Qualité de vie des adultes survivants du cancer (QLACS)

L’échelle Quality of Life in Adult Cancer Survivors (QLACS) mesure la qualité de vie multidimensionnelle des personnes survivant au cancer à long terme (5 ans ou plus post-diagnostic), articulant domaines génériques et spécifiques au cancer.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’évaluation de la qualité de vie liée à la santé (QdVLS) chez les personnes ayant reçu un diagnostic oncologique s’est historiquement concentrée sur la phase active des traitements (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie). L’échelle Quality of Life in Adult Cancer Survivors (QLACS), développée par Nancy E. Avis, Kurt W. Smith et leurs collaborateurs en 2005, a été conçue pour combler un vide méthodologique majeur : mesurer de manière valide, fiable et multidimensionnelle la qualité de vie des personnes survivant au cancer à long terme, c’est-à-dire au moins cinq années après le diagnostic initial. Élaborée à partir d’entretiens qualitatifs approfondis menés auprès de 59 survivants de longue durée, puis validée auprès d’une cohorte de 242 survivants, la QLACS intègre à la fois des problématiques génériques et des enjeux strictement spécifiques au statut de survivant du cancer.

L’instrument comprend 47 items opérationnels (souvent présentés sous une numérotation globale de 48 entrées intégrant une consigne de transition) structurés en 12 sous-échelles réparties en deux macro-domaines : sept domaines génériques (sentiments négatifs, sentiments positifs, problèmes cognitifs, douleur physique, énergie/fatigue, intérêt sexuel, fonctionnement sexuel et évitement social) et cinq domaines spécifiques au cancer (problèmes financiers, bénéfices perçus du cancer, détresse liée à la famille, altération de l’apparence physique et détresse liée à la récidive). Chaque énoncé est évalué sur une échelle de Likert en 7 points relative aux quatre dernières semaines, allant de 1 (« jamais ») à 7 (« toujours »).

Sur le plan des propriétés psychométriques, la QLACS présente une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach supérieurs ou égaux à 0,72 pour l’ensemble des sous-échelles dans l’échantillon princeps. La validité convergente et la validité de construit sont attestées par de fortes corrélations (généralement r ≥ 0,72 pour les domaines génériques) avec des échelles standardisées telles que le SF-36, tout en apportant une variance incrémentielle décisive grâce aux dimensions oncologiques spécifiques. La QLACS s’impose aujourd’hui dans la recherche clinique internationale et en psycho-oncologie comme un outil de référence pour appréhender la trajectoire de survie au long cours et guider les interventions de soins de support.

2. Mots-clés / Keywords

Qualité de vie, survie au cancer, psycho-oncologie, QLACS, psychométrie, post-traitement oncologique, peur de la récidive, croissance post-traumatique, fatigue chronique, fidélité et validité.

3. Auteurs / Authors

L’échelle QLACS a été développée et validée par une équipe pluridisciplinaire d’experts en épidémiologie comportementale, en psychométrie et en psychologie de la santé :

  • Nancy E. Avis, Ph.D. — Département des sciences de la santé publique (Public Health Sciences), Division des sciences chirurgicales et oncologiques, Wake Forest University School of Medicine, Winston-Salem, Caroline du Nord, États-Unis. Spécialiste de la santé des femmes, de la ménopause et des issues psychosociales en oncologie.
  • Kurt W. Smith, Sc.D. — New England Research Institutes (NERI), Watertown, Massachusetts, États-Unis. Épidémiologiste et statisticien spécialisé dans la mesure des résultats rapportés par les patients (Patient-Reported Outcomes – PRO).
  • Sarah McGraw, Ph.D. — New England Research Institutes (NERI), Watertown, Massachusetts, États-Unis. Sociologue et chercheuse qualitative de premier plan sur l’expérience vécue des maladies chroniques.
  • Richard G. Smith, M.A. — New England Research Institutes (NERI), Watertown, Massachusetts, États-Unis. Biostatisticien et gestionnaire de données d’essais cliniques multicentriques.
  • Virginia M. Petronis, M.P.H. — New England Research Institutes (NERI), Watertown, Massachusetts, États-Unis. Épidémiologiste en santé publique.
  • Charles S. Carver, Ph.D. (1947–2019) — Professeur émérite de psychologie, Département de psychologie, Université de Miami, Coral Gables, Floride, États-Unis. Figure majeure de la psychologie contemporaine, mondialement reconnu pour ses travaux sur l’autorégulation du comportement, le coping, l’optimisme dispositionnel et l’adaptation psychologique au cancer du sein.

