1. Résumé
Le Mini-Mental State Examination (MMSE), initialement conceptualisé par Folstein, Folstein et McHugh (1975), puis affiné sous sa déclinaison standardisée (SMMSE ; Molloy et al., 1991 ; adaptation néerlandaise standardisée par Kok & Verhey, 2002), constitue l’instrument d’évaluation cognitive brève le plus largement administré au monde dans les contextes cliniques, épidémiologiques et de recherche gérontologique. Ce protocole psychométrique a été spécifiquement conçu pour quantifier de manière rapide, standardisée et reproductible le niveau global de fonctionnement cognitif et détecter la présence de détériorations cognitives associées aux syndromes démentiels, tels que la maladie d’Alzheimer, la démence vasculaire, la démence à corps de Lewy ou les démences mixtes.
L’instrument explore de façon systématique six domaines cognitifs fondamentaux : l’orientation spatio-temporelle (10 items), la mémoire immédiate / enregistrement (3 items), l’attention et le calcul mental (5 items), le rappel différé (3 items), le langage sous ses différentes composantes réceptives et expressives (dénomination, répétition, compréhension orale en trois étapes, lecture/compréhension écrite, expression écrite ; 8 items) et les praxies constructives (1 item de reproduction bidimensionnelle). Composé d’un total de 30 items cotés de façon dichotomique (0 = échec ou absence de réponse, 1 = réussite), l’examen produit un score composite variant de 0 à 30 points, où un score inférieur ou égal à 24 signale classiquement un déclin cognitif significatif méritant des investigations neuropsychologiques et biomédicales approfondies.
Sur le plan métrologique, la standardisation rigoureuse introduite par les protocoles contemporains résout les variabilités inter-évaluateurs inhérentes à la version princeps de 1975, atteignant une cohérence interne satisfaisante (alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,89), une excellente fidélité test-retest (coefficients intra-classe supérieurs à 0,85) et une fidélité inter-juges quasi parfaite (coefficients kappa et CCI > 0,90). L’échelle démontre une sensibilité diagnostique élevée (souvent > 85 %) pour les stades modérés à sévères de démence, tout en exigeant une interprétation modulée en fonction de l’âge et du niveau socioculturel du sujet.
2. Mots-clés
Mini-Mental State Examination, MMSE standardisé, évaluation cognitive, gériatrie, dépistage de la démence, maladie d’Alzheimer, psychométrie, orientation temporo-spatiale, mémoire épisodique, fonctions exécutives.
3. Auteurs
La version originale princeps du Mini-Mental State Examination a été conçue et publiée en 1975 par le Dr Marshal F. Folstein (professeur émérite de psychiatrie à la Tufts University School of Medicine et anciennement à la Johns Hopkins University), la Dre Susan E. Folstein (généticienne et psychiatre à la Johns Hopkins University) et le Dr Paul R. McHugh (professeur émérite de psychiatrie et sciences du comportement à la Johns Hopkins University School of Medicine, Baltimore, États-Unis).
Afin de pallier le manque d’uniformité dans l’administration et la cotation de la version de 1975, le protocole standardisé anglophone (Standardized Mini-Mental State Examination, SMMSE) a été formalisé par le Dr D. William Molloy, la Dre E. Alemayehu et le Dr R. Roberts à l’Université McMaster (Hamilton, Ontario, Canada) au début des années 1990. L’adaptation et la normalisation en langue néerlandaise, documentée dans le matériel source, ont été coordonnées par le Dr Rob M. Kok (psychiatre gériatrique au sein de l’institution Parnassia Psychiatric Institute, La Haye, Pays-Bas) et le Pr Dr Frans R. J. Verhey (professeur de neuropsychiatrie et directeur du Alzheimer Centre Limburg, Maastricht University Medical Centre, Maastricht, Pays-Bas).
4. Objectif
Le Mini-Mental State Examination (version standardisée) répond à un impératif fondamental de la médecine gériatrique, de la neurologie clinique et de la neuropsychologie : fournir une mesure quantitative, rapide, objective et standardisée de l’efficience cognitive globale chez l’adulte âgé. L’objectif premier de cette standardisation n’est pas de formuler à elle seule un diagnostic nosologique définitif — acte complexe requérant une anamnèse médicale, des bilans biologiques, des examens d’imagerie cérébrale et des explorations neuropsychologiques complètes — mais d’opérer un criblage (dépistage de première intention) fiable du déficit cognitif.
