Test d’appariement de figures familières (MFF, MFFT)

Le Test d’appariement de figures familières (Matching Familiar Figures Test, MFFT) de Jerome Kagan évalue le style cognitif de réflexion-impulsivité chez l’enfant à travers 12 planches visuelles standardisées.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Test d’appariement de figures familières (Matching Familiar Figures Test, MFFT), conçu initialement par Jerome Kagan et ses collaborateurs en 1964 à l’Université Harvard et au Fels Research Institute, constitue l’un des instruments d’évaluation cognitive et développementale les plus influents dans l’étude des styles cognitifs. Le test évalue spécifiquement la dimension bipolaire de réflexion-impulsivité (R-I), qui décrit la propension différentielle d’un individu à marquer une pause pour évaluer la précision de plusieurs hypothèses en situation d’incertitude par rapport à la tendance à émettre une réponse rapide au détriment de l’exactitude. Le protocole standardisé administré aux enfants d’âge scolaire comprend 2 items d’entraînement suivis de 12 planches expérimentales. Chaque item présente une figure étalon (représentant un objet ou un animal familier) accompagnée de six variantes hautement similaires, parmi lesquelles une seule est rigoureusement identique au modèle, tandis que les cinq autres présentent une variation morphologique ou structurelle subtile et unique.

La passation individuelle au format papier-crayon permet de recueillir deux indices opérationnels primaires : la latence moyenne de la première réponse (mesurée en secondes au chronomètre) et le nombre cumulé d’erreurs commises avant l’identification correcte du modèle. La classification typologique traditionnelle subdivise les sujets en quatre quadrants à l’aide d’une division par la médiane : les individus réfléchis (latences longues, peu d’erreurs), les individus impulsifs (latences brèves, nombreuses erreurs), les individus rapides-exacts (latences brèves, peu d’erreurs) et les individus lents-inexacts (latences longues, nombreuses erreurs). Sur le plan psychométrique, le MFFT démontre une remarquable cohérence interne, avec un coefficient de fidélité par bipartition (split-half) atteignant 0,94 sur un échantillon princeps de 300 protocoles pédiatriques, ainsi qu’une stabilité temporelle modérée sur 12 mois qui augmente avec la maturation neurologique. Instrument pivot des neurosciences cognitives du développement, il éclaire la prise de décision, les troubles de l’attention avec hyperactivité et les mécanismes d’inhibition comportementale.

2. Mots-clés / Keywords

Matching Familiar Figures Test, style cognitif, réflexion-impulsivité, développement cognitif, psychométrie infantile, vitesse de traitement, contrôle inhibiteur, discrimination visuelle, prise de décision, psychologie différentielle, Jerome Kagan, fidélité test-retest, appariement perceptif.

3. Auteurs / Authors

Le Test d’appariement de figures familières a été développé conjointement par une équipe pionnière de chercheurs en psychologie du développement au sein du Fels Research Institute (Yellow Springs, Ohio) et du Département des relations sociales de l’Université Harvard :

  • Jerome Kagan, Ph.D. (1929–2021) : Professeur émérite de psychologie à l’Université Harvard, figure majeure de la psychologie du développement contemporain, reconnu pour ses travaux novateurs sur le tempérament infantile, l’inhibition comportementale et la variabilité développementale.
  • Bernice L. Rosman, Ph.D. : Chercheuse associée au Fels Research Institute, ayant ultérieurement apporté des contributions substantielles en thérapie familiale et psychopathologie développementale infantile à la Philadelphia Child Guidance Clinic.
  • Deborah Day, M.A. : Psychologue chercheuse, collaboratrice au Fels Research Institute, spécialisée dans les méthodologies d’observation standardisées des comportements de résolution de problèmes chez l’enfant.
  • Joseph Albert, B.A. : Psychométricien et analyste de données au Département des relations sociales de l’Université Harvard.
  • William Phillips, B.A. : Spécialiste de la conception graphique expérimentale et de la standardisation des stimuli perceptifs au Fels Research Institute.

