Inventaire révisé des attitudes envers la sexualité

L’Inventaire révisé des attitudes envers la sexualité (R-ATSI), créé par Wendy Patton et Mary Mannison, évalue de manière multidimensionnelle la coercition sexuelle, les mythes du viol et les rôles de genre à l’aide de 40 items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire révisé des attitudes envers la sexualité (en anglais, Revised Attitudes Toward Sexuality Inventory ou R-ATSI), développé par les chercheuses australiennes Wendy Patton et Mary Mannison au sein de la Queensland University of Technology (1995), constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la multidimensionnalité des attitudes contemporaines relatives à la sexualité humaine. Né de la révision d’un instrument initial comptant 72 items (Patton & Mannison, 1993), le R-ATSI se compose de 40 items évaluant les perceptions individuelles face aux mythes entourant le viol, à la coercition sexuelle, aux rôles de genre et à diverses problématiques sociosexuelles majeures telles que la contraception, l’avortement, la masturbation, l’homosexualité, le VIH/sida et la sexualité aux différents âges de la vie.

Les participants expriment leur degré d’accord à l’aide d’une échelle de Likert en 6 points sans point neutre, allant de Fortement d’accord (Strongly Agree) à Fortement en désaccord (Strongly Disagree), complétée en 5 à 10 minutes. Les analyses factorielles exploratoires ont isolé trois dimensions principales stables et fiables : (1) les Attitudes envers la coercition et l’agression sexuelles (12 items), (2) les Attitudes envers les enjeux de la sexualité (8 items), et (3) les Attitudes envers les rôles de genre (5 items), complétées par des items thématiques exploratoires. Sur le plan des qualités psychométriques, l’instrument présente une excellente consistance interne globale avec un coefficient alpha de Cronbach de 0,85 pour l’inventaire total, et des valeurs respectives de 0,85, 0,79 et 0,68 pour ses trois facteurs majeurs. L’échelle démontre une sensibilité empirique remarquable pour discriminer les attitudes selon le genre biologique et évaluer l’impact pédagogique des programmes universitaires d’éducation à la sexualité.

2. Mots-clés / Keywords

Attitudes envers la sexualité, coercition sexuelle, mythes sur le viol, stéréotypes de genre, psychométrie, évaluation pédagogique, comportement sexuel, échelle de Likert, éducation sexuelle, agression sexuelle, validation d’échelle, sexologie clinique.

3. Auteurs / Authors

L’inventaire a été conçu et validé par :

  • Professeure Wendy Patton : École d’apprentissage et de développement (School of Learning and Development), Faculté d’éducation, Queensland University of Technology (QUT), Campus Kelvin Grove, Brisbane, Queensland 4059, Australie. Courriel académique institutionnel : [email protected]. Experte reconnue en psychologie du développement, orientation tout au long de la vie et programmes d’éducation socio-émotionnelle.
  • Mary Mannison : Chercheuse et éducatrice en santé sexuelle, Faculté d’éducation, Queensland University of Technology, Brisbane, Australie. Spécialiste de la formation universitaire en sexualité humaine et de l’évaluation des interventions pédagogiques ciblant les comportements à risque.

4. Objectif / Purpose

L’élaboration du Revised Attitudes Toward Sexuality Inventory découle d’un impératif de santé publique et d’éducation apparu à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Durant cette période charnière, la recherche psychologique et sexologique a été confrontée à l’émergence épidémique du VIH/sida, à la hausse documentée des infections sexuellement transmissibles (IST) chez les jeunes adultes, à la prévalence alarmante des grossesses non planifiées et à une reconnaissance grandissante des violences interpersonnelles au sein des fréquentations amoureuses (dating violence). Patton et Mannison ont identifié que les attitudes permissives ou légitimatrices envers la contrainte et l’agression sexuelle représentaient des variables explicatives cruciales de l’étiologie des agressions et des difficultés d’adaptation psychosociale chez les étudiants universitaires.

