1. Résumé
La Mesure des stratégies de confirmation et d’évitement du soupçon (Suspicion Confirmation and Avoidance Strategies Measure), développée par Daniel J. Weigel et M. Rosie Shrout (2025), constitue un instrument psychométrique novateur conçu pour évaluer la diversité des tactiques comportementales et communicationnelles déployées par les individus confrontés à l’incertitude et au soupçon d’infidélité au sein de leur couple. Face à la déstabilisation cognitive et affective engendrée par la suspicion d’une trahison amoureuse ou sexuelle, les partenaires adoptent des trajectoires variées de recherche d’information, oscillant entre des démarches actives, intrusives ou clandestines, des dialogues directs et des conduites de retrait défensif. Cet instrument multidimensionnel a été élaboré en intégrant et adaptant des items issus de la littérature sur les comportements de traque et d’intrusion relationnelle (Whitford & Howells, 2000), ainsi que sur les réponses prosociales et évitantes à la jalousie romantique (Guerrero et al., 1995 ; Guerrero, Hannawa, & Babin, 2011), complétés par de nouveaux indicateurs spécifiques aux technologies contemporaines.
L’instrument final comporte 26 items organisés selon une structure à cinq facteurs distincts : l’espionnage clandestin (Snooping, 6 items), la surveillance à distance (Surveillance, 4 items), l’intrusion directe et le contrôle (Intrusion, 7 items), la conversation constructive ou communicative (Conversation, 4 items) et l’évitement comportemental et émotionnel (Avoidance, 5 items). Les participants évaluent la fréquence d’utilisation de chaque comportement sur une échelle d’évaluation en sept points allant de 1 (« Jamais » / Never) à 7 (« Très souvent » / Very Often). L’analyse factorielle exploratoire (AFE), réalisée sous rotation oblique Promax sur un échantillon d’adultes suspectant leur conjoint d’infidélité (Kaiser-Meyer-Olkin = 0,93), a révélé que cette solution pentafactorielle explique 67,55 % de la variance totale. Les indices de cohérence interne s’avèrent excellents pour l’ensemble des dimensions, oscillant entre un alpha de Cronbach de 0,81 pour l’évitement et 0,93 pour l’espionnage clandestin. Cette mesure offre un cadre d’investigation rigoureux pour la recherche en psychologie relationnelle, en communication interpersonnelle et pour la pratique clinique de thérapie de couple confrontée aux crises de confiance.
2. Mots-clés
infidélité conjugale, soupçon relationnel, recherche d’information, espionnage clandestin, surveillance, intrusion comportementale, communication de couple, évitement émotionnel, jalousie romantique, psychométrie de couple, gestion de l’incertitude, thérapie de couple
3. Auteurs
L’échelle a été conçue et validée par les chercheurs suivants :
- Daniel J. Weigel, Ph.D. : Professeur et spécialiste en sciences du développement humain et de la famille au sein du département Human Development & Family Science de l’Université du Nevada à Reno (University of Nevada, Reno, États-Unis). Courriel de correspondance : [email protected]. Adresse postale : University of Nevada Reno, Human Development & Family Science, 4955 Energy Way, Reno, Nevada 89502, États-Unis.
- M. Rosie Shrout, Ph.D. : Chercheuse et professeure adjointe en développement humain et études familiales à l’Université Purdue (Purdue University, West Lafayette, Indiana, États-Unis).
4. Objectif
Le soupçon d’infidélité représente l’une des expériences les plus dévastatrices au sein des relations dyadiques, provoquant une cascade de détresse psychologique, d’hypervigilance cognitive et d’instabilité relationnelle. L’objectif fondamental de la Mesure des stratégies de confirmation et d’évitement du soupçon est de cartographier, quantifier et catégoriser l’éventail complet des démarches mises en œuvre par un individu lorsqu’il en vient à douter de la fidélité de son partenaire amoureux ou sexuel. Historiquement, la recherche sur la jalousie et l’infidélité tendait soit à appréhender les réactions comme des entités globales indifférenciées, soit à se concentrer exclusivement sur les réactions émotionnelles internes (colère, anxiété, tristesse) sans disséquer précisément les tactiques comportementales de recherche de preuves ou d’évitement délibéré.
