Inventaire du modèle sur le changement climatique

Guide psychométrique complet du Climate Change—Model Inventory (CC-MI) développé par Zahra Asgarizadeh, Robert Gifford et Lauren Colborne. Analyse théorique, validité, fidélité et inventaire des items pour l’évaluation de l’anxiété climatique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire du modèle sur le changement climatique (Climate Change—Model Inventory, CC-MI), élaboré par Zahra Asgarizadeh, Robert Gifford et Lauren Colborne (2023) à l’Université de Victoria, constitue un modèle de mesure psychométrique novateur conçu pour cartographier et quantifier les déterminants multifactoriels de l’anxiété liée au changement climatique (couramment désignée sous le terme d’éco-anxiété). L’instrumentation totale intègre un ensemble harmonisé de 60 items répartis au sein de sept sous-échelles distinctes : les connaissances objectives relatives au climat, l’expérience personnelle des impacts environnementaux, la symptomatologie de l’anxiété généralisée, la perception du risque climatique, l’inquiétude face au réchauffement planétaire, la fréquence d’exposition aux médias d’information environnementale, et l’anxiété climatique spécifique.

Développé et validé auprès d’un échantillon représentatif d’adultes nord-américains résidant au Canada et aux États-Unis, le modèle s’appuie sur une structure d’évaluation composite combinant des formats de réponse dichotomiques (vrai/faux pour les connaissances factuelles) et des échelles de type Likert variant de 4 à 9 points d’ancrage selon les dimensions évaluées. Sur le plan psychométrique, les différentes échelles démontrent une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach s’échelonnant de α = 0,85 à α = 0,95, attestant d’une excellente cohérence des mesures composites. Cet inventaire se distingue par sa capacité à isoler la part de détresse psychologique spécifiquement imputable aux dérèglements climatiques par rapport aux troubles anxieux généralisés préexistants, fournissant ainsi aux chercheurs et aux cliniciens un cadre empirique rigoureux pour évaluer la charge émotionnelle associée à la crise écologique globale contemporaine.

2. Mots-clés / Keywords

Anxiété climatique, éco-anxiété, perception du risque environnemental, connaissances climatiques, inquiétude écologique, exposition médiatique, psychologie environnementale, détresse psychologique, modèle de mesure, fidélité psychométrique, anxiété généralisée, adaptation comportementale.

3. Auteurs / Authors

L’inventaire a été conçu et validé par une équipe de chercheurs rattachée au département de psychologie de l’Université de Victoria (Colombie-Britannique, Canada) :

  • Zahra Asgarizadeh, Ph.D. : Département de psychologie, Université de Victoria, Victoria, Colombie-Britannique, Canada. Spécialiste des processus d’évaluation cognitive et affective des risques environnementaux globaux.
  • Robert Gifford, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie et d’études environnementales, Département de psychologie, Université de Victoria. Chercheur pionnier en psychologie environnementale, reconnu internationalement pour ses travaux sur les barrières psychologiques à l’action climatique (« Dragons of Inaction »). Identifiant ORCID : 0000-0002-2764-3810. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Lauren Colborne, M.Sc. : Département de psychologie, Université de Victoria, Victoria, Colombie-Britannique, Canada. Spécialiste de la modélisation statistique et de l’analyse des interactions affectives face aux crises socio-écologiques.

Adresse de correspondance : Robert Gifford, University of Victoria, Department of Psychology, P.O. Box 1700 STN CSC, Victoria, British Columbia, V8W 2Y2, Canada. Courriel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Climate Change—Model Inventory (CC-MI) est de fournir une modélisation empirique intégrée capable d’élucider la dynamique causale et prédictive sous-tendant l’émergence de l’anxiété liée au changement climatique. Au cours de la dernière décennie, la montée en puissance des événements météorologiques extrêmes, couplée à une couverture médiatique omniprésente et alarmante, a entraîné une prolifération de manifestations de détresse psychologique au sein des populations générales. Toutefois, la recherche souffrait jusqu’alors d’une fragmentation conceptuelle : l’anxiété climatique était souvent évaluée de manière isolée, sans contrôle rigoureux des niveaux de pathologie anxieuse générale sous-jacente, ni prise en compte conjointe des facteurs cognitifs, expérientiels et informationnels.

