1. Résumé / Abstract
La Domestic Violence Coping Self-Efficacy Measure (DV-CSE), conçue par le psychologue américain Charles C. Benight et ses collaborateurs en 2004, est un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé pour quantifier le sentiment d’efficacité personnelle spécifique au coping (Trauma Coping Self-Efficacy – CSE) chez les personnes victimes et survivantes de violences conjugales ou de violences entre partenaires intimes (Intimate Partner Violence – IPV). L’échelle évalue de manière ciblée la croyance d’un individu en sa propre capacité à gérer, atténuer et surmonter les répercussions émotionnelles, cognitives, comportementales, sociales et matérielles résultant d’agressions physiques, psychologiques ou sexuelles récentes.
Dans sa version intégrale d’évaluation comportementale et de recherche, l’instrument explore 30 manifestations centrales de l’adaptation post-traumatique, incluant la régulation de la détresse affective (dépression, anxiété, idées suicidaires, sentiment d’impuissance), le rétablissement de l’estime de soi et du concept de soi, la gestion logistique des besoins fondamentaux (hébergement, santé, obligations parentales et professionnelles) et la renégociation des frontières relationnelles avec l’agresseur et l’entourage. L’instrument utilise historiquement un format de réponse continuum de type analogue allant de 0 (« Pas du tout capable / Not Capable ») à 100 (« Totalement capable / Totally Capable »), conformément aux recommandations méthodologiques de la théorie sociale cognitive d’Albert Bandura, tout en étant parfois adapté en échelle de Likert en 5 points (« Pas du tout confiant » à « Très confiant ») pour faciliter l’administration clinique rapide.
Sur le plan psychométrique, le DV-CSE démontre des qualités exceptionnelles : une consistance interne remarquable attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre .93 et .97 selon les échantillons de validation, une excellente stabilité temporelle test-retest, ainsi qu’une validité de construit et une validité prédictive rigoureusement établies. Des scores élevés au DV-CSE sont prédictifs d’une atténuation significative de la symptomatologie de l’état de stress post-traumatique (ESPT / PTSD), d’une moindre gravité dépressive et d’une meilleure autonomisation socio-économique à long terme.
2. Mots-clés / Keywords
Auto-efficacité de coping, violences conjugales, violences entre partenaires intimes, traumatisme psychologique, état de stress post-traumatique, théorie sociale cognitive, résilience, adaptation psychologique, évaluation psychométrique, rétablissement post-traumatique, sentiment de compétence, détresse émotionnelle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle Domestic Violence Coping Self-Efficacy Measure (DV-CSE) a été développée et validée par une équipe de chercheurs spécialistes du psychotraumatisme et de la santé comportementale :
- Charles C. Benight, Ph.D. : Professeur titulaire de psychologie clinique à l’University of Colorado Colorado Springs (UCCS), directeur fondateur du Trauma, Health, and Hazards Center (THHC) et du National Institute for Human Resilience (NIHR). Ses travaux pionniers portent sur les modélisations théoriques et empiriques du sentiment d’efficacité personnelle face aux catastrophes naturelles, aux violences de masse et aux traumatismes interpersonnels. Contact institutionnel : [email protected].
- Amy S. Harding-Taylor, M.A. : Chercheuse en psychologie clinique à l’University of Colorado Colorado Springs, spécialisée dans l’évaluation empirique des interventions destinées aux femmes en centres d’hébergement d’urgence pour victimes de violences domestiques.
- Amanda M. Midboe, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse, affiliated au Center for Innovation to Implementation (Ci2i), Veterans Affairs Palo Alto Health Care System et Department of Psychiatry and Behavioral Sciences de la Stanford University School of Medicine.
