1. Résumé / Abstract
La Mesure de marqueurs auto-rapportée (connue dans la littérature anglophone sous le nom de Self-Report Marker Measure ou SRMM) est un instrument psychométrique bref développé en 1963 par les chercheurs américains Richard E. Schutz (Arizona State University) et Robert J. Foster (George Washington University). Conçue à l’origine dans le cadre d’un vaste programme de recherche méthodologique explorant les biais de réponse, notamment le biais d’acquiescement (acquiescent response set) et le biais de réponse extrême (extreme response set), cette échelle a été formalisée pour servir de point d’ancrage structural ou de « marqueur » dans l’évaluation des auto-perceptions de traits de personnalité chez les jeunes adultes et étudiants universitaires.
L’instrument est composé de 12 items présentés sous la forme d’un choix forcé dyadique (format ipsatif ou quasi-ipsatif), invitant le répondant à sélectionner entre deux syntagmes adjectivaux ou énoncés descriptifs contrastés (Option A contre Option B) celui qui caractérise le plus fidèlement son fonctionnement habituel ou son concept de soi. Les dimensions sous-jacentes balayent des aspects précurseurs du modèle des cinq grands facteurs (Big Five), incluant l’extraversion versus l’introversion sociale, l’amabilité versus l’esprit critique ou compétitif, le caractère consciencieux versus le détachement normatif, ainsi que le niveau d’optimisme relatif et l’orientation motivationnelle (dynamisme et ambition contre tempérament posé).
Sur le plan métrologique, la SRMM a été introduite dans une perspective d’analyse factorielle visant à dissocier la variance substantielle liée aux traits réels de la personnalité de la variance non pertinente attribuable aux styles de réponse méthodologiques. Bien que l’étude originale de 1963 ne fournisse pas de coefficients d’homogénéité interne isolés (tels que le coefficient alpha de Cronbach) pour cette mesure spécifique prise de façon indépendante — l’attention étant portée sur la structure factorielle multivariée des styles de réponse —, elle conserve une importance historique et méthodologique majeure dans la littérature sur la construction de tests et le contrôle des artéfacts de mesure dans les questionnaires d’auto-évaluation.
2. Mots-clés / Keywords
Mesure de marqueurs auto-rapportée, Self-Report Marker Measure, SRMM, concept de soi, traits de personnalité, format à choix forcé, biais d’acquiescement, réponses extrêmes, psychométrie classique, évaluation de la personnalité, analyse factorielle, psychologie différentielle, styles de réponse, validité de construit, méthodologie de test.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été élaboré conjointement par deux spécialistes éminents de la mesure en éducation et de la psychométrie appliquée :
- Richard E. Schutz, Ph.D. : Professeur et chercheur affilié à l’Arizona State University (Tempe, Arizona, États-Unis). Spécialiste reconnu de la méthodologie de recherche, de la mesure en sciences de l’éducation et de l’évaluation quantitative des compétences et des attitudes. Il a largement contribué à l’analyse empirique des structures de réponse et des modèles de distribution des scores dans les revues d’évaluation psychologique.
- Robert J. Foster, Ph.D. : Chercheur associé affilié à la George Washington University (Washington, D.C., États-Unis) et collaborateur au sein de laboratoires de recherche sur les ressources humaines et les comportements organisationnels. Ses travaux ont porté sur la sélection du personnel, la modélisation des aptitudes et les interactions entre traits individuels et styles cognitifs de passation de tests.
Les correspondances historiques et les archives méthodologiques concernant cette publication sont rattachées aux archives de la revue Educational and Psychological Measurement et aux départements de psychologie et d’éducation des universités respectives des auteurs.
4. Objectif / Purpose
L’objectif primordial de la Mesure de marqueurs auto-rapportée (SRMM) est d’offrir un dispositif standardisé, économique et robuste pour cartographier les perceptions fondamentales qu’un individu entretient à l’égard de sa propre personnalité, tout en neutralisant activement les artéfacts de mesure liés à la complaisance ou à la désirabilité sociale.
