Inventaire du pardon d’Enright – Version américaine

L’Inventaire du pardon d’Enright (EFI-US) est un instrument psychométrique mesurant le pardon interpersonnel à travers six dimensions affectives, cognitives et comportementales.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Inventaire du pardon d’Enright – Version américaine (Enright Forgiveness Inventory – U.S. Version, EFI-US) constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et les plus largement validés au niveau international pour mesurer le degré de pardon accordé par un individu envers un offenseur précis dans le cadre d’un préjudice interpersonnel concret. Développé initialement par le professeur Robert D. Enright et le méthodologue Michael J. Subkoviak aux côtés de leurs collaborateurs à l’Université du Wisconsin à Madison, cet instrument opérationnalise le pardon comme un construit tridimensionnel intégrant les sphères affective, cognitive et comportementale. Fondé sur un modèle conceptuel rigoureux issu de la philosophie morale et de la psychologie du développement, l’inventaire postule que le véritable pardon implique à la fois le dépassement actif des réponses négatives (ressentiment, hostilité, jugements de condamnation, conduites de vengeance ou d’évitement) et l’émergence progressive de réponses positives (compassion, bienveillance, considération morale) envers la personne responsable du tort subi.

L’instrument comprend 60 items répartis de façon équilibrée sur six sous-échelles de 10 items chacune : l’Absence d’Affects Négatifs (NA), la Présence d’Affects Positifs (PA), l’Absence de Jugements/Cognitions Négatifs (NC), la Présence de Jugements/Cognitions Positifs (PC), l’Absence de Comportements Négatifs (NB) et la Présence de Comportements Positifs (PB). Les répondants expriment leur degré d’accord à l’aide d’une échelle de type Likert en 6 points. Les propriétés psychométriques de l’EFI-US, établies sur des échantillons normatifs diversifiés d’étudiants universitaires et de parents adultes, démontrent une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre .93 et .98 pour l’ensemble des sous-échelles ainsi que pour le score global (alpha de .98). La fidélité test-retest à quatre semaines varie de .67 à .86. La validité convergente et la sensibilité clinique de l’outil ont été amplement démontrées par des corrélations négatives robustes avec l’anxiété état-trait et la symptomatologie dépressive, ainsi que par sa capacité à mesurer les gains thérapeutiques lors d’interventions psychologiques axées sur le pardon.

2. Mots-clés

Pardon interpersonnel, Inventaire du pardon d’Enright, EFI-US, psychométrie, évaluation psychologique, régulation émotionnelle, affectivité positive, cognitions négatives, santé mentale, thérapie du pardon, relations interpersonnelles, psychologie du développement.

3. Auteurs

L’Inventaire du pardon d’Enright a été conçu et validé par une équipe de chercheurs de l’Université du Wisconsin à Madison, sous la direction scientifique de deux personnalités majeures de la psychologie contemporaine :

  • Robert D. Enright, Ph.D. : Professeur titulaire au département de psychopédagogie (Department of Educational Psychology) de l’Université du Wisconsin à Madison. Considéré comme le pionnier de l’étude scientifique du pardon en psychologie, le Dr Enright est le titulaire de la chaire Aristote en science du pardon. Ses travaux théoriques et empiriques ont structuré ce champ de recherche depuis le milieu des années 1980. Il est également le cofondateur de l’International Forgiveness Institute (IFI). Courriel institutionnel : [email protected].
  • Michael J. Subkoviak, Ph.D. : Professeur émérite de méthodologie et de psychométrie au département de psychopédagogie de l’Université du Wisconsin à Madison. Spécialiste reconnu de la théorie de la mesure, de la théorie classique des tests et de la modélisation statistique appliquée aux sciences sociales et du comportement.
  • Collaborateurs de recherche du Madison Forgiveness Project : Plusieurs chercheurs et doctorants ont pris une part active dans la formulation initiale des items, la standardisation et les études de validation transculturelle, notamment Craig R. Baskin, Ching-Ru Lin, Maria S. Santos et Anthony Holter. Des collaborations ultérieures avec Michael E. McCullough ont enrichi l’évaluation clinique et l’analyse de l’efficacité interventionnelle de l’échelle.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Inventaire du pardon d’Enright (EFI-US) est d’offrir une mesure quantitative, standardisée et théoriquement cohérente du degré auquel une personne pardonne à une cible interpersonnelle désignée à la suite d’un préjudice réel, injuste et psychologiquement douloureux. Dans les relations humaines, les transgressions graves — telles que l’infidélité, la trahison amicale, les violences intrafamiliales, l’abandon ou les humiliations professionnelles — engendrent des bouleversements profonds. Afin d’étudier scientifiquement ces processus, la communauté des chercheurs avait un besoin impérieux d’un instrument capable de différencier le pardon authentique des mécanismes d’adaptation superficiels ou défensifs.

