Journal d’activité motrice

Le Journal d’activité motrice (Motor Activity Log, MAL) est un entretien semi-structuré évaluant la fréquence et la qualité d’utilisation réelle du membre supérieur parétique dans les activités de la vie quotidienne après un AVC.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Le Journal d’activité motrice (connu internationalement sous l’appellation Motor Activity Log ou MAL) constitue un instrument psychométrique et clinique standardisé conçu pour évaluer l’utilisation réelle et spontanée du membre supérieur parétique dans la vie quotidienne chez les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) ou présentant une lésion du système nerveux central. Contrairement aux tests de laboratoire mesurant la capacité motrice maximale sous supervision directe (tels que le Wolf Motor Function Test ou l’Action Research Arm Test), le MAL explore la dimension de la performance réelle, capturant l’écart critique entre ce qu’un patient « peut faire » en milieu clinique et ce qu’il « fait réellement » dans son environnement domestique.

Développé initialement par Edward Taub et ses collaborateurs dans le cadre de la thérapie du mouvement induit par la contrainte (Constraint-Induced Movement Therapy, ou CIMT), l’instrument a fait l’objet de plusieurs itérations : la version initiale à 14 items (Taub et al., 1993), la version étendue à 30 items (Uswatte et al., 2005), la version raffinée à 28 items (Uswatte et al., 2006) et des adaptations transculturelles, notamment la version néerlandaise à 26 items (van der Lee et al., 2004). Administré sous forme d’entretien semi-structuré auprès du patient et/ou d’un proche aidant, le questionnaire évalue deux sous-échelles distinctes : la Quantité d’utilisation (Amount of Use, AOU) et la Qualité du mouvement (How Well / Quality of Movement, HW/QOM), mesurées sur une échelle ordinale de type Likert en six points (cotée de 0 à 5, avec possibilité d’intervalles de 0,5 point).

Sur le plan psychométrique, le MAL présente une consistance interne exceptionnelle (coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,88 et 0,96 pour les deux sous-échelles), une excellente fidélité test-retest (coefficients de corrélation intraclasse supérieurs à 0,90) et une forte sensibilité au changement. La validité écologique de l’instrument est confirmée par des corrélations modérées à fortes avec l’accélérométrie bilatérale continue. Les analyses factorielles et les modélisations basées sur la théorie de réponse aux items (modèle de Rasch) démontrent une unidimensionnalité robuste pour chaque sous-échelle tout en soulignant une forte colinéarité entre la quantité et la qualité perçues de l’action motrice.

2. Mots-clés

Accident vasculaire cérébral, Journal d’activité motrice, Motor Activity Log, thérapie par contrainte induite, membre supérieur, parésie, rééducation neurologique, validité écologique, plasticité cérébrale, activités de la vie quotidienne.

3. Auteurs

Le développement et la validation psychométrique du Motor Activity Log sont le résultat des travaux pionniers menés à l’Université de l’Alabama à Birmingham (UAB) :

  • Edward Taub, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de l’Université de l’Alabama à Birmingham (UAB), chercheur principal ayant conceptualisé la thérapie par contrainte induite et formalisé la première version du MAL en 1993. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Gitendra Uswatte, Ph.D. : Professeur de psychologie et de physiothérapie à l’Université de l’Alabama à Birmingham, co-développeur des versions psychométriquement standardisées à 30 et 28 items, pionnier de la validation par accélérométrie. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Janine H. van der Lee, M.D., Ph.D. : Épidémiologiste clinique et chercheuse néerlandaise, ayant mené les travaux d’adaptation transculturelle et d’analyse de validité de la version néerlandaise à 26 items (2004) au sein du VU University Medical Center d’Amsterdam.
  • Collaborateurs clés du groupe UAB : David M. Morris, Ph.D., PT ; Karen McCulloch, Ph.D. ; et Jean Crago, MS, PT, ayant contribué à la standardisation du manuel d’entretien et aux protocoles d’administration clinique.

