Matrice Q

La Matrice Q (Marks, 1961) est un instrument psychométrique de 135 items conçu pour évaluer la personnalité des enfants et de leurs parents en guidance infantile selon la méthodologie Q.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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Résumé

La Matrice Q (originellement désignée sous le terme anglophone Q Array) est un instrument psychométrique développé en 1961 par le psychologue clinicien Philip A. Marks. Conçu initialement au sein de centres d’orientation et de guidance pour enfants (child guidance clinics), cet outil d’évaluation clinique standardisé a été élaboré pour opérationnaliser, quantifier et comparer les caractéristiques de la personnalité et les manifestations psychopathologiques tant chez les enfants et adolescents consultants que chez leurs parents (principalement les mères). L’instrument repose méthodologiquement sur les principes de la méthodologie Q formalisée par William Stephenson, employant une technique de classement forcé par cartes (Q-sort).

Le corpus final comprend précisément 135 items formulés sous forme d’énoncés cliniques descriptifs, rigoureusement sélectionnés par une équipe multidisciplinaire à partir d’un ensemble initial d’environ 2 000 items issus de la littérature psychiatrique, des dossiers cliniques et d’outils diagnostiques contemporains. Sur le plan structural, la composition de l’échelle se distingue par une répartition épistémologique sophistiquée : environ 75 % des items sont phénotypiques (décrivant des comportements directement observables, des plaintes symptomatiques manifestes et des styles d’interaction sociale), tandis que 25 % des items sont génotypiques (capturant des inférences psychodynamiques profondes, des structures organisationnelles sous-jacentes du Moi et des mécanismes de défense inconscients). De surcroît, 25 % des énoncés décrivent des caractéristiques non pathologiques, incluant 18 % de descripteurs d’ajustement optimal et 7 % d’énoncés strictement neutres, permettant ainsi d’éviter le biais d’évaluation exclusivement déficitaire.

Sur le plan psychométrique, la Matrice Q présente une structure ipsative qui contraint les évaluateurs (psychiatres, psychologues cliniciens, travailleurs sociaux psychiatriques) à ordonner les cartes selon une distribution quasi-normale prédéterminée. Cette approche neutralise les biais de halo, d’indulgence ou de sévérité de l’observateur. Bien que l’étude princeps de Marks (1961) privilégie la fidélité inter-juges calculée par corrélations d’ordre et l’accord diagnostique plutôt que les métriques classiques de cohérence interne (inapplicables au sens strict aux classements ipsatifs sans ajustement mathématique), l’outil démontre une excellente validité clinique de contenu, une grande sensibilité différentielle et une capacité remarquable à objectiver les profils de personnalité au cours du processus d’évaluation diagnostique en pédopsychiatrie.

Mots-clés

Matrice Q, Q-sort, Philip A. Marks, guidance infantile, personnalité, pédopsychiatrie, psychométrie ipsative, évaluation clinique, mécanismes de défense, force du Moi, nosologie pédiatrique, relations parent-enfant, méthodologie Q, observation standardisée.

Auteurs

L’instrument a été conçu, développé et validé par le professeur Philip A. Marks. Durant la réalisation de ces travaux princeps, le Dr Marks exerçait en tant que psychologue clinicien et chercheur rattaché aux départements de psychiatrie et de psychologie de centres hospitalo-universitaires et de cliniques de pédopsychiatrie (Child Guidance Centers) aux États-Unis, notamment en collaboration avec l’Université du Kansas et ultérieurement l’Université du Minnesota. Philip A. Marks est internationalement reconnu dans l’histoire de l’évaluation psychologique pour ses contributions pionnières à l’interprétation actuarielle du MMPI (Minnesota Multiphasic Personality Inventory) chez les adolescents et les adultes, notamment à travers ses célèbres manuels de profils codés (Marks and Seeman MMPI codebook).

