Mesure de la détransition

La Mesure de la détransition (Pullen Sansfaçon et al., 2023) est un instrument d’évaluation psychométrique et psychosocial explorant les perspectives des soignants et intervenants auprès des jeunes trans et non binaires ayant interrompu leur transition.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

La Mesure de la détransition (Detransition Measure), conçue à l’origine par Annie Pullen Sansfaçon et son équipe de recherche pluridisciplinaire en 2023, constitue un instrument d’évaluation psychométrique et sociologique spécifiquement développé pour explorer les caractéristiques professionnelles, les attitudes, les croyances et les observations empiriques des cliniciens et intervenants psychosociaux œuvrant auprès des jeunes trans et non binaires (JTNB) ayant interrompu ou modifié leur parcours de transition de genre. Déployé dans le cadre d’une vaste enquête internationale en ligne, cet outil bilingue (anglais et français) s’adresse aux praticiens de santé médicale, mentale et sociale exerçant dans divers contextes nationaux (notamment au Canada, en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Suisse, en Italie et en Australie).

Sur le plan structurel, le questionnaire comprend plusieurs sections complémentaires totalisant 73 énoncés cardinaux, en sus des modules sociodémographiques et professionnels. Il est composé de trois échelles principales : une première échelle de 18 items évaluant les attitudes et croyances normatives relatives aux transitions de genre chez les jeunes (administrée via une échelle de Likert à 4 points : fortement en accord, en accord, incertain, en désaccord) ; une deuxième section de 36 énoncés documentant les motifs cliniques observés et les contextes entourant l’interruption de transition (mesurée sur une échelle graduée : oui, décrit bien la situation ; un peu, décrit quelque peu la situation ; non, ne décrit pas la situation ; non applicable/je ne sais pas) ; et une troisième section de 19 items consacrée aux croyances et représentations théorico-cliniques portant directement sur la détransition (échelle de Likert à 4 points).

En tant qu’outil exploratoire novateur dans un champ d’investigation marqué par d’importantes controverses méthodologiques et sociopolitiques, l’instrument ne dispose pas à ce jour d’indices psychométriques standardisés publiés concernant sa fidélité interne (alpha de Cronbach, oméga de McDonald) ou sa validité factorielle confirmatoire. Sa validité repose principalement sur une forte validité de contenu et d’apparence, ancrée dans l’expertise clinique et communautaire de ses concepteurs, comblant ainsi un vide empirique fondamental dans l’analyse systématique des trajectoires de détransition du point de vue des soignants.

2. Mots-clés / Keywords

Détransition, interruption de transition, jeunes trans et non binaires, perspectives des soignants, attitudes professionnelles, soins d’affirmation de genre, identité de genre, santé des minorités, parcours de transition, évaluation psychométrique, recherche psychosociale, fluidité de genre, soutien clinique.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conceptualisé et formalisé par un consortium de chercheurs universitaires et de praticiens cliniques canadiens spécialisés dans l’étude des identités de genre et du travail social auprès des minorités sexuelles et de genre :

  • Annie Pullen Sansfaçon, Ph.D. : Professeure titulaire, École de travail social, Université de Montréal, Montréal, Québec, Canada. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les enfants, les jeunes trans et leurs familles. Identifiant ORCID : 0000-0003-2286-8997. Courriel : [email protected].
  • Tommly Planchat, M.Sc. : Chercheur associé et professionnel de recherche, École de travail social, Université de Montréal, Montréal, Québec, Canada.
  • Morgane A. Gelly, Ph.D.(c) : Chercheuse et doctorante en travail social, École de travail social, Université de Montréal, Montréal, Québec, Canada.
  • Alexandre Baril, Ph.D. : Professeur agrégé, École de service social, Université d’Ottawa, Ottawa, Ontario, Canada. Spécialiste des études critiques de la transitude et du validisme.
  • Françoise Susset, D.Ps. : Psychologue clinicienne, psychothérapeute et spécialiste de la santé des personnes trans, Centre de santé Méraki, Montréal, Québec, Canada.
  • Mélanie Millette, Ph.D. : Professeure agrégée, Département de communication sociale et publique, Université du Québec à Montréal (UQAM), Montréal, Québec, Canada.