D’un point de vue scientifique, cet instrument répond à la nécessité de comprendre comment les individus tentent de réduire l’incertitude dans des situations hautement anxiogènes. Face à un signal ambigu — qu’il s’agisse d’un changement de mot de passe, d’une modification des habitudes de communication ou d’absences inexpliquées —, l’individu ne réagit pas de manière monolithique. Certains adoptent des méthodes clandestines pour accumuler des preuves tangibles sans éveiller les soupçons du conjoint, d’autres optent pour des confrontations directes ou des interrogatoires méticuleux, tandis que d’autres encore mobilisent le dialogue affectif ou, à l’inverse, mettent en place un déni protecteur ou un mur de silence. La mesure de Weigel et Shrout (2025) permet ainsi de quantifier la propension individuelle à naviguer entre ces différentes modalités d’action.
Sur le plan des applications de recherche, l’échelle permet d’explorer les médiateurs et modérateurs psychosociaux de la crise de couple, tels que le style d’attachement (attachement anxieux vs évitant), le niveau de satisfaction relationnelle, la propension à la paranoïa, l’estime de soi ou encore la dépendance financière et affective. En psychologie clinique et en thérapie conjugale, l’outil fournit aux cliniciens une grille d’évaluation précise des schémas interactifs dysfonctionnels. L’identification précoce de stratégies hyper-intrusives ou de surveillance clandestine permet d’anticiper le risque d’escalade vers des violences psychologiques, des dynamiques de contrôle coercitif ou des comportements s’apparentant au cyberharcèlement (cyberstalking), tout en mettant en lumière les blocages communicationnels où l’évitement et le traitement par le silence (silent treatment) empêchent toute résolution constructive du conflit.
5. Construit psychologique
Le construit théorique évalué par cette échelle repose sur le postulat que la gestion du soupçon d’infidélité s’articule autour de deux axes fondamentaux : l’engagement informationnel actif (la recherche de confirmation, subdivisée selon les canaux et méthodes employés) et le désengagement défensif (l’évitement de l’information ou du partenaire). Ce construit est opérationnalisé à travers cinq dimensions comportementales indépendantes et complémentaires :
1. L’espionnage clandestin (Snooping)
Cette dimension regroupe les comportements furtifs et non consentis visant à inspecter les espaces privés, les objets personnels et les dispositifs technologiques du partenaire. Dans un monde hyperconnecté, l’espionnage clandestin cible prioritairement les téléphones portables, les flux de messagerie instantanée, les courriels, l’historique des réseaux sociaux, mais s’étend également à la fouille physique des portefeuilles, sacs, tiroirs et vêtements. Le mobile sous-jacent est l’obtention de preuves directes, irréfutables et objectives d’une trahison sans que le partenaire n’en soit informé, préservant ainsi l’effet de surprise ou évitant une confrontation prématurée. Un exemple représentatif consiste à déverrouiller secrètement le téléphone du conjoint pour vérifier le journal des appels ou lire les correspondances privées.
2. La surveillance à distance (Surveillance)
Contrairement à la fouille d’objets intimes, la surveillance implique le monitoring observationnel des mouvements, des interactions sociales et des communications du partenaire à l’insu de celui-ci. Cela englobe la filature physique dans l’espace public, l’écoute clandestine de conversations téléphoniques ou directes depuis une autre pièce, l’observation à distance des faits et gestes et l’interception de courriers postaux. Cette modalité mobilise une vigilance accrue et une traque en temps réel afin de surprendre le partenaire en flagrant délit ou de vérifier la véracité de ses déclarations spatiales et temporelles.
3. L’intrusion et le contrôle direct (Intrusion)
Cette sous-échelle correspond à des comportements d’interpellation directe, de vérification intrusive et de surveillance manifeste au cours de la vie quotidienne. Elle se manifeste par des interrogatoires récurrents sur l’emploi du temps (« Où étais-tu ? Qu’as-tu fait ? »), des appels ou textos intempestifs conçus pour vérifier la présence physique du partenaire, des apparitions inopinées sur son lieu de travail ou de loisir, et l’interruption délibérée de ses conversations avec des tiers. Bien que visible et non clandestine, cette stratégie impose une pression psychologique constante et restreint l’autonomie relationnelle de l’autre.
