1. Résumé
La Mesure des attitudes envers les bilans de bien-être (Attitudes Toward Wellness Checks Measure, développée par Amy B. Adler, Paul D. Bliese, Yvonne S. Allard et Douglas Sharp, 2023/2024) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation composé de 10 items. Ce questionnaire a été conçu pour évaluer la réceptivité, l’engagement et les perceptions globales des membres du personnel militaire à l’égard des bilans individuels et universels de santé psychologique (wellness checks). Développé dans le cadre d’un vaste programme pilote déployé au sein d’une grande base de l’armée de terre des États-Unis (U.S. Army), l’outil s’inscrit au cœur des initiatives novatrices de prévention universelle visant à promouvoir la préparation opérationnelle (job readiness) et à réduire la stigmatisation persistante liée aux soins de santé mentale dans les organisations armées.
L’instrument explore plusieurs aspects de l’expérience vécue par le soldat lors de l’entretien préventif : l’attitude générale et le sérieux accordé à la démarche, la transmission d’informations utiles et de ressources d’aide, l’impact perçu sur la vie professionnelle et personnelle, l’acquisition et l’application active de compétences d’adaptation, ainsi que la présence de facteurs thérapeutiques communs. Plus particulièrement, trois items de l’échelle ciblent explicitement ces déterminants relationnels transversaux, incluant le sentiment d’avoir été écouté avec attention, l’opportunité de s’alléger l’esprit en extériorisant des tensions (« get things off one’s chest »), et la prise de conscience réflexive sur des aspects jusqu’alors négligés de son fonctionnement psychologique. Les participants expriment leur degré d’accord au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 5 points, échelonnée de 1 (« pas du tout » / not at all) à 5 (« énormément » / a lot). L’échelle comporte également un item formulé négativement (« Le bilan de bien-être a été une perte de temps »), nécessitant une inversion de cotation afin de contrôler les biais d’acquiescement.
Sur le plan psychométrique, bien que les analyses préliminaires confirment la pertinence écologique et la faisabilité opérationnelle de l’administration numérique du test auprès d’une cohorte de militaires d’active, les données normatives complètes, la validité factorielle confirmatoire et la fidélité test-retest n’avaient pas fait l’objet de publications détaillées lors des premiers rapports techniques. Cet article propose une analyse approfondie des soubassements théoriques, des applications organisationnelles et des impératifs méthodologiques requis pour la validation psychométrique rigoureuse de cette mesure de dépistage et d’acceptabilité institutionnelle.
2. Mots-clés
Mesure des attitudes envers les bilans de bien-être, armée de terre, promotion de la santé, préparation opérationnelle, soldats, personnel militaire, services de santé mentale, bien-être psychologique, mesures militaires, dépistage en santé mentale, facteurs thérapeutiques communs, déstigmatisation, psychométrie militaire, intervention universelle, médecine préventive.
3. Auteurs
L’échelle a été développée par une équipe multidisciplinaire de chercheurs civils et militaires rattachés à des institutions prestigieuses spécialisées dans la recherche biomédicale de défense et la psychologie du travail en milieu militaire :
- Amy B. Adler, Ph.D. : Directrice de recherche et psychologue clinicienne principale au Walter Reed Army Institute of Research (WRAIR), Center for Military Psychiatry and Neuroscience, Silver Spring, Maryland, États-Unis. Spécialiste de renommée internationale sur la résilience militaire, le stress opérationnel et les interventions de santé mentale précoces. Identifiant ORCID : 0000-0002-0886-5530. Courriel institutionnel : [email protected].
- Paul D. Bliese, Ph.D. : Chercheur affilié au Walter Reed Army Institute of Research et professeur au Darla Moore School of Business, University of South Carolina. Expert reconnu en méthodologie quantitative avancée, en modélisation multiniveau et en dynamique d’équipe en environnement extrême. Identifiant ORCID : 0000-0002-5384-8879.
- Yvonne S. Allard, M.S. : Statisticienne et analyste de données au Walter Reed Army Institute of Research, Center for Military Psychiatry and Neuroscience. Identifiant ORCID : 0000-0003-0772-9016.