4. Objectif / Purpose

Fondements et contexte d’émergence

Le développement de la Mesure de la détransition répond à un besoin critique d’objectivation empirique au sein de la littérature biomédicale et psychosociale consacrée à l’accompagnement des personnes trans et non binaires. Au cours de la dernière décennie, l’accès élargi aux soins d’affirmation de genre (sociaux, hormonaux et chirurgicaux) s’est accompagné d’une visibilité accrue accordée au phénomène dit de « détransition » ou d’interruption du parcours de transition. Toutefois, ce champ a souvent été traversé par des polarisations idéologiques intenses, opposant des discours médiatiques alarmistes postulant des taux massifs de regrets induits par contagion sociale à des perspectives minimisant l’existence même de besoins spécifiques chez les personnes interrompant leur transition.

L’objectif fondamental de cet instrument est de recueillir des données quantitatives et qualitatives rigoureuses auprès d’informateurs clés : les professionnels de première ligne en santé mentale, pédiatrie, endocrinologie, travail social et médecine générale qui accompagnent activement ces jeunes. Plutôt que de s’en remettre à des récits anecdotiques, l’outil permet d’évaluer la fréquence perçue du phénomène, les profils cliniques des jeunes concernés, ainsi que la nature multiforme des interruptions de transition.

Applications pour la recherche

Sur le plan de la recherche empirique, la Mesure de la détransition vise à opérationnaliser des dimensions d’évaluation jusqu’alors peu formalisées :

  • Démêler les facteurs étiologiques et contextuels : L’instrument permet d’isoler si l’interruption est motivée par des facteurs extrinsèques (pressions parentales, transphobie systémique, discrimination scolaire ou professionnelle, insécurité financière, manque d’accès aux soins, complications médicales) ou par des facteurs intrinsèques (évolution identitaire, prise de conscience d’une identité non binaire ou fluide, réalignement des objectifs corporels).
  • Analyser les attitudes et biais des professionnels : L’échelle mesure les représentations normatives des cliniciens vis-à-vis des parcours de transition des jeunes, permettant ainsi d’étudier l’impact des croyances des prestataires sur la qualité de l’alliance thérapeutique et la propension à maintenir une posture affirmative lorsque le patient manifeste une volonté d’interruption.
  • Comparaisons transnationales : En étant administrable en plusieurs langues au sein d’échantillons internationaux, l’outil autorise des comparaisons méthodologiques rigoureuses entre juridictions présentant des modèles d’accès aux soins divergents (p. ex., le modèle d’affirmation décentralisé au Canada vs les protocoles d’accès restreint ou centralisé observés dans certains pays européens).

Applications cliniques et institutionnelles

Bien que conçu comme un instrument de recherche par sondage, l’outil possède des retombées directes pour la pratique clinique et la formation continue. En documentant les angles morts et les incertitudes des praticiens, il permet aux organisations professionnelles (ordres de psychologues, associations de pédiatrie, collèges de travailleurs sociaux) d’adapter leurs programmes de développement professionnel. Il aide à former les équipes soignantes à accueillir l’interruption non pas comme un « échec thérapeutique » ou une « tragédie clinique », mais comme une étape possible et valide du continuum d’exploration identitaire nécessitant un soutien biopsychosocial continu sans rupture de soins.

5. Construit psychologique / Construct

La Mesure de la détransition repose sur une modélisation multidimensionnelle articulant des caractéristiques individuelles du soignant, des schèmes cognitifs normatifs et des observations comportementales de situations cliniques complexes. L’instrument appréhende l’interruption de transition non pas comme un événement binaire et statique, mais comme un processus dynamique sous-tendu par quatre constellations de construits.

1. Caractéristiques et posture professionnelle des prestataires

Ce construit initial cartographie les variables sociodémographiques, le cadre d’exercice clinique (milieu hospitalier, clinique privée d’affirmation de genre, services de santé communautaire, pratique en milieu scolaire), le volume de patients trans et non binaires suivis, ainsi que le niveau de formation spécifique reçu. Il postule que la perception de la détransition est étroitement corrélée au niveau d’exposition clinique directe et à l’ancrage théorique des intervenants.

2. Attitudes et croyances normatives relatives aux transitions de genre (18 items)

Cette dimension évalue le degré d’adhésion des professionnels aux postulats fondamentaux des modèles de soins affirmatifs versus les modèles d’attente vigilante (watchful waiting) ou les approches psycho-développementales conservatrices. Les items explorent :

  • La légitimité accordée à l’autodétermination des mineurs concernant leur identité de genre.
  • La perception de la stabilité dans le temps des identités de genre émergentes à l’adolescence.
  • Les craintes quant aux risques présumés de regret chirurgical ou hormonal.
  • La conceptualisation du rôle du clinicien : gatekeeper (gardien de l’accès aux soins) versus facilitateur bienveillant de l’exploration autonome du jeune.