Correspondance historique : Department of Psychology, Harvard University, William James Hall, Cambridge, Massachusetts 02138, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

La finalité première du Matching Familiar Figures Test est d’opérationnaliser et de quantifier objectivement le style cognitif de réflexion-impulsivité chez l’enfant d’âge préscolaire et scolaire (généralement entre 5 et 12 ans, avec des adaptations ultérieures pour adolescents et adultes). Contrairement aux épreuves psychométriques conventionnelles d’efficience intellectuelle globale, comme les échelles de Wechsler ou les matrices progressives de Raven qui évaluent le niveau maximal d’aptitude (facteur g), le MFFT a été conçu pour sonder la stratégie préférentielle de traitement de l’information adoptée par un individu lorsqu’il est confronté à un problème comportant une forte incertitude et plusieurs solutions plausibles concurrentes.

Dans le paradigme de Kagan, l’incertitude inhérente à la tâche crée un conflit de décision. La tâche requiert une exploration visuelle systématique, la comparaison minutieuse de détails discriminants et la suspension délibérée du jugement jusqu’à ce que l’adéquation de la réponse choisie atteigne un seuil élevé de certitude subjective. Le MFFT permet de comprendre comment l’enfant résout un problème plutôt que simplement s’il possède les connaissances requises pour le résoudre. La mesure simultanée du temps de latence avant l’émission de la première hypothèse et du volume total d’erreurs commises permet de dissocier la composante temporelle (vitesse décisionnelle) de la composante d’exactitude (efficacité de la vérification).

Dans les contextes cliniques et éducatifs, le MFFT remplit plusieurs missions diagnostiques fondamentales :

  • Identification du déficit d’inhibition cognitive : L’épreuve met en relief les difficultés d’autorégulation attentionnelle caractéristiques du Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Les enfants TDAH manifestent typiquement un pattern impulsif caractérisé par une incapacité à différer la réponse motrice ou verbale.
  • Évaluation des difficultés d’apprentissage : Les enfants manifestant un style impulsif éprouvent fréquemment des entraves sévères dans l’acquisition de la lecture, de l’orthographe et du calcul arithmétique. Ils ont tendance à deviner les mots à partir d’indices visuels incomplets ou à commettre des erreurs de calcul par inadvertance.
  • Suivi des interventions thérapeutiques et métacognitives : Le test sert d’indicateur sensible pour mesurer l’efficacité des programmes d’entraînement à l’autoverbalisation (notamment les techniques d’auto-instruction de Meichenbaum) et des pharmacothérapies psychostimulantes.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par le MFFT est la réflexion-impulsivité, définie par Kagan (1964, 1966) comme une disposition cognitive stable qui régit la vitesse et la prudence avec lesquelles un individu formule et vérifie des hypothèses face à un problème visuo-perceptif ou conceptuel caractérisé par une ambiguïté initiale élevée. Ce construit s’articule autour de deux polarités dimensionnelles indépendantes qui se combinent pour définir des profils de traitement de l’information distincts :

La polarité Réfléchie (Reflective)

L’individu réfléchi se caractérise par des temps de latence prolongés avant la première réponse et un taux d’erreurs particulièrement faible. Face aux six variantes proposées, cet individu inhibe sa réponse motrice immédiate et met en œuvre une stratégie de balayage visuel méthodique et exhaustif. Il compare systématiquement les caractéristiques critiques de la figure étalon avec chaque alternative, procédant par élimination successive des distracteurs. Sur le plan métacognitif, l’enfant réfléchi manifeste une haute tolérance à l’ambiguïté, une anxiété adaptative liée à la possibilité de commettre une erreur, et un niveau d’exigence élevé quant au seuil de certitude requis avant de formaliser son choix.

La polarité Impulsive (Impulsive)

À l’opposé, l’individu impulsif présente une latence d’initiation très brève couplée à un nombre élevé d’erreurs. Il sélectionne la première variante qui attire son attention ou qui offre une ressemblance globale superficielle (holistique) avec l’étalon, sans soumettre cette hypothèse à une vérification analytique rigoureuse. L’impulsivité cognitive ne traduit pas nécessairement un déficit d’acuité visuelle ou un quotient intellectuel inférieur, mais plutôt une difficulté à mobiliser les processus de contrôle inhibiteur et une sous-évaluation du risque d’erreur.

