Inventaire des préférences hétérosexuelles dyadiques et Inventaire des préférences hétérosexuelles dyadiques — Autre

L’Inventaire des préférences hétérosexuelles dyadiques (IDHP) et sa forme hétéro-évaluative (IDHP-O) évaluent les préférences comportementales au sein du couple hétérosexuel à travers six dimensions validées.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Inventaire des préférences hétérosexuelles dyadiques (Inventory of Dyadic Heterosexual Preferences, IDHP) et sa déclinaison hétéro-évaluative centrée sur le partenaire (Inventory of Dyadic Heterosexual Preferences—Other, IDHP-O) ont été élaborés par Daniel M. Purnine, Michael P. Carey et Randall S. Jorgensen à l’Université de Syracuse en 1996. Cet instrument psychométrique d’auto-évaluation en 27 items est conçu pour mesurer quantitativement l’affinité individuelle et perçue des hommes et des femmes à l’égard d’un large répertoire de comportements et contextes sexuels au sein d’une relation hétérosexuelle de couple. L’échelle dérive six sous-échelles distinctes : l’Érotophilie (Erotophilia), l’Utilisation de la contraception (Use of Contraception), la Conventionalité (Conventionality), l’Utilisation de matériel érotique (Use of Erotica), l’Utilisation de drogues et d’alcool (Use of Drugs/Alcohol) et les Préliminaires romantiques (Romantic Foreplay).

Les items sont formulés au conditionnel d’agrément (« J’aimerais » / « I would enjoy ») sur une échelle de type Likert en 6 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 6 (« Tout à fait d’accord »), ce qui permet son administration aussi bien à des individus engagés dans une relation intime qu’à des sujets célibataires projetant leurs préférences. L’architecture factorielle a été dérivée par analyse en facteurs communs avec extraction par maximum de vraisemblance et rotation oblique Promax, après contrôle de la variance liée au genre pour garantir une stricte invariance de mesure entre partenaires masculins et féminins. Les qualités métrologiques démontrent une consistance interne satisfaisante (alpha de Cronbach moyen de 0,72 ; variant de 0,59 à 0,87 selon les sous-échelles) et une excellente stabilité temporelle test-retest à deux semaines (coefficient de corrélation intraclasse moyen de 0,84 ; variant de 0,73 à 0,92). L’instrument offre en outre la possibilité de calculer des indices dyadiques exploratoires d’accord réel, d’accord perçu et de compréhension empathique du partenaire, constituant un outil clinique et empirique précieux en sexologie clinique et en psychologie des relations interpersonnelles.

2. Mots-clés / Keywords

Préférences sexuelles dyadiques, IDHP, IDHP-O, sexologie, compatibilité sexuelle, érotophilie, communication de couple, psychométrie, évaluation relationnelle, congruence sexuelle, dynamique conjugale, satisfaction sexuelle.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par une équipe de chercheurs du Département de psychologie de l’Université de Syracuse (Syracuse University, New York, États-Unis) :

  • Daniel M. Purnine, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur en sexologie et psychologie clinique, affilié au Department of Psychology de la Syracuse University lors de l’élaboration de l’outil.
  • Michael P. Carey, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie et de sciences comportementales, chercheur de renommée internationale spécialisé dans les interventions comportementales en santé sexuelle, la prévention du VIH et la dynamique des relations intimes (Syracuse University et The Miriam Hospital/Brown University).
  • Randall S. Jorgensen, Ph.D. : Professeur de psychologie à la Syracuse University, spécialiste en psychométrie, psychologie de la santé et méthodes de modélisation quantitative.