4. Objectif

Le Journal d’activité motrice a été conçu pour résoudre un problème fondamental en neuroréhabilitation : la dissociation clinique et comportementale entre la capacité motrice maximale (« can-do ») mesurée en laboratoire et la performance motrice réelle (« does-do ») déployée spontanément par l’individu dans son milieu de vie naturel. Les instruments traditionnels d’évaluation physique (comme l’échelle de Fugl-Meyer pour l’évaluation sensorimotrice ou le test de motricité fonctionnelle de Wolf) évaluent l’aptitude maximale d’un individu placé dans des conditions environnementales artificielles, standardisées et dirigées par un examinateur. Cependant, ces mesures de laboratoire échouent fréquemment à refléter le degré réel d’intégration du membre atteint dans les activités de la vie quotidienne (ADL).

Objectif principal de l’instrument :

Quantifier systématiquement la fréquence d’utilisation spontanée et la qualité fonctionnelle perçue du membre supérieur parétique au cours de tâches motrices écologiques et signifiantes, réalisées dans l’environnement de vie du patient, en dehors de la présence directe du rééducateur.

Applications cliniques

Sur le plan clinique, le MAL est principalement employé auprès des adultes et personnes âgées ayant subi un AVC ischémique ou hémorragique, un traumatisme crânien ou atteints de paralysie cérébrale. Ses applications spécifiques incluent :

  • Mesure de référence dans la thérapie par contrainte induite (CIMT) : Le MAL sert de critère d’évaluation principal (critère de jugement princeps) pour mesurer l’efficacité des protocoles de rééducation intensive contraignant l’usage du membre sain pour forcer la sollicitation du membre déficitaire.
  • Élément central du « Transfer Package » : Dans les protocoles CIMT contemporains, l’administration quotidienne ou pluri-hebdomadaire du MAL ne constitue pas seulement un test passif, mais agit comme un outil d’intervention comportementale favorisant la métacognition, la responsabilisation du patient et le transfert des gains thérapeutiques vers le domicile.
  • Détection de la non-utilisation apprise : L’outil met en lumière les situations où un patient possède des capacités motrices suffisantes pour ouvrir un tiroir ou stabiliser un objet, mais continue d’utiliser exclusivement son membre sain par habitude conditionnée.

Applications en recherche

Dans la recherche translationnelle et clinique, le MAL permet :

  • D’établir des corrélations entre la réorganisation corticale mise en évidence par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) ou stimulation magnétique transcrânienne (TMS) et les changements fonctionnels observables au quotidien.
  • De tester l’efficacité différentielle d’approches thérapeutiques émergentes (robotique de rééducation, réalité virtuelle, neurostimulation non invasive) sur le comportement moteur effectif en vie réelle.
  • De servir de standard d’évaluation dans les études épidémiologiques longitudinales sur la récupération motrice post-AVC.

5. Construit psychologique

Le Motor Activity Log opérationnalise le construit de l’utilisation spontanée du membre supérieur en vie réelle. Ce construit multidimensionnel transcende la simple force musculaire ou l’amplitude articulaire en se situant à l’intersection des fonctions organiques, des activités et de la participation, conformément à la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) de l’Organisation mondiale de la santé.

Dimensions et sous-échelles

L’instrument repose sur l’évaluation de deux sous-échelles distinctes mais étroitement reliées :

1. Quantité d’utilisation (Amount of Use, AOU)

Cette sous-échelle mesure la fréquence relative à laquelle le patient sollicite son membre parétique pour accomplir une action donnée, comparativement à son niveau d’utilisation prélésionnel. Elle capture le choix comportemental d’engager ou de ne pas engager le bras atteint lors des sollicitations de la vie courante. Le score est attribué sur une échelle ordinale de 0 à 5 :