L’EFI-US a été pensé pour pallier les lacunes méthodologiques des mesures antérieures, souvent restreintes à des questions uniques (p. ex., « À quel point avez-vous pardonné à X ? »), intrinsèquement vulnérables au biais de désirabilité sociale, ou réduisant le pardon à une simple déclaration cognitive d’apaisement. L’échelle évalue le pardon sous forme de continuum opérationnel, ancré dans un contexte contextuel spécifique : le sujet identifie d’abord clairement l’auteur de l’offense et la nature de la blessure subie avant d’auto-évaluer ses états affectifs, ses jugements cognitifs et ses intentions comportementales actuels.

Sur le plan clinique, l’inventaire remplit une fonction diagnostique et d’évaluation pronostique. Il permet aux praticiens de cartographier avec précision les dimensions qui résistent au processus de guérison : un patient peut, par exemple, avoir cessé toute conduite hostile envers un proche (absence de comportement négatif) tout en continuant à nourrir une haine inextinguible (présence d’affects négatifs persistants) ou un mépris profond (cognitions négatives). Dans le cadre de la thérapie du pardon développée par Enright et ses collègues, l’EFI sert d’outil d’évaluation pré- et post-intervention, offrant une quantification objective des progrès thérapeutiques et de la résolution de la rancœur.

Sur le plan de la recherche, l’EFI-US permet d’explorer les retombées du pardon sur la santé psychologique et somatique. La littérature empirique a montré que le maintien d’une rancune chronique s’accompagne d’une activation physiologique délétère, d’une hyperréactivité du système nerveux sympathique et d’une augmentation des risques de troubles cardio-vasculaires, d’états anxieux et d’épisodes dépressifs majeurs. En fournissant une métrique fiable, l’instrument permet aux épidémiologistes, psychologues de la santé et sociologues d’analyser les mécanismes médiateurs et modérateurs reliant l’amnistie psychologique de l’offenseur à la restauration du bien-être global.

5. Construit psychologique

L’EFI-US repose sur une conceptualisation tripartie et bidirectionnelle du pardon. Conformément à la définition formalisée par Subkoviak et al. (1995), le pardon interpersonnel se définit comme la volonté délibérée d’abandonner son droit légitime au ressentiment, au jugement négatif et aux représailles envers une personne qui nous a injustement offensé, tout en favorisant le développement de sentiments de bienveillance, de pensées généreuses et d’actes constructifs à son égard. Le construit est articulé autour de six sous-échelles complémentaires :

1. Absence d’Affects Négatifs (Negative Affect – NA)

Cette dimension mesure la diminution, voire l’élimination complète, des émotions toxiques et aversives ressenties à l’égard de l’offenseur. Face à une trahison, l’individu éprouve spontanément de la rage, de la colère, de la répulsion, de l’amertume et de l’hostilité. L’absence d’affects négatifs traduit l’atténuation de ces charges émotionnelles viscérales. Un score élevé sur cette dimension (après inversion des items négatifs) indique que l’individu ne ressent plus d’agressivité brûlante ou d’aversion venimeuse envers la personne incriminée.

2. Présence d’Affects Positifs (Positive Affect – PA)

Le pardon d’Enright ne se résume pas à un état de neutralité affective froide. Cette sous-échelle évalue l’émergence d’émotions positives, telles que la chaleur relationnelle, la compassion, l’empathie, la sympathie ou la tendresse morale envers l’offenseur en tant qu’être humain partageant la condition humaine. L’acquisition d’un affect positif envers une personne qui a été la source d’une blessure profonde constitue l’un des jalons les plus distinctifs et exigeants du modèle d’Enright.

3. Absence de Cognitions Négatives (Negative Cognition – NC)

Cette composante examine le renoncement aux pensées dépréciatives, aux jugements de condamnation absolue, aux ruminations rancunières et aux fantasmes de punition ou de ruine ciblant l’auteur du tort. Un individu pardonnant cesse de définir l’offenseur uniquement par sa mauvaise action et cesse de le considérer comme intrinsèquement mauvais ou dénué de toute valeur morale.