4. Objectif / Purpose

L’objectif primordial de l’Inventory of Dyadic Heterosexual Preferences (IDHP) est de fournir une cartographie standardisée, nuancée et empiriquement rigoureuse des préférences comportementales sexuelles au sein du couple hétérosexuel. Historiquement, l’évaluation de la sexualité humaine en recherche psychologique et en sexothérapie s’est principalement focalisée soit sur les dysfonctions sexuelles (troubles de l’érection, anorgasmie, baisse du désir), soit sur des attitudes abstraites ou idéologiques (culpabilité sexuelle, conservatisme moral), soit sur la fréquence globale des rapports. Ces conceptualisations négligeaient souvent le contenu comportemental spécifique et les variations stylistiques et contextuelles des répertoires érotiques partagés.

L’IDHP comble cette lacune en opérationnalisant les activités sexuelles dyadiques sous forme de préférences explicites. Il permet d’interroger non pas ce que les individus accomplissent par habitude ou par obligation conjugale, mais ce qu’ils souhaiteraient idéalement vivre dans le cadre de leur intimité (« as you would actually like things to be »). L’utilisation délibérée du temps conditionnel (« I would like » / « I would enjoy ») présente l’avantage méthodologique de rendre le questionnaire indépendant du statut relationnel immédiat et des opportunités pratiques, rendant les items applicables à des personnes n’ayant jamais expérimenté certaines pratiques spécifiques sans induire de biais de non-réponse.

Sur le plan des applications de recherche, l’outil autorise l’exploration des corrélats entre répertoires de préférences et traits de personnalité, styles d’attachement, bien-être subjectif, transmission des infections sexuellement transmissibles (IST) et ajustement conjugal. En milieu clinique et en thérapie de couple, l’association de l’IDHP avec sa version complémentaire, l’IDHP-O (Inventory of Dyadic Heterosexual Preferences—Other), procure un levier d’intervention puissant. L’IDHP-O demande au sujet de répondre en se mettant à la place de son partenaire (évaluation hétéro-référée). En croisant les réponses croisées des deux membres du couple, le clinicien peut décomposer l’interaction dyadique selon plusieurs dimensions psychologiques :

  • La concordance réelle (Agreement / Similarity) : mesurée par le degré de corrélation ou la distance euclidienne entre les scores individuels d’auto-évaluation du partenaire A et du partenaire B.
  • L’empathie sexuelle ou compréhension mutuelle (Understanding) : évaluée en comparant la prédiction faite par un partenaire (IDHP-O) avec l’auto-déclaration réelle de l’autre partenaire (IDHP). Cela permet d’isoler la compréhension féminine de la sexualité masculine et la compréhension masculine de la sexualité féminine.
  • L’accord perçu (Perceived Agreement) : calculé en mesurant l’écart entre la propre auto-évaluation d’un individu (son IDHP) et la perception qu’il a des désirs de son partenaire (son propre IDHP-O), révélant d’éventuelles fausses projections ou des phénomènes de consensus illusoire.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’IDHP est l’affinité préférentielle comportementale dans les scénarios érotiques dyadiques. Contrairement aux échelles d’attitudes globales, l’inventaire exclut délibérément les fantasmes intrapsychiques inavouables, les jugements moraux décontextualisés ou les motivations métaphysiques, pour se concentrer sur des éléments concrets de scénarios sexuels interactifs. Le modèle factoriel sous-jacent est composé de six dimensions orthogonales ou faiblement corrélées :

1. Érotophilie (Erotophilia — 7 items)

Cette dimension mesure une inclination positive généralisée, active et désinhibée envers une sexualité fréquente, variée et proactive. Les scores élevés dénotent un désir régulier de rapports, une propension à initier le contact intime, un attrait pour des lieux non conventionnels (hors de la chambre à coucher, en extérieur, à la plage), ainsi qu’une appétence pour la nudité partagée (nager nu) et des moments de la journée atypiques (le matin). Exemple représentatif : l’item 1 (« I would like to initiate sex ») ou l’item 8 (« I would prefer to have sex everyday »).