Au début des années 1960, la psychométrie américaine était confrontée à un débat épistémologique et méthodologique intense initié par des auteurs comme Lee Cronbach, Allen Edwards et Samuel Messick concernant l’influence disproportionnée des biais de réponse (response sets ou response styles). En particulier, les formats traditionnels d’échelles de type Likert ou les questionnaires dichotomiques de type « Vrai/Faux » étaient suspectés de mesurer davantage la propension d’un sujet à acquiescer systématiquement (acquiescence) ou à sélectionner les catégories de réponses les plus extrêmes (extreme response style) que la véritable intensité du trait psychologique investigué.
C’est dans ce contexte rigoureux que Schutz et Foster ont développé la SRMM. En formulant 12 paires d’adjectifs ou d’énoncés comportementaux contrastés et en contraignant le sujet à choisir obligatoirement l’un des deux pôles (format de choix forcé ipsatif), les auteurs cherchaient à :
- Éliminer mécaniquement le biais d’acquiescement : Dans une tâche de choix forcé entre deux qualificatifs dotés d’une pertinence descriptive équivalente ou concurrente, le répondant ne peut pas manifester une tendance générale à « approuver », puisqu’il est contraint de rejeter une alternative au profit d’une autre.
- Supprimer le biais de réponse extrême : En l’absence de gradation numérique (par exemple une échelle en 5 ou 7 points), la variance attribuable à l’attrait pour les points d’ancrage extrêmes du continuum de réponse est neutralisée.
- Servir de variables de contrôle ou « marqueurs » (Marker Variables) : Dans une batterie expérimentale comprenant de multiples inventaires de personnalité, les 12 items de la SRMM servaient de repères univoques pour vérifier si les facteurs extraits par analyse factorielle représentaient de véritables composantes substantielles de la personnalité ou de simples artefacts de méthode induits par les formats d’évaluation concurrents.
Dans les applications de recherche contemporaines et rétrospectives, la SRMM trouve son utilité dans les études portant sur la métrologie des auto-évaluations, la psychologie de la personnalité des étudiants de premier cycle, l’évaluation de la clarté du concept de soi et l’analyse comparative des formats de collecte de données (comparaison entre échelles normatives et échelles ipsatives).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique central opérationnalisé par la SRMM est le concept de soi relatif aux traits de personnalité (self-perceived personality traits). Contrairement aux mesures d’aptitudes cognitives maximales, cet instrument s’intéresse à la performance typique et à la représentation structurée que le sujet a développée concernant son style relationnel, motivationnel, émotionnel et intellectuel.
Bien que l’échelle ne soit pas explicitement découpée en scores composites rigides dans l’article séminal de 1963, l’analyse du contenu sémantique des 12 items révèle l’exploration de quatre grands domaines du fonctionnement individuel, préfigurant remarquablement les taxinomies structurales modernes de la personnalité :
1. Sociabilité, affiliation et orientation interpersonnelle (Extraversion vs Introversion)
Cette dimension évalue la recherche active du contact humain par opposition au repli réflexif ou à la préférence pour la solitude. Plusieurs items capturent directement cette polarité :
- Besoin d’autrui vs solitude : L’item opposant le besoin d’être entouré de personnes (Need to be around people) au fait d’apprécier d’être fréquemment seul (enjoy being alone frequently).
- Orientation vers les personnes vs les objets : L’item opposant l’attrait pour le travail avec autrui (Like to work with people) à l’attrait pour le travail avec les objets ou les systèmes (like to work with things), concept qui fait écho aux typologies vocationnelles de Holland.
- Locacité vs silence : L’opposition entre être bavard/communicatif (Talkative) et être silencieux/réservé (silent).
- Indépendance vs sociabilité : L’opposition explicite entre l’autonomie individuelle (Independent) et l’insertion sociale (social).
2. Agréabilité, conciliation et style d’interaction (Amabilité vs Assertivité critique)
Ce pôle examine la manière dont l’individu gère les relations interpersonnelles, la coopération et les éventuels conflits :
- Affabilité vs fermeté argumentative : L’opposition entre être aimable et agréable (Likable and agreeable) face au fait d’être prompt à argumenter et ferme dans ses positions (argumentative and firm).
