1. Résumé
La Mesure des tactiques de délimitation des frontières (en anglais, Boundary Work Tactics Measure, ou BWTM), conçue et validée par Kathrin Reinke, Lisa Niederkrome et Sandra Ohly (2023, 2024), constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation destiné à quantifier et qualifier la manière dont les individus régulent activement les frontières entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle dans un contexte de numérisation croissante du travail. Composée de 21 items répartis en trois dimensions fonctionnelles, cette échelle s’enracine dans la théorie de la bordure travail-famille (Clark, 2000) et dans les approches contemporaines du micro-travail frontalier (boundary work ; Nippert-Eng, 1996 ; Kreiner et al., 2009). Elle appréhende la régulation de la connectivité et de la disponibilité professionnelle hors des heures de travail à travers trois sous-échelles orientées par les motifs d’action : les tactiques préventives (7 items), les tactiques restrictives (9 items) et les tactiques de rejet (5 items, inversés).
Les réponses sont recueillies sur une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« jamais ») à 5 (« toujours »). Développé auprès d’échantillons diversifiés en Allemagne incluant des salariés du secteur privé, des fonctionnaires, des travailleurs indépendants et des étudiants salariés, l’instrument démontre une structure tridimensionnelle robuste corroborée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC ; indices d’ajustement : $\chi^2 = 347{,}89$, $df = 180$, $\text{RMSEA} = 0{,}07$, $\text{CFI} = 0{,}93$, $\text{SRMR} = 0{,}08$). Les analyses de cohérence interne révèlent une excellente fidélité, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre $0{,}87$ et $0{,}91$. L’échelle présente une validité convergente et discriminante solidement étayée par ses relations théoriquement congruentes avec les préférences de segmentation et la mise en acte effective de la segmentation, faisant de la BWTM un outil de choix tant pour la recherche fondamentale en psychologie du travail que pour le diagnostic organisationnel des risques psychosociaux liés à l’hyperconnectivité.
2. Mots-clés
Frontières travail-vie personnelle, tactiques de travail sur les frontières, disponibilité numérique, technologies de l’information et de la communication, théorie des bordures, équilibre vie professionnelle-vie privée, déconnexion professionnelle, segmentation-intégration, psychométrie du travail, épuisement professionnel, récupération psychologique, santé au travail.
3. Auteurs
L’instrument a été conceptualisé et validé par une équipe de chercheurs en psychologie du travail et des organisations :
- Kathrin Reinke, Ph.D. : ORCID : 0000-0002-1116-4436. Département de Psychologie Économique et d’Entreprise, Hochschule Fresenius, Allemagne.
- Lisa Niederkrome, M.Sc. : Département de Psychologie Économique et du Travail, Université de Kassel, Allemagne.
- Sandra Ohly, Prof. Dr. : ORCID : 0000-0001-6818-7519. Chaire de Psychologie Économique et du Travail, Institut Interdisciplinaire pour la Sécurité et les Technologies Numériques (ITeG), Université de Kassel, Pfannkuchstraße 1, 34121 Kassel, Allemagne. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Boundary Work Tactics Measure (BWTM) est de fournir une quantification rigoureuse, fine et multidimensionnelle des comportements proactifs adoptés par les travailleurs pour moduler la perméabilité de leurs frontières temporelles, physiques et relationnelles face aux sollicitations professionnelles médiatisées par les technologies de l’information et de la communication (TIC) durant leurs périodes de repos. Avec la diffusion ubiquitaire des smartphones d’entreprise, des messageries instantanées professionnelles (ex. Slack, Microsoft Teams) et l’essor du travail à distance ou hybride, la démarcation autrefois structurelle entre le « travail » et le « non-travail » s’est profondément érodée. Ce phénomène de brouillage frontalier (boundary blurring) expose les salariés à une norme d’accessibilité permanente susceptible d’entraver les processus de récupération cognitive et émotionnelle, majorant ainsi les risques d’épuisement professionnel (burnout) et de conflit travail-famille.
Sur le plan théorique, la BWTM répond à une lacune majeure de la littérature : la plupart des instruments préexistants évaluaient soit des préférences globales (segmentation vs intégration de manière passive), soit des résultats généraux de débordement, sans saisir l’arsenal concret des tactiques micro-comportementales déployées par l’agent. Reinke et al. (2024) ont spécifiquement distingué ces comportements selon leurs motifs fonctionnels sous-jacents, à savoir anticiper l’incursion professionnelle (prévention), conditionner et filtrer son déroulement (restriction), ou bloquer explicitement le canal d’accès au détriment des communications extérieures (rejet). Cette échelle permet ainsi de comprendre pourquoi et comment deux individus ayant des préférences de segmentation similaires peuvent mobiliser des stratégies radicalement différentes pour parvenir à la préservation de leur temps libre.