  • 0 (Did not use / N’a pas utilisé) : Le membre atteint n’a jamais été sollicité pour cette activité ; l’activité a été effectuée exclusivement avec le membre sain ou par un tiers.
  • 1 (Very rarely / Très rarement) : Le membre atteint a été sollicité une ou deux fois, de manière exceptionnelle, au cours de la période d’évaluation.
  • 2 (Rarely / Rarement) : Le membre atteint a été utilisé dans moins de la moitié des occasions où l’activité s’est présentée.
  • 3 (Half as much as before stroke / Moitié moins qu’avant l’AVC) : Le membre atteint a été utilisé environ la moitié du temps par rapport à la fréquence d’utilisation avant l’AVC.
  • 4 (Almost as much as before stroke / Presque autant qu’avant l’AVC) : Le membre a été utilisé presque aussi souvent qu’avant l’accident vasculaire, sans toutefois atteindre la spontanéité absolue d’origine.
  • 5 (As much as before stroke / Normal use / Autant qu’avant l’AVC / Utilisation normale) : L’utilisation du membre atteint est totalement rétablie dans sa fréquence habituelle.

2. Qualité du mouvement (How Well / Quality of Movement, HW/QOM)

Cette sous-échelle quantifie l’efficacité biomécanique, la fluidité, la précision et la coordination motrice perçues lors de l’exécution de l’activité avec le bras parétique. Elle ne mesure pas seulement la réussite de la tâche, mais la manière dont elle est accomplie :

  • 0 (Unable to use / Incapable d’utiliser) : Le bras parétique est totalement incapable de participer à l’activité en raison d’un déficit moteur ou d’une hypertonie majeure.
  • 1 (Very poor / Très mauvaise) : Le bras bouge à peine ou ne sert qu’à un contact passif minimal, avec des syncinésies massives et une absence quasi totale de contrôle sélectif.
  • 2 (Poor / Mauvaise) : Le mouvement est très lent, maladroit, laborieux, requérant de multiples compensations posturales du tronc.
  • 3 (Fair / Moyenne / Passable) : Le mouvement permet d’atteindre l’objectif de la tâche, mais s’accompagne d’un manque de fluidité, d’une lenteur notable et d’ajustements compensatoires visibles.
  • 4 (Almost normal / Presque normale) : Le geste est fluide et précis, avec seulement de très légères altérations de la vitesse ou de la dextérité fine.
  • 5 (Normal / Normale) : La qualité du mouvement est identique à celle observée avant l’accident vasculaire cérébral ou comparable à celle du côté sain.

Nature des tâches évaluées

Les 30 items de l’échelle englobent une grande variété de gestes fonctionnels unipodaux et bipodaux, incluant :

  • La motricité globale et le transport d’objets (porter un objet, ouvrir une porte avec une poignée).
  • La préhension et la manipulation fine (tourner une clé, écrire, boutonner un pantalon, éplucher un fruit).
  • Les activités d’hygiène et de soins personnels (se brosser les dents, se coiffer, se laver et s’essuyer les mains).
  • Le rôle de stabilisation et d’assistance bimanuelle (maintenir un objet avec la main atteinte pendant que l’autre main opère).

6. Cadre théorique

Le cadre théorique sous-jacent au Motor Activity Log s’enracine dans la théorie de la non-utilisation apprise (learned non-use theory), formulée à l’origine par le psychologue et neuroscientifique Edward Taub à la suite d’expériences de désafférentation somatosensorielle menées chez le primate non humain, puis transposée à l’accident vasculaire cérébral chez l’humain.

Le modèle de la non-utilisation apprise (Taub, 1980, 1993)

Lors de la phase aiguë qui succède à un AVC, le patient subit une sidération neurale diffuse (choc spinal ou diaschisis) qui rend tout mouvement du membre atteint extrêmement difficile, voire impossible. Chaque tentative de mobilisation se solde par un échec, de la frustration ou de la douleur motrice. Selon les principes du conditionnement opérant (béhaviorisme skinnerien), cette punition comportementale ou absence de renforcement positif induit l’extinction des tentatives motrices du côté plégique.

