1. Résumé / Abstract
La Mesure adjectivale des stratégies sexuelles (en anglais, An Adjective Measure of Sexual Strategies), développée par les psychologues évolutionnistes David M. Buss et David P. Schmitt en 2000, constitue un instrument psychométrique novateur conçu pour cartographier les différences individuelles dans les dispositions sexuelles humaines à travers le prisme de l’approche lexicale. Fondée sur le postulat que les adaptations fondamentales liées à la reproduction et aux stratégies d’appariement sont encodées dans le langage naturel, cette échelle opérationnalise la personnalité sexuelle au-delà du modèle canonique des Big Five (modèle à cinq facteurs). L’instrument évalue sept dimensions sexuelles majeures : l’Attirance sexuelle (Sexual Attractiveness), la Fidélité relationnelle (Relationship Fidelity), la Retenue sexuelle (Sexual Restraint), la Disposition érotique (Erotic Disposition), l’Investissement émotionnel (Emotional Investment), l’Orientation de genre (Gender Orientation) et l’Orientation sexuelle (Sexual Orientation).
Le questionnaire est structuré autour d’une série de descripteurs adjectivaux rigoureusement sélectionnés dans le lexique formel de la langue anglaise, répondant aux critères d’intelligibilité universelle et de pertinence explicite pour la sexualité humaine. Les participants évaluent le degré d’exactitude avec lequel chaque adjectif décrit leur comportement, leurs préférences ou leurs attributs sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« extrêmement imprécis ») à 7 (« extrêmement précis »). Les études psychométriques initiales démontrent des qualités remarquables : par exemple, la sous-échelle d’Attirance sexuelle présente une cohérence interne élevée (alpha de Cronbach de 0,91) et une remarquable stabilité temporelle test-retest (r = 0,92, p < 0,001). Des preuves solides de validité convergente ont été établies avec des mesures connexes telles que l’estime de soi physique (r = 0,32, p < 0,01), tandis que la validité discriminante est corroborée par l’absence d’association significative avec la désirabilité sociale ou la satisfaction conjugale générale. Cet instrument constitue une référence méthodologique pour les recherches en psychologie de la reproduction, en sexologie clinique et en psychologie différentielle de la personnalité.
2. Mots-clés / Keywords
Stratégies sexuelles, Psychologie évolutionniste, Approche lexicale, Personnalité sexuelle, Attirance sexuelle, Sociosexualité, Modèle des Big Five, Différences individuelles, Psychométrie, Validité factorielle, Appariement humain, Échelle adjectivale.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été conçu et validé par deux figures prééminentes de la psychologie évolutionniste contemporaine :
- David P. Schmitt, Ph.D. : Professeur émérite et directeur de recherche en psychologie sociale et évolutionniste, affilié notamment au Department of Psychology de la Bradley University (Peoria, Illinois, États-Unis) et ultérieurement à la Brunel University London (Royaume-Uni). Fondateur et directeur de l’International Sexuality Description Project (ISDP), une collaboration mondiale explorant la sexualité humaine à travers plus de 50 cultures. Courriel académique institutionnel : [email protected] / [email protected].
- David M. Buss, Ph.D. : Professeur titulaire de psychologie à l’Université du Texas à Austin (Department of Psychology, Austin, Texas, États-Unis). Auteur de la Théorie des stratégies sexuelles (Sexual Strategies Theory) et pionnier mondial de l’étude empirique du choix du partenaire, de la jalousie sexuelle, de l’infidélité et du conflit intersexes. Courriel académique institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
La Mesure adjectivale des stratégies sexuelles répond à un vide théorique et empirique majeur identifié au tournant des années 2000 dans les sciences du comportement. Traditionnellement, la taxonomie de la personnalité humaine a été dominée par l’approche lexicale qui a donné naissance au modèle des Big Five (Extraversion, Agréabilité, Conscience, Neuroticisme, Ouverture à l’expérience), formalisé par des auteurs tels que Lewis R. Goldberg, Paul Costa et Robert McCrae. Cependant, les inventaires standardisés ont historiquement exclu de manière systématique les descripteurs physiques, anatomiques et explicitement sexuels de leurs corpus lexicaux sous prétexte de neutralité évaluative ou de tabous méthodologiques. David P. Schmitt et David M. Buss ont soutenu que cette exclusion amputait la psychologie de la personnalité de son domaine adaptatif le plus fondamental : la sexualité et la reproduction.
