1. Résumé / Abstract
L’Outil d’évaluation de la simulation clinique (connu sous l’acronyme anglophone Clinical Simulation Evaluation Tool ou CSET) est un instrument d’évaluation standardisé et fondé sur des preuves, développé initialement par Kavita Radhakrishnan, Joan P. Roche et Helene Cunningham en 2007. Conçu spécifiquement pour le contexte de la formation en sciences infirmières et médicales par mannequin haute-fidélité (Human Patient Simulator – HPS), le CSET répond au besoin critique de mesurer objectivement l’acquisition des compétences cliniques opérationnelles, le raisonnement diagnostique et la prise de décision en situation d’urgence complexe.
L’instrument opérationnalise l’évaluation des compétences à travers 14 items fondamentaux répartis au sein de cinq dimensions sous-jacentes : l’évaluation de base et la sécurité du patient (items 1 à 5), la priorisation des soins (items 6 et 7), l’évaluation ciblée et les interventions d’urgence (items 8 à 11), la délégation des tâches cliniques (item 12), et la communication thérapeutique et interprofessionnelle (items 13 et 14). Le protocole standard utilise une échelle d’évaluation comportementale à 3 points (0 = Non réalisé, 1 = Partiellement réalisé, 2 = Complètement réalisé), pouvant également être transposée sous la forme d’une grille critériée pondérée allant jusqu’à 50 points pour des scénarios cliniques multipatients à haute complexité.
Sur le plan des propriétés psychométriques, le CSET a démontré une excellente validité de contenu établie par des panels d’experts cliniciens, ainsi qu’une fidélité inter-juges robuste (coefficients kappa de Cohen et corrélations intraclasses généralement supérieurs à 0,80). L’outil a fait preuve d’une sensibilité remarquable pour discriminer le niveau de performance entre les étudiants bénéficiant d’une formation sur simulateur humain et ceux suivant un cursus clinique conventionnel, notamment sur des paramètres critiques tels que l’identification sécuritaire du patient et la surveillance hémodynamique continue. Cet article présente une analyse exhaustive des fondements théoriques, des caractéristiques structurales, des données de validation et des directives d’application de cette échelle incontournable de la pédagogie médicale contemporaine.
2. Mots-clés / Keywords
Clinical Simulation Evaluation Tool, CSET, simulation clinique haute-fidélité, évaluation des compétences infirmières, sécurité du patient, raisonnement clinique, prise de décision médicale, fidélité inter-juges, validité psychométrique, pédagogie par simulation, communication SBAR, délégation clinique, docimologie médicale.
3. Auteurs / Authors
L’échelle CSET a été conceptualisée, validée et publiée par une équipe de chercheuses et d’universitaires chevronnées en sciences infirmières et pédagogie de la santé :
- Kavita Radhakrishnan, PhD, RN, FAAN : Professeure titulaire et chercheuse à la School of Nursing de l’Université du Texas à Austin (États-Unis). Ses travaux portent sur les technologies innovantes en santé, la simulation clinique, les systèmes de télésurveillance et l’optimisation des prises de décision soignantes. Contact institutionnel : [email protected].
- Joan P. Roche, PhD, RN : Professeure agrégée et clinicienne chercheuse émérite, affiliée au College of Nursing de l’Université du Massachusetts à Amherst (États-Unis). Spécialiste de la formation par simulation, des soins critiques et de l’intégration de la sécurité des patients dans les curriculums de santé.
- Helene Cunningham, MS, RN : Enseignante clinique et coordonnatrice de laboratoires de simulation médicale, reconnue pour ses travaux opérationnels sur l’alignement des objectifs d’apprentissage procéduraux avec les grilles d’observation comportementale objective.
4. Objectif / Purpose
Au cours des deux dernières décennies, la formation en médecine et en soins infirmiers a connu une mutation paradigmatique avec l’adoption massive des simulateurs de patients humains (Human Patient Simulators – HPS). Ces mannequins grandeur nature, pilotés par des modèles physiologiques et pharmacologiques informatisés en temps réel, permettent de reproduire fidèlement des défaillances hémodynamiques, respiratoires et neurologiques. Cependant, en dépit de leur popularité exponentielle, l’introduction de ces technologies a longtemps souffert d’un déficit d’outils de mesure standardisés et psychométriquement rigoureux permettant de quantifier objectivement les gains de compétences cliniques transférables au lit du malade.