Simultanément, le recours compensatoire exclusif au membre sain est immédiatement couronné de succès (renforcement positif). Il s’installe alors un cercle vicieux comportemental : même lorsque le tissu cérébral récupère biologiquement au fil des mois, le comportement de non-utilisation persiste sous forme d’une habitude conditionnée profondément enracinée. Cette inactivité entretenue engendre une atrophie musculaire secondaire, des rétractions capsulo-articulaires et, plus grave encore, une réorganisation maladaptative du cortex moteur (amputation de la représentation corticale du membre lésé dans l’aire motrice primaire).

Le MAL intervient précisément pour mesurer le renversement de ce processus d’extinction motrice. Dans l’approche de la Constraint-Induced Movement Therapy, la mesure répétée du MAL est intégrée à un système d’autorégulation comportementale (self-regulation). L’entretien guidé contraint le patient à focaliser son attention sur ses actes moteurs quotidiens, stimulant la métacognition et activant les réseaux d’apprentissage moteur corticaux et sous-corticaux.

Cette approche théorique postule que la neuroplasticité post-AVC n’est pas uniquement un processus biologique spontané, mais une dynamique « activity-dependent » (dépendante de l’usage). Ainsi, le MAL mesure l’expression comportementale directe de la réorganisation neuroanatomique consécutive à l’entraînement répété en milieu réel.

7. Validité

L’évaluation des propriétés psychométriques de validité du Motor Activity Log a fait l’objet de nombreuses investigations publiées dans des revues internationales de neurologie et de physiothérapie.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente du MAL a été examinée en comparant ses scores avec des outils de laboratoire validés :

  • Corrélation avec le Wolf Motor Function Test (WMFT) : Des corrélations significatives modérées à fortes sont systématiquement observées entre le score de qualité du MAL (QOM) et l’échelle fonctionnelle du WMFT, avec des coefficients r de Pearson variant entre 0,63 et 0,78 (Uswatte et al., 2005). De même, une corrélation inverse significative est relevée avec le temps d’exécution au WMFT (r = -0,52 à -0,68).
  • Corrélation avec l’échelle de Fugl-Meyer (FMA) : Les scores du MAL corrèlent positivement avec le score moteur de la FMA (r = 0,55 à 0,72), attestant que les capacités élémentaires de contrôle sensorimoteur sous-tendent les performances spontanées au quotidien.
  • Corrélation avec l’Action Research Arm Test (ARAT) : Les études menées par van der Lee et al. (2004) sur la version néerlandaise rapportent des coefficients de corrélation de Spearman allant de 0,61 à 0,75 avec l’ARAT.

Validité écologique (Validation par accélérométrie objective)

L’un des défis majeurs d’un questionnaire d’auto-évaluation réside dans le risque de biais de mémoire ou de désirabilité sociale. Pour asseoir la validité écologique du MAL, l’équipe d’Uswatte et Taub (2006) a corrélé les sous-échelles du MAL avec des mesures objectives issues d’accéléromètres biaxiaux et triaxiaux portés aux deux poignets pendant 3 à 7 jours consécutifs en vie libre :

  • Le ratio d’activité du bras parétique par rapport au bras sain mesuré par accélérométrie présente une corrélation significative de r = 0,52 à 0,63 (p < 0,001) avec l’échelle AOU du MAL.
  • Ces résultats confirment que le MAL capture fidèlement le volume réel d’utilisation du bras dans le milieu de vie du sujet, conférant à cet instrument verbal une représentativité écologique supérieure aux tests de laboratoire.

Validité prédictive et sensibilité au changement

Le MAL est reconnu comme l’un des instruments les plus sensibles au changement (responsiveness) en neuroréhabilitation :

  • Les tailles d’effet (d de Cohen) consécutives à une intervention CIMT de deux semaines dépassent fréquemment 1,5 à 2,0, ce qui démontre une sensibilité largement supérieure à celle observée pour l’échelle de Fugl-Meyer.
  • La différence minimale cliniquement importante (Minimal Clinically Important Difference, MCID) a été estimée entre 0,5 et 0,8 point sur l’échelle de 0 à 5 selon les travaux de van der Lee et al. (2004), indiquant qu’un gain moyen supérieur à un demi-point traduit une amélioration fonctionnelle tangible perçue par le patient.

