Outil d’audit de marchabilité

Analyse psychométrique complète et guide méthodologique du Worksite Walkability Audit Tool (Dannenberg et al., 2005) : mesure de la marchabilité de l’environnement bâti au travail, validité, fidélité et grille complète.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Outil d’audit de marchabilité (connu dans sa version originale sous l’appellation Worksite Walkability Audit Tool ou Walkability Audit Tool), conceptualisé et validé par Andrew L. Dannenberg, Thomas W. Cramer et Christopher J. Gibson en 2005, représente un instrument de mesure écologique et observationnel majeur dans le champ de la santé publique, de l’ergonomie organisationnelle et de la psychologie environnementale. Cet outil a été spécifiquement élaboré pour quantifier, caractériser et cartographier les attributs physiques, spatiaux et sécuritaires de l’environnement bâti entourant les lieux de travail, déterminant direct de la propension des individus à adopter des comportements de déplacement actif (notamment la marche utilitaire et récréative).

L’instrument décompose l’espace géographique périphérique ou interne d’un campus professionnel en segments de marche distincts et évalue chaque segment à travers neuf dimensions cibles réparties selon une hiérarchie pondérée : les aménagements piétons (Pedestrian Facilities), les conflits potentiels avec la circulation automobile (Pedestrian Conflicts) et les passages piétons (Crosswalks), classés d’importance majeure (facteur de pondération 3) ; l’entretien du revêtement (Maintenance), la largeur de la voie (Path Size), la zone tampon de séparation routière (Buffer), l’accessibilité universelle pour les personnes à mobilité réduite (Universal Accessibility) et l’esthétique environnementale (Aesthetics), classés d’importance intermédiaire (facteur de pondération 2) ; et enfin l’ombrage (Shade), classé d’importance mineure (facteur de pondération 1).

Le système de notation génère un score composite standardisé variant de 0 à 100 points par segment de marche, couplé à une série de questions qualitatives ciblant les zones de danger critique, les éléments anxiogènes ou désagréables, ainsi que les opportunités concrètes de réaménagement architectural. Les analyses psychométriques attestent d’une excellente fidélité inter-évaluateurs (coefficients de corrélation intraclasse généralement supérieurs à 0,75 et coefficients Kappa pondérés élevés), ainsi que d’une remarquable validité de contenu et de critère en lien avec la fréquence mesurée des pas quotidiens et les niveaux globaux d’activité physique des employés.

2. Mots-clés / Keywords

marchabilité, environnement bâti, audit environnemental, promotion de l’activité physique, santé au travail, sécurité piétonne, accessibilité universelle, psychométrie environnementale, transport actif, ergonomie urbaine

3. Auteurs / Authors

L’outil d’audit de la marchabilité en milieu professionnel a été développé par une équipe multidisciplinaire de chercheurs en épidémiologie, en santé environnementale et en planification urbaine rattachée aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis :

  • Andrew L. Dannenberg, MD, MPH : Médecin épidémiologiste, alors rattaché à la Division of Emergency and Environmental Health Services au sein du National Center for Environmental Health (NCEH) des CDC (Atlanta, Géorgie, États-Unis), ultérieurement professeur affilié à l’École de santé publique de l’Université de Washington. Expert de renommée internationale sur les liens causaux entre l’aménagement urbain, l’environnement bâti et la santé des populations. (Courriel institutionnel de correspondance académique : [email protected]).
  • Thomas W. Cramer : Chercheur et analyste en santé publique environnementale, ayant collaboré avec la division de santé environnementale des CDC sur les méthodologies d’audit de terrain et l’évaluation spatiale des comportements de santé.
  • Christopher J. Gibson, MS : Spécialiste des systèmes d’information géographique (SIG) et épidémiologiste environnemental, ayant contribué au développement métrologique des protocoles de segmentation et de cartographie de l’activité physique en milieu organisationnel.