Sur le plan de la recherche fondamentale, le CC-MI a été formulé pour vérifier dans quelle mesure la connaissance objective des mécanismes du réchauffement, l’exposition directe aux désastres écologiques, la sensibilité médiatique, l’évaluation de la gravité des risques et l’inquiétude globale interagissent pour prédire une perturbation fonctionnelle et émotionnelle cliniquement significative. L’instrument vise à répondre à une question théorique majeure : l’anxiété climatique découle-t-elle principalement d’un déficit ou d’un excès de connaissances factuelles, d’un traumatisme direct issu d’événements environnementaux locaux, ou d’une surexposition indirecte par les flux d’information numériques et sociaux ?

Sur le plan clinique et appliqué, l’inventaire offre un outil diagnostique et d’évaluation différentielle d’une valeur inestimable. Alors que les professionnels de la santé mentale sont de plus en plus sollicités par des individus en détresse existentielle face à l’avenir de la biosphère, il devient impératif de distinguer une réponse affective adaptative et rationnelle (l’inquiétude constructive) d’une forme d’anxiété invalidante marquée par des ruminations incontrôlables, des insomnies et une altération du fonctionnement social et professionnel. En incorporant l’échelle standardisée du trouble d’anxiété généralisée (GAD-7), l’inventaire permet d’isoler la variance clinique préexistante, garantissant que l’éco-anxiété mesurée ne soit pas un simple artefact d’une prédisposition névrotique globale.

Enfin, cet inventaire soutient l’élaboration de politiques publiques et de programmes de communication environnementale. En quantifiant l’impact des différents canaux d’information médiatique sur la santé mentale des citoyens, il permet d’identifier les modes de diffusion d’informations susceptibles de motiver l’engagement pro-environnemental sans induire une paralysie anxieuse contre-productive ou une détresse psychologique débilitante.

5. Construit psychologique / Construct

Le CC-MI repose sur une architecture multidimensionnelle articulée autour de sept construits psychologiques interdépendants. Chacun de ces construits opérationnalise une composante spécifique de l’expérience cognitive, affective ou comportementale face à la crise écologique :

1. Connaissances relatives au changement climatique (Climate Change Knowledge)

Ce construit évalue le degré d’exactitude factuelle et scientifique que possède l’individu concernant les mécanismes du climat global, adapté des travaux de Tobler et al. (2012). Il se décline en quatre facettes cognitives :

  • Connaissances physiques : compréhension des propriétés radiatives des gaz à effet de serre (ex. comparaison du potentiel de réchauffement entre le CO2 et le méthane).
  • Causes : identification de l’origine anthropique des émissions de gaz et des trajectoires de concentrations atmosphériques depuis la révolution industrielle.
  • Conséquences : anticipation correcte des impacts biophysiques futurs, tels que la fonte des glaces polaires, l’élévation du niveau marin et la fréquence accrue des catastrophes extrêmes.
  • Connaissances orientées vers l’action : discernement des sources technologiques et énergétiques directes d’émissions (ex. émissions nulles de CO2 durant l’exploitation des centrales nucléaires).

2. Expérience personnelle des impacts climatiques (Personal Experience of Climate Change)

Inspirée des travaux de Clayton et Karaszia (2020), cette dimension mesure la proximité spatio-temporelle et le vécu phénoménologique direct de la dégradation écologique. Elle capte l’atteinte corporelle, matérielle ou psychologique subie par l’individu ou ses proches (ex. avoir été directement affecté par un feu de forêt, un épisode d’inondation, ou observer la disparition écologique d’un lieu d’attachement affectif).

3. Anxiété généralisée (Generalized Anxiety Disorder – GAD)

Opérationnalisée via l’échelle clinique standardisée GAD-7 de Spitzer et al. (2006), cette sous-échelle quantifie les manifestations somatiques et cognitives d’anxiété non spécifique ressenties au cours des deux dernières semaines. L’évaluation porte explicitement sur les tracas du quotidien non liés au climat (nervosité, tension motrice, irritabilité, incapacité à contrôler ses soucis), servant de ligne de base psychopathologique discriminante.

4. Perception du risque climatique (Climate Change Risk Perception)

Fondée sur le paradigme psychométrique du risque environnemental formalisé par van der Linden (2015), cette dimension évalue l’estimation de la probabilité, de la proximité temporelle, de la gravité géographique et de la sévérité des conséquences du changement climatique pour soi-même, la société et les écosystèmes naturels.