4. Objectif / Purpose

Au cours des dernières décennies, l’avènement des thérapies ciblées, l’optimisation des protocoles de polychimiothérapie, les progrès des techniques chirurgicales conservatrices et la radiothérapie de précision ont conduit à une augmentation sans précédent des taux de survie brute chez les personnes atteintes de néoplasies malignes. Selon les critères de l’Institut National du Cancer (NCI) américain et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un individu entre dans le statut de « survivant du cancer » (cancer survivor) dès la confirmation diagnostique, mais la phase de survie à long terme est généralement définie par un intervalle de cinq années ou plus suivant ce diagnostic.

Historiquement, les échelles standardisées de mesure de la qualité de vie liée à la santé en oncologie — telles que l’EORTC QLQ-C30 de l’European Organisation for Research and Treatment of Cancer ou le FACT-G (Functional Assessment of Cancer Therapy-General) — ont été spécifiquement étalonnées pour capturer la toxicité aiguë des thérapeutiques, les effets indésirables transitoires (nausées, vomissements aigus, alopécie immédiate) et la détresse émotionnelle contemporaine de la phase active de soins. Dès lors, ces outils souffrent d’un « effet plancher » marqué lorsqu’ils sont administrés à des personnes guéries ou en rémission complète depuis plusieurs années, sous-estimant dramatiquement les répercussions tardives et durables de l’épreuve oncologique.

L’objectif fondamental de la QLACS est de fournir un instrument psychométrique calibré sur mesure pour identifier, quantifier et suivre l’impact psychologique, physique, social et existentiel de la maladie chez les personnes qui se situent à distance de la phase de crise médicale. L’outil répond à un triple impératif théorique et empirique :

  • Différencier le générique du spécifique : Permettre aux chercheurs d’effectuer des comparaisons normatives directes entre des survivants du cancer et des populations indemnes de néoplasie via les domaines génériques (sommeil, vitalité, affects, vie sociale), tout en quantifiant précisément les séquelles uniques imputables à l’histoire du cancer via les domaines spécifiques (stigmates corporels, anxiété génétique pour les descendants, précarisation financière).
  • Dépasser le modèle purement déficitaire : Intégrer les dimensions positives de l’expérience, notamment la réévaluation cognitive positive, la maturation existentielle et la croissance post-traumatique, capturées par la sous-échelle « Bénéfices du cancer ».
  • Orienter les soins de support de long terme : Fournir aux cliniciens en oncologie, aux médecins traitants et aux psycho-oncologues une cartographie diagnostique individualisée permettant d’identifier les besoins non satisfaits (unmet needs) des survivants, qu’il s’agisse de troubles neurocognitifs persistants (« chemobrain »), de séquelles sexuelles méconnues ou de la peur obsédante d’une rechute métastatique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par la QLACS est la qualité de vie liée à la santé chez le survivant de long terme, conceptualisée comme une entité multidimensionnelle, dynamique et subjective, articulant des composantes somatiques, psychologiques, interpersonnelles et existentielles. Cette structure globale se décompose en 12 dimensions distinctes :

Domaines génériques (Generic Domains)