3. Expériences et manifestations phénoménologiques de l’interruption (36 items)

Cette composante centrale évalue la typologie des motifs rapportés par les jeunes aux praticiens lors de l’arrêt partiel ou complet des démarches de transition. Elle décompose l’interruption en sous-dimensions empiriques :

  • Interruption socialement contrainte : Facteurs environnementaux négatifs tels que le rejet intrafamilial, l’intimidation par les pairs, les menaces professionnelles, la violence transphobe ou la marginalisation économique.
  • Interruption médicale ou physiologique : Apparition d’effets secondaires indésirables, complications somatiques, contre-indications médicales, ou perception d’avoir atteint les modifications corporelles désirées sans nécessiter de maintien thérapeutique indéfini.
  • Interruption développementale ou identitaire : Découverte que l’identité est fondamentalement fluide, non binaire, ou retour vers une adéquation avec le genre assigné à la naissance après une phase d’exploration exploratoire nécessaire.
  • Ruptures d’accès aux services : Déménagement, perte de couverture d’assurance médicale, manque de praticiens formés dans la région de résidence, ou listes d’attente prohibitives.

4. Croyances et conceptualisations théoriques sur la détransition (19 items)

La dernière dimension sonde la compréhension théorique globale que le clinicien développe autour de la notion même de détransition. Elle cible des représentations souvent polarisées :

  • L’adhésion ou le rejet de l’hypothèse de la « dysphorie de genre à début rapide » (Rapid-Onset Gender Dysphoria – ROGD).
  • La croyance que l’interruption découle principalement de diagnostics différentiels manqués (p. ex., trouble du spectre de l’autisme, traumatismes complexes non résolus, troubles de la personnalité limite).
  • La vision de la détransition comme une trajectoire d’échec par opposition à une perspective d’évolution non linéaire saine de l’identité humaine.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de la Mesure de la détransition est guidée par l’intégration de trois paradigmes théoriques majeurs issus de la psychologie clinique, de la sociologie critique et de la santé publique :

1. Le modèle des soins affirmatifs de genre (Gender Affirmative Care Model)

Formulé et formalisé par des auteurs tels que Diane Ehrensaft, Aron Janssen, et l’équipe de l’American Psychological Association, ce modèle stipule que les variations de genre ne sont pas des pathologies mentales, mais des expressions naturelles de la diversité humaine. Selon cette perspective, le processus de transition est par essence exploratoire. Le cadre théorique sous-jacent à la mesure postule que les interruptions de transition ne doivent pas être mesurées à travers le prisme du « regret iatrogène », mais comme des bifurcations possibles dans la trajectoire identitaire d’un individu. Le soignant y est conceptualisé comme un accompagnateur bienveillant dont la tâche est de réduire la détresse psychologique plutôt que de forcer une trajectoire binaire permanente.

2. La théorie du stress des minorités (Minority Stress Theory)

Développée initialement par Ilan H. Meyer (2003) pour les minorités sexuelles et étendue aux populations de genre par Hendricks et Testa (2012), cette théorie postule que les personnes stigmatisées subissent des stresseurs chroniques uniques (distaux, tels que la violence et la discrimination légale ; et proximaux, tels que l’hypervigilance et la transphobie internalisée). Dans l’élaboration de la mesure, cette théorie fournit la base conceptuelle permettant d’interpréter les raisons pour lesquelles certains jeunes choisissent d’interrompre une transition médicale ou sociale. L’arrêt de la transition est alors théorisé non pas comme un désaveu d’une identité trans, mais fréquemment comme une stratégie d’adaptation adaptative ou une réponse de survie face à une hostilité sociale insoutenable.

3. Les études trans critiques et les théories de la cisnormativité

Sous l’impulsion de théoriciens comme Alexandre Baril (co-auteur de l’outil), Julia Serano et Greta Bauer, l’instrument intègre une critique systématique de la « cisnormativité » — l’hypothèse structurelle voulant que l’assignation de genre à la naissance soit la seule norme légitime, et que toute transition soit suspecte d’erreur. Ce cadre épistémologique permet de formuler des items qui mesurent si les praticiens eux-mêmes reproduisent des biais cisnormatifs dans leur interprétation clinique de la détransition (par exemple, en interprétant instantanément une interruption comme la « preuve » que le jeune était « confus » ou n’aurait jamais dû entreprendre de démarches d’affirmation).