Dans le domaine appliqué et organisationnel, la BWTM est un outil d’évaluation indispensable pour les psychologues du travail, les directeurs des ressources humaines et les ergonomes. Elle permet de conduire des bilans diagnostiques préalables à la négociation d’accords sur le droit à la déconnexion, d’identifier les profils d’employés vulnérables au surmenage numérique et d’évaluer l’efficacité de formations visant la gestion des frontières personnelles et la régulation du stress technologique (technostress).
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par la BWTM est le travail frontalier centré sur la disponibilité (availability-related boundary work tactics). Dans la lignée des travaux sociologiques et psychologiques de Christena Nippert-Eng (1996) et de Kreiner, Hollensbe et Sheep (2009), le travail frontalier désigne l’ensemble des pratiques cognitives, physiques, comportementales et relationnelles par lesquelles un individu crée, maintient, négocie ou remodèle les frontières psychologiques et temporelles entourant ses différents domaines de vie. La BWTM opérationnalise ce construit sous l’angle spécifique de l’usage des technologies de communication en dehors des heures régulières de travail, en postulant que les conduites individuelles s’organisent autour de trois logiques motivationnelles indépendantes et complémentaires :
1. Tactiques préventives (Preventive Tactics, 7 items)
Les tactiques préventives consistent en des actions proactives menées en amont afin d’établir des signaux explicites de démarcation et d’éviter que les intrusions professionnelles ne se manifestent durant la sphère privée. Ces stratégies reposent sur deux piliers principaux : l’organisation structurelle et technologique (séparation matérielle du matériel professionnel et personnel, utilisation de deux numéros de téléphone distincts) et la communication normative explicite (paramétrage de messages d’absence, affichage du statut « hors ligne » ou « absent », avertissement donné aux collègues, clients et supérieurs hiérarchiques stipulant que la disponibilité est restreinte aux situations d’urgence absolue). Par exemple, un cadre qui programme un message d’absence automatique dès 18 heures indiquant qu’il ne lira aucun courriel jusqu’au lendemain matin recourt à une tactique préventive d’anticipation communicationnelle.
2. Tactiques restrictives (Restrictive Tactics, 9 items)
Les tactiques restrictives interviennent lorsque la frontière n’est pas imperméable mais fait l’objet d’un contrôle conditionnel et situationnel rigoureux. L’individu accepte un certain degré d’interaction professionnelle durant son temps de loisir, mais en limite strictement les modalités temporelles, technologiques ou relationnelles. Ces tactiques englobent la réservation de plages horaires fixes et restreintes pour consulter ses messages (ex. regarder sa boîte de réception uniquement 15 minutes à 20 heures), l’abandon immédiat des outils numériques lors d’activités sociales ou intimes (ex. dîner familial, sport), le tri sélectif des communications en fonction de l’identité de l’émetteur ou du degré d’urgence perçu, et la préférence exclusive pour les canaux asynchrones (textes, courriels) plutôt que synchrones (appels téléphoniques), afin de préserver l’autonomie sur le moment de réponse.
3. Tactiques de rejet (Rejecting Tactics, 5 items inversés)
Les tactiques de rejet représentent l’abstention délibérée et absolue de tout contact ou traitement des tâches professionnelles sur le temps hors travail. Dans l’instrument, cette dimension est opérationnalisée par des items inversés mesurant la non-pratique de comportements d’ouverture ou d’accès (ex. ne pas porter d’appareil professionnel sur soi en vacances, refuser de lire ou de vérifier ses messages, ne pas décrocher les appels professionnels durant les jours de repos). Un score élevé sur cette dimension reflète une étanchéité totale, sans concession ni compromis situationnel, fermant radicalement la porte à toute contamination du temps de vie personnelle par les sollicitations de l’organisation.
