Inventaire du Désir Sexuel

L’Inventaire du Désir Sexuel (SDI), développé par Ilana Spector, Michael Carey et Lynne Steinberg, est un instrument psychométrique validé mesurant le désir sexuel dyadique et solitaire.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire du Désir Sexuel (en anglais, Sexual Desire Inventory ou SDI), conçu initialement par Ilana P. Spector, Michael P. Carey et Lynne Steinberg (1996), constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus reconnus et validés sur le plan international pour quantifier et qualifier le désir sexuel humain. Face aux limitations substantielles des méthodologies traditionnelles qui confondaient fréquemment la pulsion ou la motivation sexuelle avec la simple fréquence des comportements moteurs ou qui se reposaient sur des questions cognitives unidimensionnelles imprécises, le SDI appréhende le désir en tant que variable motivationnelle et cognitive multidimensionnelle. L’instrument opérationnalise le construit à travers deux dimensions indépendantes et complémentaires : le désir sexuel dyadique (la motivation orientée vers l’activité partagée avec un partenaire) et le désir sexuel solitaire (la propension et l’intérêt dirigés vers les activités auto-érotiques individuelles, telles que la masturbation).

Composé dans sa structure opérationnelle classique de 11 items principaux (pouvant être étendu à 14 items contextuels et comparatifs selon les protocoles de passation), le questionnaire examine les manifestations du désir au cours du mois écoulé. Le format de réponse combine des échelles d’estimation ordinale en sept à huit catégories pour évaluer la fréquence temporelle des pensées érotiques, et des échelles de type Likert en 9 points (allant de 0 à 8) pour mesurer l’intensité du désir subjectif et l’importance perçue de son assouvissement. L’administration est rapide et ne requiert généralement que cinq minutes, ce qui optimise son emploi en recherche fondamentale, épidémiologique et en sexothérapie clinique.

Les propriétés psychométriques de l’outil démontrent une rigueur méthodologique élevée. La consistance interne est solide, atteignant des coefficients alpha de Cronbach d’$lpha = 0{,}86$ pour l’échelle dyadique et de $lpha = 0{,}96$ pour l’échelle solitaire. La fidélité test-retest à un mois confirme la stabilité temporelle du construit ($r = 0{,}76$). L’analyse factorielle exploratoire et confirmatoire appuie sans équivoque la structure binaire orthogonale, tout en attestant une validité convergente et divergente robuste : les scores sont corrélés de manière théoriquement congruente avec la satisfaction conjugale, la satisfaction sexuelle, l’excitabilité et les rêveries érotiques, sans subir l’influence de la désirabilité sociale.

2. Mots-clés / Keywords

Inventaire du Désir Sexuel, SDI, désir sexuel dyadique, désir sexuel solitaire, évaluation psychométrique, sexologie clinique, libido, motivation sexuelle, comportement sexuel, divergence du désir, validité factorielle, auto-évaluation sexologique.

3. Auteurs / Authors

L’Inventaire du Désir Sexuel a été conceptualisé, développé et validé empiriquement par une équipe multidisciplinaire de chercheurs en psychologie clinique, en sexologie et en psychométrie :

  • Ilana P. Spector, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée à l’Unité de psychothérapie comportementale et de recherche du Département de psychiatrie de l’Hôpital général juif Sir Mortimer B. Davis (SMBD Jewish General Hospital), Montréal, Québec, Canada ; affiliée également au Département de psychiatrie de l’Université McGill. Adresse électronique institutionnelle de correspondance : [email protected].
  • Michael P. Carey, Ph.D. : Professeur de psychologie et directeur de recherche clinique, affilié au Département de psychologie de l’Université de Syracuse (Syracuse University), Syracuse, New York, États-Unis. Ses travaux portent principalement sur la santé comportementale, la prévention du VIH et la mesure psychométrique des comportements intimes.
  • Lynne Steinberg, Ph.D. : Professeure et méthodologiste en analyse quantitative et psychométrie au sein du Département de psychologie de l’Université d’État de l’Oklahoma (Oklahoma State University), Stillwater, Oklahoma, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