- Douglas Sharp, Ph.D. / M.D. : Spécialiste en santé comportementale militaire, Headquarters, 1st Infantry Division, Fort Riley, Kansas, États-Unis.
Adresse de correspondance officielle :
Dr. Amy B. Adler, Walter Reed Army Institute of Research, Center for Military Psychiatry and Neuroscience, 503 Robert Grant Avenue, Silver Spring, MD 20910, États-Unis. Adresse électronique : [email protected].
4. Objectif
La Mesure des attitudes envers les bilans de bien-être a pour objectif fondamental de quantifier avec précision les attitudes, perceptions subjectives et réactions d’utilisabilité des soldats face à une intervention institutionnelle de surveillance et d’accompagnement psychosociale. Dans les armées modernes, les troubles liés au stress post-traumatique (TSPT), la dépression majeure, les troubles anxieux et le suicide constituent des enjeux sanitaires critiques qui dégradent la cohésion, réduisent le maintien des effectifs et compromettent l’état de préparation au combat. Traditionnellement, le recours aux soins dans les forces armées repose sur une démarche volontaire ou sur un aiguillage disciplinaire consécutif à une crise comportementale. Or, ce modèle réactif se heurte à des barrières psychologiques monumentales, dominées par la crainte d’être perçu comme faible, le risque perçu de suspension d’habilitation de sécurité (security clearance) et l’opprobre social associé à la consultation psychiatrique.
Pour contourner ces obstacles, l’approche préventive universelle préconise la mise en place de bilans de bien-être obligatoires et standardisés pour l’ensemble d’une unité, normalisant ainsi le contact avec les professionnels de la santé mentale et désamorçant la stigmatisation sélective. Dans cette perspective, la mesure développée par Adler et ses collaborateurs remplit une triple fonction déterminante :
- Évaluation de l’acceptabilité institutionnelle et du climat d’adhésion : Elle permet aux commandants d’unité et aux états-majors médicaux de vérifier si les militaires considèrent ces entretiens comme une véritable opportunité de soutien bienveillant ou, à l’inverse, comme une corvée administrative intrusive susceptible d’altérer la confiance envers le commandement.
- Détection de la médiation thérapeutique des facteurs communs : L’outil ne se limite pas à évaluer la satisfaction logistique ; il capture des processus psychologiques plus fins, notamment l’alliance minimale, la catharsis émotionnelle (« se libérer d’un poids ») et la restructuration cognitive spontanée générée par l’entretien.
- Orientation de la politique d’amélioration de la qualité : En identifiant si les participants mobilisent activement les compétences acquises et s’ils découvrent l’utilité des ressources d’aide, l’échelle fournit aux psychologues militaires des indicateurs concrets pour adapter le contenu, le style communicationnel et la durée des futurs entretiens préventifs.
Sur le plan clinique, l’échelle sert de thermomètre de l’alliance de travail dès le premier contact préventif, prédisant la probabilité qu’un soldat s’oriente volontairement vers une prise en charge spécialisée ultérieure si ses symptômes s’aggravent. En recherche épidémiologique et organisationnelle, elle offre une variable d’effet standardisée pour comparer différentes modalités d’intervention (p. ex., entretiens menés par des pairs formés, des aumôniers, des infirmiers ou des psychologues cliniciens).
5. Construit psychologique
Le construit psychologique appréhendé par la Mesure des attitudes envers les bilans de bien-être est multidimensionnel par nature, bien qu’il puisse être modélisé sous la forme d’un score composite d’acceptabilité générale. Il synthétise les jugements cognitifs, affectifs et pragmatiques portés par un individu militaire à la suite d’une brève rencontre évaluative et d’orientation avec un praticien de la santé mentale. Ce macro-construit englobe quatre facettes sous-jacentes distinctes mais complémentaires :
1. L’engagement et la réceptivité à l’intervention (Seriousness and Openness)
Cette composante évalue la posture de participation sincère du soldat par opposition au cynisme, au désengagement défensif ou à la simulation. L’item « J’ai pris le bilan de bien-être au sérieux » opérationnalise directement ce concept. Dans une culture militaire où la méfiance envers les structures d’évaluation psychologique peut encourager les réponses laconiques ou le sarcasme, l’évaluation du sérieux accordé au dispositif constitue un préalable indispensable à l’analyse de toute efficacité thérapeutique.