2. Utilisation de la contraception (Use of Contraception — 4 items)

Cette sous-échelle évalue l’acceptation affective et fonctionnelle de mesures préventives et contraceptives lors des rapports. Elle mesure à quel point l’utilisation du préservatif, de spermicides, de lubrifiants intimes ou de méthodes contraceptives régulières n’entrave pas le plaisir ni la spontanéité sexuelle. Les individus obtenant un score élevé intègrent harmonieusement les impératifs de santé sexuelle sans ressentir de rupture hédonique. Les items 3, 24 (dans la grille originale) et 26 nécessitent une inversion de cotation (ex. : l’item 3 « Using spermicide would spoil sex for me » coté à l’envers).

3. Conventionalité (Conventionality — 4 items)

Cette échelle quantifie une adhésion à des normes sexuelles traditionnelles, prudentes ou restrictives. Elle capture la préférence pour des rapports protégés du regard (dans l’obscurité, sous les couvertures), l’évitement des rapports durant les menstruations de la partenaire, ainsi qu’une aversion envers l’observation directe des organes génitaux de son partenaire ou l’exposition de ses propres organes génitaux. Un score élevé reflète une retenue pudique ou un besoin d’intimité hautement cadré.

4. Utilisation de matériel érotique (Use of Erotica — 4 items)

Cette facette évalue la réceptivité et l’intérêt pour l’incorporation de stimuli visuels, textuels ou d’accessoires dans la vie intime du couple. Elle inclut l’appréciation des films érotiques visionnés ensemble, la lecture d’ouvrages sexuellement explicites et l’utilisation de stimulateurs mécaniques ou de sextoys (vibromasseurs). Elle capture également le rejet de la pornographie lorsque certains items sont inversés (ex. : item 24 « Sexually explicit books and movies are disgusting to me »).

5. Utilisation de drogues et d’alcool (Use of Drugs/Alcohol — 4 items)

Cette sous-échelle mesure l’attrait pour l’altération chimique de la conscience associée à l’acte sexuel. Elle explore la préférence pour la consommation conjointe d’alcool, de cannabis ou de substances psychoactives stimulantes destinées à désinhiber le comportement ou à intensifier les sensations sensorielles. Un score élevé signale une tendance à recourir à des catalyseurs pharmacologiques dans l’expérience intime.

6. Préliminaires romantiques (Romantic Foreplay — 4 items)

Cette dimension apprécie l’importance accordée à la mise en scène affective, à la sensualité tactile prolongée et à l’érotisme courtois. Elle mesure la valeur stimulante attribuée à un dîner romantique en tête-à-tête, aux baisers profonds avec la langue, aux caresses douces de la poitrine et des mamelons, ainsi qu’au port de vêtements suggestifs ou séduisants destinés à susciter l’excitation du partenaire.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’IDHP s’ancre à la croisée de la théorie des scripts sexuels (Sexual Script Theory) formulée par John Gagnon et William Simon (1973), et du paradigme de l’érotophilie-érotophobie théorisé par Donn Byrne et William A. Fisher (Fisher et al., 1988). Selon la perspective socio-cognitive de Gagnon et Simon, la conduite sexuelle humaine n’est pas un simple réflexe biologique ou hormonal, mais une conduite hautement scénarisée, régie par trois niveaux d’organisation :

  1. Les scripts culturels : les représentations dominantes partagées au sein d’une société définissant qui peut faire quoi, quand, où et de quelle manière.
  2. Les scripts interpersonnels : l’adaptation réciproque et la négociation verbale ou non-verbale des comportements entre deux acteurs au sein d’une interaction dyadique spécifique.
  3. Les scripts intrapsychiques : les désirs intériorisés, les fantasmes personnels et les schémas cognitifs individuels.

L’IDHP opérationnalise précisément la charnière entre le script intrapsychique (les désirs préférentiels d’un sujet) et le script interpersonnel (les attentes mutuelles au sein du couple). En demandant aux sujets de se positionner face à des actions concrètes (lieux, accessoires, substances, préliminaires), l’instrument cartographie la flexibilité ou la rigidité du scénario intime individuel.