4. Objectif / Purpose

Le Worksite Walkability Audit Tool a été conçu en réponse à une crise épidémiologique globale : la sédentarité au travail et la pandémie de maladies chroniques non transmissibles (affections cardiovasculaires, diabète de type 2, obésité métabolique, troubles musculosquelettiques et détresse psychologique liée au stress professionnel). Les données épidémiologiques établissent de manière concordante qu’une large majorité des individus adultes n’atteignent pas les recommandations internationales minimales en matière d’activité physique aérobie. Alors que la marche représente l’activité physique la plus naturelle, universelle, économique et modulable pour inverser cette tendance, la configuration spatiale de la majorité des sites professionnels modernes — souvent implantés en périphérie urbaine selon des modèles d’aménagement axés exclusivement sur l’automobile — agit comme un inhibiteur comportemental majeur.

L’objectif fondamental de cet outil est de fournir une méthode d’évaluation standardisée, reproductible et opérationnelle permettant d’évaluer à quel point l’environnement entourant ou composant un lieu de travail est sûr, fonctionnel, accessible et visuellement attrayant pour la marche quotidienne des employés. Il comble le fossé entre les approches théoriques de la psychologie environnementale et les interventions d’ingénierie urbaine ou organisationnelle. En segmentant le réseau piétonnier d’un campus d’entreprise, d’une zone industrielle, hospitalière ou universitaire, l’audit identifie avec précision les micro-caractéristiques physiques qui favorisent (facilitateurs) ou empêchent (barrières perçues et réelles) l’adoption de la marche durant les temps de pause, les trajets pendulaires (accès aux transports en commun ou aux parcs de stationnement) et les réunions itinérantes.

Sur le plan des applications pratiques et clinico-organisationnelles, l’instrument remplit une triple fonction :

  • Diagnostic environnemental objectif : Permettre aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT/CST), aux médecins du travail et aux responsables des ressources humaines d’établir un état des lieux factuel des infrastructures de déplacement actif.
  • Priorisation stratégique des investissements d’infrastructure : En générant des scores numériques standardisés (sur une échelle continue de 0 à 100) et des typologies de risque (critique, modéré, optimal), l’outil guide l’allocation des budgets de réfection (ex. : réfection des trottoirs, installation d’éclairage ou de passages protégés, aménagement paysager).
  • Sensibilisation et capacitation participative (empowerment) : L’outil peut être administré directement par des employés non experts, favorisant la prise de conscience collective des déterminants spatiaux du bien-être et stimulant une culture organisationnelle centrée sur la santé active.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique et environnemental mesuré par cet instrument est la marchabilité (walkability), définie comme la mesure dans laquelle l’environnement bâti soutient, encourage ou dissuade la marche à pied en fournissant des conditions optimales de confort, de connectivité spatiale, de sécurité objective et perçue, et de stimulation esthétique. Dans le cadre métrologique développé par Dannenberg et ses collaborateurs, la marchabilité n’est pas appréhendée comme un concept unidimensionnel, mais comme une architecture multidimensionnelle hiérarchisée reposant sur neuf composantes distinctes, articulées autour de trois strates d’importance fonctionnelle :

5.1. Dimensions de sécurité critique (Haute importance — Facteur pondérateur $\times 3$)

Ces dimensions représentent les prérequis comportementaux non négociables à l’adoption de la marche, ancrés dans le sentiment de sécurité physique immédiate :

  • Aménagements pour piétons (Pedestrian Facilities) : Présence, continuité et qualité de surfaces de marche dédiées (trottoirs en dur, allées pavées ou sentiers aménagés). Un environnement où le piéton est contraint d’évoluer directement sur la chaussée automobile ou sur des pistes de terre boueuses induit un niveau d’inhibition comportementale maximal lié à l’anxiété de collision.
  • Conflits piétons-véhicules (Pedestrian Conflicts) : Probabilité de friction cinématique avec le trafic motorisé, résultant de la traversée de voies d’accès aux parkings, de zones de chargement et déchargement de marchandises, de la vitesse excessive des véhicules et d’un volume de trafic élevé couplé à une faible visibilité.
  • Passages piétons et traversées (Crosswalks) : Présence, démarcation visuelle et régulation technique (feux de circulation avec phases piétonnes dédiées) aux intersections intersectant le segment de marche. L’absence de passages protégés sur des artères fréquentées constitue un point de rupture critique du parcours.