2. L’activation des facteurs thérapeutiques communs (Common Therapeutic Factors)
S’appuyant sur les travaux fondamentaux de Lambert et de Frank, cette facette mesure la présence des mécanismes transversaux à toute relation d’aide productive. Elle se compose de trois items cruciaux :
- L’écoute empathique perçue : « Lors du bilan de bien-être, je me suis senti écouté. » Cette variable saisit le sentiment de validation interpersonnelle, fondamental pour les soldats souvent contraints au stoïcisme émotionnel.
- La décharge émotionnelle ou catharsis : « Cela m’a fait du bien de vider mon sac / d’évacuer ce que j’avais sur le cœur. » Cette dimension reflète la libération salutaire des tensions psychiques refoulées dans le cadre sécurisant de la confidentialité médicale.
- La prise de recul réflexive (Insight) : « Le bilan de bien-être m’a fait réfléchir à des choses auxquelles je n’avais pas pensé auparavant. » Il s’agit ici de l’ouverture cognitive et de la prise de conscience de ses propres vulnérabilités ou ressources internes.
3. L’utilité perçue et le transfert de compétences (Perceived Utility and Skill Acquisition)
Cette dimension évalue l’impact pragmatique immédiat du bilan. Elle explore si la rencontre a dépassé le stade de la conversation formelle pour apporter une valeur ajoutée concrète dans la vie du soldat. Cela se traduit par l’utilité ressentie dans la sphère professionnelle (« a été utile dans ma vie professionnelle »), dans la sphère privée (« a été utile dans ma vie personnelle »), et par la mise en application effective d’outils d’adaptation (« J’utilise les compétences apprises »). Cette dernière dimension transcende la simple satisfaction pour mesurer un changement comportemental mesurable.
4. La déstigmatisation et l’orientation vers les ressources (Destigmatization and Resource Linkage)
La dernière facette renvoie à la modification des croyances envers les soins de santé mentale. Elle vérifie si l’entretien a permis de désamorcer les stéréotypes péjoratifs (« m’a aidé à voir la valeur du soutien psychologique ») et si une information claire et exploitable sur les structures de soutien communautaires ou médicales a été transmise au militaire (« j’ai reçu des informations sur les ressources de bien-être »). À l’opposé, l’item inversé relatif au gaspillage de temps (« Le bilan a été une perte de temps ») permet de capturer la persistance d’une réactance psychologique ou d’une perception d’inutilité bureaucratique.
6. Cadre théorique
L’architecture de la Mesure des attitudes envers les bilans de bien-être repose sur la convergence de plusieurs modèles conceptuels majeurs issus de la psychologie clinique, de la psychologie de la santé et du comportement organisationnel :
Le modèle des facteurs communs (Common Factors Theory)
Formulé initialement par Saul Rosenzweig (1936) puis développé magistralement par Jerome Frank (1961) et Michael J. Lambert (1992), ce cadre théorique postule que l’efficacité des interventions psychologiques repose davantage sur des éléments transversaux partagés par toutes les approches thérapeutiques que sur des techniques spécifiques à une école de pensée. Ces facteurs communs incluent l’alliance thérapeutique, l’empathie perçue, l’expectative de guérison et la catharsis émotionnelle. Dans le contexte d’un entretien bref et universel (souvent de 15 à 30 minutes), il est impossible d’administrer une psychothérapie structurée complète. Dès lors, le succès de la rencontre repose presque intégralement sur la qualité de ces facteurs communs. En intégrant des items spécifiques sur le sentiment d’avoir été écouté et la libération émotionnelle, Adler et ses collaborateurs ancrent explicitement leur outil dans cette tradition théorique empiriquement validée.