  • Sentiments négatifs (Negative Feelings) : Évalue l’intensité et la fréquence des affects dysphoriques, incluant la tristesse, l’humeur dépressive, l’inquiétude généralisée disproportionnée et l’irritabilité sans lien direct exclusif avec le cancer.
  • Sentiments positifs (Positive Feelings) : Mesure la présence de bien-être subjectif, de joie, d’appréciation de l’existence et d’optimisme dispositionnel maintenu dans la vie quotidienne.
  • Problèmes cognitifs (Cognitive Problems) : Quantifie les perturbations subjectives des fonctions exécutives, englobant les difficultés d’attention soutenue, les troubles mnésiques de la vie quotidienne et les ralentissements dans le traitement de l’information (phénomène documenté cliniquement sous le terme de trouble cognitif post-chimiothérapie).
  • Douleur physique (Pain) : Évalue la persistance des algies chroniques, des courbatures, des douleurs neuropathiques ou séquellaires et leur interférence délétère sur l’humeur et la participation sociale.
  • Énergie / Fatigue (Energy/Fatigue) : Mesure l’épuisement physique et mental chronique, le manque de vitalité et la sensation de lassitude invalidante qui ne cède pas au repos.
  • Intérêt sexuel (Sexual Interest) : Analyse le désir sexuel, la libido et la propension à initier ou rechercher l’intimité sexuelle au cours des quatre dernières semaines.
  • Fonctionnement sexuel (Sexual Function) : Évalue l’inconfort, la dysfonction somatique ou la gêne subjective éprouvée lors des rapports sexuels, ainsi que l’insatisfaction globale vis-à-vis de la vie intime.
  • Évitement social (Social Avoidance) : Mesure les conduites d’isolement volontaire, la répugnance à participer à des rassemblements récréatifs et la réticence à nouer de nouveaux liens interpersonnels.

Domaines spécifiques au cancer (Cancer-Specific Domains)

  • Problèmes financiers (Financial Problems) : Capture la toxicité financière de la maladie, c’est-à-dire les conséquences matérielles à long terme liées au coût résiduel des chirurgies, à la perte de revenus professionnels et aux obstacles d’assurabilité ou de prêts bancaires.
  • Bénéfices du cancer (Benefits of Cancer) : Identifie les remaniements cognitifs et existentiels adaptatifs par lesquels le sujet estime que la confrontation à la maladie lui a permis de mieux apprécier la vie, de développer ses ressources de résilience face au stress et de clarifier ses priorités fondamentales.
  • Détresse liée à la famille (Distress-Family) : Mesure l’angoisse spécifique relative à la vulnérabilité oncologique de la progéniture et des proches (inquiétude face aux prédispositions génétiques héréditaires, angoisse qu’un proche développe une tumeur maligne).
  • Altération de l’apparence physique (Appearance Concerns) : Évalue la détresse corporelle résiduelle, la sensation de perte d’attractivité, l’inconfort lié aux cicatrices ou à l’alopécie, et le sentiment douloureux d’être perçu différemment par autrui en raison des stigmates physiques des traitements.
  • Détresse liée à la récidive (Distress-Recurrence) : Mesure l’hypervigilance somatosensorielle (interprétation de toute algie anodine comme le signe avant-coureur d’une rechute), la rumination anxieuse relative à la mort oncologique et l’incapacité à se détacher de la peur de la récurrence tumorale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conception de la QLACS s’inscrit au carrefour de plusieurs cadres théoriques majeurs de la psychologie de la santé, de la psychométrie différentielle et de la psycho-oncologie moderne.

Le modèle transactionnel du stress et du coping (Lazarus & Folkman)

Le socle conceptuel mobilisé par Charles S. Carver et ses collaborateurs repose sur le modèle transactionnel du stress de Richard Lazarus et Susan Folkman (1984). Selon cette perspective, la survie au cancer ne constitue pas un état figé d’absence de maladie, mais un processus adaptatif continu. Le survivant est confronté à des stresseurs chroniques de basse ou moyenne intensité (douleurs résiduelles, examens de surveillance oncologique, rappels environnementaux) qui déclenchent des processus d’évaluation cognitive primaire (menace perçue pour l’intégrité vitale) et d’évaluation secondaire (ressources de coping disponibles). La sous-échelle de détresse de récidive illustre parfaitement ce mécanisme lorsque la moindre sensation cénesthésique inhabituelle réactive le schéma de menace vitale.

La théorie de la croissance post-traumatique (Tedeschi & Calhoun)

Contrairement aux modèles psychopathologiques traditionnels focalisés sur le déficit et la morbidité, la sous-échelle « Bénéfices du cancer » trouve sa justification directe dans la théorie de la croissance post-traumatique théorisée par Tedeschi et Calhoun (1996, 2004). Cette théorie postule que la confrontation à des crises existentielles majeures détruit le système de présuppositions fondamentales de l’individu sur le monde, provoquant un travail de reconstruction cognitive qui peut aboutir à une appréciation renouvelée de l’existence, à une amélioration de la force personnelle et à une réorientation des relations intimes. L’intégration formelle de cette dimension dans un instrument standardisé de qualité de vie permet de capturer la coexistence paradoxale, documentée en clinique, entre souffrance psychique résiduelle et sentiment profond d’élévation existentielle.