Dans la pratique clinique quotidienne, l’outil permet d’identifier avec précision les sujets présentant des altérations des processus mentaux supérieures à celles attendues dans le cadre d’un vieillissement physiologique normal. Les applications cliniques majeures s’articulent autour de quatre axes :
- Le dépistage systématique : Détection active des syndromes démentiels au sein des structures hospitalières de court séjour, des consultations mémoire ambulatoires, des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD/maisons de repos) et des cabinets de médecine générale.
- La stratification de la sévérité : Classification de la sévérité de l’atteinte cognitive (légère de 18 à 23, modérée à sévère de 0 à 17), permettant de guider les décisions thérapeutiques, l’allocation de ressources d’aide à domicile ou les mesures de protection juridique (tutelle/curatelle).
- Le suivi longitudinal : Mesure de la cinétique du déclin cognitif dans le temps. Dans les maladies neurodégénératives évolutives comme la maladie d’Alzheimer non traitée, la régression moyenne du score total oscille classiquement entre 2 et 4 points par an, fournissant un indicateur objectif de la vitesse de détérioration.
- L’évaluation de l’efficacité thérapeutique : Mesure objective de la réponse aux inhibiteurs de l’acétylcholinestérase (donépézil, rivastigmine, galantamine), aux antagonistes des récepteurs NMDA (mémantine) ou aux programmes non médicamenteux de remédiation cognitive.
En recherche fondamentale et translationnelle, le score au MMSE sert de critère d’inclusion/exclusion standardisé pour définir des cohortes homogènes dans les essais cliniques pharmacologiques et les études longitudinales sur le vieillissement cérébral.
5. Construit psychologique
Le construit opérationnalisé par le MMSE est le fonctionnement cognitif global, conceptualisé comme un réseau distribué de compétences neurocomportementales interreliées. La version standardisée évalue méthodiquement les dimensions cognitives suivantes :
Orientation temporelle et spatiale
L’orientation constitue un marqueur direct de l’intégration continue des repères spatio-temporels dans la mémoire à court terme et la mémoire sémantique. L’orientation temporelle (année, saison, mois, date du jour, jour de la semaine ; 5 points) mobilise les structures temporales internes et le système d’horloge interne, fréquemment altérés dès les phases précoces des pathologies corticales. L’orientation spatiale (pays, province/département, ville, établissement/bâtiment, étage/chambre ; 5 points) évalue la capacité du patient à se situer au sein de son environnement macroscopique et microscopique, sollicitant les circuits hippocampiques et pariétaux postérieurs responsables de la navigation spatiale.
Enregistrement (Mémoire immédiate)
L’administration de trois substantifs non reliés sémantiquement (par exemple « pomme », « clé », « table » ; 3 points) permet de quantifier la capacité de la mémoire sensorielle et de la mémoire de travail à encoder immédiatement une information verbale auditive. Ce sous-test vérifie l’intégrité de la boucle phonologique et s’assure que le stimulus a été correctement perçu et stocké avant l’épreuve de restitution ultérieure.
Attention et calcul mental
Cette dimension sollicite intensément les fonctions exécutives, la mémoire de travail et le contrôle attentionnel. Elle est explorée par la soustraction sérielle de 7 à partir de 100 (5 étapes consécutives : 93, 86, 79, 72, 65 ; 5 points) ou, subsidiairement, par l’épreuve de rétro-épellation d’un mot de cinq lettres (par exemple « WORST » dans la standardisation néerlandaise ou « MONDE » en langue française). Elle requiert la manipulation active de représentations numériques et l’inhibition des interférences parasites sous la dépendance du cortex préfrontal dorsolatéral.
Rappel différé (Mémoire épisodique à court terme)
La restitution spontanée des trois mots appris quelques minutes auparavant (3 points), après l’interférence cognitive induite par la tâche de calcul, représente le sous-test le plus sensible aux atteintes du circuit de Papez et des régions hippocampiques. L’échec au rappel libre est l’un des biomarqueurs comportementaux cardinaux du syndrome amnésique de type hippocampique, caractéristique de la maladie d’Alzheimer.