6. Cadre théorique
La BWTM s’articule autour de plusieurs modèles théoriques majeurs de la psychologie des organisations et de l’interaction travail-hors travail :
La théorie de la bordure travail-famille (Work-Family Border Theory)
Élaborée par Sue Campbell Clark en 2000, la théorie des bordures postule que les individus traversent quotidiennement les frontières séparant les domaines du travail et de la famille, domaines qui possèdent chacun leur propre culture, leurs normes et leurs règles de fonctionnement. Clark met en lumière les notions de perméabilité (la mesure dans laquelle des éléments d’un domaine peuvent pénétrer l’autre domaine) et de flexibilité (la capacité de la frontière à être modulée dans le temps ou l’espace). La BWTM capture précisément les mécanismes par lesquels les travailleurs agissent en qualité de « gardiens de frontière » (border-keepers) ou de « négociateurs » pour réguler activement cette perméabilité face à l’invasion numérique.
Le modèle du Boundary Work et de la théorie de la conservation des ressources (COR)
Le cadre s’enrichit de la conceptualisation sociologique de Christena Nippert-Eng (1996) et des apports de Kreiner et al. (2009), qui démontrent que les individus ne sont pas de simples récepteurs passifs des contraintes professionnelles mais façonnent continuellement leurs frontières à travers des tactiques comportementales, temporelles, spatiales et relationnelles. Ce positionnement est intimement lié à la Théorie de la Conservation des Ressources (Hobfoll, 1989), selon laquelle les individus luttent activement pour protéger et conserver leurs ressources énergétiques, attentionnelles et temporelles contre l’épuisement. Les tactiques préventives et de rejet agissent comme des boucliers protecteurs empêchant la perte de ressources, tandis que les tactiques restrictives constituent une régulation stratégique visant à allouer une ressource minimale pour satisfaire aux exigences sans compromettre le capital de récupération.
Le modèle de l’effort-récupération (Effort-Recovery Model)
Développé par Meijman et Mulder (1998) et prolongé par Sonnentag (2001, 2012), ce modèle stipule que la charge psychophysiologique engendrée par l’activité professionnelle nécessite impérativement des phases de détachement psychologique total durant le temps libre afin de restaurer les fonctions homéostatiques de l’organisme. L’absence de régulation numérique empêche la mise au repos du système cognitif. Reinke, Niederkrome et Ohly (2024) démontrent ainsi que les tactiques de délimitation documentées par la BWTM sont les leviers comportementaux proximaux qui autorisent un véritable détachement psychologique, favorisant l’expérience de récupération (recovery experience) indispensable à la santé à long terme.
7. Validité
La validité psychométrique de la BWTM a été établie à l’aide de protocoles méthodologiques rigoureux combinant analyses de validité de construit, validité convergente et validité discriminante :
Validité convergente et discriminante
Les investigations menées par Reinke, Niederkrome et Ohly (2024) ont examiné le réseau nomologique de la BWTM en analysant ses corrélations avec les construits établis de la gestion des frontières, notamment le construit général des tactiques de travail frontalier, les préférences de segmentation (segmentation preferences) et l’application effective de la segmentation (segmentation enactment) :
- Corrélations avec le construit général : Les corrélations entre les trois dimensions de la BWTM et la mesure générale du travail frontalier se sont révélées faibles à modérées, avec une corrélation maximale observée de $r = 0{,}57$. Ces amplitudes démontrent que la BWTM capte une part substantielle de variance spécifique liée à la disponibilité numérique sans se confondre avec des mesures globales et indifférenciées.
- Relations différentielles avec les préférences de segmentation : Conformément aux postulats théoriques, les trois sous-échelles entretiennent des liens différenciés avec la volonté de séparer vie professionnelle et vie privée. Les tactiques restrictives présentent la corrélation la plus faible avec les préférences de segmentation ($r = 0{,}19, p < 0{,}01$), traduisant le fait que ces tactiques s'adressent à des individus qui ne recherchent pas nécessairement une rupture totale mais un compromis pragmatique. À l'inverse, les tactiques de rejet affichent la corrélation la plus élevée ($r = 0{,}38, p < 0{,}001$), reflétant une parfaite cohérence entre la préférence pour une segmentation absolue et le refus total d'engager des communications professionnelles hors travail.
- Relations différentielles avec la segmentation effective (Enactment) : Le même pattern de relations se vérifie pour la segmentation mise en pratique : les tactiques restrictives affichent une corrélation modérée ($r = 0{,}21, p < 0{,}01$), tandis que les tactiques de rejet manifestent une association étroite et hautement significative ($r = 0{,}52, p < 0{,}001$). Les tactiques préventives se positionnent à un niveau intermédiaire ($r approx 0{,}35$), confirmant que chaque dimension occupe une place fonctionnelle distincte et non redondante au sein de la dynamique de segmentation.