Fondements et genèse de l’outil

Le développement de l’Inventaire du Désir Sexuel répond à un vide méthodologique et théorique historique au sein de la recherche sexologique et de la pratique psychothérapeutique. Durant plusieurs décennies, l’évaluation du désir sexuel s’est heurtée à des écueils épistémologiques majeurs. Deux approches prévalaient de manière insatisfaisante : d’une part, l’inférence indirecte du désir à travers la simple comptabilisation de la fréquence des actes sexuels (par exemple, le nombre de rapports coïtaux hebdomadaires), et d’autre part, l’évaluation par des questions uniques extrêmement générales (telles que « Évaluez l’intensité globale de votre désir sur une échelle de 1 à 10 »).

Ces approches antérieures présentaient des limites méthodologiques sévères :

  • Non-équivalence du comportement et du désir : L’engagement dans une activité sexuelle n’est pas obligatoirement motivé par un élan intrinsèque de désir sexuel ; il peut répondre à des pressions relationnelles, à un devoir conjugal perçu, à un besoin de réassurance affective ou à des bénéfices secondaires. Inversement, un individu peut éprouver un désir intense mais se heurter à l’indisponibilité d’un partenaire, à des contraintes normatives ou à des inhibitions situationnelles.
  • Nature multidimensionnelle ignorée : L’expérience érotique humaine ne s’articule pas de façon monolithique. Confondre les appétences relationnelles et les pulsions d’assouvissement masturbatoire obscurcit les dynamiques psychosexuelles sous-jacentes.

Applications cliniques et en thérapie de couple

Dans le domaine de la sexothérapie, le SDI s’est imposé comme un instrument indispensable lors de l’investigation des troubles du désir sexuel hypoactif (TDSH), de la baisse de libido d’origine organique ou iatrogène (notamment sous antidépresseurs sérotoninergiques) et des situations de divergences érotiques au sein du couple.

L’inventaire offre une valeur diagnostique particulièrement féconde en permettant le calcul d’un score de discordance ou de divergence du désir au sein de la dyade. En soustrayant le score de désir dyadique d’un partenaire de celui de l’autre, les cliniciens peuvent isoler précisément si les conflits conjugaux relèvent d’un effondrement global de la libido chez l’un des membres ou d’une asymétrie d’appétence spécifiquement orientée vers le partenaire actuel. Une dissociation marquée entre un désir solitaire préservé et un désir dyadique altéré suggère souvent des tensions relationnelles, des évitements de l’intimité ou des conflits affectifs non résolus, plutôt qu’une étiologie neuroendocrinienne généralisée.

Usages en recherche scientifique et épidémiologique

Sur le plan de la recherche, le SDI est utilisé dans les protocoles d’endocrinologie comportementale, de pharmacologie clinique (évaluation de molécules pro-sexuelles ou effets indésirables d’hormonothérapies), ainsi que dans les enquêtes sociologiques et psychologiques relatives à l’impact du vieillissement, de la parentalité, du stress chronique et des maladies somatiques chroniques sur le fonctionnement psychosexuel.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le SDI est défini de manière pragmatique et cognitive comme « l’intérêt pour une activité sexuelle ou le souhait de s’engager dans celle-ci ». Ilana Spector et ses collaborateurs ont conceptualisé le désir sexuel non pas comme une réponse physiologique passive, mais prioritairement comme une variable cognitive et motivationnelle caractérisée par l’intensité et la fréquence des pensées, rêveries et intentions dirigées vers l’approche de stimuli sexuels ou la réceptivité à ceux-ci. Ce construit se structure autour de deux dimensions factorielles distinctes.