- Robert L. Durham, Ph.D. : Professeur émérite au département de psychologie de l’University of Colorado Colorado Springs, spécialiste de la méthodologie quantitative, des modèles factoriels et de la psychométrie appliquée aux sciences du comportement.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Domestic Violence Coping Self-Efficacy Measure (DV-CSE) est de fournir aux cliniciens, psychologues, travailleurs sociaux et chercheurs un instrument psychométrique standardisé, sensible et théoriquement ancré pour évaluer la perception subjective qu’a une victime de sa propre capacité à surmonter les conséquences multiformes d’une agression conjugale récente. Contrairement aux échelles d’auto-efficacité générale (General Self-Efficacy Scale) ou aux inventaires génériques de stratégies de coping (tels que le WCC-R ou le COPE), le DV-CSE se concentre spécifiquement sur le domaine critique de la vulnérabilité liée aux violences au sein du couple, où les menaces à l’intégrité physique, psychologique et économique sont chroniques, systémiques et interpersonnelles.
Applications cliniques et en hébergement d’urgence
Sur le plan clinique et d’intervention sociale, le DV-CSE remplit plusieurs fonctions vitales :
- Triage et évaluation initiale du risque psychologique : Identifier immédiatement, dès l’admission dans un centre d’hébergement d’urgence (shelter), les femmes ou partenaires victimes présentant un effondrement sévère du sentiment d’agentivité, augmentant drastiquement le risque de passage à l’acte suicidaire, d’anxiété de panique ou de résignation acquise face au contrôle coercitif.
- Planification individualisée du traitement : Les réponses item par item permettent au clinicien de cartographier avec précision les déficits de confiance perçue (par exemple, capacité à assumer les responsabilités matérielles versus régulation des flashbacks et des cauchemars), guidant l’orientation des thérapies cognitivo-comportementales axées sur le traumatisme (TCC), des interventions axées sur les forces (strengths-based assessments) et des protocoles de désensibilisation.
- Mesure de l’efficacité thérapeutique : Utilisé en pré- et post-intervention, l’outil mesure objectivement l’autonomisation (empowerment) et la restauration du sentiment de contrôle au cours du processus de rétablissement et d’émancipation vis-à-vis de la relation abusive.
Applications en recherche épidémiologique et fondamentale
En recherche, le DV-CSE constitue un levier méthodologique indispensable pour disséquer les mécanismes médiateurs et modérateurs de la trajectoire post-traumatique. Il a été démontré que le sentiment d’efficacité personnelle face au coping agit comme une variable tampon (buffering mechanism) essentielle entre la sévérité objective des violences subies et le développement subséquent de pathologies chroniques telles que le trouble de stress post-traumatique, la dépression majeure ou l’abus de substances.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par le DV-CSE est l’auto-efficacité de coping face au traumatisme domestique (Trauma Coping Self-Efficacy spécifique au contexte de violence conjugale). Ancré dans les fondements épistémologiques développés par Albert Bandura, ce construit ne reflète ni une stratégie de coping activement mise en œuvre (comme la recherche de soutien social ou la restructuration cognitive), ni un trait de personnalité stable (comme le neuroticisme ou l’optimisme dispositionnel). Il s’agit d’une croyance dynamique d’agentivité personnelle orientée vers l’avenir, évaluant le jugement qu’un individu porte sur sa compétence à exécuter avec succès des cours d’action nécessaires pour faire face à des demandes internes et externes hautement stressantes consécutives aux violences.
Dans la littérature psychométrique, ce méta-construit s’articule autour de quatre dimensions fondamentales complémentaires :
1. Régulation affective et gestion des symptômes traumatiques
Cette dimension englobe la croyance en la capacité à tolérer, moduler et désamorcer les affects négatifs intenses, intrusifs et déstabilisants déclenchés par les agressions. Elle implique la gestion de la tristesse profonde, des vagues de dépression, des idées suicidaires, des attaques de panique, ainsi que des phénomènes dissociatifs et d’intrusion mnésique. Par exemple, l’item 4 (« Managing feelings of depression and/or suicidal thoughts ») et l’item 13 (« Dealing with nightmares/flashbacks concerning the latest assault ») mesurent spécifiquement l’efficacité perçue face aux intrusions et à la dysrégulation neurobiologique post-traumatique.
2. Restauration de l’estime de soi et gestion de la culpabilité
Les victimes de violences domestiques font l’objet d’un travail d’annihilation psychologique par leur partenaire (culpabilisation, humiliation, gaslighting). Cette sous-dimension capture la capacité perçue à neutraliser l’auto-blâme, la honte toxique et les cognitions négatives sur soi-même, tout en réinstaurant une vision de compétence personnelle. Les items 7 (« Managing my feelings of guilt and self-blame about the abuse »), 14 (« Thinking that I am a competent woman ») et 25 (« Controlling negative thoughts about myself ») illustrent ce processus de déconstruction des schémas d’inadéquation intériorisés.