4. Présence de Cognitions Positives (Positive Cognition – PC)

Cette dimension capte les représentations mentales positives orientées vers l’autre, incluant le respect de sa dignité humaine fondamentale, l’attribution d’intentions bienveillantes pour son avenir (p. ex., lui souhaiter de réussir ou de trouver la paix) et la reconnaissance de ses qualités positives résiduelles. Le sujet pardonnant réintègre l’offenseur dans la communauté morale humaine.

5. Absence de Comportements Négatifs (Negative Behavior – NB)

Cette échelle évalue l’inhibition des conduites de vengeance, d’agression verbale, de diffamation publique, d’ostracisme actif ou de représailles directes et indirectes. Elle traduit la décision de ne pas rendre le mal pour le mal et de s’abstenir de tout comportement cherchant à rabaisser ou blesser l’autre.

6. Présence de Comportements Positifs (Positive Behavior – PB)

Enfin, cette sous-échelle capture les intentions ou les actes concrets de bienveillance, de soutien, de courtoisie ou d’aide matérielle/morale envers l’offenseur. Il convient de souligner que, dans l’approche théorique d’Enright, le comportement positif n’implique pas obligatoirement la réconciliation relationnelle : un individu peut pardonner intérieurement et manifester une considération civile sans s’exposer à nouveau à des comportements dangereux ou abusifs si l’offenseur demeure malveillant.

6. Cadre théorique

L’Inventaire du pardon d’Enright s’enracine dans la tradition philosophique aristotélicienne et dans les théories du développement moral issues des travaux de Jean Piaget et de Lawrence Kohlberg. Enright et ses collaborateurs ont conceptualisé le pardon comme une vertu morale qui se déploie à travers un processus développemental progressif plutôt que comme un simple acte volitif instantané.

Sur le plan philosophique, le modèle s’appuie sur la distinction nette entre le pardon et d’autres notions fréquemment confondues dans le langage courant :

  • Le pardon n’est pas l’oubli : Oublier relève d’un processus mnésique ou d’un refoulement involontaire, tandis que le pardon s’exerce en pleine lucidité face au souvenir explicite de l’injustice.
  • Le pardon n’est pas l’excuse ou la justification : Excuser implique de considérer que l’offenseur n’était pas entièrement responsable ou qu’il avait des circonstances atténuantes. Le pardon s’applique précisément lorsque l’offenseur est pleinement coupable d’un acte injustifiable.
  • Le pardon n’est pas la réconciliation : La réconciliation exige la restauration de la confiance et implique les deux parties (la réciprocité). Le pardon est une vertu unilatérale qui dépend exclusivement de la victime, indépendamment des excuses ou des remords de l’offenseur.
  • Le pardon n’est pas l’abandon de la justice : Pardonner n’interdit pas de rechercher une réparation légale ou une sanction judiciaire proportionnée.

Sur le plan psychologique, Enright a élaboré le célèbre Process Model of Forgiveness (modèle développemental du processus de pardon), composé de quatre phases interdépendantes regroupant vingt étapes opérationnelles :

  1. La phase de dévoilement (Uncovering Phase) : La victime prend conscience des mécanismes de défense déployés (déni, projection), affronte la colère, la honte, les ruminations cognitives et l’altération de sa vision du monde provoquées par la blessure.
  2. La phase de décision (Decision Phase) : Constatant que les stratégies antérieures de vengeance ou d’amertume ne soulagent pas sa détresse, la victime envisage le pardon comme une alternative éthique et prend l’engagement conscient de cheminer vers le pardon.
  3. La phase de travail (Work Phase) : Cette étape active implique la mise en œuvre de la prise de perspective cognitive, du recadrage moral de l’offenseur dans son histoire de vie, et du développement de l’empathie et de la compassion. C’est durant cette phase que se transforment concrètement les trois composantes mesurées par l’EFI-US (affects, jugements et comportements).
  4. La phase d’approfondissement (Deepening Phase) : La victime découvre un sens renouvelé dans l’épreuve traversée, prend conscience de sa propre vulnérabilité et de son besoin passé de pardon, expérimente une libération émotionnelle profonde et s’ouvre à une nouvelle transcendance existentielle.

7. Validité

La validité psychométrique de l’EFI-US a été examinée de manière approfondie à travers de multiples protocoles méthodologiques décrits par Subkoviak et al. (1995) et corroborés par des recherches indépendantes subséquentes, notamment celles de McCullough (1995).