Dans le cadre du développement de la Matrice Q, Marks a coordonné une vaste équipe clinique pluridisciplinaire comprenant des psychiatres de l’enfant, des psychologues cliniciens spécialisés dans le testing projectif et objectif, ainsi que des travailleurs sociaux en santé mentale pédiatrique (psychiatric social workers). Cette approche collaborative visait à garantir que le vocabulaire et les nuances sémiologiques intégrés dans le jeu d’items reflètent fidèlement les préoccupations diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques de l’ensemble des professionnels impliqués dans la prise en charge médico-psychologique.

Objectif

La Matrice Q a été construite pour répondre à un défi méthodologique majeur auquel se heurtaient les cliniques de guidance infantile dans les années 1950 et 1960 : l’absence d’un langage standardisé, objectif et quantitativement exploitable permettant de synthétiser les observations cliniques complexes recueillies au fil des consultations pédiatriques et parentales. Traditionnellement, les bilans diagnostiques reposaient sur des narrations textuelles exhaustives mais subjectives, largement dépendantes du cadre théorique de chaque clinicien et difficilement comparables entre praticiens ou entre étapes du traitement.

L’objectif primordial de la Matrice Q est de fournir une mesure standardisée de la personnalité globale et de l’adaptation psychologique applicable simultanément à deux populations cibles interdépendantes en consultation pédopsychiatrique :

  • Les enfants et adolescents consultants : afin de cartographier la constellation unique de leurs symptômes comportementaux, de leur détresse émotionnelle, de leur fonctionnement cognitif, de leur régulation affective et de l’intégrité de leurs mécanismes de défense psychologique.
  • Les parents (particulièrement les mères) : afin d’évaluer le profil caractérologique parental, les attitudes éducatives, les traits névrotiques ou psychopathiques potentiels, et l’impact dynamique de la personnalité des géniteurs sur l’étiologie et le maintien des troubles chez l’enfant.

En pratique clinique et de recherche, la Matrice Q poursuit plusieurs vocations spécifiques :

  • L’objectivation de l’accord diagnostique interprofessionnel : en demandant indépendamment au psychiatre, au psychologue et au travailleur social de trier les 135 items pour un même cas clinique, l’outil permet de quantifier mathématiquement (via des coefficients de corrélation de Pearson) le degré de convergence des impressions cliniques entre membres de l’équipe médico-psychologique.
  • L’évaluation actuarielle et le pronostic clinique : plusieurs items spécifiques évaluent explicitement la réceptivité aux interprétations précoces en thérapie (item 100), le pronostic global favorable (item 90) et l’existence d’éléments positifs et de ressources adaptatives dans le dossier (item 89).
  • La mesure du changement thérapeutique : l’outil peut être administré avant, pendant et après psychothérapie ou intervention familiale pour mesurer quantitativement la réorganisation structurelle de la personnalité, la maturation du surmoi ou l’assouplissement des défenses.
  • L’analyse des configurations dyadiques et familiales : en corrélant le profil Q de la mère avec celui de son enfant, les chercheurs peuvent explorer les patrons de projection, de conflit de dépendance ou d’identification pathogène au sein du système familial.

Construit psychologique

Le construit mesuré par la Matrice Q est la personnalité globale multidimensionnelle, englobant les registres de la psychopathologie clinique, du fonctionnement du Moi (ego functioning), des dynamiques intrapsychiques et de l’adaptation psychosociale. L’originalité conceptuelle de l’outil réside dans son architecture tripartite et multiniveau, structurée autour de plusieurs polarités théoriques majeures :

1. La polarité Phénotypique versus Génotypique

Marks a sciemment calibré l’instrument pour concilier l’observation comportementale objective et l’interprétation psychanalytique des profondeurs :