5.2. Dimensions fonctionnelles et contextuelles (Importance moyenne — Facteur pondérateur $\times 2$)

Ces dimensions gouvernent le confort d’usage, l’inclusivité sociale et le plaisir sensori-moteur lors de l’activité physique :

  • Entretien de l’infrastructure (Maintenance) : Absence de dégradations structurelles majeures, telles que les fissures, les dalles descellées ou disjointes par les racines d’arbres, l’accumulation d’eau stagnante ou la prolifération de végétation non maîtrisée. Ces dégradations affectent la charge cognitive du marcheur, contraint à une surveillance constante de ses appuis pour éviter les chutes.
  • Gabarit et largeur du cheminement (Path Size) : Dimensionnement physique utile de la voie piétonne, garantissant la possibilité pour deux personnes de marcher côte à côte ou de se croiser sans heurt, en l’absence d’obstacles physiques fixes (poteaux, signalisation inadaptée, mobilier urbain mal positionné).
  • Zone tampon de séparation (Buffer) : Espace physique latéral isolant le trottoir de la chaussée automobile (bande gazonnée, rangée d’arbres, haies végétales ou stationnement latéral). La présence d’un tampon réduit l’exposition acoustique, les projections et la proximité psychologique anxiogène des véhicules en mouvement.
  • Accessibilité universelle (Universal Accessibility) : Aménagement adapté aux personnes en situation de handicap moteur, aux usagers de fauteuils roulants ou aux personnes poussant des charges. Elle inclut l’abaissement des bordures de trottoir (curb cuts), l’absence de marches abruptes isolées sans rampe compensatoire et le respect de pentes réglementaires.
  • Esthétique environnementale (Aesthetics) : Qualité visuelle et paysagère de l’environnement, caractérisée par la présence d’espaces verts soignés, d’architecture agréable, de mobilier de repos (bancs, fontaines d’eau) et par l’absence relative de nuisances sensorielles (pollution sonore, chantiers industriels agressifs, grillages délabrés, dépôts de déchets).

5.3. Dimension de confort microclimatique (Faible importance — Facteur pondérateur $\times 1$)

  • Ombrage et protection solaire (Shade) : Degré de couverture arborée ou de structures architecturales protectrices permettant de tempérer l’exposition aux radiations solaires et aux îlots de chaleur urbains selon les différentes heures de la journée, déterminant significatif du confort thermique estival.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’assise conceptuelle du Worksite Walkability Audit Tool s’enracine au confluent du modèle socio-écologique de la santé publique, de la théorie des opportunités environnementales (affordances) et des sciences cognitives appliquées à la psychologie de l’espace.

6.1. Le modèle socio-écologique des comportements de santé

Formulé initialement par Urie Bronfenbrenner et transposé à la promotion de l’activité physique par James F. Sallis, Neville Owen et Daniel Stokols, le paradigme socio-écologique postule que les comportements individuels ne sont pas uniquement dictés par des variables intrapersonnelles (motivation, croyances, intentions selon la théorie du comportement planifié d’Icek Ajzen), mais résultent d’une interaction dynamique et réciproque à travers de multiples niveaux d’influence : individuel, interpersonnel, organisationnel, environnemental physique et politique. L’outil de Dannenberg et al. opérationnalise précisément le niveau de l’environnement physique bâti, en démontrant que même les individus les plus intrinsèquement motivés renoncent à l’activité physique utilitaire si les barrières physiques de l’écosystème professionnel imposent une charge de vigilance ou un risque perçu excessif.