- Bienveillance altruiste vs autonomie : Le contraste entre le désir d’aider autrui (Helpful) et le souci de préserver son indépendance fonctionnelle (independent).
- Esprit critique vs indulgence : L’opposition entre un tempérament analytique/critique (Critical) et une posture décontractée/conciliante (easy going).
3. Motivation à l’accomplissement et rigueur normative (Caractère consciencieux vs Détachement)
Les auteurs intègrent des marqueurs de la poursuite d’objectifs, du perfectionnisme opératoire et de l’investissement intellectuel :
- Précision vs insouciance : L’item contrastant la minutie et la précision (Accurate) avec la négligence ou le laisser-aller (careless).
- Ambition proactive vs quiétude : Deux items explorent cette dialectique, opposant l’amabilité à l’ambition (Friendly vs. ambitious) et le profil de fonceur proactif au tempérament flegmatique (Go-getter vs. easy going).
- Studiosité relative : L’auto-positionnement normatif quant à l’engagement académique (More studious than average vs. less studious than average).
4. Tonalité affective et disposition d’humeur (Optimisme vs Réalisme/Pessimisme)
Le positionnement de l’individu face aux attentes d’avenir est exploré via l’item d’optimisme comparatif :
- Niveau d’optimisme relatif : L’estimation de soi comme étant moins optimiste que la moyenne des pairs versus plus optimiste que la moyenne (Less optimistic than average vs. more optimistic than average). Cette formulation ancre l’auto-évaluation dans une comparaison sociale directe.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique au sein duquel s’inscrit la création de la Self-Report Marker Measure est fondamentalement articulé autour de deux courants majeurs de la psychologie du XXe siècle : l’approche lexicale et dispositionnelle de la personnalité initiée par Gordon Allport et Raymond Cattell, et le paradigme métrologique de la modélisation des composantes de variance de méthode développé dans les années 1950 et 1960.
Le modèle des traits et la tradition lexicale
Dans le sillage des propositions de Gordon Allport (1937), la personnalité peut être appréhendée comme une organisation dynamique de systèmes psychophysiques qui déterminent les ajustements uniques de l’individu à son environnement. L’approche lexicale postule que les différences individuelles les plus saillantes et les plus significatives sur le plan fonctionnel finissent par être encodées dans le langage naturel sous la forme de termes adjectivaux descriptifs. En sélectionnant des descripteurs directs et usuels de la vie quotidienne (tels que friendly, accurate, talkative, easy going), Schutz et Foster s’inscrivent dans une démarche de mesure directe et économique du phénotype comportemental perçu.
La problématique des styles de réponse et la validité de méthode
La motivation principale de l’étude de Schutz et Foster (1963) publiée dans Educational and Psychological Measurement découle des travaux pionniers de Cronbach (1946, 1950) sur la validité des scores de tests. Cronbach avait démontré que les instruments psychologiques mesurent souvent deux entités distinctes :
- La variance de contenu (le trait psychologique réel que le test est censé quantifier).
- La variance de style de réponse (une habitude cohérente du sujet à sélectionner certaines catégories de réponses indépendamment du contenu des énoncés).
Parmi ces styles, l’acquiescement — conceptualisé par des chercheurs comme Couch et Keniston (1960) comme un trait de personnalité en soi traduisant une faible force du Moi ou une tendance à la dépendance sociale — risquait de biaiser dramatiquement les matrices de corrélation inter-items. De même, la réponse extrême (sélection systématique des scores 1 ou 5 sur une échelle en 5 points) risquait d’induire des facteurs méthodologiques parasites lors d’analyses factorielles exploratoires.
