Mesure de la Relation d’Agnew – 5 (ARM-5)

Découvrez la Mesure de la Relation d’Agnew – 5 (ARM-5) : fondements théoriques, propriétés psychométriques, cotation et items de cette échelle d’alliance thérapeutique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

Résumé

La Mesure de la Relation d’Agnew – 5 (Agnew Relationship Measure – 5, ou ARM-5) constitue la version ultra-courte auto-rapportée de l’alliance thérapeutique, développée initialement par Jane Cahill, William B. Stiles, Michael Barkham, Gillian E. Hardy, Gregory Stone, Roxane Agnew-Davies et Gisela Unsworth en 2012. Conçue à partir de l’inventaire original en 28 items (ARM; Agnew-Davies et al., 1998), l’ARM-5 a été spécifiquement calibrée pour s’intégrer dans les protocoles de suivi systématique des résultats et de pratique fondée sur les rétroactions cliniques (Feedback-Informed Treatment [FIT] et Routine Outcome Monitoring [ROM]). Elle est administrée en fin de séance de psychothérapie, à intervalles réguliers (à chaque séance, toutes les deux séances ou toutes les trois séances), afin d’évaluer la qualité de la relation collaborative entre le patient et le praticien.

L’instrument condense l’architecture factorielle complexe de l’alliance en cinq items mesurés sur une échelle de Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement d’accord »). Ces cinq assertions capturent les trois composantes fondamentales de l’alliance thérapeutique : le lien affectif (Bond, item 1), le partenariat collaboratif (Partnership, items 2 et 3) et la confiance mutuelle dans le processus thérapeutique (Confidence in therapy, items 4 et 5). L’item 3 bénéficie d’une formulation inversée pour neutraliser les biais d’acquiescement. Le score total composite s’étend de 5 à 35, généralement converti en moyenne arithmétique de 1 à 7.

Sur le plan psychométrique, l’ARM-5 présente d’excellentes qualités de validité concourante avec la forme longue ARM-28 ainsi qu’avec d’autres mesures de référence telles que la Session Rating Scale (SRS) ou la Working Alliance Inventory (WAI). Les études normatives, notamment celles conduites sur la cohorte du Sheffield Psychotherapy Project (N = 1 073), rapportent une cohérence interne satisfaisante (α de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,88) et confirment la valeur prédictive de l’instrument vis-à-vis de la réduction des symptômes dépressifs, de l’amélioration clinique globale et de la prévention des abandons prématurés de traitement (dropout). Malgré un effet de plafond notable caractéristique des mesures d’alliance, l’ARM-5 demeure un outil de micro-évaluation clinique d’une efficience temporelle et psychométrique majeure.

Mots-clés

Alliance thérapeutique, ARM-5, Agnew Relationship Measure, relation thérapeutique, Feedback-Informed Treatment, Routine Outcome Monitoring, rupture d’alliance, psychométrie, évaluation de séance, psychothérapie cognitivo-comportementale.

Auteurs

L’ARM-5 a été formalisée et validée par une équipe pionnière de chercheurs en psychothérapie et psychométrie clinique :

  • Jane Cahill : Psychologue chercheuse, School of Healthcare, University of Leeds, Royaume-Uni.
  • William B. Stiles : Professeur émérite de psychologie clinique, Department of Psychology, Miami University, Oxford, Ohio, États-Unis. Chercheur influent sur les processus relationnels en psychothérapie et le modèle de l’assimilation.
  • Michael Barkham : Professeur de psychologie clinique, Department of Psychology, University of Sheffield, Royaume-Uni. Spécialiste international des systèmes d’évaluation en santé mentale (CORE System) et des démarches axées sur les résultats.
  • Gillian E. Hardy : Professeure de psychologie clinique, University of Sheffield, Royaume-Uni. Spécialiste de la relation thérapeutique et des troubles dépressifs et anxieux.
  • Gregory Stone : Statisticien et méthodologiste, University of Sheffield, Royaume-Uni.
  • Roxane Agnew-Davies : Psychologue clinicienne et chercheuse, conceptrice de l’échelle princeps Agnew Relationship Measure (1998), experte des interventions auprès des populations traumatisées.
  • Gisela Unsworth : Chercheuse clinicienne associée aux projets d’évaluation des services psychothérapeutiques à Sheffield, Royaume-Uni.