L’objectif premier du R-ATSI est donc de fournir un dispositif standardisé, rigoureux et multidimensionnel capable de capturer les représentations contemporaines de la sexualité, en portant une attention toute particulière aux mécanismes cognitifs sous-tendant la coercition sexuelle et l’adhésion aux mythes du viol. Contrairement aux échelles antérieures des décennies 1970 et 1980 qui se concentraient sur un conservatisme sexuel moral ou religieux abstrait, le R-ATSI ancre son évaluation dans les réalités concrètes des relations intimes modernes : le consentement explicite, l’influence des substances psychoactives, les attentes transactionnelles lors des rendez-vous et les préjugés entourant les victimes d’agression.

Sur le plan des applications, l’instrument remplit une triple fonction :

  • Évaluation pédagogique et de programmes : Le R-ATSI a été initialement structuré pour quantifier l’efficacité et l’impact de cours universitaires consacrés à la sexualité humaine. Il sert de mesure pré-test et post-test pour objectiver si un enseignement académique structuré déconstruit efficacement les stéréotypes sexistes, diminue la tolérance au viol et promeut des attitudes favorables à la santé reproductive.
  • Recherche fondamentale et appliquée : L’inventaire permet d’explorer les corrélats sociodémographiques, psychologiques et culturels des attitudes sexuelles. Il offre un cadre opérant pour étudier les divergences genrées systématiques face au consentement et analyser comment les schémas de genre traditionnels alimentent les rationalisations de la contrainte.
  • Prévention clinique et psychoéducation : Utilisable en milieu associatif, scolaire ou clinique, l’échelle aide à repérer les distorsions cognitives chez de jeunes adultes, à amorcer des discussions réflexives lors d’interventions ciblées sur le consentement éclairé et à prévenir les agressions sexuelles en milieu étudiant.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par le R-ATSI est appréhendé sous un angle multidimensionnel. Une attitude envers la sexualité n’est pas un concept unitaire ou unidimensionnel allant simplement de la « libéralité » au « conservatisme » ; elle englobe un ensemble intriqué d’évaluations cognitives, affectives et comportementales relatives aux droits corporels, aux normes interpersonnelles et aux prérogatives de genre. L’analyse psychométrique menée par Patton et Mannison (1995) a permis de formaliser trois facteurs robustes et discriminants :

Facteur 1 : Attitudes envers la coercition et l’agression sexuelles (Attitudes Toward Sexual Coercion and Assault)

Composé de 12 items (items 2, 5, 6, 13, 17, 18, 25, 27, 29, 33, 37, 38), ce facteur central évalue le degré d’adhésion d’un individu aux rationalisations de la violence sexuelle, aux croyances culpabilisant la victime (victim-blaming) et aux représentations fallacieuses entourant le consentement. Il mesure la propension à croire que les femmes émettent de fausses allégations par désir d’attention (item 2), que le refus féminin n’est qu’un jeu de séduction hypocrite (« token resistance ») masquant le désir d’être forcée (item 5), ou encore que les dépenses financières engagées lors d’un rendez-vous confèrent un droit d’accès sexuel (item 25). Un score élevé sur ce facteur dénote une forte acceptation des mythes du viol et une normalisation de la coercition interpersonnelle.

Facteur 2 : Attitudes envers les enjeux sociosexuels (Attitudes Toward Sexuality Issues)

Regroupant 8 items (items 4, 7, 8, 15, 19, 20, 23, 35), cette sous-échelle examine la tolérance et l’ouverture individuelle face à la diversité des expressions et droits sexuels à travers la trajectoire de vie. Elle aborde la reconnaissance du droit à l’interruption volontaire de grossesse basé sur le libre choix de la femme (item 4), la légitimation de la masturbation comme une pratique normale et saine chez l’enfant et l’adulte (items 7 et 23), l’accès direct et non restrictif aux méthodes contraceptives pour les adolescents (item 20), ainsi que le maintien des droits sexuels chez les personnes âgées en institution (item 19). Après inversion des items appropriés, un score élevé traduit une posture progressiste, émancipatrice et non punitive envers la sexualité humaine.