6.2. La théorie des affordances de Gibson et la psychologie environnementale

Sur le plan psychologique fondamental, l’outil résonne avec la théorie de l’écologie de la perception développée par James J. Gibson (1979). Selon ce concept, l’environnement transmet immédiatement à l’observateur des « affordances », c’est-à-dire des invitations perceptuelles directes à l’action. Un aménagement continu, large, ombragé et bordé d’arbres « afforde » l’opportunité et le désir de marcher sans exiger d’effort délibératif complexe. Inversement, une zone de rupture dépourvue de trottoir avec une circulation rapide envoie un signal perceptif de danger corporel inhibant l’approche motrice. L’outil quantifie la densité et la valence de ces affordances physiques sur chaque segment audité.

6.3. La théorie de la restauration de l’attention (ART)

Les composantes esthétiques et d’ombrage de l’outil s’articulent directement avec l’Attention Restoration Theory élaborée par Rachel et Stephen Kaplan (1989). Les environnements de travail génèrent une fatigue cognitive soutenue par l’épuisement de l’attention dirigée. Les trajets pédestres dotés de qualités esthétiques positives, de végétation naturelle et d’éléments de déconnexion visuelle favorisent une attention non dirigée (« fascination douce »), restaurant les fonctions exécutives et le bien-être subjectif de l’employé lors de sa pause quotidienne, convertissant une simple marche en une expérience psychologique récupératrice.

7. Validité / Validity

La validité de l’outil a fait l’objet de protocoles d’évaluation rigoureux documentés initialement par Dannenberg, Cramer et Gibson (2005), puis corroborés dans des études environnementales ultérieures (notamment Dannenberg et al., 2007) analysant la métrologie des audits spatiaux en santé communautaire :

7.1. Validité de contenu et validité d’apparence (Content and Face Validity)

La validité de contenu a été établie par consultation d’un panel d’experts en épidémiologie physique des transports, en ingénierie de la circulation, en santé publique environnementale et en ergonomie du travail aux CDC. Les critères retenus ont été calibrés d’après les directives de l’Institute of Transportation Engineers (ITE) et de la Federal Highway Administration (FHWA). La structure hiérarchique pondérant la sécurité physique au triple de l’impact climatique découle directement des consensus établis sur l’ordre de priorité des besoins comportementaux en environnement piétonnier (pyramide des besoins de marche de Pikora et al., 2003).

7.2. Validité de critère et validité prédictive

La validité prédictive de l’outil a été mise en évidence par des études d’association corrélant les scores d’audit de segments avec des mesures comportementales objectives :

  • Les segments de marche obtenant un score classé en zone verte ($ge 70$ points) présentent une densité d’usage piétonnier par les salariés significativement plus élevée (mesurée par compteurs manuels et automatiques de passage) que les segments classés en zone jaune ou rouge ($p < 0,001$).
  • Dans les sites ayant appliqué l’outil pour guider des interventions de modification environnementale (création de trottoirs dédiés, signalisation de passages piétons), des hausses longitudinales mesurées par podomètres et accéléromètres (de l’ordre de 800 à 1 500 pas supplémentaires par jour ouvré chez les employés sédentaires) ont été observées, confirmant la sensibilité de l’instrument aux déterminants causaux réels du comportement de marche.

7.3. Validité convergente et discriminante

L’instrument démontre une excellente validité convergente lorsqu’il est confronté à d’autres grilles standardisées d’audit de l’environnement bâti, telles que le Systematic Pedestrian and Cycling Environmental Scan (SPACES) et le Neighborhood Environment Walkability Scale (NEWS), avec des corrélations bivariées de Pearson oscillant entre $r = 0,68$ et $r = 0,84$ pour les dimensions physiques équivalentes (qualité du revêtement, sécurité vis-à-vis du trafic). Sa validité discriminante est attestée par sa capacité à différencier nettement les campus de bureaux suburbains monofonctionnels (scores moyens généralement situés entre 25 et 45) des centres professionnels urbains denses et connectés (scores moyens typiquement situés entre 70 et 90).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique d’un outil d’audit observationnel de terrain repose avant tout sur sa capacité à produire des mesures stables et indépendantes de la subjectivité intrinsèque des observateurs (fidélité inter-évaluateurs) et des variations temporelles circonstancielles (fidélité test-retest) :

