Inventaire d’excitabilité sexuelle et Inventaire d’excitabilité sexuelle — Élargi

L’Inventaire d’excitabilité sexuelle (SAI) et sa version élargie (SAI-E) sont des instruments de référence évaluant l’excitation érotique et l’anxiété sexuelle à travers 28 situations intimes.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire d’excitabilité sexuelle (Sexual Arousability Inventory [SAI] ; Hoon, Hoon, & Wincze, 1976) et sa version étendue, l’Inventaire d’excitabilité sexuelle — Élargi (Sexual Arousability Inventory—Expanded [SAI-E] ; Chambless & Lifshitz, 1984), constituent des instruments psychométriques d’auto-évaluation majeurs conçus pour quantifier la réactivité érotique et l’anxiété sexuelle face à une diversité de stimuli et de contextes érotiques. Le SAI initial se compose de 28 items décrivant des scénarios sensoriels, relationnels et intimes, évalués par le répondant sur une échelle de type Likert en 7 points allant de -1 (« entrave l’excitation ; impensable, répulsif, distrayant ») à 5 (« provoque toujours l’excitation sexuelle ; extrêmement excitant »). Le SAI-E enrichit ce paradigme en administrant la même grille de 28 items selon deux axes distincts et orthogonaux : une dimension d’excitabilité sexuelle (arousability) et une dimension d’anxiété sexuelle (anxiety), cette dernière étant cotée sur une échelle bipolaire symétrique allant de -1 (« relaxant, apaisant ») à 5 (« provoque toujours de l’anxiété ; extrêmement anxiogène »).

Les propriétés psychométriques du SAI et du SAI-E démontrent une cohérence interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,88 et 0,92 pour l’échelle d’excitabilité selon les cohortes cliniques et non cliniques, et atteignant 0,94 pour la dimension d’anxiété. La fidélité test-retest varie de 0,69 sur un intervalle de 8 semaines à plus de 0,97 pour les versions abrégées de 14 items (Formes A et B) sur un intervalle de 3 semaines. La validité de construit est étayée par des corrélations robustes avec la conscience des changements physiologiques génitaux, la fréquence des rapports et de l’orgasme, la satisfaction sexuelle subjective, ainsi que par une capacité discriminante nette entre populations asymptomatiques et patientes consultant pour des dysfonctions sexuelles. L’analyse factorielle met en évidence une structure multidimensionnelle stable (englobant les préliminaires, la sensualité non coïtale, les interactions génitales, les activités médiées par la pornographie et la masturbation). Le SAI et le SAI-E représentent des instruments de référence tant dans la recherche sexologique que dans l’évaluation clinique de l’efficacité thérapeutique.

2. Mots-clés / Keywords

excitabilité sexuelle, anxiété sexuelle, psychométrie, évaluation clinique, dysfonction sexuelle, comportement sexuel, sexualité féminine, échelle de Likert, validité discriminante, auto-évaluation sexologique

3. Auteurs / Authors

L’instrument original et ses déclinaisons ont été élaborés par des chercheurs de premier plan en sexologie clinique et en psychologie comportementale :

  • Emily Franck Hoon, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse en psychopathologie et sexologie, affiliée à l’Université de Floride (Gainesville, Floride, États-Unis) et directrice de REM Consults (adresse de correspondance : 2531-C NW 41st Street, Gainesville, FL 32606 ; courriel : efhoon@remconsults).
  • Peter W. Hoon, Ph.D. : Chercheur et co-auteur des premiers travaux de validation psychométrique du SAI, ayant contribué de façon substantielle aux études multivariées sur les styles d’expression sexuelle féminine.
  • John P. Wincze, Ph.D. : Professeur de psychiatrie et de comportement humain à la Brown University Medical School, pionnier de l’évaluation physiologique et comportementale des troubles sexuels.
  • Dianne L. Chambless, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à l’Université de Pennsylvanie (University of Pennsylvania, Philadelphie, États-Unis), autorité mondiale sur les troubles anxieux, la thérapie comportementale et la co-développeuse du Sexual Arousability Inventory—Expanded (SAI-E).
  • Judith L. Lifshitz, Ph.D. : Collaboratrice de recherche aux côtés de Dianne Chambless dans l’analyse factorielle et la validation différentielle du SAI-E auprès de populations estudiantines et communautaires.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’élaboration du Sexual Arousability Inventory (SAI) réside dans le comblement d’un déficit méthodologique critique au sein de la sexologie expérimentale et clinique des années 1970 : l’absence d’outils standardisés, quantitatifs et psychométriquement fiables pour mesurer la propension d’un individu à expérimenter l’excitation sexuelle psychologique et somatique face à des stimuli érotiques spécifiques. Historiquement, la recherche sexologique dépendait soit de mesures physiologiques invasives en laboratoire (comme la photopléthysmographie vaginale ou la pléthysmographie pénienne), difficilement généralisables aux contextes de vie quotidienne, soit d’entretiens anamnestiques rétrospectifs dépourvus d’indices de fidélité standardisés. Le SAI a ainsi été conceptualisé pour offrir une mesure auto-rapportée standardisée de la réactivité érotique globale et circonstancielle.