Facteur 3 : Attitudes envers les rôles de genre (Attitudes Toward Gender Roles)

Ce facteur comprend 5 items (items 9, 28, 31, 32, 35 – notons que l’item 35 présente une double saturation thématique selon les analyses). Il évalue l’intériorisation des stéréotypes patriarcaux et du double standard moral appliqué aux hommes et aux femmes. Il capture des croyances telles que l’interprétation du harcèlement de rue (sifflements publics) comme un compliment flatteur (item 28), ou le jugement asymétrique selon lequel l’état d’ébriété serait moralement plus répréhensible et dégradant chez une femme que chez un homme (item 32). Des scores élevés sur cette dimension reflètent une adhésion rigide aux prescriptions traditionnelles de genre et aux asymétries de pouvoir.

Items exploratoires complémentaires

L’inventaire de 40 items intègre également une série d’énoncés transversaux ciblant l’étiologie perçue des abus sexuels intra-familiaux (item 12), la culpabilisation des personnes atteintes par le VIH/sida (item 39), les théories implicites sur la nature impulsive ou préméditée du viol (items 14, 22, 34) et la discrimination institutionnelle basée sur le sexe (items 24, 36, 40). Bien que n’entrant pas tous dans les trois facteurs primaires, ces items apportent une valeur clinique et diagnostique inestimable lors des bilans psychoéducatifs.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du R-ATSI s’inscrit au carrefour de la psychologie sociale cognitive, des théories féministes de la violence de genre et de la théorie des scripts sexuels formalisée par John Gagnon et William Simon (1973). Les fondements théoriques de l’instrument reposent sur l’axiome fondamental selon lequel les comportements sexuels, loin d’être dictés par de simples pulsions biologiques instinctives, sont régulés par des schémas cognitifs appris, des attentes normatives intériorisées et des croyances culturelles.

L’héritage de Martha Burt et la théorie des mythes du viol

L’ancrage théorique majeur du facteur de coercition sexuelle provient des travaux séminaux de Martha Burt (1980). Burt définit les mythes du viol comme « des croyances fausses, stéréotypées ou préjudiciables concernant le viol, les victimes de viol et les agresseurs ». Dans cette perspective, la tolérance à la violence sexuelle n’est pas un phénomène psychopathologique isolé chez quelques agresseurs marginaux, mais l’aboutissement logique d’un système culturel interconnecté comprenant :

  • Le conservatisme sexuel : une vision restrictive limitant la sexualité légitime au mariage monogame hétérosexuel reproductif.
  • Les stéréotypes de rôles sexuels : l’injonction faite aux hommes de manifester dominance et conquête, et aux femmes d’incarner passivité, pureté et réserve.
  • L’acceptation de la violence interpersonnelle : la conviction que la force physique et la contrainte constituent des modes légitimes de résolution des conflits amoureux.

Patton et Mannison ont adapté ces construits pour capturer comment ces mythes s’expriment dans les dynamiques de séduction des jeunes adultes (par exemple, à travers l’influence des travaux de Giarusso et al., 1979 ; Hall, Howard, & Boezio, 1986).

Théorie des rôles sociaux et des attitudes envers les femmes

Le second pilier théorique s’appuie sur la théorie des rôles sociaux d’Alice Eagly et les échelles classiques développées par Janet Spence, Robert Helmreich et Joy Stapp (1973, Attitudes Toward Women Scale). Le modèle postule que les attentes socioculturelles relatives aux rôles assignés à chaque sexe créent une asymétrie de pouvoir. Lorsque les femmes dérogent aux prescriptions traditionnelles (par exemple, en initiant un contact sexuel, en consommant de l’alcool ou en affirmant leur autonomie reproductive), elles s’exposent à des sanctions punitives et à une dévalorisation morale, un mécanisme amplement mis en lumière dans les items du R-ATSI.