1. Le Désir Sexuel Dyadique

Cette composante opérationnalise l’attrait, la motivation et l’investissement cognitif d’un individu à initier ou partager une expérience sexuelle avec une autre personne. Elle ne préjuge pas de l’orientation sexuelle ni de la nature institutionnelle du lien (partenaire régulier, occasionnel ou idéal). Le désir dyadique explore plusieurs facettes :

  • Fréquence motivationnelle : Le nombre d’occurrences au cours desquelles l’individu aurait activement souhaité vivre des rapports intimes (attouchements génitaux, rapports oraux-génitaux, pénétration, etc.).
  • Fréquence cognitive : L’apparition de pensées, fantasmes et représentations érotiques impliquant autrui.
  • Intensité incitative face aux stimuli environnementaux : La réactivité du désir subjectif lors de l’exposition à un stimulus signifiant, qu’il s’agisse de la vision d’un individu attirant, de la fréquentation prolongée d’une personne séduisante dans un contexte neutre (école, travail), ou de l’immersion dans un scénario romantique explicite (dîner intime, promenade nocturne).
  • Valorisation téléologique : L’importance existentielle que le sujet accorde à la concrétisation de son désir au travers d’une relation partagée.

2. Le Désir Sexuel Solitaire

Le désir solitaire capture l’intérêt et la tendance motivationnelle orientés vers l’auto-érotisme et la masturbation individuelle, sans interaction physique directe avec un partenaire. Cette dimension comprend :

  • La fréquence du souhait d’activité auto-centrée : La récurrence du besoin subjectif de se masturber ou de se procurer un plaisir génital individuel.
  • L’intensité pulsionnelle auto-érotique : La force de l’impulsion à passer à l’acte masturbatoire lorsque le besoin se fait ressentir.
  • L’importance de l’accomplissement solitaire : Le statut fonctionnel accordé à la décharge ou au plaisir masturbatoire dans l’équilibre personnel de l’individu.

Indépendance des dimensions

Ces deux construits démontrent empiriquement une indépendance relative. Un individu peut présenter des niveaux élevés de désir solitaire tout en manifestant une anesthésie dyadique temporaire, ou vice versa. Le tableau ci-dessous explicite les différenciations conceptuelles fondamentales intégrées dans l’outil :

Dimension Cible motivationnelle Composantes cognitives Régulateurs psychologiques
Désir Dyadique Partenaire sexuel / Autrui Rêveries romantiques, scénarios partagés, sensibilité au contexte interpersonnel Qualité du lien affectif, intimité, communication de couple, attractivité perçue
Désir Solitaire Soi-même / Auto-érotisme Fantasmes internes, recherche de libération de tension physique, autonomie corporelle Pulsion biologique, gestion du stress, accès à l’intimité personnelle, érotophilie

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’évolution des modèles de la réponse sexuelle

Pour appréhender l’ancrage théorique du SDI, il convient de le resituer dans l’histoire des modèles du cycle de la réponse sexuelle humaine :

  • Le modèle linéaire quadriphasique de Masters et Johnson (1966) : William Masters et Virginia Johnson décrivaient la réponse sexuelle selon la séquence excitation, plateau, orgasme et résolution. Ce modèle purement physiologique ignorait l’étape préliminaire de la motivation ou de la volonté subjective d’entrer en relation.
  • Le modèle triphasique d’Helen Singer Kaplan (1979) : Helen Singer Kaplan a révolutionné la sexologie en introduisant la phase de désir en amont de l’excitation et de l’orgasme. Selon Kaplan, le désir est une pulsion neurologique et psychologique prenant racine dans le système limbique, sans laquelle les mécanismes réflexes de l’érection ou de la lubrification ne peuvent être déclenchés harmonieusement.
  • Le modèle cognitivo-comportemental et motivationnel : Les travaux de Byrne (1983) sur l’affect sexuel et les théories d’évaluation cognitive ont souligné que le désir dépend d’une interaction complexe entre des stimuli inducteurs environnementaux et des mécanismes internes de traitement de l’information (schémas sexuels).