Au-delà de l’évaluation transversale de l’excitation, l’avènement du Sexual Arousability Inventory—Expanded (SAI-E) s’est avéré indispensable pour intégrer une conceptualisation bidimensionnelle du fonctionnement érotique. Dans la pratique psychothérapeutique, les praticiens rencontrent fréquemment des patients chez qui l’inhibition sexuelle ne découle pas d’une absence intrinsèque d’excitabilité, mais plutôt d’une réactivité anxiogène aiguë interférant avec la cascade des réponses physiologiques autonomes. Le SAI-E permet d’évaluer de façon conjointe, mais indépendante, dans quelle mesure les mêmes stimuli érotiques (par exemple, le contact génital manuel, la fellation ou le cunnilingus, la danse sensuelle, ou l’exposition à du matériel pornographique) suscitent simultanément ou alternativement de l’excitation érotique et/ou de la détresse psychologique. Cette distinction est cruciale dans le diagnostic différentiel du trouble de l’intérêt pour le sexe ou de l’excitation sexuelle et des troubles sexuels avec douleur ou anxiété d’évitement (tels que le vaginisme ou l’anxiété de performance).

Sur le versant des applications cliniques, le SAI et le SAI-E remplissent trois fonctions majeures :

  • Dépistage et diagnostic différentiel : La comparaison des scores globaux et sectoriels d’un client par rapport aux tables normatives permet d’établir si le niveau d’excitabilité se situe sous le seuil psychopathologique (le score moyen des femmes présentant une dysfonction sexuelle s’alignant typiquement autour du 5e percentile des cohortes saines ; Hoon et al., 1976).
  • Personnalisation de la formulation de cas : En examinant le profil item par item, le thérapeute identifie précisément les classes de comportements érotiques qui déclenchent une anxiété inhibitrice disproportionnée (par exemple, aversion circonscrite aux stimuli visuels explicites ou détresse associée aux préliminaires orogénitaux), guidant directement le protocole de désensibilisation systématique ou de sensate focus (focalisation sensorielle).
  • Mesure des résultats thérapeutiques (Outcome Research) : Le test possède une excellente sensibilité au changement thérapeutique induit par des interventions sexocorporelles, comportementales ou psychoéducatives (Murphy et al., 1980). L’utilisation alternée des formes abrégées équivalentes de 14 items (Formes A et B) permet des évaluations répétées au cours du suivi sans induire de biais de mémorisation ou d’apprentissage substantiel.

En recherche fondamentale, le SAI-E fournit un cadre analytique puissant pour disséquer les liens unissant l’excitabilité sexuelle aux attitudes socioculturelles, à l’orientation sexuelle, aux styles d’attachement, aux antécédents de cohabitation maritale (Hoon & Hoon, 1982) ou aux impacts psychosexuels d’affections médicales chroniques (Flax, 1980).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit théorique opérationnalisé par le SAI et le SAI-E repose sur une modélisation multidimensionnelle de la réponse sexuelle humaine perçue, définie à l’intersection de la réactivité cognitive, affective et sensorielle aux inducteurs érotiques. Contrairement aux approches réductionnistes assimilant l’excitation sexuelle à une réponse purement génito-vasculaire réflexe, le modèle sous-jacent au SAI postule que l’excitabilité sexuelle (sexual arousability) représente une disposition psychologique stable caractérisée par l’intensité des sentiments subjectifs d’excitation, d’érotisme et d’appétence suscités par l’anticipation ou la réalisation d’activités sexuelles variées.