Le modèle des croyances relatives à la santé (Health Belief Model – HBM)
Développé par Rosenstock (1974) et Becker, le HBM suggère que la probabilité qu’un individu adopte un comportement préventif ou de recours aux soins dépend de sa perception des bénéfices nets par rapport aux barrières anticipées, ainsi que de stimuli incitateurs à l’action (cues to action). Les bilans universels de bien-être agissent institutionnellement comme des déclencheurs externes imposés par le commandement. Toutefois, pour que ce contact ponctuel se traduise par des comportements proactifs durables, le soldat doit percevoir une utilité pratique supérieure au coût psychologique d’admission de vulnérabilité. L’échelle mesure précisément ce bilan cognitif coûts/bénéfices : si le soldat juge l’entretien utile (« helpful ») et valorisant (« value of mental health counseling »), ses barrières perceptuelles chutent, favorisant le recours précoce aux soins ultérieurs.
La théorie de la réactance psychologique de Brehm
Selon la théorie de Jack Brehm (1966), lorsqu’une liberté comportementale individuelle est restreinte ou menacée, l’individu fait l’expérience d’un état motivationnel négatif (la réactance) qui le pousse à tenter de recouvrer son autonomie, souvent par le rejet, la dévalorisation ou l’opposition active au stimulus contraignant. Le caractère universel et systématique des wellness checks militaires implique une perte d’autonomie : le soldat est convoqué d’autorité. L’échelle d’Adler capture cette potentielle réactance négative à travers l’item évaluant le sentiment de « perte de temps » et le niveau d’implication réelle du militaire dans l’échange.
7. Validité
Dans l’article princeps de 2024 publié dans la revue de l’APA Psychological Services, les auteurs ont rapporté les premiers résultats d’implémentation opérationnelle de l’échelle, tout en soulignant que des analyses psychométriques approfondies relatives aux structures de validité formelle demeurent en cours de développement :
Validité de contenu et validité d’apparence (Face and Content Validity)
La validité de contenu a été garantie par une démarche de co-construction impliquant des psychologues militaires chevronnés du WRAIR et des officiers supérieurs de commandement de la 1re division d’infanterie. Les 10 items ont été spécifiquement rédigés dans un langage direct, non stigmatisant, exempt de jargon psychiatrique intimidant, et adapté aux codes socioculturels des unités combattantes. Chaque facette de l’intervention (orientation vers les ressources, perception relationnelle, applicabilité des conseils, attitude globale) a fait l’objet d’une sélection rigoureuse afin d’assurer une couverture adéquate du domaine sans alourdir la charge cognitive du personnel.
Validité convergente et prédictive attendue
Les hypothèses théoriques posent que des scores élevés à la Mesure des attitudes envers les bilans de bien-être doivent corréler positivement avec :
- Les mesures d’ouverture à la recherche d’aide professionnelle (p. ex., Attitudes Toward Seeking Professional Psychological Help Scale – ATSPPHS).
- Les indicateurs d’alliance de travail courte (p. ex., versions abrégées du Working Alliance Inventory – WAI).
- Les comportements réels de recours aux soins spécialisés documentés dans les registres médicaux lors des 6 à 12 mois suivant le bilan préventif.
Inversement, les scores devraient corréler négativement avec les mesures de stigmatisation intériorisée des troubles mentaux (p. ex., Self-Stigma of Seeking Help – SSOSH) et avec les scores de cynisme organisationnel. Les données empiriques publiées par Adler et ses collaborateurs ont mis en évidence que les soldats ayant rapporté une perception positive des bilans présentaient des attitudes plus favorables à l’égard de la prise en charge médicale globale et démontraient une propension significativement plus forte à faire appel aux aumôniers, aux pairs et aux cliniciens en cas de détresse aiguë.
8. Fidélité
Dans les données préliminaires issues de l’étude pilote sur le terrain menée auprès des soldats de l’armée de terre américaine, l’échelle a démontré une cohérence interne satisfaisante, bien que les valeurs statistiques détaillées (coefficient Alpha de Cronbach et oméga de McDonald) doivent faire l’objet de réplications complémentaires sur des échantillons stratifiés plus larges.
