurité ou sa subsistance économique (typiquement un parent, un tuteur légal, un conjoint ou un partenaire intime). Les items 5, 8, 10 et 12 (ainsi que l’item 3 dans certaines configurations de négligence/responsabilité directe) incarnent cette dimension. L’agression physique sévère, l’exploitation sexuelle par contrainte physique ou par pression psychologique exercée par une figure d’attachement provoquent un conflit adaptatif majeur chez la victime : reconnaître la trahison oblige à fuir ou à affronter l’agresseur, ce qui conduirait à l’abandon ou à une escalade mortelle de la violence.
2. Traumatismes à trahison modérée (Medium Betrayal Traumas)
Cette catégorie englobe des actes interpersonnels préjudiciables où l’auteur est connu de la victime, mais sans que n’existe un lien de dépendance vitale ou d’intimité profonde (par exemple : un collègue de travail, une connaissance de voisinage, un camarade de classe non intime). Les items 7 et 11 mesurent typiquement ces interactions (attaques physiques sans arme ou contacts sexuels obtenus par pressions non physiques par une personne non intime). La rupture de confiance existe au sens de l’ordre social ou institutionnel local, mais elle n’invalide pas directement le système d’attachement primaire du sujet.
3. Traumatismes à faible trahison ou sans trahison (Low / No Betrayal Traumas)
Cette dimension rassemble les événements où la causalité du dommage est impersonnelle ou imputable à un tiers totalement étranger. Elle est opérationnalisée par les items 1 (catastrophes naturelles telles qu’ouragans, incendies, séismes), 2 (accidents majeurs de la circulation ou du travail), 4 (maladies physiques engageant le pronostic vital), ainsi que les items 6 et 9 (agressions physiques sévères ou viols commis par de parfaits inconnus). Dans ces situations, le système d’évaluation du danger identifie une menace externe claire. La réponse physiologique optimale est régie par l’alarme adrénergique, la peur aiguë, la réaction de combat-fuite (fight-or-flight) et l’hyper-vigilance, sans distorsion requise de la conscience sociale.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le socle théorique du BBTS est la Théorie du traumatisme de trahison (Betrayal Trauma Theory – BTT), formulée par Jennifer J. Freyd au milieu des années 1990 (Freyd, 1994, 1996, 1999). La BTT s’enracine au carrefour de la psychologie évolutionniste, de la théorie de l’attachement de John Bowlby et des sciences cognitives du traitement de l’information.
Le paradoxe de la dépendance et la « cécité à la trahison »
D’un point de vue évolutif, la détection des tricheries et des trahisons au sein du groupe social est essentielle à la survie de l’espèce humaine. Lorsqu’un individu est trahi par un pair non essentiel, la réaction normale consiste à rompre le contact, à manifester de la colère et à exclure l’agresseur de son cercle coopératif. Cependant, un dilemme adaptatif insoluble survient lorsque l’auteur de la maltraitance est la figure même dont la survie de la victime dépend (par exemple, un jeune enfant maltraité par sa mère ou son père biologique).
Si l’enfant réagit à la violence par la lutte ou la fuite, il s’expose à deux sanctions potentiellement fatales : la destruction physique par un parent infiniment plus puissant ou l’abandon total, synonyme de mort biologique pour un jeune être dépendant. Pour préserver le lien d’attachement nourricier, le système cognitif de la victime met en place un mécanisme adaptatif appelé la cécité à la trahison (betrayal blindness). Ce mécanisme requiert une inhibition active de la prise de conscience, un fractionnement de la mémoire autobiographique et le recours à la dissociation psychologique.
Différenciation sémiologique : Menace vitale vs Trahison relationnelle
Freyd postule que le système nerveux central traite de façon neurobiologiquement dissociée deux classes distinctes d’informations environnementales préjudiciables :
- La réponse à la menace vitale : Régulée par l’amygdale et l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA), elle engendre les symptômes cardinaux du TSPT de l’axe I du DSM : intrusions mnésiques stéréotypées (flashbacks), évitement phobique des indices environnementaux, hyper-activation motrice et panique.
- La réponse à la trahison : Régulée par des mécanismes sociocognitifs complexes, elle engendre l’engourdissement affectif (emotional numbing), l’amnésie dissociative fonctionnelle, l’anesthésie corporelle, la dépersonnalisation, la dépression majeure et la répétition de liens dysfonctionnels. L’organisme « oublie » ou compartimente la trahison pour maintenir la viabilité relationnelle immédiate.