Dans la formulation étendue du SAI-E, deux macro-construits orthogonaux sont mesurés en parallèle :

1. L’Excitabilité Sexuelle Subjective (Arousability)

Ce construit traduit la valence hédonique positive et l’activation psychophysiologique ressenties par le participant face à des indices érotiques. Il est opérationnalisé comme un continuum allant d’un impact délétère ou répulsif (-1) à une induction érotique maximale et constante (5). Les recherches factorielles (Chambless & Lifshitz, 1984 ; Coleman et al., 1983) confirment que cette disposition ne se manifeste pas de façon monolithique mais se subdivise en plusieurs facettes érotiques distinctes :

  • Comportements érotiques dyadiques et intimité génitale : Évalue l’excitation induite par des stimulations génitales directes au sein du couple (par exemple, la stimulation des organes génitaux par la langue et la bouche, le toucher digital, le rapport coïtal proprement dit).
  • Sensualité non génitale et préliminaires : Mesure la réactivité aux caresses physiques, aux baisers passionnés avec contact lingual, au déshabillage mutuel et aux contacts corporels globaux (comme le fait de danser intimement ou d’être effleuré au niveau de la face interne des cuisses).
  • Stimulation visuelle et auditive : Réflexe érotique conditionné par la vision de la nudité du partenaire, l’échange de regards érotisés, ou la perception des gémissements et soupirs émis lors de l’orgasme de l’autre.
  • Stimuli médiés et auto-érotisme : Inclut la réactivité face aux représentations explicites (films pornographiques, récits ou poésies érotiques, spectacles d’effeuillage) et l’activité auto-érotique solitaire (masturbation).

2. L’Anxiété Sexuelle Situationnelle (Sexual Anxiety)

La dimension d’anxiété sexuelle, intégrée au sein du SAI-E, quantifie l’inconfort émotionnel, l’appréhension cognitive et la tension physiologique vécus lors de l’exposition potentielle ou réelle aux mêmes 28 situations érotiques. Elle s’échelonne d’un effet apaisant ou décontractant (-1) à une anxiété sévère, panique ou perturbatrice (5). Il est empiriquement démontré que l’anxiété sexuelle évaluée par le SAI-E n’est pas corrélée de manière significative avec l’anxiété-trait générale mesurée par des inventaires cliniques classiques (Burgess & Krop, 1978). Cela démontre qu’il s’agit d’une entité nosologique spécifique et contextuelle, circonscrite à la sphère psychosexuelle.

L’indépendance statistique entre l’excitabilité et l’anxiété sexuelle est une caractéristique fondamentale du modèle : un individu peut présenter un niveau d’excitabilité élevé pour certains stimuli tout en ressentant une anxiété aiguë face à d’autres (ou même simultanément face aux mêmes stimuli, phénomène courant dans l’ambivalence érotique et les conflits intrapsychiques liés à la culpabilité sexuelle).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du SAI et du SAI-E s’enracine dans la convergence de la théorie de l’apprentissage social et comportemental, des modèles cognitivo-émotionnels de la sexologie contemporaine initiés par William Masters et Virginia Johnson, et des paradigmes de la psychologie différentielle de l’activation (arousal).

Dans la perspective bio-comportementale et sexocorporelle de Masters et Johnson (1966, 1970), le cycle de la réponse sexuelle humaine (excitation, plateau, orgasme, résolution) est appréhendé comme une fonction physiologique naturelle susceptible d’être compromise par des mécanismes d’inhibition psychologique. Parmi ces facteurs perturbateurs, le rôle de « spectateur » (spectatoring) et l’anxiété de performance constituent des freins centraux qui désactivent le système nerveux parasympathique au profit d’une hyperactivation sympathique défensive. Hoon et ses collaborateurs ont traduit ce postulat en affirmant que l’excitabilité sexuelle est le reflet d’un conditionnement opérant et classique au sein duquel les stimuli intimes ont acquis une valeur renforçatrice positive (érotisante) ou aversive (inhibitrice).