5. Inquiétude face au réchauffement planétaire (Global Warming Worry)

Adapté des conceptualisations de Verplanken et al. (2020), ce construit appréhende la composante affective et prospective de l’appréhension écologique. Il mesure la fréquence à laquelle des pensées anxieuses émergent face à des menaces existentielles concrètes : perte massive de biodiversité, délitement des structures de civilisation, irréversibilité des seuils de basculement écologique et inertie néfaste de la société de consommation.

6. Exposition médiatique à l’information climatique (Media Exposure)

Ce construit novateur quantifie l’intensité fréquentielle et la diversité des canaux d’accès à l’actualité environnementale. Il examine l’exposition via les médias traditionnels (télévision, presse écrite), les plateformes numériques immersives (YouTube, réseaux sociaux algorithmiques, blogs spécialisés), la littérature scientifique évaluée par les pairs, ainsi que les réseaux relationnels interpersonnels (discussions familiales et collégiales).

7. Anxiété liée au changement climatique (Climate Change Anxiety)

Mesurée via les items d’impact fonctionnel et cognitif de l’échelle d’éco-anxiété de Clayton et Karaszia (2020), cette dimension finale incarne le critère d’aboutissement clinique : perturbations du sommeil, cauchemars récurrents, intrusions idéatoires perturbant la concentration au travail, conflits interpersonnels relatifs aux impératifs écologiques et ruminations métacognitives (« Pourquoi est-ce que je réagis ainsi ? »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du CC-MI s’ancre à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie cognitive, de la psychologie environnementale et de la psychopathologie contemporaine :

La théorie transactionnelle du stress et de l’adaptation (Lazarus & Folkman)

La théorie de l’évaluation cognitive (Lazarus & Folkman, 1984) postule que le stress psychologique et l’anxiété n’émergent pas directement de la menace brute, mais de la confrontation dialectique entre deux étapes d’évaluation :

  • L’évaluation primaire : l’individu estime la dangerosité, la gravité et l’imminence de la menace (opérationnalisée dans l’inventaire par la perception du risque et l’inquiétude climatique).
  • L’évaluation secondaire : l’individu évalue ses propres ressources cognitives, sociales et matérielles pour neutraliser la menace ou y faire face. Lorsque les répercussions du dérèglement écologique mondial dépassent immensément les capacités de contrôle individuel perçu, une anxiété existentielle invalidante se cristallise.

Le modèle des barrières psychologiques (« Dragons of Inaction »)

Formulé par Robert Gifford (2011), ce modèle théorique identifie plus de trente barrières cognitives, idéologiques et sociales qui entravent les comportements pro-environnementaux efficaces. Parmi ces mécanismes figurent la distance temporelle et spatiale perçue, l’optimisme comparatif illusoire et l’engourdissement affectif face à l’ampleur du problème. L’inventaire CC-MI prend le contre-pied positif de ce cadre : lorsque ces barrières psychologiques tombent — notamment sous l’effet d’une forte connaissance factuelle, d’une expérience concrète des catastrophes et d’une hyper-exposition médiatique —, l’individu se retrouve exposé sans filtre psychique à l’ampleur du péril, ce qui peut catalyser une anxiété aiguë.

Le modèle du traitement à double processus du risque (Slovic & Loewenstein)

Paul Slovic et ses collègues (2004) ont largement démontré que la perception du risque repose sur deux systèmes interactifs : le système analytique-délibératif (fondé sur des règles logiques, des calculs de probabilités et des preuves formelles) et le système expérientiel-affectif (rapide, intuitif et ancré dans des émotions viscérales, « le risque comme sentiment »). Le CC-MI opérationnalise cette dualité en distinguant les connaissances scientifiques formelles (système analytique) de l’inquiétude et du vécu direct de dévastation environnementale (système expérientiel).

La théorie de la motivation à se protéger (Protection Motivation Theory – PMT)

Initialement formulée par Rogers (1975), la PMT indique que la confrontation à des informations anxiogènes stimule une évaluation de la menace (sévérité et vulnérabilité perçues). Si cette évaluation n’est pas assortie d’un sentiment élevé d’auto-efficacité et d’efficacité de réponse, la menace génère des réactions de détresse psychologique désadaptative, de sidération ou d’évitement émotionnel défensif.