La théorie du comportement planifié et la perspective sociocognitive

L’instrument postule, dans la lignée de la théorie de l’action raisonnée et du comportement planifié (Icek Ajzen), que les attitudes constituent des précurseurs proximaux essentiels des intentions comportementales. Bien que l’attitude à elle seule ne prédise pas invariablement le passage à l’acte coercitif, une attitude justifiant la contrainte sexuelle réduit considérablement l’inhibition cognitive, diminue l’empathie envers la détresse de la partenaire et neutralise le sentiment de culpabilité post-agression (Deitz et al., 1982 ; Feild, 1978).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Inventaire révisé des attitudes envers la sexualité a fait l’objet d’investigations approfondies à travers plusieurs études empiriques menées par Patton et Mannison (1993, 1994, 1995).

Validité de contenu et d’apparence

La version initiale de 72 items a été soumise à une évaluation critique par un panel d’experts universitaires indépendants spécialisés en éducation sexuelle, complétée par un groupe d’éducateurs intervenant en milieu secondaire. Ce processus rigoureux a conduit à la suppression des énoncés redondants, à la réécriture d’items afin d’adopter le registre linguistique contemporain des jeunes adultes (en accord avec Hall et al., 1986) et à l’introduction de formulations mesurant de manière non biaisée les thématiques émergentes de la contraception et du harcèlement, aboutissant à la structure affinée de 40 items.

Validité de construit et différences intergroupes (Validité discriminante)

La validité de construit est étayée de façon remarquable par l’analyse des différences intergroupes selon le sexe biologique, un test standard pour les instruments mesurant les attitudes sexuelles et la tolérance au viol :

  • Sur le Facteur 1 (Coercition et agression) : Une divergence statistiquement significative entre les hommes et les femmes est apparue sur la totalité des 12 items, dont 10 items à un seuil d’extrême significativité de p < 0,001. Dans chaque situation, les hommes exprimaient un désaccord moins marqué que les femmes vis-à-vis des énoncés légitimant la contrainte. Bien que les moyennes absolues des deux groupes se situent dans la zone de désaccord (scores moyens entre 1,00 et 3,00, soit de Fortement en désaccord à Légèrement en désaccord), les femmes rejettent la coercition et les mythes du viol avec une intensité systématiquement et significativement supérieure.
  • Sur le Facteur 2 (Enjeux sociosexuels) : La moitié des items (4 sur 8) a mis en évidence des différences genrées significatives. Les femmes se sont révélées significativement plus favorables à la reconnaissance de la sexualité chez les enfants et les personnes âgées, et ont rejeté plus vigoureusement l’affirmation selon laquelle l’homosexualité représenterait une menace sociale. Au niveau du score factoriel global sommé, aucune différence de genre globale n’a été constatée, indiquant que le libéralisme sexuel général est partagé, la divergence ne s’exprimant que sur des droits spécifiques.
  • Sur le Facteur 3 (Rôles de genre) : Les 5 items composant ce facteur ont tous révélé des différences de genre hautement significatives. Les hommes ont manifesté une adhésion nettement plus forte aux stéréotypes traditionnels, acceptant davantage l’idée que siffler une femme dans la rue est flatteur et jugeant l’ivresse féminine plus sévèrement.

Validité sensible au changement (Sensibilité pédagogique)

Dans leurs travaux longitudinaux auprès de cohortes d’étudiants (115 participants dans l’étude de 1993 ; répliqué en 1994), Patton et Mannison ont démontré que l’instrument captait avec une grande finesse les modifications attitudinales consécutives à un programme universitaire semestriel sur la sexualité humaine. Les comparaisons pré-test et post-test ont montré une diminution statistiquement significative de l’adhésion aux mythes du viol et une augmentation de l’approbation de l’autonomie corporelle, confirmant la pertinence de l’échelle pour l’évaluation des apprentissages.