Parallèlement, l’apport conceptuel de Dianne L. Chambless s’inscrit dans les modèles cognitivo-comportementaux de l’anxiété et de l’évitement. Selon ce prisme, l’inhibition sexuelle ne relève pas nécessairement d’une défaillance biologique sous-jacente, mais plutôt d’une réponse conditionnée d’anxiété où les sensations somatiques d’éveil physiologique (accélération cardiaque, vasodilatation, respiration accélérée) sont interprétées de manière catastrophiste ou entachées de honte et de culpabilité socioreligieuse intériorisée. Le SAI-E opérationnalise le modèle bifactoriel où excitation et anxiété fonctionnent comme deux systèmes régulateurs en interaction dynamique : le système d’approche érotique (appétitif) et le système d’inhibition comportementale (défensif), préfigurant les modèles contemporains de double contrôle de la réponse sexuelle théorisés ultérieurement par Bancroft et Janssen.

7. Validité / Validity

Les données psychométriques accumulées lors des études de standardisation et des réplications indépendantes démontrent des indices de validité particulièrement probants :

Validité de Construit et Critérielle (Échantillons Féminins)

Dans l’étude princeps de Hoon, Hoon et Wincze (1976), la validité de construit de l’échelle d’excitabilité (SAI) a été établie par des corrélations statistiquement significatives avec quatre variables critères théoriquement fondamentales :

  • La perception fine et la conscience des modifications physiologiques génitales survenant au cours de la stimulation sexuelle.
  • Le niveau subjectif de satisfaction globale quant à sa propre réactivité sexuelle.
  • La fréquence moyenne des rapports sexuels au cours des périodes d’activité intime.
  • Le nombre total d’expériences coïtales antérieures au mariage.

Dans une étude menée par Burgess et Krop (1978) auprès de 74 femmes hétérosexuelles, les scores au SAI corrélaient positivement avec la satisfaction relative à la fréquence des rapports et l’adhésion à des attitudes hétérosexuelles positives, tout en affichant une corrélation inverse significative avec l’anxiété sexuelle situationnelle et l’anxiété-trait.

Validité Discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à différencier les populations cliniques des populations tout-venant. Hoon et al. (1976) ont constaté que les femmes consultant en clinique pour des dysfonctions sexuelles avérées obtenaient des scores moyens au SAI se situant au niveau du 5e percentile de la cohorte normale de validation, illustrant une discrimination diagnostique robuste. Par ailleurs, des analyses d’items comparatives ont identifié des patrons de réponses distincts selon le sexe (Hoon & Hoon, 1977), l’expérience préalable de cohabitation conjugale (Hoon & Hoon, 1982), l’orientation sexuelle (Coleman et al., 1983), et les styles individuels d’expression érotique (Hoon & Hoon, 1978).

Validité de la Dimension Anxiété (SAI-E)

Chambless et Lifshitz (1984) ont confirmé la validité convergente et prédictive de la sous-échelle d’anxiété auprès de deux échantillons féminins indépendants. Conformément aux hypothèses des auteurs :

  • Au sein d’un échantillon d’étudiantes universitaires ($N = 252$), un niveau d’expérience sexuelle plus étendu était significativement corrélé à une diminution des scores d’anxiété sexuelle (tau de Kendall $tau = -0,14$, $p < 0,01$).
  • Dans un échantillon de femmes issues de la communauté ($N = 90$), une fréquence plus élevée d’orgasmes coïtaux était significativement associée à des niveaux d’anxiété sexuelle substantiellement plus faibles ($tau = -0,25$, $p < 0,001$).

Note relative aux cohortes masculines : Bien que le SAI-E soit administré aux hommes sans adaptation textuelle, les données de validation empirique publiées demeurent restreintes aux groupes féminins dans les études initiales des auteurs.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du SAI et du SAI-E a été examinée à travers l’évaluation de la consistance interne, la méthode du partage de test (split-half) et la stabilité temporelle par test-retest :

Cohérence Interne et Split-Half (Dimension Excitabilité)

  • Échantillon de validation initial ($N = 151$) : Coefficient alpha de Cronbach $\alpha = 0,91$ ; coefficient de split-half corrigé par la formule de Spearman-Brown de $0,92$ (Hoon et al., 1976).
  • Échantillon de contre-validation ($N = 134$) : Alpha de Cronbach $\alpha = 0,92$ ; coefficient split-half de Spearman-Brown de $0,92$.
  • Réplication indépendante : Chambless et Lifshitz (1984) ont obtenu un coefficient split-half corrigé de $0,94$ auprès d’un échantillon géographique distinct de 252 étudiantes, confirmant la grande robustesse structurelle du test.