8. Fidélité

Les études psychométriques démontrent que le Motor Activity Log possède une fidélité et une cohérence métrologique de tout premier ordre.

Consistance interne

La cohérence entre les différents items a été évaluée à plusieurs reprises dans des cohortes de patients post-AVC subaigus et chroniques :

  • Version à 30 items (Uswatte et al., 2005) : L’alpha de Cronbach atteint 0,94 pour la sous-échelle AOU et 0,95 pour la sous-échelle HW/QOM, témoignant d’une très forte homogénéité des items composants.
  • Version à 28 items (Uswatte et al., 2006) : Les coefficients alpha de Cronbach se situent entre 0,92 et 0,96 pour les deux sous-échelles.
  • Version néerlandaise à 26 items (van der Lee et al., 2004) : La consistance interne est rapportée à 0,96 pour la quantité d’utilisation et 0,97 pour la qualité du mouvement.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Lors d’évaluations répétées chez des patients stables sans intervention thérapeutique active (intervalle de 1 à 2 semaines) :

  • Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour la fidélité test-retest varie de 0,91 à 0,98 pour l’échelle AOU et de 0,89 à 0,95 pour l’échelle HW/QOM.
  • L’erreur standard de mesure (SEM) est estimée à environ 0,22 point, et le changement minimal détectable (Minimal Detectable Change, MDC à un intervalle de confiance de 95 %) se situe autour de 0,55 à 0,62 point.

Accord inter-juges et concordance patient/aidant

Lorsque le MAL est administré indépendamment au patient et à son proche aidant habituel, les corrélations de concordance se révèlent élevées (r = 0,75 à 0,88), bien que les proches aidants aient tendance à coter très légèrement en deçà des auto-évaluations des patients, reflétant une prudence accrue face aux compensations motrices.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle du Motor Activity Log a fait l’objet de plusieurs investigations approfondies à l’aide de l’analyse factorielle exploratoire (AFE), de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) et de l’analyse selon le modèle de Rasch.

Structure unifactorielle dominante par sous-échelle

Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires conduites sur les versions à 28 et 30 items (Uswatte et al., 2005, 2006) révèlent une saturation factorielle massive sur un facteur unique prépondérant pour chacune des deux sous-échelles :

  • Pour la sous-échelle AOU, le premier facteur explique plus de 60 % à 68 % de la variance totale, avec des saturations factorielles (factor loadings) par item presque toutes supérieures à 0,65 (oscillant entre 0,55 pour les tâches motrices complexes telles que l’écriture et 0,85 pour des tâches courantes comme allumer un interrupteur ou ouvrir le réfrigérateur).
  • Pour la sous-échelle HW/QOM, le premier facteur extrait explique entre 65 % et 72 % de la variance, confirmant que les items reflètent un construit clinique unitaire de compétence motrice perçue.

Colinéarité entre la Quantité (AOU) et la Qualité (HW/QOM)

Les études factorielles conjointes ont mis en évidence un phénomène récurrent : la corrélation extrêmement élevée entre les scores AOU et HW/QOM (souvent r > 0,90 à 0,94). En analyse factorielle confirmatoire bidimensionnelle, les deux facteurs sont si fortement corrélés que certains auteurs (notamment van der Lee et al., 2004) ont suggéré qu’ils mesuraient en réalité la même dimension latente sous-jacente. Néanmoins, sur le plan clinique, la séparation des deux échelles est précieusement maintenue car certains patients peuvent utiliser leur membre très fréquemment mais avec une mauvaise qualité motrice compensatoire, ou inversement n’effectuer que quelques gestes mais d’une grande pureté motrice.