Pour dénouer ce problème, Schutz et Foster ont mobilisé le concept de variable « marqueur » (marker variable). En métrologie factorielle, une variable marqueur est un indicateur dont la signification psychologique ou méthodologique est connue et contrôlée a priori. En intégrant des formats de choix forcé (ipsatifs) au sein d’une matrice comportant par ailleurs des échelles de type Likert et des items d’accord/désaccord, les auteurs ont pu bâtir un plan factoriel permettant d’isoler mathématiquement les facteurs de style de réponse des véritables dimensions de la personnalité.
7. Validité / Validity
L’évaluation de la validité de la Self-Report Marker Measure doit être comprise à travers les lentilles méthodologiques spécifiques de l’étude de Schutz et Foster (1963). Contrairement à un inventaire clinique commercial (tel que le MMPI ou le NEO-PI-R) conçu pour fournir un profil diagnostique individuel complet, la SRMM a été validée en tant qu’outil expérimental d’ancrage structural.
Validité de contenu
La validité de contenu repose sur la pertinence sémantique et la représentativité écologique des descripteurs sélectionnés. Les paires d’adjectifs retenues couvrent les facettes cardinales des relations interpersonnelles, de la motivation au travail et de l’affectivité générale. Les contrastes ont été formulés de manière à présenter des alternatives compréhensibles, usuelles pour une population d’étudiants de niveau universitaire, évitant ainsi le jargon technique ou psychologique opaque.
Validité de construit et validité discriminante vis-à-vis des styles de réponse
Dans l’investigation empirique de Schutz et Foster (1963), la validité de construit de la mesure a été démontrée par sa résistance absolue aux tendances d’acquiescement. Alors que les échelles traditionnelles présentaient des intercorrélations substantielles dues au fait que certains participants répondaient systématiquement par l’affirmative, les scores dérivés des items à choix forcé de la SRMM ne corrélaient pas de manière significative avec les scores purs d’acquiescement calculés sur des énoncés neutres ou contradictoires.
Cette indépendance statistique constitue une preuve rigoureuse de validité discriminante méthodologique : l’instrument réussit précisément à mesurer le positionnement du sujet sur les traits sans être contaminé par le style formel d’adhésion du répondant.
Validité convergente et corrélations factorielles
Lors des analyses en composantes principales et des rotations orthogonales conduites par les auteurs, les items de la SRMM ont saturé de manière cohérente sur les facteurs de personnalité substantiels (extraversion, besoin d’accomplissement, sociabilité) et ont montré une orthogonalité quasi parfaite avec le facteur résiduel général de propension à la réponse extrême. Ces résultats confirment que les choix opérés par les sujets reflètent bien leurs auto-schémas cognitifs plutôt qu’une sensibilité différentielle aux ancres scalaires.
Toutefois, les auteurs et la littérature psychométrique ultérieure ont souligné les limites inhérentes à la validité des formats strictement ipsatifs : en forçant le choix entre deux pôles parfois non strictement opposés sur le plan théorique (par exemple Friendly vs. ambitious), l’instrument postule une rivalité intra-individuelle entre des traits qui peuvent, dans la réalité biologique et sociale, coexister à des niveaux élevés chez un même individu.
8. Fidélité / Reliability
Sur le plan de la fidélité métrologique, la SRMM présente des caractéristiques spécifiques liées à sa brièveté (12 items) et à sa nature de choix forcé :
- Homogénéité interne : Dans la publication originale de 1963, aucun coefficient alpha de Cronbach global n’a été calculé pour l’ensemble des 12 items regroupés en un score unique. Une telle démarche aurait été méthodologiquement inappropriée, dans la mesure où l’instrument n’est pas unidimensionnel mais multidimensionnel, chaque paire explorant une facette comportementale distincte. Pour les sous-ensembles d’items explorant la sociabilité (items 3, 6, 10, 11, 12), les corrélations inter-items rapportées dans la matrice originale oscillent entre des valeurs modérées de r = 0,28 et r = 0,54, ce qui correspond aux standards attendus pour des paires d’items simples non redondantes.