Stabilité Temporelle (Test-Retest)

Sur un sous-échantillon de 48 participantes réévaluées après un intervalle temporel de 8 semaines, le coefficient de fidélité test-retest s’est établi à $r = 0,69$ (Hoon et al., 1976), témoignant d’une stabilité temporelle modérée à satisfaisante pour un construit influencé par les fluctuations contextuelles et relationnelles.

Fidélité des Formes Abrégées de 14 Items

Flax (1980) a évalué les propriétés métrologiques des versions réduites (Forme A et Forme B) auprès de 158 femmes mariées (dont la moitié avaient subi une iléostomie). Les résultats attestent d’une excellente consistance interne :

  • Forme A : $\alpha = 0,88$ ; fidélité test-retest à 3 semaines ($N = 39$) : $r = 0,97$.
  • Forme B : $\alpha = 0,86$ ; fidélité test-retest à 3 semaines ($N = 39$) : $r = 0,98$.

Fidélité de la Dimension Anxiété (SAI-E)

Pour la cotation de l’anxiété sexuelle, l’analyse split-half menée auprès de 252 étudiantes universitaires par Chambless et Lifshitz (1984) a mis en évidence un coefficient de fidélité corrigé exceptionnel de $0,94$.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Plusieurs séries d’analyses factorielles exploratoires ont été conduites pour sonder l’architecture interne du SAI et du SAI-E selon les populations cibles :

Structure Factorielle de l’Excitabilité Féminine

Les analyses factorielles menées indépendamment sur les données de l’échantillon initial (Hoon et al., 1976) et sur la cohorte de confirmation de Chambless et Lifshitz (1984) ont toutes deux abouti à une solution hautement convergente en cinq facteurs majeurs dotés de saturations factorielles stables :

  1. Facteur 1 : Activités de préliminaires et sensualité partagée (effleurements non génitaux, baisers profonds, déshabillage mutuel).
  2. Facteur 2 : Interactions orogénitales et manipulations génitales avancées (cunnilingus, fellation, stimulation digitale clitoridienne).
  3. Facteur 3 : Consommation de stimuli visuels explicites et médias érotiques (films pornographiques, revues, récits suggestifs).
  4. Facteur 4 : Intimité physique et coït (coït vaginal, partage de la couche, manifestations d’orgasme chez le partenaire).
  5. Facteur 5 : Auto-érotisme (masturbation solitaire et fantasmes associés).

Invariance et Spécificités selon l’Orientation Sexuelle

Coleman, Hoon et Hoon (1983) ont soumis les réponses de 407 femmes lesbiennes à une analyse factorielle du SAI. Cette démarche a extrait six dimensions sous-jacentes. Trois de ces facteurs étaient strictement analogues à ceux identifiés au sein des populations hétérosexuelles (préliminaires généraux, médias érotiques, auto-érotisme), tandis que les trois autres reflétaient les pratiques et scénarios érotiques propres aux relations lesbiennes : un facteur ciblé sur les stimulations génitales spécifiques, un facteur centré sur les activités sexuelles orales, et un facteur distinct focalisé sur la vision du corps nu de la partenaire.

Analyse en Composantes Principales de l’Échelle d’Anxiété

Chambless et Lifshitz (1984) ont conduit une analyse en composantes principales assortie d’une rotation oblique sur les réponses d’anxiété fournies par 252 étudiantes. Trois facteurs cohérents expliquant 61 % de la variance totale ont émergé :

  • Facteur 1 (45 % de la variance) : Facteur général centré sur les rapports sexuels coïtaux et les préliminaires amoureux intimes, caractérisé par l’exclusion des activités pornographiques ou masturbatoires.
  • Facteur 2 (12 % de la variance) : Anxiété spécifiquement associée à l’exposition au matériel pornographique et à la pratique de la masturbation.
  • Facteur 3 (5 % de la variance) : Anxiété focalisée sur les stimulations génitales directes non coïtales (tactiles et orogénitales).