Validité de construit et corrélations inter-échelles

Les analyses corrélationnelles démontrent que les six sous-échelles de l’EFI-US présentent une forte cohérence conceptuelle interne. Les coefficients d’intercorrélation de Pearson entre les sous-échelles varient de r = .80 à r = .87 (p < .001). Cette forte intercorrélation corrobore la prémisse théorique selon laquelle les sphères affective, cognitive et comportementale du pardon évoluent de manière concertée au cours du processus psychologique de résolution de l’offense, tout en apportant chacune un éclairage factoriel distinct sur l’état du participant.

Validité convergente

Pour établir la validité convergente, Subkoviak et al. (1995) ont mis en relation les sous-échelles et le score global de l’EFI-US avec un item critère unique administré en fin de protocole : « Dans quelle mesure avez-vous pardonné à la personne que vous venez d’évaluer ? ». Les corrélations obtenues se sont révélées robustes et modérément élevées, s’échelonnant entre r = .60 et r = .68 (p < .001). Les auteurs ont souligné la force probante de ces indices, d’autant plus remarquable que l’item critère unique souffre naturellement des limites de fidélité propres aux mesures monopoint.

Validité discriminante et contrôle de la désirabilité sociale

La validité discriminante a été testée en mesurant la corrélation de l’EFI-US avec l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne (Crowne & Marlowe, 1960). Les corrélations se sont avérées non significatives ou faibles, attestant que l’inventaire ne mesure pas une simple propension à se présenter sous un jour favorable ou moralement conforme, mais évalue fidèlement l’expérience intérieure de pardon.

Validité de critère liée à la santé mentale et validité prédictive

Conformément aux hypothèses théoriques stipulant que le pardon réduit la toxicité du stress relationnel, l’EFI a été corrélé avec des mesures cliniques validées :

  • Anxiété (STAI) : Pour l’ensemble de l’échantillon, le score global de l’EFI présente une corrélation négative statistiquement significative avec le niveau d’anxiété (r = -.15, p < .01). Cette association est notablement amplifiée chez les participants ayant rapporté un préjudice d’une gravité initiale extrême (r = -.25). De plus, chez les répondants mariés évaluant une offense commise par leur conjoint, le pardon est fortement corrélé négativement avec l’anxiété-trait (r = -.53, p < .001) et l’anxiété-état (r = -.44, p < .001).
  • Dépression (BDI) : Bien qu’aucune corrélation générale n’ait été observée sur la totalité de l’échantillon tout-venant avec l’inventaire de dépression de Beck (BDI), une corrélation négative statistiquement significative a été mise en évidence chez les adultes ayant subi un tort grave causé par un membre de leur propre famille : la sous-échelle d’absence d’affects négatifs s’est révélée fortement inversement corrélée au score de dépression.

Sensibilité à l’intervention thérapeutique

McCullough (1995) a fourni un soutien déterminant à la validité d’intervention de l’EFI en comparant des participants assignés à un séminaire clinique de pardon à des sujets placés sur liste d’attente (groupe contrôle). Les résultats ont mis en évidence une augmentation hautement significative des scores totaux à l’EFI chez les participants ayant bénéficié de l’intervention, prouvant l’excellente sensibilité de l’outil pour détecter les changements cliniques induits par les protocoles psychothérapeutiques.

8. Fidélité

La fidélité de l’Inventaire du pardon d’Enright a fait l’objet d’évaluations rigoureuses reposant sur l’estimation de la consistance interne et la stabilité temporelle (test-retest).

Consistance interne

Les données psychométriques issues de l’échantillon de standardisation de 394 personnes (Subkoviak et al., 1995) ont mis en évidence des niveaux de cohérence interne exceptionnellement élevés pour l’ensemble des dimensions :

  • Affects Positifs (PA) : $\alpha = .96$
  • Affects Négatifs (NA) : $\alpha = .95$
  • Comportements Positifs (PB) : $\alpha = .96$
  • Comportements Négatifs (NB) : $\alpha = .93$
  • Cognitions Positives (PC) : $\alpha = .96$
  • Cognitions Négatives (NC) : $\alpha = .95$
  • Score Total EFI : $\alpha = .98$

Ces coefficients alpha oscillant entre .93 et .98 ont été répliqués de manière indépendante par McCullough (1995), confirmant l’excellente homogénéité des items composant l’échelle et l’extrême précision de la mesure.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été analysée auprès d’un sous-échantillon d’étudiants ayant complété l’EFI-US à deux reprises avec un intervalle de quatre semaines. Les coefficients de fidélité test-retest se sont échelonnés entre r = .67 pour la sous-échelle des Comportements Négatifs et r = .86 pour le score total de l’échelle. Ces résultats démontrent une très bonne stabilité relative, tout en préservant la sensibilité requise pour capter l’évolution naturelle ou thérapeutique du processus de pardon dans le temps.