L’apport théorique de Spector, Carey et Steinberg

Spector et ses collègues ont opérationnalisé ces théories en adoptant une perspective cognitive interactionniste. Le modèle théorique sous-jacent au SDI postule que :

  1. Le désir ne se résume pas à un état biologique autonome ; il s’exprime par le traitement sélectif de stimuli pertinents (stimuli incitatifs externes et fantasmes internes).
  2. L’énergie motivationnelle est canalisée selon des voies distinctes : l’affiliation érotique interpersonnelle (besoin d’attachement, de fusion sensuelle ou d’affirmation relationnelle) et la décharge pulsionnelle autonome (autorégulation physiologique, plaisir masturbatoire indépendant).
  3. L’incongruence entre le comportement effectif et la motivation cognitive justifie l’abandon de la mesure comportementale brute comme indicateur direct du désir.

Ce paradigme a préparé le terrain aux conceptions modernes, telles que le modèle de la motivation incitative de Toates (2009) et le modèle de réponse circulaire non-linéaire de Rosemary Basson (2000), qui mettent en avant la réceptivité au désir déclenchée par des contextes stimulants.

7. Validité / Validity

Les études de validation psychométrique menées par Spector, Carey et Steinberg (1996), complétées par les travaux de Spector et Davies (1995) et Spector et Fremeth (1996), ont établi des preuves rigoureuses de validité de contenu, de validité factorielle, de validité convergente et de validité discriminante.

Validité de contenu

La sélection initiale des items a reposé sur une revue exhaustive des modèles théoriques du désir et des critères nosographiques psychiatriques (notamment ceux du DSM-III-R). Un panel d’experts sexologues a procédé à un examen critique des énoncés, suivi par une étude pilote auprès de 20 étudiants afin de vérifier la clarté sémantique et la pertinence de chaque formulation. Une analyse factorielle exploratoire sur un premier échantillon de développement de 300 étudiants a permis d’éliminer les items redondants ou équivoques pour stabiliser l’échelle finale.

Validité convergente et de critère

Administré à un échantillon normatif de 380 étudiants universitaires ($M_{ ext{âge}} = 20{,}8$ ans), le SDI a démontré des associations cohérentes avec des critères comportementaux et attitudinaux :

  • Le score de désir sexuel solitaire est très fortement corrélé avec la fréquence effective du comportement masturbatoire individuel ($r = 0{,}80$, $p < 0{,}0001$), tout en étant corrélé de manière significative a\vec l’érotophilie ($r = -0{,}28$,$p < 0{,}0001$ ; sur une échelle où les scores faibles indiquaient des attitudes plus positives envers la sexualité).
  • Le score de désir dyadique présente une corrélation modérée avec la fréquence des rapports sexuels avec un partenaire ($r = 0{,}34$, $p < 0{,}0001$). L’absence de corrélation parfaite ($r = 0{,}34$ et non $1{,}00$) valide l’hypothèse centrale des auteurs : le désir et le comportement constituent deux entités cliniques distinctes qui ne sauraient être substituées l’une à l’autre.

Validité relationnelle et divergente au sein des couples

Dans une recherche menée auprès de 40 couples hétérosexuels stables (Spector & Davies, 1995), les dimensions du SDI ont révélé des profils de validité remarquablement nuancés selon le genre :

  • Chez les femmes : Le désir dyadique présente des corrélations fortes et positives avec :
    • L’ajustement relationnel conjugal, mesuré par la Dyadic Adjustment Scale (Spanier, 1976) : $r = 0{,}54$, $p < 0{,}001$.
    • La satisfaction sexuelle globale, mesurée par l’Index of Sexual Satisfaction (Hudson et al., 1981) : $r = 0{,}63$, $p < 0{,}001$.
    • La fréquence des rêveries érotiques diurnes, évaluée par la Sexual Daydreams Scale (Giambra, 1980) : $r = 0{,}53$, $p < 0{,}001$.
    • La capacité d’excitabilité sexuelle, mesurée par le Sexual Arousal Inventory (Hoon, Hoon, & Wincze, 1976) : $r = 0{,}71$, $p < 0{,}001$.
  • Chez les hommes : Le désir sexuel dyadique n’était corrélé de manière statistiquement significative qu’avec la satisfaction sexuelle ($r = 0{,}36$, $p < 0{,}01$), démontrant une plus grande indépendance vis-à-vis des facteurs purement relationnels ou contextuels.