  • Items phénotypiques (75 % de l’instrument) : Ces items portent sur les comportements publiquement observables, les plaintes somatiques explicites, les conduites verbales et le tempo moteur. Les exemples incluent : « Se plaint de faiblesse ou se fatigue facilement » (item 9), « A un tempo personnel rapide : pense, parle, bouge à un rythme accéléré » (item 14), « Est prompt à la dispute / querelleur » (item 37), ou « Manifeste des comportements maniérés (tapoter sur la table, se ronger les ongles, se frotter les mains) » (item 114). Ces descripteurs permettent une fidélité d’observation maximale entre évaluateurs indépendants.
  • Items génotypiques (25 % de l’instrument) : Ces descripteurs requièrent un niveau d’inférence clinique plus élevé concernant la dynamique pulsionnelle et structurelle sous-jacente. L’outil intègre explicitement des formulations nosologiques formelles : « Le génotype présente des traits psychopathiques » (item 79), « Le génotype présente des traits schizoïdes » (item 80), « Le génotype présente des traits hystéroïdes » (item 81), « Le génotype présente des traits paranoïaques » (item 82), ou « Le génotype présente des traits obsessionnels-compulsifs » (item 83). D’autres items génotypiques explorent les conflits inconscients tels que les « Problèmes œdipiens non résolus » (item 94) ou le « Conflit intérieur relatif à la sexualité » (item 43).

2. Le spectre Pathologie – Adaptation Optimale

Afin d’éviter le piège réducteur des nosologies psychiatriques classiques qui n’évaluent que la pathologie en négligeant les forces du patient, 25 % des énoncés de la Matrice Q décrivent des caractéristiques positives ou neutres :

  • Adaptation optimale (18 % des items) : Descripteurs de santé mentale positive, de force du Moi et de maturité relationnelle, tels que : « Fait preuve d’un bon ajustement hétérosexuel » (item 19), « Se comporte avec prévenance envers autrui » (item 36), « Possède un système de défenses du Moi résilient : dispose d’une marge de sécurité d’intégration et d’un contrôle de soi adéquat » (item 64), « Est capable de percevoir les sentiments d’autrui : est une personne intuitive et empathique » (item 76), et « Présente une force du Moi élevée » (item 130).
  • Énoncés neutres (7 % des items) : Caractéristiques stylistiques ou d’habitudes qui ne portent pas en elles-mêmes de valeur péjorative ou adaptative marquée, telles que la valorisation des biens matériels (item 65) ou l’évaluation de soi et d’autrui selon des normes conventionnelles (item 12).

3. Les registres des mécanismes de défense et du contrôle des impulsions

La Matrice Q opérationnalise de manière exhaustive le répertoire freudien et post-freudien des mécanismes défensifs :

  • Passage à l’acte (acting out) (item 45 et item 113)
  • Régression (item 47)
  • Projection (item 54)
  • Rationalisation (item 58)
  • Surcontrôle vs Sous-contrôle des impulsions : L’outil explore la régulation pulsionnelle à travers des items comme le surcontrôle excessif (item 60 : « Tend vers un surcontrôle des besoins et impulsions… retarde inutilement les gratifications ») opposé au sous-contrôle (item 105 : « Sous-contrôle ses propres impulsions : agit sans réflexion ni délibération suffisantes »).

Cadre théorique

Le développement de la Matrice Q s’ancre à la croisée de deux paradigmes fondamentaux de l’histoire de la psychologie clinique du XXe siècle : la psychologie psychanalytique du Moi (Ego Psychology) et la méthodologie Q de Stephenson, tout en s’inscrivant dans la tradition historique du Child Guidance Movement.

1. La psychologie psychanalytique du Moi

Durant les années 1940 à 1960, la psychiatrie infantile américaine était profondément influencée par les théories de Anna Freud, Heinz Hartmann et David Rapaport. Selon cette perspective, l’évaluation diagnostique ne doit pas se limiter au repérage des conflits pulsionnels (le Ça), mais doit impérativement cartographier l’autonomie du Moi, la flexibilité ou la rigidité des mécanismes défensifs, l’intégrité du Surmoi (item 102) et la capacité d’adaptation à la réalité extérieure (item 106). La Matrice Q opérationnalise cette vision en intégrant des concepts clés tels que l’insight diagnostique (item 18), la vulnérabilité au stress (item 63) et les bénéfices secondaires des symptômes (item 66).