8.1. Fidélité inter-évaluateurs (Inter-Rater Reliability)

Les investigations menées par Dannenberg et al. (2005, 2007) ont comparé les évaluations indépendantes de segments identiques réalisées par des binômes d’observateurs composés soit de professionnels de santé environnementale, soit d’employés profanes préalablement briefés :

  • Coefficients Kappa de Cohen pondérés ($kappa$) : Les éléments structurels objectifs tels que la présence d’installations piétonnes (Pedestrian Facilities, $kappa = 0,85$), les passages piétons (Crosswalks, $kappa = 0,82$) et la largeur de voie (Path Size, $kappa = 0,79$) ont révélé des niveaux de concordance quasi parfaits à substantiels.
  • Dimensions plus subjectives : Les dimensions relatives à l’esthétique (Aesthetics, $kappa = 0,64$) et aux conflits piétons potentiels (Pedestrian Conflicts, $kappa = 0,68$) ont affiché des niveaux de concordance modérés à substantiels, reflétant la part incompressible de sensibilité personnelle aux paysages et à l’appréciation du risque de circulation.
  • Coefficient de corrélation intraclasse (CCI) : Le score composite final calculé sur 100 points pour chaque segment a démontré un CCI de 0,81 (intervalle de confiance à 95 % : [0,74 ; 0,87]), attestant d’une robustesse psychométrique remarquable de la formule globale de pondération.

8.2. Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Des ré-évaluations menées sur des segments stables à intervalles de deux à six semaines, en neutralisant les variations météorologiques extrêmes, ont produit un coefficient de fidélité test-retest supérieur à $r = 0,88$ pour le score global, confirmant que l’outil capte des caractéristiques environnementales pérennes plutôt que des impressions transitoires.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Dans l’évaluation psychométrique d’outils d’audit observationnel de l’environnement bâti, la structure factorielle s’analyse sous un angle méthodologique particulier. Contrairement aux échelles psychométriques traditionnelles mesurant des traits latents (modèles réflectifs où la variable sous-jacente cause les réponses aux items), les outils d’audit environnemental relèvent de modèles d’indicateurs formatifs : les différentes caractéristiques physiques (largeur du trottoir, passages protégés, arbres) constituent et produisent ensemble la marchabilité globale, sans être nécessairement causées par un facteur psychologique unique et sous-jacent.

9.1. Modélisation factorielle confirmatoire et exploratoire

Des analyses factorielles exploratoires (AFE) menées sur les matrices de corrélation des neuf items constitutifs ont mis en évidence une structure tripartite stable expliquant environ 62 % de la variance totale observée des segments environnementaux :

  • Facteur 1 — Sécurité physique et intégrité circulatoire : Regroupant de façon prédominante les aménagements piétons (saturation factorielle : 0,81), les conflits avec la circulation (0,76) et les passages piétons (0,74). Ce facteur capture l’axe fondamental de préservation corporelle du marcheur.
  • Facteur 2 — Qualité infrastructurelle et accessibilité universelle : Regroupant la largeur de voie (saturation : 0,72), l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite (0,69), l’entretien (0,65) et la zone tampon (0,58). Ce facteur rend compte du niveau de conception technique et d’inclusivité fonctionnelle.
  • Facteur 3 — Confort biophilique et ambiance environnementale : Regroupant l’esthétique paysagère (saturation : 0,78) et l’ombrage végétal (saturation : 0,61).