Apports de la modélisation de Rasch

L’analyse selon la théorie de réponse aux items (modèle de Rasch) a permis de calibrer la difficulté relative des items (hiérarchie fonctionnelle) :

  • Items les plus faciles (faible difficulté motrice) : Allumer un interrupteur (item 1), ouvrir une porte de réfrigérateur (item 7), stabiliser un objet avec la main atteinte (item 29).
  • Items de difficulté moyenne : Ouvrir un tiroir (item 2), tenir un verre ou une bouteille pour boire (item 22), se sécher les mains avec une serviette (item 11).
  • Items les plus difficiles (haute dextérité distale) : Écrire sur du papier ou taper au clavier (item 28), utiliser une clé dans une serrure (item 27), éplucher un fruit ou ouvrir un emballage (item 30), attacher ses chaussures (item 14).

L’indice de séparation des personnes (Person Separation Index) est supérieur à 3,0, démontrant que l’outil est capable de discriminer au moins 4 à 5 strates distinctes d’habileté fonctionnelle au sein de la population post-AVC.

10. Instrument de mesure

  • Type d’instrument : Entretien semi-structuré d’évaluation fonctionnelle écologique (auto-évaluation guidée par le clinicien, complétée si besoin par le tiers aidant).
  • Format d’administration : Entretien en face à face ou télé-entretien structuré, assisté par la présentation visuelle des échelles de cotation et de définitions standardisées pour chaque niveau.
  • Nombre d’items : 30 items dans la version de référence établie par Uswatte et Taub (versions alternatives à 14, 26 et 28 items existantes).
  • Période de rappel : Généralement les 7 derniers jours (ou les dernières 24 heures lors du suivi intensif quotidien en protocole CIMT).
  • Échelle de réponse (authentique et obligatoire) : 6-point Likert-type scale scored on two subscales: Amount of Use (AOU: 0 = Did not use, 1 = Very rarely, 2 = Rarely, 3 = Half as much as before stroke, 4 = Almost as much as before stroke, 5 = As much as before stroke / Normal use) and How Well / Quality of Movement (HW / QOM: 0 = Unable to use, 1 = Very poor, 2 = Poor, 3 = Fair, 4 = Almost normal, 5 = Normal). Half steps (0.5 intervals) may also be used.
  • Calcul du score et règles de cotation :
    • Deux scores totaux distincts sont calculés : le score moyen d’utilisation (AOU) et le score moyen de qualité (HW/QOM).
    • Pour chaque sous-échelle, la note finale s’obtient en faisant la moyenne arithmétique de tous les items éligibles : somme des scores divisée par le nombre d’items notés (score variant de 0,0 à 5,0).
    • Règle d’exclusion (non-applicabilité) : Si une activité n’a jamais été pratiquée par le patient avant son AVC (par exemple, attacher des boutons de chemise pour une personne ne portant que des tee-shirts) ou ne s’est pas présentée durant la période d’évaluation, l’item est coté « Non Applicable » (NA) et est impérativement exclu du dénominateur pour ne pas fausser la moyenne globale.
  • Durée approximative de passation : 20 à 30 minutes lors du bilan initial ; 10 à 15 minutes lors des passations de suivi.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de création et jalons de publication :
    • 1993 : Version initiale à 14 items développée par Edward Taub.
    • 2004 : Version néerlandaise validée à 26 items par Janine H. van der Lee et al.
    • 2005 : Version complète et standardisée à 30 items par Gitendra Uswatte et Edward Taub.
    • 2006 : Version psychométriquement condensée à 28 items par Uswatte et al.
  • Droits d’auteur et accessibilité : Le Motor Activity Log a été développé dans le cadre de recherches subventionnées par les National Institutes of Health (NIH) aux États-Unis. Les items et les échelles de cotation sont dans le domaine public académique et accessibles gratuitement à des fins de recherche et de pratique clinique sans redevance commerciale.
  • Conditions d’utilisation : Bien que libre de droits, l’instrument requiert une stricte fidélité méthodologique au manuel d’administration de l’UAB (utilisation des guides de cotation standardisés, respect des paliers de 0,5 point et questionnement neutre lors des entretiens pour éviter les biais de suggestion).