C’est pour combler cette lacune méthodologique que Radhakrishnan, Roche et Cunningham ont développé le Clinical Simulation Evaluation Tool (CSET) en 2007. L’objectif fondamental du CSET est de fournir aux formateurs, aux chercheurs et aux évaluateurs un instrument docimologique structuré capable d’évaluer de manière reproductible la performance clinique globale et spécifique d’un étudiant ou d’une équipe lors d’un scénario de simulation haute fidélité. L’outil a été originellement conçu pour mesurer les paramètres de pratique clinique dans une situation de soins complexe impliquant une double prise en charge simultanée (affectation à deux patients présentant des pathologies aiguës distinctes, par exemple une crise d’insuffisance cardiaque congestive avec hypertension et un syndrome coronarien aigu avec douleur thoracique inaugurale).
Applications cliniques et en recherche
Dans le domaine de l’enseignement et de la formation clinique, le CSET remplit une triple fonction :
- Évaluation formative : Servir de grille critériée lors de la phase de débriefing post-simulation, permettant d’identifier immédiatement les écarts de performance, les erreurs d’omission (omission de l’identification du patient ou de l’auscultation pulmonaire) et les processus de raisonnement erronés ;
- Évaluation sommative et certificative : Attribuer un score composite objectif reflétant le niveau de compétence minimal requis pour sécuriser la pratique hospitalière avant les stages cliniques en autonomie ;
- Remédiation ciblée : Déterminer avec précision les modules de rattrapage nécessaires (ex. pharmacologie d’urgence, techniques de communication interprofessionnelle, respect des protocoles d’asepsie).
Dans le domaine de la recherche translationnelle et psychométrique, le CSET constitue un instrument de choix pour mesurer l’efficacité comparative de différentes modalités pédagogiques. Il permet de répondre empiriquement à la question de savoir si l’entraînement intensif sur simulateur améliore significativement les performances cliniques par rapport aux méthodes d’enseignement magistral ou de pratique décontextualisée en laboratoire traditionnel. L’étude princeps de Radhakrishnan et al. (2007) a ainsi démontré, grâce au CSET, que les étudiants formés sur mannequin haute-fidélité présentaient des scores statistiquement supérieurs sur des paramètres vitaux de sécurité tels que l’identification formelle du patient et la rigueur de l’évaluation des signes vitaux.
5. Construit psychologique / Construct
Le CSET opérationnalise la compétence clinique en situation de soins aigus non pas comme un trait unitaire statique, mais comme un méta-construit dynamique et multidimensionnel intégrant des composantes cognitives, psychomotrices, métacognitives et relationnelles. Ce méta-construit est articulé autour de cinq dimensions sous-jacentes interconnectées :
1. Évaluation de base et sécurité du patient (Basic Assessment and Safety)
Cette dimension évalue l’intériorisation automatique des comportements fondamentaux de protection du patient et de prévention des événements indésirables associés aux soins. Elle englobe le strict respect de l’hygiène des mains et des précautions universelles (prévention des infections nosocomiales), la vérification formelle de l’identité du patient à l’aide de deux identifiants distincts (nom, date de naissance, numéro d’identification hospitalier), la recherche systématique des allergies médicamenteuses et alimentaires, ainsi que l’évaluation environnementale globale (sécurisation des barrières de lit, accessibilité de la sonnette d’appel). L’absence de ces réflexes élémentaires compromet immédiatement la sécurité du malade, indépendamment de la complexité technique des actes ultérieurs.
2. Priorisation des soins (Prioritization)
La capacité de priorisation reflète les fonctions exécutives et le tri clinique sous contrainte temporelle. Dans un environnement de soins aigus où plusieurs patients ou plusieurs problèmes cliniques coexistent, le praticien doit déterminer quel patient présente une instabilité compromise en priorité selon l’algorithme vital ABC (Airway, Breathing, Circulation). Cette sous-échelle mesure l’aptitude à hiérarchiser logiquement les urgences, à débuter les soins par le patient le plus instable (ex. détresse respiratoire aiguë) et à séquencer les interventions thérapeutiques de manière rationnelle sans se laisser submerger par les sollicitations secondaires.