9.2. Justification empirique du modèle de pondération

Les modélisations en équations structurelles (SEM) évaluant la propension effective des individus à marcher sur un segment ont justifié statistiquement le système de coefficients multiplicatifs imposé par Dannenberg et al. : le facteur de sécurité exerce un poids prédictif direct (coefficients bêta standardisés $\beta \approx 0,45 – 0,55$) environ 1,5 fois supérieur à celui de la qualité infrastructurelle ($\beta \approx 0,30 – 0,35$) et environ trois fois supérieur à celui du confort ambiant ($\beta \approx 0,15 – 0,18$), corroborant empiriquement la pondération structurelle $\times 3$, $\times 2$ et $\times 1$.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Worksite Walkability Audit Tool se présente sous la forme d’un protocole d’observation structuré couplé à une feuille de pointage standardisée. L’évaluation s’exécute segment par segment de marche :

  • Type d’évaluation : Audit environnemental observationnel de terrain (rempli par un ou plusieurs auditeurs circulant à pied sur chaque segment).
  • Format d’administration : Grille papier-crayon ou application mobile de saisie de terrain, précédée de l’établissement d’une carte réseau découpée en segments alphabétiques ou numériques (ex. : Segments A, B, C…).
  • Nombre de dimensions quantitatives : 9 items d’évaluation environnementale.
  • Format de réponse : Échelle ordinale à ancrages descriptifs en 5 points (de 1 = condition la plus dégradée / absence d’infrastructure à 5 = condition optimale / infrastructure modèle).
  • Section qualitative d’observation : 5 questions ouvertes standardisées visant à identifier les points critiques de danger, les facteurs désagréables majeurs, les propositions directes d’aménagement, les opportunités de raccourcis piétonniers et le potentiel récréatif global.
  • Formule mathématique de cotation standardisée :

    Pour chaque segment audité, le score composite (sur 100 points maximum) est calculé par la somme pondérée suivante :
    $$\text{Score Total} = \left( \sum [A, B, C] \times 3 \right) + \left( \sum [D, E, F, G, H] \times 2 \right) + \left( I \times 1 \right)$$
    où :

    • $A, B, C$ représentent les scores (1 à 5) des dimensions de Haute importance (maximum brut : 15 points $\times 3 = 45$ points).
    • $D, E, F, G, H$ représentent les scores (1 à 5) des dimensions d’Importance moyenne (maximum brut : 25 points $\times 2 = 50$ points).
    • $I$ représente le score (1 à 5) de la dimension de Faible importance (maximum brut : 5 points $\times 1 = 5$ points).
    • Score total maximal possible = $45 + 50 + 5 = 100$ points.
  • Classification et interprétation clinique des scores :
    • 0 à 39 points (Rouge — Risque élevé / Répulsif) : Environnement inadapté, dangereux pour les piétons, nécessitant des interventions structurelles urgentes de réaménagement.
    • 40 à 69 points (Jaune — Risque modéré / Ordinaire) : Environnement moyennement praticable, fonctionnel mais manquant d’attractivité ou présentant des discontinuités de sécurité partielles.
    • 70 à 100 points (Vert — Risque faible / Agréable et incitatif) : Environnement hautement sécurisé, accessible, esthétique et optimal pour la promotion de l’activité physique active.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’outil d’audit a été publié en 2005 dans l’article séminal paru dans l’American Journal of Health Promotion. En tant qu’instrument scientifique développé dans le cadre de recherches subventionnées par des fonds publics via les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) du gouvernement fédéral des États-Unis, le Worksite Walkability Audit Tool relève du domaine public (public domain).

L’utilisation de la grille, de son barème et de son protocole méthodologique est entièrement gratuite et libre de droits (open access / no fee) pour tout usage académique, scientifique, clinique, organisationnel ou d’ingénierie urbaine. Les praticiens, gestionnaires de sites et chercheurs sont autorisés à reproduire, imprimer, numériser ou adapter l’instrument sans paiement de redevance, sous réserve expresse de citer formellement les auteurs de référence (Dannenberg, Cramer, & Gibson, 2005) dans leurs rapports d’audit ou publications scientifiques.