Les profils dissociés : Rapides-Exacts et Lents-Inexacts

Bien que la théorie initiale ait postulé une relation inverse étroite entre la latence et les erreurs (les temps longs favorisant l’exactitude), les recherches ultérieures (Block, Block & Harrington, 1974 ; Salkind & Wright, 1977) ont souligné la nécessité de considérer les deux dimensions orthogonales qui composent le test :

  • Les Rapides-Exacts (Fast-Accurate) : Sujets qui répondent très rapidement tout en commettant très peu d’erreurs. Ce profil témoigne d’une vitesse de traitement perceptif supérieure et d’une remarquable efficience des capacités d’analyse visuo-spatiale globale et analytique simultanée.
  • Les Lents-Inexacts (Slow-Inaccurate) : Sujets présentant des latences très longues mais accumulant néanmoins de nombreuses erreurs. Ce profil reflète fréquemment une surcharge cognitive, une mémoire de travail défaillante, une anxiété de performance paralysante ou des déficits instrumentaux spécifiques dans la discrimination des formes.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique du MFFT s’enracine au confluent de la psychologie cognitive du traitement de l’information et des théories différentielles du développement psychomoteur et de la personnalité. Au début des années 1960, Jerome Kagan et ses collègues cherchaient à dépasser les conceptions univariées de l’intelligence issues du béhaviorisme dominant et de la psychométrie binetienne, en explorant la variabilité stylistique individuelle dans les structures cognitives médiatrices.

Kagan s’est appuyé sur les travaux séminaux d’Else Frenkel-Brunswik relatifs à l’intolérance à l’ambiguïté, ainsi que sur les recherches de Herman Witkin concernant la dépendance-indépendance à l’égard du champ visuel (Field Dependence-Independence). Kagan a émis l’hypothèse que les enfants diffèrent fondamentalement dans leur propension à adopter une attitude analytique versus globale face au monde perceptif. Dans cette perspective, la réflexion-impulsivité n’est pas conçue comme une capacité brute, mais comme un régulateur métacognitif : une préférence stratégique qui orchestre l’allocation des ressources attentionnelles.

Le modèle postule une séquence de traitement de l’information en quatre stades opératoires successifs lors de la résolution d’une planche du MFFT :

  1. L’encodage perceptif global : Appréhension visuelle initiale de l’étalon et formation d’une représentation mentale prototypique.
  2. L’analyse des attributs distinctifs : Décomposition de la figure en micro-éléments critiques (ex. : nombre de boutons sur une veste, courbure d’une ligne, orientation d’un détail).
  3. La confrontation séquentielle et la vérification des hypothèses : Comparaison active des variantes disponibles avec la représentation mémorisée de l’étalon. C’est à ce stade critique que s’opère la bifurcation stylistique : l’enfant impulsif interrompt le processus de recherche prématurément, tandis que l’enfant réfléchi poursuit l’évaluation jusqu’à élimination de toute ambiguïté.
  4. L’émission motrice de la réponse : Sélection finale désignée par pointage verbal ou gestuel.

Sur le plan ontogénétique, le cadre théorique soutient que le développement cognitif normal s’accompagne d’une transition progressive de l’impulsivité vers la réflexivité. À mesure que les structures du cortex préfrontal parviennent à maturation et que la socialisation scolaire renforce les exigences de précision, les enfants apprennent à moduler leur réactivité motrice, augmentant spontanément leurs temps de latence et réduisant proportionnellement leur taux d’erreur.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du MFFT a fait l’objet d’investigations approfondies au cours des cinq dernières décennies, générant une littérature volumineuse quant à sa validité de construit, de critère et de convergence :

Validité de construit

La validité de construit repose sur la démonstration empirique que la latence et les erreurs mesurent bien le processus d’évaluation d’hypothèses sous incertitude. Les études utilisant des dispositifs d’enregistrement des mouvements oculaires (eye-tracking), notamment celles menées par Drake (1970) et Wright et al. (1976), ont mis en évidence des patterns de fixations visuelles radicalement divergents selon les profils stylistiques : les sujets identifiés comme réfléchis exécutent significativement plus de saccades de comparaison entre l’étalon et les variantes, et réexaminent plus fréquemment les détails discriminants que les sujets impulsifs, validant l’hypothèse d’une recherche visuelle exhaustive.