3. Fonctionnement instrumental, autonomie logistique et rôles sociaux
Le contrôle coercitif s’étend fréquemment à la dépendance matérielle, financière et institutionnelle. Ce domaine mesure la conviction de la survivante de pouvoir maintenir ses compétences opérationnelles dans la vie quotidienne malgré la crise : subvenir aux besoins primaires (logement, nourriture, soins médicaux), assumer ses responsabilités professionnelles et maintenir ses compétences parentales. L’item 3 (« Managing my housing, food, clothes, and medical needs ») et l’item 17 (« Being able to concentrate and effectively handle my home, job, and parenting responsibilities ») ciblent directement cette maîtrise instrumentale.
4. Frontières relationnelles et rupture du lien d’attachement traumatique
Les violences conjugales se distinguent des autres traumatismes par l’imbrication affective et l’ambivalence liée à la perte du lien d’attachement (traumatic bonding). Ce domaine évalue l’auto-efficacité perçue pour naviguer dans l’isolement social, affronter la solitude, surmonter la douleur liée à la fin des aspects « positifs » du couple et gérer le deuil de la relation sans rechute vers le partenaire violent. Les items 10 (« Managing my desire to have closure of my relationship with the abuser ») et 26 (« Coping with loss of the ‘good’ aspects of my relationship with the man who assaulted me ») représentent cette lutte hautement spécifique.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du DV-CSE s’inscrit au carrefour de deux modèles théoriques majeurs de la psychologie contemporaine : la Théorie Sociale Cognitive d’Albert Bandura (1977, 1997) et la Théorie de la Conservation des Ressources (COR) de Stevan E. Hobfoll (1989, 1998), enrichies par les modèles transactionnels du stress de Richard Lazarus et Susan Folkman (1984).
La théorie sociale cognitive et le sentiment d’efficacité personnelle
Selon Bandura, les attentes d’efficacité personnelle constituent le déterminant proximal le plus puissant des comportements humains, de la persévérance face à l’adversité et des réactions émotionnelles face aux stresseurs. Une personne qui estime ne disposer d’aucun levier de contrôle sur son environnement ou ses états affectifs tombe dans une forme d’inhibition comportementale ou de résignation passive. Dans le cadre des violences conjugales, les agressions répétées altèrent de façon dévastatrice les quatre sources de l’auto-efficacité :
- L’expérience active de maîtrise : Les échecs répétés à calmer ou éviter les explosions violentes du partenaire détruisent l’impression de compétence comportementale.
- L’apprentissage par procuration (modélisation) : L’isolement social empêche l’observation de modèles pairs ayant réussi à surmonter les violences.
- La persuasion sociale : Le partenaire toxique sature l’espace discursif de dénigrements, persuadant la victime de son incapacité congénitale à survivre seule.
- Les états physiologiques et émotionnels : La terreur, l’hypervigilance autonome et la douleur somatique sont interprétées par la victime comme la preuve tangible de son impuissance structurelle.
Benight et ses collègues ont postulé que le rétablissement psychologique après un traumatisme ne dépend pas tant des événements objectifs que de la capacité du sujet à restaurer ce système de croyances d’agentivité : l’auto-efficacité de coping (Coping Self-Efficacy).
La théorie de la conservation des ressources (COR)
La théorie de Hobfoll postule que le stress psychologique émerge lorsque des ressources précieuses (objets, conditions, caractéristiques personnelles, énergies) sont menacées de destruction, effectivement perdues, ou lorsque l’investissement de ressources ne permet pas de générer un gain attendu. Les violences conjugales représentent une spirale accélérée de perte de ressources matérielles (logement, finances), sociales (amitiés perdues par isolement) et psychologiques (estime de soi, paix d’esprit). Dans cette perspective, la croyance en l’efficacité de coping constitue une ressource méta-psychologique clé (ressource-pivot) qui permet à la victime d’investir ses maigres ressources restantes de manière stratégique afin d’endiguer la spirale des pertes et d’enclencher une caravane de gains adaptatifs.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du DV-CSE a été documentée à travers plusieurs études d’envergure, menées principalement auprès de cohortes de femmes hébergées dans des centres pour victimes de violences domestiques et des échantillons communautaires de survivantes.