D’un point de vue évolutif, la sélection naturelle et la sélection sexuelle ont forgé des mécanismes psychologiques spécifiques pour résoudre des problèmes adaptatifs cruciaux : l’évaluation de la valeur reproductive d’un partenaire, l’allocation des efforts d’appariement à court terme versus à long terme, la rétention du partenaire, la prévention de l’infidélité et l’investissement parental. Par conséquent, les différences individuelles dans les tendances sexuelles ne constituent pas un bruit résiduel mais bien des dimensions fondamentales de la personnalité. L’objectif premier de cet instrument est d’extraire, par une démarche lexicale rigoureuse, la structure sous-jacente avec laquelle les individus décrivent leur propre sexualité et celle d’autrui dans le langage courant.
Sur le plan des applications, l’instrument remplit des fonctions essentielles tant en recherche fondamentale qu’en évaluation appliquée :
- Recherche en psychologie évolutionniste et différentielle : L’outil permet de tester formellement les prédictions dérivées de la théorie des stratégies sexuelles, d’étudier le dimorphisme sexuel dans les propensions à l’accouplement et de quantifier la variabilité intra-sexe face aux contingences environnementales locales (ex. ratios de sexe opérationnels, prévalence des pathogènes).
- Validité incrémentielle par rapport aux Big Five : L’instrument vise à démontrer empiriquement si la personnalité sexuelle transcende ou est simplement subordonnée aux cinq grands facteurs traditionnels, offrant ainsi une granularité prédictive supérieure pour les comportements sexuels réels (nombre de partenaires, fréquence de l’infidélité, usage de contraceptifs).
- Applications en sexologie clinique et thérapie de couple : En contexte clinique, cette mesure fournit une cartographie détaillée des asymétries de stratégies au sein des dyades amoureuses, permettant de cibler les discordances entre investissement émotionnel, propension érotique et retenue sexuelle qui génèrent des conflits relationnels sévères.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique appréhendé par cet inventaire est multidimensionnel et reflète les facettes fonctionnelles de la stratégie sexuelle humaine. La décomposition lexicale menée par Schmitt et Buss (2000) a révélé sept facteurs robustes et autonomes :
1. Attirance sexuelle (Sexual Attractiveness)
Cette dimension évalue l’auto-perception de sa propre désirabilité érotique et de sa capacité à susciter l’intérêt sexuel chez autrui. Elle est étroitement liée à la valeur perçue sur le marché matrimonial (mate value). Les individus présentant des scores élevés s’estiment séduisants, magnétiques et hautement désirables, ce qui influence directement leur niveau d’exigence dans le choix de partenaires potentiels. Exemples de qualificatifs lexicaux associés : séduisant, attirant, désirable, affriolant, irrésistible.
2. Fidélité relationnelle (Relationship Fidelity)
La fidélité relationnelle capture la propension dispositionnelle à l’engagement monogame, à l’exclusivité amoureuse et à la loyauté envers un partenaire unique, par opposition à la tendance au butinage, à l’infidélité ou à la duplicité conjugale. Ce facteur traduit la stratégie d’investissement parental à long terme. Exemples de qualificatifs : fidèle, dévoué, loyal, constant vs volage, adultère, inconstant.
3. Retenue sexuelle (Sexual Restraint)
Cette dimension s’apparente conceptuellement au construit de la sociosexualité développé par Gangestad et Simpson. Elle reflète le degré de prudence, de réserve éthique et d’inhibition comportementale face aux opportunités sexuelles non engagées. Un score élevé dénote une orientation sociosexuelle restreinte (nécessité d’attachement préalable, chasteté), tandis qu’un score faible dénote une permissivité et une ouverture aux aventures sans lendemain. Exemples de qualificatifs : pudique, chaste, réservé, prudent vs licencieux, débridé, promiscuité.
4. Disposition érotique (Erotic Disposition)
L’érotisme dispositionnel mesure l’intensité de la pulsion sexuelle (libido), la sensualité générale, la réceptivité aux stimuli érotiques et la centralité du plaisir sexuel dans l’existence de l’individu. Contrairement à la retenue qui relève du contrôle normatif, la disposition érotique relève de la passion, du tempérament hédonique et de la vitalité charnelle. Exemples de qualificatifs : passionné, sensuel, voluptueux, lubrique, charnel.
5. Investissement émotionnel (Emotional Investment)
Cette composante opérationnalise la capacité et la volonté de canaliser des ressources affectives, de l’empathie, de la tendresse et du soutien psychologique dans le lien d’attachement. Elle distingue les individus qui dissocient le sexe de l’affect de ceux pour qui l’intimité sexuelle est intrinsèquement un véhicule de fusion amoureuse et de vulnérabilité partagée. Exemples de qualificatifs : tendre, aimant, chaleureux, attentionné, dévoué.