Fait remarquable, les deux facteurs impliquant les interactions érotiques avec un partenaire montraient une corrélation négative modeste avec le facteur d’anxiété liée à la masturbation, soulignant des patterns de réactivité anxiogène structurellement différenciés.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous un format standardisé prêt pour l’administration clinique ou scientifique :

  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory) pouvant également être administré par classement de cartes (card sort format) en passation individuelle assistée.
  • Nombre d’items :
    • Version intégrale SAI / SAI-E : 28 items comportementaux décrivant des situations et activités sexuelles précises.
    • Formes abrégées d’excitabilité : Forme A (14 items désignés par un astérisque dans l’échelle complète) et Forme B (les 14 items restants, interchangeables pour un suivi répété).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou formulaire numérique informatisé.
  • Temps de passation moyen :
    • Environ 10 minutes pour la complétion des deux dimensions du SAI-E (28 items cotés deux fois).
    • Moins de 5 minutes pour l’administration d’une forme abrégée de 14 items.
  • Échelle de réponse (Excitabilité Sexuelle) : Échelle de type Likert en 7 points :
    • -1 = Nuit à l’excitation ; impensable, répulsif, distrayant (adversely affects arousal; unthinkable, repulsive, distracting)
    • 0 = N’affecte pas l’excitation sexuelle (doesn’t affect sexual arousal)
    • 1 = Suscite éventuellement une excitation sexuelle (possibly causes sexual arousal)
    • 2 = Provoque parfois une excitation sexuelle ; légèrement excitant (sometimes causes sexual arousal; slightly arousing)
    • 3 = Provoque habituellement une excitation sexuelle ; modérément excitant (usually causes sexual arousal; moderately arousing)
    • 4 = Presque toujours sexuellement excitant ; très excitant (almost always sexually arousing; very arousing)
    • 5 = Provoque toujours une excitation sexuelle ; extrêmement excitant (always causes sexual arousal; extremely arousing)
  • Échelle de réponse (Anxiété Sexuelle – SAI-E uniquement) : Échelle de type Likert en 7 points :
    • -1 = Relaxant, apaisant (relaxing, calming)
    • 0 = Aucune anxiété (no anxiety)
    • 1 = Suscite éventuellement un peu d’anxiété (possibly causes some anxiety)
    • 2 = Provoque parfois de l’anxiété ; légèrement anxiogène (sometimes causes anxiety; slightly anxiety producing)
    • 3 = Provoque habituellement de l’anxiété ; modérément anxiogène (usually causes anxiety; moderately anxiety producing)
    • 4 = Presque toujours anxiogène ; très anxiogène (almost always causes anxiety; very anxiety producing)
    • 5 = Provoque toujours de l’anxiété ; extrêmement anxiogène (always causes anxiety; extremely anxiety producing)
  • Algorithme de Cotation et Scoring :
    • Le score brut d’Excitabilité est calculé en effectuant la somme arithmétique des 28 cotes de la colonne excitabilité, en soustrayant la valeur absolue des réponses cotées « -1 » (ou en sommant les valeurs algébriques : $(-1) + 0 + 1 + dots + 5$). L’amplitude théorique s’étend de -28 à +140.
    • Le score brut d’Anxiété se calcule de manière identique par la sommation algébrique des 28 cotes de la colonne anxiété (valeurs allant également de -28 à +140).
  • Données Normatives de Référence (Moyennes et Écarts-types) :
    • Femmes hétérosexuelles (Groupe de validation, N = 370, âge moyen = 25,8 ans) : Excitabilité $M = 82,00$ ($SD = 23,30$).
    • Étudiantes universitaires (N = 252, âge moyen = 18,91 ans) : Excitabilité $M = 78,93$ ($SD = 24,84$) ; Anxiété $M = 34,34$ ($SD = 33,14$).
    • Femmes issues de la communauté (N = 90, âge moyen = 26,26 ans) : Excitabilité $M = 99,14$ ($SD = 14,27$) ; Anxiété $M = 6,36$ ($SD = 16,11$).
    • Femmes lesbiennes (N = 371, âge moyen = 28,20 ans) : Excitabilité $M = 92,34$ ($SD = 14,37$).
    • Hommes hétérosexuels (N = 205, âge moyen = 25,80 ans) : Excitabilité $M = 90,60$ ($SD = 14,70$).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’inventaire original (SAI) a été publié pour la première fois en 1976 par Emily Franck Hoon, Peter W. Hoon et John P. Wincze au sein de la revue Archives of Sexual Behavior. Sa version étendue (SAI-E) a été documentée et validée scientifiquement en 1984 par Dianne L. Chambless et Judith L. Lifshitz dans The Journal of Sex Research.