D’autre part, le modèle dispositionnel de Fisher, Byrne et collègues (1988) postule l’existence d’une dimension continue de personnalité allant de l’érotophobie (propension à réagir aux stimuli sexuels par des émotions négatives, de l’évitement et de l’anxiété) à l’érotophilie (propension à répondre par des affects positifs, de l’approche et de la curiosité). L’IDHP enrichit ce postulat en démontrant que l’érotophilie n’est pas un trait monolithique, mais s’exprime à travers des sous-domaines comportementaux distincts : un individu peut présenter une érotophilie élevée dans le registre des préliminaires et de la sensualité romantique tout en manifestant une conventionalité rigide vis-à-vis des substances ou du matériel pornographique.

Enfin, le modèle conceptuel sous-jacent à la comparaison croisée IDHP / IDHP-O emprunte aux théories de la cognition sociale dyadique et de l’exactitude empathique développées par William Ickes et Thomas Kenny. Ces cadres stipulent que la satisfaction et la stabilité d’un partenariat ne dépendent pas uniquement de la similitude objective entre les deux individus, mais de leur lucidité métaperceptive (la capacité à décoder adéquatement les désirs de l’autre sans projeter indûment ses propres aspirations).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’IDHP a été rigoureusement établie au cours d’un processus en plusieurs étapes conduit par Purnine, Carey et Jorgensen (1996), mobilisant deux échantillons distincts de participants universitaires et de cycle supérieur :

Validité de contenu

Un ensemble initial de 74 énoncés a été généré pour couvrir l’ensemble des scénarios comportementaux hétérosexuels habituels. Les items formulés évitaient délibérément les aspects purement fantasmatiques ou idéologiques pour ne retenir que des comportements observables ou des conditions contextuelles tangibles. Après élimination des items à faible variance ou présentant une fidélité temporelle insuffisante lors d’une première phase pilote (Échantillon 1, N = 258, moyenne d’âge = 23 ans), 46 items ont été conservés avant d’être épurés à 27 items via analyses factorielles.

Validité discriminante vis-à-vis de la désirabilité sociale

Dans un sous-groupe de validation issu de l’Échantillon 2 comprenant 45 femmes et 20 hommes (N = 65), les six sous-échelles de l’IDHP ont été confrontées à la célèbre échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne (Marlowe-Crowne Social Desirability Scale ; Crowne & Marlowe, 1960). Aucune corrélation statistiquement significative n’a été détectée entre les échelles de l’IDHP et le score de désirabilité sociale. Ce résultat fournit une preuve solide que l’inventaire n’est pas contaminé par la tendance des participants à présenter une image moralement conforme ou socialement approuvée d’eux-mêmes, ce qui est particulièrement critique dans l’évaluation de la sphère sexuelle.

Validité convergente et prédictive

Une matrice de corrélations de 6 × 7 a été construite en administrant simultanément sept échelles critères validées dans la littérature psychologique. Sur les 42 hypothèses de corrélations a priori, 36 ont été confirmées empiriquement :

  • Érotophilie : L’échelle Erotophilia présente une corrélation convergente significative avec le Sexual Opinion Survey (SOS ; Fisher et al., 1988) avec r = 0,54 (p < 0,001). Toutefois, sa validité purement discriminante vis-à-vis des autres facettes est tempérée par le fait que le SOS corrèle également avec l’utilisation d’érotisme, de substances et la conventionalité, ce qui concorde avec la rotation oblique Promax et la nature globale du construit du SOS.
  • Utilisation de la contraception : Cette échelle présente une corrélation convergente sélective et exclusive avec l’échelle Affective Response Toward Contraceptive Topics and Behavior (Kelley, 1979), ne manifestant aucun lien avec les autres critères non pertinents.
  • Conventionalité : L’échelle s’est révélée positivement et spécifiquement associée au Sexual Irrationality Questionnaire (Jordan & McCormick, 1988), en particulier avec ses sous-facteurs de « conformité sociale » et de « contrôle prudent ».
  • Utilisation de drogues et d’alcool : Cette dimension a démontré une excellente validité convergente et discriminante, corrélant de façon hautement sélective avec la sous-échelle générale et la sous-échelle sexuelle de l’Alcohol Expectancy Questionnaire (Brown, Christiansen, & Goldman, 1987).
  • Limites observées : Les auteurs ont souligné que la validité de construit de la sous-échelle Romantic Foreplay n’avait pas reçu d’appui empirique lors de l’étude princeps faute de corrélation avec l’échelle critère choisie, et qu’aucun instrument validé n’était disponible à l’époque pour tester isolément la validité de l’échelle Use of Erotica.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de cohérence interne et de stabilité temporelle de l’IDHP ont été documentées sur l’Échantillon 2 (N = 228 étudiants âgés de 17 à 53 ans, moyenne d’âge = 21 ans) ainsi que sur un sous-groupe de test-retest à intervalle de 2 semaines (N = 65, dont 45 femmes et 20 hommes).