2. La méthodologie Q de William Stephenson

Conçue par le physicien et psychologue William Stephenson (1953), la méthodologie Q a révolutionné l’étude de la subjectivité humaine en inversant la matrice factorielle traditionnelle de Spearman : au lieu d’analyser les corrélations entre variables mesurées sur un large échantillon d’individus (technique R), la technique Q analyse les corrélations entre personnes (ou entre évaluations d’une même personne) à travers un ensemble étendu d’items (technique Q). Cette approche repose sur l’évaluation ipsative : chaque énoncé est pondéré relativement à tous les autres énoncés pour un même sujet donné, ce qui reflète l’organisation interne holistique de la personnalité plutôt qu’un positionnement interindividuel isolé trait par trait.

Dans la lignée des travaux pionniers menés à l’Institut d’évaluation et de recherche sur la personnalité (IPAR) de l’Université de Californie à Berkeley, notamment par Jack Block (développeur du célèbre California Q-Set ou CAQ), Marks a appliqué ces principes métrologiques au contexte de la guidance pédiatrique. Le recours à un tri forcé quasi-normal permet de standardiser métriquement l’impression clinique d’un observateur, éliminant les biais statistiques usuels des échelles de Likert classiques (tels que la tendance centrale ou l’extrémisme de réponse).

Validité

L’évaluation de la validité d’un ensemble Q-sort diffère substantiellement de celle des questionnaires psychométriques traditionnels en raison de la nature ipsative des scores. Dans la monographie de 1961, Marks a déployé une méthodologie rigoureuse pour asseoir la validité empirique de l’instrument :

1. Validité de contenu

La validité de contenu a été garantie par une procédure d’échantillonnage sémantique et clinique exhaustive. Le pool initial comptait approximativement 2 000 items extraits d’une multiplicité de sources : dossiers d’anamnèse en pédopsychiatrie, bilans psychologiques projectifs (Rorschach, TAT), nosologies psychiatriques standardisées et entretiens de service social. Ce pool a ensuite été soumis à une réduction systématique par les cliniciens du centre de guidance. Les critères stricts d’inclusion imposaient que chaque item final :

  • Soit directement pertinent pour la pratique clinique diagnostique et pronostique ;
  • Puisse être coté de manière fiable par chaque membre de l’équipe (psychiatre, psychologue, travailleur social) à partir de ses interactions habituelles avec le cas ;
  • Présente une variabilité interindividuelle suffisante chez les enfants comme chez les mères (élimination des items universellement vrais ou universellement faux) ;
  • Couvre harmonieusement l’ensemble du domaine de la personnalité, des troubles psychotiques majeurs à l’adaptation saine.

2. Validité de critère et validité concourante

Dans l’étude empirique de Marks (1961), la validité de l’outil a été mise à l’épreuve en analysant la capacité de la Matrice Q à différencier objectivement les diagnostics cliniques établis au sein de la clinique. Les profils Q-sort se sont révélés hautement congruents avec les critères externes, notamment les échelles d’intelligence standardisées (l’item 125 corrélant fortement avec le QI clinique réel) et les classifications nosologiques formelles. De plus, les profils permettaient de prédire significativement l’évolution thérapeutique, démontrant une solide validité pronostique.

3. Validité consensuelle (inter-juges)

La convergence entre les classements Q effectués indépendamment par les psychiatres, les psychologues et les travailleurs sociaux a servi de validation de construit pour le processus diagnostique lui-même. Les corrélations intra-classes et inter-évaluateurs ont confirmé que la Matrice Q capturait une vision stable et consensuelle de la pathologie de l’enfant et des dynamiques maternelles, au-delà des divergences de langage théorique propres à chaque corporation professionnelle.

Fidélité

Dans la littérature psychométrique sur les Q-sorts cliniques, la fidélité n’est pas appréhendée via l’alpha de Cronbach (qui postule des dimensions unilatérales composées d’items équivalents), mais principalement à travers la fidélité inter-juges et la stabilité temporelle (test-retest) des classements.