4. La conversation (Conversation)
Cette dimension incarne une approche prosociale, communicative et vulnérable face au soupçon. Plutôt que de recourir à l’espionnage ou à l’accusation agressive, l’individu privilégie l’expression verbale explicite de ses ressentis. Les items évaluent la capacité à expliquer calmement sa détresse, à verbaliser ses sentiments de jalousie, à partager son désarroi et à chercher un échange clarificateur avec le conjoint. Cette stratégie favorise le maintien du lien dyadique et ouvre la porte à une restauration de la confiance ou à une clarification des malentendus.
5. L’évitement (Avoidance)
L’évitement traduit une réaction de retrait comportemental, émotionnel et physique face à la menace de l’infidélité. Confronté à la peur paralysante de confirmer ses doutes ou à l’impuissance générée par le sentiment de trahison, l’individu fait semblant que rien ne s’est passé, cesse de communiquer avec son partenaire, s’enferme dans le silence (le « traitement silencieux ») et prend ses distances physiquement dans l’intimité du foyer. Cette stratégie d’évitement cognitif et affectif vise à s’immuniser temporairement contre la douleur psychique de la vérité ou à punir passivement le partenaire par l’indifférence feinte.
6. Cadre théorique
Le développement de la Mesure des stratégies de confirmation et d’évitement du soupçon s’enracine à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie sociale, de la communication interpersonnelle et de la théorie de l’attachement.
La théorie de la réduction de l’incertitude (URT)
Formulée initialement par Charles Berger et Richard Calabrese (1975), la théorie de la réduction de l’incertitude postule que les individus éprouvent un inconfort cognitif profond lorsqu’ils font face à l’imprévisibilité et au doute dans leurs relations. Pour restaurer un état d’équilibre cognitif, les individus déploient trois grandes catégories de stratégies de recherche d’information :
- Les stratégies passives : observation non intrusive de la cible dans son environnement naturel (reflétée ici par la Surveillance).
- Les stratégies actives : manipulation de l’environnement ou recherche d’information auprès de sources externes ou sans contact direct avec la cible (opérationnalisée ici par l’espionnage / Snooping).
- Les stratégies interactives : interaction en face-à-face, questionnement direct et dialogue avec la personne concernée (reflétées par la Conversation et l’Intrusion).
Dans le contexte spécifique de l’infidélité, Weigel et Shrout ont enrichi ce modèle en intégrant la notion de stratégies négatives ou d’évitement délibéré, où l’individu choisit sciemment de ne pas réduire l’incertitude, préférant vivre dans le doute plutôt que de faire face à la certitude destructrice d’une rupture amoureuse irréversible.
Le modèle des réponses à la jalousie romantique de Guerrero
Les travaux fondamentaux de Laura K. Guerrero et de ses collaborateurs (Guerrero et al., 1995 ; Guerrero, Hannawa, & Babin, 2011) sur les réponses communicatives et émotionnelles à la jalousie fournissent une assise théorique directe à cette échelle. Guerrero distingue les réponses réparatrices/positives (telle que la discussion intégrative), les réponses destructrices (agression verbale, comportements possessifs), les conduites d’évitement (déni, retrait affectif) et les comportements de surveillance rivaux. L’échelle de Weigel et Shrout formalise ces dimensions spécifiquement pour le contexte d’anticipation ou de confirmation de l’infidélité, en raffinant la frontière entre communication constructive et intrusion harcelante.
Théorie de la gestion de la confidentialité communicationnelle (CPM)
La théorie de Sandra Petronio (Communication Privacy Management) éclaire la manière dont les partenaires négocient les frontières d’accès à leurs informations privées. Le passage d’un soupçon intérieur à des actes de fouille clandestine ou d’intrusion représente une violation unilatérale et agressive de ces frontières de confidentialité (privacy boundary turbulence), symptomatique d’une rupture du contrat moral de confiance mutuelle.
7. Validité
La validité psychométrique d’un instrument de mesure repose sur sa capacité à refléter rigoureusement le domaine conceptuel visé et à s’intégrer de façon cohérente dans le réseau nomologique des variables associées.