Le coefficient alpha de Cronbach global moyen s’établit à 0,72, attestant d’une consistance interne tout à fait satisfaisante pour des sous-échelles concises comportant seulement 4 à 7 items. Par ailleurs, lors de la sélection initiale des items dans l’Échantillon 1, un critère strict de stabilité individuelle (seuil minimal de corrélation test-retest de 0,70 par item) avait été imposé.

Sous-échelle IDHP Alpha (α) Fidélité Test-Retest (r)a Moyenne Hommes (É-T) Moyenne Femmes (É-T)
1. Érotophilie (7 items) 0,73 0,84 4,77 (0,56) 4,27 (0,73)
2. Utilisation de la contraception (4 items) 0,65 0,80 4,36 (0,93) 4,59 (0,84)
3. Conventionalité (4 items) 0,59 0,83 2,89 (0,83) 3,20 (0,91)
4. Utilisation de matériel érotique (4 items) 0,83 0,92 4,04 (0,97) 3,22 (1,12)
5. Utilisation de drogues/alcool (4 items) 0,87 0,91 3,15 (1,34) 2,43 (1,18)
6. Préliminaires romantiques (4 items) 0,62 0,73 4,43 (0,71) 4,91 (0,71)

a Intervalle de test-retest de 2 semaines, N = 65 (45 femmes et 20 hommes). Source : Purnine, Carey, & Jorgensen (1996).

La stabilité temporelle s’avère remarquable sur l’ensemble de l’instrument, avec un coefficient de fidélité test-retest moyen de r = 0,84, culminant à 0,92 pour l’Utilisation de matériel érotique et à 0,91 pour les Drogues et alcool. Ces valeurs indiquent que malgré le caractère hypothétique des formulations, les préférences sexuelles déclarées sont des dispositions psychologiques stables et robustes.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’exploration et la confirmation de la structure latente de l’IDHP reposent sur une démarche méthodologique originale destinée à neutraliser les biais de genre. Lors de l’analyse exploratoire initiale sur l’Échantillon 1 (N = 258), les auteurs ont procédé à l’extraction factorielle à partir d’une matrice de covariance débarrassée au préalable de la variance attribuable au genre. Cette étape technique cruciale visait à créer une structure factorielle strictement neutre du point de vue du genre (gender-neutral factor structure). Sans cette précaution, les facteurs auraient pu refléter des stéréotypes ou des écarts de moyenne entre hommes et femmes plutôt que de véritables dimensions psychologiques communes, ce qui aurait invalidé la comparaison directe des profils au sein des couples hétérosexuels.

Cette structure à 6 facteurs et 27 items a ensuite été soumise à une procédure de validation croisée sur un nouvel échantillon indépendant (Échantillon 2, N = 228). Durant cette phase, six items ont été reformulés pour en accroître la lisibilité sémantique, et trois nouveaux items ont été introduits pour consolider la saturation de facteurs courts. Une solution factorielle en maximum de vraisemblance (Maximum Likelihood) avec rotation oblique Promax a été appliquée.