Langage réceptif et expressif
Le MMSE échantillonne plusieurs niveaux du traitement linguistique (8 points au total) :
- Dénomination visuelle (2 points) : Reconnaissance et étiquetage lexical précis d’objets usuels présentés visuellement (montre-bracelet, crayon).
- Répétition verbale (1 point) : Émission articulatoire exacte d’une phrase syntaxiquement complexe sans soutien contextuel direct (« Geen als, mits of maar » / « Pas de mais, de si, ni de et »), testant le faisceau arqué et le carrefour temporo-pariétal.
- Compréhension d’une consigne séquentielle en trois temps (3 points) : Exécution d’un ordre complexe (« Prenez la feuille avec la main droite, pliez-la en deux et posez-la sur la table »), évaluant la compréhension du langage oral, la mémoire de travail et la planification motrice.
- Lecture et exécution (1 point) : Décodage graphophonologique et passage à l’acte direct face à l’injonction écrite « FERMEZ LES YEUX ».
- Expression écrite spontanée (1 point) : Génération motrice et syntaxique d’une phrase originale comportant obligatoirement un sujet et un verbe pourvu de sens.
Praxies constructives
L’épreuve de copie de deux pentagones réguliers sécants formant un losange à leur intersection (1 point) mesure les praxies visuo-constructives, la perception spatiale et la coordination visuomotrice sous le contrôle des aires corticales pariétales droites et occipito-pariétales.
6. Cadre théorique
Le développement du MMSE s’enracine au croisement de la neurologie comportementale classique (héritée des travaux d’Alexander Luria, Norman Geschwind et Henri Hécaen) et de la psychométrie cognitive différentielle. Historiquement, au début des années 1970, l’évaluation de l’état mental reposait soit sur des entretiens psychiatriques non standardisés et hautement subjectifs, soit sur des batteries neuropsychologiques exhaustives (comme la Halstead-Reitan Neuropsychological Battery ou les échelles de Wechsler) qui prenaient plusieurs heures et provoquaient un épuisement cognitif majeur chez les patients âgés fragilisés.
Folstein et ses collaborateurs ont postulé qu’il était possible d’abstraire les éléments sémiologiques cardinaux de l’examen neurologique de chevet au sein d’un instrument unifié, administrable en moins de 10 à 15 minutes. Le modèle théorique sous-jacent repose sur une conception hiérarchique et modulaire du système cognitif :
- L’état de vigilance, l’attention élémentaire et l’orientation constituent le socle d’infrastructure cérébrale préalable indispensable à toute opération mentale complexe.
- Les fonctions instrumentales fondamentales (langage réceptif et expressif, praxies gestuelles et constructives) dépendent de réseaux corticaux spécialisés (péri-sylviens et rétro-rolandiques).
- La mémoire épisodique antérograde et les fonctions exécutives d’inhibition et de manipulation mentale incarnent les niveaux d’intégration supérieurs, les plus vulnérables aux processus neurodégénératifs et vasculaires.
La formalisation standardisée ultérieure par Molloy et al. (1991), adaptée par Kok et Verhey (2002), s’est nourrie de la théorie classique des tests (TCT). Les auteurs ont démontré que l’imprécision des consignes de Folstein (temps imparti non codifié, acceptabilité fluctuante des réponses approchées, consignes d’encouragement hétérogènes) générait une variance d’erreur de mesure préjudiciable à la validité longitudinale. En introduisant des instructions explicites d’administration, des limites de temps strictes par item (ex. 1 seconde par mot pour l’enregistrement, 30 secondes pour le dessin) et des critères univoques de réussite/échec, le cadre théorique a transformé un simple guide clinique informel en un véritable instrument de mesure psychométrique standardisé.
7. Validité
La validité psychométrique du Mini-Mental State Examination, particulièrement dans sa déclinaison standardisée, a fait l’objet de centaines de validations empiriques à l’échelle internationale :
Validité de construit
La validité de construit est étayée par la capacité de l’échelle à discriminer de manière hautement significative les sujets sains des personnes présentant un trouble neurocognitif majeur (démence) ou léger (Mild Cognitive Impairment – MCI). Les scores moyens décroissent de façon strictement monotone avec l’avancement des stades de la maladie selon la Clinical Dementia Rating (CDR) ou la Global Deterioration Scale (GDS de Reisberg). La corrélation entre le score total du MMSE et le volume hippocampique mesuré par IRM volumétrique ou l’hypométabolisme temporo-pariétal documenté au TEP-FDG fournit une confirmation anatomofonctionnelle robuste de sa validité de construit.