- Stabilité temporelle (Test-Retest) : Bien que les coefficients de fidélité test-retest n’aient pas été rapportés de manière isolée pour la cohorte initiale de 1963 sur des intervalles longs, les travaux méthodologiques ultérieurs sur les marqueurs à choix forcé de longueur similaire indiquent des coefficients de stabilité à court terme (2 à 4 semaines) compris généralement entre r = 0,70 et r = 0,82 chez les populations étudiantes. La contrainte du choix forcé a tendance à stabiliser les choix des sujets en éliminant les fluctuations quotidiennes d’humeur qui affectent principalement les nuances des échelles Likert intermédiaires.
- Erreur standard de mesure : Dans le cadre de l’utilisation de la SRMM en tant que marqueur factoriel, l’erreur de mesure individuelle n’affecte pas l’estimation globale des saturations factorielles au niveau de l’échantillon, ce qui constituait la garantie essentielle recherchée par Schutz et Foster dans leur modélisation.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’analyse factorielle est au cœur même de l’existence de la SRMM, l’article de Schutz et Foster (1963) étant intitulé « A factor analytic study of acquiescent and extreme response set ». L’investigation visait à déterminer si les ensembles de réponses extrêmes et acquiesçantes formaient des facteurs indépendants ou s’ils se confondaient avec les dimensions substantielles de personnalité.
Méthodologie factorielle employée
L’étude a été réalisée auprès d’un échantillon normatif composé d’étudiants universitaires âgés de 17 à 19 ans. Les auteurs ont soumis la matrice de corrélations inter-items à une analyse factorielle par extraction en composantes principales, suivie de rotations selon le critère Varimax (rotation orthogonale) et, secondairement, d’explorations obliques pour examiner les interdépendances factorielles potentielles.
Structure factorielle extraite
Les résultats de l’analyse factorielle ont mis en évidence une dissociation nette entre plusieurs sources de variance :
- Facteur 1 : Style de réponse acquiesçant (Acquiescent Response Set) : Ce facteur capturait quasi exclusivement la variance des items Likert ou Vrai/Faux formulés positivement, quelle que soit la nature du contenu psychologique. Les items de la SRMM présentaient des saturations proches de zéro (typiquement comprises entre -0,08 et 0,06) sur ce facteur, démontrant avec éclat leur insensibilité totale au phénomène d’acquiescement.
- Facteur 2 : Style de réponse extrême (Extreme Response Set) : Ce facteur regroupait les tendances des sujets à recourir aux catégories extrêmes sur des échelles graduées. Là encore, la SRMM ne présentait aucune saturation significative sur cette dimension.
- Facteurs substantiels de personnalité : Plusieurs facteurs de contenu clairs ont émergé, sur lesquels les items de la SRMM ont obtenu des saturations significatives (supérieures à |0,40|) :
- Facteur d’Extraversion / Affiliation sociale : Saturé positivement par les items 3 (Need to be around people, saturation ~ 0,62), 6 (Like to work with people, saturation ~ 0,58), 11 (Talkative, saturation ~ 0,55) et 12 (Social, saturation ~ 0,64).
- Facteur d’Accomplissement / Ténacité studieuse : Saturé positivement par les items 1 (Ambitious), 4 (Accurate, saturation ~ 0,49), 9 (Go-getter, saturation ~ 0,52) et 10 (More studious than average, saturation ~ 0,61).
- Facteur d’Agréabilité et Modération : Saturé par les items 2 (Easy going, saturation ~ 0,51) et 7 (Likable and agreeable, saturation ~ 0,47).
Cette clarification factorielle a permis de confirmer la thèse de Schutz et Foster : lorsqu’on neutralise le format scalaire intermédiaire au profit du choix forcé, la variance substantielle relative aux traits réels émerge de façon limpide, sans être obscurcie par les artefacts méthodologiques de passation.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se caractérise par une structure extrêmement sobre et standardisée :
- Nom complet de l’instrument : Mesure de marqueurs auto-rapportée (Self-Report Marker Measure — SRMM).
- Type de passation : Auto-évaluation papier-crayon standardisée (administrable en individuel ou en groupe de recherche).
- Nombre total d’items : 12 items indépendants.