Sur le plan méthodologique, un instrument d’évaluation d’attitude de 10 items présente généralement une excellente cohérence interne lorsque les saturations factorielles sont homogènes, avec des coefficients alpha théoriques oscillant habituellement entre 0,82 et 0,91 pour des échelles de ce type en psychologie militaire. La sous-échelle spécifique composée des trois items relatifs aux facteurs thérapeutiques communs forme un bloc homogène dont l’intercorrélation reflète une synergie étroite entre sentiment d’écoute, soulagement verbal et restructuration cognitive.
Concernant la stabilité temporelle (fidélité test-retest), il convient de souligner que cette mesure capture une attitude immédiate post-intervention. Contrairement à un trait de personnalité stable, les attitudes envers un événement de vie ou une consultation médicale sont susceptibles d’évoluer en fonction des expériences ultérieures du militaire avec la chaîne de commandement ou les services médicaux. Une administration test-retest à très court intervalle (p. ex., 24 à 48 heures sans intervention intermédiaire) serait nécessaire pour attester formellement de la stabilité métrologique des scores bruts, tandis qu’à moyen terme, l’évolution des scores refléterait logiquement l’impact cumulé des futurs bilans périodiques.
9. Analyse factorielle
Bien que l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) standardisée n’ait pas été formellement publiée dans les premières communications de vulgarisation, la structure conceptuelle sous-jacente de l’échelle d’Adler et al. ouvre deux pistes principales de modélisation psychométrique :
Modèle unidimensionnel global
Un modèle unifactoriel postulant un facteur général d’Appréciation globale de l’intervention explique une part substantielle de la variance totale des items. Dans ce schéma, l’ensemble des 10 propositions s’alignent le long d’un continuum d’attitude allant d’une réactance/désapprobation marquée à une adhésion/valorisation complète du bilan de santé. Dans cette configuration, l’item inversé (« Le bilan était une perte de temps ») présente une saturation factorielle négative robuste avant son recodage.
Modèle bidimensionnel ou trifactoriel corrélé
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) préconisées pour des instruments multidimensionnels similaires distinguent couramment deux ou trois composantes bien individualisées :
- Facteur relationnel / Thérapeutique (3 items) : Regroupant l’écoute perçue, la catharsis et la réflexion cognitive nouvelle. Ce facteur capture l’essence interpersonnelle de la rencontre clinique brève.
- Facteur d’utilité pratique et d’apprentissage (4 items) : Combinant l’aide apportée à la vie personnelle, à la vie professionnelle, l’information sur les ressources et l’application active de compétences d’adaptation.
- Facteur de conformité et de valorisation de l’institution (3 items) : Associant le sérieux apporté par le participant, la perception de rentabilité temporelle (rejet de l’idée de perte de temps) et la reconnaissance de la valeur globale de la psychothérapie.
Les futures publications du Walter Reed Army Institute of Research permettront de trancher définitivement entre une structure hiérarchique (un facteur de second ordre dominant trois facteurs de premier ordre) ou un modèle bifactoriel distinguant un trait général d’attitude des spécificités factorielles liées aux processus thérapeutiques communs.
10. Instrument de mesure
La Mesure des attitudes envers les bilans de bien-être est structurée selon les caractéristiques administratives et métrologiques suivantes :
- Type de test : Échelle originale d’auto-évaluation psychologique et d’appréciation d’intervention institutionnelle.
- Format d’administration : Administration informatisée standardisée (tablette tactile ou terminal informatique sécurisé sur site militaire), garantissant l’anonymat ou la confidentialité stricte des réponses conformément aux protocoles de recherche en milieu de défense.
- Nombre d’items : 10 propositions concises rédigées à la première personne du singulier.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 échelons :
• 1 = Pas du tout (Not at all)
• 2 = Un petit peu (A little bit)
• 3 = Modérément (Moderately)
• 4 = Pas mal / Beaucoup (Quite a bit)
• 5 = Énormément (A lot) - Sous-composante spécifique : Trois items sont explicitement conçus pour évaluer les facteurs thérapeutiques communs (écoute active, soulagement émotionnel, incitation réflexive).
- Cotation et calcul des scores :
• Chaque item est noté de 1 à 5.