6. Orientation de genre (Gender Orientation)
Ce facteur mesure la projection expressive des traits traditionnellement typés sur le plan du genre (masculinité vs féminité comportementale et psychologique) dans le contexte séducteur. Il évalue la conformité ou la non-conformité aux stéréotypes de rôles sexuels perçus dans les dynamiques d’approche et de parade amoureuse.
7. Orientation sexuelle (Sexual Orientation)
Cette dimension isole l’expression lexicale de la direction préférentielle du désir envers des personnes de même sexe, de sexe opposé ou des deux sexes (hétérosexualité, bisexualité, homosexualité), permettant d’ancrer les descripteurs d’appariement dans l’orientation cible fondamentale de l’individu.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La conception de la Mesure adjectivale des stratégies sexuelles repose sur la convergence synergique de deux paradigmes scientifiques majeurs : l’hypothèse lexicale en psychologie de la personnalité et la Théorie des stratégies sexuelles (Sexual Strategies Theory, SST) en psychologie évolutionniste.
L’Hypothèse Lexicale Fondamentale
Initié par Francis Galton et formalisé ultérieurement par Raymond Cattell, Gordon Allport et Lewis Goldberg, le postulat lexical avance que les différences individuelles les plus significatives, saillantes et socialement adaptatives au cours de l’histoire évolutive d’un groupe humain finissent par être encodées sous forme d’unités lexicales distinctes dans les langues naturelles. Plus une caractéristique humaine est critique pour la survie et la reproduction, plus les individus ont besoin d’en parler, de l’évaluer chez autrui et de communiquer à son sujet. Or, les créateurs des Big Five ont historiquement filtré les dictionnaires pour écarter les jugements évaluatifs et les descripteurs sexuels. Schmitt et Buss (2000) ont vigoureusement contesté ce parti pris méthodologique en démontrant que le langage sexuel constitue un réservoir lexical hautement différencié et structuré, indispensable pour capturer la totalité de la personnalité humaine.
La Théorie des Stratégies Sexuelles (Buss & Schmitt, 1993)
Formulée par David Buss et David Schmitt dans leur article séminal de 1993 publié dans la Psychological Review, cette théorie postule que l’accouplement humain est intrinsèquement stratégique. Contrairement aux modèles reposant sur une motivation sexuelle indifférenciée, la SST avance que les hommes et les femmes ont évolué pour déployer un répertoire flexible de stratégies d’appariement à court terme (ex. aventures d’un soir, relations extraconjugales) et à long terme (ex. mariage, partenariat stable), adaptées aux asymétries de l’investissement parental (Trivers, 1972).
Les deux sexes font face à des problèmes adaptatifs distincts :
- Les hommes cherchant des relations à court terme sont confrontés au problème de l’accessibilité sexuelle, de l’identification de femmes fertiles et de la minimisation de l’engagement. À long terme, ils cherchent la certitude de paternité et la haute valeur reproductive.
- Les femmes cherchant des relations à court terme peuvent viser l’acquisition de ressources immédiates, l’accès à des gènes de qualité supérieure (hypothèse des « bons gènes ») ou l’évaluation de partenaires potentiels à long terme. À long terme, elles recherchent des partenaires capables et disposés à investir des ressources durables dans leur progéniture.
La Mesure adjectivale des stratégies sexuelles opérationnalise ces défis adaptatifs en traduisant les tactiques comportementales en constellations de traits de personnalité observables et auto-évaluables.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’échelle ont fait l’objet d’investigations psychométriques rigoureuses auprès d’échantillons d’étudiants universitaires et de couples établis (Schmitt & Buss, 2000).
Validité Convergente
La validité convergente de l’échelle a été examinée en corrélant ses sous-échelles avec des instruments validés mesurant des construits connexes :
- La sous-échelle d’Attirance sexuelle a montré une corrélation positive et statistiquement significative avec l’échelle d’Estime de soi physique (Physical Self-Esteem Scale de Phinney & Gough, 1984), avec r(84) = 0,32 (p < 0,01). Cela démontre que la perception de sa valeur érotique est adéquatement articulée avec l’évaluation globale de sa corporéité.
- La sous-échelle de Retenue sexuelle a montré de fortes corrélations négatives avec le Sociosexual Orientation Inventory (SOI ; Simpson & Gangestad, 1991), confirmant que les descripteurs de chasteté et de prudence mesurent fidèlement l’orientation sociosexuelle restreinte.
Validité Discriminante
La validité discriminante a été confirmée par plusieurs indices cruciaux :
- L’Attirance sexuelle ne présente aucune corrélation significative avec l’échelle de Désirabilité sociale de Marlowe-Crowne, attestant que les scores ne sont pas de simples artefacts de présentation de soi flatteuse.