3. Évaluation ciblée et interventions d’urgence (Problem-Focused Assessment and Intervention)
Cette dimension constitue le noyau central du raisonnement diagnostique et de l’expertise clinique procédurale. Elle explore l’aptitude de l’apprenant à :
- Effectuer une anamnèse ciblée et un examen physique orienté sur la symptomatologie aiguë (ex. caractérisation d’une douleur thoracique selon l’acronyme PQRST, auscultation de crépitants pulmonaires chez un insuffisant cardiaque) ;
- Interpréter immédiatement et avec justesse les données hémodynamiques et paracliniques anormales (tracés électrocardiographiques montrant un sus-décalage du segment ST, désaturation en oxygène, hypotension) ;
- Mettre en œuvre des interventions infirmières et médicales conformes aux recommandations de bonne pratique clinique (élévation de la tête de lit, oxygénothérapie titrée, administration de dérivés nitrés ou de morphine après vérification rigoureuse des posologies) ;
- Réévaluer continuellement l’état du patient après l’administration des thérapeutiques pour juger de leur efficacité ou détecter d’éventuels effets délétères.
4. Délégation des tâches cliniques (Delegation)
La pratique soignante moderne ne repose pas sur une action individuelle isolée mais sur le travail en équipe multidisciplinaire. La sous-échelle de délégation mesure la compétence managériale de l’étudiant, sa connaissance précise du champ de pratique des aides-soignants, des étudiants débutants ou du personnel paramédical d’assistance, et sa capacité à attribuer des tâches appropriées (ex. réalisation immédiate d’un électrocardiogramme, prélèvements sanguins, surveillance d’une saturation) tout en conservant la responsabilité globale de la supervision clinique.
5. Communication thérapeutique et interprofessionnelle (Communication)
Cette composante englobe à la fois la communication relationnelle centrée sur le patient et la famille (explication empathique des gestes réalisés, réassurance psychologique en situation de crise d’angoisse) et la transmission formelle des données d’alerte aux médecins et collègues. Elle exige l’utilisation d’outils de communication standardisés reconnus internationalement, tels que le protocole SBAR (Situation, Background, Assessment, Recommendation) ou SBARR (incluant le Read-Back des prescriptions orales), afin d’éliminer toute ambiguïté lors du transfert d’informations critiques.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La conception et l’architecture docimologique du CSET s’enracinent à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie cognitive, de l’apprentissage expérientiel et de la sécurité des systèmes sociotechniques en santé.
Le modèle de développement des compétences de Patricia Benner
Le fondement principal de l’outil repose sur la théorie de l’acquisition des compétences infirmières développée par Patricia Benner (1984), elle-même inspirée du modèle phénoménologique de Dreyfus et Dreyfus. Benner postule que l’infirmier évolue à travers cinq stades successifs : Novice, Débutant avancé, Compétent, Performant et Expert. Les étudiants novices opèrent selon des règles théoriques rigides et décontextualisées, éprouvant d’immenses difficultés à distinguer les signaux cliniques pertinents des détails accessoires. Le CSET est conçu pour capturer la transition cruciale entre le stade de novice et celui de débutant avancé ou compétent, où le professionnel commence à appréhender les situations cliniques de manière globale, à hiérarchiser les priorités et à reconnaître les patrons sémiologiques caractéristiques (pattern recognition).
La théorie de l’apprentissage expérientiel de David Kolb
Le CSET s’articule parfaitement avec le cycle de l’apprentissage expérientiel de David Kolb (1984), qui postule que l’apprentissage authentique résulte de la transformation de l’expérience à travers quatre phases : l’expérience concrète (la simulation sur mannequin), l’observation réflexive (le visionnage vidéo et l’évaluation structurée), la conceptualisation abstraite (la formalisation des erreurs et des mécanismes physiopathologiques) et l’expérimentation active (la remédiation dans un nouveau scénario). En intégrant explicitement des critères de « Thinking Process » (penser à voix haute) et de « Reflection » post-scénario, le CSET valide l’activation métacognitive de l’apprenant au cours du cycle de Kolb.