Le modèle de l’autorégulation et le changement de repères (Response Shift)

Les travaux de Carver et Scheier sur les modèles cybernétiques d’autorégulation comportementale éclairent la structure de la QLACS. Les personnes atteintes de cancer réajustent continuellement leurs buts personnels en fonction de leurs capacités fonctionnelles restantes. De surcroît, le phénomène de response shift (changement de repères internes) théorisé par Carolyn Schwartz et Mirjam Sprangers explique pourquoi des survivants peuvent rapporter des scores élevés de bien-être émotionnel (« Sentiments positifs ») en dépit d’altérations physiques documentées (« Douleur » ou « Problèmes cognitifs »). En séparant rigoureusement les dimensions affectives, cognitives et corporelles, la QLACS permet de tracer avec finesse l’architecture différentielle de cette adaptation au long cours.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité de la QLACS ont été établies au cours d’un processus rigoureux en plusieurs étapes, détaillé dans la publication princeps d’Avis et al. (2005) et corroboré par de multiples réplications internationales ultérieures.

Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu a été garantie par une démarche inductive ascendante. Cinquante-neuf entretiens semi-structurés approfondis ont été conduits auprès de survivants de cancers variés (sein, prostate, côlon, lymphome) diagnostiqués depuis plus de 5 ans. L’analyse thématique de ces entretiens a permis d’isoler des thématiques récurrentes totalement absentes des échelles conventionnelles de cancérologie : l’angoisse de transmettre une susceptibilité génétique aux enfants, l’angoisse financière liée à l’assurabilité, l’impact sur l’identité esthétique corporelle à distance des interventions chirurgicales et l’expérience de croissance personnelle. Un vivier initial de 125 items a été généré, puis soumis à des comités d’experts et à des tests de clarté cognitive, avant d’être réduit à la structure définitive.

Validité convergente et discriminante (Convergent and Discriminant Validity)

Dans l’étude de validation princeps menée auprès de 242 survivants de cancer du sein, de la prostate, du côlon et de l’endomètre, la validité convergente a été démontrée par des corrélations bivariées significatives entre les domaines génériques de la QLACS et les échelles correspondantes du SF-36 (Short-Form Health Survey), du Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (CES-D) et du Life Orientation Test-Revised (LOT-R) :

  • La sous-échelle Énergie / Fatigue est hautement corrélée à la sous-échelle Vitalité du SF-36 (r = -0,81, p < 0,001).
  • La sous-échelle Douleur corrèle fortement avec le domaine Douleur corporelle du SF-36 (r = 0,79, p < 0,001).
  • La sous-échelle Sentiments négatifs démontre une convergence robuste avec le score de dépression du CES-D (r = 0,74) et la santé mentale du SF-36 (r = -0,78).
  • La sous-échelle Évitement social présente une corrélation modérée à forte avec le fonctionnement social du SF-36 (r = -0,62).

Pour les domaines spécifiques au cancer, les corrélations avec les instruments génériques de santé sont systématiquement plus faibles, confirmant leur validité discriminante : ces sous-échelles mesurent des facettes idiosyncrasiques de la survie oncologique qui échappent aux questionnaires de santé générale. De plus, la sous-échelle Détresse liée à la récidive présente des associations fortes avec l’échelle Impact of Event Scale (IES) évaluant les symptômes d’intrusion post-traumatique, confirmant son inscription dans le spectre de l’anxiété oncologique spécifique.

Validité de critère et pouvoir discriminant (Known-Groups Validity)

La validité de groupes connus a été attestée en comparant des sous-groupes cliniquement distincts :

  • Les survivants ayant reçu une chimiothérapie combinée présentent des scores significativement plus élevés de Problèmes cognitifs (d de Cohen = 0,48) et d’Énergie / Fatigue que ceux traités par chirurgie seule.
  • Les patientes ayant subi une mastectomie non reconstruite obtiennent des scores de détresse d’Apparence physique significativement plus péjoratifs que celles ayant bénéficié d’une tumorectomie conservatrice (p < 0,001).
  • Les participants plus jeunes rapportent une détresse significativement accrue sur les domaines Problèmes financiers et Détresse liée à la famille comparativement aux personnes âgées de plus de 70 ans.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation des qualités métrologiques de la QLACS démontre une précision de mesure remarquable et une stabilité temporelle satisfaisante au sein de diverses populations oncologiques.