Lorsque les deux dimensions se superposent à des niveaux extrêmes (ex. un inceste violent accompagné de menaces de mort), la victime présente la cooccurrence d’un TSPT sévère et de troubles dissociatifs massifs, tableau aujourd’hui assimilé au Trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C) décrit dans la CIM-11 de l’Organisation Mondiale de la Santé.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du BBTS a fait l’objet de multiples investigations empiriques dans des cohortes cliniques, communautaires et universitaires (Goldberg & Freyd, 2006 ; Freyd et al., 2005 ; Gobin & Freyd, 2009 ; Kaehler & Freyd, 2009).
Validité de construit et validité différentielle
La validité de construit repose sur la capacité de l’instrument à démontrer que les traumatismes à haute trahison produisent un profil clinique distinct des traumatismes à faible trahison. Dans l’étude de référence de Goldberg et Freyd (2006), menée sur un vaste échantillon représentatif de la communauté adulte d’Eugene-Springfield (Oregon), les analyses ont prouvé que les traumatismes à haute trahison présentaient des corrélations robustes et spécifiques avec des indices d’alexithymie, de somatisation et de détresse psychologique générale, alors que les traumatismes à faible trahison (accidents, catastrophes) n’expliquaient qu’une variance marginale de ces troubles une fois la menace vitale contrôlée.
Validité convergente
La validité convergente du BBTS a été établie par sa confrontation à d’autres échelles standardisées :
- Dissociation : Des corrélations significatives (r oscillant typiquement entre .35 et .55, p < .001) ont été systématiquement relevées entre les scores de haute trahison du BBTS et l’échelle des expériences dissociatives (Dissociative Experiences Scale [DES] de Bernstein et Putnam). Plus le nombre d’événements à haute trahison subis durant l’enfance est élevé, plus le score global de dissociation est critique.
- Dépression et détresse affective : Les sous-échelles de haute trahison corrèlent positivement avec le Beck Depression Inventory (BDI) et les indices de dépression du Brief Symptom Inventory (BSI).
- Personnalité limite : Kaehler et Freyd (2009) ont démontré que les scores à haute trahison au BBTS prédisaient significativement les traits de la personnalité borderline, même après contrôle statistique rigoureux de l’anxiété générale et de la variance partagée par d’autres types d’adversités.
Validité prédictive et incrémentale
Freyd, Klest et Allard (2005) ont examiné la validité incrémentale du BBTS en démontrant que le score de haute trahison prédisait la morbidité médicale physique autodéclarée (nombre de consultations médicales, symptômes gastro-intestinaux, céphalées chroniques) au-delà des prédicteurs démographiques et du nombre absolu d’événements traumatiques vécus. Ce résultat confirme que ce n’est pas la simple accumulation d’expériences stressantes, mais bien la nature trahissante de la relation qui affecte durablement l’homéostasie physiologique.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité des questionnaires de traumatismes passés présente une particularité méthodologique : contrairement à une échelle de personnalité ou à un test d’aptitude, une liste de contrôle d’événements traumatiques constitue un modèle formatif plutôt qu’un modèle réflectif. Dès lors, le coefficient classique alpha de Cronbach est souvent d’une interprétation ambiguë, car subir une catastrophe naturelle (item 1) n’a pas de raison théorique de covarier fortement avec le fait d’avoir subi un abus sexuel intrafamilial (item 10). La métrique fondamentale pour établir la qualité psychométrique de ces instruments est donc la stabilité temporelle test-retest.
Stabilité test-retest
Dans l’étude longitudinale de Goldberg et Freyd (2006), la fidélité test-retest du BBTS a été évaluée auprès d’un échantillon communautaire adulte réinterrogé après un intervalle substantiel d’une année complète (1-year retest interval) :
- Concordance des items individuels : Les coefficients de corrélation tétrachorique et les coefficients Kappa de Cohen pour les 12 items fondamentaux ont oscillé entre .63 et .88, ce qui démontre une remarquable stabilité temporelle du rappel autobiographique, en particulier pour les événements objectifs majeurs.
- Stabilité par classe de trahison : Les scores composites de haute trahison ont affiché un coefficient de fidélité test-retest supérieur à r = .80, indiquant que les sujets maintiennent une cohérence robuste dans la déclaration de leur historique d’abus graves au fil des ans.
- Différences de genre dans la stabilité : L’étude a révélé que la fidélité des déclarations était équivalente chez les hommes et les femmes, bien que les femmes déclarent un taux significativement plus élevé de traumatismes à haute trahison (violences sexuelles par des proches) et les hommes une proportion plus grande d’attaques perpétrées par des étrangers.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Bien que le BBTS soit principalement employé comme une grille d’inventaire clinique catégorielle et cumulative, des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont été conduites pour valider la structure dimensionnelle sous-jacente des événements répertoriés.