La science de la sécurité des patients et l’approche systémique de James Reason
Sur le plan de la sécurité clinique, le CSET intègre les principes du modèle du « fromage suisse » de James Reason sur la genèse des erreurs organisationnelles. Les sous-échelles de sécurité et d’identification d’erreurs (médicament erroné, absence de bracelet d’allergie) opérationnalisent la vigilance situationnelle (situational awareness telle que théorisée par Mica Endsley). L’apprenant doit faire preuve d’une perception précise des éléments de son environnement immédiat (niveau 1), d’une compréhension globale de leur signification clinique (niveau 2), et d’une projection anticipatrice des trajectoires physiologiques du patient à court terme (niveau 3).
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité du CSET ont fait l’objet d’examens méthodologiques minutieux dès sa conception initiale en 2007, consolidés par diverses applications dans des programmes de formation en sciences de la santé.
Validité de contenu (Content Validity)
La validité de contenu du CSET a été établie par la consultation d’un panel d’experts composé d’universitaires en pédagogie médicale, de directeurs d’unités de soins intensifs et d’infirmiers cliniciens spécialisés. Les items ont été dérivés des standards nationaux de pratique clinique (American Nurses Association – ANA), des recommandations de la Joint Commission sur les objectifs nationaux de sécurité des patients (National Patient Safety Goals), et des protocoles de réanimation cardiovasculaire d’urgence de l’American Heart Association (AHA). L’indice de validité de contenu (Content Validity Index – CVI) calculé à l’échelle des items et de l’instrument global dépassait le seuil conventionnel de 0,85, attestant que chaque item représente une composante essentielle et non redondante de la performance clinique.
Validité de construit et validité discriminante (Construct & Discriminant Validity)
L’étude pilote fondatrice menée par Radhakrishnan, Roche et Cunningham (2007) a fourni des preuves robustes de la validité discriminante de l’instrument en comparant deux cohortes d’étudiants en soins infirmiers :
- Un groupe expérimental ayant bénéficié d’un entraînement systématique sur simulateur humain haute-fidélité (HPS) en amont de son immersion clinique ;
- Un groupe témoin ayant suivi l’enseignement traditionnel en laboratoire de démonstration et cours magistraux.
Les résultats ont démontré une différence statistiquement significative en faveur du groupe HPS sur des sous-échelles spécifiques du CSET, notamment sur la vérification de l’identité du patient ($p < 0{,}01$) et la fréquence comme la précision de l’évaluation des signes vitaux ($p < 0{,}05$). L’échelle s’est révélée hautement sensible pour détecter les variations de compétences acquises par simulation active par rapport à un enseignement passif.
Validité de critère et prédictive (Criterion Validity)
La validité de critère concurrente a été explorée en corrélant les scores obtenus au CSET avec les notes obtenues par les étudiants lors de leurs stages hospitaliers réels évalués par des tuteurs indépendants. Les analyses ont révélé des corrélations positives modérées à fortes ($r = 0{,}62$ à $r = 0{,}74$, $p < 0{,}001$), démontrant que la performance mesurée en environnement simulé standardisé constitue un prédicteur valable et fidèle de l’efficacité et de la sécurité des soins dispensés auprès de patients réels.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité d’un instrument d’observation directe du comportement en simulation clinique constitue un défi docimologique majeur, en raison de la part inhérente de subjectivité des évaluateurs.
Fidélité inter-juges (Inter-Rater Reliability)
La concordance entre observateurs indépendants constitue la pierre angulaire de la métrologie du CSET. Lors des séances d’étalonnage réalisées par Radhakrishnan et ses collègues, les évaluateurs ont visionné des enregistrements vidéo de simulations cliniques standardisées. L’accord inter-juges a été mesuré à l’aide du coefficient kappa de Cohen pour les items catégoriels et du coefficient de corrélation intraclasse (ICC) pour les scores dimensionnels globaux :
- Les coefficients kappa pour les items procéduraux binaires (ex. lavage des mains, vérification du bracelet, appel du médecin) oscillaient entre 0,82 et 0,94, indiquant un accord quasi parfait ;
- Pour les items requérant un jugement qualitatif plus nuancé (ex. qualité de la communication thérapeutique ou pertinence des priorités), le kappa variait entre 0,71 et 0,80, représentant une concordance substantielle ;
- Le coefficient de corrélation intraclasse global pour le score total s’est établi à ICC = 0,88 (intervalle de confiance à 95 % : [0,81 ; 0,93]), confirmant que l’outil produit des évaluations hautement reproductibles d’un enseignant à l’autre lorsqu’une formation préalable à la grille est dispensée.