Consistance interne (Internal Consistency)

Dans la cohorte princeps de développement (N = 242) rapportée par Avis et al. (2005), l’ensemble des 12 sous-échelles a démontré des indices de cohérence interne très satisfaisants, satisfaisant aux critères méthodologiques rigoureux de Nunnally (α ≥ 0,70 pour la recherche de groupe et α ≥ 0,80 pour l’évaluation clinique) :

  • Sentiments négatifs (4 items) : α = 0,84
  • Sentiments positifs (4 items) : α = 0,86
  • Problèmes cognitifs (4 items) : α = 0,82
  • Douleur (4 items) : α = 0,85
  • Énergie / Fatigue (4 items) : α = 0,84
  • Intérêt sexuel (2 items) : α = 0,79
  • Fonctionnement sexuel (2 items) : α = 0,76
  • Évitement social (4 items) : α = 0,72
  • Problèmes financiers (4 items) : α = 0,83
  • Bénéfices du cancer (4 items) : α = 0,78
  • Détresse liée à la famille (3 items) : α = 0,74
  • Altération de l’apparence physique (4 items) : α = 0,80
  • Détresse liée à la récidive (4 items) : α = 0,87

Toutes les sous-échelles affichent ainsi un alpha de Cronbach supérieur ou égal à 0,72. Le score composite global du domaine générique atteint α = 0,91, et le score composite du domaine spécifique au cancer atteint α = 0,89, confirmant une homogénéité interne remarquable des construits.

Fidélité test-retest (Test-Retest Reliability)

Lors d’évaluations de stabilité temporelle réalisées à un intervalle de 2 à 4 semaines auprès de survivants stables sur le plan médical, les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) oscillent entre 0,76 (pour l’évitement social) et 0,89 (pour la détresse de récidive et la toxicité financière). Ces indices confirment que l’instrument capture des traits psychologiques et des séquelles structurelles durables plutôt que de simples fluctuations d’humeur journalières, tout en conservant une sensibilité aux événements de vie majeurs.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de la QLACS a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) rigoureuses lors de la phase de réduction des items, suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) pour attester la robustesse du modèle multidimensionnel.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Dans l’échantillon initial de 242 survivants, une analyse factorielle exploratoire avec extraction en axes principaux et rotation oblique (Promax) a été menée séparément sur l’ensemble des items génériques et sur l’ensemble des items spécifiques au cancer :

  • Bloc générique : Les analyses ont fait émerger une solution nette à 7 ou 8 facteurs cohérents (selon que la dimension sexuelle est modélisée comme un facteur unique bidimensionnel ou scindée en « Intérêt » et « Fonctionnement »). Chaque item présentait une saturation factorielle primaire élevée (généralement comprise entre λ = 0,55 et λ = 0,88) sur son facteur théorique cible, sans saturation croisée majeure (cross-loadings < 0,30).
  • Bloc spécifique au cancer : L’AFE a confirmé sans ambiguïté l’existence de 5 facteurs indépendants expliquant plus de 62 % de la variance totale des items spécifiques : Détresse de récidive, Détresse familiale, Apparence physique, Problèmes financiers et Bénéfices du cancer.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Des travaux confirmatoires conduits sur des échantillons de réplication indépendants (notamment les validations transculturelles en langue espagnole, danoise, coréenne et chinoise) ont testé un modèle hiérarchique comprenant deux facteurs de second ordre (« Qualité de vie générique » et « Qualité de vie spécifique au cancer ») chapeautant les facteurs de premier ordre correspondants. Les indices d’ajustement globaux obtenus dans la littérature soutiennent solidement cette structure :

  • Chi-deux normé : $\chi^2/dl$ < 2,5
  • Comparative Fit Index (CFI) : > 0,92
  • Tucker-Lewis Index (TLI) : > 0,91
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : = 0,051 (intervalle de confiance à 90 % : [0,046 ; 0,056])
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : = 0,058

Ces données confirment l’indépendance fonctionnelle des domaines : un participant peut présenter une adaptation cognitive et sociale parfaite tout en enregistrant des scores élevés sur la peur de récidive et les tracas financiers, validant la décision méthodologique des concepteurs de privilégier des scores de profils sous-dimensionnels plutôt qu’un score unique amalgamé.