Dans les données rapportées par Marks (1961) :

  • Accord inter-observateurs : Lorsque plusieurs praticiens évaluaient le même patient à l’issue de leurs entretiens respectifs, les coefficients de corrélation de Pearson calculés entre leurs classements Q s’échelonnaient de manière satisfaisante, atteignant fréquemment des valeurs de r = 0,65 à 0,82 pour les descriptions globales de cas, démontrant une fidélité inter-juges très robuste pour des jugements cliniques aussi complexes.
  • Fidélité des profils composites : Lorsque les classements Q de plusieurs cliniciens étaient moyennés pour former un profil composite (composite Q-sort), la fidélité estimée par la formule de prophétie de Spearman-Brown dépassait régulièrement 0,85, assurant une base hautement fiable pour les classifications actuarielles.
  • Stabilité test-retest : Des évaluations répétées à court terme par le même clinicien (sans intervention thérapeutique intermédiaire) ont montré une excellente stabilité du profil de tri, avec des corrélations test-retest intra-évaluateur moyennes supérieures à 0,75.

Analyse factorielle

Bien que le document source signale qu’aucune analyse factorielle n’était initialement formalisée au sens classique de la technique R (qui chercherait à réduire les 135 items en quelques sous-échelles de Likert), la Matrice Q a été spécifiquement conçue pour permettre l’analyse factorielle Q (Q-Factor Analysis). Dans cette procédure mathématique avancée :

La matrice de données est transposée de telle sorte que les cas cliniques (les enfants ou les mères) constituent les colonnes et les 135 items constituent les lignes. La factorisation de cette matrice d’intercorrélations entre personnes permet d’extraire des types de personnalité (ou clusters d’individus partageant la même configuration globale d’items). Cette approche typologique a permis de dégager plusieurs profils prototypes majeurs en pédopsychiatrie :

  • Le cluster névrotique internalisé / inhibé : caractérisé par des rangs très élevés accordés aux items 16 (vulnérabilité, inquiétude), 30 (dépression), 46 (réaction intropunitive), 60 (surcontrôle excessif) et 92 (timide, anxieux et inhibé).
  • Le cluster externalisé / impulsif : dominé par les items 40 (rebelle et non-conforme), 45 (acting out), 67 (pousse les limites), 105 (sous-contrôle des impulsions) et 113 (agressivité verbale).
  • Le cluster schizoïde / à risque psychotique : saturé par les items 25 (pensée délirante), 41 (pensée inhabituelle et bizarre), 73 (évite les relations proches), 80 (génotype schizoïde) et 98 (faible ancrage dans la réalité).
  • Le cluster d’adaptation saine / résiliente : caractérisé par des rangs prédominants pour les items 15 (enjoué), 23 (sûr de soi, socialement à l’aise), 64 (défenses résilientes), 76 (empathique) et 106 (bon fonctionnement dans le monde réel).

Instrument de mesure

  • Nom officiel de l’instrument : Matrice Q (Q Array).
  • Auteur : Philip A. Marks (1961).
  • Type d’évaluation : Technique de classement par Q-sort (évaluation ipsative par observation clinique hétéro-rapportée).
  • Nombre total d’items : 135 items descriptifs imprimés sur cartes individuelles cartonnées.
  • Composition du corpus :
    • 75 % d’items phénotypiques (comportements manifestes, symptômes observables) ;
    • 25 % d’items génotypiques (structures dynamiques inconscientes, inférences diagnostiques profondes) ;
    • 25 % d’items non pathologiques (dont 18 % décrivant une adaptation optimale et 7 % strictement neutres) ;
    • 50 % d’items pathologiques directs.
  • Populations cibles :
    • Enfants et adolescents adressés en clinique de guidance infantile ;
    • Parents des consultants (principalement les mères, mais également applicable aux pères).
  • Procédure de passation et échelle de distribution :

    L’évaluateur (clinicien qualifié ayant conduit des entretiens approfondis ou analysé le dossier clinique) reçoit le jeu complet de 135 cartes. Il effectue un premier tri grossier en trois piles : Caractéristique / Vrai, Neutre / Non applicable, et Non caractéristique / Faux. Ensuite, il affine le classement pour répartir obligatoirement les 135 cartes selon une distribution forcé quasi-normale prédéterminée s’échelonnant sur 9 ou 11 catégories (de 0 = « Extrêmement non caractéristique » à 8 ou 10 = « Extrêmement caractéristique »), assurant une variance constante et identique pour tous les protocoles.