Objectif

L’objectif fondamental de la Mesure de la Relation d’Agnew – 5 est de fournir une évaluation ultra-brève, valide et cliniquement exploitable de l’alliance thérapeutique perçue par le patient au terme immédiat d’une séance de psychothérapie. Dans la littérature contemporaine en psychologie clinique, l’alliance thérapeutique est consensuellement reconnue comme l’un des prédicteurs transversaux les plus robustes de l’efficacité des psychothérapies, indépendamment de l’orientation théorique (cognitivo-comportementale, psychodynamique, systémique ou humaniste). Des méta-analyses majeures (p. ex., Horvath et al., 2011 ; Flückiger et al., 2018) démontrent systématiquement une corrélation modérée mais constante entre la qualité de l’alliance et l’issue favorable du traitement.

Cependant, l’utilisation pratique des échelles classiques d’alliance (comme la Working Alliance Inventory [WAI] à 36 items ou l’ARM originale à 28 items) s’est longtemps heurtée à des contraintes logistiques sévères : temps de passation excessif, fatigue attentionnelle des patients, rejet institutionnel dû à la surcharge administrative et impossibilité d’une réitération hebdomadaire ou séance par séance. L’ARM-5 a été conçue pour surmonter précisément ces obstacles méthodologiques sans compromettre l’assise conceptuelle du construit.

Sur le plan des applications cliniques, l’ARM-5 remplit trois fonctions stratégiques :

  • Surveillance continue et détection précoce des ruptures d’alliance : En intégrant l’ARM-5 dans les pratiques de traitement informé par les rétroactions (Feedback-Informed Treatment, FIT), le praticien peut identifier immédiatement une fluctuation négative ou une discordance intersubjective. Détecter précocement une rupture (qu’elle soit de confrontation ou de retrait) permet d’amorcer sans délai un processus de réparation métacommunicationnelle, prévenant ainsi les impasses thérapeutiques.
  • Prévention des abandons prématurés (dropout) : La dégradation silencieuse de l’alliance constitue la cause première de désengagement non planifié des patients. L’ARM-5 agit comme un système d’alerte clinique : une baisse brutale du score ou une note discordante à l’item de partenariat invite le thérapeute à réajuster le cadre, les objectifs ou le rythme du travail.
  • Recherche sur les processus thérapeutiques et comparabilité inter-outils : L’ARM-5 a démontré une équivalence statistique avec des échelles ultra-courtes analogues telles que la Session Rating Scale (SRS ; Duncan et al., 2003 ; Bouchard, 2018), tout en conservant une articulation tripartite distincte (lien, partenariat, confiance) ancrée dans la tradition théorique d’Agnew-Davies et Stiles.

Construit psychologique

Le construit mesuré par l’ARM-5 est l’alliance thérapeutique, appréhendée non pas comme une variable statique ou un simple trait d’affinité interpersonnelle, mais comme un processus dynamique, interactif et transactionnel. Bien que l’analyse factorielle recommande l’usage prioritaire d’un score composite global en raison d’une forte colinéarité, l’architecture conceptuelle de l’échelle repose sur trois piliers distincts mais interdépendants :

1. Le lien affectif (Bond – Item 1)

Le lien correspond à la dimension relationnelle interpersonnelle qui unit le patient à son thérapeute. Il englobe des paramètres subjectifs tels que la chaleur humaine, l’empathie perçue, la considération positive inconditionnelle (dans la lignée carl-rogérienne) et le sentiment de sécurité psychologique. Dans l’ARM-5, cette dimension est opérationnalisée par l’énoncé « My therapist is supportive » (Mon thérapeute me soutient / est bienveillant). Ce pôle mesure l’expérience d’un étayage émotionnel fiable : le patient perçoit le praticien comme une base de sécurité bienveillante, condition sine qua non à l’exploration d’affects douloureux ou de cognitions anxiogènes.

2. Le partenariat collaboratif (Partnership – Items 2 et 3)

Le partenariat reflète l’accord mutuel et le sentiment de travail conjoint orienté vers des buts partagés. Cette facette dérive directement des composantes de « Tâches » (Tasks) et de « Buts » (Goals) définies par Bordin. Elle postule que l’alliance ne se réduit pas à une sympathie passive, mais exige un engagement actif dans une collaboration contractuelle :

  • L’item 2 (« My therapist and I agree about how to work together ») capte l’explicitation et l’acceptation commune des règles du cadre, du style relationnel et de la méthodologie employée.
  • L’item 3 (« My therapist and I have difficulty working jointly as a partnership »), formulé de manière inversée, cible les frictions collaboratives, les micro-désaccords méthodologiques et les difficultés ressenties dans la synchronie triadique patient-thérapeute-tâche.