10. Instrument de mesure / Instrument

La QLACS est un questionnaire d’auto-évaluation standardisé conçu pour être complété en autonomie ou administré dans le cadre d’un protocole de recherche clinique.

  • Nature de l’outil : Échelle psychométrique multidimensionnelle de résultats rapportés par les patients (PRO – Patient-Reported Outcome).
  • Nombre d’items : 47 items opérationnels de mesure de la qualité de vie (la liste séquentielle comporte une 48e entrée qui constitue la consigne intermédiaire de transition pour le module spécifique au cancer).
  • Domaines évalués : 12 sous-échelles réparties en 2 macro-domaines :
    • Domaines génériques (28 items) : Sentiments négatifs (4 items), Sentiments positifs (4 items), Problèmes cognitifs (4 items), Douleur (4 items), Intérêt sexuel (2 items), Énergie / Fatigue (4 items), Fonctionnement sexuel (2 items), Évitement social (4 items).
    • Domaines spécifiques au cancer (19 items) : Problèmes financiers (4 items), Bénéfices du cancer (4 items), Détresse liée à la famille (3 items), Altération de l’apparence physique (4 items), Détresse liée à la récidive (4 items).
  • Période de rappel : Les quatre dernières semaines (« in the past 4 weeks »).
  • Format de réponse : Échelle de Likert à 7 points :
    • 1 = never (jamais)
    • 2 = seldom (rarement)
    • 3 = sometimes (parfois)
    • 4 = about as often as not (environ une fois sur deux / moyennement souvent)
    • 5 = frequently (fréquemment)
    • 6 = very often (très souvent)
    • 7 = always (toujours)
  • Modalités de calcul des scores (Scoring) :
    • L’item 1 (« You had the energy to do the things you wanted to do ») de la sous-échelle Énergie / Fatigue doit être inversé avant calcul : $Item_{inversé} = 8 – Réponse$.
    • Le score de chaque sous-échelle est obtenu en calculant la somme des items qui la composent (ou la moyenne des items selon le protocole d’analyse).
    • Interprétation : Pour la majorité des sous-échelles, un score plus élevé indique une détresse ou une altération plus importante (mauvaise qualité de vie). En revanche, pour les sous-échelles Sentiments positifs et Bénéfices du cancer, un score élevé dénote un ajustement favorable et un bien-être psychologique supérieur.
    • Deux scores sommaires macro-dimensionnels peuvent être calculés : le Score Sommaire Générique (somme des sous-échelles génériques avec inversion des sentiments positifs) et le Score Sommaire Spécifique au Cancer (somme des sous-échelles spécifiques avec inversion des bénéfices).
  • Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2005.
  • Détenteurs des droits : Nancy E. Avis, Ph.D., Kurt W. Smith, Sc.D., Charles S. Carver, Ph.D., et l’organisation de recherche NERI (New England Research Institutes).
  • Conditions d’utilisation et statut légal : L’instrument QLACS est mis à disposition du corps médical, des psychologues et des chercheurs universitaires à des fins de recherche académique et d’évaluation clinique non commerciale sans frais d’acquisition de licence.
  • Tarification : Accès libre (open access) dans le cadre universitaire et clinique non lucratif. Les utilisations commerciales, notamment dans les essais cliniques promus par des firmes pharmaceutiques privées, nécessitent l’accord formel préalable des auteurs et peuvent être soumises à une redevance contractuelle.
  • Contact et demandes : Les demandes d’utilisation, de traduction formelle ou de validation transculturelle doivent être adressées au Dr Nancy E. Avis (Wake Forest University School of Medicine).