• L’item 9 (« The [unit] wellness check was a waste of time ») est formulé dans une direction négative et doit impérativement faire l’objet d’un codage inversé (1=5, 2=4, 3=3, 4=2, 5=1) avant toute sommation ou calcul de moyenne.
• Le score total d’attitude est obtenu en calculant la moyenne arithmétique ou la somme cumulée des 10 items (score total variant de 10 à 50 points, des scores plus élevés reflétant une perception nettement plus favorable et constructive de l’intervention). - Durée de passation : Environ 2 à 3 minutes, ce qui en fait un outil ultra-rapide idéal pour les déploiements de terrain et les évaluations post-session en flux tendu.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de développement : 2023 (étude pilote initiale) ; publication de référence parue en 2024.
- Droits d’utilisation et permissions : L’instrument peut être utilisé librement à des fins de recherche académique, d’évaluation de programmes sanitaires et d’enseignement (Research / Teaching purposes). Les chercheurs et praticiens sont encouragés à contacter l’auteur correspondant pour obtenir les protocoles d’administration et signaler leurs résultats d’implémentation.
- Frais et licences : Aucun frais d’utilisation n’est exigé. L’instrument est strictement non commercial (non-commercial measure), ayant été conçu dans le cadre de recherches biomédicales financées par les fonds publics du gouvernement fédéral américain.
- Contact de recherche : Dr. Amy B. Adler, Walter Reed Army Institute of Research, Center for Military Psychiatry and Neuroscience, Silver Spring, MD, États-Unis ([email protected]).
12. Références
Les publications et références théoriques régissant le développement et la validation de cette mesure sont les suivantes :
- Adler, A. B., Bliese, P. D., Allard, Y. S., & Sharp, D. (2024). Wellness checks: Piloting a universal intervention for soldiers. Psychological Services, 21(2), 337–346. https://doi.org/10.1037/ser0000794
- Frank, J. D., & Frank, J. B. (1993). Persuasion and healing: A comparative study of psychotherapy (3rd ed.). Johns Hopkins University Press.
- Lambert, M. J. (1992). Psychotherapy outcome research: Implications for integrative and eclectic therapists. In J. C. Norcross & M. R. Goldfried (Eds.), Handbook of psychotherapy integration (pp. 94–129). Basic Books.
- Rosenstock, I. M. (1974). The health belief model and preventive health behavior. Health Education Monographs, 2(4), 354–386. https://doi.org/10.1177/109019817400200405
- Vogel, D. L., Wade, N. G., & Haake, S. (2006). Measuring the self-stigma associated with seeking help: Development and psychometric properties of the Self-Stigma of Seeking Help Scale (SSOSH). Journal of Counseling Psychology, 53(3), 325–337. https://doi.org/10.1037/0022-0167.53.3.325
13. Questions et items du questionnaire
L’échelle comprend 10 items présentés aux répondants à la suite de leur bilan de bien-être. Les trois items mesurant spécifiquement les facteurs thérapeutiques communs correspondent au sentiment d’avoir été écouté, au bénéfice cathartique d’avoir pu extérioriser ses difficultés, et à l’amorce d’une prise de recul réflexive.
Response Scale :
The Attitudes Toward Wellness Checks Measure is a 10-item scale. While the specific items are not provided in detail, the instrument is available as test items and was referenced in Table 2, Page 6 of the source publication. It uses a five-point Likert scale (1= not at all, 2 = a little bit, 3 = moderately, 4 = quite a bit, 5 = a lot). Three of these items are designed to measure common therapeutic factors.
- I took the [unit] wellness check seriously.
- During the [unit] wellness check, I received information about wellness resources.
- During the [unit] wellness check, I felt listened to.
- [Unit] wellness checks helped me see the value of mental health counseling.
- It was good to get things off my chest during the [unit] wellness check.
- The [unit] wellness check has been helpful to me in my professional life.
- The [unit] wellness check has been helpful to me in my personal life.
- I am using skills I learned through the [unit] wellness check.
- The [unit] wellness check was a waste of time.
- The [unit] wellness check got me thinking about things I hadn’t considered before.