Validité convergente

Le MFFT présente des corrélations statistiquement significatives avec une multiplicité de mesures évaluant l’inhibition motrice et cognitive. Des corrélations modérées à fortes (allant de r = 0,35 à r = 0,55, p < 0,001) ont été systématiquement rapportées avec :

  • Les tâches de type Stroop (interférence couleur-mot), où les enfants impulsifs peinent à réprimer la lecture automatisée.
  • Les tâches de Go/No-Go et les tests de performance continue (CPT), où le taux de fausses alarmes (commissions) corrèle fortement avec le nombre total d’erreurs au MFFT.
  • Le test des figures enchevêtrées de Witkin (EFT), confirmant le lien entre style réfléchi et indépendance à l’égard du champ visuel.

Validité discriminante

Un enjeu théorique majeur a consisté à démontrer que la réflexion-impulsivité ne se réduit pas à une simple variation du quotient intellectuel (QI). Les méta-analyses et études longitudinales (ex. : Messer, 1976) indiquent que si les erreurs au MFFT partagent une variance modeste avec les épreuves de QI de performance (corrélations oscillant entre r = -0,20 et r = -0,35), les temps de latence sont quasi totalement indépendants de l’intelligence générale (corrélations proches de zéro, généralement entre r = 0,05 et r = 0,15). Cette indépendance démontre que le MFFT capture une composante stylistique et régulatrice autonome, non réductible à l’efficience psychométrique brute.

Validité prédictive

Le style cognitif mesuré par le MFFT s’avère un puissant prédicteur des performances académiques précoces. Les enfants catégorisés comme réfléchis au début de l’école primaire obtiennent ultérieurement de meilleurs scores aux épreuves standardisées de compréhension de texte, de raisonnement mathématique et de résolution de problèmes complexes. À l’inverse, l’impulsivité mesurée au MFFT à l’âge de 6 ans prédit de manière fiable la survenue de conduites d’inattention en classe et de difficultés d’apprentissage de la lecture à 8 ans.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique du Matching Familiar Figures Test a été scrutée à travers la consistance interne de ses échelles et sa stabilité temporelle lors de passations répétées :

Consistance interne (Split-Half et Alpha)

Dans la publication originale de Kagan et al. (1964), le coefficient de fidélité par bipartition (split-half, corrigé selon la formule de Spearman-Brown) calculé sur un échantillon représentatif de 300 élèves de l’école élémentaire (classes de CP à CM1 / Grades 1 to 4) a atteint une valeur exceptionnelle de r = 0,94 pour le score total d’erreurs. Les études ultérieures indépendantes (Paulsen & Johnson, 1980 ; Salkind, 1978) ont rapporté pour l’indice de latence moyenne des coefficients d’alpha de Cronbach compris entre 0,86 et 0,91, et pour le total des erreurs des alphas variant entre 0,78 et 0,88, confirmant une homogénéité satisfaisante du matériel iconographique sur les 12 items expérimentaux du test.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest du MFFT varie de manière caractéristique en fonction de l’intervalle temporel et de l’âge développemental des cohortes évaluées :

  • À court terme (intervalle de 2 à 4 semaines), les coefficients de corrélation test-retest se situent entre r = 0,70 et r = 0,85 pour la latence, et entre r = 0,65 et r = 0,78 pour le cumul d’erreurs.
  • Sur un intervalle longitudinal de 12 mois, Kagan et al. (1964) ont mis en évidence une stabilité temporelle modérée mais statistiquement robuste (coefficients de corrélation oscillant entre r = 0,48 et r = 0,62). La stabilité longitudinale s’accroît significativement à mesure que les enfants avancent en âge, traduisant une consolidation structurale progressive du style cognitif avec le déclin de la variabilité développementale intra-individuelle.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Dans l’article princeps de Kagan et al. (1964), aucune modélisation par analyse factorielle exploratoire formelle n’avait été calculée, les auteurs s’appuyant principalement sur l’analyse corrélationnelle directe entre le temps de latence et le nombre d’erreurs (qui présentaient typiquement une corrélation négative modérée, r = -0,40 à -0,60). Cependant, les décennies suivantes ont vu l’application d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) pour clarifier la dimensionnalité intrinsèque de l’instrument.