Structure orthogonale : Trahison vs Menace
Les modélisations en équations structurelles et les analyses factorielles réalisées sur de grands échantillons communautaires et universitaires corroborent l’existence de facteurs distincts plutôt que d’un facteur général unique de « stress traumatique » :
- Facteur 1 : Trahison Interpersonnelle Élevée (Haute Trahison) — Caractérisé par de fortes saturations (> .60) des items évaluant les agressions physiques sévères (item 5/17), les agressions physiques sans arme (item 8), et les contacts sexuels non désirés par contrainte ou pression (items 10 et 12) commis exclusivement par des personnes très proches.
- Facteur 2 : Menace Vitale / Traumatisme Non-Interpersonnel (Faible Trahison) — Rassemble avec de fortes saturations les catastrophes naturelles (item 1/13), les accidents majeurs de transport ou de travail (item 2/14) et les maladies engageant le pronostic vital (item 4).
- Facteur 3 : Violence Interpersonnelle Externe (Trahison Faible à Modérée) — Isole les agressions physiques et sexuelles perpétrées par des personnes non intimes ou de parfaits inconnus (items 6, 7, 9, 11).
Ces résultats statistiques démontrent sans équivoque que la matrice relationnelle d’un traumatisme ne constitue pas un bruit de mesure aléatoire, mais organise de façon structurale la typologie des événements rapportés par les survivants.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le BBTS se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé concis. Ci-dessous figurent les spécifications techniques de l’instrument :
- Nom officiel : Brief Betrayal Trauma Survey (BBTS)
- Auteurs : Lewis R. Goldberg, Ph.D. & Jennifer J. Freyd, Ph.D. (2006)
- Format d’administration : Questionnaire d’auto-évaluation individuel (papier-crayon ou informatisé)
- Nombre d’items nominaux : 12 énoncés d’événements traumatiques
- Double temporalité d’évaluation : Chaque item est scindé en deux fenêtres temporelles distinctes, générant 24 points de données :
- Before age 18 (Avant l’âge de 18 ans : enfance et adolescence)
- Age 18 or older (À l’âge de 18 ans ou plus : âge adulte)
- Échelle de réponse (Response Scale) :
Réponse catégorielle ordinale à 3 modalités pour chacune des deux périodes temporelles :
1 = Never (Jamais)
2 = 1 or 2 times (1 ou 2 fois)
3 = More than that (Plus que cela) - Modalités de cotation et de calcul des scores (Scoring Options) :
- Approche dimensionnelle par sous-échelles : Calcul d’un score de somme ou de moyenne pour les items de Haute Trahison (items 3, 5, 8, 10, 12), de Trahison Modérée (items 2, 7, 11) et de Faible Trahison (items 1, 4, 6, 9), séparément pour l’enfance (< 18 ans), l’âge adulte (≥ 18 ans) ou sur la vie entière.
- Approche catégorielle / dichotomique : Classification des individus selon qu’ils ont ou non été exposés à au moins un traumatisme à haute trahison (ex. 0 = Aucune exposition, 1 = Au moins une exposition).
- Approche d’incidence cumulative : Dénombrement du total d’événements distincts vécus par classe de trahison.
- Temps moyen de passation : Environ 5 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Année de publication officielle
Le BBTS a été présenté lors de conférences scientifiques majeures à partir de 2004 (notamment lors du 20e congrès annuel de l’International Society for Traumatic Stress Studies [ISTSS]) et a été formellement publié dans la littérature internationale évaluée par les pairs en 2006 au sein du Journal of Trauma & Dissociation.
Droits d’utilisation, licence et accès académique
Le Brief Betrayal Trauma Survey relève du domaine des instruments développés pour l’avancement de la recherche scientifique et de la clinique universitaire :
- Gratuité pour la recherche et la pratique clinique : L’instrument est accessible gratuitement sans redevance financière pour les chercheurs académiques, les cliniciens et les étudiants dans le cadre de leurs travaux de recherche ou de soins psychologiques, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Goldberg et Freyd (2006).
- Propriété intellectuelle : Les auteurs détiennent les droits moraux sur l’outil. Aucune altération du texte des items, modification des options de réponse ou commercialisation dans des progiciels propriétaires payants n’est permise sans l’autorisation écrite préalable de Jennifer J. Freyd.
- Accès au matériel : Le questionnaire original ainsi que les lignes directrices de cotation sont téléchargeables via les archives du laboratoire de recherche de Jennifer J. Freyd hébergées sur les serveurs de l’Université de l’Oregon.