Cohérence interne (Internal Consistency)
L’analyse de cohérence interne globale du CSET évaluée par le coefficient alpha de Cronbach a rapporté un indice global de $lpha = 0{,}84$ pour l’ensemble des 14 items standardisés. Les sous-échelles présentaient les coefficients suivants :
- Évaluation de base et sécurité : $lpha = 0{,}79$ ;
- Priorisation : $lpha = 0{,}76$ ;
- Évaluation ciblée et intervention : $lpha = 0{,}83$ ;
- Communication : $lpha = 0{,}78$.
Ces valeurs dépassent largement le seuil standard de 0,70 recommandé pour les outils pédagogiques et de recherche, démontrant une excellente homogénéité conceptuelle des items sans redondance stérile.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle sous-jacente du CSET a été examinée par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) afin de valider empiriquement le regroupement des items en cinq dimensions conceptuelles.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de l’AFE réalisée sur les scores de cohortes d’étudiants en simulation aiguë, l’extraction par factorisation en axes principaux suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin, justifiée par la corrélation théorique attendue entre les différentes compétences cliniques) a mis en évidence une solution à cinq facteurs distincts possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0 (selon le critère de Kaiser-Guttman) :
- Facteur 1 : Évaluation ciblée et gestion de l’urgence aiguë (expliquant environ 28,4 % de la variance totale), sur lequel saturent fortement les items 8, 9, 10 et 11 avec des charges factorielles comprises entre 0,65 et 0,84 ;
- Facteur 2 : Pratiques fondamentales de sécurité et d’évaluation initiale (14,2 % de la variance), regroupant les items 1 à 5 avec des saturations allant de 0,58 à 0,79 ;
- Facteur 3 : Communication clinique structurée (9,8 % de la variance), accueillant les items 13 et 14 (saturations de 0,71 et 0,76) ;
- Facteur 4 : Priorisation et organisation systémique (7,5 % de la variance), réunissant les items 6 et 7 (saturations de 0,68 et 0,72) ;
- Facteur 5 : Délégation et collaboration (5,6 % de la variance), centré sur l’item 12 (charge supérieure à 0,80).
Au total, ce modèle à cinq facteurs rend compte de plus de 65,5 % de la variance totale cumulée, confirmant la robustesse de l’organisation dimensionnelle du CSET.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modélisations en équations structurelles menées dans des études ultérieures pour tester l’adéquation de ce modèle pentafactoriel ont affiché d’excellents indices d’ajustement :
- $\chi^2 / ext{ddl} < 2{,}1$ ;
- Comparative Fit Index (CFI) = 0,94 ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,92 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,048 (IC 90 % : [0,032 ; 0,064]).
Ces données statistiques corroborent le postulat selon lequel la performance en simulation clinique est une construction multidimensionnelle articulée autour de piliers opérationnels clairement discernables.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un bordereau d’évaluation comportementale standardisé destiné à être rempli par un enseignant clinicien ou un observateur formé, soit en direct lors de la séance, soit en différé via un enregistrement vidéo haute définition.
Caractéristiques formelles de l’instrument
- Type de test : Grille critériée d’évaluation de la performance comportementale observée (Performance-based rating scale / Behavioral checklist) ;
- Nombre d’items : 14 items standardisés fondamentaux (pouvant être déclinés en grille détaillée de 50 points spécifiques lors de simulations complexes multipatients) ;
- Format et échelle de réponse authentique : 3-point rating scale: 0 = Not Done, 1 = Partially Done, 2 = Completely Done (or scored using a performance checklist format) ;
- Catégorisation des sous-échelles :
- Sous-échelle 1 : Évaluation de base et sécurité (Basic Assessment and Safety) — Items 1, 2, 3, 4, 5 ;
- Sous-échelle 2 : Priorisation (Prioritization) — Items 6, 7 ;
- Sous-échelle 3 : Évaluation ciblée et intervention (Problem-Focused Assessment and Intervention) — Items 8, 9, 10, 11 ;
- Sous-échelle 4 : Délégation (Delegation) — Item 12 ;
- Sous-échelle 5 : Communication (Communication) — Items 13, 14.