7. Validité / Validity

État actuel des données de validation

Conformément aux informations méthodologiques publiées dans l’étude princeps (Pullen Sansfaçon et al., 2023, 2025), la Mesure de la détransition a été conçue comme une batterie d’enquête exploratoire internationale de première génération. En raison du caractère inédit et urgent de la collecte de données sur ce phénomène émergeant, aucune étude formelle d’évaluation quantitative de la validité psychométrique n’a été publiée à ce jour.

Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu de l’instrument repose sur une méthodologie rigoureuse d’évaluation par les pairs et d’expertise interprofessionnelle. Les items ont été formulés à la suite d’une synthèse exhaustive de la littérature grise et clinique existante sur les interruptions de transition. L’équipe d’auteurs réunit une expertise pluridisciplinaire unique en travail social clinique, en psychologie spécialisée dans la santé trans, en sociologie et en études de genre. La formulation des items a bénéficié d’une confrontation directe avec l’expérience clinique de terrain (notamment via le Centre de santé Méraki) afin d’assurer que l’éventail des 36 énoncés sur les motifs d’interruption reflète fidèlement la totalité des situations rencontrées dans les cabinets de consultation :

  • Les dynamiques familiales coercitives.
  • Les pressions de conformité sociale en contexte scolaire et professionnel.
  • Les fluctuations authentiques du désir d’affirmation somatique.
  • Les difficultés économiques d’accès aux traitements.

Validité transculturelle et d’apparence (Face and Cross-Cultural Validity)

L’instrument a été simultanément développé et révisé en français et en anglais par des équipes bilingues afin de minimiser les biais culturels et sémantiques entre les systèmes de santé nord-américains et européens. Le panel international ciblé (sept pays : Canada, France, États-Unis, Royaume-Uni, Italie, Suisse, Australie) a permis de confirmer une excellente validité d’apparence auprès des professionnels interrogés, le contenu des énoncés étant jugé directement pertinent, nuancé et exempt de jugements moraux dépréciatifs.

Recommandations pour les validations futures

Pour faire évoluer cet instrument vers une échelle psychométrique standardisée, des recherches futures devront impérativement documenter :

  • La validité de construit convergente : En corrélant les scores de l’échelle des attitudes avec des mesures standardisées d’attitudes envers les personnes transgenres (telles que la Transphobia Scale ou la Genderism and Transphobia Scale).
  • La validité discriminante : En démontrant que les dimensions évaluant les motifs d’interruption se distinguent clairement de mesures de détresse psychologique générale ou d’échelles de désirabilité sociale chez les cliniciens.
  • La validité de critère : En vérifiant si les croyances des soignants mesurées par l’outil prédisent leurs décisions d’orientation clinique réelles face à des vignettes simulant des cas d’interruption de transition.

8. Fidélité / Reliability

Données disponibles et limites

À l’instar des indices de validité, aucune donnée numérique standardisée concernant la fidélité de l’échelle (coefficients de cohérence interne ou stabilité temporelle) n’a été formellement rapportée dans les publications initiales de l’équipe de recherche. L’outil ayant été administré en tant que questionnaire de recherche transversal à large échelle, les indicateurs psychométriques classiques demeurent à documenter.

Considérations sur la cohérence interne

Bien que les coefficients alpha de Cronbach ($\alpha$) et oméga de McDonald ($\omega$) ne soient pas formalisés dans le rapport initial, la structure interne de chaque bloc d’énoncés suggère un potentiel élevé de cohérence interne univariée :

  • Le sous-ensemble des 18 items sur les Attitudes et croyances envers les transitions explore un construit attitudinal continu (allant d’une posture strictement affirmative à une posture conservatrice/restrictive), ce qui se prête particulièrement bien à l’analyse de cohérence interne.
  • Le sous-ensemble des 19 items sur les Croyances relatives à la détransition présente également une homogénéité conceptuelle forte centrée sur la modélisation étiologique du phénomène.
  • En revanche, le module de 36 énoncés sur la Discontinuation des transitions fonctionne davantage comme un inventaire de co-occurrences causales ou d’indicateurs formatifs (où chaque motif clinique peut exister indépendamment des autres sans qu’une corrélation statistique inter-items élevée soit théoriquement requise).