7. Validité / Validity

Bien que l’étude initiale d’Asgarizadeh, Gifford et Colborne (2023) présente le CC-MI dans le cadre d’un modèle structurel unifié sans publier une matrice de validation factorielle indépendante formalisée sous forme de tables exhaustives pour chaque sous-échelle, les analyses de validité de construit, convergente et discriminante s’appuient sur la robustesse établie des instruments sources et sur les corrélations observées entre variables latentes :

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de l’inventaire est attestée par les fortes intercorrélations statistiquement significatives observées entre la perception du risque climatique, l’inquiétude écologique et l’anxiété liée au changement climatique. Les participants rapportant une perception élevée de la sévérité des impacts futurs (van der Linden, 2015) présentent systématiquement des scores supérieurs sur l’échelle d’anxiété fonctionnelle et cognitive de Clayton et Karaszia (2020). De plus, l’exposition fréquente à l’information via les médias numériques et les publications scientifiques corrèle positivement avec l’acuité de la perception du risque, corroborant les postulats théoriques de la transmission vicariante du stress.

Validité discriminante

Un des atouts méthodologiques prééminents du CC-MI réside dans sa capacité démontrée à distinguer empiriquement l’anxiété climatique de l’anxiété généralisée pathologique. Bien qu’une corrélation positive modérée existe entre le GAD-7 et l’anxiété climatique (indiquant qu’un terrain anxieux sous-jacent majore la sensibilité à toute menace), l’analyse en régression hiérarchique et les modèles d’équations structurelles révèlent que l’anxiété climatique conserve une variance résiduelle unique substantielle. Les prédicteurs spécifiques tels que l’expérience personnelle d’un événement climatique extrême prédisent l’anxiété climatique même après contrôle statistique rigoureux des scores du GAD-7.

Validité prédictive

Dans l’échantillon nord-américain, le modèle structurel global prédit une part substantielle de la variance de l’anxiété climatique (R2 élevé). L’inquiétude environnementale et l’expérience personnelle ressortent comme les prédicteurs proximaux les plus puissants, tandis que les connaissances factuelles exercent un effet indirect médié par la perception accrue du danger.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés psychométriques de fidélité du Climate Change—Model Inventory témoignent d’une stabilité et d’une homogénéité exceptionnelles à travers l’ensemble des modules d’évaluation. L’analyse de la consistance interne, mesurée par le coefficient alpha de Cronbach (α), a fourni des indices élevés pour l’ensemble des sous-échelles multi-items :

  • Échelle globale et sous-échelles composites : Les valeurs de l’alpha de Cronbach s’échelonnent entre α = 0,85 et α = 0,95 au sein de l’échantillon d’adultes canadiens et états-uniens.
  • Consistance de l’échelle d’anxiété climatique (Clayton & Karaszia) : La dimension spécifique d’atteinte cognitive-émotionnelle et fonctionnelle approche α ≈ 0,90 à 0,93, confirmant l’homogénéité du construit de détresse psychologique liée au climat.
  • Consistance de l’échelle d’anxiété généralisée (GAD-7) : Conformément aux normes internationales établies par Spitzer et al. (2006), le GAD-7 maintient un coefficient supérieur à α = 0,89 dans ce protocole.
  • Consistance de l’échelle d’inquiétude climatique (Verplanken et al.) : L’inventaire des craintes environnementales spécifiques démontre un alpha avoisinant α = 0,91.
  • Échelle de perception du risque (van der Linden) : Les 8 items combinant gravité sociétale, menace personnelle et appréhension globale atteignent une cohérence interne de α ≥ 0,86.

Ces magnitudes statistiques reflètent un degré minime d’erreur de mesure non systématique et confirment que les items regroupés au sein de chaque pôle théorique convergent harmonieusement vers l’estimation de leur variable latente respective.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Dans les analyses publiées par Asgarizadeh, Gifford et Colborne (2023), l’instrumentation est formalisée sous la forme d’un Measurement Model (modèle de mesure factoriel de premier et second ordre) intégré à une modélisation par équations structurelles (SEM – Structural Equation Modeling) :

Structure factorielle du modèle de mesure

Le modèle conceptuel s’articule autour de facteurs latents distincts mais corrélés. Contrairement à une échelle unidimensionnelle simple, le CC-MI postule une architecture où les prédicteurs cognitifs, sensoriels et environnementaux constituent des construits factoriels exogènes alimentant des réactions affectives endogènes :