Validité discriminante

La validité discriminante du SDI a été confirmée en démontrant l’absence totale de corrélation statistiquement significative entre les deux sous-échelles (dyadique et solitaire) et les scores aux échelles d’évaluation de la désirabilité sociale (Spector, 1992). Les déclarations des participants reflètent ainsi leurs dispositions intimes réelles et non une volonté de se conformer à des idéaux sociaux de virilité ou de tempérance.

Différences inter-genres et populations âgées

Le SDI capte avec acuité les variations inter-individuelles liées au genre. Les hommes rapportent de manière constante des scores significativement plus élevés que les femmes, tant pour le désir dyadique ($F[1, 374] = 5{,}79$, $p < 0{,}05$) que pour le désir solitaire ($F[1, 376] = 55{,}15$,$p < 0{,}0001$). Ces disparités demeurent stables à travers le cycle de vie et ont été répliquées par Spector et Fremeth (1996) au sein d’une cohorte de résidents âgés en institution de soins de longue durée ($N = 40$,$M_{ ext{âge}} = 82{,}5$ ans).

8. Fidélité / Reliability

L’inventaire du désir sexuel présente d’excellentes qualités de fidélité, documentées à la fois sur le plan de la consistance interne et de la stabilité temporelle.

Consistance interne

Dans l’échantillon de référence de 380 participants (Spector et al., 1996), les analyses de consistance interne ont produit des coefficients alpha de Cronbach particulièrement robustes :

  • Sous-échelle du Désir Sexuel Dyadique (Items 1 à 8) : $lpha = 0{,}86$, ce qui reflète une forte homogénéité des items explorant l’attirance partagée sans redondance excessive.
  • Sous-échelle du Désir Sexuel Solitaire (Items 9 à 11) : $lpha = 0{,}96$, indiquant une cohérence interne quasi parfaite de la mesure de la pulsion auto-érotique.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été mesurée par Carey (1995) sur un échantillon suivi sur un intervalle d’un mois. Le coefficient de corrélation test-retest global obtenu est de :

$r = 0{,}76$ ($p < 0{,}001$)

Ce niveau de corrélation confirme que le SDI évalue un trait motivationnel relativement stable dans le temps tout en conservant une sensibilité aux variations circonstancielles, ce qui est congruent avec la dynamique psychologique du désir sexuel.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle du SDI a été examinée par Spector, Carey et Steinberg (1996) au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation orthogonale (Varimax), confirmées par des méthodologies factorielles rigoureuses.

Structure bipolaire émergente

L’analyse a révélé sans ambiguïté une solution factorielle à deux composantes orthogonales principales ayant chacune une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser ($> 1$) :