9. Analyse factorielle

Le développement initial des items de l’EFI s’est appuyé sur une méthode de génération rationnelle et déductive, issue du modèle conceptuel a priori du pardon. Un groupe d’experts et d’étudiants gradués spécialisés dans l’étude du pardon a initialement rédigé un ensemble de 150 items (25 items pour chacune des 6 sous-composantes théoriques). À la suite d’analyses d’items rigoureuses (corrélations item-total, indices de discrimination et élimination des ambiguïtés sémantiques), le pool a été réduit aux 60 items finaux (10 items par sous-échelle).

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) conduites sur les matrices de données ont mis en exergue une organisation hiérarchique complexe :

  • Structure de premier ordre : L’analyse factorielle révèle l’émergence des six facteurs de premier ordre correspondant fidèlement aux dimensions théoriques : Absence d’Affects Négatifs, Présence d’Affects Positifs, Absence de Cognitions Négatives, Présence de Cognitions Positives, Absence de Comportements Négatifs et Présence de Comportements Positifs. Les saturations factorielles des items sur leurs facteurs respectifs sont très homogènes et dépassent fréquemment le seuil de .65, sans saturations croisées problématiques majeures.
  • Structure de second ordre et facteur général : En raison des intercorrélations élevées observées entre les six dimensions (r compris entre .80 et .87), un modèle factoriel de second ordre comportant un facteur général de pardon s’ajuste de façon remarquable aux données. Cette architecture factorielle autorise formellement les utilisateurs de l’échelle à utiliser à la fois les scores distincts des sous-échelles pour une finesse diagnostique accrue et le score total pour une appréciation globale du construit.
  • Invariance de mesure : Des études factorielles comparatives menées par Enright et son équipe internationale (au Brésil, en Israël, en Corée du Sud, en Arabie Saoudite, à Taïwan et aux États-Unis) soutiennent l’universalité transculturelle de la structure factorielle sous-jacente, indiquant que la distinction entre versants affectif, cognitif et comportemental traverse les frontières culturelles et linguistiques.

10. Instrument de mesure

L’EFI-US est un auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé, conçu pour être rempli de manière autonome sans prérequis technique particulier de la part de l’examinateur.

Caractéristiques formelles

  • Type de test : Auto-évaluation standardisée sur continuum situationnel.
  • Format : Échelle papier-crayon ou numérique.
  • Nombre d’items : 60 items d’évaluation substantive (complétés par un questionnaire introductif sur les caractéristiques de l’offense et un item critère unique final).
  • Format de réponse : Échelle de type Likert en 6 points :
    • 1 = Pas du tout d’accord (strongly disagree)
    • 2 = Pas d’accord (disagree)
    • 3 = Légèrement pas d’accord (slightly disagree)
    • 4 = Légèrement d’accord (slightly agree)
    • 5 = D’accord (agree)
    • 6 = Tout à fait d’accord (strongly agree)

Procédure de cotation et calcul des scores

  • Inversion des items négatifs : Tous les items composant les sous-échelles d’Absence d’Affects Négatifs (NA), d’Absence de Cognitions Négatives (NC) et d’Absence de Comportements Négatifs (NB) doivent être inversés avant le calcul des scores (le score 1 devient 6, le score 2 devient 5, le score 3 devient 4, etc.). Ainsi, un score chiffré plus élevé reflète systématiquement un niveau de pardon supérieur.
  • Scores des sous-échelles : La somme des 10 items respectifs permet d’obtenir six scores de sous-échelle, dont les valeurs s’échelonnent de 10 à 60 points chacune.
  • Score total de pardon : La somme combinée de l’ensemble des 60 items (après inversion des énoncés négatifs) génère un score total de pardon oscillant entre 60 et 360 points.