  • Facteur cognitif (Connaissances) : structure factorielle multifacette où les items dichotomiques saturent sur des composantes thématiques (causes, conséquences physiques, actions technologiques).
  • Facteur perceptuel et affectif (Perception du risque et Inquiétude) : les analyses confirmatoires valident l’indépendance factorielle entre l’estimation probabiliste et cognitive de la gravité (van der Linden) et la propension à la rumination affective récurrente face aux menaces planétaires (Verplanken).
  • Facteur d’éco-anxiété (Clayton & Karaszia) : les analyses factorielles confirmatoires menées sur ces items révèlent traditionnellement une structure bifactorielle composée d’un facteur d’altération fonctionnelle/comportementale (troubles du sommeil, baisse de concentration au travail, tensions familiales) et d’un facteur de ruminations émotionnelles (culpabilité, métacognitions anxieuses).

Les saturations factorielles standardisées (λ) pour les items d’anxiété climatique et de perception du risque dépassent couramment le seuil critique de 0,60, indiquant une excellente représentativité des indicateurs observés par rapport aux construits latents.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Climate Change—Model Inventory se caractérise par une administration flexible sous forme de questionnaire auto-rapporté en ligne ou sur support papier :

  • Type de test : Inventaire psychométrique multidimensionnel combinant évaluation cognitive objective, auto-évaluation clinique et échelle d’attitude écologique.
  • Nombre total d’items : 60 items répartis dans 7 modules autonomes.
  • Format de passation : Auto-administration individuelle (durée moyenne de passation : 15 à 22 minutes).
  • Population cible : Adultes (18 ans et plus), tout genre confondu. Validé auprès de populations civiles canadiennes et états-uniennes.
  • Modalités de réponse et cotation par sous-échelle :
    • Connaissances climatiques (11 items) : Format binaire : Correct (1 point) / Incorrect (0 point). Le score total reflète le niveau de littératie climatique objective.
    • Expérience personnelle (3 items) : Échelle de fréquence de type Likert en 5 points (1 = Jamais / Never à 5 = Presque toujours / Almost always).
    • Anxiété généralisée – GAD-7 (7 items) : Échelle d’intensité clinique en 4 points (1 = Jamais / Never à 4 = Presque tous les jours / Nearly every day). Cotation standardisée de 0 à 21 ou 7 à 28.
    • Perception du risque climatique (8 items) : Échelles sémantiques différentielles en 7 points d’ancrage (ex. 1 = Pas du tout préoccupé / Not concerned at all à 7 = Très préoccupé / Very concerned ; 1 = Pas sérieux du tout / Not serious at all à 7 = Très sérieux / Very serious).
    • Inquiétude face au réchauffement (10 items) : Échelle de fréquence en 5 points (1 = Jamais / Never à 5 = Presque toujours / Almost always).
    • Exposition médiatique (8 items) : Échelle ordinale en 9 points d’ancrage (1 = Jamais / Never, 2 = Moins d’une fois par semaine, 3 = Une fois par semaine, 4 = 2 à 3 jours par semaine, 5 = 4 à 6 jours par semaine, 6 = Une fois par jour, 7 = 2 à 5 fois par jour, 8 = 6 à 10 fois par jour, 9 = Plus de 10 fois par jour / More than 10 times per day).
    • Anxiété liée au changement climatique (13 items) : Échelle de Likert en 5 ou 7 points d’ancrage selon les variantes du protocole (1 = Jamais / Never à 5 ou 7 = Presque toujours / Almost always).
  • Calcul des scores et interprétation : Chaque sous-échelle génère un score composite indépendant (moyenne ou somme brute). L’absence de score global unique arbitraire préserve la spécificité clinique de chaque dimension prédictive au sein du modèle d’évaluation.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année d’introduction du modèle : 2023.
  • Droits d’auteur et permissions : Les items et le protocole expérimental sont protégés par le droit d’auteur de l’Elsevier Science / Journal of Environmental Psychology et des auteurs originaux. L’instrument est mis gracieusement à la disposition de la communauté académique internationale à des fins exclusives de recherche fondamentale et d’enseignement non commercial (Research and Teaching purposes).
  • Frais d’utilisation : Gratuit (aucun droit d’enregistrement ou redevance financière requis pour les travaux universitaires indépendants).
  • Modalités d’accès : L’utilisation dans le cadre de recherches cliniques ou d’enquêtes épidémiologiques requiert la citation appropriée de l’article princeps (Asgarizadeh et al., 2023). Pour les adaptations linguistiques ou projets de déploiement à large échelle, il est recommandé de contacter directement le Pr Robert Gifford ([email protected]).