Conformément aux pratiques des publications scientifiques de cette époque, les items de l’échelle ont été rendus publics dans les articles originaux à des fins de recherche académique et d’application clinique non commerciale. L’utilisation des instruments dans le cadre de projets de recherche universitaire ou d’interventions thérapeutiques individuelles est généralement libre de redevances financières directes, sous réserve de la citation rigoureuse et formelle des publications originales selon les normes de l’American Psychological Association. Les auteurs originaux, notamment le Dr Emily Franck Hoon, ont mis à disposition les protocoles complets, les données factorielles et les tables normatives détaillées auprès des chercheurs qualifiés. Toute intégration au sein d’une plateforme commerciale ou d’un logiciel payant requiert une autorisation écrite préalable auprès des ayants droit ou des éditeurs détenteurs des droits de publication.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent les publications scientifiques de référence relatives à la construction, à la validation psychométrique et aux applications cliniques du SAI et du SAI-E :

  • Burgess, D., & Krop, H. (1978, October). The relationship between sexual arousability, heterosexual attitudes, sexual anxiety, and general anxiety in women. Communication présentée à la réunion régionale du Sud-Est de l’American Association of Sex Educators, Counselors and Therapists (AASECT), Asheville, NC.
  • Chambless, D. L., & Lifshitz, J. L. (1984). Self-reported sexual anxiety and arousal: The Expanded Sexual Arousability Inventory. The Journal of Sex Research, 20(3), 241–254. https://doi.org/10.1080/00224498409551223
  • Coleman, E., Hoon, P. W., & Hoon, E. F. (1983). Arousability and sexual satisfaction in lesbian and heterosexual women. The Journal of Sex Research, 19(1), 58–73. https://doi.org/10.1080/00224498309551168
  • Flax, C. C. (1980). Comparison between married women with ileostomies and married women without ileostomies on sexual anxiety, control, arousability and fantasy (Thèse de doctorat inédite). New York University, New York.
  • Hoon, E. F., & Hoon, P. W. (1977, September). Sexual differences between males and females on a self-report measure. Communication présentée au Fifth Annual Canadian Sex Research Forum, Banff, Alberta.
  • Hoon, E. F., & Hoon, P. W. (1978). Styles of sexual expression in women: Clinical implications of multivariate analyses. Archives of Sexual Behavior, 7(2), 106–116. https://doi.org/10.1007/BF01542380
  • Hoon, E. F., Hoon, P. W., & Wincze, J. P. (1976). The SAI: An inventory for the measurement of female sexual arousability. Archives of Sexual Behavior, 5(4), 291–300. https://doi.org/10.1007/BF01542081
  • Hoon, P. W., & Hoon, E. F. (1982). Effects of experience in cohabitation on erotic arousability. Psychological Reports, 50(1), 255–258. https://doi.org/10.2466/pr0.1982.50.1.255
  • Masters, W. H., & Johnson, V. E. (1966). Human sexual response. Little, Brown and Company.
  • Masters, W. H., & Johnson, V. E. (1970). Human sexual inadequacy. Little, Brown and Company.
  • Murphy, W., Coleman, E., Hoon, E. F., & Scott, C. (1980). Sexual dysfunction and treatment in alcoholic women. Sexuality and Disability, 3(4), 240–255. https://doi.org/10.1007/BF01101905

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: The experiences in this inventory may or may not be sexually arousing to you. There are no right or wrong answers. Read each item carefully, and then circle the number which indicates how sexually aroused you feel when you have the described experience, or how sexually aroused you think you would feel if you actually experienced it. Be sure to answer every item. If you aren’t certain about an item, circle the number than seems about right. Rate feelings of arousal according to the scale below.
1

possibly causes sexual arousal
2

sometimes causes sexual arousal; slightly arousing
3

usually causes sexual arousal; moderately arousing
4

almost always sexually arousing; very arousing
5

always causes sexual arousal; extremely arousing
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Looti, M. (2026, octobre 18). Inventaire d’excitabilité sexuelle et Inventaire d’excitabilité sexuelle — Élargi. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-excitabilite-sexuelle-sai-sai-e
Looti, Mohammed. “Inventaire d’excitabilité sexuelle et Inventaire d’excitabilité sexuelle — Élargi.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-excitabilite-sexuelle-sai-sai-e.
Looti, Mohammed. “Inventaire d’excitabilité sexuelle et Inventaire d’excitabilité sexuelle — Élargi.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-excitabilite-sexuelle-sai-sai-e.