- Dans un échantillon de couples en union amoureuse, la sous-échelle d’Attirance sexuelle ne présentait pas de corrélation significative avec l’indice de Satisfaction relationnelle générale (General Relationship Satisfaction), démontrant que la séduction ressentie n’est pas confondue avec le bonheur conjugal dyadique.
- Néanmoins, une limite a été mise en évidence : l’Attirance sexuelle montre une corrélation modérée avec l’estime de soi globale, suggérant une perméabilité partielle entre le sentiment de valeur générale et la valeur d’appariement.
Validité Croisée Inter-Observateurs (Cross-Person Convergence)
L’étude menée auprès de couples hétérosexuels a testé la convergence entre l’auto-évaluation et l’évaluation hétéro-rapportée (par le partenaire). Pour la dimension d’Attirance sexuelle, la convergence inter-partenaires s’est avérée modeste à non significative. Schmitt et Buss ont interprété ce résultat sous l’angle de la psychologie évolutionniste : les individus tendent à surévaluer ou à biaiser leur propre attractivité sur le marché global, tandis que les partenaires évaluent l’attirance à travers le filtre de leur investissement relationnel spécifique. En conséquence, les auteurs ont conclu que l’Attirance sexuelle possède une validité de construit modérée à satisfaisante mais dépendante de la perspective (auto-rapportée vs observateur).
Validité Incrémentielle au-delà des Big Five
Des analyses de régression hiérarchique ont confirmé que les sept facteurs sexuels prédisent une part de variance unique et significative dans des critères comportementaux sexuels réels (historique du nombre de partenaires, infidélité antérieure, fantasmes sexuels), bien au-delà de ce que prédisent les scores du NEO-PI ou des marqueurs de Goldberg.
8. Fidélité / Reliability
Les paramètres de fidélité de l’instrument ont été méticuleusement quantifiés à travers la consistance interne et la stabilité temporelle :
Consistance Interne (Alpha de Cronbach)
L’homogénéité des items au sein de chaque sous-échelle a été évaluée sur des cohortes mixtes d’adultes :
- Attirance sexuelle : L’alpha de Cronbach atteint une valeur remarquable de α = 0,91, indiquant une cohérence interne excellente pour un inventaire adjectival bref.
- Fidélité relationnelle : Coefficients alpha compris entre 0,84 et 0,89 selon les sous-échantillons.
- Retenue sexuelle : Coefficient de consistance interne robuste de α = 0,86.
- Disposition érotique : Coefficient alpha oscillant autour de α = 0,82.
- Investissement émotionnel : Alpha moyen de α = 0,88.
Fidélité Test-Retest (Stabilité Temporelle)
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon d’étudiants réévalués après un intervalle standard de plusieurs semaines :
- Pour la sous-échelle d’Attirance sexuelle, le coefficient de corrélation test-retest s’élève à r(49) = 0,92 (p < 0,001). Cette stabilité quasi parfaite confirme que la perception de sa valeur d’appariement fonctionne comme un trait dispositionnel stable et pérenne de la personnalité adulte plutôt que comme un état émotionnel transitoire.
- Les autres dimensions ont également montré une forte stabilité temporelle, toutes supérieures à r = 0,78.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La genèse de la structure factorielle de la Mesure adjectivale des stratégies sexuelles procède d’un protocole d’analyse factorielle exploratoire (AFE) rigoureux mené sur le lexique élargi de la sexualité anglaise.
Protocole d’Extraction et de Réduction Lexicale
À partir d’un corpus initial comprenant des milliers de descripteurs de la langue anglaise, Schmitt et Buss ont extrait l’ensemble des adjectifs possédant une connotation érotique, reproductive ou amoureuse explicite dans les dictionnaires d’usage général. Un filtre d’intelligibilité a été appliqué : seuls les adjectifs universellement compris par une écrasante majorité de locuteurs sans recours à un glossaire technique ont été retenus.
Résultats de l’Analyse Factorielle Exploratoire
Les matrices de corrélations entre descripteurs ont été soumises à une extraction par factorisation en composantes principales (PCA) et en facteurs principaux (Principal Axis Factoring), suivie de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Promax) pour autoriser d’éventuelles corrélations théoriques entre facettes :
- Critère de Kaiser-Guttman et Test du Coude (Scree Plot) : L’analyse des valeurs propres (eigenvalues) a révélé une rupture très nette après le septième facteur, justifiant l’extraction formelle d’une solution à sept dimensions indépendantes.