12. Références / References

Les sources théoriques et méthodologiques ayant servi à l’élaboration et à la validation du Climate Change—Model Inventory sont répertoriées ci-dessous conformément aux normes bibliographiques de l’APA (7e édition) :

  • Asgarizadeh, Z., Gifford, R., & Colborne, L. (2023). Predicting climate change anxiety. Journal of Environmental Psychology, 90, 102087. https://doi.org/10.1016/j.jenvp.2023.102087
  • Clayton, S., & Karaszia, B. T. (2020). Development and validation of a measure of climate change anxiety. Journal of Environmental Psychology, 69, 101449. https://doi.org/10.1016/j.jenvp.2020.101449
  • Gifford, R. (2011). The dragons of inaction: Psychological barriers that limit climate change mitigation and adaptation. American Psychologist, 66(4), 290–302. https://doi.org/10.1037/a0023566
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Rogers, R. W. (1975). A protection motivation theory of fear appeals and attitude change. The Journal of Psychology, 91(1), 93–114. https://doi.org/10.1080/00223980.1975.9915803
  • Slovic, P., Finucane, M. L., Peters, E., & MacGregor, D. G. (2004). Risk as analysis and risk as feelings: Some thoughts about affect, reason, risk, and rationality. Risk Analysis, 24(2), 311–322. https://doi.org/10.1111/j.0272-4332.2004.00433.x
  • Spitzer, R. L., Kroenke, K., Williams, J. B., & Löwe, B. (2006). A brief measure for assessing generalized anxiety disorder: The GAD-7. Archives of Internal Medicine, 166(10), 1092–1097. https://doi.org/10.1001/archinte.166.10.1092
  • Tobler, C., Visschers, V. H., & Siegrist, M. (2012). Addressing climate change: Determinants of consumers’ willingness to act and to support policy measures. Journal of Environmental Psychology, 32(3), 197–207. https://doi.org/10.1016/j.jenvp.2012.02.001
  • van der Linden, S. (2015). The social-psychological determinants of climate change risk perception. Journal of Environmental Psychology, 41, 112–124. https://doi.org/10.1016/j.jenvp.2014.11.007
  • Verplanken, B., Marks, E., & Dobromir, A. I. (2020). On the nature of eco-anxiety: How constructive or unhelpful is habitual worry about global warming? Journal of Environmental Psychology, 72, 101528. https://doi.org/10.1016/j.jenvp.2020.101528

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les questions et énoncés administrés aux participants dans le cadre du Climate Change—Model Inventory sont présentés ci-dessous dans leur langue originale d’évaluation (anglais), conformément au protocole de recherche établi par les auteurs :

Subscale 1: Climate Change Knowledge

Response format: Correct (1) / Incorrect (0)

  1. Burning fossil fuels produce CO2.
  2. At the same quantity CO2 is more harmful to the climate than methane.
  3. The global concentration of CO2 in the atmosphere has increased during the past 250 years.
  4. Climate change is mainly caused by human activities.
  5. The global increase in temperature over the last century was the largest for the past 1000 years.
  6. The level of CO2 concentration in the atmosphere has occurred before in the past 650,000 years.
  7. For the next few decades, the majority of climate scientists expect a warmer climate to increase the melting of polar ice, which will lead to an overall rise of the sea level.
  8. For the next few decades, the majority of climate scientists expect the climate to change evenly all over the world.
  9. For the next few decades, the majority of climate scientists expect an increase in extreme events, such as droughts, floods and storms.
  10. For the next few decades, the majority of climate scientists expect a warmer climate to increase water evaporation, which will lead to an overall decrease of the sea level.
  11. Nuclear power plants emit CO2 during their operation.

Subscale 2: Personal Experience with Climate Change Impacts

Response scale: 1 = Never, 2 = Rarely, 3 = Sometimes, 4 = Often, 5 = Almost always

  1. I have been directly affected by climate change.
  2. I have known someone who has been directly affected by climate change.
  3. I have noticed a change in a place that is important to me due to climate change.