Validité convergente et discriminante
Les études de validité convergente révèlent des corrélations fortes avec d’autres échelles d’évaluation cognitive globale, notamment :
- L’Alzheimer’s Disease Assessment Scale – Cognitive Subscale (ADAS-Cog) : corrélations de Pearson négatives élevées (r = -0,75 à -0,88), le score élevé à l’ADAS-Cog reflétant une plus grande altération.
- La Montreal Cognitive Assessment (MoCA) : corrélations positives substantielles (r = 0,78 à 0,86), bien que la MoCA soit plus sensible aux stades débutants en raison d’une sollicitation supérieure des fonctions exécutives.
- Les scores aux échelles d’autonomie fonctionnelle dans la vie quotidienne (IADL de Lawton, ADL de Katz) démontrent des corrélations modérées à fortes (r = 0,50 à 0,70), attestant que les pertes de points au MMSE s’accompagnent d’un déclin direct de l’indépendance fonctionnelle.
La validité discriminante est attestée par des corrélations faibles à négligeables avec des échelles de dépistage de la dépression (telles que la Geriatric Depression Scale, r < 0,25) lorsque les patients ne présentent pas de démence sous-jacente, démontrant que l’échelle évalue l’intégrité cognitive indépendamment de la thymie.
Sensibilité et spécificité
Pour le seuil classique de 23/24 points :
- Sensibilité : Varie entre 83 % et 92 % pour la détection de la démence établie dans les populations cliniques gériatriques.
- Spécificité : Se situe généralement entre 85 % et 95 % face à des sujets contrôles du même groupe d’âge.
- Limite métrologique : L’échelle présente un effet plafond marqué chez les sujets hautement éduqués et une sensibilité médiocre (souvent inférieure à 60 %) pour identifier le trouble neurocognitif léger (MCI) ou les démences fronto-temporales débutantes.
8. Fidélité
La fidélité de la version standardisée représente son atout méthodologique majeur par rapport à la version princeps non standardisée :
Cohérence interne
Le coefficient alpha de Cronbach du MMSE se situe de façon générale entre 0,78 et 0,89 au sein des cohortes de patients gériatriques et de consultations mémoire, ce qui dénote une homogénéité interne remarquable pour une échelle multidimensionnelle composite. Le coefficient d’homogénéité de Kuder-Richardson 20 (KR-20), adapté aux items dichotomiques, confirme cette robustesse avec des valeurs moyennes supérieures à 0,80.
Fidélité inter-juges
Dans la version originale de Folstein, la fidélité inter-juges pouvait fluctuer en fonction du niveau d’entraînement des soignants (coefficients de corrélation intraclasse oscillant entre 0,65 et 0,85). L’introduction des directives strictes du SMMSE (Molloy et al., 1991 ; Kok & Verhey, 2002) a permis d’élever le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) inter-juges à plus de 0,92, avec des concordances kappa de Cohen par item comprises entre 0,75 et 0,98. Cette standardisation élimine quasi totalement le bruit de mesure découlant de la subjectivité de l’examinateur.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle mesurée par test-retest à des intervalles variant de 24 heures à 4 semaines chez des sujets stables sur le plan clinique démontre des corrélations de Pearson et des CCI compris entre 0,85 et 0,92. L’erreur type de mesure (ETM ou SEM) a été évaluée à environ 1,0 à 1,5 point sur le score total, ce qui indique qu’un changement de plus de 2 à 3 points lors d’évaluations successives reflète une modification cognitive réelle avec un intervalle de confiance à 95 % plutôt qu’une simple fluctuation métrologique aléatoire.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle du MMSE a fait l’objet d’intenses débats psychométriques. Bien qu’il soit utilisé en clinique comme un score unidimensionnel sommatif de 0 à 30, les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) publiées dans la littérature gérontologique démontrent sans ambiguïté une nature pluridimensionnelle.