Les modélisations factorielles conduites notamment par Salkind et Wright (1977), ainsi que par Bentler et McClain (1976), ont apporté des clarifications décisives sur la structure sous-jacente du MFFT :

Modèle bifactoriel orthogonal

L’analyse factorielle en composantes principales avec rotation varimax appliquée aux latences et erreurs item par item démontre systématiquement l’émergence de deux facteurs orthogonaux majeurs, expliquant conjointement plus de 65 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : L’Incertitude Temporelle / Vitesse d’Analyse (Latence) : Ce facteur regroupe les saturations élevées des temps de première réponse pour l’ensemble des 12 planches (saturations factorielles typiquement comprises entre 0,65 et 0,85). Il reflète la capacité de l’individu à temporiser l’action et à allouer un temps suffisant à l’inspection du matériel.
  • Facteur 2 : La Précision Perceptive / Efficacité de Discrimination (Erreurs) : Ce facteur agrège les saturations relatives aux taux d’erreurs commises à travers les items (saturations oscillant entre 0,55 et 0,80). Il représente l’efficacité intrinsèque du décodage visuel et de la mémoire de travail visuo-spatiale.

Modèle structural d’aptitude versus style

Les analyses factorielles confirmatoires de second ordre ont validé la proposition théorique selon laquelle le MFFT capture deux macro-construits :

  1. Une dimension purement stylistique régissant le tempo cognitif (Impulsivité vs Réflexion).
  2. Une dimension d’aptitude cognitive générale (Compétence vs Incompétence de discrimination).

Ces données factorielles confirment l’insuffisance méthodologique d’un score unique composite et justifient la recommandation psychométrique moderne consistant à traiter impérativement la latence et les erreurs comme deux scores dimensionnels continus séparés.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Matching Familiar Figures Test est une épreuve d’évaluation psychologique et développementale de passation individuelle sur support matériel (cahier de planches imprimées ou reliées par spirale). Ses caractéristiques structurelles et procédurales sont synthétisées ci-dessous :

  • Type d’épreuve : Test de performance maximale et d’évaluation du style cognitif par appariement à l’échantillon (matching-to-sample task).
  • Population cible : Enfants scolarisés âgés de 6 à 12 ans (du cours préparatoire au CM2 / Grades 1 to 4). Des formes parallèles ont été élaborées ultérieurement pour les jeunes enfants (MFFT-Preschool, 4-6 ans, comportant 4 choix par planche) et pour les adolescents/adultes (MFFT-20, comportant 20 planches et jusqu’à 8 choix).
  • Composition du test :
    • Items d’entraînement : 2 planches préliminaires permettant la familiarisation avec la consigne et la vérification de la compréhension de la tâche.
    • Items expérimentaux : 12 planches standardisées administrées dans un ordre fixe non aléatoire.
  • Configuration matérielle des stimuli :
    • La page supérieure (ou planche supérieure) présente la figure standard (l’étalon), représentant un objet usuel, un meuble, un vêtement ou un animal familier dessiné au trait noir sur fond blanc.
    • La page inférieure présente six variantes disposées en deux rangées de trois. Une seule de ces figures est parfaitement superposable à l’étalon.
    • Chacune des cinq variantes incorrectes diffère de l’étalon par une seule caractéristique morphologique discrète (ex. : ligne manquante, orientation inversée d’un trait, modification de courbure, taille proportionnelle altérée), caractéristique qui est propre et exclusive à ce choix erroné.
  • Consigne standardisée donnée au participant :

    « Regarde bien cette image en haut. Regarde maintenant ces six images en bas. Elles se ressemblent presque toutes, mais il n’y en a qu’une seule qui est exactement pareille à celle du haut. Trouve celle qui est exactement identique et montre-la-moi avec ton doigt. »