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Aucune procédure de test-retest n’a encore été menée. Il convient de souligner que, compte tenu des mutations rapides des cadres légaux, cliniques et médiatiques régissant les soins d’affirmation de genre dans les pays occidentaux, les attitudes et croyances des professionnels sont susceptibles d’évoluer dans le temps, ce qui posera un défi méthodologique stimulant pour les futures études de stabilité temporelle à moyen et long terme.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

État de l’art

Aucune analyse factorielle exploratoire (AFE) ni analyse factorielle confirmatoire (AFC) n’a été publiée à ce jour dans la documentation officielle de l’instrument. L’outil a été déployé sous une forme structurée a priori par les chercheurs en se basant sur des catégories analytiques déductives dérivées de la théorie clinique et sociale.

Modélisation factorielle théorique postulée

Sur la base de la formulation des 73 énoncés cardinaux, un cadre factoriel hypothétique à plusieurs niveaux peut être théorisé pour guider les futures analyses de réduction de données :

Facteur théorique potentiel Nombre d’items Indicateurs latents attendus
Posture d’affirmation clinique Sous-ensemble de 18 items Confiance dans l’autodétermination des jeunes, rejet du rôle punitif de gardien d’accès, dépathologisation.
Facteurs externes d’interruption Sous-ensemble de 36 items Stigmatisation, rejet parental, pressions sociales, contraintes économiques, refus de remboursement.
Facteurs internes / identitaires Sous-ensemble de 36 items Évolution de l’identité de genre, fluidité, sentiment d’achèvement des objectifs transitionnels.
Modèles étiologiques de la détransition Sous-ensemble de 19 items Adhésion au modèle de la contagion sociale vs modèle de l’exploration développementale non linéaire.

L’application future de modèles d’équations structurelles (SEM) et d’analyses en composantes principales (ACP) avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) permettra de déterminer si les items se regroupent selon cette architecture factorielle quadripartite ou si des modèles plus parsimonieux doivent être privilégiés.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire d’enquête clinique et psychosociale auto-administré en ligne (sondage standardisé par questionnaire fermé et semi-fermé).
  • Format d’administration : Plateforme électronique sécurisée (administration numérique sur ordinateur, tablette ou appareil mobile).
  • Population cible : Professionnels et prestataires de soins de santé physique, mentale et de services sociaux travaillant directement auprès d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes transgenres et non binaires.
  • Nombre total d’items principaux : 73 énoncés quantitatifs répartis en trois blocs thématiques, complétés par une section de données sociodémographiques et d’antécédents professionnels :
    • Section 1 : Caractéristiques du répondant : Série de questions à choix multiples et fermées (âge, profession, milieu de pratique, années d’expérience, volume de cas cliniques suivis, pays d’exercice).
    • Section 2 : Attitudes et croyances sur la transition de genre : 18 items.
    • Section 3 : Observations de l’interruption de transition (Discontinuation) : 36 énoncés de situations cliniques.
    • Section 4 : Croyances relatives à la détransition : 19 énoncés conceptuels.
  • Échelles de réponse :
    • Pour les attitudes sur la transition (18 items) et croyances sur la détransition (19 items) : Échelle de Likert à 4 points :
      1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
      2 = En désaccord (Disagree)
      3 = Incertain / Neutre (Uncertain)
      4 = Fortement en accord (Strongly agree)
    • Pour les contextes et motifs d’interruption (36 énoncés) : Échelle de qualification de situation à 4 modalités :
      1 = Oui, décrit bien la situation (Yes: describes the situation well)
      2 = Un peu, décrit quelque peu la situation (A bit: somewhat describes the situation)
      3 = Non, ne décrit pas la situation (No: does not describe the situation)
      4 = Non applicable / Je ne sais pas (Not applicable / I don’t know)
  • Modalités de cotation et de calcul des scores : L’instrument est conçu pour autoriser deux modes d’exploitation analytique : une analyse descriptive item par item (fréquences relatives, proportions d’accord/désaccord, pourcentages d’attribution causale des interruptions) et le calcul potentiel de scores moyens composites par sous-dimensions après recodage des items inversés.
  • Temps d’administration : Environ 20 à 30 minutes selon la complexité des réponses cliniques.
  • Langues officielles : Français et Anglais.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 2023 (données publiées dans des revues évaluées par les pairs en 2025).
  • Statut commercial : Instrument non commercial, accessible gratuitement à des fins de recherche académique, scientifique et pédagogique.
  • Frais d’utilisation : Aucun frais ou redevance financière requis pour les projets de recherche universitaire ou d’évaluation clinique non lucrative.
  • Protocole d’accès et d’autorisation : Les chercheurs ou cliniciens souhaitant obtenir l’instrument complet dans ses deux versions linguistiques (français ou anglais) ou recevoir l’autorisation officielle d’utilisation pour des collectes de données locales doivent formuler une demande directement auprès de l’auteure-ressource :
    Pre Annie Pullen Sansfaçon, Ph.D.
    École de travail social, Université de Montréal
    Pavillon Lionel-Groulx, C.P. 6128, Succursale Centre-ville
    Montréal (Québec) H3C 3J7, Canada
    Courriel institutionnel : [email protected]