8. Fidélité / Reliability

La consistance interne du R-ATSI a été rigoureusement attestée lors des études de validation de Patton et Mannison (1995) :

  • Inventaire total : Le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 40 items de l’inventaire révisé atteint 0,85, ce qui témoigne d’une excellente consistance interne et confirme l’homogénéité globale du pool d’items tout en couvrant un spectre comportemental étendu.
  • Facteur 1 (Coercition et agression sexuelles) : L’alpha de Cronbach s’élève à 0,85 pour ses 12 items. Cette valeur élevée garantit que ce facteur peut être extrait et employé comme une échelle autonome de mesure de la tolérance à la coercition sexuelle dans les enquêtes épidémiologiques et criminologiques.
  • Facteur 2 (Attitudes envers les enjeux de la sexualité) : L’alpha de Cronbach se chiffre à 0,79 pour ses 8 items, ce qui reflète une fiabilité tout à fait satisfaisante pour une dimension explorant des thèmes diversifiés (avortement, masturbation, sexualité gériatrique).
  • Facteur 3 (Attitudes envers les rôles de genre) : L’alpha de Cronbach s’établit à 0,68 pour 5 items. Bien que légèrement inférieur au seuil conventionnel de 0,70, ce score demeure acceptable au regard du faible nombre d’items composant la dimension et de la nature hétérogène des normes sociales mesurées.

Les corrélations inter-items et les corrélations item-total corrigées confirment que les items inversés (items 4, 7, 13, 15, 19, 20, 23) contribuent harmonieusement à la fidélité globale sans introduire d’artéfact lié au style de réponse d’acquiescement.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du R-ATSI a été clarifiée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) menées sur l’échantillon de dérivation universitaire (Patton & Mannison, 1995). Les données initiales de l’échelle à 72 items issue de dix catégories d’attitudes avaient mis en relief des chevauchements conceptuels. L’analyse factorielle de l’instrument révisé à 40 items a révélé une solution dominée par trois facteurs clairs, stables et interprétables, complétée par deux facteurs résiduels moins univoques.

Répartition factorielle des items

  • Facteur 1 (Attitudes Toward Sexual Coercion and Assault) : Regroupe 12 items : 2, 5, 6, 13, 17, 18, 25, 27, 29, 33, 37, et 38. Ce facteur rend compte de la part la plus substantielle de la variance expliquée. Il présente des saturations élevées (typiquement > 0,45) pour les énoncés décrivant la contrainte physique lors des fréquentations, le blâme attribué à la victime vêtue de manière suggestive ou consommant de l’alcool, et l’idée selon laquelle les allégations de viol résulteraient d’un simple changement d’avis ultérieur.
  • Facteur 2 (Attitudes Toward Sexuality Issues) : Regroupe 8 items : 4, 7, 8, 15, 19, 20, 23, et 35. Ce facteur isole les prises de position relatives aux libertés reproductives et à la tolérance sociosexuelle. L’item 35 (« L’homosexualité masculine et féminine constitue une menace… ») présente une saturation croisée notable, étant partagé sur le plan conceptuel avec la dimension des rôles de genre.
  • Facteur 3 (Attitudes Toward Gender Roles) : Regroupe 5 items : 9, 28, 31, 32, et 35. Il capture la dimension des privilèges masculins, de l’asymétrie morale appliquée aux conduites féminines et du conservatisme normatif.