  • Procédure de réponse et de correction :
    • L’enfant formule sa sélection en désignant la variante choisie.
    • Si le choix est exact au premier essai, l’examinateur félicite brièvement l’enfant, note la réussite et passe immédiatement à la planche suivante.
    • Si l’enfant désigne une figure incorrecte, l’examinateur indique immédiatement : « Non, celle-ci n’est pas tout à fait pareille, regarde bien encore et trouve la bonne. » L’enfant poursuit sa recherche jusqu’à l’identification correcte de l’étalon ou jusqu’à épuisement d’un seuil limite d’erreurs (généralement plafonné à 6 erreurs par item).
  • Métriques et cotation standard :
    • Temps de latence de la première réponse : Durée chronométrée en secondes (au dixième de seconde près) écoulée entre la présentation de la planche et le premier pointage verbal ou moteur du sujet. On calcule la latence moyenne sur les 12 items.
    • Erreurs cumulées : Somme totale des choix erronés commis sur l’ensemble des 12 items expérimentaux.
    • Réussites au premier choix : Nombre total de planches où la figure correcte a été trouvée dès la première tentative (score maximal = 12).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de création originale : 1964 (publication princeps dans Psychological Monographs: General and Applied).
  • Droits d’auteur et statut de propriété intellectuelle : Le test, ses illustrations graphiques standardisées originales et son protocole d’administration font l’objet de restrictions de propriété intellectuelle. Les planches du test ont été publiées à l’origine par les auteurs via l’Université Harvard et le Fels Research Institute. Les versions commerciales et extensions adaptées (notamment le MFFT-20 standardisé par Cairns et Cammock en 1978) sont distribuées par des éditeurs spécialisés de tests psychologiques.
  • Conditions d’accès pour la recherche : L’utilisation du MFFT original à des fins de recherche fondamentale est traditionnellement accordée aux universitaires, chercheurs et étudiants de cycles supérieurs sur demande auprès des départements dépositaires des archives ou en sollicitant les autorisations de reproduction auprès de l’American Psychological Association (APA).
  • Coût et tarification : L’accès au livret de stimuli imprimé original n’était pas commercialisé sous licence onéreuse à grande échelle lors de sa diffusion académique inaugurale. Toutefois, les livrets de planches standardisées et les protocoles de cotation édités ultérieurement nécessitent l’acquisition de matériel payant auprès des dépositaires agréés de matériel d’évaluation psychologique.

12. Références / References

  • Bentler, P. M., & McClain, J. (1976). A multitrait-multimethod analysis of reflection-impulsivity. Child Development, 47(1), 218–226. https://doi.org/10.2307/1128302
  • Block, J., Block, J. H., & Harrington, D. M. (1974). Some misgivings about the Matching Familiar Figures Test as a measure of reflection-impulsivity. Developmental Psychology, 10(5), 611–632. https://doi.org/10.1037/h0037048
  • Cairns, E., & Cammock, T. (1978). Development of a more reliable version of the Matching Familiar Figures Test. Developmental Psychology, 14(5), 555–560. https://doi.org/10.1037/0012-1649.14.5.555
  • Drake, D. M. (1970). Perceptual correlates of impulsive and reflective behavior. Developmental Psychology, 2(2), 202–214. https://doi.org/10.1037/h0028751
  • Kagan, J. (1965). Reflection-impulsivity and reading ability in primary grade children. Child Development, 36(3), 609–628. https://doi.org/10.2307/1126909
  • Kagan, J. (1966). Reflection-impulsivity: The generality and dynamics of conceptual tempo. Journal of Abnormal Psychology, 71(1), 17–24. https://doi.org/10.1037/h0022886
  • Kagan, J., Pearson, L., & Welch, L. (1966). Conceptual impulsivity and inductive reasoning. Child Development, 37(3), 583–594. https://doi.org/10.2307/1126681
  • Kagan, J., Rosman, B. L., Day, D., Albert, J., & Phillips, W. (1964). Information processing in the child: Significance of analytic and reflective attitudes. Psychological Monographs: General and Applied, 78(1), 1–37. https://doi.org/10.1037/h0093830
  • Messer, S. B. (1976). Reflection-impulsivity: A review. Psychological Bulletin, 83(6), 1026–1052. https://doi.org/10.1037/0033-2909.83.6.1026
  • Paulsen, K., & Johnson, M. (1980). Impulsivity: A multidimensional concept with developmental nuances. Journal of Abnormal Child Psychology, 8(2), 269–277. https://doi.org/10.1007/BF00916447
  • Salkind, N. J. (1978). The development of norms for the Matching Familiar Figures Test. ERIC Clearinghouse on Elementary and Early Childhood Education, ED157624, 1–45.
  • Salkind, N. J., & Wright, J. C. (1977). The development of reflection-impulsivity and cognitive efficiency: An integrated model. Human Development, 20(6), 377–387. https://doi.org/10.1159/000271569
  • Wright, J. C., Chadwick, O. F., Costa, E., Dawson, J., Eiser, C., & Phillips, C. (1976). Eye movements in reflection and impulsivity: An observational study. Monographs of the Society for Research in Child Development, 41(3), 1–62. https://doi.org/10.2307/1165955