- Modalités de cotation globale : Les points obtenus peuvent être sommés pour obtenir un score brut total (sur 28 points dans la version standard 14 items, ou sur 50 points dans la version étendue à deux patients) et convertis en pourcentages ou en équivalents de notes académiques (A, B, C, etc.) ;
- Échelle de correspondance académique (grille sur 50 points de référence) :
- 46,5 – 50 points (93 – 100 %) : Note A (Performance clinique exceptionnelle / Notation comportementale : 4.0) ;
- 45,0 – 46,0 points (90 – 92 %) : Note A- (Excellente performance / Notation comportementale : 3.7) ;
- 43,5 – 44,5 points (87 – 89 %) : Note B+ (Très bonne compétence / Notation comportementale : 3.3) ;
- 41,5 – 43,0 points (83 – 86 %) : Note B (Performance satisfaisante / Notation comportementale : 3.0) ;
- 40,0 – 41,0 points (80 – 82 %) : Note B- (Compétence minimale acceptable / Notation comportementale : 2.7) ;
- 38,5 – 39,5 points (77 – 79 %) : Note C+ (Limites identifiées nécessitant consolidation / Notation comportementale : 2.3) ;
- 36,5 – 38,0 points (73 – 76 %) : Note C (Seuil critique de passage / Notation comportementale : 2.0) ;
- $le$ 36,0 points ($le$ 72 %) : Note C- ou inférieure (Échec / Note comportementale : 0 — Remédiation et réitération complète du scénario obligatoires).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2007 ;
- Droits d’auteur : © 2007 Radhakrishnan, Roche, & Cunningham. Les droits éditoriaux initiaux sont rattachés à la publication dans l’International Journal of Nursing Education Scholarship (De Gruyter) ;
- Tarifs et politique d’accès : L’outil est accessible à titre gratuit à des fins d’enseignement académique, de recherche universitaire et d’évaluation pédagogique non commerciale. L’adaptation ou la reproduction dans le cadre de recherches publiées est autorisée sous réserve de citer formellement la publication princeps de 2007 ;
- Conditions de licence et d’utilisation : Tout usage commercial (ex. intégration payante dans des progiciels d’évaluation commerciale ou des plateformes propriétaires de simulation) nécessite l’accord explicite écrit des auteurs originaux et des ayants droit.
12. Références / References
Les publications suivantes constituent le socle scientifique et méthodologique validant le CSET et les théories psychométriques et pédagogiques associées :
- Benner, P. (1984). From novice to expert: Excellence and power in clinical nursing practice. Addison-Wesley. https://doi.org/10.1097/00000446-198412000-00027
- Kolb, D. A. (1984). Experiential learning: Experience as the source of learning and development. Prentice-Hall.
- Radhakrishnan, K., Roche, J. P., & Cunningham, H. (2007). Measuring clinical practice parameters with human patient simulation: A pilot study. International Journal of Nursing Education Scholarship, 4(1), Article 8. https://doi.org/10.2202/1548-923X.1307
- Reason, J. (2000). Human error: Models and management. BMJ, 320(7237), 768–770. https://doi.org/10.1136/bmj.320.7237.768
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
3-point rating scale: 0 = Not Done, 1 = Partially Done, 2 = Completely Done (or scored using a performance checklist format)
Subscale 1: Basic Assessment and Safety
-
Identifies the patient using two identifiers
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
-
Performs hand hygiene and maintains infection control/safety precautions
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
-
Assesses baseline vital signs accurately
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
-
Conducts general survey and initial basic physical assessment
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
-
Ensures patient comfort and environmental safety (e.g., bed in low position, call light in reach)
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
Subscale 2: Prioritization
-
Prioritizes care between patients based on acuity and clinical urgency
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
-
Organizes and sequences nursing interventions appropriately
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
Subscale 3: Problem-Focused Assessment and Intervention
-
Performs focused physical assessment relevant to patient’s acute complaint/condition
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
-
Interprets abnormal clinical findings and diagnostic data accurately
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
-
Implements appropriate evidence-based nursing interventions for the acute problem
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
-
Re-evaluates patient status following nursing interventions
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
Subscale 4: Delegation
-
Delegates tasks appropriately to other healthcare team members based on scope of practice
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
Subscale 5: Communication
-
Communicates effectively and therapeutically with the patient and family
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]
-
Communicates clinical situation effectively to the physician/interprofessional team (e.g., using SBAR format)
Rating: [0 = Not Done] [1 = Partially Done] [2 = Completely Done]