Validité de critère et prédictive
Dans l’étude longitudinale et par journalier de bord menée par Reinke et ses collaboratrices (2024), l’utilisation des tactiques de rejet et préventives s’est avérée prédire négativement l’usage des TIC en soirée ($p < 0{,}01$) et prédire positivement le détachement psychologique ainsi que la vitalité au réveil le lendemain matin. Ces résultats corroborent la validité prédictive de l'instrument sur des indicateurs objectifs et subjectifs de bien-être au travail.
8. Fidélité
L’évaluation de la fidélité de la BWTM a porté sur l’analyse de sa consistance interne à travers différents échantillons de travailleurs confrontés aux technologies professionnelles nomades :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Les coefficients de cohérence interne calculés pour les trois sous-échelles de l’instrument témoignent d’une excellente stabilité métrique et d’une homogénéité exemplaire des items, excédant largement les seuils conventionnels recommandés de $0{,}70$ ou $0{,}80$ (Nunnally & Bernstein, 1994) :
- Sous-échelle des tactiques préventives (7 items) : $\alpha = 0{,}87$ à $0{,}89$, démontrant une covariance interne très robuste entre les comportements techniques de démarcation et les messages normatifs transmis à l’entourage professionnel.
- Sous-échelle des tactiques restrictives (9 items) : $\alpha = 0{,}88$ à $0{,}90$, attestant d’une cohérence élevée des choix situationnels de filtrage temporel et relationnel.
- Sous-échelle des tactiques de rejet (5 items) : $\alpha = 0{,}89$ à $0{,}91$, confirmant la forte cohésion des items évaluant le non-engagement numérique et la rupture totale de disponibilité.
Ces indices chiffrés confirment que les scores composites issus de chaque sous-échelle possèdent une marge d’erreur de mesure minime, garantissant une utilisation fiable tant pour des démarches diagnostiques individuelles que pour des analyses inférentielles en modélisation par équations structurelles.
9. Analyse factorielle
L’architecture factorielle de la BWTM a été rigoureusement éprouvée à travers une démarche séquentielle combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) puis analyse factorielle confirmatoire (AFC) :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
L’examen initial des données recueillies sur l’échantillon de dérivation via le critère de Kaiser (valeurs propres initiales supérieures à 1) a d’abord suggéré la présence de 7 facteurs potentiels. Toutefois, une analyse approfondie a révélé que seuls trois de ces facteurs dépassaient substantiellement le seuil unitaire, les autres ne le dépassant que de manière marginale. L’inspection visuelle du graphique des valeurs propres (scree plot de Cattell) a orienté les analyses vers une extraction à 3 ou 4 facteurs. L’examen des matrices de rotation oblique (Oblimin direct) a conduit à privilégier la solution à 3 facteurs pour sa parcimonie statistique et son interprétabilité théorique irréprochable, faisant parfaitement écho aux trois catégories motivationnelles (tactiques préventives, tactiques restrictives et tactiques de rejet). Ce modèle tridimensionnel extrait explique 38{,}48 % de la variance totale des scores bruts, un niveau satisfaisant dans l’étude des comportements organisationnels complexes.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Pour valider la structure sur un échantillon indépendant et après élimination des items ambigus ou redondants lors des phases pilotes, une série d’analyses factorielles confirmatoires a comparé le modèle théorique à trois facteurs à des modèles concurrents :
- Modèle unifactoriel (général) : $\chi^2 = 591{,}30$, $df = 179$ ; $\text{RMSEA} = 0{,}12$ ; $\text{CFI} = 0{,}84$ ; $\text{SRMR} = 0{,}13$. Ce modèle montre un ajustement médiocre et inacceptable aux données empiriques.
- Modèle tridimensionnel théorique (final) : $\chi^2 = 347{,}89$, $df = 180$ ; $\text{RMSEA} = 0{,}07$ ($90% \text{ IC } [0{,}06, 0{,}08]$) ; $\text{CFI} = 0{,}93$ ; $\text{SRMR} = 0{,}08$.
La comparaison formelle par test de différence de chi-carré démontre une supériorité hautement significative du modèle tridimensionnel ($Deltachi^2(1) = 243{,}41, p < 0{,}001$). Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) de chaque item sur son facteur respectif sont toutes statistiquement significatives ($p < 0{,}001$) et situées à des niveaux satisfaisants (supérieures à$0{,}50$ pour la quasi-totalité des énoncés), confirmant la validité factorielle structurelle de l’instrument à 21 items.