Structures factorielles identifiées
Les modélisations factorielles rapportent le plus fréquemment une organisation à deux ou cinq facteurs selon le degré de décomposition statistique :
- Modèle bifactoriel orthogonal ou oblique :
- Facteur 1 : Orientation spatio-temporelle et Mémoire (regroupant l’orientation dans le temps, dans l’espace, l’enregistrement et le rappel différé). Ce facteur sature majoritairement sur les aires temporales médianes et explique la plus grande part de la variance (35 % à 45 %).
- Facteur 2 : Langage, Praxies et Attention (dénomination, répétition, compréhension orale, lecture, écriture, dessin et calcul sériel). Ce facteur reflète le traitement instrumental cortical et les fonctions fronto-pariétales, expliquant 15 % à 20 % de variance additionnelle.
- Modèle à cinq facteurs (souvent répliqué en AFC) :
- Orientation : Forte saturation (> 0,65) des items 1 à 10.
- Mémoire immédiate et différée : Saturation des items 11-13 et 19-21 (saturations comprises entre 0,55 et 0,82).
- Attention / Mémoire de travail : Saturation des soustractions séquentielles (items 14-18 ; saturations de 0,50 à 0,78).
- Langage réceptif et expressif : Saturation des épreuves lexicales et syntaxiques (items 22 à 27).
- Organisation visuo-spatiale et constructive : Sature de façon prépondérante sur l’item 30 (copie des pentagones) et subsidiairement sur l’écriture et la tâche en 3 étapes.
Les indices d’ajustement en AFC valident la supériorité d’un modèle multidimensionnel hiérarchique avec un facteur général d’efficience cognitive (G-factor) de second ordre sous-tendant les sous-domaines (RMSEA < 0,05, CFI > 0,93, TLI > 0,92).
10. Instrument de mesure
- Type de test : Test de performance neuropsychologique standardisé administré individuellement sous forme d’hétéro-évaluation directe de chevet.
- Format d’administration : Papier-crayon / entretien clinique direct en face-à-face avec matériel simple (montre, crayon, feuille de papier).
- Nombre total d’items : 30 items discrets répartis sur 6 composantes cognitives majeures.
- Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes chez le sujet coopérant (durée pouvant s’étendre à 20 minutes en cas de ralentissement psychomoteur ou de déficit sévère).
- Échelle de réponse et cotation :
- Dichotomous scoring per point (0 = Incorrect/No response, 1 = Correct), summing to a total score of 0 to 30 points.
- Chaque item réussi sans hésitation selon les critères rigoureux rapporte 1 point ; une réponse erronée, incomplète, différée au-delà du temps alloué ou un refus rapporte 0 point.
- Scores seuils et interprétation clinique classique :
- 27 à 30 points : Fonctionnement cognitif globalement préservé dans les limites de la normale.
- 24 à 26 points : Zone frontière (déficit cognitif léger possible, surveillance longitudinale recommandée).
- 18 à 23 points : Déficit cognitif léger à modéré (évocateur de syndrome démentiel débutant à modéré).
- 0 à 17 points : Déficit cognitif sévère à profond.
- Ajustements sociodémographiques : L’interprétation doit impérativement confronter le score brut aux tables de normes stratifiées par tranche d’âge et niveau d’études initial (niveaux de référence de Crum et al. ou étalonnages spécifiques nationaux).
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication princeps : 1975 (Folstein et al.) ; version standardisée (SMMSE) en 1991 (Molloy et al.) ; adaptation néerlandaise standardisée en 2002 (Kok & Verhey).
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Le Mini-Mental State Examination (MMSE et SMMSE) est une marque déposée protégée par le droit d’auteur, dont l’exploitation commerciale exclusive a été concédée par les auteurs à la société éditrice Psychological Assessment Resources (PAR) en mars 2001.
- Tarifs et acquisition : Contrairement à une idée répandue ayant prévalu durant ses premières décennies d’utilisation clinique libre, l’usage clinique officiel, l’intégration logicielle dans les dossiers médicaux électroniques ou l’utilisation dans des essais cliniques financés exige l’acquisition des formulaires originaux sous licence auprès de PAR Inc. ou de ses distributeurs nationaux autorisés (feuilles de passation payantes à l’unité ou sous forme de packs).