Validité de contenu
Les items du questionnaire ont été initialement générés à partir d’entretiens qualitatifs approfondis avec des survivantes de violences conjugales, combinés à des panels d’experts cliniques travaillant depuis plusieurs décennies en victimologie et en criminologie. Ce processus a assuré une représentativité écologique et phénoménologique maximale des défis concrètement vécus dans les suites immédiates d’une agression.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations fortes et hautement significatives avec les mesures validées de la symptomatologie psychologique :
- Corrélation négative avec les symptômes d’ESPT : Les scores au DV-CSE présentent une corrélation inverse prononcée avec le score total du PCL-5 (Posttraumatic Stress Disorder Checklist) ainsi qu’avec les critères spécifiques d’intrusion, d’évitement, d’altérations négatives de l’humeur et d’hyperréactivité (valeurs de r variant de -.50 à -.68, p < .001).
- Corrélation négative avec la dépression : Des corrélations négatives robustes sont observées avec le Beck Depression Inventory (BDI-II) et le CES-D (r = -.55 à -.71, p < .001), soulignant que les femmes ayant une confiance élevée en leur capacité d’adaptation signalent substantiellement moins de désespoir et d’idées suicidaires.
- Corrélation positive avec l’auto-efficacité générale : Le DV-CSE présente des corrélations modérées à fortes (r = .45 à .60) avec l’échelle générale d’auto-efficacité de Schwarzer et Jerusalem, confirmant qu’il partage la variance de l’agentivité globale tout en capturant une spécificité contextuelle non réductible à un trait global.
Validité discriminante
Le DV-CSE se distingue nettement de la simple désirabilité sociale (faibles corrélations non significatives avec l’échelle de Marlowe-Crowne, r < .15) et des mesures purement somatiques non liées au stress. De plus, il a été démontré dans des modèles de régression multivariée que le DV-CSE explique une part significative de variance supplémentaire dans l’adaptation psychologique au-delà des mesures de coping dispositionnel (comme l’inventaire Brief COPE), démontrant sa validité incrémentale.
Validité prédictive longitudinale
Dans les études longitudinales menées par Benight et ses équipes (2004, 2015), le niveau de DV-CSE mesuré à l’entrée en structure d’accueil prédit de façon indépendante la rémission des symptômes d’ESPT à 3 mois, 6 mois et 12 mois de suivi, même après contrôle rigoureux du niveau initial de détresse psychologique et de la sévérité objective des agressions physiques subies.
8. Fidélité / Reliability
Les études psychométriques consacrées au DV-CSE rapportent des coefficients de fidélité particulièrement élevés, confirmant la précision et la robustesse de l’instrument sur différentes populations de femmes exposées aux violences interpersonnelles.
Cohérence interne
La consistance interne de l’échelle totale est exceptionnelle :
- Dans l’étude princeps de validation menée par Benight, Harding-Taylor, Midboe et Durham (2004) sur un échantillon de 103 femmes victimes de violences domestiques, le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale atteignait α = .95 (les versions d’analyse factorielle préliminaire variant entre .94 et .97).
- Dans les études ultérieures de réplication et les recherches utilisant la batterie étendue de Trauma Coping Self-Efficacy (Benight et al., 2015), les valeurs d’alpha sont demeurées uniformément supérieures à .92, témoignant d’une très forte homogénéité entre les items.