Subscale 3: Generalized Anxiety Disorder (GAD)

Instructions: Over the last 2 weeks, how often have you been bothered by the following problems from issues other than climate change?

Response scale: 1 = Never, 2 = Several days, 3 = More than half the days, 4 = Nearly every day

  1. Feeling nervous, anxious or on edge
  2. Not being able to stop or control worrying
  3. Worrying too much about different things
  4. Trouble relaxing
  5. Being so restless that it is hard to sit still
  6. Becoming easily annoyed or irritable
  7. Feeling afraid as if something awful might happen

Subscale 4: Climate Change Risk Perception

Response scale: 7-point Likert/differential scales as indicated below

  1. How concerned are you about climate change?
    (1 = Not concerned at all to 7 = Very concerned)
  2. In your judgment, how likely are you, sometime during your life, to experience serious threats to your health or overall well-being, as a result of climate change?
    (1 = Extremely unlikely to 7 = Extremely likely)
  3. In your judgment, how likely do you think it is that climate change will have very harmful, long-term impacts on our society?
    (1 = Extremely unlikely to 7 = Extremely likely)
  4. How serious of a threat do you think that climate change is to the natural environment?
    (1 = Not serious at all to 7 = Very serious)
  5. How serious would you rate the current impacts of climate change around the world?
    (1 = Not serious at all to 7 = Very serious)
  6. How serious of a threat do you believe that climate change is to you personally?
    (1 = Not serious at all to 7 = Very serious)
  7. How serious would you estimate the impacts of climate change where you live?
    (1 = Not serious at all to 7 = Very serious)
  8. How often do you worry about the potentially negative consequences of climate change?
    (1 = Very rarely to 7 = Very frequently)

Subscale 5: Climate Change Worry

Instructions: How often are you worried about the following possible impacts of climate change?

Response scale: 1 = Never, 2 = Rarely, 3 = Sometimes, 4 = Often, 5 = Almost always

  1. Loss of human and animal life
  2. Destruction of natural habitats
  3. Negative societal effects and breakdown of civilization
  4. Significant changes to weather and seasons
  5. Negative impacts on myself and my significant others
  6. Changes to oceans and other bodies of water
  7. Irreversibility and uncertainty of timing
  8. Negative impacts on humanity
  9. Negative actions by other people
  10. Consumerism and associated pollution

Subscale 6: Media Exposure About Climate Change Information

Instructions: On average, how often do you read or hear about climate change from the following sources?

Response scale: 1 = Never, 2 = Less often than once a week, 3 = Once a week, 4 = 2 to 3 days per week, 5 = 4 to 6 days per week, 6 = Once a day, 7 = 2 to 5 times per day, 8 = 6 to 10 times per day, 9 = More than 10 times per day

  1. TV or radio news/programs
  2. Printed and online newspapers
  3. Social media platforms
  4. YouTube
  5. Books and magazines
  6. Scientific articles
  7. Blogs
  8. Family, friends, and colleagues

Subscale 7: Climate Change Anxiety

Instructions: How often do the following things happen for you?

Response scale: 1 = Never, 2 = Rarely, 3 = Sometimes, 4 = Often, 5 = Almost always (or 1 to 7 point variant)

  1. Thinking about climate change makes it difficult for me to concentrate.
  2. Thinking about climate change makes it difficult for me to sleep.
  3. I have nightmares about climate change.
  4. I find myself crying because of climate change.
  5. I think, « Why can’t I handle climate change better? »
  6. I go away by myself and think about why I feel this way about climate change.
  7. I write down my thoughts about climate change and analyze them.
  8. I think, « Why do I react to climate change this way? »
  9. My concerns about climate change make it hard for me to have fun with my family or friends.
  10. I have problems balancing my concerns about sustainability with the needs of my family.
  11. My concerns about climate change interfere with my ability to get work done.
  12. My concerns about climate change undermine my ability to work to my potential.
  13. My friends say I think about climate change too much.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 14). Inventaire du modèle sur le changement climatique. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-du-modele-sur-le-changement-climatique
Looti, Mohammed. “Inventaire du modèle sur le changement climatique.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-du-modele-sur-le-changement-climatique.
Looti, Mohammed. “Inventaire du modèle sur le changement climatique.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-du-modele-sur-le-changement-climatique.