3. La confiance dans le traitement et les compétences (Confidence in Therapy – Items 4 et 5)

La confiance constitue une extension théorique essentielle propre au modèle de l’Agnew Relationship Measure par rapport aux autres modèles d’alliance. Elle quantifie la crédibilité accordée au paradigme de soin et le sentiment d’efficacité perçue :

  • L’item 4 (« I have confidence in my therapist and thier techniques ») mesure l’adhésion du patient à la rationalité thérapeutique et son espoir que les outils techniques employés produiront des bénéfices cliniques substantiels.
  • L’item 5 (« My therapist is confident in him/herself and his/her techniques ») mesure la perception par le patient de l’assurance professionnelle, de la compétence et de la solidité méthodologique manifestée par le thérapeute.

Cette dimension de confiance partagée s’avère empiriquement être l’un des prédicteurs les plus décisifs de la rémission clinique : le patient investit le changement lorsqu’il perçoit chez son thérapeute une compétence rassurante et une maîtrise technique congruente.

Cadre théorique

L’élaboration de l’ARM-5 s’inscrit au carrefour de plusieurs traditions conceptuelles de la psychologie clinique et de la recherche en psychothérapie.

De l’alliance psychanalytique au modèle pan-théorique d’Edward Bordin

Historiquement, le concept d’alliance prend ses racines dans la psychanalyse freudienne sous les termes de « transfert positif irréprochable » et de « pacte analytique » (Freud, 1913), avant d’être formalisé par Richard Sterba (1934) comme une dissociation du Moi, puis par Elizabeth Zetzel (1956) et Ralph Greenson (1965) sous l’appellation d’« alliance de travail » (working alliance). Ces théoriciens soulignaient la collaboration rationnelle et mature du patient coopérant avec le clinicien contre les forces névrotiques inconscientes.

Le tournant paradigmatique majeur est intervenu en 1979 avec Edward Bordin, qui a déjargonné le concept pour proposer un modèle pan-théorique applicable à l’ensemble des modalités psychothérapeutiques. Bordin a défini l’alliance comme une trinité interactive articulée autour de :

  1. Les liens affectifs (Bonds) : attachement mutuel, confiance, respect ;
  2. Les objectifs (Goals) : consensus explicite sur les cibles du changement ;
  3. Les tâches (Tasks) : accord sur les activités concrètes requises durant et entre les séances.

Le modèle de l’Alliance de Type 1 et Type 2 de Lester Luborsky

Parallèlement, Lester Luborsky (1976) a proposé de distinguer deux niveaux évolutifs : l’Alliance de Type 1 (fondée sur la perception du thérapeute comme soutenant et secourable, prédominante en début de thérapie) et l’Alliance de Type 2 (caractérisée par un sentiment de collaboration partagée et de travail d’équipe face aux symptômes, émergeant au fur et à mesure de l’avancée du traitement). Les items de l’ARM-5 capturent parfaitement cette dialectique : l’item 1 incarne le Type 1 de Luborsky, tandis que les items 2 et 3 matérialisent le Type 2.

La dérivation de l’ARM originale (Agnew-Davies et al., 1998)

Dans les années 1990, Roxane Agnew-Davies et ses collègues de l’Université de Sheffield et de Leeds ont cherché à opérationnaliser l’alliance de manière exhaustive en développant l’Agnew Relationship Measure (ARM) à 28 items. Leur analyse factorielle initiale avait extrait cinq dimensions : Bond (lien), Partnership (partenariat), Confidence (confiance), Openness (ouverture) et Client Initiative (initiative du client). Cependant, les travaux ultérieurs de modélisation structurale ont mis en évidence que les trois premières dimensions constituaient le « noyau dur » invariant de la relation (Core Alliance). C’est sur ce socle théorique affiné que Jane Cahill et al. (2012) ont procédé à la réduction psychométrique pour aboutir à la version ultra-brève ARM-5, préservant la quintessence du modèle tripartite original dans un format ergonomique.

Validité

La validité psychométrique de l’ARM-5 a fait l’objet d’investigations rigoureuses, principalement conduites dans le cadre du Sheffield Psychotherapy Project et de divers services de consultation psychologique universitaires et hospitaliers.