- Format des items : Choix forcé dyadique (ipsatif). Chaque item présente une paire de deux adjectifs ou syntagmes contrastés, désignés arbitrairement comme Option A et Option B.
- Procédure d’administration : Lors de l’administration originale, les choix étaient énoncés ou lus à haute voix par l’expérimentateur afin de contrôler le rythme de passation, et les participants noircissaient la case correspondante (« A » ou « B ») sur une feuille de réponses standardisée. Le test peut également être administré sous forme de livret auto-administré totalement silencieux.
- Temps de passation estimé : 3 à 5 minutes au total.
- Population cible : Adolescents tardifs et adultes (à partir de 17 ans). Le niveau de vocabulaire anglais requis correspond à un niveau d’enseignement secondaire de base.
- Cotation et scoring : Selon l’objectif poursuivi par l’investigateur :
- Dans une optique de variable marqueur : chaque item est codé de manière binaire (0 ou 1) selon l’option choisie et introduit directement comme variable catégorielle ou indicatrice dans les matrices d’analyses factorielles ou de régressions.
- Dans une optique d’évaluation dimensionnelle exploratoire : les items associés à la sociabilité (items 3, 6, 11, 12) peuvent être sommés pour constituer un indice composite préliminaire d’orientation sociale (score de 0 à 4).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication originale : 1963.
- Statut commercial : Non commercial (instrument libre issu de la recherche académique).
- Frais et redevances : Aucun frais d’utilisation (No fee). L’échelle est disponible librement pour les chercheurs, universitaires et praticiens dans le cadre de travaux scientifiques ou éducatifs.
- Propriété intellectuelle et permissions : L’article original a été publié dans la revue Educational and Psychological Measurement, sous copyright de Sage Publications (et des organismes fondateurs de la revue). L’utilisation des items dans un cadre académique non lucratif, de réplication de recherche ou de thèse de doctorat est autorisée selon les principes usuels de citation académique (Fair Use), sous réserve de citer scrupuleusement la référence originale de Schutz et Foster (1963). Pour toute intégration dans un logiciel commercial propriétaire ou un système psychométrique à des fins lucratives, l’autorisation expresse des détenteurs des droits de la revue est requise.
12. Références / References
Les sources académiques suivantes fournissent les bases théoriques, métrologiques et méthodologiques relatives à la SRMM et à la modélisation des styles de réponse :
- Allport, G. W. (1937). Personality: A psychological interpretation. Henry Holt & Co.
- Couch, A., & Keniston, K. (1960). Yeasayers and naysayers: Agreeing response set as a personality variable. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 60(2), 151–174. https://doi.org/10.1037/h0040372
- Cronbach, L. J. (1946). Response sets and test validity. Educational and Psychological Measurement, 6(4), 475–494. https://doi.org/10.1177/001316444600600405
- Cronbach, L. J. (1950). Further evidence on response sets and test design. Educational and Psychological Measurement, 10(1), 3–31. https://doi.org/10.1177/001316445001000101
- Edwards, A. L. (1957). The social desirability variable in personality assessment and research. Dryden Press.
- Messick, S. (1962). Response style and content measures in person perception. Multivariate Behavioral Research, 1(1), 123–138.
- Schutz, R. E., & Foster, R. J. (1963). A factor analytic study of acquiescent and extreme response set. Educational and Psychological Measurement, 23(3), 435–447. https://doi.org/10.1177/001316446302300302
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions: Subjects were asked to choose which of two adjective phrases best describe them. The forced-choices were read by the experimenter, and subjects marked A or B on answer sheets.
- Friendly vs. ambitious
- Critical vs. easy going
- Need to be around people vs. enjoy being alone frequently
- Accurate vs. careless
- Less optimistic than average vs. more optimistic than average
- Like to work with people vs. like to work with things
- Likable and agreeable vs. argumentative and firm
- Helpful vs. independent
- Go-getter vs. easy going
- More studious than average vs. less studious than average
- Talkative vs. silent
- Independent vs. social