12. Références / References
Voici les références académiques majeures relatives au BBTS et à la théorie du traumatisme de trahison, présentées selon les normes de l’APA (7e édition) avec liens hypertextes :
- Becker-Blease, K. A., & Freyd, J. J. (2008). A preliminary study of ADHD symptoms and correlates: Do abused children differ from non-abused children? Journal of Aggression, Maltreatment & Trauma, 17(1), 133–140. https://doi.org/10.1080/10926770802251021
- Cromer, L. D., & Freyd, J. J. (2007). What influences believing abuse reports? The roles of depicted memory persistence, participant gender, trauma history, and sexism. Psychology of Women Quarterly, 31(1), 13–22. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.2007.00327.x
- Freyd, J. J. (1994). Betrayal trauma: Traumatic amnesia as an adaptive response to childhood abuse. Ethics & Behavior, 4(4), 307–329. https://doi.org/10.1207/s15327019eb0404_1
- Freyd, J. J. (1996). Betrayal trauma: The logic of forgetting childhood abuse. Harvard University Press.
- Freyd, J. J. (1999). Blind to betrayal: New perspectives on impairment, betrayal, and unpunished abuse. Mind and Human Interaction, 10, 186–194.
- Freyd, J. J. (2001). Theories of blind spots: A response to commentaries. Journal of Trauma & Dissociation, 2(3), 101–111. https://doi.org/10.1300/J229v02n03_07
- Freyd, J. J., & Goldberg, L. R. (2004, November 14–18). Gender difference in exposure to betrayal trauma [Paper presentation]. 20th Annual Meeting of the International Society for Traumatic Stress Studies (ISTSS), New Orleans, LA, United States.
- Freyd, J. J., Klest, B., & Allard, C. B. (2005). Betrayal trauma: Relationship to physical health, psychological distress, and a written disclosure intervention. Journal of Trauma & Dissociation, 6(3), 83–104. https://doi.org/10.1300/J229v06n03_04
- Gobin, R. L., & Freyd, J. J. (2009). Betrayal and revictimization: Preliminary findings. Psychological Trauma: Theory, Research, Practice, and Policy, 1(3), 242–257. https://doi.org/10.1037/a0017478
- Goldberg, L. R., & Freyd, J. J. (2006). Self-reports of potentially traumatic experiences in an adult community sample: Gender differences and test-retest stabilities of the items in a Brief Betrayal-Trauma Survey. Journal of Trauma & Dissociation, 7(3), 39–63. https://doi.org/10.1300/J229v07n03_04
- Hulette, A. C., Kaehler, L. A., & Freyd, J. J. (2011). Intergenerational associations between trauma and dissociation. Journal of Family Violence, 26(3), 217–225. https://doi.org/10.1007/s10896-011-9357-6
- Kaehler, L. A., & Freyd, J. J. (2009). Borderline personality characteristics: A betrayal trauma approach. Psychological Trauma: Theory, Research, Practice, and Policy, 1(4), 261–268. https://doi.org/10.1037/a0017833
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Format & Instructions:
For each item below, report exposure for two timeframes: « Before age 18 » and « Age 18 or older » using the following scale:
1 = Never
2 = 1 or 2 times
3 = More than that
-
Being in a major natural disaster (e.g., an earthquake, fire, hurricane, or tornado) that you thought might kill or seriously injure you or someone else.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Being in a major accident (e.g., car, work, recreation) that you thought might kill or seriously injure you or someone else.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Being in a major accident (e.g., car, work, recreation) that was caused by someone who was close to you that you thought might kill or seriously injure you or someone else.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Experiencing a serious, life-threatening physical illness.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Being deliberately attacked with a weapon or deliberately beaten so badly that you thought you were going to be severely injured or die by someone who was very close to you.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Being deliberately attacked with a weapon or deliberately beaten so badly that you thought you were going to be severely injured or die by someone who was NOT close to you.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Being deliberately attacked with NO weapon and NOT beaten severely by someone who was NOT close to you.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Being deliberately attacked with NO weapon and NOT beaten severely by someone who was very close to you.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Being made to have some form of sexual contact (by force or threat of harm) with someone who was NOT close to you.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Being made to have some form of sexual contact (by force or threat of harm) with someone who was very close to you.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Being made to have some form of sexual contact (by nonphysical pressure) with someone who was NOT close to you.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that] -
Being made to have some form of sexual contact (by nonphysical pressure) with someone who was very close to you.
[Timeframe 1: Before age 18 — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]
[Timeframe 2: Age 18 or older — 1 = Never, 2 = 1 or 2 times, 3 = More than that]