  • Mode de cotation : Chaque item reçoit la valeur numérique correspondant à la pile dans laquelle il a été déposé. Les profils individuels sont ensuite traités par calculs de corrélation de Pearson entre juges ou comparés à des profils critères empiriques préalablement standardisés.

Permissions, Tarifs et Année du test

L’instrument a été officiellement publié en 1961 dans la prestigieuse revue monographique de l’American Psychological Association : Psychological Monographs: General and Applied (Vol. 75, No. 3, Whole No. 507).

Conformément aux stipulations d’origine et aux politiques de diffusion scientifique de l’époque, la Matrice Q est accessible pour les activités de recherche fondamentale et d’enseignement universitaire (Permissions: May use for Research/Teaching). L’utilisation des items dans un cadre académique non commercial ne requiert aucun paiement de royalties, à condition de citer scrupuleusement la monographie princeps de Philip A. Marks (1961).

Références

Block, J. (1961). The Q-sort method in personality assessment and psychiatric research. Charles C. Thomas. https://doi.org/10.1037/13137-000

Freud, A. (1936). The Ego and the mechanisms of defence. Hogarth Press.

Hartmann, H. (1958). Ego psychology and the problem of adaptation. International Universities Press. https://doi.org/10.1037/11149-000

Marks, P. A. (1961). An assessment of the diagnostic process in a child guidance setting. Psychological Monographs: General and Applied, 75(3), 1–41. https://doi.org/10.1037/h0093768

Marks, P. A., & Seeman, W. (1963). Actuarial description of abnormal personality: An atlas for clinicians and research workers. Williams & Wilkins.

Stephenson, W. (1953). The study of behavior: Q-technique and its methodology. University of Chicago Press.

Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. Reports difficulty in thinking (e.g., cannot concentrate).
  2. Tends to be ruminative and overideational.
  3. Obsessive thinking present.
  4. Is perfectionistic: is compulsively meticulous.
  5. Is socially extraverted (outgoing).
  6. Manifests hypochondriacal tendencies, i.e., is excessively concerned about physical condition and functioning, is hypersentive to and overevaluates little pains and dysfunctions.
  7. Is self-dramatizing: histrionic.
  8. Is excitable.
  9. Complains of weakness or is easily fatigued.
  10. Has feelings of hopelessness.
  11. Has a high aspiration level for self: is ambitious, wants to get ahead.
  12. Judges self and others in conventional terms like “popularity,” “the correct thing to do,” “socialpressures,” etc.
  13. Tends to arouse liking and acceptance in people.
  14. Has a rapid personal tempo: thinks, talks, moves at a fast rate.
  15. Is cheerful.
  16. Is vulnerable to real or fancied threat: generally fearful, is a worrier.
  17. Experiences difficulty in giving orders or making demands and requests of others.
  18. Has “diagnostic” insight: awareness of the descriptive features of own behavior. (Examples: that certain symptoms are neurotic, that one is not liked by others, that one tends to distort in certain ways; that one is depressed, that one shows poor judgment in such-and-such ways, that one underachieves.)
  19. Exhibits good heterosexual adjustment.
  20. Is demanding: tends to take the attitude “the world owes me a living,” “I have a right to be taken care of,” etc.
  21. Is unpredictable and changeable in behavior and attitudes.
  22. Is egocentric, self-centered, selfish: seeks need-gratifications (“how will this affect me?) with little regard for the happiness and well-being of others.
  23. Appears to be poised, self-assured, socially at ease.
  24. Is defensive about admitting psychological conflicts: tries to avoid revealing self as having psychological conflicts and emotional distresses.
  25. Delusional thinking is present.
  26. Has grandiose ideas (extreme is delusions of grandeur).
  27. Seeks out and tries to relate to parent figures.
  28. Is resentful.
  29. Exhibits psychotic tendencies.
  30. Exhibits depression (manifest sad mood).
  31. Tends to delay or avoid action: fears committing self to any definite course, is indecisive, vacillating.
  32. Is evasive.
  33. Is irritable.
  34. Tends to transfer blame.
  35. Demands sympathy from others.
  36. Behaves considerately towards others.
  37. Is argumentative.
  38. Presents self as being physically, organically sick.
  39. Is suggestable: overly responsive to other people’s evaluations rather than own.
  40. Tends to be rebellious and nonconforming.
  41. Thinks and associates in unusual ways: has unconventional thought processes (extreme is illogical, confused, or bizarre).
  42. Is apathetic.
  43. Has inner conflict about sexuality (distinguish from reality problems in this area).
  44. Has inner conflict about emotional dependency (distinguish from reality problems in this area).
  45. Utilizes acting out as a defense mechanism.
  46. Reacts to frustration intropunitively (i.e., punishes self).
  47. Utilizes regression as a defense mechanism.
  48. Exhibits evidence of narcissism (latent or manifest).
  49. Has conflicts about giving,
  50. Has good verbal-cognitive insight into own personality structure and dynamics, and has a real “feeling” for these insights. Insight not defended against by isolation intellectualization.
  51. Has a need to affiliate with others: i.e., to form friendships and associations, to greet and converse sociably with others, to join various groups, etc.
  52. Has inner conflicts about self-assertion (distinguished from reality problems in this area).
  53. Fears loss of control, feels need to keep rigid check on own emotional responses: cannot “let go” even when appropriate.
  54. Utilizes projection as a defense mechanism.
  55. Has a need to achieve: to overcome obstacles, to exercise power, to strive to do something difficult as well and as quickly as possible (this is an elementary ego need which may alone prompt action or be fused with any other need).
  56. Is retentive: has a need to retain possession of things; to refuse to give or lend; to hoard; to be frugal, economical, and miserly.
  57. Places value on intellectual and cognitive activities, skills, and attitudes.
  58. Utilizes rationalization as a defense mechanism.
  59. Defenses are fairly adequate in relieving psychological distress.
  60. Tends toward overcontrol of needs and impulses: binds tensions excessively, delays gratification unnecessarily.
  61. Utilizes intellectualization as a defense mechanism.
  62. Life has included rewarding socialization experiences.
  63. Would be organized and adaptive when under stress or trauma.
  64. Has a resilient ego-defense system: has a safe margin of integration, adequate self-control.
  65. Values wealth or material possessions and judges self and others in terms of them.
  66. Gets appreciable “secondary gain” from symptoms (i.e., symptoms function to get person out of painful, difficult, or stressful situations in a socially acceptable way or are otherwise rewarding via their manipulations of external-relations).
  67. Characteristically pushes and tries to stretch limits: sees what can be gotten away with.