Données normatives de référence (Subkoviak et al., 1995)

L’échantillon normatif initial regroupait 394 participants (204 étudiantes et 190 étudiants d’âge moyen 22 ans, accompagnés de leurs parents de même sexe d’âge moyen 49 ans) :

  • Affects Positifs (PA) : Moyenne = 36.73 ; Écart-type = 14.14 ; $\alpha = .96$
  • Affects Négatifs (NA) : Moyenne = 39.60 ; Écart-type = 13.97 ; $\alpha = .95$
  • Comportements Positifs (PB) : Moyenne = 43.89 ; Écart-type = 12.76 ; $\alpha = .96$
  • Comportements Négatifs (NB) : Moyenne = 43.12 ; Écart-type = 11.71 ; $\alpha = .93$
  • Cognitions Positives (PC) : Moyenne = 45.18 ; Écart-type = 12.16 ; $\alpha = .96$
  • Cognitions Négatives (NC) : Moyenne = 48.02 ; Écart-type = 11.76 ; $\alpha = .95$
  • Score Total EFI : Moyenne = 256.55 ; Écart-type = 69.43 ; $\alpha = .98$

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 1995 (étude de standardisation dans le Journal of Adolescence).
  • Auteur et détention des droits : Robert D. Enright, Ph.D., Department of Educational Psychology, University of Wisconsin-Madison.
  • Disponibilité et licence d’utilisation : L’échelle intégrale, son manuel psychométrique officiel ainsi que les clés de cotation détaillées sont distribués par l’intermédiaire de l’International Forgiveness Institute (Madison, WI) ou via la plateforme d’évaluation psychométrique Mind Garden.
  • Tarification : L’accès à l’instrument implique des frais de licence nominals pour l’acquisition du manuel et des droits de reproduction par répondant dans les contextes de recherche académique ou de pratique clinique. Des tarifs préférentiels ou des dérogations pour étudiants chercheurs sont fréquemment consentis sur demande motivée adressée au Dr Enright.
  • Contact officiel : Dr Robert D. Enright, Department of Educational Psychology, University of Wisconsin-Madison, 1025 West Johnson Street, Madison, WI 53706-1796, États-Unis.

12. Références

  • Beck, A. T., & Steer, R. A. (1987). Manual for the revised Beck Depression Inventory. Psychological Corporation. https://doi.org/10.1037/t00742-000
  • Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1960). A new scale of social desirability independent of psychopathology. Journal of Consulting Psychology, 24(4), 349–354. https://doi.org/10.1037/h0047358
  • Enright, R. D., & Fitzgibbons, R. P. (2000). Helping clients forgive: An empirical guide for resolving anger and restoring hope. American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10381-000
  • Enright, R. D., & the Human Development Study Group. (1991). The moral development of forgiveness. Dans W. Kurtines & J. Gewirtz (Eds.), Handbook of moral behavior and development (Vol. 1, pp. 123–152). Lawrence Erlbaum Associates.
  • McCullough, M. E. (1995). Forgiveness as altruism: Toward a social-psychological theory of forgiveness and tests of its validity (Thèse de doctorat inédite). Virginia Commonwealth University, Richmond, VA.
  • Subkoviak, M. J., Enright, R. D., Wu, C. R., Gassin, E. A., Freedman, S., Olson, L. M., & Sarinopoulos, I. (1995). Measuring interpersonal forgiveness in late adolescence and middle adulthood. Journal of Adolescence, 18(6), 641–655. https://doi.org/10.1006/jado.1995.1045
  • Subkoviak, M. J., Enright, R. D., Wu, C. R., Gassin, E. A., Santiesteban, S., Freedman, S., & Sarinopoulos, I. (1992, avril). Measuring interpersonal forgiveness: Studies of college students and their parents. Communication présentée au congrès annuel de l’American Educational Research Association (AERA), San Francisco, CA.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:
Items are scored on a 6-point Likert-type scale (1 = strongly disagree, 2 = disagree, 3 = slightly disagree, 4 = slightly agree, 5 = agree, and 6 = strongly agree). Items on the absence of affect, cognition, and behavior scales are reversed scored so that higher scores on all subscales indicate greater forgiveness. Items can be summed in two ways. First, items on each subscale can be summed to derive a set of six subscale scores, with scores ranging from 10 to 60. Second, all 60 items can be summed (after the negative items have been reverse scored) to derive a total score, with scores ranging from 60 to 360.

Scale Items:

  1. 73
  2. 60
  3. 89
  4. 18
  5. 02
  6. 43
★

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Looti, M. (2026, octobre 17). Inventaire du pardon d’Enright – Version américaine. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-du-pardon-denright-version-americaine
Looti, Mohammed. “Inventaire du pardon d’Enright – Version américaine.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-du-pardon-denright-version-americaine.
Looti, Mohammed. “Inventaire du pardon d’Enright – Version américaine.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-du-pardon-denright-version-americaine.