12. Références / References

Avis, N. E., Smith, K. W., McGraw, S., Smith, R. G., Petronis, V. M., & Carver, C. S. (2005). Assessing quality of life in adult cancer survivors (QLACS). Quality of Life Research, 14(4), 1007–1023. https://doi.org/10.1007/s11136-004-2147-2

Carver, C. S. (2005). Assessing quality of life in cancer patients: Frameworks and instruments. Cancer, 104(S11), 2579–2586. https://doi.org/10.1002/cncr.21244

Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.

Mullan, F. (1985). Seasons of survival: Reflections on a cancer experience. The New England Journal of Medicine, 313(4), 270–273. https://doi.org/10.1056/NEJM198507253130421

Sprangers, M. A., & Schwartz, C. E. (1999). Integrating response shift into health-related quality of life research: A theoretical model. Social Science & Medicine, 48(11), 1507–1515. https://doi.org/10.1016/S0277-9536(99)00045-3

Tedeschi, R. G., & Calhoun, L. G. (2004). Posttraumatic growth: Conceptual foundations and empirical evidence. Psychological Inquiry, 15(1), 1–18. https://doi.org/10.1207/s15327965pli1501_01

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

INSTRUCTIONS: We’d like to ask you about some things that can affect the quality of people’s lives. Some of these questions may sound similar, but please be sure to answer each one. Below is a scale ranging from “never” to “always”. Please indicate how often each of these statements has been true for you in the past four weeks. [Choose one answer for each question]

Response Scale:
1 = never
2 = seldom
3 = sometimes
4 = about as often as not
5 = frequently
6 = very often
7 = always

In the past 4 weeks …

  1. You had the energy to do the things you wanted to do.
  2. You had difficulty doing activities that require concentrating.
  3. You were bothered by having a short attention span.
  4. You had trouble remembering things.
  5. You felt fatigued.
  6. You felt happy.
  7. You felt blue or depressed.
  8. You enjoyed life.
  9. You worried about little things.
  10. You were bothered by being unable to function sexually.
  11. You didn’t have energy to do the things you wanted to do.
  12. You were dissatisfied with your sex life.
  13. You were bothered by pain that kept you from doing the things you wanted to do.
  14. You felt tired a lot.
  15. You were reluctant to start new relationships.
  16. You lacked interest in sex.
  17. Your mood was disrupted by pain or its treatment.
  18. You avoided social gatherings.
  19. You were bothered by mood swings.
  20. You avoided your friends.
  21. You had aches or pains.
  22. You had a positive outlook on life.
  23. You were bothered by forgetting what you started to do.
  24. You felt anxious.
  25. You were reluctant to meet new people.
  26. You avoided sexual activity.
  27. Pain or its treatment interfered with your social activities.
  28. You were content with your life.
  29. The next set of questions asks specifically about the effects of your cancer or its treatment. Again, for each statement, indicate how often each of these statements has been true for you in the past four weeks.
  30. You appreciated life more because of having had cancer.
  31. You had financial problems because of the cost of cancer surgery or treatment.
  32. You worried that your family members were at risk of getting cancer.
  33. You realized that having had cancer helps you cope better with problems now.
  34. You were self-conscious about the way you look because of your cancer or its treatment.
  35. You worried about whether your family members might have cancer-causing genes.
  36. You felt unattractive because of your cancer or its treatment.
  37. You worried about dying from cancer.
  38. You had problems with insurance because of cancer.
  39. You were bothered by hair loss from cancer treatment.
  40. You worried about cancer coming back.
  41. You felt that cancer helped you to recognize what is important in life.
  42. You felt better able to deal with stress because of having had cancer.
  43. You worried about whether your family members should have genetic tests for cancer.
  44. You had money problems that arose because you had cancer.
  45. You felt people treated you differently because of changes to your appearance due to your cancer or its treatment.
  46. You had financial problems due to a loss of income as a result of cancer.
  47. Whenever you felt a pain, you worried that it might be cancer again.
  48. You were preoccupied with concerns about cancer.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Qualité de vie des adultes survivants du cancer (QLACS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=qualite-de-vie-adultes-survivants-cancer-qlacs
Looti, Mohammed. “Qualité de vie des adultes survivants du cancer (QLACS).” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=qualite-de-vie-adultes-survivants-cancer-qlacs.
Looti, Mohammed. “Qualité de vie des adultes survivants du cancer (QLACS).” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=qualite-de-vie-adultes-survivants-cancer-qlacs.