12. Références

  • Taub, E. (1980). Somatosensory deafferentation research with monkeys: Implications for rehabilitation medicine. In L. P. Ince (Ed.), Behavioral Psychology in Rehabilitation Medicine: Clinical Applications (pp. 371–401). Williams & Wilkins.
  • Taub, E., Miller, N. E., Novack, T. A., Cook, E. W., Fleming, W. C., Nepomuceno, C. S., Connell, J. S., & Crago, J. E. (1993). Technique to improve chronic motor deficit after stroke. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 74(4), 347–354. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8466415/
  • van der Lee, J. H., Beckerman, H., Knol, D. L., de Vet, H. C., & Bouter, L. M. (2004). Clinimetric properties of the Motor Activity Log for the assessment of arm use in hemiparetic patients. Stroke, 35(6), 1410–1414. https://doi.org/10.1161/01.STR.0000126818.30607.37
  • Uswatte, G., Taub, E., Morris, D., Vignolo, M., & McCulloch, K. (2005). Reliability and validity of the upper-extremity Motor Activity Log-14 for measuring real-world arm use. Stroke, 36(11), 2493–2496. https://doi.org/10.1161/01.STR.0000185928.90848.2e
  • Uswatte, G., Taub, E., Morris, D., Barman, J., & Crago, J. (2006). Contribution of the objective measurement of outcome to the study of the efficacy of Constraint-Induced Movement therapy in persons with stroke. Physical Therapy, 86(11), 1478–1487. https://doi.org/10.2522/ptj.20050275
  • Morris, D. M., Uswatte, G., Crago, J. E., Cook, E. W., & Taub, E. (2001). The transfer package in Constraint-Induced Movement Therapy: Overcoming learned nonuse of the hemiparetic upper extremity. NeuroRehabilitation, 16(4), 263–277. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11790911/

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Authentic Response Scale

6-point Likert-type scale scored on two subscales: Amount of Use (AOU: 0 = Did not use, 1 = Very rarely, 2 = Rarely, 3 = Half as much as before stroke, 4 = Almost as much as before stroke, 5 = As much as before stroke / Normal use) and How Well / Quality of Movement (HW / QOM: 0 = Unable to use, 1 = Very poor, 2 = Poor, 3 = Fair, 4 = Almost normal, 5 = Normal). Half steps (0.5 intervals) may also be used.

  1. Turn on a light with a light switch
  2. Open a drawer
  3. Hold a book while reading
  4. Use a phone (pick up receiver, dial, hold receiver)
  5. Wipe off a kitchen counter or other surface
  6. Get in or out of a car (open door, close door)
  7. Open a refrigerator door
  8. Open a door by turning a doorknob
  9. Use a TV remote control
  10. Wash your hands
  11. Dry your hands with a towel
  12. Put on socks
  13. Take off socks
  14. Put on shoes (including tying shoelaces or fastening Velcro)
  15. Take off shoes
  16. Get dressed (pull over shirt or button shirt)
  17. Take off a shirt
  18. Pull pants up or down
  19. Fasten pants (button, zip, or belt)
  20. Eat with a fork or spoon
  21. Hold a cup by a handle
  22. Hold a glass or bottle to drink
  23. Brush teeth
  24. Comb or brush hair
  25. Pick up a cup by the rim/side
  26. Carry an object from one place to another (e.g., bag, plate, book)
  27. Use a key to unlock a door
  28. Write on paper (or type on a keyboard)
  29. Steady an object with the affected hand while using the other hand
  30. Peel fruit or open a food container/wrapper
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Looti, M. (2026, octobre 18). Journal d’activité motrice. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=journal-activite-motrice-mal
Looti, Mohammed. “Journal d’activité motrice.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=journal-activite-motrice-mal.
Looti, Mohammed. “Journal d’activité motrice.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=journal-activite-motrice-mal.