  • Facteur 1 : Désir Dyadique. L’ensemble des items 1 à 8 présentent des saturations factorielles très élevées sur ce facteur (toutes supérieures à 0,45, la plupart dépassant 0,60 à 0,80), tandis que leurs saturations croisées sur le second facteur demeurent négligeables.
  • Facteur 2 : Désir Solitaire. Les items 9 à 11 saturent très fortement sur ce second axe (saturations $> 0{,}70$), attestant de la totale indépendance de la dynamique auto-érotique vis-à-vis des motivations relationnelles.
Item du SDI Contenu de l’Item Saturation Facteur 1 (Dyadique) Saturation Facteur 2 (Solitaire)
Item 1 Fréquence du souhait d’activité sexuelle avec partenaire > 0,55 < 0,20
Item 2 Fréquence des pensées sexuelles impliquant un partenaire > 0,65 < 0,25
Items 3 à 7 Intensité du désir avec partenaire dans divers contextes > 0,60 à 0,85 < 0,20
Item 8 Importance d’assouvir le désir avec un partenaire > 0,50 < 0,15
Item 9 (10)* Fréquence du souhait d’activité sexuelle solitaire < 0,15 > 0,80
Item 10 (11)* Intensité du désir d’activité sexuelle solitaire < 0,15 > 0,85
Item 11 (12)* Importance d’assouvir le désir sexuel solitaire < 0,10 > 0,80

* Note : La numérotation entre parenthèses correspond à l’ordonnancement séquentiel incluant les items comparatifs exploratoires du protocole.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation standardisé (self-report instrument).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou administration informatisée/en ligne.
  • Durée de passation : Environ 5 minutes.
  • Période de référence : Le dernier mois écoulé (« During the last month »).
  • Structure de l’instrument : Le formulaire complet compte 14 items au total, dont 11 constituent le cœur psychométrique opérationnel pour la cotation standardisée :
    • Items 1 à 8 : Sous-échelle de Désir Sexuel Dyadique.
    • Items 9 à 11 : Sous-échelle de Désir Sexuel Solitaire.
    • Items additionnels : Deux questions comparatives normatives relatives aux pairs du même âge et sexe, et une question sur la tolérance à l’abstinence sexuelle prolongée.
  • Format des échelles de réponse :
    • Items de fréquence temporelle (Items 1, 2, 10 de l’administration) : Échelle ordinale à 7 modalités : 0 = Pas du tout (Not at all) ; 1 = Une fois par mois (ou 1-2 fois/mois selon l’item) ; 2 = Une fois toutes les deux semaines ; 3 = Une fois par semaine ; 4 = Deux fois par semaine ; 5 = 3 à 4 fois par semaine ; 6 = Une fois par jour ; 7 = Plus d’une fois par jour (ou Plusieurs fois par jour).
    • Items d’intensité et d’importance (Items 3 à 8, 11, 12) : Échelle d’évaluation numérique de type Likert en 9 points allant de 0 (« Aucun désir » / « Pas du tout important ») à 8 (« Désir intense » / « Extrêmement important »).
    • Items comparatifs : Échelle en 9 points de 0 (« Beaucoup moins de désir ») à 8 (« Beaucoup plus de désir »).
    • Item de tolérance à l’abstinence : Échelle en 8 options de temps (« Pour toujours » à « Moins d’un jour »).
  • Modalités de cotation et de calcul des scores (Scoring) :
    • Score de Désir Dyadique : Somme arithmétique directe des scores aux items 1 à 8. L’étendue théorique des scores varie de 0 à 62 (selon la modalisation de codage des items de fréquence de 0 à 7 et des items de 0 à 8). Des scores plus élevés traduisent un intérêt et une réactivité accrus envers l’activité sexuelle de couple.
    • Score de Désir Solitaire : Somme arithmétique des scores aux items 9, 10 et 11 (items d’auto-érotisme du cœur factoriel). L’étendue théorique varie de 0 à 23.
    • Score de discordance dyadique (au sein d’un couple) : Obtenu en calculant la différence absolue ou relative entre le score dyadique du partenaire A et celui du partenaire B : $|Score_{Partenaire A} – Score_{Partenaire B}|$.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1992 (Thèse de doctorat d’Ilana P. Spector, Université de Syracuse).
  • Année de publication de référence : 1996 (Publication princeps dans le Journal of Sex & Marital Therapy).
  • Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle d’Ilana P. Spector, Michael P. Carey et Lynne Steinberg. L’article original est sous copyright de Taylor & Francis / Routledge.
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’inventaire est accessible sans frais pour la recherche académique non commerciale, la formation universitaire et l’usage clinique individuel, sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence (Spector, Carey, & Steinberg, 1996). Pour toute reproduction dans un ouvrage commercial, intégration logicielle propriétaire ou utilisation dans le cadre d’essais cliniques industriels, une autorisation formelle doit être sollicitée auprès des auteurs ou de l’éditeur détenant les droits de reproduction.
  • Contact institutionnel pour permissions : Dr. Ilana P. Spector, Unité de psychothérapie comportementale et de recherche, Département de psychiatrie, Hôpital général juif SMBD, 4333 Chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal, Québec, Canada, H3T 1E4. Courriel : [email protected].