Validité convergente et concourante

Cahill et ses collaborateurs (2012) ont comparé les performances psychométriques de l’ARM-5 à celles de la version intégrale de 28 items sur un large échantillon clinique (N = 1 073 patients engagés dans des thérapies cognitivo-comportementales ou psychodynamiques-interpersonnelles pour des troubles dépressifs et anxieux). Les résultats ont révélé une corrélation extrêmement élevée entre le score total de l’ARM-5 et l’indice composite de l’alliance centrale (Core Alliance Index) de l’ARM-28 (coefficients r de Pearson fréquemment supérieurs à 0,90). De même, les corrélations de formes alternatives confirment que la version à 5 items conserve une représentativité conceptuelle remarquable du construit d’origine.

Dans une étude comparative menée à l’Université d’Ottawa, Bouchard (2018) a évalué l’équivalence de plusieurs échelles d’alliance ultra-brèves et a démontré que l’ARM-5 affichait une validité convergente substantielle avec la Session Rating Scale (SRS v3.0) et la version abrégée de la Working Alliance Inventory (WAI-S), attestant que l’ARM-5 mesure le même phénomène trans-théorique fondamental.

Validité prédictive des résultats cliniques

L’ARM-5 démontre une validité prédictive robuste vis-à-vis des retombées cliniques. Administrée de façon sérielle au cours d’interventions de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour la dépression, une notation élevée de l’alliance à l’ARM-5 dès les séances 2 ou 3 prédit significativement :

  • Une réduction accrue des symptômes dépressifs évalués par le BDI-II (Beck Depression Inventory-II) ou le PHQ-9 en fin de thérapie ;
  • Une amélioration de la santé psychologique globale mesurée par le CORE-OM (Clinical Outcomes in Routine Evaluation – Outcome Measure) ;
  • Une diminution marquée du taux de rupture unilatérale du suivi (abandons prématurés).

Parmi les composantes de l’échelle, la sous-dimension de Confiance (items 4 et 5) s’est avérée être le prédicteur empirique le plus puissant du succès thérapeutique, confirmant l’hypothèse théorique selon laquelle l’adhésion aux techniques et la perception de la compétence du praticien catalysent les processus de changement actif.

Distribution des scores et effet de plafond

À l’instar de la quasi-totalité des auto-questionnaires d’alliance thérapeutique, l’ARM-5 présente une asymétrie négative prononcée (effet de plafond). Dans l’échantillon normatif de Cahill et al. (2011, 2012) comprenant 1 073 participants, le score moyen par item s’établit à 5,76 avec un écart-type de 0,91. Les patients ont une propension statistique universelle à évaluer leur thérapeute de manière très favorable. Par conséquent, le rang centile maximal atteignable dans les tables normatives plafonne à 91,4 %. D’un point de vue clinique, cela implique que même une baisse mineure du score global (p. ex., une moyenne descendant en dessous de 5,0 ou l’attribution d’une note neutre [4] à l’un des items) doit être considérée comme un signal d’alerte diagnostique d’une rupture potentielle.

Fidélité

L’évaluation de la fidélité de l’ARM-5 a été explorée à travers la consistance interne, la fidélité des formes équivalentes et la stabilité temporelle contextualisée.

Consistance interne

En dépit de sa brièveté extrême (cinq items seulement), l’ARM-5 démontre une homogénéité interne remarquable. Cahill et al. (2012) ont rapporté un coefficient α de Cronbach global oscillant entre 0,80 et 0,88 selon les cohortes cliniques examinées. Ces valeurs dépassent largement le seuil conventionnel de 0,70 préconisé par Nunnally pour les mesures de recherche et répondent aux standards d’acceptabilité pour le dépistage clinique rapide. L’indice d’homogénéité inter-items moyen se situe dans une fourchette optimale (0,45 à 0,60), attestant que les énoncés mesurent des facettes convergentes sans redondance sémantique excessive.

Fidélité test-retest et sensibilité au changement

Dans le domaine de l’alliance thérapeutique, la fidélité test-retest classique (stabilité temporelle absolue) doit être interprétée avec prudence : l’alliance est par nature une entité dynamique fluctuante d’une séance à l’autre en fonction des événements de vie du patient et des thèmes abordés. Néanmoins, les analyses de stabilité inter-séances stables (lorsque le traitement se déroule sans incident critique) indiquent des corrélations test-retest variant de r = 0,65 à r = 0,78 entre deux séances consécutives rapprochées.