- Utilisation en recherche académique non financée : Une politique de licences académiques est gérée directement par l’éditeur commercial sur demande préalable expresse.
12. Références
Crum, R. M., Anthony, J. C., Bassett, S. S., & Folstein, M. F. (1993). Population-based norms for the Mini-Mental State Examination by age and educational level. JAMA, 269(18), 2386–2391. https://doi.org/10.1001/jama.1993.03500180078038
Folstein, M. F., Folstein, S. E., & McHugh, P. R. (1975). « Mini-mental state ». A practical method for grading the cognitive state of patients for the clinician. Journal of Psychiatric Research, 12(3), 189–198. https://doi.org/10.1016/0022-3956(75)90026-6
Kok, R. M., & Verhey, F. R. J. (2002). Gestandaardiseerde Mini-Mental State Examination (SMMSE): Handleiding en instructies. Parnassia Psychiatric Institute & Alzheimer Centrum Limburg.
Molloy, D. W., Alemayehu, E., & Roberts, R. (1991). Reliability of a Standardized Mini-Mental State Examination compared with the traditional Mini-Mental State Examination. American Journal of Psychiatry, 148(1), 102–105. https://doi.org/10.1176/ajp.148.1.102
Tombaugh, T. N., & McIntyre, N. J. (1992). The Mini-Mental State Examination: A comprehensive review. Journal of the American Geriatrics Society, 40(9), 922–935. https://doi.org/10.1111/j.1532-5415.1992.tb01992.x
13. Questions et items du questionnaire
Response Format & Scoring Rule:
Dichotomous scoring per point (0 = Incorrect/No response, 1 = Correct), summing to a total score of 0 to 30 points.
- Welk jaar is het? (1 punt)
- Welk seizoen is het? (1 punt)
- Welke maand van het jaar is het? (1 punt)
- Welke datum is het vandaag? (1 punt)
- Welke dag van de week is het? (1 punt)
- In welk land zijn we nu? (1 punt)
- In welke provincie zijn we nu? (1 punt)
- In welke plaats/stad zijn we nu? (1 punt)
- In welk ziekenhuis/instelling/gebouw zijn we nu? (1 punt)
- Op welke verdieping/afdeling zijn we nu? (1 punt)
- Registratie: Noem drie niet-gerelateerde objecten (bijv. Appel) met 1 seconde per woord; vraag de cliënt deze te herhalen (1 punt)
- Registratie: Tweede object (bijv. Sleutel) (1 punt)
- Registratie: Derde object (bijv. Tafel) (1 punt)
- Aandacht en rekenen: Trek 7 af van 100 (93) (1 punt)
- Aandacht en rekenen: Trek weer 7 af (86) (1 punt)
- Aandacht en rekenen: Trek weer 7 af (79) (1 punt)
- Aandacht en rekenen: Trek weer 7 af (72) (1 punt)
- Aandacht en rekenen: Trek weer 7 af (65) (alternatief: spel WORST achterstevoren) (1 punt)
- Herinnering: Vraag naar de drie eerder geregistreerde objecten – Object 1 (1 punt)
- Herinnering: Object 2 (1 punt)
- Herinnering: Object 3 (1 punt)
- Taal (Benoemen): Wijs een polshorloge aan en vraag: Wat is dit? (1 punt)
- Taal (Benoemen): Wijs een potlood of pen aan en vraag: Wat is dit? (1 punt)
- Taal (Herhalen): Vraag de cliënt de zin letterlijk te herhalen: ‘Geen als, mits of maar’ (1 punt)
- Drietrapsopdracht: ‘Neem het papier in uw rechterhand’ (1 punt)
- Drietrapsopdracht: ‘Vouw het dubbel’ (1 punt)
- Drietrapsopdracht: ‘En leg het op de grond/tafel’ (1 punt)
- Lezen en uitvoeren: Laat de cliënt een papier zien waarop in grote letters staat: ‘SLUIT UW OGEN’ en vraag dit te lezen en uit te voeren (1 punt)
- Schrijven: Vraag de cliënt een volledige, begrijpelijke zin op te schrijven met een onderwerp en een werkwoord (1 punt)
- Constructieve praxis (Figuur natekenen): Vraag de cliënt twee elkaar overlappende regelmatige vijfhoeken nauwkeurig na te tekenen (1 punt)