La rotation Promax (rotation oblique) a été délibérément privilégiée par rapport à une rotation orthogonale (Varimax) parce que les différentes préférences sexuelles ne sont pas entièrement étanches sur le plan psychologique dans la vie réelle : par exemple, l’intérêt pour le matériel érotique et l’érotophilie partagent naturellement une part de variance commune. Le modèle final à 6 facteurs et 27 items rend compte de 51 % de la variance totale des items. Chaque item présente une saturation primaire substantielle sur son facteur cible (> 0,40) sans contaminer excessivement les facteurs secondaires.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (forme individuelle IDHP) et hétéro-questionnaire dyadique (forme IDHP-O).
  • Format de passation : Format papier-crayon ou administration numérique informatisée.
  • Nombre d’items : 27 items fermés rédigés sous forme d’énoncés à la première personne au conditionnel.
  • Format d’échelle de réponse : Échelle de type Likert en 6 points, équilibrée sans point neutre central :
    • 6 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
    • 5 = D’accord (Agree)
    • 4 = Plutôt d’accord (Somewhat agree)
    • 3 = Plutôt pas d’accord (Somewhat disagree)
    • 2 = Pas d’accord (Disagree)
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
  • Temps de passation : Environ 5 minutes pour compléter l’IDHP individuel, et 5 minutes supplémentaires si l’IDHP-O (version centré sur le partenaire) est administré conjointement.
  • Procédure de cotation et scores :
    • Inversion des items négatifs : Les items 3, 24 et 26 doivent obligatoirement être inversés avant le calcul des scores selon la formule : Score_inversé = 7 - Valeur_réponse.
    • Calcul des sous-échelles :
      • Érotophilie : somme des items 1, 7, 8, 11, 16, 17, 18.
      • Utilisation de la contraception : somme des items 3 (inversé), 6, 13, 26 (inversé).
      • Conventionalité : somme des items 5, 10, 22, 23.
      • Utilisation de matériel érotique : somme des items 4, 9, 24 (inversé), 27.
      • Utilisation de drogues et d’alcool : somme des items 12, 14, 15, 20.
      • Préliminaires romantiques : somme des items 2, 19, 21, 25.
    • Standardisation : Pour obtenir un score moyen standardisé comparable entre sous-échelles (variant de 1 à 6), chaque score brut de sous-échelle est divisé par son nombre respectif d’items composant la dimension.
    • Scores dyadiques exploratoires :
      • Accord réel (Agreement) : corrélation intra-classe ou somme des différences absolues item par item entre l’IDHP de l’homme et l’IDHP de la femme.
      • Compréhension féminine (Female Understanding) : corrélation ou écart absolu entre l’IDHP réel de l’homme et l’IDHP-O rempli par la femme.
      • Compréhension masculine (Male Understanding) : corrélation ou écart absolu entre l’IDHP réel de la femme et l’IDHP-O rempli par l’homme.
      • Accord perçu individuel (Perceived Agreement) : différence absolue ou corrélation entre les scores IDHP et IDHP-O d’un même individu.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 1996 (publication princeps dans la revue scientifique Behaviour Research and Therapy).
  • Droits d’auteur et permissions : L’instrument est protégé par les droits de propriété intellectuelle des auteurs (Daniel M. Purnine, Michael P. Carey et Randall S. Jorgensen) et de l’éditeur scientifique Elsevier Science Ltd.
  • Accès et tarification : L’outil a été publié dans le domaine de la recherche académique et se trouve reproduit dans des recueils universitaires d’instruments de mesure de la sexualité (notamment Handbook of Sexuality-Related Measures). Les chercheurs et cliniciens peuvent l’utiliser à des fins non commerciales, scientifiques ou diagnostiques sous réserve de citer explicitement l’article original de référence. Aucune redevance commerciale n’est requise pour un usage clinique direct ou dans le cadre de recherches universitaires standardisées.