12. Références / References

Les publications fondatrices, études de validation et travaux théoriques associés au SDI comprennent :

  • Basson, R. (2000). The female sexual response: A different model. Journal of Sex & Marital Therapy, 26(1), 51–65. https://doi.org/10.1080/009262300278641
  • Byrne, D. (1983). The antecedents, correlates, and consequences of erotophobia-erotophilia. In C. M. Davis (Ed.), Challenges in sexual science (pp. 53–75). Graphic Publishing.
  • Carey, M. P. (1995). Test-retest reliability of the Sexual Desire Inventory [Données brutes non publiées]. Syracuse University, Syracuse, NY.
  • Giambra, L. M. (1980). A factor analysis of the items of the Imaginal Processes Inventory. Journal of Clinical Psychology, 36(2), 383–409. https://doi.org/10.1007/BF01542081
  • Hudson, W. W., Harrison, D. F., & Crosscup, P. C. (1981). A short-form scale to measure sexual discord in dyadic relationships. The Journal of Sex Research, 17(2), 157–174. https://doi.org/10.1080/00224498109551110
  • Kaplan, H. S. (1979). Disorders of sexual desire and other new concepts and techniques in sex therapy. Brunner/Mazel.
  • Masters, W. H., & Johnson, V. E. (1966). Human sexual response. Little, Brown and Company.
  • Spanier, G. B. (1976). Measuring dyadic adjustment: New scales for assessing the quality of marriage and similar dyads. Journal of Marriage and the Family, 38(1), 15–28. https://doi.org/10.2307/350547
  • Spector, I. P. (1992). Development and psychometric evaluation of a measure of sexual desire [Thèse de doctorat non publiée]. Syracuse University, Syracuse, NY.
  • Spector, I. P., Carey, M. P., & Steinberg, L. (1996). The Sexual Desire Inventory: Development, factor structure, and evidence of reliability. Journal of Sex & Marital Therapy, 22(3), 175–190. https://doi.org/10.1080/00926239608414655
  • Spector, I. P., & Davies, S. (1995). The experience of sexual desire in couples [Manuscrit non publié]. SMBD Jewish General Hospital, Montreal, QC.
  • Spector, I. P., & Fremeth, S. M. (1996). Sexual behaviours and attitudes of geriatric residents in long-term care facilities. Journal of Sex & Marital Therapy, 22(4), 235–246. https://doi.org/10.1080/00926239608414660
  • Toates, F. (2009). An integrative theoretical framework for understanding sexual motivation, arousal, and behavior. The Journal of Sex Research, 46(2-3), 168–193. https://doi.org/10.1080/00224490902747768

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

During the last month, how often would you have liked to engage in sexual activity with a partner (for example, touching each other’s genitals, giving or receiving oral stimulation, intercourse, etc.)?
2

Not at all 4) Twice a week
3

Once a month 5) 3 to 4 times a week
4

Once every two weeks 6) Once a day
5

Once a week 7) More than once a day
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Looti, M. (2026, octobre 18). Inventaire du Désir Sexuel. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-du-desir-sexuel
Looti, Mohammed. “Inventaire du Désir Sexuel.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-du-desir-sexuel.
Looti, Mohammed. “Inventaire du Désir Sexuel.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-du-desir-sexuel.