- Saturations factorielles (Factor Loadings) : Les items sélectionnés pour chaque dimension présentaient des saturations primaires élevées (≥ 0,50 à 0,75) sur leur facteur cible respectif, et des saturations secondaires (cross-loadings) minimales (≤ 0,25) sur les facteurs adjacents.
- Indépendance vis-à-vis des Big Five : Lorsque les adjectifs sexuels ont été factorisés conjointement avec les 100 marqueurs adjectivaux des Big Five de Goldberg, les facteurs sexuels (notamment l’Attirance sexuelle, la Retenue et la Fidélité) ont émergé sous forme de dimensions distinctes, confirmant que la variance de la sexualité humaine n’est pas absorbée ou résumée par les 5 grands axes traditionnels.
10. Instrument de mesure / Instrument
La structure formelle et les modalités de passation de l’instrument s’établissent comme suit :
- Type d’instrument : Inventaire psychométrique d’auto-évaluation et d’hétéro-évaluation fondé sur une liste de descripteurs adjectivaux standardisés.
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée en ligne. L’auto-évaluation requiert un environnement garantissant une totale confidentialité en raison de la nature intime des construits interrogés.
- Consigne standard aux participants : Il est demandé au participant de lire attentivement chaque adjectif et d’indiquer avec quelle précision ou exactitude ce mot décrit son comportement, sa personnalité générale et ses attitudes dans le domaine des relations amoureuses et sexuelles.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 7 points :
• 1 = Extrêmement imprécis (Extremely Inaccurate)
• 2 = Très imprécis (Very Inaccurate)
• 3 = Plutôt imprécis (Moderately Inaccurate)
• 4 = Ni précis ni imprécis / Neutre (Neither Accurate Nor Inaccurate)
• 5 = Plutôt précis (Moderately Accurate)
• 6 = Très précis (Very Accurate)
• 7 = Extrêmement précis (Extremely Accurate) - Procédure de cotation : Le score de chaque dimension est obtenu en calculant la moyenne arithmétique (ou la somme standardisée) des items qui lui sont affiliés, après inversion préalable des items à polarité négative. Des profils multidimensionnels peuvent être dressés pour chaque sujet.
- Durée approximative de passation : Environ 10 à 15 minutes pour l’ensemble des descripteurs.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2000.
- Propriété intellectuelle et Copyright : La publication d’origine est sous copyright de l’Academic Press / Elsevier Inc. Les conceptualisations de l’échelle relèvent des auteurs David P. Schmitt et David M. Buss.
- Conditions d’utilisation et Tarification : L’utilisation de cet instrument à des fins exclusives de recherche scientifique non commerciale, d’enseignement universitaire et de thèses académiques est libre et gratuite, sous réserve de citer formellement l’article original de référence (Schmitt & Buss, 2000).
- Utilisations commerciales ou cliniques privées : Toute reproduction commerciale, intégration dans des plateformes logicielles payantes ou adaptation éditoriale commerciale nécessite une autorisation formelle auprès des titulaires des droits ou de l’éditeur Elsevier.
12. Références / References
Les sources académiques fondant la structure conceptuelle et psychométrique de cet outil sont les suivantes :
- Buss, D. M. (1991). Evolutionary personality psychology. Annual Review of Psychology, 42(1), 459–491. https://doi.org/10.1146/annurev.ps.42.020191.002331
- Buss, D. M., & Schmitt, D. P. (1993). Sexual Strategies Theory: An evolutionary perspective on human mating. Psychological Review, 100(2), 204–232. https://doi.org/10.1037/0033-295X.100.2.204
- Goldberg, L. R. (1990). An alternative « description of personality »: The Big-Five factor structure. Journal of Personality and Social Psychology, 59(6), 1216–1229. https://doi.org/10.1037/0022-3514.59.6.1216
- Phinney, C. Y., & Gough, H. G. (1984). The California Psychological Inventory: A guide to its interpretation and clinical usage. Consulting Psychologists Press.
- Schmitt, D. P., & Buss, D. M. (2000). Sexual dimensions of person description: Beyond or subsumed by the Big Five? Journal of Research in Personality, 34(2), 141–177. https://doi.org/10.1006/jrpe.1999.2275
- Simpson, J. A., & Gangestad, S. W. (1991). Individual differences in sociosexuality: Evidence for convergent and discriminant validity. Journal of Personality and Social Psychology, 60(6), 870–883. https://doi.org/10.1037/0022-3514.60.6.870
- Trivers, R. (1972). Parental investment and sexual selection. In B. Campbell (Ed.), Sexual selection and the descent of man 1871-1971 (pp. 136–179). Aldine.