- Les coefficients de corrélation item-total corrigés sont tous très largement supérieurs au seuil standard de .40, la vaste majorité oscillant entre .55 et .82, indiquant que chaque item contribue de manière substantielle au score global d’auto-efficacité de coping.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La fidélité test-retest évaluée sur des intervalles courts (2 à 3 semaines, en l’absence de modifications majeures de la situation de sécurité ou d’interventions thérapeutiques intensives) montre un coefficient de corrélation intra-classe (ICC) supérieur à .80. Cette stabilité confirme que le test mesure un construit stable à court terme mais suffisamment sensible au changement pour enregistrer l’évolution thérapeutique au fil des interventions cliniques.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la DV-CSE a été scrutée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) par l’équipe de recherche originale ainsi que par des réplicateurs indépendants.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors du développement initial mené par Benight et al. (2004), une analyse en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax/Oblimin) a révélé la prédominance d’un facteur général majeur expliquant à lui seul une part substantielle de la variance totale (plus de 45 % à 52 % de la variance selon les extractions). L’inspection du graphique d’éboulis de Cattell (scree plot) a soutenu l’hypothèse d’une dimensionnalité unifactorielle globale d’agentivité de coping, où tous les items présentent des saturations factorielles substantielles (loadings généralement compris entre .50 et .85).
Modélisations multidimensionnelles et Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Bien que l’échelle puisse être utilisée de manière valide comme un score unidimensionnel global reflétant le « Coping Self-Efficacy » global face aux violences, les analyses factorielles confirmatoires ont mis en évidence la pertinence de structures hiérarchiques ou multidimensionnelles corrélées, regroupant :
- Facteur 1 : Régulation émotionnelle et des cognitions intrusives (gestion des traumatismes, anxiété, flash-backs, sentiments de devenir folle, idées de désespoir).
- Facteur 2 : Auto-valorisation et dépassement de la honte (contrôle des pensées d’auto-blâme, maintien du sentiment d’être une femme compétente, dignité personnelle).
- Facteur 3 : Autonomie fonctionnelle et logistique (gestion des besoins de première nécessité, emploi, parentalité, besoins médicaux).
- Facteur 4 : Détachement relationnel et réajustement interpersonnel (fermeture de la relation avec l’agresseur, gestion de la solitude, perte des aspects positifs du couple, rétablissement de la confiance).
Les indices d’ajustement des modèles confirmatoires (CFI > .92, TLI > .90, RMSEA < .07) soutiennent l’utilisation conjointe d’un score composite global pour la recherche et de scores factoriels pour l’évaluation clinique affinée des forces et des besoins de la survivante.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-questionnaire standardisé).
- Format : Formulaire papier-crayon ou administration numérique informatisée.
- Nombre d’items : 30 items composant la banque intégrale d’évaluation comportementale des violences conjugales.
- Échelle de réponse :
- Format standard historique : Échelle de confiance de 0 à 100 points, où 0 = « Not Capable » (Pas du tout capable) et 100 = « Totally Capable » (Totalement capable), graduée par tranches de 10 points (0, 10, 20… 100), conforme aux standards psychométriques de Bandura pour l’auto-efficacité.
- Format alternatif de recherche clinique : Échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout confiant ») à 5 (« Très confiant »).
- Cotation et calcul des scores :
- Pour l’échelle de 0 à 100 : Le score total est calculé soit par la somme brute arithmétique (score s’étendant de 0 à 3 000), soit par la moyenne des items (somme divisée par 30, rapportant le score sur une échelle standardisée de 0 à 100).
- Pour l’échelle de Likert en 5 points : Le score total s’étend de 30 à 150 points, la moyenne oscillant entre 1.0 et 5.0.
- Il n’y a aucun item inversé : tous les items sont formulés dans le sens direct du sentiment de capacité et de maîtrise perçue face à la difficulté mentionnée.
- Interprétation clinique :
- Score bas (0-40 sur l’échelle 0-100) : Effondrement massif de l’agentivité personnelle ; détresse aiguë, risque suicidaire ou de décompensation clinique élevé ; besoin immédiat de soutien protecteur, directif et stabilisateur.
- Score modéré (41-70) : Sentiment de maîtrise partiel ou fluctuant selon les domaines ; le patient gère certains aspects pratiques mais demeure très vulnérable aux intrusions émotionnelles ou au lien avec l’agresseur.
- Score élevé (71-100) : Haut niveau d’auto-efficacité de coping ; pronostic favorable de résilience, capacité affirmée à mobiliser les ressources extérieures et à réorganiser activement son existence post-séparation.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2004 (articles méthodologiques complémentaires en 2013 et 2015).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Développé par Charles C. Benight et al., les droits scientifiques sont détenus par les auteurs et la revue Journal of Traumatic Stress / Springer Nature.