10. Instrument de mesure
- Nom de l’instrument : Mesure des tactiques de délimitation des frontières (Boundary Work Tactics Measure, BWTM).
- Typologie d’évaluation : Instrument psychométrique d’auto-évaluation (auto-questionnaire standardisé).
- Nombre total d’items : 21 items répartis en trois sous-échelles dimensionnelles :
- Tactiques préventives (Preventive tactics) : 7 items (items 1 à 7).
- Tactiques restrictives (Restrictive tactics) : 9 items (items 8 à 16).
- Tactiques de rejet (Rejecting tactics) : 5 items inversés (items 17 à 21).
- Format et ancrage de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
- 1 = Never (Jamais)
- 2 = Rarely / Ponctuellement
- 3 = Sometimes (Parfois)
- 4 = Often / Fréquemment
- 5 = Always (Toujours)
- Population cible : Adultes (18 ans et plus) en activité professionnelle (salariés, cadres, fonctionnaires, travailleurs indépendants, étudiants salariés) utilisant des outils numériques professionnels.
- Modalités de cotation et de calcul des scores :
- Inversion : Les items 17, 18, 19, 20 et 21 (sous-échelle de rejet) font l’objet d’un codage inversé ($1 = 5$, $2 = 4$, $3 = 3$, $4 = 2$, $5 = 1$) avant tout calcul afin qu’un score élevé reflète un rejet fort et protecteur des incursions professionnelles.
- Scores sous-dimensionnels : Le score moyen (ou cumulatif) est calculé séparément pour chacune des trois dimensions en sommant les réponses aux items correspondants puis en divisant par le nombre d’items de la dimension. Il est fortement déconseillé d’agréger les 21 items en un score composite total unique, compte tenu de la distinction fonctionnelle démontrée entre ces tactiques.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de développement : 2023 (publication officielle : 2024).
- Conditions d’accès et d’utilisation : L’instrument est disponible gratuitement pour les travaux de recherche scientifique universitaire, les thèses doctorales et l’enseignement académique.
- Usage commercial : Toute exploitation commerciale, intégration au sein d’une plateforme d’évaluation payante ou utilisation dans un contexte de conseil privé nécessite l’autorisation préalable expresse des auteurs détenteurs des droits.
- Licence de diffusion : Les matériels supplémentaires de la publication sont régis par les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).
- Coût : Aucun tarif ni redevance (gratuit pour la recherche non commerciale).
- Contacts pour autorisations : Prof. Dr. Sandra Ohly, Université de Kassel, courriel : [email protected].
12. Références
Clark, S. C. (2000). Work/family border theory: A new theory of work/family balance. Human Relations, 53(6), 747–770. https://doi.org/10.1177/0018726700536001
Hobfoll, S. E. (1989). Conservation of resources: A new attempt at conceptualizing stress. American Psychologist, 44(3), 513–524. https://doi.org/10.1037/0003-066X.44.3.513
Kreiner, G. E., Hollensbe, E. C., & Sheep, M. L. (2009). Balancing borders and bridges: Negotiating the work-home interface via boundary work tactics. Academy of Management Journal, 52(4), 704–730. https://doi.org/10.5465/amj.2009.43669916
Meijman, T. F., & Mulder, G. (1998). Psychological aspects of workload. Dans P. J. D. Drenth & H. Thierry (Dir.), Handbook of work and organizational psychology: Vol. 2. Work psychology (pp. 5–33). Psychology Press.
Nippert-Eng, C. E. (1996). Home and work: Negotiating boundaries through everyday life. University of Chicago Press. https://doi.org/10.7208/chicago/9780226581477.001.0001
Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3e éd.). McGraw-Hill.
Reinke, K., Niederkrome, L., & Ohly, S. (2024). Boundary work tactics and their effects on information and communication technology use after hours and recovery: Taking action when boundaries are blurring. Journal of Personnel Psychology, 23(1), 36–48. https://doi.org/10.1027/1866-5888/a000335
Sonnentag, S. (2001). Work, recovery activities, and individual well-being: A diary study. Journal of Occupational Health Psychology, 6(3), 196–210. https://doi.org/10.1037/1076-8998.6.3.196
Sonnentag, S. (2012). Psychological detachment from work during leisure time: The benefits of mentally disengaging from work. Current Directions in Psychological Science, 21(2), 114–118. https://doi.org/10.1177/0963721411434648