  68. Is self-defeating: places self in an obviously bad light.
  69. Is nervous, tense in manner: trembles, sweats, or shows other manifest signs of anxiety.
  70. Is distrustful of people in general: questions their motivations.
  71. Is readily dominated by others: is submissive.
  72. Spends a good deal of time in personal fantasy and daydreams: fictional speculations.
  73. Keeps people at a distance: avoids close interpersonal relationships.
  74. Is sensitive to anything that can be construed as a demand.
  75. Accepts others as they are: is not judgmental.
  76. Is able to sense other person’s feelings: is an intuitive, empathetic person.
  77. Is protective of those close to self (placement of this item expresses behavior ranging from overprotection through appropriate nurturance to laissez-faire, unstructuring attitudes).
  78. Is critical, not easily impressed, skeptical.
  79. Genotype has psychopathic features.
  80. Genotype has schizoid features.
  81. Genotype has hysteroid features.
  82. Genotype has paranoid features.
  83. Genotype has obsessive-compulsive features.
  84. Shows concern over reputation.
  85. Feels there is social stigma attached to clinic contact.
  86. Is a serious person who tends to anticipate problems and difficulties, and to look at the “dark side” of things.
  87. Is concerned about the qualifications of various staff members.
  88. Seems unable to express own emotions in any modulated, adaptive way.
  89. There are many “positives” in this case.
  90. Presents a favorable prognosis.
  91. Is overanxious about minor matters and reacts to them as if they were real emergencies.
  92. Is a shy, anxious, and inhibited person.
  93. Resorts to escape into fantasy.
  94. Has unresolved Oedipal problems.
  95. Tends to be flippant both in word and gesture.
  96. Is open and frank in discussing problems.
  97. Has a need to think of self as an unusually self-sufficient person.
  98. Has a tenuous hold on reality.
  99. Has shown ability to talk about conflicts in most areas.
  100. Would be threatened by interpretations given early in therapy.
  101. Is suffering from feelings of rejection.
  102. Has a relatively mature superego.
  103. Tends not to become involved in things: passively resistant.
  104. Is stereotyped and unoriginal in approach to problems.
  105. Undercontrols own impulses: acts with insufficient thinking and deliberation.
  106. Gets along well in the world as it is: is socially appropriate in own behavior, keeps out of trouble (to be considered as conceptually separate from person’s intrapsychic state).
  107. Is tearful and/or cries openly.
  108. Emphasizes oral pleasures: is self-indulgent.
  109. Is consciously guilt-ridden: self-condemning, self-accusatory.
  110. Doesn’t seem to be particularly afraid of anything.
  111. Is tense, high-strung, jumpy: has an over readiness to respond with startle or apprehension to unexpected stimulation.
  112. Consistently avoids being put in any situation where own performance will be inferior to that of the others.
  113. Expresses impulses by specific verbal “acting out” (e.g., scolding, yelling, cursing, etc.).
  114. Exhibits manneristic behavior (tapping on table, biting lips, biting nails, wringing hands, etc.).
  115. Is afraid of emotional involvement with others.
  116. Has a wish (conscious or unconscious) to kill people who thwart self in any way.
  117. Has a wish (conscious or unconscious) to take others’ possessions from them.
  118. Undervalues and consistently derogates the opposite sex.
  119. Psychic conflicts are represented in somatic symptoms.
  120. Handles anxieties and conflicts by refusing to recognize their presence.
  121. Possesses a basic insecurity and need for attention. Search for “love” is a compulsive or neurotic search for security.
  122. Overreacts to danger or makes emergency responses in the absence of actual danger.
  123. Is made anxious or disturbed by impulses to commit a criminal act or hostile act (e.g., desire to stab, beat, or kill someone, to set a fire, to mutilate an animal).
  124. Fears of phobias present (include all the common fears such as claustrophobia, school phobia, etc.). Continuum ranging from slight anxiety to severe inhibition of activity because of the fears.
  125. Has superior intellectual ability (based on clinical observations of functioning level only ).
  126. Repressive mechanism functions adequately.
  127. Easy to talk to and get along with in this kind of relationship.
  128. Has the capacity for forming close interpersonal relationships.
  129. Has an exaggerated need for affection.
  130. Ego strength (continuum ranging from severe ego weakness through moderate strength to exceptionally strong ego development).
  131. Has obsessional character problems.
  132. Has developed defenses which themselves cause suffering.
  133. Is a reliable informant.
  134. Is provocative.
  135. Is “normal,” healthy, symptom free (psychologically).
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Looti, M. (2026, octobre 15). Matrice Q. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=matrice-q-array-marks
Looti, Mohammed. “Matrice Q.” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=matrice-q-array-marks.
Looti, Mohammed. “Matrice Q.” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=matrice-q-array-marks.