- Tarifs et conditions d’accès : L’utilisation du DV-CSE à des fins de recherche académique, d’enseignement ou dans le cadre de consultations cliniques à but non lucratif et de centres d’hébergement est généralement gratuite et libre de droits d’accès (Open Access à vocation scientifique et humanitaire). Les chercheurs et praticiens sont tenus de citer rigoureusement l’article princeps de Benight et al. (2004) dans toute communication ou publication.
- Contact pour autorisations spécifiques ou adaptations : Les demandes de republication commerciale ou d’adaptation transculturelle officielle peuvent être adressées directement au Dr. Charles C. Benight via le Trauma, Health, and Hazards Center à l’University of Colorado Colorado Springs (THHC – UCCS).
12. Références / References
- Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
- Benight, C. C., & Bandura, A. (2004). Social cognitive theory of posttraumatic recovery: The role of perceived self-efficacy. Behaviour Research and Therapy, 42(10), 1129–1148. https://doi.org/10.1016/j.brat.2003.08.008
- Benight, C. C., Harding-Taylor, A. S., Midboe, A. M., & Durham, R. L. (2004). Development and psychometric validation of a domestic violence coping self-efficacy measure (DV-CSE). Journal of Traumatic Stress, 17(6), 505–508. https://doi.org/10.1007/s10960-004-5799-8
- Benight, C. C., Shoji, K., James, L. E., Waldrep, E. E., Delahanty, D. L., & Cieslak, R. (2015). Trauma coping self-efficacy: A context specific self-efficacy measure for traumatic stress. Psychological Trauma: Theory, Research, Practice, and Policy, 7(6), 591–599. https://doi.org/10.1037/tra0000045
- Hobfoll, S. E. (1989). Conservation of resources: A new attempt at conceptualizing stress. American Psychologist, 44(3), 513–524. https://doi.org/10.1037/0003-066X.44.3.513
- Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
- Simmons, C. A., & Lehmann, P. (Eds.). (2013). Tools for strengths-based assessment and evaluation. Springer Publishing Company.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
0 = Not Capable to 100 = Totally Capable
- Feeling good about myself‚ since the most recent assault.
- Managing feelings of grief‚ loss‚ and abandonment after the latest attack.
- Managing my housing‚ food‚ clothes‚ and medical needs‚ since the most recent assault.
- Managing feelings of depression and/or suicidal thoughts‚ since my partner attacked me.
- Handling feelings of hopelessness and helplessness‚ since the most recent assault.
- Controlling thoughts that I am going crazy‚ since my latest assault.
- Managing my feelings of guilt and self-blame about the abuse.
- Handling fears of being alone after the latest assault.
- Handling feelings of anger/rage at my partner‚ since the most recent assault.
- Managing my desire to have closure of my relationship with the abuser.
- Controlling feelings of anxiety and panic after the latest assault.
- Coping with loneliness and isolation‚ since the most recent attack.
- Dealing with nightmares/flashbacks concerning the latest assault.
- Thinking that I am a competent woman‚ since the most recent assault.
- Dealing with feelings of shame concerning the abuse.
- Coping with feeling completely overwhelmed with everything since the most recent assault.
- Being able to concentrate and effectively handle my home‚ job‚ and parenting responsibilities.
- Dealing with my anxiety about the future without my partner.
- Controlling thoughts that “I just can’t handle this.”
- Being strong emotionally for my family and friends.
- Managing my own spiritual pain‚ since the most recent assault.
- Trusting anyone.
- Coping with my appearance‚ since the most recent assault.
- Dealing with feelings of sadness.
- Controlling negative thoughts about myself (for example‚ “I am stupid‚” “I am to blame‚” “I am a loser‚” “I screw-up everything‚” “I deserved to be attacked”).
- Coping with loss of the “good” aspects of my relationship with the man who assaulted me.
- Coping with the feelings that family and friends just don’t understand.
- Handling feelings of embarrassment.
- Dealing with rejection from others since the latest attack.
- Handling feelings of inadequacy