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les planches graphiques, figures géométriques et dessins figuratifs standardisés constituant les items du Matching Familiar Figures Test (MFFT) sont des créations visuelles protégées par le droit d’auteur. En conformité avec les réglementations éthiques de l’Association américaine de psychologie (APA) relatives à la sécurité des tests psychométriques et à la propriété intellectuelle, le recueil exhaustif des dessins originaux ne relève pas du domaine public ouvert et ne peut être reproduit in extenso.

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

The standard MFFT is a non-verbal, visual matching-to-sample performance instrument composed of 2 practice items and 12 scored test items. Each item presents a Standard Target Picture on the upper card and 6 Comparison Alternatives (A, B, C, D, E, F) on the lower card. The subject must inspect the array and identify the single alternative identical to the standard target.

Practice Items

  • Practice Item A:
    • Standard Target: Drawing of a simple everyday object (e.g., Cup / Tasse).
    • Variants presented: 6 alternative figures, where 5 distractors differ by a unique visual feature (handle shape, line pattern, rim thickness) and 1 is identical.
    • Task requirement: The administrator instructs the child: « Look at this picture on top. Find the one on the bottom that is just like it. »
  • Practice Item B:
    • Standard Target: Drawing of a familiar animal or household item (e.g., Scissors / Ciseaux).
    • Variants presented: 6 alternative figures containing subtle discrepancies in curvature, screw positioning, or blade length.
    • Task requirement: Ensure full comprehension of self-correction procedure when an incorrect alternative is selected.

Experimental Test Battery (Items 1 to 12)

  • Item 1: Familiar Figure Plate 1 (e.g., Airplane / Avion)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 2: Familiar Figure Plate 2 (e.g., Telephone / Téléphone)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 3: Familiar Figure Plate 3 (e.g., Bear / Ours)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 4: Familiar Figure Plate 4 (e.g., Cowboy / Cowboy)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 5: Familiar Figure Plate 5 (e.g., Tree / Arbre)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 6: Familiar Figure Plate 6 (e.g., House / Maison)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 7: Familiar Figure Plate 7 (e.g., Lamp / Lampe)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 8: Familiar Figure Plate 8 (e.g., Boat / Bateau)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 9: Familiar Figure Plate 9 (e.g., Lion / Lion)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 10: Familiar Figure Plate 10 (e.g., Chair / Chaise)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 11: Familiar Figure Plate 11 (e.g., Dress / Robe)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F
  • Item 12: Familiar Figure Plate 12 (e.g., Giraffe / Girafe)
    1. Variant A
    2. Variant B
    3. Variant C
    4. Variant D
    5. Variant E
    6. Variant F

Recorded Metrics per Item

  • Response Latency (Seconds): Elapsed time measured with a stopwatch from plate presentation to the participant’s first pointed selection.
  • First Choice Accuracy: Binary record (1 = Correct on 1st choice; 0 = Incorrect on 1st choice).
  • Subsequent Choices & Total Errors: If the initial choice is incorrect, errors accumulate until the correct match is identified (maximum of 6 errors recorded per item).
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 15). Test d’appariement de figures familières (MFF, MFFT). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=matching-familiar-figures-test-mfft
Looti, Mohammed. “Test d’appariement de figures familières (MFF, MFFT).” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=matching-familiar-figures-test-mfft.
Looti, Mohammed. “Test d’appariement de figures familières (MFF, MFFT).” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=matching-familiar-figures-test-mfft.