Validité de contenu et d’apparence
La validité de contenu a été rigoureusement assurée lors de la phase de conception par l’adaptation systématique d’instruments validés préexistants. Les auteurs ont puisé dans la littérature clinique sur le harcèlement relationnel et les comportements de traque (Whitford & Howells, 2000) pour opérationnaliser les conduites d’intrusion et de filature. Parallèlement, les échelles validées de réponses à la jalousie de Guerrero et ses collègues (1995, 2011) ont fourni la base empirique pour les pôles communicatifs et évitants. De nouveaux items ont été spécifiquement rédigés par un panel d’experts pour capturer les manifestations modernes du soupçon, notamment la fouille numérique (smartphones, réseaux sociaux, courriels). Ce processus a garanti une excellente couverture du domaine phénoménologique du soupçon.
Validité structurale et de construit
La structure factorielle a été empiriquement confirmée par une analyse factorielle exploratoire (AFE) menée sur un échantillon d’individus confrontés au soupçon d’infidélité. La factorisation a démontré l’émergence nette de cinq dimensions distinctes, attestant que la recherche d’information clandestine, l’intrusion manifeste, la surveillance à distance, le dialogue direct et l’évitement constituent des construits distincts et non réductibles à un facteur général unique de « jalousie ».
Validité convergente et prédictive (données empiriques et perspectives)
Dans l’étude princeps de Weigel et Shrout (2025), bien que les données formelles de validité divergente au moyen de matrices multitraits-multiméthodes complètes n’aient pas fait l’objet d’une publication exhaustive séparée (« No data is Available » dans le rapport initial pour des indices quantitatifs isolés), les modèles d’équations structurelles (SEM) rapportés par les auteurs ont démontré la validité prédictive des sous-échelles. L’utilisation différentielle de ces cinq stratégies s’articule logiquement avec des variables relationnelles majeures :
- Les scores élevés en Snooping et Surveillance sont fortement corrélés à des niveaux élevés d’anxiété d’attachement, à une insécurité relationnelle aiguë et à une baisse drastique de la confiance mutuelle.
- La sous-échelle Conversation corrèle positivement avec l’engagement dyadique résiduel et la tentative de sauvetage du lien conjugal.
- La sous-échelle Avoidance présente une relation significative avec l’évitement de l’attachement, la peur du conflit destructeur et des scores élevés de détresse dépressive.
8. Fidélité
La fidélité de la Mesure des stratégies de confirmation et d’évitement du soupçon a été rigoureusement évaluée à travers l’examen de la cohérence interne de chacune des cinq sous-échelles.
Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach, $\alpha$) calculés sur l’échantillon d’adultes américains suspectant leur partenaire d’infidélité (âgés de 18 à 47 ans) témoignent d’une excellente précision de mesure :
- Espionnage clandestin (Snooping) : $\alpha = 0,93$ (6 items). Ce coefficient particulièrement élevé démontre une très forte homogénéité des items évaluant la fouille des dispositifs numériques et des effets personnels.
- Surveillance à distance (Surveillance) : $\alpha = 0,87$ (4 items). La fidélité est robuste, confirmant la consistance interne des indicateurs de filature et d’observation discrète.
- Intrusion et contrôle (Intrusion) : $\alpha = 0,87$ (7 items). Ce niveau d’alpha atteste que les différentes manifestations d’interpellation et de vérification intempestive mesurent un construit comportemental unifié.
- Conversation (Conversation) : $\alpha = 0,85$ (4 items). Le coefficient démontre une solide fiabilité pour capturer l’échange communicatif et le partage émotionnel.
- Évitement (Avoidance) : $\alpha = 0,81$ (5 items). Bien que légèrement inférieur aux autres dimensions en raison de la variété des modes de retrait (mutisme verbal vs évitement physique), ce score dépasse largement le seuil conventionnel d’acceptabilité fixé à 0,70 ou 0,80 en psychométrie.
Ces données confirment que chaque sous-échelle dispose d’un ratio de variance d’erreur suffisamment restreint pour autoriser des comparaisons interindividuelles fiables tant en contexte de recherche expérimentale qu’en diagnostic clinique relationnel.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle sous-jacente au pool initial d’items a été explorée au moyen d’une analyse factorielle exploratoire (AFE). L’instrument d’origine comprenait 31 items élaborés pour couvrir l’ensemble des ramifications théoriques de la recherche et de l’évitement d’information.