12. Références / References

  • Brown, S. A., Christiansen, B. A., & Goldman, M. S. (1987). The Alcohol Expectancy Questionnaire: An instrument for the assessment of adolescent and adult alcohol expectancies. Journal of Studies on Alcohol, 48(5), 483–491. https://doi.org/10.15288/jsa.1987.48.483
  • Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1960). A new scale of social desirability independent of psychopathology. Journal of Consulting Psychology, 24(4), 349–354. https://doi.org/10.1037/h0047358
  • Fisher, W. A., White, L. A., Byrne, D., & Kelley, K. (1988). Erotophilia-erotophobia as a dimension of personality. The Journal of Sex Research, 25(1), 123–151. https://doi.org/10.1080/00224498809551448
  • Gagnon, J. H., & Simon, W. (1973). Sexual conduct: The social sources of human sexuality. Aldine Publishing Company.
  • Jordan, T. J., & McCormick, N. B. (1988). Sexual Irrationality Questionnaire. In C. M. Davis, W. L. Yarber, & S. L. Davis (Eds.), Sexually-related measures: A compendium (pp. 46–49). Graphic Publishing Company.
  • Kelley, K. (1979). Socialization factors in contraceptive attitudes: Roles of affective responses, parental attitudes, and sexual experience. The Journal of Sex Research, 15(1), 6–20. https://doi.org/10.1080/00224497909551019
  • Purnine, D. M., Carey, M. P., & Jorgensen, R. S. (1996). The Inventory of Dyadic Heterosexual Preferences: Development and psychometric evaluation. Behaviour Research and Therapy, 34(4), 375–387. https://doi.org/10.1016/0005-7967(95)00078-X

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I would like to initiate sex.
2

Strongly
3

agree
4

Agree
5

Somewhat
6

agree
7

Somewhat
8

disagree
9

Disagree
10

Strongly b
11

disagree
12

6
13

5
14

4
15

3
16

2
17

1
18

An intimate, romantic dinner together would be a real turn on to me.
19

Using spermicide would spoil sex for me.
20

I would like to use a vibrator or other sexual toy (or aid) during sex.
21

I would prefer to have sex under the bedcovers and with the lights off.
22

Having myself or my partner use a condom would not spoil sex for me.
23

Having sex in rooms other than the bedroom would turn me on.
24

I would prefer to have sex everyday.
25

Looking at sexually explicit books and movies would turn me on.
26

I would not enjoy looking at my partner’s genitals.
27

I would like to have sex after a day at the beach.
28

I would like to mix alcohol and sex.
29

Using a contraceptive would not affect my sexual satisfaction or pleasure.
30

I would enjoy having sex after smoking marijuana.
31

I would prefer to have sex while using drugs that make me feel aroused.
32

I would enjoy having sex outdoors.
33

My preferred time for having sex is in the morning.
34

Swimming in the nude with my partner would be a turn-on.
35

I would enjoy dressing in sexy/revealing clothes to arouse my partner.
36

I would like to mix drugs and sex.
37

I would get turned on if my partner touched my chest and nipples.
38

I would prefer to avoid having sex during my (partner’s) period.
39

I would not enjoy having my partner look at my genitals.
40

Sexually explicit books and movies are disgusting to me.
41

I would find deep kissing with the tongue quite arousing to me.
42

Using a vaginal lubricant (KY jelly) would spoil sex for me.‌
43

Watching erotic movies with my partner would turn me on.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Inventaire des préférences hétérosexuelles dyadiques et Inventaire des préférences hétérosexuelles dyadiques — Autre. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-des-preferences-heterosexuelles-dyadiques-idhp
Looti, Mohammed. “Inventaire des préférences hétérosexuelles dyadiques et Inventaire des préférences hétérosexuelles dyadiques — Autre.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-des-preferences-heterosexuelles-dyadiques-idhp.
Looti, Mohammed. “Inventaire des préférences hétérosexuelles dyadiques et Inventaire des préférences hétérosexuelles dyadiques — Autre.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-des-preferences-heterosexuelles-dyadiques-idhp.