Les deux facteurs secondaires identifiés par Patton et Mannison n’offraient pas une clarté psychométrique suffisante pour justifier leur utilisation isolée en tant que sous-échelles autonomes, incitant les auteurs à préconiser l’exploitation ciblée des trois premiers facteurs ou du score total révisé.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation papier-crayon ou informatisé.
  • Format d’administration : Individuel ou collectif.
  • Nombre total d’items : 40 énoncés déclaratifs.
  • Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de Likert à 6 modalités, délibérément conçue sans point médian afin d’obliger le répondant à se positionner en faveur ou en défaveur de l’énoncé :
    • SA = Strongly Agree (Fortement d’accord)
    • A = Agree (D’accord)
    • MA = Mildly Agree (Légèrement d’accord)
    • MD = Mildly Disagree (Légèrement en désaccord)
    • D = Disagree (En désaccord)
    • SD = Strongly Disagree (Fortement en désaccord)
  • Modalités de cotation et inversion :
    • Pour éviter les biais de complaisance ou d’acquiescement systématique, plusieurs items sont rédigés selon une polarité inversée. Les items nécessitant une cotation inversée sont au nombre de 7 : 4, 7, 13, 15, 19, 20 et 23.
    • Les scores numériques sont attribués de 1 (Strongly Disagree) à 6 (Strongly Agree) pour les items directs, et de 6 (Strongly Disagree) à 1 (Strongly Agree) pour les items inversés (ou conventionnellement de 1 à 6 selon le sens de l’analyse factorielle retenue).
    • Interprétation des scores factoriels :
      • Facteur 1 (Coercition et agression) : Un score plus élevé indique une plus grande acceptation des mythes du viol et une plus grande tolérance envers la coercition sexuelle.
      • Facteur 2 (Enjeux de la sexualité) : Un score plus élevé indique des attitudes plus libérales, ouvertes et moins traditionnelles face à la sexualité.
      • Facteur 3 (Rôles de genre) : Un score plus élevé reflète une adhésion accrue aux rôles stéréotypés et traditionnels de genre.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication de la version révisée : 1995 (version initiale publiée en 1993).
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle de Wendy Patton et Mary Mannison, publiée sous l’égide du Journal of Sex Education and Therapy.
  • Conditions d’accès et tarification : L’échelle est mise à disposition gratuitement à des fins exclusives de recherche académique, d’enseignement universitaire et d’évaluation pédagogique sans but lucratif. L’intégration de l’échelle dans des logiciels commerciaux ou des protocoles payants requiert une autorisation explicite préalable.
  • Contact institutionnel pour les autorisations :

    Professeure Wendy Patton
    School of Learning and Development, Queensland University of Technology
    Kelvin Grove Campus 4059, Brisbane, Queensland, Australie
    Courriel : [email protected]

12. Références / References

  • Burt, M. R. (1980). Cultural myths and supports for rape. Journal of Personality and Social Psychology, 38(2), 217–230. https://doi.org/10.1037/0022-3514.38.2.217
  • Deitz, S. R., Blackwell, K. T., Daley, P. C., & Bentley, B. J. (1982). Measurement of empathy toward rape victims and rapists. Journal of Personality and Social Psychology, 43(2), 372–384. https://doi.org/10.1037/0022-3514.43.2.372
  • Dull, R. T., & Giacopassi, D. J. (1987). Demographic correlates of sexual and dating attitudes: A study of date rape. Criminal Justice and Behavior, 14(2), 175–193. https://doi.org/10.1177/0093854887014002004
  • Feild, H. S. (1978). Attitudes toward rape: A comparative analysis of police, rapists, crisis counselors, and citizens. Journal of Personality and Social Psychology, 37(2), 176–179. https://doi.org/10.1037/0022-3514.37.2.176
  • Gagnon, J. H., & Simon, W. (1973). Sexual conduct: The social sources of human sexuality. Aldine Publishing Company.
  • Giarusso, R., Johnson, P., Goodchild, J., & Zellman, G. (1979, avril). Adolescent cues and signals: Sexual assault [Communication orale]. Réunion annuelle de la Western Psychological Association, San Diego, CA, États-Unis.
  • Greiger, I., & Ponterotto, J. G. (1988). Students’ knowledge of AIDS and their attitudes toward gay men and lesbian women. Journal of College Student Development, 29(5), 415–422.
  • Hall, E. R., Howard, J. A., & Boezio, S. L. (1986). Tolerance of rape: A sexist or antisocial attitude? Psychology of Women Quarterly, 10(2), 101–118. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1986.tb00742.x
  • Herek, G. M. (1988). Heterosexuals’ attitudes toward lesbians and gay men: Correlates and gender differences. The Journal of Sex Research, 25(4), 451–477. https://doi.org/10.1080/00224498809551476
  • Patton, W., & Mannison, M. (1993). Effects of a university subject on attitudes towards human sexuality. Journal of Sex Education and Therapy, 19(2), 93–107. https://doi.org/10.1080/01614576.1993.11074073
  • Patton, W., & Mannison, M. (1994). Investigating attitudes towards sexuality: Two methodologies. Journal of Sex Education and Therapy, 20(3), 185–197. https://doi.org/10.1080/01614576.1994.11074117
  • Patton, W., & Mannison, M. (1995). Sexuality attitudes: A review of the literature and refinement of a new measure. Journal of Sex Education and Therapy, 21(4), 268–295. https://doi.org/10.1080/01614576.1995.11074163
  • Spence, J. T., Helmreich, R., & Stapp, J. (1973). A short version of the Attitudes Toward Women Scale (AWS). Bulletin of the Psychonomic Society, 2(4), 219–220. https://doi.org/10.3758/BF03329252