Cette stabilité relative s’accompagne d’une excellente réactivité psychométrique : l’ARM-5 s’avère hautement sensible aux micro-ruptures relationnelles provoquées par une confrontation mal ajustée, une divergence sur les devoirs à domicile ou un malentendu affectif, se traduisant immédiatement par une inflexion mesurable du score.

Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’ARM-5 a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies lors de son processus de dérivation.

Structure unidimensionnelle prépondérante vs Modèle tripartite

Dans l’ARM longue (28 items), l’analyse factorielle dégageait distinctement cinq facteurs corrélés. Lors de l’extraction des cinq items de l’ARM-5, Cahill et al. (2012) ont testé deux modèles concurrents au moyen d’analyses factorielles confirmatoires :

  • Un modèle tridimensionnel corrélé : regroupant le Lien (Item 1), le Partenariat (Items 2 et 3) et la Confiance (Items 4 et 5). Bien que conceptuellement valide, ce modèle présentait des corrélations inter-facteurs extrêmement élevées (souvent supérieures à r = 0,85).
  • Un modèle unifactoriel de second ordre (Alliance Globale) : les indices d’ajustement structurel (CFI > 0,95, TLI > 0,94, RMSEA ≤ 0,06) ont démontré qu’un facteur unique d’alliance générale rendait compte de la majeure partie de la variance commune des cinq items.

En conséquence, les auteurs et les psychométriciens recommandent formellement aux cliniciens et aux chercheurs de privilégier l’utilisation du score total composite d’alliance plutôt que des scores de sous-échelles isolés, ces derniers ne bénéficiant pas d’une indépendance statistique suffisante pour justifier des interprétations diagnostiques fractionnées fiables.

Saturations factorielles des items

Les saturations factorielles standardisées (λ) des items sur le facteur général d’alliance thérapeutique issues des analyses de Cahill et al. (2012) sont uniformément élevées, s’échelonnant comme suit :

  • Item 1 (My therapist is supportive) : λ ≈ 0,74
  • Item 2 (My therapist and I agree about how to work together) : λ ≈ 0,81
  • Item 3 (My therapist and I have difficulty working jointly as a partnership – inversé) : λ ≈ 0,62
  • Item 4 (I have confidence in my therapist and thier techniques) : λ ≈ 0,86
  • Item 5 (My therapist is confident in him/herself and his/her techniques) : λ ≈ 0,79

Ces saturations démontrent que les items 2 et 4 constituent les piliers les plus fortement reliés au cœur du construit d’alliance, reflétant l’importance primordiale de l’accord méthodologique et de la crédibilité attribuée à la thérapie.

Instrument de mesure

L’ARM-5 se caractérise par une ergonomie conçue pour une passation instantanée sans rupture du flux clinique :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (hétéro-évaluation rétrospective immédiate de la relation par le patient).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou interface numérique sécurisée (tablette, smartphone, portail patient de télésanté).
  • Nombre d’énoncés : 5 items formulés de manière concise et directe.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points : 1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree), 2 = En désaccord (Disagree), 3 = Légèrement en désaccord (Slightly Disagree), 4 = Neutre (Neutral), 5 = Légèrement d’accord (Slightly Agree), 6 = D’accord (Agree), 7 = Fortement d’accord (Strongly Agree).
  • Temps de passation : Environ 60 à 90 secondes.
  • Moment d’administration : Au cours des cinq dernières minutes de la séance ou immédiatement après le départ du bureau thérapeutique. Fréquence recommandée : systématique à chaque séance (protocole FIT optimal) ou au minimum toutes les deux à trois séances.
  • Algorithme de cotation :
    • Inversion préalable obligatoire de l’item 3 : Score inversé = 8 – Réponse brute (ainsi, une note initiale de 1 devient 7, 2 devient 6, etc. ; sur une échelle 7-1, 7 = Fortement en désaccord correspond à une cote positive de collaboration).
    • Score Brut Total : Somme des scores des 5 items (après inversion de l’item 3). Intervalle théorique de 5 à 35.
    • Score Moyen par Item : Score total divisé par 5. Intervalle de 1,00 à 7,00.
  • Repères normatifs et interprétation :
    • Moyenne clinique de référence (Cahill et al., 2011, N = 1 073) : M = 5,76 (Écart-type = 0,91).
    • Score Moyen ≥ 6,00 : Alliance solide et hautement productive.
    • Score Moyen entre 5,00 et 5,99 : Alliance modérée, vigilance requise sur d’éventuelles réserves non formulées.
    • Score Moyen < 5,00 ou baisse > 0,5 point entre deux séances : Risque avéré de rupture relationnelle ou de désaccord technique ; nécessite une réouverture métacommunicationnelle immédiate lors de la séance suivante.

Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication de la forme ARM-5 : 2012 (formalisation empirique par Cahill, Stiles, Barkham, Hardy, Stone, Agnew-Davies et Unsworth dans la revue Psychotherapy Research). La version originale ARM-28 date de 1998.
  • Statut du droit d’auteur : L’article fondateur est sous copyright de la Society for Psychotherapy Research (publié par Taylor & Francis). Toutefois, l’instrument lui-même a été mis à disposition dans le domaine public académique par ses concepteurs afin de favoriser l’évaluation des pratiques et la recherche clinique.
  • Tarifs d’utilisation : L’utilisation de l’ARM-5 est entièrement gratuite pour la recherche scientifique académique ainsi que pour l’usage clinique individuel non commercial. Aucune redevance ne peut être exigée pour la reproduction des items dans le cadre du soin direct.
  • Conditions d’utilisation : Les cliniciens et chercheurs sont tenus de respecter la formulation exacte des items et de citer systématiquement la publication méthodologique de référence de Cahill et al. (2012). Pour toute intégration dans des plateformes logicielles commerciales payantes de type SaaS, une autorisation formelle auprès des titulaires des droits ou de la revue éditrice peut être requise.

Références

Agnew-Davies, R., Stiles, W. B., Hardy, G. E., Barkham, M., & Shapiro, D. A. (1998). Alliance structure assessed by the Agnew Relationship Measure (ARM). British Journal of Clinical Psychology, 37(2), 155-172. https://doi.org/10.1111/j.2044-8260.1998.tb01292.x

Bordin, E. S. (1979). The generalizability of the psychoanalytic concept of the working alliance. Psychotherapy: Theory, Research & Practice, 16(3), 252-260. https://doi.org/10.1037/h0085885

Bouchard, D. (2018). Assessment of the Therapeutic Alliance Scales: A Reliability and Validity Evaluation (Doctoral dissertation / Master’s thesis, School of Psychology, University of Ottawa). Ottawa, Canada.

Cahill, J., Stiles, W. B., Barkham, M., Hardy, G. E., Stone, G., Agnew-Davies, R., & Unsworth, G. (2012). Two short forms of the Agnew Relationship Measure: The ARM-5 and ARM-12. Psychotherapy Research, 22(3), 241-255. https://doi.org/10.1080/10503307.2011.643253

Duncan, B. L., Miller, S. D., Sparks, J. A., Claud, D. A., Reynolds, L. R., Brown, J., & Johnson, L. D. (2003). The Session Rating Scale: Preliminary psychometric properties of a « working » alliance measure. Journal of Brief Therapy, 3(1), 3-12.

Flückiger, C., Del Re, A. C., Wampold, B. E., & Horvath, A. O. (2018). The alliance in adult psychotherapy: A meta-analytic synthesis. Psychotherapy, 55(4), 316-340. https://doi.org/10.1037/pst0000172

Horvath, A. O., Del Re, A. C., Flückiger, C., & Symonds, D. (2011). Alliance in individual psychotherapy. Psychotherapy, 48(1), 9-16. https://doi.org/10.1037/a0022186

Luborsky, L. (1976). Helping alliances in psychotherapy: The groundwork for a study of their relationship to its outcome. In J. L. Cleghorn (Ed.), Successful psychotherapy (pp. 92-116). Brunner/Mazel.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Scoring and Interpretation
1

Bond
2

Partnership
3

Confidence in therapy
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 16). Mesure de la Relation d’Agnew – 5 (ARM-5). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=mesure-de-la-relation-dagnew-5-arm-5
Looti, Mohammed. “Mesure de la Relation d’Agnew – 5 (ARM-5).” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=mesure-de-la-relation-dagnew-5-arm-5.
Looti, Mohammed. “Mesure de la Relation d’Agnew – 5 (ARM-5).” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=mesure-de-la-relation-dagnew-5-arm-5.