12. Références / References

  • Baril, A. (2015). Transness as debility: Rethinking intersections between trans, disability, and crip studies. Hypatia: A Journal of Feminist Philosophy, 30(1), 59–74. https://doi.org/10.1111/hypa.12130
  • Bauer, G. R., Hammond, R., Travers, R., Kaay, M., Hohenadel, K. M., & Boyce, M. (2009). “I don’t think this is addressed in the medical school curriculum”: Barrier and access to healthcare for Ontario’s trans people. International Journal of Transgenderism, 11(1), 51–64. https://doi.org/10.1080/15532730902805244
  • Hidalgo, M. A., Ehrensaft, D., Tishelman, A. C., Clark, L. F., Garofalo, R., Rosenthal, S. M., Spack, N. P., & Olson, J. (2013). The gender affirmative model: What we know and what we aim to learn. Human Development, 56(5), 285–290. https://doi.org/10.1159/000355235
  • MacKinnon, K. R., Gould, W., Ashley, F., Kia, H., & Salway, T. (2022). Health care experiences of patients who discontinue or reverse a gender transition: A critical review. Social Science & Medicine, 312, 115377. https://doi.org/10.1016/j.socscimed.2022.115377
  • Meyer, I. H. (2003). Prejudice, social stress, and mental health in lesbian, gay, and bisexual populations: Conceptual issues and research evidence. Psychological Bulletin, 129(5), 674–697. https://doi.org/10.1037/0033-2909.129.5.674
  • Pullen Sansfaçon, A., Planchat, T., Gelly, M. A., Baril, A., Susset, F., & Millette, M. (2025). Understanding the experiences of youth who have discontinued a gender transition: Provider perspectives. Psychology of Sexual Orientation and Gender Diversity, 12(1), 154–164. https://doi.org/10.1037/sgd0000644
  • Turban, J. L., Loo, S. S., Almazan, A. N., & Keuroghlian, A. S. (2021). Factors leading to “detransition” among transgender and gender diverse people in the United States: A mixed-methods analysis. LGBT Health, 8(4), 273–280. https://doi.org/10.1089/lgbt.2020.0437
  • World Professional Association for Transgender Health (WPATH). (2022). Standards of Care for the health of transgender and gender diverse people, Version 8. International Journal of Transgender Health, 23(Suppl 1), S1–S259. https://doi.org/10.1080/26895269.2022.2100644

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: This survey evaluates provider characteristics, attitudes, beliefs, and observed factors regarding transition discontinuation among trans and nonbinary youth.
Response Scale: 4-point Likert scales (e.g., 1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Uncertain, 4 = Strongly agree; and 1 = Yes: describes the situation well, 2 = A bit: somewhat describes the situation, 3 = No: does not describe the situation, 4 = Not applicable / I don't know)
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Item list is unavailable in the open-access public domain as the full instrument is restricted under copyright/research protocol by the authors (Pullen Sansfaçon et al., 2023 / Université de Montréal / Chaire de recherche du Canada sur les enfants transgenres et leurs familles). Researchers wishing to administer the measure must contact the principal investigator directly.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 14). Mesure de la détransition. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=mesure-de-la-detransition
Looti, Mohammed. “Mesure de la détransition.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=mesure-de-la-detransition.
Looti, Mohammed. “Mesure de la détransition.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=mesure-de-la-detransition.