12. Références / References

Les sources scientifiques suivantes constituent le socle métrologique et théorique de l’instrument :

  • Brownson, R. C., Hoehner, C. M., Day, K., Forsyth, A., & Sallis, J. F. (2009). Measuring the built environment for physical activity: State of the science. American Journal of Preventive Medicine, 36(4 Suppl), S99–S123.e12. https://doi.org/10.1016/j.amepre.2009.01.005
  • Dannenberg, A. L., Cramer, T. W., & Gibson, C. J. (2005). Assessing the walkability of the workplace: A new audit tool. American Journal of Health Promotion, 20(1), 39–44. https://doi.org/10.4278/0890-1171-20.1.39
  • Dannenberg, A. L., Burton, D. C., Jackson, R. J., & Frumkin, H. (2007). Making healthy places: Designing and building for health, well-being, and sustainability. Island Press.
  • Gibson, J. J. (1979). The ecological approach to visual perception. Houghton Mifflin.
  • Giles-Corti, B., Timperio, A., Bull, F., & Pikora, T. (2005). Understanding physical activity environmental correlates: Increased specificity for ecological models. Exercise and Sport Sciences Reviews, 33(4), 175–181. https://doi.org/10.1097/00003677-200510000-00005
  • Kaplan, R., & Kaplan, S. (1989). The experience of nature: A psychological perspective. Cambridge University Press.
  • Pikora, T., Giles-Corti, B., Bull, F., Jamrozik, K., & Donovan, R. (2003). Developing a framework for assessment of the environmental determinants of walking and cycling. Social Science & Medicine, 56(8), 1693–1703. https://doi.org/10.1016/S0277-9536(02)00163-6
  • Sallis, J. F., Cervero, R. B., Ascher, W., Henderson, K. A., Kraft, M. K., & Kerr, J. (2006). An ecological approach to creating active living communities. Annual Review of Public Health, 27, 297–322. https://doi.org/10.1146/annurev.publhealth.27.021405.102100
  • Task Force on Community Preventive Services. (2002). Recommendations to increase physical activity in communities. American Journal of Preventive Medicine, 22(4 Suppl), 67–72. https://doi.org/10.1016/S0749-3797(02)00433-6

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Obtain (or create, if necessary) a map of the campus or area around your place of work that you wish to audit, including likely pedestrian destinations, such as parking lots, nearby restaurants, shops, parks,
2

Decide, either by observation or inference, the most useful or likely pedestrian route between each location of interest on your map, eventually assembling a network of walking segments (link to glossary) that make up your most common walking routes. Label these segments ‘A’, ‘B’, ‘C’ or 1,2,3 to identify one from the See Sample Audit Report Map (link) for an example.
3

Take the attached audit tool to the location under study. Take as many copies as you have identified segments on your map—for example, if you have 10 segments on your map, take 10 copies. You will use a copy of the audit tool to assess each segment individually. The tool assesses factors related to safety, aesthetics, and recreational potential, (link to glossary) with safety being the most important.
4

Begin with your first segment, and use the attached audit to rank each feature, using the description provided on the audit. There are no right or wrong answers, just pick the number that most accurately represents your understanding of the segment. Also answer the questions at the bottom of the audit tool, noting potential dangers and
5

Repeat step 4 for each segment of your map. Some segments may be very different from each other, and some may be very
6

Once you have completed the audit form for all the segments on your map, use the formula in the box halfway through the audit form to create a numerical score for each segment. This score makes safety considerations the most important, followed by things like accessibility and aesthetics (medium importance) and finally shade (least important), and should range from 0-100. Calculate scores for all segments of your map.
7

Now you can input the scores from each segment on your map, and generate a report. If you like, you can follow the format of our sample report. (link)We designated segments with scores of 0-39 points as high-risk and unattractive (red), scores of 40-69 as medium-risk and average or non-descript looking (yellow) and 70 and above as low-risk and pleasant. The questions you answered at the bottom of the audit tool can help you prioritize your needs and wants for improving the walking routes
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Looti, M. (2026, octobre 18). Outil d’audit de marchabilité. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=outil-daudit-de-marchabilite
Looti, Mohammed. “Outil d’audit de marchabilité.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=outil-daudit-de-marchabilite.
Looti, Mohammed. “Outil d’audit de marchabilité.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=outil-daudit-de-marchabilite.