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Some girls will only respond sexually if a little force is used.
2

Women falsely report rape in order to call attention to themselves.
3

Engaging in sex, e.g., for athletes, does not affect their energy and concentration.
4

A woman’s decision to have an abortion is a good enough reason to have one.
5

A girl will often pretend she doesn’t want intercourse because she doesn’t want to seem loose, but she’s really hoping the guy will force her.
6

In the majority of rapes, the woman already has a bad reputation.
7

Children should be encouraged to accept the practice of masturbation.
8

Easily accessible abortion will probably cause people to become unconcerned and careless.
9

There’s nothing wrong with a little sweet talk to get what you want.
10

A woman cannot be forced to have intercourse against her will.
11

The primary goal of sexual intercourse should be to have children.
12

Sexual inaccessibility of a man’s partner is a common cause of child sexual abuse in the home.
13

It’s not okay for a guy to pressure for more sex even if he thinks the girl has led him on.
14

Normal males can commit rape.
15

Children should be ignored if found playing “doctors and nurses” or other games of sexual exploration. □ □ □ □ □ □
16

It doesn’t hurt children to have a little bit of sex play with their older relatives.
17

If the couple have dated a long time, it’s only natural for the guy to pressure her for sex.
18

Women who are raped are usually a little to blame for the crime.
19

The elderly in nursing homes should have as much sexual access to each other as they want.
20

Contraceptives should be readily available to teenagers.
21

Even if the guy gets sexually excited, it’s not okay for him to use force.
22

Rape is usually planned and premeditated.
23

Masturbation is a normal sexual activity throughout life.
24

Women should receive preferential treatment right now to make up for past discrimination.
25

If a guy spends a lot of money on a girl, he’s got a right to expect a few sexual favours.
26

Forcing a woman to have sex when she doesn’t want to is rape.
27

A woman who initiates a sexual encounter will probably have sex with anybody.
28

Being whistled at in public is like getting a compliment.
29

You can’t blame a guy for not listening when the girl changes her mind at the last minute.
30

No woman harbours a secret desire to be raped.
31

Sexuality education probably leads to experimentation and increased sexual activity.
32

Intoxication among women is worse than among men.
33

A girl should give in to a guy’s advances so as not to hurt his feelings.
34

Rape has nothing to do with an uncontrollable desire for sex.
35

Male and female homosexuality is a threat to many of society’s institutions.
36

If there are rules about corporal punishment in schools, they should apply equally to boys and girls.
37

If a girl engages in necking or petting and she lets things get out of hand, it is her own fault if her partner forces sex on her.
38

A woman who claims she was raped by a man she knows can be described as a “woman who changed her mind afterward.”
39

Most adults who contract AIDS get pretty much what they deserve. □ □ □ □ □ □
40

No clubs should be allowed to refuse membership, terms, or conditions of membership on the basis of gender.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Inventaire révisé des attitudes envers la sexualité. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-revise-des-attitudes-envers-la-sexualite
Looti, Mohammed. “Inventaire révisé des attitudes envers la sexualité.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-revise-des-attitudes-envers-la-sexualite.
Looti, Mohammed. “Inventaire révisé des attitudes envers la sexualité.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-revise-des-attitudes-envers-la-sexualite.