Adéquation de l’échantillonnage et méthode d’extraction
L’adéquation des données à la factorisation a été confirmée par l’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO), qui a atteint la valeur remarquable de 0,93, qualifiée d’« excellente » ou d’« admirable » selon les critères standards de la psychométrie. Cette valeur indique une corrélation globale très structurée entre les variables observées.
Considérant l’hypothèse théorique selon laquelle les stratégies comportementales au sein d’une même dynamique de couple sont corrélées entre elles (un individu pouvant combiner la surveillance discrète et l’intrusion directe), les auteurs ont appliqué une rotation oblique Promax. Cette rotation permet aux facteurs latents de covarier librement tout en maximisant la simplicité de la structure factorielle.
Critères de rétention et variance expliquée
Pour qu’un facteur soit conservé dans la solution finale, les auteurs ont exigé un minimum de trois items présentant une saturation factorielle (factor loading) supérieure ou égale à 0,40, sans saturation croisée majeure. Sur les 31 items initiaux, 5 items n’ont pas satisfait à ce critère rigoureux et ont été éliminés, aboutissant à une échelle finale de 26 items répartis sur cinq facteurs distincts.
La solution à cinq facteurs rend compte de 67,55 % de la variance totale cumulée. La répartition des valeurs propres (eigenvalues) et du pourcentage de variance expliqué par chaque dimension s’établit comme suit :
- Facteur 1 : Espionnage clandestin (Snooping)
- Valeur propre : 14,32
- Pourcentage de variance expliqué : 46,22 %
- Commentaire : Ce facteur représente le cœur prépondérant des comportements de vérification, absorbant à lui seul près de la moitié de la variance totale du phénomène de confirmation du soupçon.
- Facteur 2 : Surveillance à distance (Surveillance)
- Valeur propre : 2,66
- Pourcentage de variance expliqué : 8,57 %
- Facteur 3 : Intrusion et contrôle (Intrusion)
- Valeur propre : 1,51
- Pourcentage de variance expliqué : 4,87 %
- Facteur 4 : Conversation (Conversation)
- Valeur propre : 1,36
- Pourcentage de variance expliqué : 4,38 %
- Facteur 5 : Évitement (Avoidance)
- Valeur propre : 1,05
- Pourcentage de variance expliqué : 3,51 %
Cette structure limpide valide empiriquement la pertinence de dissocier les conduites clandestines (Snooping, Surveillance), manifestes directes (Intrusion), dialogiques (Conversation) et de retrait passif (Avoidance).
10. Instrument de mesure
- Nom officiel de l’instrument : Suspicion Confirmation and Avoidance Strategies Measure (Mesure des stratégies de confirmation et d’évitement du soupçon).
- Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory).
- Concepteurs : Daniel J. Weigel et M. Rosie Shrout (2025).
- Nombre total d’items : 26 items.
- Format de réponse : Échelle d’évaluation en 7 points (7-point scale) graduée selon la fréquence d’apparition des comportements : 1 = Jamais (Never) à 7 = Très souvent (Very Often). Les ancrages intermédiaires (2, 3, 4, 5, 6) correspondent à des fréquences progressivement croissantes.
- Population cible : Adultes (18 ans et plus ; incluant jeunes adultes de 18 à 29 ans, trentenaires de 30 à 39 ans et adultes d’âge mûr de 40 à 64 ans ; l’étude princeps a testé des individus âgés de 18 à 47 ans) vivant une relation amoureuse et suspectant leur partenaire d’infidélité affective ou sexuelle.
- Sous-échelles mesurées :
- Snooping (Espionnage clandestin) : 6 items
- Surveillance (Surveillance à distance) : 4 items
- Intrusion (Intrusion et contrôle direct) : 7 items
- Conversation (Conversation communicative) : 4 items
- Avoidance (Évitement et retrait) : 5 items
- Modalités de cotation : Le calcul s’effectue généralement en sommant ou en moyennant les scores des items appartenant à chaque dimension respective. L’obtention de cinq scores factoriels distincts est préconisée afin d’établir le profil stratégique de l’individu (ex. profil hautement évitant vs profil hyper-intrusif clandestin). Il n’y a pas d’items inversés dans les échelles standardisées.
- Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication officielle : 2025 (première publication académique sous presse / parution : 2024–2025).
- Frais d’utilisation (Fee) : Aucun frais (instrument gratuit à des fins de recherche académique et non commerciale).
- Permissions d’utilisation : Pour toute utilisation officielle dans le cadre de recherches cliniques, de publications ou d’adaptations transculturelles, il convient de contacter l’auteur correspondant (Dr Daniel J. Weigel, [email protected]) ou de solliciter l’autorisation auprès de l’éditeur scientifique hébergeant la revue (Taylor & Francis / Western Journal of Communication).
- Licence et droits d’auteur : Propriété intellectuelle de Daniel J. Weigel, M. Rosie Shrout et de la revue Western Journal of Communication.
12. Références
Les références ci-dessous constituent le corpus théorique et méthodologique fondamental lié au développement de l’échelle :
- Berger, C. R., & Calabrese, R. J. (1975). Some explorations in initial interaction and beyond: Toward a developmental theory of interpersonal communication. Human Communication Research, 1(2), 99–112. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1975.tb00258.x
- Guerrero, L. K., Andersen, P. A., Jorgensen, P. F., & Spitzberg, B. H. (1995). Coping with jealousy: Communicative, relational, and emotional responses. Communication Quarterly, 43(2), 29–44. https://doi.org/10.1080/01463379509369966
- Guerrero, L. K., Hannawa, A. F., & Babin, E. A. (2011). Relational responses to jealousy: Hurt, anger, and communicative behavior. Journal of Social and Personal Relationships, 28(4), 566–593. https://doi.org/10.1177/0265407510386833
- Petronio, S. (2002). Boundaries of privacy: Dialectics of disclosure. State University of New York Press.
- Weigel, D. J., & Shrout, M. R. (2025). Are you cheating on me? Identifying factors contributing to the use of suspicion confirmation and avoidance strategies. Western Journal of Communication, 89(1), 108–131. https://doi.org/10.1080/10570314.2024.2324382
- Whitford, H., & Howells, K. (2000). Selective review of the clinical literature on stalking. Australian & New Zealand Journal of Psychiatry, 34(4), 619–635. https://doi.org/10.1080/j.1440-1614.2000.00767.x
13. Questions et items du questionnaire
Voici la retranscription intégrale et textuelle des consignes, de l’échelle d’évaluation et des 26 items officiels composant la Suspicion Confirmation and Avoidance Strategies Measure (Weigel & Shrout, 2025) :
Instructions: Please indicate how often you have engaged in the following behaviors since you became suspicious that your partner is or may be cheating on you. Use the scale below:
Response Scale:
- 1 = Never
- 2 =
- 3 =
- 4 =
- 5 =
- 6 =
- 7 = Very Often
Snooping
- Checked my partner’s belongings (e.g., wallet/ purse, bags, or pockets)
- Looked through my partner’s personal communication (e.g., text messages, e-mails, social media) without him/her knowing
- Went through my partner’s phone to see who he/ she had recently called
- Went through my partner’s property (e.g., car, home, office) to look around
- Looked through my partner’s drawers, handbags, pockets
- Checked my partner’s clothing for signs of cheating
Surveillance
- Secretly followed my partner to see where she/he was going
- Secretly listened to my partner’s conversations from another room
- Secretly watched from a distance to see what my partner was doing
- Read my partner’s personal mail without him/her knowing
Intrusion
- Asked my partner where he/she had been and what they had been doing
- Contacted (e.g., call, text message) my partner to check up on where she/he was
- Questioned my partner about his/her telephone calls
- Kept an eye on what my partner is saying and doing while socializing
- Arrived at places unexpectedly to see what my partner was doing
- Joined in whenever I see my partner talking to someone else
- Called my partner unexpectedly, just to see if she/he is there
Conversation
- Explained my feelings to my partner
- Discussed the situation with my partner
- Let my partner know I was upset
- Shared my jealous feelings with my partner
Avoidance
- Pretended nothing was wrong
- Stopped talking to my partner
- Became silent
- Gave my partner the « silent treatment »
- Physically pulled away from my partner